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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

21022010

Nouakchott ?

 Nouakchott Au Carrefour de la Mauritanie et du Monde, voilà  un titre impressionnant d’un livre   qui vient d’être publié par une ‘chercheuse’ associée au laboratoire PRODIG  dénommée Armelle Choplin, elle  est  de l’hexagone  spécialisée dans les questions socio-urbanistiques du pays et  dont je vous livre quelques passages.   

Culturellement, et « contrairement  à toute attente, Nouakchott  est une ville  de  la négociation permanente, ce qui met à mal  la théorie d’Huntington ( la ville produit  de la rupture  mais également  de l’échange,  les deux dynamiques  ne  sont pas contradictoires ni incompatibles mais bien inhérentes   au support urbain,  quand bien même les rapports sont déséquilibrés entre  les groupes sociaux).» A l’évidence apparente, la question  qui sous-tend  la  réflexion de l’auteur,   est de comprendre comment  se construit  désormais  une métropole  d’un pays  pauvre comme la Mauritanie  dans  un contexte néolibéral  mondialisé affecté par la montée du terrorisme et la violence.  

Sous l’aspect socio urbain, la chercheuse nous  décrit  une expérience personnelle   du terrain : « un dimanche  de novembre 2008, alors  que je me rendais dans l’une  de ces lointaines périphéries de Nouakchott pour  y conduire des enquêtes, je tombai de façon fortuite  sur un nouveau quartier qui n’est pas reconnu officiellement. Pourtant, elle porte un nom, donné spontanément  par les habitants : «  le quartier des sans fiche sans photo ». Le quartier s’appelle ainsi car les gens  qui y résident sont  eux-mêmes « sans fiche et sans photo.» En effet,  le quartier  est attaché au  6ème  arrondissement ; il ne se situe pas loin du cimetière de Pk 7, juste à 1 kilomètre de la place où nos morts dorment en toute sécurité juste à droite de la route bitumée passant devant le cimetière et  allant vers Rosso. 

Dans un autre passage   Armelle Choplin  brosse l’historicité  de Nouakchott  en  insistant sur  la caractérologie interraciale de l’espace urbain.   « Des interfaces de  natures différentes se superposent et se reconfigurent à Nouakchott ».  La première est d’ordre politique et liée  au statut que revêt Nouakchott. « En  tant que  capitale et ville, elle est interface entre politique et social, entre le centre et les marges socio-spatiales, l’élite dirigeante et les «résidus». La seconde interface est selon l’auteur géopolitique: «Elle est  même physique de prime  abord  puisqu’il s’agit d’un contact entre le Sahara et le Sahel, terme qui vient de l’arabe «sâhil» et qui signifie lui même  rivage». 

 Quant  à la dernière  interface,  Armelle Choplin la considère  comme étant    d’ordre spatial : «Nouakchott assure la jonction entre local et global et par conséquent entre  hinterland/ extérieur,  on shore / off shore, ce qui suppose l’intense échange, et ce à différentes échelles entre vaste  espace  extérieur et un territoire intérieur  quasi exclusivement rural et peu peuplé (….) Bien que  bâtie  sur l’atlantique , Nouakchott  n’est pas une ville littorale. Initialement  elle tourne  même le dos à la mer. Ce n’est  que récemment  qu’elle  a redécouvert  cette interface  terre/mer et les bénéfices qu’elle pouvait en tirer. » Sur la gestion de la cité, l’universitaire   dévoile  la personnification  du pouvoir en Mauritanie à travers le cas de la Capitale bien que jeune, elle regroupe le tiers de la population du pays  :  « ce sont  en effet  trois  échelons  de gestion urbaine qui se supposent et se concurrencent : l’Etat central, les agences  d’exécution de type agence  de développement urbain, directement  en cheville  avec la  Banque Mondiale , et à la Communauté Urbaine de Nouakchott . Plus qu’une décentralisation, il s’agit d’une déconcentration incomplète et imparfaite  des services de l’administration centrale.» 

