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Les Echos de la Tribune :Gentillesse contre stress

8022010

 Par Mohamed Fouad Barrada   

 Il  arrive  à l’Homme  d’être absorbé  par je ne sais quoi,  (le travail pour survivre ou plutôt sa soif pour le savoir : la lecture, l’écrit, l’enseignement, etc.).  Exceptionnellement, il lui arrive, après  une journée épouvantable, de  penser  à la  souffrance  d’autrui et l’incompréhension de son entourage. Car lui-même  n’est guère  à l’abri de ce qu’on peut appeler   la contrainte qui conditionne l’existence de l’être en tant qu’être libre ou esclave par son inconditionnalité d’exister  et de venir du néant  selon la conditionnalité du moment et sa pérennité qui n’existe souvent  que dans  son  subconscient, ou sa  conscience.   Je voulais dire par là  que chaque personne  se démerde   dans son coin pour dévoiler ou pour  ‘voiler’ sa pensée,  sa manière de dire , je voulais ainsi préciser que chacun de nous   essaye d’imposer , d’exiger une  liberté de penser, une conviction ,  un  obscurantisme, une  lumière , une vision  ou autre chose qui  échappe à la  logique  de l’être en tant qu’animal  voulant la dévalorisation  de l’inter -connectivité humaine. D’où l’irruption du stress ou plutôt  les  moyens de lutte contre  ses séquelles  qu’elles soient  fortes ou plus ou moins acceptables selon la contrainte. J’ai entendu parler des journées pour la lutte contre ces fléaux. D’autres  pour  la gentillesse. J’ai choisi en conséquence de partager avec vous, rétrospectivement,  une lecture  d’un phénomène mondial influencé par la globalisation  de la contrainte humaine sous toute sa forme et  qui demeure difficilement maitrisable, jusqu’à, bien sûr, la preuve du contraire.       En effet, « devant l’inflation de dispositifs censés détecter les risques psycho-sociaux sous forme d’observatoires ou d’indices en tous genres, le diagnostic sur le stress semble quelque peu bâclé. Trois mythes, en particulier, doivent être dissipés »  à savoir le  management, le stress et la question de son coût.  Et enfin la corrélation entre l’épanouissement des salariés et la rentabilité de leurs structures organisées,   argue  en substance  le consultant Toussaint,  (voir Le monde  du 28 février 2010). «  On entend souvent dire qu’une entreprise n’est performante que si ses salariés sont heureux. L’expérience indique systématiquement le contraire » (idem) .Quel est alors le remède ? 

  Le 1er février 2010, la lutte contre le stress en France a eu  sa date anniversaire. « Le ministère du travail enjoint toute entreprise de plus de 1 000 salariés d’entamer des négociations avec les partenaires sociaux sur le sujet avant cette échéance » (sic).  -Le 13 novembre  est célébré désormais par certains   comme étant une journée de gentillesse. De cet événement, je vous avance  les arguments  d’un écrivain de la blogosphère :     « C’est idiot mais c’est comme ça, c’est aujourd’hui la “journée mondiale de la gentillesse “. Évidemment, les rapports humains et la vie quotidienne seraient tellement plus agréables si tout le monde était gentil avec tout le monde. Soyons prévenants, délivrons les compliments, abstenons-nous des coups tordus et autres égoïsmes. C’est sûr, ça ne peut pas faire de mal (à condition, évidemment, que personne ne soit méchant, soyons optimistes)  

Mais ne lésinons pas, pour autant, sur les gros mots. Jurer à haute voix a en effet de formidables vertus apaisantes. Nous en avons tous fait l’expérience, mais celle-ci est désormais appuyée par une étude menée par des psys britanniques. Celui qui jure après s’être cogné le petit doigt aura moins mal que celui qui se sera retenu. Le juron serait une parade physique contre la douleur.   En vérité, c’est le simple fait de hurler qui procure cet effet calmant en accélérant le rythme cardiaque, peu importe ce que l’on hurle. Quoiqu’il en soit, vous avez une bonne justification médicale au prochain gros mot qui vous échappe : c’est thérapeutique, pour me soulager physiquement…  Aujourd’hui donc, si vous souffrez à force d’être trop gentil, balancez quelques gros mots à la tête de votre interlocuteur, il comprendra ».  

 m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°487 




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

8022010

Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz aurait demandé, à plusieurs reprises, à son gouvernement réuni en Conseil de cesser d’utiliser les formules «selon les directives éclairées», «direction nationale», «sous la supervision du Premier ministre»… toutes ces formules usitées et idiotes. Qui continuent pourtant à emplir nos oreilles. 

Elles ne sont pas près de disparaître, même si elles ne servent à rien. D’ailleurs, c’est ce qui ne sert à rien qu’on entretient et qu’on cultive dans ce pays. 

Faut-il en conclure que le gouvernement n’obéit pas à son chef qui est le Président de la République ? Peut-être… Parlons de choses autrement plus sérieuses. 

