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Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

24012010

 

On va certainement vers un face à face Pouvoir/syndicats. Chacun ayant sa lecture des mesures prises pour compenser le désengagement de l’Etat concernant le logement et le transport.

On pense d’un côté que cette histoire d’indemnités de transport et de logement, est une nette évolution sur la voie de l’équité et d’une meilleure utilisation des ressources. Le principe est de libérer l’Etat du poids de services qui promeuvent plus le gaspillage et l’inégalité des traitements.

De hauts fonctionnaires avaient des voitures et une provision pour le carburant. Ces voitures étaient utilisées à des fins personnelles, entretenues et réparées sur les frais de l’Etat. La provision pour la dotation en carburant considérée comme une entrée en plus pour le haut fonctionnaire.

Les fonctionnaires qui ne sont pas de haut rang n’avaient ni voitures ni carburant. Avec les nouvelles dispositions, c’est tout le monde qui va bénéficier d’un petit quelque chose (trois mille et plus). Il est vrai cependant que le traitement ne sera pas le même pour tout le monde : différence de traitement entre les corps et à l’intérieur de ceux-ci. Pour le logement, la direction du matériel avait ses règles.

Théoriquement du moins. Dans la pratique, aucune règle, aucune norme. Des secrétaires qui ont des logements conventionnés à des taux supérieurs à ce qui est prévu. En même temps des directeurs à qui on refuse ce droit.

Etc… le non-droit dans toutes ses manifestations. En adoptant la nouvelle mesure, les autorités espèrent faire d’une pierre deux coups : mettre fin à cette iniquité et améliorer les traitements des fonctionnaires. 15, 20, 25000 et plus, selon les catégories et le corps.

De l’autre côté, on pense qu’il s’agit là d’une hérésie. Le processus de détermination des niveaux des indemnités a été mené sans aucune consultation avec les centrales syndicales. Sans suivre non plus le processus normal. L’article 25 du statut oblige à la consultation du Conseil Supérieur de la Fonction publique pour tout ce qui touche le traitement des fonctionnaires.

Ce Conseil qui rassemble tous les acteurs sociaux auprès du ministère, a été mis à l’écart dans le processus. Deuxième grief soulevé par les syndicats : la question des indemnités ne doit pas dépendre du grade mais de la catégorie et du corps. L’indemnité étant un apport de l’Etat pour améliorer le pouvoir d’achat du fonctionnaire, elle n’a rien à voir avec le salaire indiciaire qui, lui, est aligné sur le grade.

Nous avons essayé d’en savoir plus. Nous n’avons pas pu savoir quelle autorité a diligenté la conception et la mise en œuvre du projet de fixation des indemnités. Au ministère des finances, on dit que cela a été diligenté au Premier ministère. Ici, on nous dit que c’est au niveau de la présidence. Ici et là, on retrouve des responsables qui ont été sollicités pour des questions précises liées à la rémunération des fonctionnaires, parfois des projections sur l’avenir.

Même à la Fonction publique, on nie toute participation à l’élaboration des nouveaux taux. On sait cependant qu’il y a eu un comité interministériel dirigé par le Premier ministre lui-même. On sait aussi que les déclarations de celui-ci devant le Parlement, du ministre des finances devant la presse, ces déclarations sont contradictoires (légèrement) et ne sont pas conformes à ce qui est finalement décidé si l’on en croit le document qui circule aujourd’hui.

C’est le grand test pour le Président Mohamed Ould Abdel Aziz. Quelle attitude va-t-il prendre quand les syndicats se décideront à bouger ? Sera-t-il capable de faire reprendre la copie par les différents départements ministériels ? Pourra-t-il adopter une attitude souple afin de permettre de corriger les fautes ?

Des réponses à ces questions dépendent les refondations nécessaires à l’établissement de tout nouveau contrat social. Mais le Président Ould Abdel Aziz se doit de réhabiliter le rapport de l’autorité à l’administration. Et surtout aux fonctionnaires. Ces derniers temps, nous avons eu l’impression que l’on ne reconnaissait aucun mérite à cette classe laborieuse, celle des fonctionnaires. A force de généralisations abusives. Il faut restaurer l’estime que nous leur devons pour les services qu’ils rendent.

En discutant avec des amis, on se disait que la France est sortie de la deuxième guerre, seulement quand elle a fait élaborer un statut des fonctionnaires, construit l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) et créé la direction générale de la Fonction Publique. La reconstruction de l’Etat, les refondations que nous voulons passent par l’investissement à fond dans l’élément humain. Et mieux vaut pour tout projet de gouvernement, mettre les fonctionnaires avec soi que contre soi.




