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4ème journée du championnat national de football, édition 2010 :

16022010

 

  

Réduite à Huit, l’équipe de TVZ a laminé NASR Sebkha 

 

La 4ème journée du championnat national de football s’est jouée à Nouakchott et Nouadhibou vendredi et samedi derniers.

A Nouakchott, l’équipe de NASR a été écrasée par celle de Tavrag Zeyna sur le score de 3 buts à 0. Une grande surprise pour certains. Car NASR est une grande équipe qui nous a habitué à un jeu plaisant et efficace depuis des décennies. Mais cette année, les banlieusards peinent à retrouver leur jeu collectif, efficace et amusant.

Sur le terrain, les joueurs montrent des signes d’impuissance et de technique. Les passes sont courtes. Les joueurs manquent d’intelligence dans le dernier geste. Du coup leur inefficacité leur porte préjudice. NASR n’occupe que la dernière place avec 1 point. 1 point pas vraiment digne d’une grande équipe comme NASR.

D’autres ont, donc, jugé la victoire de l’équipe de Tavrag Zeyna NASR (3-0) logique. Même réduite à 8 contre 9, l’équipe de TVZ a battu NASR.

Les poulains de Moussa Ould Khayri ont été plus ambitieux que les banlieusards. Cette victoire nette contre NASR, donne à TVZ un ouf de soulagement.

Mauritel a, quant à elle, battu Kédia sur le score de 2 buts à 1. L’équipe de Ksar et celle de
la Concorde ont fait match nul vierge.

A Nouadhibou,
la Snim a fait match nul vierge contre Ahmedi.

A l’issue de la 4ème journée le classement général provisoire s’établie ainsi :

1ère Concorde 8 points

2ème Snim       8points

3ème Ksar        5 points

4ème Kédia       5 points

5ème TVZ        4 points

6ème Mauritel   2points

7ème Ahmedi   2points

8ème Nasr        1point

S.M 

 

 

                            


La FFRIM revient sur sa décision   

C’est OK !
La Fédération de Football de

la République Islamique de Mauritanie est revenue sur sa décision de renvoyer trois équipes en D2. Il s’agit de FC Dar El Barka, ACAS Teyarett et FC Dar Naim n’ayant pas rempli les formalités administratives sur l’âge des joueurs, prévues par
la Fédération mauritanienne de football (FFRIM), conformément aux dispositions de
la FIFA. Par solidarité, le FC Nouadhibou avait décidé de ne pas participer au championnat tant que ces équipes sont renvoyées à tort, selon le club, en D2. Du coup les stéphanois reviennent eux aussi en première division. Ces clubs doivent normalement commencer à jouer cette semaine à l’issue de la 5ème journée du championnat. 

Il faut rappeler que pour débuter le championnat national de football de D1, les Clubs sont tenues obligatoirement de remplir certaines formalités, comprenant le versement à
la FFRIM d’une somme de 150 000 UM.  C ’est ce que les clubs n’avaient pas fait.

S .M 

11ème journée du championnat national scolaire Sidi Mohamed Abass, édition 2010 

Calendrier des phases de groupe au niveau de Nouakchott 

L’agenda des phases de groupe se joue les 19 et 20 février 2010 au niveau de Nouakchott. Ainsi dans la poule A, le calendrier s’établie comme suit :  

L. Abdoulaye Djigo/ L avenir 

L Dar El Ouloum/ L Ryad 

L des Nations/ L National 

L El Vowz/ L. Ecole Et
La Vie 

Poule B 

Lycée Menahil El IIm contre Lycée Thierno Moctar Kelly 

Lycée Moctar Daddah contre Lycée Hadji Oumar Tall 

Lycée Diouykmadia contre Lycée Sebkha 

Collège Toujounine 5 contre Lycée Toujounine1 

Lycée Tavrag Zeyna contre Collège Ksar 

Poule C 

Lycée garçons 2 contre lycée Kumballi 

Lycée El Koudwa contre lycée Petit Centre 

Lycée Ebou H Gazali contre lycée Salh Dine 

Collège Arafat 6 contre lycée Arafat 2 

Poule D 

Collège El Mina contre lycée T.M 

Collège Sebkha1 contre lycée Médina 

Collège Teyarett1 contre lycée Zem Zem 

Lycée Arabe contre lycée Oumou El Ghoura 

Lycée Arafat1 contre L El Mina 

 

Sept Africains aux Jeux Olympiques d’hiver 

Du 12 au 28 février se déroulent, à Vancouver (Canada), les 21es Jeux Olympiques d’hiver. Sur presque 3000 participants (un record), seuls sept représenteront un pays africain. Depuis 1960 (premiers JO intégrant des Africains) et même depuis 1984 et la participation du Sénégalais Lamine Gueye (premier Africain noir), la pratique des sports d’hiver ne s’est pas vraiment répandue sur le continent.

82 nations, 2762 participants, 10 000 journalistes, 25 000 bénévoles, 500 000 spectateurs (sans compter les téléspectateurs) : les Jeux Olympiques d’hiver 2010 à Vancouver vont battre tous les records. Face à ces chiffres impressionnants, seulement sept athlètes représenteront le continent africain (contre dix il y a quatre ans, à Turin), jamais très présent lors de ces froides olympiades.

A Vancouver, seule l’Afrique du Sud devra choisir son porte-drapeau parmi deux athlètes. Le premier, Oliver Kraas, vit et s’entraine en Bavière. Aux Jeux Olympiques de 2006 (ses premiers), il avait terminé 57e du sprint masculin et abandonné avant la fin des 15km et 50km. Histoire de pimenter sa deuxième participation aux JO, Kraas a déclaré dans une interview accordée avant sa qualification qu’il skierait nu s’il était en quarts-de-finale. Pari tenu… Son compatriote, Peter Scott, risque d’être un peu plus pudique, pour ses premières olympiades, à 20 ans. A la ville, Scott est moniteur de ski à Peyragudes, une station des Pyrénées françaises. A la piste, il participera à la fois au slalom et au slalom géant.
 
Encore plus jeune, le skieur de fond algérien Mehdi-Selim Khelifi, également installé dans les Pyrénées, sera le seul représentant de son pays. Nourredine Bentoumi, présent en 2006, n’a en effet pas skié cette année (et n’a donc pas pu se qualifier) et Redouane Kheddaoui a été suspendu par sa fédération pour des raisons encore troubles (Kheddaoui devait toucher une bourse du CIO, qui ne lui a jamais été versé, il avait donc envoyé un courrier aux dirigeants algériens). Deuxième athlète maghrébin qualifié, Samir Azzimani sera le seul Marocain et participera aux slalom et slalom géant. Originaire de Colombes, en région parisienne, il a, semble-t-il, vaincu la malédiction après s’être blessé à quelques semaines des JO 2006, mais aussi des Championnats du monde 2001 et 2009.
 

Alors que la première édition des JO d’hiver a lieu en 1924, il faut attendre la huitième édition pour que le continent soit représenté. Les quatre Sud-africains de 1960, puis les cinq Marocains de 1968, sont des précurseurs qui tardent à être suivis. Depuis 1984, en revanche, aucun épisode du feuilleton olympique ne s’est déroulé sans Africain.
 
Le dernier Africain engagé dans la compétition est le Sénégalo-autrichien Seck Leyti, qui a déjà participé à quelques coupes du monde et a même terminé 5e au slalom de Mitterfirmiansreut, en Allemagne. Il essaiera de marcher sur les traces du légendaire Lamine Gueye, le premier sportif d’Afrique noire qualifié pour les Jeux Olympiques d’hiver, en 1984. Gueye s’est longtemps battu pour que le comité international accorde davantage de place aux petites nations. Vingt-six ans après sa qualification pour les JO de Sarajevo, la situation n’a pas vraiment évolué et la première médaille africaine semble être un objectif très lointain.




Sahara Occidental :

16022010

 

 A quand les pourparlers formels ? 

 

Pour reprendre la main dans le dossier dont il est en charge, l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross a invité les parties prenantes au conflit du Sahara en vue de relancer le dialogue. Une réunion informelle a eu lieu mercredi et jeudi derniers à New York aux Etats Unis. En plus des délégations du Royaume du Maroc et du Polisario, il y avait là des représentants de l’Algérie et de la Mauritanie. Notre pays était représenté par notre Ambassadeur à Madrid Sidi Mohamed Ould Boubacar qui a en charge le dossier depuis quelques années. 

Il s’agit d’une rencontre informelle visant à briser la glace et à préparer un nouveau round de discussions. Les deux parties ont présenté chacune sa proposition. Les deux camps semblant rester sur leurs propositions. 