En 2008, la campagne agricole a été lancée en grande pompe par le Président Ould Cheikh Abdallahi qui a fait lui-même le déplacement à Rosso. Pour donner le ton, nous avait-on dit. Le Premier ministre de l’époque, Zeine Ould Zeidane, avait lui-même supervisé la préparation de la campagne. Tout y était : la démarche participative consistant à impliquer les agriculteurs, la mise à disposition à temps et en suffisance des intrants, l’élaboration de textes et de politiques d’encouragement du secteur… 

Dès son retour à Nouakchott, le Président procède au changement de son gouvernement. Il nomme un nouveau Premier ministre qui a d’autres préoccupations que celles-là… et l’engouement pour l’agriculture s’estompe rapidement. Le pays entre dans une crise politique différemment appréciée, mais qui bouffe toutes les énergies… jusqu’en juillet 2009. On rate la campagne agricole de 2009/2010. 

Aujourd’hui, seule une frange des agriculteurs a pu faire campagne pendant la dernière saison. Elle est surtout constituée d’agriculteurs n’ayant pas de créances auprès du crédit agricole. A eux se pose aujourd’hui un problème : celui de la commercialisation de leur production. 

Le 22 janvier dernier, ce groupe d’agriculteurs a rendu public un communiqué dans lequel il lance un appel aux autorités pour venir en aide au secteur au stade de la commercialisation. 

Le communiqué indique qu’au moment où les agriculteurs s’attendaient à une aide d’encouragement, ils ont été surpris de voir que leur ministère de tutelle ne leur apportait aucune solution à la commercialisation. Ni aide directe, ni subvention indirecte, encore moins un engagement quant à l’achat de la production par la SONIMEX. 

De tout temps, les mécanismes d’aide au secteur ont généré des circuits de corruption et de malversations en général. En 2008, une procédure d’aide à la commercialisation a été préconisée. On n’en a jamais fait l’évaluation. 

Il s’agissait en fait de faire acheter la production de paddy par les usiniers (et non la SONIMEX). Les prix étaient fixés selon la qualité du produit. Les usiniers vendaient ensuite à la SONIMEX. L’Etat garantissant ce mécanisme et disponibilisant les moyens financiers pour le réaliser. Pourquoi ne pas revenir à un pareil schéma ? 

Car il faut savoir qu’aucune agriculture au monde ne peut se développer d’elle-même, qu’aucun Etat au monde ne s’abstient de subventionner son agriculture. Surtout en ces temps où les menaces pèsent sur la sécurité alimentaire des pays comme le nôtre. 

Sait-on seulement que les pays du Sahel et de l’ouest-africain en général sont aujourd’hui menacés par la plus grande famine de tous les temps ? 

Alors à quand une politique efficiente et stable de l’agriculture ? Vous me direz – et vous avez raison – à quand une politique efficiente et stable pour la pêche ? pour la production minière ? pour l’élevage ? pour l’éducation ? pour la santé ? 

Certes les discours du Président Ould Abdel Aziz expriment un volontarisme absent ces dernières décennies, mais comment mettre à profit ce volontarisme ? Normalement ce devait être la tâche du gouvernement… encore le gouvernement… a-t-on le droit de surcharger le gouvernement ? Il peut juste ce qu’il… peut. Pas plus. C’est-à-dire pas grand-chose en somme.

Source : La Tribune n°487




SNDE :

8022010

 

 Bras de fer entre le DG et le PCA, 

La société est paralysée 

 

C’est le 17 septembre 2009 que Sidna Ould Abeid, ingénieur de formation, a été nommé directeur général de la Société nationale d’eau (SNDE) par Conseil des ministres. Le même Conseil lui a nommé un Président du Conseil d’Administration en la personne de Mohamed Vadel Ould Seyid Ould M’Sabou, un proche a-t-on dit du Président de la République. 

C’est seulement le 4 février dernier que Ould Abeid procède à son premier mouvement. Il remplace tous les directeurs et n’en garde qu’un seul, celui des finances. C’est l’occasion pour lui de faire la promotion de cadres expérimentés et compétents, tous issus de la société. De mettre à l’écart la vieille garde dont les ancens directeurs sont nommés conseillers. De ce mouvement, le personnel semble satisfait. On n’y décèle aucune forfaiture qui peut le remettre en cause : ni népotisme ni favoritisme. Ce n’est pas l’avis de son président du conseil. 

Dans une lettre rendue publique le même jour (4 février), le PCA met en cause les décisions du directeur général. «Le directeur général n’ayant jamais été nommé par un conseil d’administration comme le stipule l’article 30 du décret N°95-035 du 05 décembre 1995, et aucune action n’ayant été entreprise jusqu’à ce jour pour rendre légale sa nomination, je vous prie de considérer nulles et non avenues (sic) les notes N°02 et 03 signées par Monsieur Sidna Ould Abeid, en total désaccord avec mes orientations, en date du 4 février 2010, portant mouvement des directeurs et ce jusqu’à nouvel ordre». 

Ould M’Sabou que nous avons joint par téléphone estime que le mouvement «a décapité la société en la privant de ses directeurs qui en connaissent tous les mécanismes». D’autant plus grave selon lui que «ce sont les chauffeurs de ces directeurs qui les ont avertis du mouvement». 

