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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

22022010

 Nouakchott ?  

Nouakchott Au Carrefour de la Mauritanie et du Monde, voilà  un titre impressionnant d’un livre   qui vient d’être publié par une ‘chercheuse’ associée au laboratoire PRODIG  dénommée Armelle Choplin, elle  est  de l’hexagone  spécialisée dans les questions socio-urbanistiques du pays et  dont je vous livre quelques passages.   Culturellement, et « contrairement  à toute attente, Nouakchott  est une ville  de  la négociation permanente, ce qui met à mal  la théorie d’Huntington ( la ville produit  de la rupture  mais également  de l’échange  les deux dynamiques  ne  sont pas contradictoires ni incompatibles mais bien inhérentes   au support urbain,  quand bien même les rapports sont déséquilibrés entre  les groupes sociaux).» 

A l’évidence apparente, la question  qui sous-tend  la  réflexion de l’auteur,   est de comprendre comment  se construit  désormais  une métropole  d’un pays  pauvre comme la Mauritanie  dans  un contexte néolibéral  mondialisé affecté par la montée du terrorisme et la violence.  Sous l’aspect socio urbain, la chercheuse nous  décrit  une expérience personnelle   du terrain : « un dimanche  de novembre 2008, alors  que je me rendais dans l’une  de ces lointaines périphéries de Nouakchott pour  y conduire des enquêtes, je tombai de façon fortuite  sur un nouveau quartier qui n’est pas reconnu officiellement. Pourtant, elle porte un nom, donné spontanément  par les habitants : «  le quartier des sans fiche sans photo ». Le quartier s’appelle ainsi car les gens  qui y résident sont  eux-mêmes « sans fiche et sans photo.» 

En effet,  le quartier  est attaché au  6ème  arrondissement ; il ne se situe pas loin du cimetière de Pk 7, juste à 1 kilomètre de la place où nos morts dorment en toute sécurité juste à droite de la route bitumée passant devant le cimetière et  allant vers Rosso. Dans un autre passage   Armelle Choplin  brosse l’historicité  de Nouakchott  en  insistant sur  la caractérologie interraciale de l’espace urbain.   « Des interfaces de  natures différentes se superposent et se reconfigurent à Nouakchott ».  La première est d’ordre politique et liée  au statut que revêt Nouakchott. « En  tant que  capitale et ville, elle est interface entre politique et social, entre le centre et les marges socio-spatiales, l’élite dirigeante et les «résidus». 

La seconde interface est selon l’auteur géopolitique: «Elle est  même physique de prime  abord  puisqu’il s’agit d’un contact entre le Sahara et le Sahel, terme qui vient de l’arabe «sâhil» et qui signifie lui même  rivage».  Quant  à la dernière  interface,  Armelle Choplin la considère  comme étant    d’ordre spatial : «Nouakchott assure la jonction entre local et global et par conséquent entre  hinterland/ extérieur,  on shore / off shore, ce qui suppose l’intense échange, et ce à différentes échelles entre vaste  espace  extérieur et un territoire intérieur  quasi exclusivement rural et peu peuplé (….) Bien que  bâtie  sur l’atlantique , Nouakchott  n’est pas une ville littorale. Initialement  elle tourne  même le dos à la mer. Ce n’est  que récemment  qu’elle  a redécouvert  cette interface  terre/mer et les bénéfices qu’elle pouvait en tirer. » 

Sur la gestion de la cité, l’universitaire   dévoile  la personnification  du pouvoir en Mauritanie à travers le cas de la Capitale bien que jeune, elle regroupe le tiers de la population du pays  :  « ce sont  en effet  trois  échelons  de gestion urbaine qui se supposent et se concurrencent : l’Etat central, les agences  d’exécution de type agence  de développement urbain, directement  en cheville  avec la  Banque Mondiale , et à la Communauté Urbaine de Nouakchott . Plus qu’une décentralisation, il s’agit d’une déconcentration incomplète et imparfaite  des services de l’administration centrale.» A l’appui  de jugement  tantôt objectif, tantôt  subjectif,  la  géographe  française  n’évite guère  de  confirmer ou d’  affirmer  à maintes  reprises   la domination   d’une classe dirigeante, appartenant à un groupement spécifique, sur les autres composantes sociales et ethniques : 

 «Il a été dit au fil des pages combien la capitale est et demeure un espace géopolitique de toute première  importance, relevant du champ politique qui  la manipule  à travers  des projections idéologiques et symboliques (…)Certes, l’Etat  mauritanien est le moteur de Nouakchott mais il ne saurait être  ce deus  ex Machina  car il n’a pas la possibilité , ni même  la capacité de façonner entièrement  à son image. Seuls quelques espaces  sont réellement  sous influence, et en premier  lieu le centre  ville dans    lequel il s’efforce  de soigner la symbolique…»   M_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°489




Droits de l’homme :