Revue de presse urbaine par Mohamed Fouad Barrada

24012010

Revue de presse urbaine par Mohamed Fouad Barrada 

 

  

Nouakchott  menacée par l’océan, voilà  l’intitulé  le plus alarmant de la presse locale du dimanche 24 janvier 2010. C’est ainsi que le quotidien l’authentique dévoile  une étude effectuée  par la Banque mondiale et qui vient de paraître.  «  L’avenir de Nouakchott est de nouveau  à l’ordre du jour. Après  le Sommet de Copenhague  de décembre  dernier, sur  le  climat qui a reconnu  l’urgence de venir  au secours d’une ville menacée par les eaux (…)   La situation  est lamentable : la mer menace. Au sud   du Port, les  vagues  parviennent jusqu’au terre-plein, sur  une longueur de quinze  kilomètres. Une quelconque remontée des eaux, peut créer le pire.  Les premières touchées, les  Moughatas de Ryadh, Sebkha, Tevragh  Zeina , El Mina  quartier de la foire, Baghdad, Socogime), Ksar ( quartier des sociétés privées, aéroport, Ksar –Est, garage de la FNT…). Les conséquences collatérales d’un tel sinistre, qui devrait se prolonger jusqu’au PK 50 sur  la route de Rosso, les sols de Nouakchott étant imperméables, et la nappe phréatique affleurant, augmentent les risques  de  sinistre  généralisé sur toute la ville.  » Martèle  le journal. 

-Les sites arabophones et un hebdomadaire  dénommé Soutt Al Oumal    ont diffusé, par ailleurs,   en partie  l’entretien  accordé par le  Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott, Président de l’Association des Maires de Mauritanie a  leur confrère  espagnol  le Gardien , au cours de sa visite de travail  à Barcelone  du 21 au 24  du mois courant et  dans laquelle  il  soulève que les actes de violence auxquels le pays a été victime   nuisent  fortement au secteur touristique . 

En effet,  Ould Hamza estime que le terrorisme a brouillé l’image de la Mauritanie hospitalière titre le journal le rénovateur  dans sa livraison du 24 janvier 2010.   

 -Un don à la Commune de Boghé   écrit  Nouakchott info du 24 janvier 2010. En fait, «  l’ONG  espagnole « Associacion devecinos  Lostiria » de Lanzorote a accordé un important lot  de matériel humanitaire destiné aux populations rapatriées des communes voisines de Dar El Avia et de Ould Birom. L’ANAIR a ensuite pris le relais. Son directeur général, M Bâ  Madine  a déboursé  700.000 UM pour s’acquitter des frais de débarquement  et de transit au port ainsi que le transport ».  

 -Dans  le cadre administratif, le rénovateur  s’interrogeait dans  sa publication  du 21 janvier sur  l’efficacité des élus locaux. «  Les maires  de Nouakchott, à quelques exceptions près s’occupent de leurs propres affaires en véritables hommes  ou femmes  d’affaires  et rarement des problèmes des populations. Cette mauvaise   réputation des élus du peuple  est constamment décriée par les populations qui les ont portés à ces postes. »

Source : www.cun.mr 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

19012010

Le changement ?   

C’est la période de la  réflexion tant pour la majorité que pour l’opposition. Le ‘repère’ focal  de telle réflexion demeure, sans contraste,  la concertation pour la construction d’un  Etat de droit fonctionnant avec des institutions fiables et démocratiques.  C’est tout à fait légitime, tout à fait souhaitable.  Cependant, les deux  pôles, opposition et majorité,  optent   chacun pour  une démarche diamétralement opposée,  l’une vis-à-vis  de l’autre. Au départ,  une invitation  fût  adressée par la majorité à la coalition de la coordination de l’opposition. Au finish,  la    réplique de cette dernière  ne se fait pas trader.  La coordination a proposé une nouvelle formule de dialogue inclusif afin d’appliquer  à la lettre les dispositifs des accords de Dakar.  Nous en concluons, étant donné la situation actuelle du pays, qu’il ne faut pas déplacer le centre d’intérêt. C’est au niveau décisionnel  que ce soit au sein  des instances des partis politiques, structures gouvernementales, etc., que les choses doivent changer. Et qui dit décision évoque certainement, l’organisation.  