Selon une dépêche de la MAP, la délégation marocaine a réaffirmé la pertinence de sa proposition dont la prééminence a été clairement soulignée par le Conseil de sécurité. La délégation a également rappelé la démarche démocratique ayant présidé à l’élaboration de cette initiative, exposé son contenu substantiel, démontré sa conformité avec la légalité internationale et analysé sa portée régionale. Elle a tenu à rappeler que la proposition de l’autre partie n’apporte rien de nouveau, se contentant de reprendre les grandes lignes des plans antérieurs qui se sont avérés irréalisables. Tout en mettant l’accent sur l’inapplicabilité d’un référendum à options extrêmes. 

De même, la délégation a appelé l’Algérie à se conformer à la légalité internationale sur son territoire concernant les questions humanitaires et à permettre au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés d’effectuer un recensement des populations séquestrées dans les camps de la honte. 

Au cours de ces pourparlers et à l’instar des rounds précédents, la délégation marocaine a réitéré « sa position politique, juridique et opérationnelle vis-à-vis de la proposition du Polisario et redémontré qu’elle n’apportait absolument rien de nouveau quant aux possibilités et mécanismes pour aboutir à une solution définitive, car elle reprend à cet égard des plans initiaux dont l’inapplicabilité a été démontrée », a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, M. Taïb Fassi Fihri. 

Le ministre a déploré, à ce propos, que depuis la présentation de l’Initiative marocaine d’autonomie et « l’accueil très favorable dont elle a fait l’objet de la part de la communauté internationale, les autres parties se sont engagées dans des manœuvres et tactiques dans une vaine tentative de porter atteinte au sérieux et à la crédibilité de cette proposition ». 

« Si pour des raisons stratégiques ou politiques déterminées, les autres parties persistent à refuser de s’inscrire dans cette initiative, le Maroc, comme l’avait souligné Sa Majesté le Roi, poursuivra l’édification de ses institutions démocratiques et sa marche vers le développement dans le cadre de la gouvernance territoriale », a indiqué le ministre lors d’une conférence de presse. 

Le ministre a expliqué que grâce à l’Initiative du Souverain relative à la régionalisation élargie, « nous sommes entrés dans une phase de mise en œuvre avec l’installation de la Commission consultative de la régionalisation (CCR) qui devra présenter dans un délai de six mois des propositions concernant l’ensemble du territoire national ». 

Dans un communiqué rendu public par l’ONU à l’issue de la rencontre à huis clos, signé par l’envoyé spécial de son secrétaire général pour le Sahara occidental, Christopher Ross, il est précisé qu’aucune des deux parties (Maroc et Front Polisario) n’a accepté la proposition de l’autre comme base unique pour les négociations à venir.

M. Ross a indiqué que les deux parties en conflit avaient réaffirmé leur engagement à poursuivre les négociations «dès que possible», annonçant qu’il effectuerait une visite dans la région pour «consulter davantage les parties et les autres parties prenantes». Indiquant que les discussions se sont tenues «dans un esprit d’engagement sérieux, de respect mutuel et d’honnêteté», a ajouté l’émissaire personnel de Ban Ki Moon

Le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique. Il est considéré comme territoire non autonome par l’Onu depuis 1966. La résolution 1871 du Conseil de sécurité de l’Onu «demande aux parties (le Maroc et le Polisario) de poursuivre les négociations sous les auspices du secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, en tenant compte des efforts réalisés depuis 2006 et des faits nouveaux survenus depuis, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». 

A Nouakchott, le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu Hani Abdel Aziz, représentant spécial du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et chef de sa mission au Sahara Occidental (Minurso). A l’issue de l’audience, M. Hani Abdel Aziz a fait une déclaration à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) dans laquelle il a souligné avoir rencontré le Chef de l’Etat dans le cadre d’une visite visant à l’introduire « auprès des Etats et entités de la région concernés par la question du Sahara Occidental« . Le représentant du secrétaire général de l’ONU a qualifié les entretiens qu’il a eus avec le Président « d’amicaux et de fructueux avec un frère aîné » qui, dit-il, lui a « expliqué la position tout à fait neutre de la Mauritanie « . 

« Je l’ai informé, poursuit-il, des négociations que je viens avec les parties surtout que le dossier est aux mains de l’ambassadeur Christopher Ross mais, ajoute -t- il, « mon devoir est de recueillir toutes les informations et positions à ce sujet pour les transmettre par le biais du groupe de maintien de la paix de l’ONU au secrétaire général de l’organisation, M. Ban Kimoon et à l’ambassadeur Christopher Ross pour les prendre en considération dans le cadre de leurs efforts visant à trouver une issue à cette affaire qui n’a que trop duré ».  (avec Agences MAP et AMI)

Source : La Tribune n°488 

 




Contribution à la réponse à la question : quelle gouvernance pour

16022010

 
la Mauritanie, par la définition de la gouvernance. 

   

 

 

Le mot gouvernance 

 

La gouvernance, mot fétiche, censé rendre compte,  à lui seul, de l’ensemble des transformations de «  la technologie des pouvoirs » contemporains ; ce mot  est porteur d’une logique qui affecterait d’abord l’Etat par de nouvelles techniques de gouvernement. 

Il nous paraît indispensable de prendre d’abord, une distance critique par rapport à ce thème pour les raisons suivantes : 

-il est d’un usage immodéré 

-Il est utilisé comme argument d’autorité ; 

-considéré, souvent, comme  une grille unique d’explication des transformations étatiques ; il tend à réduire la complexité des évolutions contemporaines en cours . 

-mot passe- partout, concept omnibus ; -omniprésent dans le discours politiques internationaux et internes ; il en vient à recouvrir des significations très diverses 

-il relève d’un effet de mode ,devenu un simple label, dont le contenu conceptuel est de plus en plus vague et incertain; le fait qu’il soit chargé de telles équivoques, entouré d’une telle confusion lui fait courir le risque  d’ abandon. 

-introduit dans le vocable politique mauritanien,  en  même temps que démocratie et transparence, il se confond dans notre horizon mental avec elles.  

 

 

Nous ne sommes pas certains, en Mauritanie,  de connaître le sens réel  et notre adhésion à ce thème, qui fait partie  du patrimoine international commun, relève plutôt du réflexe que de la réflexion malgré nos dernières journées nouakchottoises

C’est pourquoi, nous l’abordons aujourd’hui dans cet exposé pour faire un éclairage sur ses origines, son apport théorique et sa signification….. 

Cette conférence introductive sera suivie par d’autres qui traiteront de ses implications sur l’Etat ,la démocratie et la société civile. 

 

 

 

 Origines du mot 

 

On croit généralement que le mot  gouvernance est importé de l’anglais et forgé au creuset du vocabulaire transnational du milieu des entreprises ou du jargon des organisations internationales. Il n’en n’est rien. 

C’est d’abord un mot français du Xii siècle qui désignait la direction des baillages. 

A partir du xiii siècle ,le sens s’élargit et devient synonyme de gouverner.     

Gouvernance et gouvernement renvoient au gouvernail d’un navire  et à l’action de piloter quelque chose 

Au moyen âge, le terme est adapté puis adopté par l’Angleterre pour devenir « governance « pour caractériser le mode d’organisation du pouvoir féodal. 

Avec l’apparition de l’Etat moderne au xvi siècle,on utilise de plus en plus les 2 termes gouvernement  et gouvernance avec une prépondérance du mot gouvernement 

C’est au XX siècle avec  la mondialisation des marchés , la recherches de meilleurs systèmes de gestions des personnes et des choses et d’une ré légitimation de l’Etat démocratique et la recherche d’un ordre international nouveau  que la  gouvernance réapparaît avec force. Le terme est commode car plastique, pour désigner :la demandepolitique du xxie siècle, le besoin d’un contrat social d’un nouveau type et pensé à l’échelle mondiale. 