22022010

 Mission terminée pour la délégation de la commission de l’UA en Mauritanie 

  Une délégation de la commission chargée des droits de l’homme et des peuples de l’union africaine a terminé une  mission de promotion qui a duré du 9 au 17 février 2010 en Mauritanie. Conduite par Madame Rêne Alappin Guaoussou, présidente de la ligue des droits de l’homme et des peuples, cette mission a visité certaines villes de l’intérieur du pays.  Objectif : vérifier si les articles 45 et suivants de la charte africaine des droits de l’homme sont respectés. Ainsi que les articles 1 à29 que tous les pays signataires doivent obligatoirement respecter (comme les droits indivisibles – primordiales). Dans ce cadre les représentants de la commission  africaine des droits de l’homme et des peuples ont rencontré toutes les parties qui militent pour les droits de l’homme. La Commission National des Droits de l’homme, les organisations de la société civil, des hauts responsables  de l’Etat et des partis de l’opposition, etc. ont été contactés par cette équipe composée de Madame Soyata Maiga, avocate au barreau du Mali représentante de la ligue africaine des droits de l’homme et des peuples, de  Mohamed Béchir Khal Falah , sénateur des tunisiens à l’étranger et président de la commission chargé des défenseurs des droits de l’homme, des droits économiques, sociaux et culturelles en Afrique, de Chaffi Bakary,  juriste de nationalité béninoise mais basé à Banjul.  Ils ont « parcouru la Mauritanie profonde », selon les propos de la présidente de la mission. Pour voir les réalisations qui on été faites  en matière de droits humains à l’intérieur du pays et à Nouakchott. Au programme, une visite à la prison centrale de Nouakchott, aux centres de détention des femmes et des enfants en conflit avec la loi et le nouveau programme de construction de prisons plus décent pour les détenus.  Un projet  de construction et de rénovation des lieux de détention financé par le programme italien « Terre des Hommes ». Cependant la présidente de la ligue des droits de l’homme et des peuples, Madame Rêne Alappin Guaoussou  a déclaré n’avoir  pas hésité à souligner aux autorités concernées son constat sur «  la précarité et l’indécence  »des bâtiments dans lesquels sont détenus les prisonniers. 

Au cour de leur visite dans les différentes structures de détentions, les membres de la commission ce sont entretenus avec des prisonniers. Ces   dernier leurs ont fait part des divers problèmes  auxquels ils sont confrontés. Mauvais traitements et longues durées de détention sans être entendu par un juge sont le lot de la plupart des personnes incarcérées. Durant leurs entretiens avec certains militants des doits de l’homme, les membres de la ligue des droits de l’homme et des peuples ont été invectivés par Birame Ould Dah, le président de l’IRA (Mauritanie) qui les a accusés de «travailler de mèche avec  le gouvernement ». 

Autre incident notoire durant cette visite de la délégation : des journalistes locaux de la presse arabophone, parmi lesquels des correspondants de chaines arabes étrangères, s’en sont pris à Mohamed Béchir Khal Falah. Le  sénateur des tunisiens à l’étranger et président de la commission chargé des défenseurs des droits de l’homme, des droits économiques, sociaux et culturelles en Afrique,  a été la cible de protestations virulentes de la part de ces journalistes qui lui en ont voulu de ne pas s’exprimer en arabe. «Vous êtes arabe, vous parlez à des représentant de media arabophones qui vous ont posé leurs questions en arabe, vous êtes tenu de répondre dans cette langue», ont crié certains confrères avant de claquer la porte à la conférence de presse tenue la semaine passée. Côté officiels, le procureur  général de la république, le ministre de la justice, ont également rencontré la délégation. Selon la présidente de la délégation avec eux, ils ont  «discuté de tous les sujets sans tabou». 

Au menu : l’esclavage et  ses séquelles, le problème des déportés, le passif humanitaire, le droit de la femme, des enfants, des populations vulnérables et la non applicabilité des lois.   À travers   les  débats et les discussions la commission a pu s’informer  sur  ce qui a été réalisé en matière de droit de l’homme en Mauritanie. Pour  mieux s’imprégner de la situation  actuelle des droits de l’homme dans notre pays affin de pouvoir agir efficacement dans ce domaine. Définir ensemble les problèmes et les obstacles à surmonter. « Parmi ces obstacles les moyens humains et matériels sont les plus importants ».   En matière de droit de l’homme c’est un idéal permanent alors la commission des droits de l’homme et des peuples  au sein de l’union africaine cherche à  accompagner les gouvernements et les peuples dans leurs choix.   

Feinda Traore

Source : La Tribune n°489 




L’opposition s’organise :