 Et  si l’on admet que l’homme crée les structures  (institutions étatiques, établissement à but non lucratif, entreprises,  etc.), on peut dire que les  organisations existent pour permettre l’obtention des résultats. Dans ce cas, les spécialistes  soulèvent deux types de problèmes à résoudre : d’une part la difficulté d’adaptabilité des entités  dans leur  environnement qui est souvent perturbée par des transformations imprévues  et d’autre part  d’inciter ses individus à faire de leur mieux. Pour  le théoricien Tanguy, les entités  pour lesquelles une restructuration majeure s’impose sont confrontées à des difficultés qui risquent d’ébranler  leur système de pilotage : 

·  ignorance de la base et perte de légitimité de la hiérarchie ; ·  résistance au changement, désarroi, démotivation des agents de maîtrise, des cadres et des ‘fonctionnels’ ; 

·  enfoncement des projets et refontes des systèmes  décisionnels ; ·  déclenchement d’effets pervers liés aux nouveaux systèmes incitatifs et à la répartition du pouvoir. 

Pour remédier à ces inconvénients, des analystes   proposent  un processus de changement en trois étapes:  ·  une phase de « recomposition » où des règles de fonctionnement de la nouvelle organisation est effectuée de façon externe aux  acteurs ; 

·  une phase  «de créativité » collective où il est demandé à chaque acteur un effort portant sur une réflexion  de synthèse et d’absorption des nouvelles règles en faisant abstraction de l’ancienne organisation ; elle apparaît ainsi comme l’étape  la plus violente ; ·  enfin, une troisième phase de mise en place de changement dévolu au changement. 

  En effet, les deux premières étapes sont les plus douloureuses car   se jouent à ce niveau à la fois les reconstitutions du système d’acteur et la reformulation du problème opérationnel, ce qui prévoit une mobilisation très forte des hommes.  

  Il faut, à cet égard, selon les travaux de  l’universitaire   Patrick  Besson,    distinguer quatre types de comportements: 

·  les comportements « moteurs » dont le résultat semble positif et ayant un degré d’influence important; ·  les attitudes « suiveurs » dont le résultat est considéré positif mais n’ayant que peu d’influence ; 

·  les comportements de « résistance » dont le résultat est négatif et ayant un degré d’influence permettant  de s’opposer au changement ; ·  Les comportements de « retrait » dont le résultat est aussi négatif mais n’ayant pas assez d’influence pour s’opposer au changement.  

En mettant les « moteurs » en position d’influence, et en engageant les « suiveurs » tout au long du processus de changement, on peut disposer  des ressources importantes pour la réussite du  processus déclenché. Les « résistants » quant à eux devront être engagés sous contrainte, de manière à intégrer leurs motivations dans la nouvelle organisation. 

m_barrada@yahoo.fr    

Source : La Tribune n°484                                                                             




L’Assemblée Régionale et locale Euro-méditerranéenne (ARLEM), Mauritanie participe.

19012010

 

Le Président de la Communauté Urbaine de Nouakchott, Président de l’Association des Maires  de Mauritanie, Ahmed Hamza   a quitté  Nouakchott le 18 janvier  pour assister  à la Réunion Inaugurale  de l’Assemblée Régionale et locale Euro-méditerranéenne (ARLEM) dont la ville de Nouakchott est membre. Cette nouvelle structure  permettrait  une meilleure représentation des autorités  locales et régionales au sein du partenariat Euro-MED.   

En effet,  en 1995 un  partenariat euro-méditerranéen  ou  Processus de Barcelone  a été créé à l’initiative de l’UE et d’autres Etats riverains de la Méditerranée. Les autorités locales et régionales de la Méditerranée ont soutenu cette politique régionale et multilatérale de partenariat.  Pour un renforcement se manifestant par un  prolongement du Processus de Barcelone, l’Union pour la Méditerranée (UPM) a été lancée en juillet 2008.   Cette  dernière  est  créée   par les Chefs d’Etat et de gouvernements de l’Union Européenne et des pays partenaires du Processus de Barcelone. En juin 2008 et  suite au  Forum des Autorités Locales de la Méditerranée   qui a été  organisé à Marseille par la Commission Méditerranée de CGLU, plus de 500 représentants des villes et régions de la Méditerranée  après avoir demandé la reconnaissance des autorités locales et régionales comme acteurs à part entière  de cette Union, ont pu obtenir gain de cause. C’était grâce à l’action conjointe de la Commission Méditerranée de CGLU et du Comité des Régions, que  le 4 novembre 2008 le Conseil de Ministres des pays membres de l’UPM a reconnu officiellement l’Assemblée Régionale et locale Euro-méditerranéenne (ARLEM.  Celle-ci  sera l’espace de dialogue des autorités locales et régionales avec les institutions du partenariat euro-méditerranéen. 