Apport théorique de
la Gouvernance 

·         l’œuvre du prix Nobel d’économie 1998, Amartya Sen constitue le principal apport théorique du concept de « bonne gouvernance » .Pour cet auteur le progrès social et la démocratie sont des processus qui se renforcent mutuellement Selon Amartya Sen, la démocratie fait partie intégrante du développement, envisagé comme « un processus d’expansion des libertés réelles dont les personnes peuvent jouir. De cette façon, l’expansion des libertés constitue à la fois la fin première et le moyen principal du développement 

Il donne l’exemple aux Etats-Unis dans lesquels ,après  l’abolition de l’esclavage , les tentatives successives pour attirer les nouveaux affranchis dans les formes diverses d’organisation du travail, calqués sur le modèle servile, mais en échange, cette fois, de rétributions élevées, ont toutes abouti à l’échec »  

Il étudie, aussi, la cause des famines et aboutit au constat que les famines ne proviennent pas d’un manque de nourriture disponible, mais bien de l’incapacité des personnes à accéder à la nourriture qui, pourtant, existe. Cette incapacité provient du manque de revenu, mais aussi d’une carence de droits et de démocratie. Selon Sen : « Au cours de la terrible histoire des famines survenues dans le monde, il est en fait difficile de trouver le cas d’une famine qui se soit produite dans un pays doté d’une presse libre et d’une opposition active, au sein d’un système démocratique »  

 Allant jusqu’au bout de sa logique, Sen conclut que « le pilotage unilatéral,comme celui pratiqué à l’occasions des Programme d’ajustement structurel , y compris s’il est le fait du meilleurs des experts, ne saurait en soi constituer une solution » 

Suivant la logique d’Amartya Sen, l’objectif est de faire du renforcement de la démocratie un moyen et une fin du processus de développement et de placer les pays en développement « sur le siège du conducteur  

Gouvernance et sciences sociales 

Le concept de gouvernance a progressivement gagné la plupart des sciences sociales dans les années 1990 : 

 - En sciences économiques, il permettra dans la perspective institutionnaliste ouverte par R. Coase et l’École de Chicago, de formaliser les mécanismes assurant la coordination des activités économiques, notamment au sein de l’entreprise (O. Williamson), autrement que par l’échange ou la hiérarchie; 

-En théorie des relations internationales, il servira, à partir de l’ouvrage pionnier coordonné par J.-N. Rosenau et E.-O. Czempiel, à rendre compte des nouvelles formes d’organisation d’une société internationale de plus en plus fragmentée et hétérogène; 

- En science politique, il visera à théoriser le mouvement de repli d’un État devenu « creux » (Hollow State) et confronté à la montée en puissance d’autres acteurs, publics et privés, internes et externes, qui entendent peser sur les choix collectifs et avec lesquels il est devenu nécessaire de composer;  

-En science administrative, par « gouvernance urbaine » (Urban Governance), on s’attachera à mettre en évidence la complexité nouvelle du « gouvernement des villes », qui impliquerait désormais de multiples intervenants, aussi bien publics que privés 

Définitions : 

 Les définitions des dictionnaires à propos de la gouvernance restent vagues, et renvoient à la de la science politique traditionnelle, par exemple, il s’agit à la fois de “ la forme du régime politique ” ; “  »du processus par lequel l’autorité est exercée dans la gestion des ressources économiques ou sociales ” ; ou “ de la capacité des gouvernements à  concevoir, formuler et mettre en œuvre des politiques et, en général, à assumer leurs fonctions gouvernementales.  

Par ailleurs ;la gouvernance est devenue un lieu commun du vocabulaire politique mondial sans que sa définition en ait pourtant été stabilisée. Ses définitions sont donc provisoires mais ont une valeur indéniable. 

 

 

Le concept de “ gouvernance ” renvoie finalement à une liste de principes ,de recettes managériales ou d’instruments(indices critères, d’évaluation et de jugement.. ) extensibles, supposés apporter des réponses appropriées aux crises  des politiques démocratiques traditionnelles, centrées sur l’autorité de l’Etat 

Il s’agit d’ un catalogue d’outils “ universels ” capables de répondre à toutes les situations, même les plus complexes, sans aucune vision idéologique du “ bon gouvernement » – si ce n’est une vision plutôt abstraite de la démocratie, conçue comme une interaction ouverte et pluraliste entre acteurs. 

 

Plusieurs propositions de  définitions 

 

 

 Définitions et acception   

1-« La « gouvernance » permet de désigner à la fois le besoin de « gouvernement » que le monde en changement suscite et le besoin des citoyens de retrouver la maîtrise collective de leur destin, le sentiment qu’ils peuvent infléchir les choix de leur société et se reconnaître dans des représentants et dans un espace dont les repères sont explicites et familiers. 

 

2-La bonne gouvernance est le meilleur moyen de régler l’horloge sociale, en limitant le pouvoir par le pouvoir, en  multipliant les pôles de puissance, tout  en veillant à éviter toute collusion entre eux. 

 

3-La « bonne gouvernance » peut être entendue comme « la gestion des affaires publiques par la génération d’un régime (ensemble de règles) accepté comme légitime visant à promouvoir et améliorer les valeurs sociales auxquelles aspirent individus et groupes » . 

  

4- « la gouvernance est une méthode ou un mécanisme de régulation d’une vaste série de problèmes ou conflits, par laquelle/lequel les acteurs parviennent régulièrement à des décisions mutuellement satisfaisantes ou contraignantes, à travers la négociation et la coopération »; elle se caractérise par des « formes horizontales d’interaction entre acteurs qui ont des intérêts contradictoires mais qui sont suffisamment indépendants les uns des autres pour qu’aucun d’eux ne puisse imposer une solution à lui seul, tout en étant suffisamment interdépendants pour qu’ils soient tous perdants si aucune solution n’était trouvée ».  

L’important dans ces définitions, c’est l’idée de processus interactif : une succession d’étapes à travers lesquelles des acteurs nombreux n’ayant pas le même intérêt et agissant à différentes échelles, mais confrontés à un même problème vont progressivement construire une représentation commune de cette réalité, lui donner un sens, se fixer des objectifs, adopter des solutions puis les mettre en œuvre collectivement sans que rien – ni cette représentation, ni ces objectifs, ni ce sens, ni cette interaction ne soient déterminés à l’avance. 

Pour moi je me hasarderai en établissant l’équation : 

Bonne gouvernance =démocratie +efficacité+efficience- effets pervers de la démocratie 

 

. La gouvernance : motrice de réformes, 

A tous les niveaux et dans tous les domaines de la vie sociale,(Entreprise ,’Etat et Monde)la gouvernance a alimenté la croyance en de nouvelles méthodes de décision et d’action capables de résoudre les problèmes de plus en plus complexes et capables de faire face à l’existence de pouvoirs multiples. 

Des systèmes souples, emportant l’implication des acteurs multiples,se  proposant de répondre à cette problématique , ont été conçus outre atlantique :les 3  governances 

-Corporate governance 

 -Global Governance 

 -Good -Governance 

1-La corporate governance (la gouvernance d’entreprise ) : 

La gouvernance d’entreprise se définit comme la manière dont les entreprises sont gérées et contrôlées. 

 

 

Cette gestion de l’entreprise est fondée sur l’interaction entre les différents pouvoirs existants au sein de l’entreprise et notamment entre le pouvoirs des actionnaires et des dirigeants. 

Principes 

 1-Principe de transparence On sait que la transparence dans la gestion et l’information réduit considérablement les risque d’abus

2- Principe de compétence, disponibilité, intégrité et responsabilité des dirigeants et des administrateurs. 

3-Gestion avec une vision stratégique de long  terme plutôt que sur des considérations immédiates. 

4-prise en compte de toutes prenantes : les actionnaires, les salariés, les clients, les fournisseurs, le cadre sociétal et environnemental. 

5-Implication de l’actionnaire par l’information, l’interpellation des dirigeants et des administrateurs qui doit donner son avis sur les choix de l’entreprise. 

6-Implication la plus forte possible des salariés dans l’entreprise dont le succès repose sur eux. 

7-possibilité de débat et libre expression pour encadrer les actions des dirigeants. 

8-Principe de la bonne information des administrateurs, des actionnaires, des salariés et des tiers  

La gouvernance globale : 

 
la Global Governance (la gouvernance globale), vise à établir de nouveaux modes de régulation et d’intégration de la société internationale : après la création à Londres en 1992 du « Centre pour l’étude de la gouvernance globale », au sein de
la London School of Economics, et le lancement en 1995 de la revue Gouvernance Globale, les Nations Unies mettront ainsi en place en 1995 la « Commission sur la gouvernance globale », formée de vingt-huit personnalités.
 

Au niveau international, deux approches de la gouvernances différentes  et complémentaires à la fois  sont dominantes 

-      Celles des théoriciens des relations internationales,qui considèrent que ce thème décrit et rend compte de l’évolution d’une société internationale devenue très hétérogène et complexe  il s’agissait de(descriptyive) 

-      Celles des tenants de la Global Governance, qui veulent promouvoir de nouveaux modes de régulation et d’intégration destinés à établir un nouvel ordre international.(prescriptive) 

                                   

 Acteurs de La gouvernance globale  

Ces nouveaux acteurs, désormais  présents, dans les arbitrages internationaux par le biais des  États avec lesquels ils entretiennent des rapports permanents d’interaction et d’échange, mais encore directement dans des clubs de réflexion et des cercles de décision 

Il s’agit entre autres : 

 -des cénacles de pensée tels le Forum de Davos, qui réunit chaque année des chefs d’entreprise, des personnalités politiques, des dirigeants syndicaux, des banquiers, des experts (global leaders), pour réfléchir à l’état du monde et tracer des perspectives d’évolution 

-(ONG) l’associées aux travaux des organisations internationales, qui tendent de plus en plus à s’ouvrir vers l’extérieur : le processus d’accréditation auprès des Nations Unies donne ainsi aux organisations non gouvernementales qui en bénéficient un statut consultatif qui leur permet de participer aux activités de l’Organisation; 

- Plus significativement enfin, ces nouveaux acteurs sont associés aux grands choix internationaux, qui ne relèvent plus des seuls États : les ONG ont ainsi pris une part active à la réflexion sur les grands problèmes internationaux et à l’élaboration corrélative des normes nouvelles du droit international; de même, les négociations directes menées au sein de l’OMC impliquent bel et bien les grands opérateurs internationaux, qui utilisent les États comme instruments d’action pour faire prévaloir leurs vues. 