22022010

COD…pas Complément d’Objet Direct Nominations sur fond de népotisme, non promotion de la campagne agricole, manque d’indépendance de la justice, règlement de comptes, sabotage des accords de Dakar, dispersion dans les options diplomatiques, etc. Telles sont les critiques que la Coalition de l’Opposition Démocratique a faites au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz mercredi à Nouakchott. A la faveur d’une conférence de presse tenue 17 février au siège de l’APP, Messaoud Ould Boulkhier et Mohamed Ould Maouloud, présidents respectivement de l’Alliance Populaire Progressiste et de l’Union des Forces du Progrès, ont dénoncé ce qui pour eux a fini par prendre la forme d’une «comédie de changement» qui n’a eu pour effet qu’une désorganisation et une mauvaise prise en charge des questions comme la lutte contre l’esclavage et le retour des déportés. D’où, selon eux «l’urgence de s’unir pour sauver le pays.» Pour cela, le défi de l’opposition consiste à montrer «qu’il y a un barrage au despotisme» et qu’il faut «clarifier la scène politique», a déclaré Mohamed Ould Maouloud. Barrage au despotisme et clarification de la scène politique qui semblent s’exprimer dans de nouveaux choix. Entre autres, l’intégration à l’institution de l’opposition. L’APP fera partie de cette structure dirigée par Ahmed Ould Daddah, le président du RFD. La décision a été révélée par Messaoud Ould Boulkheir au cours de la même conférence de presse de la COD. Le leader de l’APP a affirmé que si sa formation avait d’abord exclu l’idée de faire partie de l’institution de l’opposition, c’était une manière de rendre la monnaie au président du RFD qui n’avait pas adhéré par le passé au FNDD créé par les autres formations de l’opposition au lendemain du coup d’Etat d’Ould Abdel Aziz contre Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Un prétexte, certes. Car l’institution de l’opposition est une structure officielle. Si l’on prend en considération la configuration qu’elle doit avoir actuellement, l’APP est loin d’une présence significative. En effet, au point de vue représentativité parlementaire, le RFD a le plus grand nombre de députés, malgré le départ de six députés qui ont rejoint le camp de Ould Abdel Aziz. Il est suivi respectivement par les partis ADIL (8), UFP (6), Tawassoul (5), APP (4). Chacun de ces partis, à part Tawassoul, ayant connu des désistements consécutifs aux effets du coup d’Etat, il est clair que la répartition des rôles au sein de l’institution de l’opposition devra se faire en fonction de cette nouvelle donne. Il faudra également penser à l’avenir du poste de SG de cette structure qui reste encore assuré par Ibrahima Sarr de l’AJD/MR. Il était une fois la CFCD En attendant de savoir selon quels nouveaux compromis l’opposition mauritanienne compte barrer la route à la «dynamique de dictature» qu’elle dénonce actuellement, il faut rappeler qu’il y avait eu d’abord en 2005, juste après le renversement du régime d’Ould Taya, une coalition qui s’appelait la CFCD. Si cette Coalition des Forces du Changement Démocratique ne se voulait pas un outil d’accompagnement du ‘changement’ que les militaires par la voix d’Eli Ould Mohamed Vall voulaient incarner à l’époque, mais plutôt un souci d’empêcher le retour à la case départ perceptible alors dans une certaine dynamique de candidatures indépendantes suscitées par le CMJD, elle avait réussi à remporter grâce à certaines de ses alliances des élections municipales (Néma, Aioun, Kiffa). Mais elle a montré ses limites à l’abord de la présidentielle lorsqu’elle a choisi de disperser ses forces dans des candidatures plurielles face à celle de Sidi Ould Cheikh Abdellahi – dont elle avait dit à l’époque qu’il était un «homme de paille» des militaires. Le prétexte de cette entrée en rangs dispersés dans la présidentielle était très simple : glaner, chacun de son côté, le maximum de voix au premier tour en vue de les mobiliser au second tour en faveur de celui qui serait le finaliste face au candidat des militaires. Compromis ou compromission, la toile s’est révélée trop fragile pour résister aux tentations et calculs politiques. Ould Boulkheir avait choisi de soutenir Ould Cheikh Abdellahi au second tour de 2007. Ould Maouloud, la mort dans l’âme avait décidé de tenir la main à Ould Daddah. Au finish, un vainqueur : «le camp du retour en arrière» (c’est ainsi qu’Ould Maouloud avait qualifié le camp de Sidi Ould cheikh Abdellahi durant la transition 2005-2007). La CFCD, effritée, il ne restait plus à la classe politique opposante que de se rechercher. Désenchantement … Illusions perdues Viennent alors les options de participation. Avant cela, un amoindrissement du poids de l’institution de l’opposition est entrepris à travers une loi que l’UFP réussit à faire voter au début 2008 par les députés de la majorité. Puis une entrée au gouvernement de Sidi Ould Cheikh Abdellahi de deux partis de la CFCD : UFP et Tawassoul. La suite est connue : la fronde contre Sidi est lancée par des cadres de son propre parti (ADIL). Seul l’UFP avait alors perçu les intentions de renversement du pouvoir et l’avait dénoncé. Mais inévitablement le 06 août 2008 annonce la rebelote des soldats. Cette fois-ci la classe opposante n’a pas la même appréciation du putsch. Le chef de file de l’opposition considère qu’il s’agit d’une «rectification». Ahmed Ould Daddah commence par avoir l’impression que ce qui s’est passé est une réalisation de la marche politique de la Mauritanie vers la démocratie par une rectification, une levée d’obstacle. Lequel obstacle, à ses yeux n’était rien de plus que Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Il va falloir attendre que les Etats Généraux de la Démocratie de fin décembre 2008 mettent fin aux illusions du leader du RFD. Ould Abdel Aziz, président du HCE, la junte au pouvoir, n’accepte de lui promettre ni une neutralité, ni une non participation aux élections envisagées. Du coup, une sorte de retour dans le ‘maquis’ se précise dans les discours d’Ahmed Ould Daddah : «nous avions dit que ce qui s’est passé est un mouvement de rectification mais aujourd’hui nous nous rendons compte qu’il s‘agit d’un coup d’Etat qui a pour but de ramener l’armée au pouvoir.» Horizons confus La fin de l’idylle RFD-HCE ne consacre pas pour autant un réel début de consolidation du camp de l’opposition incarnée par le FNDD dont la bataille pour le retour à l’ordre constitutionnel avait pour seule possibilité de réalisation le rétablissement de Sidi Ould Cheikh Abdellahi dans ses fonctions de Président effectif de la République. Cet objectif sera atteint, même symboliquement, lorsque, les accords de Dakar aidant, tous les protagonistes (HCE, FNDD, RFD) sont parvenu à un compromis stipulant le retour et la démission d’Ould Cheikh Abdellahi, la mise en place d’un gouvernement d’Union Nationale, la tenue d’élections un certain 18 juillet 2009. Les conditions d’une participation à ces élections comportaient pour le camp de l’opposition le contrôle de certaines structures administratives et politiques : le ministère de l’intérieur correspondant dans l’esprit de l’opposition à la machine de la fraude électorale, celui des finances, à celle de la