Le PCA passe à la vitesse supérieure quand il envoie une lettre au DG-DGA et toutes directions en date du 6 février (samedi ?) en référence 6210/1. «Suite à mes notes du 01 décembre 2009 et du 04 février 2010 et au refus de Monsieur Sidna Ould Abeid d’obtempérer en arrêtant le mouvement des directeurs et son insistance frisant la menace des directeurs afin qu’ils procèdent le plus vite possible à la passation de service pendant le week-end, et en vertu de mes pouvoirs que me confère le décret n°95-035 portant statut de la société, notamment en ses articles 24,26,30 et 32 je met (sic) en demeure Monsieur Sidna Ould Abeid d’arrêter, à compter de la publication de cette note, de se mêler de la gestion de la société, dont l’intérim sera assurée (sic) par le Directeur général adjoint, à qui je demande de stopper la passation des services jusqu’à nouvel ordre». Et d’écrire : «Monsieur Sidna Ould Abeid DEVRA QUITTER IMMEDIATEMENT LES BUREAUX DE LA SOCIETE ET SE METTRE A LA DISPOSITION DU MINISTERE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ASSAINISSEMENT». Comme quoi… 

Une lettre portant mention «référence 62210/2» confirmant cette décision de limogeage a été adressée par le PCA au ministre de l’hydraulique le même jour (6 février). 

A la société, c’est le désordre. Certains des directeurs débarqués refusent de passer service. On ne sait plus qui du directeur général ou du président du conseil d’administration (PCA) il faut écouter. Le chaos somme toute. 

Au moment où nous écrivions ces lignes, le ministre avait convoqué les deux parties. On ne sait pas encore qu’est-ce qu’il adviendra. Mais il est très difficile de concevoir une annulation de la décision du directeur général de la société sous prétexte d’un rejet d’un président de conseil. 

Légalement, une personne nommée par Conseil des ministres ne peut être démise par Conseil des ministres. Le Conseil d’administration se contentant d’entériner les décisions du Conseil des ministres. Il a cependant le plein droit de faire les observations qu’il faut sur la gestion du directeur. Si le Conseil doit nécessairement se prononcer sur tout changement d’organigramme, la nomination des personnes ne concerne que le directeur général de la société. 

Comment va finir cette affaire ? C’est ce qu’on attend de voir dans les jours qui viennent…

  Bechirou

Source : La Tribune n°487




Dialogue avec les salafistes :

8022010

 

 Que doit-on en déduire ? 

 

C’est la rencontre entre les Ulémas et le Président semble avoir clôturé le dialogue ouvert avec les prisonniers salafistes il y a quelques quatre semaines. Quelques rounds qui auront permis de donner l’impression que quelque chose s’était débloqué de ce côté-là. Mais quoi exactement ? 

Cheilh Mohamed El Moctar Ould M’Balla, porte-parole des Ulémas et maître d’œuvre du dialogue, a qualifié le processus de «largement positif». Il est revenu sur les conditions dans lesquelles se sont déroulées les rencontres avec les prisonniers, les qualifiant d’optimales et réussies, avant de souligner que le tout s’est passé dans un climat de compréhension et d’échange entre les deux parties.
Ould M’Balla a tenu à rappeler que «le dialogue n’est pas une occasion comme toute autre. Il s’agit d’une option et d’une orientation que l’Etat a choisi pour traiter certains problèmes ; pour cela, nous souhaitons que cette expérience se renouvelle, à chaque fois que le besoin s’en fait sentir. Nous ne pouvons, en aucun cas dire que le dialogue est clos parce qu’il doit continuer». C’est ici qu’il faut rappeler que le premier objectif qui est celui des relectures des textes islamiques, nécessite une entreprise religieuse globale visant le moyen et le long terme. La refondation d’un Islam neuf étant ici vitale. 

Ould M’Balle a déclaré : «Je tiens aussi à vous dire que ces échanges se sont déroulés dans les meilleures conditions marquées par la compréhension mutuelle et la communication entre les différentes parties. Les Ulémas y avaient soulevé l’ensemble des questions liées à la problématique de l’extrémisme et de la violence, tout en apportant, preuves à l’appui, les réponses nécessaires pour lever toutes équivoques. Les jeunes, à leur tour, apportaient leurs contributions au dialogue avec pertinence et compréhension».
Par rapport à la thématique du dialogue, Ould M’Balla a révélé qu’il a été question du «pouvoir (hakimiya), de la Charia, de la négation de la foi d’autrui (takfir), de l’extrémisme et de l’usage de la violence», avant de souligner que le cheminement logique suivi a permis à la plupart des jeunes de se repentir et de corriger leurs dévoiements. C’est d’ailleurs, a-t-il poursuivi ce qui a été concrétisé par des déclarations écrites signées par plus de 80% de ces jeunes, lesquels ont pu, à travers ces échanges corriger certaines conceptions erronées dont ils étaient porteurs. Le Cheikh a mentionné qu’«il ya une très faible minorité composée de trois personne, qui a rejeté le dialogue, pour des raisons liées à leur état de santé où à d’autres motivations». Si certaines voix se sont fait entendre pour dire que ce pourrait être là une manœuvre des activistes prisonniers, chez les Ulémas la certitude est grande. Ils semblent garantir la sincérité du repentir. Mais est-ce suffisant ? 