MFB




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

19012010

A TVM, il y a de la publicité avant chaque journal télévisé. En général pour les compagnies de téléphonie mobile. C’est souvent les mêmes personnages – en général des comédiens peu créatifs – qui présentent des textes sensiblement les mêmes pour chacun des opérateurs. Je dis «en général», parce qu’il y a bien ces voix maghrébines qui ne savent pas prononcer les noms mauritaniens et qui «awguiyaaaa» en prononçant le nom de notre monnaie nationale. 

Chaque opérateur fait dire de lui-même qu’il est le meilleur, le plus présent sur le territoire national, qu’il est depuis peu au Sénégal, au Mali… par les mêmes personnages… 

J’en parle parce que cela me rappelle notre personnel d’encadrement face aux différents régimes politiques qui se sont succédé à la tête du pays. Toujours les mêmes personnages – des comédiens tout aussi peu créatifs. 

Au petit écran il suffit de remplacer Maawiya par Ely puis par Sidi et enfin par Aziz. Le texte reste le même. La prestation la même. La tenue la même. L’air le même. 

Je me suis surpris en train de me poser une question : qui décrédibilise qui ? Mais d’abord qui imite qui ? 

Dans les deux cas, nous avons des professionnels de la propagande qui vendent leur art à celui qui l’achète. Mais la question reste à mon avis : qui décrédébilise qui ? qui imite qui ? 

Cela dit j’ai été frappé ces jours-ci par deux événements : le conclave des Uléma et la réponse des partis d’opposition à l’invitation de leurs collègues de la majorité. 

Au conclave des Uléma il a manqué des présences et des sujets. A part quelques-uns dont Cheikh Ould Dedew, Ould MBalle et quelques autres qui se comptent sur le bout des doigts d’une main, à part, les autres font partie de la problématique. 

Nombreux ceux qui ont pris la parole et même dirigé les débats étaient des ministres au plus noir des moments du régime de Ould Taya. Ils ont participé sinon couvert les campagnes idiotes dont l’objectif premier était de justifier l’exercice de l’arbitraire de l’époque. Quel poids peuvent avoir leurs mots ? quel pouvoir de conviction ? quelle influence auprès d’esprits rebelles ? et pourquoi refuser d’impliquer spécifiquement ceux qui ont toutes les chances de se faire entendre et de mener le dialogue ? 

Pour ce qui est de la réponse de l’opposition, il y a lieu de se poser des questions. Est-ce que l’invitation à un débat représente un danger politique ? et même si la participation est demandée, en quoi cela peut-il menacer politiquement ? et, pour en revenir à l’Accord de Dakar, peut-on encore en parler depuis la rupture intervenue au lendemain du 18 juillet 2009 ? le refus de reconnaitre les résultats de l’élection a-t-il laissé une place pour la mise en œuvre des termes de l’Accord de Dakar ? 

En juin 2009, notre classe politique est parvenue à un accord sans précédent. Du presque parfait : un gouvernement d’union nationale, une élection ouverte consensuelle, la démission formelle du président élu Ould Cheikh donc «un point de départ constitutionnel» comme exigeait la communauté internationale, mise en place d’une CENI consensuelle…. Ceux qui ont négocié et signé devaient assumer. Y compris les insuffisances. 

Un dialogue commence par une approche de reconnaissance mutuelle. Sans cela, comment peut-on aller plus loin. 

Ceux de la Majorité doivent au pays de rompre avec le passé et les manigances du passé. Faire montre de plus de volontarisme dans la recherche d’une convergence. 

Ceux de l’opposition doivent évoluer dans leur position. On ne peut pas demander le dialogue d’une part et d’autre part en rester au «Général-dictateur-président». 

Le conclave politique de la Majorité pourrait aboutir à refonder les méthodes de gouvernement. Notamment la réforme institutionnelle rééquilibrant les pouvoirs (entre présidence, parlement, gouvernement) ; la libéralisation de l’espace publique (audio-visuel notamment)… L’accompagnement politique et psychologique doit tendre vers l’apaisement (établissement de passerelles entre les protagonistes). 

Dépassionner, dépolitiser et mettre le gouvernement au travail… 

Source : La Tribune n°484




Employés de l’Etat, le sevrage sera dur

19012010

 

 L’Etat mauritanien a décidé de résilier les conventions de logement dont bénéficiaient certains de ses agents et fonctionnaires. En contrepartie il promet d’incorporer aux salaires de ses employés une indemnité compensatrice. 