A l’appui  de jugement  tantôt objectif, tantôt  subjectif,  la  géographe  française  n’évite guère  de  confirmer ou d’  affirmer  à maintes  reprises   la domination   d’une classe dirigeante, appartenant à un groupement spécifique, sur les autres composantes sociales et ethniques :  «Il a été dit au fil des pages combien la capitale est et demeure un espace géopolitique de toute première  importance, relevant du champ politique qui  la manipule  à travers  des projections idéologiques et symboliques (…)Certes, l’Etat  mauritanien est le moteur de Nouakchott mais il ne saurait être  ce deus  ex Machina  car il n’a pas la possibilité , ni même  la capacité de façonner entièrement  à son image. Seuls quelques espaces  sont réellement  sous influence, et en premier  lieu le centre  ville dans    lequel il s’efforce  de soigner la symbolique…»  

M_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°489




Nécrologie

21022010

IBRA WANE BIRANE  EL MAMY  N’EST PLUS 

Il fut un vrai ‘frère’. Il nous a quittés en laissant une place vide, sombre. Il décéda  le 18/02/2010 loin de chez lui, loin au fin- fond de l’Afrique, là bas en Côte d’ivoire. A peine  la cinquantaine, il s’en alla.   Autour d’un thé souvent dosé, fut  enrichissante la conversation avec  lui : de l’économique,  il brilla, de la politique,  il excella, de la rhétorique constructive, il innova.  Militant politique sans être enrôlé par les tracas humains, il eut  ses nobles convictions.  Ses amis, il les aima  avec effervescence et sans contrepartie. Généreux, humaniste. Militant des  droits de l’homme. Associatif dans sa démarche. Métisse hors norme. Il défendit  les causes justes, il fut, tout simplement,  un juste parmi les justes.  Egal à lui-même,  toujours avec   les plus faibles, les plus susceptibles. Aimable, instruit. 

Natif  de  moudjeria  en 1962, IBRA WANE passa son enfance et ses études primaires et secondaires  entre sa ville natale,  Kiffa,  Aioun  et Nouakchott. Ensuite, il entama après ses études au Maroc une formidable carrière en management.  Le gestionnaire qu’il  fut, sortant de la prestigieuse université de Fès en 1988, il occupa des hauts postes de responsabilité en matière de gestion et de comptabilité sans pour autant délaisser le droit des ayants droit.       

Que la famille Wane , Bâ, Ehl Vaten et l’ensemble des proches du défunt   reçoivent tous ici nos condoléances les plus attristées. 

 «Inna liLlahi wa inna ilayhi raji’oune».  

M. F Barrada 

 

 




L’édito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

21022010

Le Mali a finalement cédé. Sous la pression de la France. Surtout devant la menace terroriste. Les quatre membres de AQMI (al Qaeda au Maghreb Islamique) emprisonné au Mali depuis quelques mois ont bénéficié d’un procès qui fera date pour ce qu’il comporte d’aberrations. Mais aussi pour les conséquences qu’il aura sur le front régional anti-terroriste. A qui profite cette faiblesse ? 

A AQMI principalement. Après avoir subi quelques coups durs ces derniers jours – avec notamment l’arrestation de quelques éminents membres de l’organisation et le début du démantèlement de ses réseaux en Mauritanie et au Mali -, voilà que l’organisation reprend des forces. En faisant plier un Etat en principe engagé dans la lutte qui vise à l’éradiquer, et en se faisant un trésor de guerre avec d’éventuelles rançons dont on ne parle pas encore. Abu Zeyd, Belmokhtar et plus loin Droudkel doivent se frotter les mains. Eux qui n’ont pas eu un tel succès depuis longtemps, les voilà rassurer leurs combattants qu’ils ne les laisseront jamais tomber. Qu’ils feront plier l’ennemi qui osera les pourchasser. 