On peut s’attendre à une révision de cas. Nous découvrirons alors qu’il existe un groupe de jeunes auxquels rien de précis n’est reproché par la police. Ils sont en prison depuis des mois, voire des années, sans être sous une inculpation claire et prouvée. Ce groupe pourrait être libéré dans les plus brefs délais. Le groupe des impliqués dans les attentats et actes de violence dont certains revendiquent encore la paternité, devrait bénéficier d’un procès équitable. La procédure pour ce faire pourrait être accélérée. Comment éviter de tomber dans l’erreur de 2007 ? Quand, dans un climat de concorde et de pardon, les autorités ont décidé de faire le procès du groupe sans tenir compte de la détermination de certains encore moins des appréhensions de la police. Dans la foulée, la justice a été entraînée à adopter une attitude extrêmement clémente qui a conduit à la libération de radicaux qui passeront à l’action dès leur sortie de prison. 

Par ailleurs, on ne peut aborder la question de l’ouverture de ce dialogue sans avoir à l’esprit le contexte global de la question de la guerre menée par AQMI sur le sol mauritanien. Notamment le rapt de ressortissants étrangers sur notre sol national. Quels liens entre ce dialogue et l’éventualité d’un échange avec les otages occidentaux ? 

On sait que AQMI vient de fixer un nouvel ultimatum pour l’exécution de ses otages. Le 20 février pour le français Pierre Camatte enlevé au Mali, et 25 jours – à compter de la date d’émission du communiqué – pour l’otage italien Sergio Cicala. En contrepartie de la libération de ces otages, AQMI demande la mise en liberté de quelques-uns de ses militants en prison au Mali et le versement d’une rançon. Pour le cas des Espagnols, aucun ultimatum n’a été fixé pour le moment. 

La branche d’Al-Qaïda au Maghreb, l’Aqmi, retient Pierre Camatte, capturé au Mali le 26 novembre 2009 ainsi que trois volontaires espagnols d’une association humanitaire, pris en otage le 29 novembre en Mauritanie et un couple d’Italien enlevé, également en Mauritanie, le 17 décembre. 

 

Bechirou

Source : La Tribune n°487 




La situation et les perspectives de l’activité pétrolière en Mauritanie

8022010

 

  

 

Depuis 2006, la Mauritanie est devenue un pays producteur de pétrole.

On se propose, ici, de faire un état des lieux succinct de l’activité pétrolière dans ce pays et sur l’incidence de celle-ci sur son développement économique et sa stabilité politique.

 Pour cela, on développera, successivement, les points suivants :

 

1-      Situation de l’activité pétrolière

2-      Perspectives de l’exploitation pétrolière

  

1-      Situation de l’activité pétrolière 

 

La superficie de la Mauritanie est de 1 080 000 km². Elle possède deux bassins sédimentaires susceptibles de contenir des hydrocarbures : le bassin de Taoudenni qui s’étend, en on shore, sur 500 000 km² et le bassin Côtier qui couvre 184 000 km² dont 100 000 km² en offshore.

Ce dernier bassin s’étend sur 750 km de côte de l’océan Atlantique allant de la frontière avec le Sénégal au sud jusqu’à la ville de Nouadhibou au nord du pays.

Dans ce qui suit, on essaiera, brièvement, de faire la situation de l’activité pétrolière dans chacun de ces bassins.

 

a-      Le bassin Côtier   

L’activité d’exploration pétrolière dans ce bassin a commencé dès 1960, l’année de l’indépendance du pays. Elle s’est poursuivie, sans relâche, jusqu’en 1992, sans découverte commerciale.

Après plus de 4 ans d’interruption, les opérations ont repris de plus belle.

Ce bassin est subdivisé en 56 blocs dont 9 seulement sont occupés pour le moment.

Actuellement, 11 entreprises pétrolières dont, en particulier, les opérateurs Petronas, Dana et Tullow Oil y sont présentes et 8 contrats de partage de production pétrolière y sont déjà signés entre ces différentes entreprises, les partenaires de celles-ci et le gouvernement mauritanien (voir la carte jointe).

Petronas a acquis, en 2007, les actifs de Woodside en Mauritanie. Cette dernière société est à l’origine de la découverte du pétrole mauritanien. Elle a quitté ce pays à cause des problèmes techniques qu’elle a rencontrés dans ses opérations et pour lesquelles elle n’a pas pu apporter une solution économique ; mais aussi, suite au différend qui l’avait opposée aux autorités mauritaniennes, en 2006, à propos de ses fameux avenants aux contrats de partage de production.

A ce jour, 62 000 km de sismique 2D (2 Dimensions) et 19 000 km² de sismique 3D (3 Dimensions) ont été tirés dans ce bassin et  58 puits y ont été forés dont 11 avant l’interruption de l’activité en 1992 et 3 dans sa partie one shore.

Plusieurs découvertes y ont été annoncées depuis mai 2001.

Les réserves de pétrole (confirmée uniquement pour le gisement Chinguetti) dans les champs de Chinguetti, Walata (ex-Tiof) et Tevet sont de l’ordre de 400 millions de barils. Ces champs sont tous situés dans le bloc 4 et opérés par Petronas.

