Nécrologie particulière

16 02 2010

 

C’est une histoire triste qui ressemble à tant d’autres. Mais que je tiens à raconter. Peut-être pour essayer une catharsis prophylactique. Je l’accepte, je suis sonné, révolté mais aussi résigné. 

Hmeidit Ould Mohamed Said fait partie de ces gens qui savent se faire aimer. Son savoir-faire humain, son jovialité contagieuse, sa spontanéité, sa disponibilité vis-à-vis de l’autre… Je n’ai pas d’effort à faire pour dire ce qu’il avait été. Parce qu’il est mon ami… 

Vendredi, il est transporté d’urgence à l’hôpital national. Au service des urgences, on lui fait une radio et le médecin lui prescrit un antibiotique et un sirop. Et le renvoie chez lui. 

Son cas s’aggrave. Il revient aux urgences samedi matin. Une piqure hydrocortisone, puis l’oxygène. Puis, après intervention du pneumologue de garde, hospitalisation. Il fallait faire un drainage. Où trouver le drain ? Pas dans les pharmacies environnantes. Intervention particulière qui nous permet d’avoir ce matériel. Puis analyse. On paye, mais on nous dit d’attendre le lendemain. On a beau arguer qu’il s’agit d’une urgence. Rien à faire : ce type d’analyses ne peut être fait que le lendemain. On nous dit d’aller dans un laboratoire privé. Ce que nous faisons. Puis l’attente du pneumologue de garde… 

Vers 21h30, le médecin arrive. Il constate que le taux de je-ne-sais-quoi dans le sang ne permet pas la coagulation rapide. Qu’à cela ne tienne. La situation du malade est suffisamment critique. On commence à préparer le matériel. Un temps fou… les gardiens de l’hôpital qui fument dans les couloirs du service de pneumologie… le sentiment profond d’être abandonné… le personnel laissé à lui seul, sans moyens, sous pressions… 

Et puis vers 22 heures… la mort… de celui qu’on aimait et qui s’en va à tout jamais. Sentiments de tristesse, de révolte, de résignation… tout se mélange… 

Que dire à Salma, la vieille maman d’un fils toujours proche, à Hasna, l’épouse d’un homme généreux, à Mohamed, Aziz et Brahim, fils d’un père attentif… que dire à Sidi, Addy, Hanchi, Jily, Nagi, Amar, Ismail, Dihamed, Hafedh… et tous ces amis d’horizons divers qu’il a toujours réunis… que dire aux voisins qu’il a su acquérir sans gros efforts… aux parents qu’il a aimés sans ménagement… que dire à tous ceux qu’il a comblés ? 

Rien, sinon «Inna liLlahi wa inna ilayhi raji’oune». 

Qu’ils reçoivent tous ici nos condoléances les plus attristées. 

 

Ould Oumeir 


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