corruption et celui de la communication à la propagande pour le pouvoir, vont échoir au camp FNDD/RFD. Celui-ci aura en plus une très forte présence au sein de la CENI ‘revue et corrigée’. Cette structure arbitrale étant comprise comme le maitre d’œuvre de l’élection… Elle est présidée par un soutien avéré de Ould Daddah et au deux tiers composée de membres RFD et FNDD. Une majorité de blocage. Vers quels enjeux ? Près de sept mois après la présidentielle qu’elle a perdue, l’opposition, constituée entre-temps en Coordination de l’Opposition Démocratique, en est à demander une application effective des clauses de l’accord de Dakar. C’est ce qui est revenu dans sa sortie du mercredi 17 février. Une sortie pour annoncer la mise en place de ses structures organisationnelles définitives. Une présidence tournante entre trois pôles qui la constituent dans le cadre de la COD : le Front National pour la Défense de la Démocratie (FNDD), le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) et l’Alliance des autres partis (L’Alternative et le RPM). Par delà toute appréciation quant au caractère non équilibré de ses constituants, on pourrait s’interroger sur la pertinence de cette nouvelle orientation que choisit la COD. Comment comptent faire les dirigeants de partis confrontés à des contradictions internes au sein de leur formations respectives pour certains et devant les enjeux que cette même coordination comporte pour d’autres ? Il y a d’abord le RFD. Le parti du chef de file de l’opposition souffre de débauchages depuis l’avènement d’Ould Abdel Aziz qui semble l’avoir pris pour cible et ennemi à abattre coûte que coûte. A défaut d’être démantelé, le RFD est certainement dans un vertige inexorable eu égards aux recrutements que le pouvoir a faits dans ses rangs. Il y a ensuite l’APP. Le parti que dirige Messaoud Ould Boulkhier depuis que les nasséristes lui ont ouvert les portes de leur formation après la dissolution de l’Action pour le Changement dont il était le président est en proie à ce qui est considéré comme luttes internes sur fonds de velléités de succession. On pense notamment aux sorties médiatiques de quelqu’un comme Samory Ould Bèye, leader syndicaliste issu d’El Horr ou encore celles de Birame Ould Abeid, défenseur des droits de l’homme aux positions très virulentes. Mais on pourrait s’interroger surtout sur le sort que pourrait connaitre ce parti dont le président est en même temps président de l’Assemblée nationale, donc troisième personnalité officielle de la République. Le parlement arrive au terme de son mandat en octobre 2011. Ce qui signifie que si rien ne se passe d’ici là, le pouvoir travaillera d’arrache-pied pour qu’à la rentrée parlementaire qui en sera issue, l’Assemblée nationale soit dirigée par quelqu’un d’autre que cet opposant très dérangeant. Il y a enfin, ce pole qui est représenté par l’Alternative de Mohamed Yehdih Ould Moktar El Hacene le RPM de Louleid Ould Waddad. Deux anciens SG du défunt parti PRDS de Maouya Ould Sid’Ahmed Taya. Pour ces deux personnalités issues du système de l’ancien président, l’enjeu d’une telle alliance st de taille. Une reconquête du pouvoir passe par cette présence au sein de la COD dans un environnement politique qui donne l’impression que les gouvernants du moment leur préfèrent l’UPR, voire des personnes issues du parti ADIL. Et au-delà du discours ? Ainsi, en attendant de savoir si effectivement la COD réussira à faire plier le pouvoir, il s’agit d’observer vers quelle direction les unes et les autres de ses composantes souhaitent la mener. Messaoud a soutenu qu’il n’y a plus de divergences entre les dirigeants des partis de l’opposition. A chaque fois que cette opposition a eu l’occasion de s’unir et de faire bloc, elle a raté le coach. 1992, 1997, 2003, 2007, 2008 sont autant d’années marquantes de la défaite de l’opposition du fait de son refus de se rassembler efficacement derrière une seule personne. Pour l’instant la COD dit être en face de défis. L’insécurité, la gabegie et le sabotage délibéré de l’Etat sont imputables selon elle au pouvoir actuel. Et Ould Maouloud de dénoncer «le recul des libertés, l’instrumentalisation de la justice et l’entêtement de Mohamed Ould Abdel Aziz à persister dans sa politique de règlements de compte et de mystification du peuple.» Le Président des pauvres n’aura fait qu’appauvrir davantage les pauvres, martèle-t-on du côté de la COD. Et pour cause : «une gabegie pernicieuse, une absence de transparence dans l’attribution des marchés publics», dira Messaoud Ould Boulkheir qui citera comme exemple «un marché d’une valeur de 7millions 200 000 dollars, au sujet duquel le parlement a vainement interpellé le gouvernement». Les dirigeants de la COD sont revenus sur la flambée des prix. Un coup dur ressenti surtout par les pauvres, observent encore les dirigeants de la COD. Seul responsable, selon eux : «le régime du général au pouvoir qui s’est cruellement attaqué aux sources de revenus : l’agriculture à travers l’annulation de la campagne agricole, l’élevage et les autres secteurs de l’économie nationale sabotés par le manque de clairvoyance qui caractérise les politiques des gouvernants actuels», a déclaré Mohamed Ould Maouloud de l’UFP. Pour Messaoud Ould Boulkheir, «les dérives du pouvoir d’Ould Abdel Aziz n’ont épargné ni la presse, ni la société civile, ni les hommes d’affaires». Deux questions de justice alors : le cas de Hanefi Ould Daha, ce journaliste qui a purgé une première peine de prison et entame une nouvelle et celui des hommes d’affaires. L’opposition avait activement pris ce dernier comme cheval de bataille. Mais la solution est venue d’une force extra-politique (une autorité religieuse, Ould Dedew a fait une médiation qui a permis la libération des hommes d’affaires). A propos du dialogue avec les prisonniers salafistes, Ould Boulkhier dit ne pas être contre à condition que ce ne soit pas au détriment de la justice… Ce qui donne l’occasion au président de l’Assemblée Nationale de relever qu’Ould Abdel Aziz aurait dû comprendre que le dialogue est une bonne option. Lui qui, pour justifier son coup d’Etat, «avait accusé le président Sidi Ould Cheikh Abdellahi d’avoir libéré des terroristes alors que cette libération était une décision de justice.» Autre problème que l’opposition dénonce : la crise sociale due aux prix et, dans une large mesure, aux problèmes des fonctionnaires. La solution ou du moins l’affrontement de ce problème pourrait bien venir d’ailleurs que de la classe politique : les syndicats ayant programmé une grève pour le 15 mars. Face à tout ceci, les politiques ne sont-ils pas en train de se montrer moins pragmatiques et surtout impuissants face à des questions aussi cruciales que la justice et les conditions de vie des citoyens ? Ayant monopolisé la parole durant plus des deux tiers du temps de sa conférence, la COD qui n’a laissé que moins de dix minutes aux journalistes, ne prendra pas la peine d’écouter cette question. Il est vrai que chaque parti politique ou presque a son aile syndicale. Mais que les changements et solutions aux questions vitales soient attendus d’autres forces, il y a de quoi s’interroger sur la santé d’une opposition politique…