Les réserves de gaz des champs Banda (situé dans le bloc 4 et opéré par Petronas) et Pélican (situé dans le bloc 7 et opéré par Dana) sont estimées à 3 TCF (Trillion Cubic Feet) ou 84 milliards m3.

Le champ de Chinguetti, le premier gisement de pétrole à être exploité en Mauritanie, avec des réserves récupérables de 120 millions de barils, a été mis en production le 24 février 2006 à raison de 75 000 barils/jour. Sa durée de vie était estimée, à l’époque, à 10 ans.

Mais très vite, de nombreux problèmes techniques, imposables à Woodside qui opérait ce champ à l’époque, sont apparus. Ceux-ci sont dus essentiellement au mauvais positionnement des puits et à la surestimation du taux de récupération du pétrole. Ils ont eu pour conséquence une importante chute de la production de ce gisement. Celle-ci se situe actuellement (février 2010) à 9 000 barils/jour. Ce taux permet de couvrir, tant que les prix du pétrole sont supérieurs à 50 USD/baril, les charges d’exploitation (100 millions USD/an) et permettre à la Mauritanie et aux différentes sociétés de percevoir une petite rente. Les amortissements des investissements engagés (plus d’un milliard USD) ne seront, sans doute, jamais récupérés en totalité par les membres du consortium qui gèrent ce champ.

Des tentatives coûteuses d’augmentation de la production, effectuées au cours de l’été 2008, par Petronas et ses partenaires, grâce à de nouveaux forages et des reprises de puits existants n’ont pas abouti aux résultats escomptés.

Les investissements dans l’exploration, le développement et l’exploitation de ce champ représentent un recors mondial. Le coût technique d’un baril de pétrole de Chinguetti (coûts divers/réserves récupérables) dépasse 40 USD/baril alors que ce même coût représente  moins de 15 USD/baril en Mer du Nord (conditions extrêmes) et moins de 2 USD/baril au Moyen Orient. 

Dans ces conditions, la fin de l’exploitation de Chinguetti pourrait être avancée. Les provisions pour son abandon, qui s’échelonneront sur 2 à 3 ans, figurent déjà dans le budget 2010 consacré à son exploitation.

Les revenus de l’Etat mauritanien (rente uniquement) provenant de l’exploitation de Chinguetti sont : 89 millions USD en 2006, 46 millions USD en 2007, 55 millions USD en 2008 (effet augmentation vertigineuse des prix du pétrole jusqu’à 147 USD/baril) et 26 millions USD en 2009.

Concernant les autres gisements pétroliers (Walata et Tevet), aucune décision de commercialité et encore moins de programme de développement n’ont encore été présentés au gouvernement mauritanien par l’opérateur, Petronas, malgré les forages d’évaluation de Walata (6 puits) et Tevet (2 puits) effectués par Woodside avant son retrait définitif de la Mauritanie.

Le gisement de Pélican (gaz) n’a pas encore été évalué. Au niveau de celui de Banda (gaz), 2 forages ont été effectués en plus de celui qui a abouti à sa découverte.

Les réserves (3 TCF ou 84 milliards m3), qui doivent être confirmées par des évaluations précises, ne permettent pas encore de se lancer dans la construction d’unités de liquéfaction de gaz que toutes les entreprises présentes en Mauritanie souhaiteraient entreprendre le plus tôt possible. Il faut pour cela avoir 200 milliards de m3 de gaz récupérables (7 TCF) pour rentabiliser les lourds investissements nécessaires à ce type d’industrie gazière.

Des études, en association avec des entreprises gazières internationales (Gaz de France et Petronas), ont été initiées par les autorités mauritaniennes pour la génération d’électricité à partir du gaz associé au pétrole de Chinguetti (ce gaz est stocké pour le moment dans un puits situé dans le champ voisin de Banda et foré à cet effet) et le  gaz de Banda une fois les volumes de celui-ci connus avec précision.

Des résultats de ces études, il ressort la mise en place, sur une période de 25 ans, d’une centrale électrique de 700 MW. La construction de celle-ci se fera en 2 phases de 350 MW chacune.

Les conditions de réalisation de cet important projet sont en cours de négociation entre la Mauritanie et ses différents partenaires.

Une fois cette centrale construite, il est intéressant pour la Mauritanie de donner une priorité à la vente à la SNIM (Société Nationale Industrielle et Minière) de tout excédent énergétique. Une ligne haute tension, pour acheminer ce surplus, pourrait être réalisée entre les villes de Nouakchott et de Nouadhibou permettant aussi à la côte de mieux se développer. Certains projets de la SNIM non rentables, aujourd’hui, le deviendront et une augmentation sensible de la rentabilité des différentes mines exploitées par cette société sera constatée.

Il y a lieu de rappeler, ici, que les coûts énergétiques représentent 60% des charges d’exploitation de la SNIM.

 

 

 

b-     Le bassin de Taoudenni 

L’activité dans ce bassin a démarré en 1968 pour se terminer, en vain, en 1974. C’est un bassin peu connu et qui recèle, selon les spécialistes, d’importantes réserves d’hydrocarbures. Il est subdivisé en 73 blocs dont seulement 21 sont occupés actuellement.