 Le concept de « gouvernance globale » permet de rendre compte de ces mécanismes complexes d’interaction qui se déroulent entre une multiplicité d’acteurs, publics et privés, en vue de parvenir à des règles du jeu élaborées collectivement : l’ordre international n’est plus seulement le produit des initiatives prises par les États, mais le résultat de compromis négociés entre des acteurs d’origine diverse; renonçant à se prévaloir d’une souveraineté devenue largement illusoire, les États n’apparaissent plus que comme des acteurs parmi d’autres, dont les stratégies sont interdépendantes de celles des autres joueurs

La gouvernance laisse ainsi entrevoir l’image : 

-      d’un monde intégré, dans lequel les États, régulés plutôt que régulateurs, sont pris dans les mailles d’un jeu dont la maîtrise désormais leur échappe. Néanmoins, si elle rend bien compte de la transformation des modes de régulation de la vie internationale induite par la dynamique de la mondialisation, elle ne signifie pas plus la mise entre parenthèses des États que l’élimination des rapports de force de la vie internationale : non seulement les États restent des acteurs essentiels, dont la médiation est plus que jamais nécessaire, mais encore l’idée d’un monde pacifié par les vertus de la gouvernance reste une vue de l’esprit; 

  

 

3-la Good -Governance (la bonne gouvernance ) 

Dans première monture la bonne gouvernance a été  prônée  par les bailleurs de fonds internationaux comme instruments de réforme des institutions des pays en développement Cette bonne gouvernance a mis l’accent sur la « gestion saine du développement » exigeant « l’instauration de normes et d’institutions assurant un cadre prévisible et transparent pour la conduite des affaires publiques et obligeant les tenants du pouvoir à rendre des comptes » avant de s’élargir pour couvrir un éventail beaucoup plus large 

Ce que recouvre la notion de gouvernance 

La gouvernance a une dimension descriptive et une dimension prescriptive qui s’entremêlent et sont en réalité indissociables. Le thème de la gouvernance recouvre 

 

1-    un projet de redéfinition du statut de l’État 

2-     ce projet de « bonne gouvernance » a alimenté un processus de réforme des institutions étatiques dans les pays en développement; 

3-    il s’est traduit aussi dans les pays développés par la redéfinition en profondeur de la place et du rôle de l’État, faisant l’objet d’un remarquable consensus politique. Dès lors, le paradigme de la gouvernance devient 

4-    une grille d’analyse pertinente pour décrire les mutations qui vont affecter les appareils d’État à partir des années 1980 et qui se caractérisent en fin de compte par une forte convergence. 

5-     Sous-produit de la mondialisation, ces mutations sont à première vue conformes aux nouvelles règles du jeu international : placés dans un contexte d’interdépendance élargie, les États sont contraints de redéfinir leurs principes d’organisation et d’action; 

6-     la « bonne gouvernance » des États dans l’ordre interne apparaît comme une condition de la bonne gouvernance mondiale 

  

La Problématique de gouvernance recouvre donc  deux inflexions principales : 

a- l’État n’est plus seul maître à bord; il est contraint, sur le plan externe comme sur le plan interne, de tenir compte de l’existence d’autres acteurs, qui sont amenés à participer, d’une manière ou d’une autre, dans un cadre formel ou de façon informelle, à la prise des décisions. La gouvernance implique donc un décloisonnement entre public et privé, mais aussi entre les différents niveaux (international, régional, national, local). Ces différents acteurs divers vont être associés aux processus décisionnels : 

b—La bonne gouvernance  signifie que les solutions consensuelles, reposant sur l’accord des différents acteurs, vont être systématiquement préférées aux formules de type autoritaire : les choix seront le résultat de négociations et de compromis, prenant en compte les points de vue des parties en présence; renonçant à faire prévaloir ses vues, l’État accepte de discuter sur un pied d’égalité avec des partenaires, dans le cadre d’un processus d’élaboration collective. 

La gouvernance relève ainsi d’une approche pluraliste et interactive de l’action collective : elle signifie qu’aucun acteur ne saurait à lui seul maîtriser les processus décisionnels ; prenant acte de la complexité des problèmes et de l’existence de pouvoirs multiples, il s’agit de coordonner leur action et d’obtenir leur coopération.  

 

 

Quelques principes de bonne gouvernance 

5 principes cumulatifs sont à la base  d’une bonne gouvernance : 

-Principe 1 : Ouverture des institutions en adoptant transparence dans le processus décisionnel et assurant systématiquement la communication des décisions prises . 

Principe 2 : Participation à travers l’implication systématique des citoyens l’élaboration et la mise en œuvre des politiques; 

Principe 3 :Responsabilisation des différents acteurs dans le processus décisionnel qui doivent avoir une vision nette de leurs rôles respectifs dans le processus décisionnel. Chaque acteur concerné doit ensuite assumer la responsabilité du rôle qui lui est dévolu; 

 

Principe 4 : Efficacité par la prise des décisions au niveau et au moment appropriés, et produire les résultats requis; 

 

Principe 5 : cohérence: les diverses politiques et stratégies  menées doivent être cohérence entre elles ainsi que leurs mises en œuvre 

 

 

Indicateurs pour calculer des«indices» de bonne gouvernance : 

Parce que le système de bonne gouvernance doit être constamment amélioré des indices doivent le mesurer. Or,on peut améliorer que ce qu’on peut mesurer . 

Ces indicateurs sont,entre autre : 

1- la qualité de la représentation politique, 

2- l’efficacité des institutions, 

3- l’Etat de droit, 

4- l’efficacité et l’étendue du pouvoir exécutif, 

5- le degré incitatif des investissements (fiscalité, partenariat public privé ou transparence, par exemple) ainsi que 

6- le niveau de lutte contre la corruption. 

De nombreuses sous-rubriques 

ont également été établies pour évaluer plus en détail 

1- le pluralisme politique, 

2-l’équilibre des pouvoirs, 

 3-l’indépendance des partis et de la presse, 

4- la crédibilité électorale 

5-ou l’efficacité des services publics. 

Les résultats ont été examinés au regard d’un nouveau concept d’Etat compétent 

Normes universelles 

Les résultats obtenus par l’application de ces indices sont analysées au regard d’un concept nouveau Etat compétent  «d’Etat compétent» forgé selon des normes que l’on peut qualifier d’universelles et qui doit pouvoir :. 

      1-«renforcer les capacités humaines et institutionnelles des parlements»

 2-d’assurer «l’autonomie du pouvoir judiciaire»

3-de «réduire les pesanteurs bureaucratiques et 

4-de supprimer les occasions de corruption» dans le secteur public 

5-«supprimer les entraves à l’action des entreprises privées», 

6-de «susciter l’émergence de médias crédibles et responsables», voire de 

7-«tirer le meilleur parti des modes traditionnels de gouvernance», mais aussi celui des nouvelles technologies de communication pour promouvoir une «cybergouvernance». 

 

 

Critères de jugement d’un système de bonne gouvernance  

On peut juger qu’un système de gouvernance est bon lorsque, entre autres : 


 la politique macroéconomique est stable, 

 le secteur public est géré efficacement, 

 les lois et les libertés sont respectées, 

 le gouvernement et les services publics rendent compte de leur gestion et mettent les informations à la disposition du public, 

 les organes législatifs sont forts et exercent un réel contrôle sur l’action gouvernementale, 

 le pouvoir judiciaire reste indépendant pour jouer véritablement son rôle, 

 les composantes de la société civile participent aux décisions et aux initiatives concernant à la fois le développement et la gestion des affaires publiques, 

 le pouvoir est régulièrement transféré et un système d’alternance pacifique existe, avec une bonne représentation des différentes sensibilités. 

11-Conditions bonne gouvernance 

1- Des institutions démocratiques -et impartiales, -La démocratie a pour éléments constitutifs : 

- le pluralisme, 

- la concurrence, 

-les élections libres au suffrage universel, 

 -le constitutionnalisme 

2-la diffusion d’informations auprès du public, 

 3-la transparence des procédures de décisions, 

4-la participation des acteurs 

5-une gestion efficace des ressources, 

 6-la compétence d’expertise, 

 7-l’obligation de rendre des comptes, 

8-l’intégrité

       9- le respect des droits de l’Homme 

 MMohamed Ould Mohamed El Hacen 

   Pr d’Université  de Nouakchott 

                                       




La Tribbune Pdf

15022010

La Tribbune Pdf dans La Tribune Mauritanie PDF pdf latribunemauritanie488.pdf




Les Echos de la Tribune : Le cri d’un étudiant de la diaspora !