Kissima

Source : La Tribune n°489




Coup d’Etat au Niger, une autre leçon aux dictateurs

22022010

 

 Le coup de force qui a déboulonné Mahamadou Tanja est certainement une autre leçon à l’endroit de tous les dictateurs africains. Ils sont légion ces dirigeants africains qui peinent à comprendre que la nouvelle dynamique de démocratisation ne permet plus que les textes soient torpillés en toute impunité. 

Après, les premières expériences du multipartisme ayant vu les premières élections des années 90 manipulées et fraudées en faveur des tyrans convertis en présidents élus, il ya  eu un travail sérieux sur les contenus de la démocratisation ; inauguré notamment par les limitations de mandats présidentiels (Bénin, Mali, Ghana, etc.). Très peu de chefs d’Etat ont compris et respecté cette nouvelle donne. Mais beaucoup d’autres ont  cédé à la tentation au détriment d’un certain réalisme. Mahamadou Tanja est de ces chefs d’Etat qui n’ont pas su sortir la tête haute de cette comédie du pouvoir où on fait miroiter au dictateur qu’il est indispensable à son pays. En voulant prolonger sa présence à la tête de son pays contre vents et marées, le voilà humilié par un coup d’Etat que la communauté internationale s’amusera, encore une fois, à condamner, comme elle le fait avec tous les autres, avant d’en bénir les auteurs. 

C’est connu : retour à l’ordre constitutionnel, respect des libertés, etc. La chanson est la même ; et après ce sont les ballets diplomatiques très couteux ; à l’UA surtout. Et puis, ce sont toujours les peuples qui finiront par payer les pots cassés de ces instabilités politiques des pays africains.  Car du côté des anciens colonisateurs ce qui compte (el wa’er, diraient les hassanophones), c’est la vie de leurs ressortissants et la sauvegarde de leurs intérêt. Ça, nos dictateurs qui nous ont habitué à des séries de coup d’Etat sous prétexte de rectification, de changements, et d’amélioration de  nos conditions de vie, ne le saisissent pas ou refusent de le comprendre ; tellement ils nous donnent l’impression de vouloir rester alliés aux puissances au grand dam de leurs peuples. 

S’accrocher au pouvoir, même après avoir dépassé l’âge d’être président, il n’y a qu’en Afrique (et dans le monde arabe) que cela se voit. 

Mandela avait donné le bon exemple en se contentant d’un seul mandat présidentiel. Abdoulaye Wade souhaite, lui, rempiler en 2012. Il est né en 1926. 