Depuis 2003, plusieurs grandes entreprises, Total, Repsol et Wintershall notamment, y ont pris des permis et sont dans des phases avancées de leur exploration.

Total effectue actuellement son premier forage dont l’objectif  est situé à 4 200 m. On prévoit les premiers résultats de celui-ci courant mars de cette année. Repsol vient de finir l’acquisition de ses données géophysiques et procédera, sans doute, après les interprétations de celles-ci, à un forage courant 2011.

Quant à Wintershall, elle a commencé (janvier 2010) l’exécution d’une sismique 2D de 1 600 km prévue pour durer 5 mois environ.

16 contrats de partage de production y sont déjà signés  par 12 entreprises pétrolières internationales (voir la carte jointe).  

12 000 km de sismique 2D y ont été tirés et seulement 3 forages y ont été exécutés dont 2 en 1974 par Agip et Texaco et celui qui est actuellement en cours de réalisation par Total.

 

2-      Perspectives de l’exploitation pétrolière 

 

Des réserves importantes d’hydrocarbures, selon des experts, seront mises en évidence, au cours des prochaines années dans le bassin de Taoudenni mais aussi dans le bassin côtier, par ces différentes entreprises pétrolières opérantes actuellement en Mauritanie.

Ces découvertes, si elles se réalisent, feront de ce pays un acteur important de la sous région.

Grâce à sa position géographique, la Mauritanie, située au bord de l’océan Atlantique, se trouve à proximité de grands marchés de consommation des produits pétroliers. Les tankers, quittant ses eaux territoriales, mettront moins de 10 jours pour rejoindre les ports d’Europe Occidentale et moins de 3 semaines pour rallier la côte Est des Etats-Unis d’Amérique sans contraintes géopolitiques.

La Mauritanie compte 3 millions d’habitants dont plus de 40% d’analphabètes. Elle est rentrée, timidement mais espérons sûrement, depuis février 2006 dans le cercle restreint des pays producteurs d’hydrocarbures grâce à l’exploitation du champ offshore Chinguetti.

Les revenus ainsi générés alimentent le Fonds National des Hydrocarbures qui a été créé en 2006 afin de collecter, pour le compte de l’Etat, tous les paiements provenant de l’activité pétrolière, et les placer dans un compte ouvert à cet effet à la Banque de France.

L’utilisation de ces revenus, certes modestes pour le moment mais qui sont appelés à augmenter au cours des prochaines années, pour en espérant garantir une paix intérieure et extérieure à la Mauritanie, fera l’objet de ce qui suit.

 

Utilisation des revenus 

Une gestion transparente et équitable des revenus tirés du pétrole évitera au pays des perturbations internes difficiles à contenir. Cette manne appartient à tous les mauritaniens et ils ont le droit d’en profiter, chacun selon ses aptitudes et ses efforts personnels.

On doit cultiver chez le mauritanien l’amour du travail et de l’effort et surtout éviter de faire de lui un rentier, sinon les autres viendront dépouiller le pays d’une valeur ajoutée pourtant créée sur son sol. Ce qui est, malheureusement, pour le moment, le cas pour la grande part des effets induits générés par cette activité.

La réalisation d’un solide socle pour la pérennité d’un état moderne viable doit être une priorité.

C’est ainsi que la justice, la santé, l’éducation et les autres infrastructures de base doivent largement profiter de cette manne pour mettre le pays sur la meilleure voie possible pour un développement durable.  

Une partie de ces revenus pourrait être utilisée pour améliorer la compétitivité des autres secteurs de l’économie du pays : la pêche, les mines, le tourisme, l’agriculture et l’élevage.

Les générations futures ne doivent pas, non plus, être oubliées. Il est nécessaire qu’un fonds spécial leur soit consacré. Celui-ci doit être doté de revenus bien spécifiés et de procédures rigoureuses de gestion.

Une attention particulière doit également être accordée à la protection de l’environnement contre les diverses formes de pollution liées à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures pour garder la faune et la flore intactes et surtout pour éviter aux habitants du pays des épidémies dévastatrices.

 

Le prix de la sécurité 

Les pays voisins de la Mauritanie sont beaucoup plus peuplés qu’elle et ont des problèmes très aigus de sous développement, pour la plus part d’entre eux.

Ce nouveau statut de pays producteur d’hydrocarbures impose aux responsables politiques beaucoup de sagesse et d’habileté diplomatique pour éviter à la Mauritanie de sérieux problèmes en perspective.  

L’implication des différents pays de la sous région, chacun selon son importance, dans cette manne pétrolière est un préalable à toute stabilité en Mauritanie. Une préférence, après les mauritaniens, pour l’emploi de leur ressortissants, en concertation avec leur gouvernement respectif, pourrait être une approche intéressante pour les faire participer. La création d’un fonds de développement, quand les revenus pétroliers deviendront importants, pour financer des projets dans ces pays pourrait également être envisagée.