15022010

Par  Mohamed Fouad Barrada

 

Pour qu’il y ait une révolution, il faut  une culture spécifique voire un paradigme.  Et pour qu’il y  ait un développement, il faut un soubassement socioculturel alimenté par l’interactivité avec d’autres sociétés. 

Certes, le  développement  de notre système éducatif  est une noble finalité. Certes,  nous avons besoin des techniciens, des médecins,  des pilotes,  etc.  Cependant, pour  concrétiser le  développement, il ne faut pas aller loin,  il faut d’abord  passer  par  une émancipation culturelle voire sociétale incitant les composantes  les  plus actives  de la nation  à  relever le niveau du  débat national. Ce qui sous-entend qu’il  est  temps  d’encourager ceux qui  ont eu le courage d’aller loin de chez eux  pour s’abreuver  du savoir.  J’ai,  dans ce contexte, reçu fraîchement un message de la diaspora. Un cri du cœur  dont voici les points saillants : « Je suis un étudiant mauritanien en Master 2 recherche en Droit Public en France. Je vous interpelle pour une confidence, en l’occurrence, sur les conditions d’attribution des bourses par la commission des bourses  au ministère de l’éducation, surtout une discrimination au niveau des filières comme les sciences juridiques, les sciences humaines. En réalité,  la commission ignore les étudiants de ces filières même arrivées  au niveau du master 2 (l’ancien DEA) qui est classé troisième cycle.
Je pense que toutes les filières sont importantes pour le développement  de notre Mauritanie.
Je vous confirme  que la discrimination n’est pas raciale mais  elle est plutôt au niveau des filières «  :  la commission donne une bourse à un étudiant en 1ère  année des  Sciences appliquées  alors  qu’ un étudiant en Master 2 Droit public voire en 1ère  année de thèse qui est à un pas  de  finir ses études et servir la Mauritanie n’aura jamais de  bourse  » cette  attitude pousse-t-elle  l’étudiant qui a rencontré toutes les difficultés et qui n’a jamais eu de  bourse même une année à servir la Mauritanie ?
Les étudiants en master 2  Sciences juridiques sont venus en France après avoir décroché  leurs diplômes de maîtrises à l’Université de Nouakchott faute de troisième cycle, ils  sont obligés de partir si loin de leur pays pour continuer leurs études dans un but de revenir avec des qualifications pour servir  leur chère patrie »,fin de citation . 

Il est clair, l’objet de ce cri n’est qu’une frustration, conséquence des  séquelles de la décision qui s’oriente vers une interdiction formelle d’attribution des bourses à la filière ayant trait à la science Humaine.  Les initiateurs de la nouvelle politique, on les comprend,   défendaient chacun à son tour  son département ministériel en l’occurrence la santé et les domaines professionnels. Néanmoins, il est essentiel de nuancer entre les approches.   Contrairement à ce qui est répandu, le domaine des sciences humaines, conditionne les autres domaines, spécifiquement, il y a une carence au niveau des  ‘sciences’ de la gestion, de la planification stratégique,  de la sociologie, de psychologie sociale, des sciences cognitives, etc. Aucune structure de recherche permettant de promouvoir le savoir sans ces branches. Quasi inexistence des revues scientifiques humaines.  L’université ferme ses portes aux compétences en termes  de recherche en se focalisant sur l’enseignement.  De ce fait, le mieux  est de combiner entre  la rationalité budgétaire quant à l’attribution des bourses   et la performance éducative. Nous sommes amenés  à former des formateurs et de restructurer  notre unique  université à travers des vrais laboratoires de recherches  créateurs  apportant  des solutions  structurelles.  Il faut aussi  avoir l’aptitude de bénéficier des ressources humaines de l’extérieur en valorisant le système de rémunération incitative.   Et si on cherche les raisons fondamentales   du développement  socio-économique  de chaque pays, nous allons évidement aboutir à une conclusion élémentaire : l’imitation, l’adaptation des modèles qui réussissent ailleurs   aux réalités locales, l’innovation et l’apprentissage. En guise  d’illustration,  le père de la révolution économique contemporaine de la Chine populaire, a pu s’inspirer du modèle français pour prôner l’ouverture des marchés de  son pays  face aux capitaux extérieurs. Quelle explication ? 

Le réformateur  Deng Xiaoping  a, tout simplement, passé une grande partie de son cursus universitaire  en France. Pourtant ce dernier  fut  un ardent défenseur  des  valeurs  intrinsèques  de l’empire du milieu.    

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune Mauritanie  n°488




Les Echos de la Tribune :Gentillesse contre stress

8022010

 Par Mohamed Fouad Barrada   

 Il  arrive  à l’Homme  d’être absorbé  par je ne sais quoi,  (le travail pour survivre ou plutôt sa soif pour le savoir : la lecture, l’écrit, l’enseignement, etc.).  Exceptionnellement, il lui arrive, après  une journée épouvantable, de  penser  à la  souffrance  d’autrui et l’incompréhension de son entourage. Car lui-même  n’est guère  à l’abri de ce qu’on peut appeler   la contrainte qui conditionne l’existence de l’être en tant qu’être libre ou esclave par son inconditionnalité d’exister  et de venir du néant  selon la conditionnalité du moment et sa pérennité qui n’existe souvent  que dans  son  subconscient, ou sa  conscience.   Je voulais dire par là  que chaque personne  se démerde   dans son coin pour dévoiler ou pour  ‘voiler’ sa pensée,  sa manière de dire , je voulais ainsi préciser que chacun de nous   essaye d’imposer , d’exiger une  liberté de penser, une conviction ,  un  obscurantisme, une  lumière , une vision  ou autre chose qui  échappe à la  logique  de l’être en tant qu’animal  voulant la dévalorisation  de l’inter -connectivité humaine. D’où l’irruption du stress ou plutôt  les  moyens de lutte contre  ses séquelles  qu’elles soient  fortes ou plus ou moins acceptables selon la contrainte. J’ai entendu parler des journées pour la lutte contre ces fléaux. D’autres  pour  la gentillesse. J’ai choisi en conséquence de partager avec vous, rétrospectivement,  une lecture  d’un phénomène mondial influencé par la globalisation  de la contrainte humaine sous toute sa forme et  qui demeure difficilement maitrisable, jusqu’à, bien sûr, la preuve du contraire.       En effet, « devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés »  à savoir le  management, le stress et la question de son coût.  Et enfin la corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de leurs structures organisées,   argue  en substance  le consultant Toussaint,  (voir Le monde  du 28 février 2010). «  On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire » (idem) .Quel est alors le remède ? 

  Le 1er février 2010, la lutte contre le stress en France a eu  sa date anniversaire. « Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance » (sic).  -Le 13 novembre  est célébré désormais par certains   comme étant une journée de gentillesse. De cet événement, je vous avance  les arguments  d’un écrivain de la blogosphère :     « C’est idiot mais c’est comme ça, c’est aujourd’hui la “journée mondiale de la gentillesse “. Évidemment, les rapports humains et la vie quotidienne seraient tellement plus agréables si tout le monde était gentil avec tout le monde. Soyons prévenants, délivrons les compliments, abstenons-nous des coups tordus et autres égoïsmes. C’est sûr, ça ne peut pas faire de mal (à condition, évidemment, que personne ne soit méchant, soyons optimistes)  

Mais ne lésinons pas, pour autant, sur les gros mots. Jurer à haute voix a en effet de formidables vertus apaisantes. Nous en avons tous fait l’expérience, mais celle-ci est désormais appuyée par une étude menée par des psys britanniques. Celui qui jure après s’être cogné le petit doigt aura moins mal que celui qui se sera retenu. Le juron serait une parade physique contre la douleur.   En vérité, c’est le simple fait de hurler qui procure cet effet calmant en accélérant le rythme cardiaque, peu importe ce que l’on hurle. Quoiqu’il en soit, vous avez une bonne justification médicale au prochain gros mot qui vous échappe : c’est thérapeutique, pour me soulager physiquement…  Aujourd’hui donc, si vous souffrez à force d’être trop gentil, balancez quelques gros mots à la tête de votre interlocuteur, il comprendra ».  

 m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°487 




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

8022010

Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz aurait demandé, à plusieurs reprises, à son gouvernement réuni en Conseil de cesser d’utiliser les formules «selon les directives éclairées», «direction nationale», «sous la supervision du Premier ministre»… toutes ces formules usitées et idiotes. Qui continuent pourtant à emplir nos oreilles. 

Elles ne sont pas près de disparaître, même si elles ne servent à rien. D’ailleurs, c’est ce qui ne sert à rien qu’on entretient et qu’on cultive dans ce pays. 