Nous, ici en Mauritanie, avons fixé l’âge limite de candidature à une élection présidentielle à  75 ans. Depuis le début du 21e siècle nous avons commis deux coups d’Etat militaires. L’une pour apporter le « changement », l’autre pour ajouter la « rectification »… Et le siècle n’a que dix ans. La Mauritanie, comme république, va en avoir cinquante dans 9 mois. Et du chemin à faire encore. 

Kissima

Source : La Tribune n°489 




ITIE :

22022010

 

 La Mauritanie en voie de validation 

 

De retour de la réunion du Conseil d’administration de l’Initiative de transparence pour les industries extractives (ITIE), le président du Comité national ITIE, Sidi Ould Zeine a convoqué une réunion de ce comité. A l’ordre du jour : un compte-rendu de la réunion du CA à Oslo, examen des termes de référence pour la sélection de l’administrateur indépendant qui devra établir les rapports de 2007 et 2008, et d’un cabinet d’audit pour les comptes recevant les dons de la Banque Mondiale (MTDF). 

Après avoir buté sur quelques procédures de lenteur budgétaire, le validateur qui a déjà engagé son travail de terrain, va continuer. La prise en charge du coût de la validation a été décidée par un comité interministériel dirigé par le ministre des finances Kane Ousman. Tout comme le coût des rapports 2007 et 2008. Ce qui évite au comité national de devoir attendre le financement de la Banque Mondiale qui ne peut être mobilisé qu’après mai. 

Quand le rapport du validateur sera fini, il devra le transmettre dans les délais seulement après examen par le Comité national. La validation pourrait avoir lieu si la Mauritanie respecte le deadline fixé pour le 9 mars 2010. 

Pour ce qui est de l’audit, la BM a financé pour 250.000 dollars la publication des deux rapports passés. Ce financement a permis aussi de payer quelques fournitures et la rémunération d’experts. Depuis la nomination d’un nouveau président du comité national, ce compte n’a pas été mouvementé. 

Rappelons que les nouvelles autorités issues des élections du 18 juillet 2009, ont accepté de revoir la composition et les textes fondant le Comité national. C’est ainsi que le CNITIE comprend désormais 7 représentants de l’administration, 8 représentants des sociétés extractives et 14 représentants de la société civile agissant dans le domaine de l’extraction et de l’environnement.

Source : La Tribune n°489 




Kidnapping de trois espagnoles :

22022010

Le responsable principal sous les verrous

D’après  les informations de la sécurité Mauritanienne citée par l’agence de presse ANI,  Omar Ould Sid’Ahmed, dit Omar Sahraoui, se trouve depuis samedi entre les mains de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) suite à son extradition vers la Mauritanie par les services de notre voisin de l’Est. 

« En effet, suivant la thèse développée par nos confrères, Omar Ould Sid’Ahmed, alias Sahraoui, aurait joué un rôle de la plus haute importance dans le cadre du mode opératoire des 2 enlèvements en territoire mauritanien pour avoir servi à l’acheminement des fonds représentant le paiement au profit de ceux qui ont commis les forfaits en question. 

Des indications obtenues grâce à différents interrogatoires, aveux et recoupements opérés dans le cadre de l’enquête ouverte fin novembre. Ce qui autorise notamment l’agence à écrire en citant les services de sécurité que «l’homme en question, identifié par différents individus arrêtés dans le cadre de l’enquête liée aux enlèvements des occidentaux, a mis en place tous les moyens financiers et logistiques utilisés dans le cadre des opérations D’où la présomption d’une responsabilité écrasante dans des opérations d’une extrême gravité La nouvelle de l’extradition de ce présuméeterroriste n’est pas isolée. Elle tombe dans un contexte général de gestion du dossier islamiste au niveau sous régional marqué par la libération de 4 terroristes, condamnés à 9 mois de prison par la justice malienne, et dont la peine a déjà été entièrement purgée en détention.  ». Note le journal Biladi 

Par ailleurs,  neuf  présumés  coupables semblent  aussi   être arrêtés  au nord du pays notamment à Atar 

 

 




Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

22022010

Nouakchott ?  Nouakchott Au Carrefour de la Mauritanie et du Monde, voilà  un titre impressionnant d’un livre   qui vient d’être publié par une ‘chercheuse’ associée au laboratoire PRODIG  dénommée Armelle Choplin, elle  est  de l’hexagone  spécialisée dans les questions socio-urbanistiques du pays et  dont je vous livre quelques passages.   

Culturellement, et « contrairement  à toute attente, Nouakchott  est une ville  de  la négociation permanente, ce qui met à mal  la théorie d’Huntington ( la ville produit  de la rupture  mais également  de l’échange  les deux dynamiques  ne  sont pas contradictoires ni incompatibles mais bien inhérentes   au support urbain,  quand bien même les rapports sont déséquilibrés entre  les groupes sociaux).» A l’évidence apparente, la question  qui sous-tend  la  réflexion de l’auteur,   est de comprendre comment  se construit  désormais  une métropole  d’un pays  pauvre comme la Mauritanie  dans  un contexte néolibéral  mondialisé affecté par la montée du terrorisme et la violence.  