La Mauritanie verra aussi déferler sur elle, dans les prochaines années, un flux important d’immigrés en quête de prospérité. Il y a lieu d’être vigilant et de bien se préparer en conséquence en faisant attention, en particulier, à l’état civil. La Mauritanie pourra s’inspirer, dans ce cas, de l’exemple des pays du Golfe pour qu’elle ne soit pas envahie par des populations venues d’ailleurs.

 

Sans une gestion juste et efficace des revenus financiers provenant de l’activité pétrolière et de l’incidence de celle-ci sur l’environnement, mais aussi l’implication intelligente des différents pays de la sous région dans les fruits générés par cette nouvelle ressource, le pétrole sera plus, pour le peuple mauritanien, une malédiction qu’un formidable outil de développement.

 

Par  

Ismail Abdel Vetah Ingénieur

Source : La Tribune n°487




Liberté provisoire :

8022010

 

 2 libérés, 2 oubliés 

 

La Chambre d’accusation de la Cour d’Appel a ordonné la remise en liberté provisoire de l’ancien gouverneur de la BCM Sid’Elmoctar Ould Nagi,  et de Mohamed Ould Oumarou, ancien directeur général de la BADH (banque de l’habitat) et ancien gouverneur adjoint de la BCM. Tous deux ont été impliqués dans l’affaire des virements opérés pour le compte de particuliers dans le cadre de ce qu’on appelle ici «l’affaire de la BCM». Les quelques 10 milliards virés dans les comptes d’hommes d’affaires en 2001-2002 et pour lesquels trois grandes figures du patronat mauritanien ont dû séjourner en prison avant de trouver un compromis avec la BCM grâce à l’entregent de Cheikh Mohamd El Hacen Ould Dedew et en dehors de toute implication de la justice laquelle a été tenue à l’écart du règlement final de l’affaire. Les deux hauts cadres qui ont eu à occuper d’importantes fonctions sont restés en prison. Depuis, ‘on’ cherche à trouver la formule par laquelle ils pourraient sortir sans donner l’impression d’une reculade de l’accusation. Et c’est le verdict de la Cour d’Appel qui intervient pour libérer ‘sous garantie de présentation’ Sid’El Mokhtar Ould Nagi, et contre caution de 75 millions Mohamed Ould Oumarou. 

Ainsi prend fin l’épisode tumultueux de l’affaire qui a remué le pays des semaines durant. Les hommes d’affaires ont finalement accepté de payer le principal majoré de 5,5% d’intérêts. Les deux hauts responsables sont désormais sous le régime de la liberté provisoire. Un régime qui ne veut rien dire en Mauritanie quand on se rappelle que de fulgurantes promotions ont été octroyées à des personnalités alors qu’elles étaient sous ce régime-là. C’était l’avant-3 août 2005… 

Cette libération pose le problème de deux accusés dans deux affaires différentes : l’ancien directeur national des PROCAPEC (caisses populaires d’épargne) Ahmed Ould Khattri, et l’ancien coordinateur du programme de lutte contre le SIDA, Dr Abdallah Ould Horma Ould Babana. 

Pour Ould Khattri, cela fait plus d’un an qu’il est en prison pour avoir été accusé de malversations qui n’ont jamais été clarifiées. En prison avant même le dépôt de la plainte de la BCM, il a dû souffrir l’obligation pour lui de voir l’enquête se dérouler sans avoir à se justifier. Il a demandé une liberté provisoire qui lui a été accordée contre une caution de 30 millions. Refus de l’accusation et retour à la case départ pour lui. Un expert a été commis pour accélérer le procès qui doit se tenir au plus vite. Mais rien encore. Acharnements ? 

Pour Dr Abdallah Ould Horma, la situation est tout aussi équivoque et tout aussi injuste. Depuis qu’il est en prison, il cherche à bénéficier du régime de la liberté provisoire, ne serait-ce que pour un mois aurait-il dit. Un mois lui suffirait pour répondre aux accusations dont il est l’objet. Parce que, lui aussi, n’a pas eu l’occasion de s’expliquer devant les auditeurs de l’IGE. Acharnements ? 

Dans le cas de Ould Horma, on pourrait conclure à une sorte de délit de parenté. Frère du ministre de la santé, beau-frère du Premier ministre, il crée autour de son cas une attention particulière qui lui vaut au moins de ne pas avoir droit à certains traitements dont justement la liberté provisoire sans caution (pour lui la caution serait une reconnaissance de fait de la forfaiture). Dans son entourage on accuse facilement le Premier ministre d’avoir agi contre ses intérêts de peur d’être accusé de népotisme. Notamment quand il a failli bénéficier de la liberté provisoire quand le Président avait voyagé en Turquie. C’est bien le ministre de la justice qui, au dernier moment, a ordonné de revenir sur la décision et demandé qu’on exige la caution. 

Dans le cas de Ould Khattri, on ne trouve aucune explication pour son oubli. Qui pourrait lui en vouloir à tel point ? et surtout pourquoi ?

Source : La Tribune n°487




Opposition :

8022010

Comment reprendre l’initiative ?