Faut-il en conclure que le gouvernement n’obéit pas à son chef qui est le Président de la République ? Peut-être… Parlons de choses autrement plus sérieuses. 

En 2008, la campagne agricole a été lancée en grande pompe par le Président Ould Cheikh Abdallahi qui a fait lui-même le déplacement à Rosso. Pour donner le ton, nous avait-on dit. Le Premier ministre de l’époque, Zeine Ould Zeidane, avait lui-même supervisé la préparation de la campagne. Tout y était : la démarche participative consistant à impliquer les agriculteurs, la mise à disposition à temps et en suffisance des intrants, l’élaboration de textes et de politiques d’encouragement du secteur… 

Dès son retour à Nouakchott, le Président procède au changement de son gouvernement. Il nomme un nouveau Premier ministre qui a d’autres préoccupations que celles-là… et l’engouement pour l’agriculture s’estompe rapidement. Le pays entre dans une crise politique différemment appréciée, mais qui bouffe toutes les énergies… jusqu’en juillet 2009. On rate la campagne agricole de 2009/2010. 

Aujourd’hui, seule une frange des agriculteurs a pu faire campagne pendant la dernière saison. Elle est surtout constituée d’agriculteurs n’ayant pas de créances auprès du crédit agricole. A eux se pose aujourd’hui un problème : celui de la commercialisation de leur production. 

Le 22 janvier dernier, ce groupe d’agriculteurs a rendu public un communiqué dans lequel il lance un appel aux autorités pour venir en aide au secteur au stade de la commercialisation. 

Le communiqué indique qu’au moment où les agriculteurs s’attendaient à une aide d’encouragement, ils ont été surpris de voir que leur ministère de tutelle ne leur apportait aucune solution à la commercialisation. Ni aide directe, ni subvention indirecte, encore moins un engagement quant à l’achat de la production par la SONIMEX. 

De tout temps, les mécanismes d’aide au secteur ont généré des circuits de corruption et de malversations en général. En 2008, une procédure d’aide à la commercialisation a été préconisée. On n’en a jamais fait l’évaluation. 

Il s’agissait en fait de faire acheter la production de paddy par les usiniers (et non la SONIMEX). Les prix étaient fixés selon la qualité du produit. Les usiniers vendaient ensuite à la SONIMEX. L’Etat garantissant ce mécanisme et disponibilisant les moyens financiers pour le réaliser. Pourquoi ne pas revenir à un pareil schéma ? 

Car il faut savoir qu’aucune agriculture au monde ne peut se développer d’elle-même, qu’aucun Etat au monde ne s’abstient de subventionner son agriculture. Surtout en ces temps où les menaces pèsent sur la sécurité alimentaire des pays comme le nôtre. 

Sait-on seulement que les pays du Sahel et de l’ouest-africain en général sont aujourd’hui menacés par la plus grande famine de tous les temps ? 

Alors à quand une politique efficiente et stable de l’agriculture ? Vous me direz – et vous avez raison – à quand une politique efficiente et stable pour la pêche ? pour la production minière ? pour l’élevage ? pour l’éducation ? pour la santé ? 

Certes les discours du Président Ould Abdel Aziz expriment un volontarisme absent ces dernières décennies, mais comment mettre à profit ce volontarisme ? Normalement ce devait être la tâche du gouvernement… encore le gouvernement… a-t-on le droit de surcharger le gouvernement ? Il peut juste ce qu’il… peut. Pas plus. C’est-à-dire pas grand-chose en somme.

Source : La Tribune n°487




SNDE :

8022010

 

 Bras de fer entre le DG et le PCA, 

La société est paralysée 

 

C’est le 17 septembre 2009 que Sidna Ould Abeid, ingénieur de formation, a été nommé directeur général de la Société nationale d’eau (SNDE) par Conseil des ministres. Le même Conseil lui a nommé un Président du Conseil d’Administration en la personne de Mohamed Vadel Ould Seyid Ould M’Sabou, un proche a-t-on dit du Président de la République. 

C’est seulement le 4 février dernier que Ould Abeid procède à son premier mouvement. Il remplace tous les directeurs et n’en garde qu’un seul, celui des finances. C’est l’occasion pour lui de faire la promotion de cadres expérimentés et compétents, tous issus de la société. De mettre à l’écart la vieille garde dont les ancens directeurs sont nommés conseillers. De ce mouvement, le personnel semble satisfait. On n’y décèle aucune forfaiture qui peut le remettre en cause : ni népotisme ni favoritisme. Ce n’est pas l’avis de son président du conseil. 

Dans une lettre rendue publique le même jour (4 février), le PCA met en cause les décisions du directeur général. «Le directeur général n’ayant jamais été nommé par un conseil d’administration comme le stipule l’article 30 du décret N°95-035 du 05 décembre 1995, et aucune action n’ayant été entreprise jusqu’à ce jour pour rendre légale sa nomination, je vous prie de considérer nulles et non avenues (sic) les notes N°02 et 03 signées par Monsieur Sidna Ould Abeid, en total désaccord avec mes orientations, en date du 4 février 2010, portant mouvement des directeurs et ce jusqu’à nouvel ordre». 

Ould M’Sabou que nous avons joint par téléphone estime que le mouvement «a décapité la société en la privant de ses directeurs qui en connaissent tous les mécanismes». D’autant plus grave selon lui que «ce sont les chauffeurs de ces directeurs qui les ont avertis du mouvement». 

Le PCA passe à la vitesse supérieure quand il envoie une lettre au DG-DGA et toutes directions en date du 6 février (samedi ?) en référence 6210/1. «Suite à mes notes du 01 décembre 2009 et du 04 février 2010 et au refus de Monsieur Sidna Ould Abeid d’obtempérer en arrêtant le mouvement des directeurs et son insistance frisant la menace des directeurs afin qu’ils procèdent le plus vite possible à la passation de service pendant le week-end, et en vertu de mes pouvoirs que me confère le décret n°95-035 portant statut de la société, notamment en ses articles 24,26,30 et 32 je met (sic) en demeure Monsieur Sidna Ould Abeid d’arrêter, à compter de la publication de cette note, de se mêler de la gestion de la société, dont l’intérim sera assurée (sic) par le Directeur général adjoint, à qui je demande de stopper la passation des services jusqu’à nouvel ordre». Et d’écrire : «Monsieur Sidna Ould Abeid DEVRA QUITTER IMMEDIATEMENT LES BUREAUX DE LA SOCIETE ET SE METTRE A LA DISPOSITION DU MINISTERE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ASSAINISSEMENT». Comme quoi… 

Une lettre portant mention «référence 62210/2» confirmant cette décision de limogeage a été adressée par le PCA au ministre de l’hydraulique le même jour (6 février). 

A la société, c’est le désordre. Certains des directeurs débarqués refusent de passer service. On ne sait plus qui du directeur général ou du président du conseil d’administration (PCA) il faut écouter. Le chaos somme toute. 

Au moment où nous écrivions ces lignes, le ministre avait convoqué les deux parties. On ne sait pas encore qu’est-ce qu’il adviendra. Mais il est très difficile de concevoir une annulation de la décision du directeur général de la société sous prétexte d’un rejet d’un président de conseil. 

Légalement, une personne nommée par Conseil des ministres ne peut être démise par Conseil des ministres. Le Conseil d’administration se contentant d’entériner les décisions du Conseil des ministres. Il a cependant le plein droit de faire les observations qu’il faut sur la gestion du directeur. Si le Conseil doit nécessairement se prononcer sur tout changement d’organigramme, la nomination des personnes ne concerne que le directeur général de la société. 

Comment va finir cette affaire ? C’est ce qu’on attend de voir dans les jours qui viennent…

  Bechirou

Source : La Tribune n°487




Dialogue avec les salafistes :

8022010

 

 Que doit-on en déduire ? 

 

C’est la rencontre entre les Ulémas et le Président semble avoir clôturé le dialogue ouvert avec les prisonniers salafistes il y a quelques quatre semaines. Quelques rounds qui auront permis de donner l’impression que quelque chose s’était débloqué de ce côté-là. Mais quoi exactement ? 

Cheilh Mohamed El Moctar Ould M’Balla, porte-parole des Ulémas et maître d’œuvre du dialogue, a qualifié le processus de «largement positif». Il est revenu sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les rencontres avec les prisonniers, les qualifiant d’optimales et réussies, avant de souligner que le tout s’est passé dans un climat de compréhension et d’échange entre les deux parties.
Ould M’Balla a tenu à rappeler que «le dialogue n’est pas une occasion comme toute autre. Il s’agit d’une option et d’une orientation que l’Etat a choisi pour traiter certains problèmes ; pour cela, nous souhaitons que cette expérience se renouvelle, à chaque fois que le besoin s’en fait sentir. Nous ne pouvons, en aucun cas dire que le dialogue est clos parce qu’il doit continuer». C’est ici qu’il faut rappeler que le premier objectif qui est celui des relectures des textes islamiques, nécessite une entreprise religieuse globale visant le moyen et le long terme. La refondation d’un Islam neuf étant ici vitale. 