Sous l’aspect socio urbain, la chercheuse nous  décrit  une expérience personnelle   du terrain : « un dimanche  de novembre 2008, alors  que je me rendais dans l’une  de ces lointaines périphéries de Nouakchott pour  y conduire des enquêtes, je tombai de façon fortuite  sur un nouveau quartier qui n’est pas reconnu officiellement. Pourtant, elle porte un nom, donné spontanément  par les habitants : «  le quartier des sans fiche sans photo ». Le quartier s’appelle ainsi car les gens  qui y résident sont  eux-mêmes « sans fiche et sans photo.» En effet,  le quartier  est attaché au  6ème  arrondissement ; il ne se situe pas loin du cimetière de Pk 7, juste à 1 kilomètre de la place où nos morts dorment en toute sécurité juste à droite de la route bitumée passant devant le cimetière et  allant vers Rosso. 

Dans un autre passage   Armelle Choplin  brosse l’historicité  de Nouakchott  en  insistant sur  la caractérologie interraciale de l’espace urbain.   « Des interfaces de  natures différentes se superposent et se reconfigurent à Nouakchott ».  La première est d’ordre politique et liée  au statut que revêt Nouakchott. « En  tant que  capitale et ville, elle est interface entre politique et social, entre le centre et les marges socio-spatiales, l’élite dirigeante et les «résidus». La seconde interface est selon l’auteur géopolitique: «Elle est  même physique de prime  abord  puisqu’il s’agit d’un contact entre le Sahara et le Sahel, terme qui vient de l’arabe «sâhil» et qui signifie lui même  rivage». 

 Quant  à la dernière  interface,  Armelle Choplin la considère  comme étant    d’ordre spatial : «Nouakchott assure la jonction entre local et global et par conséquent entre  hinterland/ extérieur,  on shore / off shore, ce qui suppose l’intense échange, et ce à différentes échelles entre vaste  espace  extérieur et un territoire intérieur  quasi exclusivement rural et peu peuplé (….) Bien que  bâtie  sur l’atlantique , Nouakchott  n’est pas une ville littorale. Initialement  elle tourne  même le dos à la mer. Ce n’est  que récemment  qu’elle  a redécouvert  cette interface  terre/mer et les bénéfices qu’elle pouvait en tirer. » Sur la gestion de la cité, l’universitaire   dévoile  la personnification  du pouvoir en Mauritanie à travers le cas de la Capitale bien que jeune, elle regroupe le tiers de la population du pays  :  « ce sont  en effet  trois  échelons  de gestion urbaine qui se supposent et se concurrencent : l’Etat central, les agences  d’exécution de type agence  de développement urbain, directement  en cheville  avec la  Banque Mondiale , et à la Communauté Urbaine de Nouakchott . Plus qu’une décentralisation, il s’agit d’une déconcentration incomplète et imparfaite  des services de l’administration centrale.» 

A l’appui  de jugement  tantôt objectif, tantôt  subjectif,  la  géographe  française  n’évite guère  de  confirmer ou d’  affirmer  à maintes  reprises   la domination   d’une classe dirigeante, appartenant à un groupement spécifique, sur les autres composantes sociales et ethniques :  «Il a été dit au fil des pages combien la capitale est et demeure un espace géopolitique de toute première  importance, relevant du champ politique qui  la manipule  à travers  des projections idéologiques et symboliques (…)Certes, l’Etat  mauritanien est le moteur de Nouakchott mais il ne saurait être  ce deux  ex Machina  car il n’a pas la possibilité , ni même  la capacité de façonner entièrement  à son image. Seuls quelques espaces  sont réellement  sous influence, et en premier  lieu le centre  ville dans    lequel il s’efforce  de soigner la symbolique…»  

M_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°489




Terrorisme :La France presse, le Mali cède

22022010

La France presse, le Mali cède 

Les autres se rebiffent 

 

 

 

C’est une nouvelle qui a surpris : les autorités maliennes ont jugé rapidement les quatre membres présumés du groupe armé Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) dont l’organisation exigeait la libération en échange de l’otage français kidnappé fin novembre dans le nord malien. Deux algériens, un mauritanien et un burkinabé. Ils ont tous les quatre bénéficié d’un procès en catimini et ont été condamné pour le port d’armes jeudi dernier. La requalification de l’accusation a permis de les condamner à neuf mois de prison. Une peine déjà purgée. Ce qui permet leur libération immédiate. Selon les informations qui nous sont parvenues du Mali, les quatre combattants de AQMI ont été acheminés sous escorte militaire. Probablement vers le nord malien, territoire de repli et d’établissement de l’organisation terroriste. C’est là-bas que l’échange doit s’effectuer. Au moment où nous mettions sous presse, on ne savait rien du processus d’échange. 

Cette libération intervient au moment où expirait le deuxième ultimatum lancé par les ravisseurs du français Pierre Camatte enlevé au nord du Mali. Elle fait suite à deux visites effectuées par le ministre français des affaires étrangères à Bamako où il doit avoir plaidé la cause du compromis avec les terroristes. 

Pourtant, au lendemain de sa dernière visite, un officiel malien déclarait à l’AFP que le Mali « n’entend pas du tout libérer les combattants islamistes qui sont actuellement aux arrêts au Mali. Non, nous n’allons pas les libérer. C’est une décision de nos autorités supérieures ». Selon cette source, la France – via son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner – a demandé avec « insistance » au Mali de libérer les islamistes pour sauver la vie du Français Pierre Camatte, enlevé le 26 novembre. Et d’insister : « Personne n’a à nous dicter notre conduite. Nous sommes un pays souverain et nous prenons les décisions qui nous paraissent nécessaires ». 