 

Hier encore la coordination de l’opposition démocratique a rendu public un communiqué dans lequel elle s’attaque avec violence au pouvoir en place. Selon la coordination, «le régime en place en Mauritanie persiste dans sa manière despotique d’administrer les affaires du pays, au mépris de l’opinion nationale, des forces politiques et des engagements internationaux qu’il a pris de reprendre le dialogue avec les pôles de l’Accord de Dakar». Et d’ajouter : «Dans sa fuite en avant, il met chaque jour en danger la sécurité, l’indépendance et la souveraineté du pays et hypothèque son avenir par des politiques inappropriées, dictées par des forces extérieures uniquement soucieuses de leurs propres intérêts».

En mettant l’accent sur les questions sécuritaires, la coordination entend visiblement épouser l’actualité. Pour la coordination, cela se manifeste par «l’insécurité dans les villes, suite à la propagation du crime organisé (assassinat, viol, pillage, racket) et à la multiplication des catastrophes (inondations, incendies, explosions)», d’une part, et d’autre part à «la présence de groupes terroristes embusqués sur nos frontières» et «la poursuite du trafic et de l’usage de la drogue, dont le pays est devenu l’une des plateformes mondiales dont les bandits de grands chemins font leur nid». Sans oublier «la poursuite de l’immigration organisée dont la Mauritanie a été transformée en réservoir et en point de départ».

Le communiqué demande la révision du rôle des forces armées «et les tenir à l’écart de la scène politique, les entraîner et les équiper convenablement sur des bases scientifiques modernes, loin de l’improvisation et du tâtonnement». La coordination demande au pouvoir de «refuser de confier les missions de sécurité du pays à des forces étrangères», de «procéder à une réforme globale des appareils sécuritaires», d’«instaurer la justice par une réforme profonde de l’appareil judiciaire», «d’instaurer une bonne gouvernance garante d’une administration saine et capable d’éradiquer la corruption», de «frapper d’une main de fer les barons de la drogue et le démanteler leurs réseaux qui mettent en péril le présent et l’avenir de notre pays», d’«élaborer une stratégie ferme de lutte contre l’immigration étrangère»…

Sans demander franchement l’élaboration d’un dialogue avec le pouvoir, le communiqué se demande «comment le gouvernement d’un pays qui souffre de tous ces dysfonctionnements politiques, sécuritaires, culturels, économiques et sociaux, peut-il refuser le dialogue qui permet de mobiliser les énergies du pays pour faire face à la situation et persister, au contraire, dans la fuite en avant improvisée et vaine, fondée sur la désinformation et la propagande à deux sous?» Enfin pour mettre en garde «en prenant l’opinion publique à témoin, contre la persistance dans cette voie despotique qui place la sécurité, la souveraineté et l’unité du pays dans l’œil du cyclone et l’expose aux appétits extérieurs».

Le communiqué ne précise pas qui sont les forces étrangères en question ni de quels appétits extérieurs s’agit-il. Mais on remarque cependant qu’il abandonne le discours axé sur la légitimité du pouvoir issu des élections du 18 juillet. Jusqu’ici le discours de l’opposition a été centré sur la contestation de cette élection. Et c’est justement ce discours qui est considéré comme le moment de rupture avec l’Accord de Dakar. 

Par ailleurs l’opposition mauritanienne traverse une période difficile. Sans pouvoir se relever de la défaite du 18 juillet, elle trouve des problèmes à reprendre l’initiative. Même l’institution de l’opposition, pourtant légale, n’arrive pas à redémarrer ses activités. Officiellement, le secrétaire général de l’institution est toujours Sarr Ibrahima de l’AJD/MR. La dernière réunion qui devait décider une nouvelle configuration n’a pas eu lieu : l’absence de Messaoud Ould Boulkheir y a été pour beaucoup. Le leader de l’APP, arrivé deuxième à la dernière élection et président de l’Assemblée nationale, pourrait estimer que c’est à lui que revient le statut de chef de file de l’opposition. Seulement la loi fixant le statut de l’opposition prévoit l’attribution du titre de chef de file au chef de parti le plus représenté à l’Assemblée nationale. Aujourd’hui le RFD possède 10 députés, suivi par Adil avec 6, l’UFP avec 5, l’APP avec 4, le PR (Dr Louleid Ould Wedad) avec 3… Dans le dispositif à venir, va-t-on prendre en compte le poids de chaque parti à l’Assemblée nationale ? 

Pour revenir au dialogue souhaité par l’opposition, le dernier conclave de la majorité a conclu à la nécessité d’ouvrir le dialogue entre les différentes composantes de la vie politique nationale. A l’ouverture de ce conclave, le Président de la République a bien reconnu que l’absence de l’opposition est regrettable et que sa présence est toujours souhaitable. Quelle réponse à ces propos ? 

On peut se demander enfin pourquoi l’UFP qui dirige actuellement la coordination et qui a toujours prôné le dialogue – y compris avec le régime de Ould Taya coupable pourtant de tous les maux -, pourquoi ne pas renouer avec les stratégies dictées par la nécessité du «compromis historique». Pourquoi aussi, l’opposition qui a toujours fini par dépasser le complexe de reconnaissance des résultats des élections d’avant le 3 août 2005, pourquoi cette opposition ne reconnait-elle pas les résultats du 18 juillet dont elle a co-géré tout le processus ? 

 

Source : La Tribune n°487 







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