Ould M’Balle a déclaré : «Je tiens aussi à vous dire que ces échanges se sont déroulés dans les meilleures conditions marquées par la compréhension mutuelle et la communication entre les différentes parties. Les Ulémas y avaient soulevé l’ensemble des questions liées à la problématique de l’extrémisme et de la violence, tout en apportant, preuves à l’appui, les réponses nécessaires pour lever toutes équivoques. Les jeunes, à leur tour, apportaient leurs contributions au dialogue avec pertinence et compréhension».
Par rapport à la thématique du dialogue, Ould M’Balla a révélé qu’il a été question du «pouvoir (hakimiya), de la Charia, de la négation de la foi d’autrui (takfir), de l’extrémisme et de l’usage de la violence», avant de souligner que le cheminement logique suivi a permis à la plupart des jeunes de se repentir et de corriger leurs dévoiements. C’est d’ailleurs, a-t-il poursuivi ce qui a été concrétisé par des déclarations écrites signées par plus de 80% de ces jeunes, lesquels ont pu, à travers ces échanges corriger certaines conceptions erronées dont ils étaient porteurs. Le Cheikh a mentionné qu’«il ya une très faible minorité composée de trois personne, qui a rejeté le dialogue, pour des raisons liées à leur état de santé où à d’autres motivations». Si certaines voix se sont fait entendre pour dire que ce pourrait être là une manœuvre des activistes prisonniers, chez les Ulémas la certitude est grande. Ils semblent garantir la sincérité du repentir. Mais est-ce suffisant ? 

On peut s’attendre à une révision de cas. Nous découvrirons alors qu’il existe un groupe de jeunes auxquels rien de précis n’est reproché par la police. Ils sont en prison depuis des mois, voire des années, sans être sous une inculpation claire et prouvée. Ce groupe pourrait être libéré dans les plus brefs délais. Le groupe des impliqués dans les attentats et actes de violence dont certains revendiquent encore la paternité, devrait bénéficier d’un procès équitable. La procédure pour ce faire pourrait être accélérée. Comment éviter de tomber dans l’erreur de 2007 ? Quand, dans un climat de concorde et de pardon, les autorités ont décidé de faire le procès du groupe sans tenir compte de la détermination de certains encore moins des appréhensions de la police. Dans la foulée, la justice a été entraînée à adopter une attitude extrêmement clémente qui a conduit à la libération de radicaux qui passeront à l’action dès leur sortie de prison. 

Par ailleurs, on ne peut aborder la question de l’ouverture de ce dialogue sans avoir à l’esprit le contexte global de la question de la guerre menée par AQMI sur le sol mauritanien. Notamment le rapt de ressortissants étrangers sur notre sol national. Quels liens entre ce dialogue et l’éventualité d’un échange avec les otages occidentaux ? 

On sait que AQMI vient de fixer un nouvel ultimatum pour l’exécution de ses otages. Le 20 février pour le français Pierre Camatte enlevé au Mali, et 25 jours – à compter de la date d’émission du communiqué – pour l’otage italien Sergio Cicala. En contrepartie de la libération de ces otages, AQMI demande la mise en liberté de quelques-uns de ses militants en prison au Mali et le versement d’une rançon. Pour le cas des Espagnols, aucun ultimatum n’a été fixé pour le moment. 

La branche d’Al-Qaïda au Maghreb, l’Aqmi, retient Pierre Camatte, capturé au Mali le 26 novembre 2009 ainsi que trois volontaires espagnols d’une association humanitaire, pris en otage le 29 novembre en Mauritanie et un couple d’Italien enlevé, également en Mauritanie, le 17 décembre. 

 

Bechirou

Source : La Tribune n°487 




La situation et les perspectives de l’activité pétrolière en Mauritanie

8022010

 

  

 

Depuis 2006, la Mauritanie est devenue un pays producteur de pétrole.

On se propose, ici, de faire un état des lieux succinct de l’activité pétrolière dans ce pays et sur l’incidence de celle-ci sur son développement économique et sa stabilité politique.

 Pour cela, on développera, successivement, les points suivants :

 

1-      Situation de l’activité pétrolière

2-      Perspectives de l’exploitation pétrolière

  

1-      Situation de l’activité pétrolière 

 

La superficie de la Mauritanie est de 1 080 000 km². Elle possède deux bassins sédimentaires susceptibles de contenir des hydrocarbures : le bassin de Taoudenni qui s’étend, en on shore, sur 500 000 km² et le bassin Côtier qui couvre 184 000 km² dont 100 000 km² en offshore.

Ce dernier bassin s’étend sur 750 km de côte de l’océan Atlantique allant de la frontière avec le Sénégal au sud jusqu’à la ville de Nouadhibou au nord du pays.

Dans ce qui suit, on essaiera, brièvement, de faire la situation de l’activité pétrolière dans chacun de ces bassins.

 

a-      Le bassin Côtier   

L’activité d’exploration pétrolière dans ce bassin a commencé dès 1960, l’année de l’indépendance du pays. Elle s’est poursuivie, sans relâche, jusqu’en 1992, sans découverte commerciale.

Après plus de 4 ans d’interruption, les opérations ont repris de plus belle.

Ce bassin est subdivisé en 56 blocs dont 9 seulement sont occupés pour le moment.

Actuellement, 11 entreprises pétrolières dont, en particulier, les opérateurs Petronas, Dana et Tullow Oil y sont présentes et 8 contrats de partage de production pétrolière y sont déjà signés entre ces différentes entreprises, les partenaires de celles-ci et le gouvernement mauritanien (voir la carte jointe).

Petronas a acquis, en 2007, les actifs de Woodside en Mauritanie. Cette dernière société est à l’origine de la découverte du pétrole mauritanien. Elle a quitté ce pays à cause des problèmes techniques qu’elle a rencontrés dans ses opérations et pour lesquelles elle n’a pas pu apporter une solution économique ; mais aussi, suite au différend qui l’avait opposée aux autorités mauritaniennes, en 2006, à propos de ses fameux avenants aux contrats de partage de production.

A ce jour, 62 000 km de sismique 2D (2 Dimensions) et 19 000 km² de sismique 3D (3 Dimensions) ont été tirés dans ce bassin et  58 puits y ont été forés dont 11 avant l’interruption de l’activité en 1992 et 3 dans sa partie one shore.

Plusieurs découvertes y ont été annoncées depuis mai 2001.

Les réserves de pétrole (confirmée uniquement pour le gisement Chinguetti) dans les champs de Chinguetti, Walata (ex-Tiof) et Tevet sont de l’ordre de 400 millions de barils. Ces champs sont tous situés dans le bloc 4 et opérés par Petronas.

Les réserves de gaz des champs Banda (situé dans le bloc 4 et opéré par Petronas) et Pélican (situé dans le bloc 7 et opéré par Dana) sont estimées à 3 TCF (Trillion Cubic Feet) ou 84 milliards m3.

Le champ de Chinguetti, le premier gisement de pétrole à être exploité en Mauritanie, avec des réserves récupérables de 120 millions de barils, a été mis en production le 24 février 2006 à raison de 75 000 barils/jour. Sa durée de vie était estimée, à l’époque, à 10 ans.

Mais très vite, de nombreux problèmes techniques, imposables à Woodside qui opérait ce champ à l’époque, sont apparus. Ceux-ci sont dus essentiellement au mauvais positionnement des puits et à la surestimation du taux de récupération du pétrole. Ils ont eu pour conséquence une importante chute de la production de ce gisement. Celle-ci se situe actuellement (février 2010) à 9 000 barils/jour. Ce taux permet de couvrir, tant que les prix du pétrole sont supérieurs à 50 USD/baril, les charges d’exploitation (100 millions USD/an) et permettre à la Mauritanie et aux différentes sociétés de percevoir une petite rente. Les amortissements des investissements engagés (plus d’un milliard USD) ne seront, sans doute, jamais récupérés en totalité par les membres du consortium qui gèrent ce champ.

Des tentatives coûteuses d’augmentation de la production, effectuées au cours de l’été 2008, par Petronas et ses partenaires, grâce à de nouveaux forages et des reprises de puits existants n’ont pas abouti aux résultats escomptés.

Les investissements dans l’exploration, le développement et l’exploitation de ce champ représentent un recors mondial. Le coût technique d’un baril de pétrole de Chinguetti (coûts divers/réserves récupérables) dépasse 40 USD/baril alors que ce même coût représente  moins de 15 USD/baril en Mer du Nord (conditions extrêmes) et moins de 2 USD/baril au Moyen Orient. 