Qui perd dans cette histoire ? D’abord les Etats riverains du Sahara qui ont engagé une politique commune de lutte contre le terrorisme, particulièrement contre la nébuleuse AQMI. Avec le geste malien, le front se fissure. Au nord, l’Algérie ne peut se satisfaire de la libération de deux éminentes figures de l’activisme jihadiste. Dont Mohamed Ben Ali, activement recherché depuis 2008 par les services algériens qui l’accusent d’avoir fomenté des actions violentes dans son pays. A l’est, la Mauritanie pourra difficilement digérer la démarche malienne, avec notamment la libération d’un recherché dans le cadre des différentes attaques contre l’Armée mauritanienne. Plus loin de notre espace, comment les autorités du Burkina Faso vont-elles réagir à la libération d’un jihadiste ressortissant de leur pays ? 

Aucun des pays engagés dans la lutte contre le terrorisme dans la région sahélo-saharienne ne pourra cacher sa déconvenue suite au geste malien. 

Déjà le Mali est accusé d’être une base-arrière des terroristes d’AQMI. En effet, c’est bien dans le Sahara malien que l’organisation a établi ses bases. C’est ici qu’elle forme ses combattants. C’est d’ici qu’elle envoie ses hommes enlever les ressortissants étrangers sur les sols des pays voisins. C’est ici qu’ils reviennent pour sécuriser leurs replis. C’est ici qu’ils enregistrent leurs messages de revendications. C’est enfin ici qu’ils engagent les pourparlers et qu’ils reçoivent, par l’entremise de ressortissants maliens de la région, les rançons. 

C’est bien à cause de cela que de nombreux observateurs disent qu’il y a une sorte de modus vivendi entre AQMI et les autorités du Mali. Par lequel, l’organisation se meut sans grosses entraves, à charge pour elle de ne pas opérer sur le territoire malien. L’enlèvement du français Pierre Camatte est un acte d’exception qui est intervenu à un moment où l’étau se resserrait autour de l’organisation. Suivront les actes commis en Mauritanie et qui ont permis à AQMI de compter parmi ses otages trois espagnols et deux italiens (on ne parle jamais de leur chauffeur ivoirien). 

Le Mali a donc préféré de céder à la pression française. Au moment où la France appuyait une proposition algérienne visant à amener l’ONU à interdire aux pays de se plier aux exigences des terroristes. On voit ici qu’au-delà des discours, la France recule facilement. On en oublie ses prises de position véhémentes quand il s’agit d’autres pays qui plient au prétexte de chercher à sauver leurs ressortissants. Trêve de démagogie, ‘doulce France’… 

Ce que les pays de cet espace doivent comprendre, c’est qu’il s’agit d’un phénomène transnational. Dans les camps sahariens de AQMI se trouvent des Algériens, des Mauritaniens, des Maliens, des Nigériens, des Sénégalais, des Marocains, des Libyens, des Ivoiriens, des Nigérians… chacun est là pour se former au combat ou à l’action qu’il doit livrer un jour. Chez lui ou ailleurs. Nécessairement dans l’un de ces pays. Ou si possible en Europe, c’est tout proche. Ici ou ailleurs, l’objectif étant de livrer la guerre aux intérêts occidentaux et à tout ce qui incarne l’Etat moderne. Les fondements idéologiques étant ce qu’ils sont, c’est d’abord la modernité qui est le principal ennemi. Modernité ici se confondant avec Démocratie, Justice, Liberté, Egalité, Développement… 

Ce que les pays de cet espace doivent éviter, c’est de croire que l’un ou l’autre peut, à lui seul, arriver à bout de la menace. Que l’un ou l’autre peut trouver un terrain d’entente avec les parrains du crime organisé. Qu’il s’agisse du terrorisme, de la drogue ou d’autres trafics, la réponse doit nécessairement être commune et globale. La stratégie la même. Et les démarches concordantes. 

Le Mali est certes souverain dans ses choix, mais dans le cas d’espèce, il n’a pas pris en considération les soucis sécuritaires de ses voisins. La satisfaction de l’exigence d’AQMI (et de la France) méritait-elle tant ? 

Source : La Tribune n°489







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