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Nouakchott, ville – Apartheid, ou espace à structuration Ethnico-régionale ?

19 01 2010

 

  

La grande sécheresse qui frappa
la Mauritanie dans les années 1970, engloutit les surfaces, les terres cultivables, détruisit la végétation arbustive, les Oasis qui grouillaient de vie exposa toutes les villes du pays à une expansion démesurée. A ce titre, Nouakchott constitue un exemple illustratif : Les flux migratoires qui convergèrent vers la ville rendirent celle-ci plus complexe. Ce processus lent, continu, sans politique dissuasive affecta l’identité constitutive de cette jeune et artificielle ville en formation. En effet, la vague de personnes non qualifiées qui déferla sur Nouakchott engendra des cités parasitaires sans  infrastructures ni assainissement, facilitatrice de bidonvilisation. Mais au-delà de cette remarque ce qui frappe un regard porté sur la ville, c’est que sa structuration s’est effectuée selon les zones de départs : Kaédien, Boghéen, Sélibabois ont tendance à occuper les mêmes espaces idem pour les Kiffiste , les Atarois, Némaens … ainsi donc Nouakchott, ville d’accueil se divise en conséquence en deux quartiers. Le quartier des Black, et le quartier des White. Mais pourquoi ce rapport Sud Africain à l’espace ? N’y a t il pas derrière ces liens ethnico régionaux à l’espace des forces culturelles actives ? 

 

Dans les zones rurales en effet, les relations sociales sont enfermées dans des rapports de voisinage c’est-à-dire conçus et structurés selon un mode d’a perception limité à la proximité. Dans ce microcosme vicinal, la vie se passe au milieu des amis, des partenaires, en un mot de gens qui se connaissent bien. On peut alors parler à ce propos de « Société d’Interconnaissance ». Dans cette société, la solidarité des proches constitue un filet de protection, de sécurité ; D’où l’inflation de notions altruistes dans l’imaginaire de ces populations pour lesquelles se soustraire à une surveillance communautaire, être errant, un sans aveu sans attaches communautaires suscitent l’étonnement : L’anonymat est alarmant ! La singularité attire l’hostilité du groupe. Le moi renonce ainsi à son égoïsme et s’incline au conformisme : L’homme ne vaut que par sa cité. Voilà la conception du monde rural qui se trouve transporté, transplanté, transposé dans l’espace urbain de Nouakchottois défigurant, pervertissant la personnalité d’une capitale pourtant destinée à la modernité. 

Si cette première réponse parait satisfaisante elle est en revanche pour nous insuffisante. Les plans d’urbanisation systématisés par les autorités auraient ils été complices de la cristallisation de cet imaginaire paysan dans l’espace urbain Nouakchottois ? Cette architecture spatiale ne serait elle pas une réponse à une demande sociale ou idéologique ? 

Nous demeurerons convaincu que le vecteur social n’endosse pas à lui seul cette ségrégation de l’espace. En tout cas, il appartient à la clairvoyance des autorités actuelles de se pencher sur la question en encourageant la création de quartiers mixtes. Car, seul un créolisme de l’espace permettra de déconstruire l’obsession culturelle tribalisant, régionalisant, du coup mettre
la Mauritanie à l’abri des problèmes discriminateurs, des violences collectives, paroxysme de haine inter communautaire. 

 

Curieusement le Mauritanien est toujours à l’affût des divisions : Il aime disséquer, démembrer. Muni de bistouri, ce chirurgien à une prédilection pour la cuisine à la sauce Sud Africaine. Cette sensibilité est peut être liée au goût prononcé pour la stratification sociale. Chaque fois donc que nous levons pour regarder Nouakchott, c’est une voix qui s’insurge sur le pourquoi et le comment cette situation. Pourtant aucune loi n’a été promulguée en ce sens. Au lieu alors de ferrailler sur des fronts lointains nos imams devraient plutôt appeler de leurs vœux une organisation spatiale où seul prévaudraient des critères conformes aux préceptes de la loi divine, source de cohésion pour des communautés : Les musulmans étant frères, ils ne devraient y avoir ni mosquées ni boutiques, ni quartiers Black ou White. Nous avons la sensation que nous sommes tous des pécheurs, imbus de nous même, pétris de préjugés, dévorés par des appétits peu détachés du matériel et sourds à la parole de l’unité par delà la race. L’islam rappelle pourtant à tous les devoirs qu’impose l’égale sollicitude de dieu pour toutes ses créatures vouées au même destin mortel. 

 

 

 

Sy Alassane Adama 

Philosophe 


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