Dans ces conditions, la fin de l’exploitation de Chinguetti pourrait être avancée. Les provisions pour son abandon, qui s’échelonneront sur 2 à 3 ans, figurent déjà dans le budget 2010 consacré à son exploitation.

Les revenus de l’Etat mauritanien (rente uniquement) provenant de l’exploitation de Chinguetti sont : 89 millions USD en 2006, 46 millions USD en 2007, 55 millions USD en 2008 (effet augmentation vertigineuse des prix du pétrole jusqu’à 147 USD/baril) et 26 millions USD en 2009.

Concernant les autres gisements pétroliers (Walata et Tevet), aucune décision de commercialité et encore moins de programme de développement n’ont encore été présentés au gouvernement mauritanien par l’opérateur, Petronas, malgré les forages d’évaluation de Walata (6 puits) et Tevet (2 puits) effectués par Woodside avant son retrait définitif de la Mauritanie.

Le gisement de Pélican (gaz) n’a pas encore été évalué. Au niveau de celui de Banda (gaz), 2 forages ont été effectués en plus de celui qui a abouti à sa découverte.

Les réserves (3 TCF ou 84 milliards m3), qui doivent être confirmées par des évaluations précises, ne permettent pas encore de se lancer dans la construction d’unités de liquéfaction de gaz que toutes les entreprises présentes en Mauritanie souhaiteraient entreprendre le plus tôt possible. Il faut pour cela avoir 200 milliards de m3 de gaz récupérables (7 TCF) pour rentabiliser les lourds investissements nécessaires à ce type d’industrie gazière.

Des études, en association avec des entreprises gazières internationales (Gaz de France et Petronas), ont été initiées par les autorités mauritaniennes pour la génération d’électricité à partir du gaz associé au pétrole de Chinguetti (ce gaz est stocké pour le moment dans un puits situé dans le champ voisin de Banda et foré à cet effet) et le  gaz de Banda une fois les volumes de celui-ci connus avec précision.

Des résultats de ces études, il ressort la mise en place, sur une période de 25 ans, d’une centrale électrique de 700 MW. La construction de celle-ci se fera en 2 phases de 350 MW chacune.

Les conditions de réalisation de cet important projet sont en cours de négociation entre la Mauritanie et ses différents partenaires.

Une fois cette centrale construite, il est intéressant pour la Mauritanie de donner une priorité à la vente à la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière) de tout excédent énergétique. Une ligne haute tension, pour acheminer ce surplus, pourrait être réalisée entre les villes de Nouakchott et de Nouadhibou permettant aussi à la côte de mieux se développer. Certains projets de la SNIM non rentables, aujourd’hui, le deviendront et une augmentation sensible de la rentabilité des différentes mines exploitées par cette société sera constatée.

Il y a lieu de rappeler, ici, que les coûts énergétiques représentent 60% des charges d’exploitation de la SNIM.

 

 

 

b-     Le bassin de Taoudenni 

L’activité dans ce bassin a démarré en 1968 pour se terminer, en vain, en 1974. C’est un bassin peu connu et qui recèle, selon les spécialistes, d’importantes réserves d’hydrocarbures. Il est subdivisé en 73 blocs dont seulement 21 sont occupés actuellement.

Depuis 2003, plusieurs grandes entreprises, Total, Repsol et Wintershall notamment, y ont pris des permis et sont dans des phases avancées de leur exploration.

Total effectue actuellement son premier forage dont l’objectif  est situé à 4 200 m. On prévoit les premiers résultats de celui-ci courant mars de cette année. Repsol vient de finir l’acquisition de ses données géophysiques et procédera, sans doute, après les interprétations de celles-ci, à un forage courant 2011.

Quant à Wintershall, elle a commencé (janvier 2010) l’exécution d’une sismique 2D de 1 600 km prévue pour durer 5 mois environ.

16 contrats de partage de production y sont déjà signés  par 12 entreprises pétrolières internationales (voir la carte jointe).  

12 000 km de sismique 2D y ont été tirés et seulement 3 forages y ont été exécutés dont 2 en 1974 par Agip et Texaco et celui qui est actuellement en cours de réalisation par Total.

 

2-      Perspectives de l’exploitation pétrolière 

 

Des réserves importantes d’hydrocarbures, selon des experts, seront mises en évidence, au cours des prochaines années dans le bassin de Taoudenni mais aussi dans le bassin côtier, par ces différentes entreprises pétrolières opérantes actuellement en Mauritanie.

Ces découvertes, si elles se réalisent, feront de ce pays un acteur important de la sous région.

Grâce à sa position géographique, la Mauritanie, située au bord de l’océan Atlantique, se trouve à proximité de grands marchés de consommation des produits pétroliers. Les tankers, quittant ses eaux territoriales, mettront moins de 10 jours pour rejoindre les ports d’Europe Occidentale et moins de 3 semaines pour rallier la côte Est des Etats-Unis d’Amérique sans contraintes géopolitiques.

La Mauritanie compte 3 millions d’habitants dont plus de 40% d’analphabètes. Elle est rentrée, timidement mais espérons sûrement, depuis février 2006 dans le cercle restreint des pays producteurs d’hydrocarbures grâce à l’exploitation du champ offshore Chinguetti.

Les revenus ainsi générés alimentent le Fonds National des Hydrocarbures qui a été créé en 2006 afin de collecter, pour le compte de l’Etat, tous les paiements provenant de l’activité pétrolière, et les placer dans un compte ouvert à cet effet à la Banque de France.

L’utilisation de ces revenus, certes modestes pour le moment mais qui sont appelés à augmenter au cours des prochaines années, pour en espérant garantir une paix intérieure et extérieure à la Mauritanie, fera l’objet de ce qui suit.

 

Utilisation des revenus 

Une gestion transparente et équitable des revenus tirés du pétrole évitera au pays des perturbations internes difficiles à contenir. Cette manne appartient à tous les mauritaniens et ils ont le droit d’en profiter, chacun selon ses aptitudes et ses efforts personnels.

On doit cultiver chez le mauritanien l’amour du travail et de l’effort et surtout éviter de faire de lui un rentier, sinon les autres viendront dépouiller le pays d’une valeur ajoutée pourtant créée sur son sol. Ce qui est, malheureusement, pour le moment, le cas pour la grande part des effets induits générés par cette activité.

La réalisation d’un solide socle pour la pérennité d’un état moderne viable doit être une priorité.

C’est ainsi que la justice, la santé, l’éducation et les autres infrastructures de base doivent largement profiter de cette manne pour mettre le pays sur la meilleure voie possible pour un développement durable.  

Une partie de ces revenus pourrait être utilisée pour améliorer la compétitivité des autres secteurs de l’économie du pays : la pêche, les mines, le tourisme, l’agriculture et l’élevage.

Les générations futures ne doivent pas, non plus, être oubliées. Il est nécessaire qu’un fonds spécial leur soit consacré. Celui-ci doit être doté de revenus bien spécifiés et de procédures rigoureuses de gestion.

Une attention particulière doit également être accordée à la protection de l’environnement contre les diverses formes de pollution liées à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures pour garder la faune et la flore intactes et surtout pour éviter aux habitants du pays des épidémies dévastatrices.

 

Le prix de la sécurité 

Les pays voisins de la Mauritanie sont beaucoup plus peuplés qu’elle et ont des problèmes très aigus de sous développement, pour la plus part d’entre eux.

Ce nouveau statut de pays producteur d’hydrocarbures impose aux responsables politiques beaucoup de sagesse et d’habileté diplomatique pour éviter à la Mauritanie de sérieux problèmes en perspective.  

L’implication des différents pays de la sous région, chacun selon son importance, dans cette manne pétrolière est un préalable à toute stabilité en Mauritanie. Une préférence, après les mauritaniens, pour l’emploi de leur ressortissants, en concertation avec leur gouvernement respectif, pourrait être une approche intéressante pour les faire participer. La création d’un fonds de développement, quand les revenus pétroliers deviendront importants, pour financer des projets dans ces pays pourrait également être envisagée.

La Mauritanie verra aussi déferler sur elle, dans les prochaines années, un flux important d’immigrés en quête de prospérité. Il y a lieu d’être vigilant et de bien se préparer en conséquence en faisant attention, en particulier, à l’état civil. La Mauritanie pourra s’inspirer, dans ce cas, de l’exemple des pays du Golfe pour qu’elle ne soit pas envahie par des populations venues d’ailleurs.

 

Sans une gestion juste et efficace des revenus financiers provenant de l’activité pétrolière et de l’incidence de celle-ci sur l’environnement, mais aussi l’implication intelligente des différents pays de la sous région dans les fruits générés par cette nouvelle ressource, le pétrole sera plus, pour le peuple mauritanien, une malédiction qu’un formidable outil de développement.

 

Par  

Ismail Abdel Vetah Ingénieur

Source : La Tribune n°487







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