AQMI avait fixé un premier ultimatum au 30 janvier concernant le Français, avant de le repousser au 20 février à 00H00, menaçant de le tuer si ses demandes n’étaient pas satisfaites. Le Mali a fini par céder : les quatre terroristes présumés sont libres après ce procès exceptionnel. 

Selon la presse algérienne, il s’agit là d’un jeu «trouble» de Bamako qui cède devant les exigences de AQMI en libérant Mohamed Ben Ali, 31 ans, ex-employé des chemins de fer algériens, Tayed Naïl, 29 ans, tous deux Algériens, Brin Ould Nafa, Mauritanien, 25 ans, sans profession, et Houd Karifo, 26 ans, Burkinabé. Et nos confrères algériens de se demander quels arguments a pu faire valoir Paris pour «contraindre Bamako à agir de la sorte et à faire plier le président malien qui faisait valoir à juste raison, que céder au chantage ouvre toujours la voie à d’autres marchandages?» 

Côté mauritanien, aucune réaction officielle jusqu’à présent. On sait cependant que les autorités mauritaniennes, soumises elles aussi à de fortes pressions, n’entendent pas du tout discuter ou plier. Elles ont engagé un dialogue entre les salafistes emprisonnés et les Ulémas du pays, en vue de les convaincre du non fondé de leurs positions. Ce dialogue a atteint son premier objectif qui est de faire des relectures des textes islamiques utilisés pour légitimer l’action violente. Ces relectures doivent justement permettre de délégitimer le recours à la violence comme mode d’expression politique. Le second objectif devrait signifier la libération de ceux parmi les prisonniers qui ne sont l’objet d’aucune accusation claire, et, à défaut, le procès pour les autres des accusés impliqués dans des actions violentes. 

L’ouverture de ce dialogue n’a pas fait baisser la garde sur le front sécuritaire. Les quelques dernières semaines ont permis l’arrestation d’une dizaine de personnes impliquées dans l’enlèvement des espagnols et des italiens sur le sol mauritanien. Au nord du pays et dans le sud-est, ces arrestations ont permis le démantèlement de quelques réseaux établis autour de l’activité commerciale. Aussi, le Mali vient-il d’extrader Oumar Ould Sid’Ahmed, alias « Oumar Sahraoui« , le présumé pourvoyeur de fonds vers AQMI,. Mauritanien, Oumar Sahraoui est né en 1959. Selon les services de sécurité mauritaniens, l’homme en question, identifié par différentes personnes arrêtées dans le cadre des enquêtes liées aux enlèvements des occidentaux, a mis en place tous les moyens financiers et logistiques utilisés dans les opérations d’enlèvements en novembre et décembre derniers. 

Dans un article paru dans l’hebdomadaire français l’Express, les spécialistes comparent le modus operandi de AQMI et celui des FARC en Colombie. Allant jusqu’à trouver le lien entre le développement du trafic de drogue dans l’espace sahélo-saharien et l’implantation des réseaux terroristes. Rançons, prises d’otages et trafics, l’argent étant le nerf de guerre, AQMI entend en avoir par tous les moyens. Selon les spécialistes cités, les ravisseurs obtiendraient en moyenne trois millions d’euros par otage. Ils paieraient la moitié à tout intermédiaire qui en leur livrerait un. D’où le développement de la «sous-traitance». « La force d’AQMI est que les Etats locaux sont faibles. Ils raisonnent plus souvent en termes de survie qu’en termes de stratégie« , analyse l’ancien ministre malien de la Défense Soumeylou Boubeye Maiga. « Nous sommes dans une zone dont l’importance va croissant« , souligne-t-il, faisant allusion à l’immense potentiel pétrolier, gazier et minier des pays du Sahel. « La menace d’instabilité au Sahel est réelle, mais la source de cette menace émane plus directement du désespoir économique, de la criminalité et des inégalités politiques et économiques que d’Al Qaïda ou de l’idéologie salafiste« , soutiennent cependant les spécialistes de la question. 

Plusieurs fois, les pays concernés par ces activités criminelles ont cherché à faire front commun. D’abord avec un agenda américain qui préconisait le tout sécuritaire, sans grande connaissance des réalités du terrain. Ensuite en essayant de coordonner les actions des Etats eux-mêmes. On se souvient qu’il y a quelques mois l’Algérie, la Mauritanie, le Mali, le Niger… s’étaient engagés à disponibiliser des troupes spécialisées dans la traque du crime organisé dans le Sahara. L’Algérie a fait des efforts supplémentaires. C’est bien la pression exercée sur ses combattants en Algérie qui a amené AQMI à choisir l’espace sahélo-saharien comme terrain de prédilection. La Mauritanie a monté trois grandes unités qui sillonnent présentement le désert mauritanien, en plus des unités fixes dont les moyens ont été considérablement renforcés. Le Niger est concerné incidemment jusqu’à présent. Mais où en est le Mali ? 

Question à poser quand on voit que c’est bien le nord de ce pays qui sert de base-arrière pour AQMI. Pour peu, ce sera le Waziristân de la région qui sera, elle, la Somalie de l’Atlantique. 

 

(avec les agences) 







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