Il parait que les conventions coutaient environ quatre milliard d’ouguiya à l’Etat mauritanien sans raison : 67 anciens ministres ont continué à jouir de ces faveurs ; plus de 50% des agents logés par l’Etat étaient fictifs. Etc. etc. Décidément on aura tout vu dans ce pays qui cinquante ans durant n’est pas parvenu à mettre ses fils dans des conditions dignes! 

En Mauritanie, le plus souvent, le fonctionnaire en activité est obligé de consacrer son temps libre à travailler ailleurs pour survivre. 

En Mauritanie le retraité est obligé de se muer en quémandeur pour gagner son pain s’il n’a pas la chance de trouver un boulot consolateur. 

En Mauritanie, on ne prépare pas le fonctionnaire à devenir propriétaire à la veille de sa retraite. 

Supprimer les conventions, sans approfondir les enquêtes et punir ceux qui se seront rendus coupables de faux et d’usage de faux en matière de logement, est-ce suffisant pour rendre justice ? Ou encore, verser une petite indemnité de 20 à 30 mille ouguiyas sans prévoir des mécanismes de contrôle des locations et autres prestations de service en matière d’immobilier, cela atténuera-t-il la souffrance du fonctionnaire mauritanien ? En procédant ainsi, l’Etat ne fera qu’enfoncer davantage ses employés dans la grande misère. Car, une fois les résiliations devenues effectives, les bailleurs peuvent bien faire monter les enchères en doublant, voire triplant, les prix du loyer. On a vu les commerçants faire la même chose sur les prix des denrées à chaque fois qu’une petite pitance a été ajoutée sur les salaires ! Alors, le sevrage est parti pour être dur. Attachez vos ceintures mesdames, mesdemoiselles et messieurs les employés de l’Etat mauritanien ! 

Kissima

Source : La Tribune n°484 




La majorité réfléchit

19012010

 

 « Quelle gouvernance pour la Mauritanie après 50 ans d’indépendance? » 

C’est sous ce thème que sont placées depuis dimanche les journées de réflexion organisées par les partis de la majorité présidentielle et parlementaire de la Mauritanie. Mohamed Ould Abdel Aziz, président de la République a ouvert hier après les travaux de ces journées de réflexion. Etaient présents à cette manifestation le Premier ministre, le président du Sénat, des chefs des partis représentés au parlement, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatique accrédité en Mauritanie et de nombreux invités. 

Le président de l’Assemblée nationale, lui, était absent. C’est El Arby Ould Jiddein, vice-président de l’Assemblée qui a assisté au colloque. Messaoud Ould boulkheir, conformément à la décision de la Coordination de l’Opposition Démocratique(COD) s’est absenté. La COD a en effet choisi de boycotter arguant une absence de concertation préalable avant l’ouverture et l’organisation d’une telle manifestation.
Seul  le parti Tawassoul participe aux journées de réflexion. La formation de Jemil Ould Mansour trouve que même si les critères pour le dialogue politique recherché ne sont pas totalement remplis ces concertations auront le mérite d’ouvrir le débat au sein de la classe politique. 

Dans son discours d’ouverture, le président mauritanien a visiblement laissé entendre que c’est à partir de ces journées de réflexion que sera ébranlée une nouvelle option. Reste à savoir si cela est le présage d’une ouverture dans un con texte où  la scène politique est exposée à diverses tensions. 

Vu la formulation du thème, on aurait pu s’attendre à des débats très riches, voire houleux si l’opposition n’avait pas choisi de laisser la majorité seule. La Mauritanie a cinquante ans. Elle a connu au moins huit chef d’Etat. Aujourd’hui, elle fait face à des confusions en matière d’orientation politique. Ce ne sont pas les axes de réflexion qui manquent. C’est surtout la pensée unique dont il faut s’abstenir. 




Méconnaissance d’un imam

19012010

 

 Cela faisait quelques semaines que je ne m’étais pas rendu à la mosquée pour la prière sacrée du vendredi.  Le vendredi dernier, alors que j’étais dans l’obligation religieuse de partir à la mosquée pour accomplir mon devoir religieux, j’écoutais religieusement la Khoutba de l’Imam. J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à la Khoutba du vendredi. Je trouvais là une source d’apprentissage de la religion et de ses préceptes, lesquels préceptes sont indispensables à l’accomplissement du devoir religieux  dont j’ignorais beaucoup de choses, n’ayant pas subi une formation religieuse poussée ou même moyenne. 

Au début l’imam ne faisait que répéter des phrases qui sont devenues plus que familières, des phrases et  des conseils que je récitais par cœur à force de répétition, rien de vraiment nouveau en somme. Je continuais quand même à tirer l’oreille pour ne rien rater de ce que l’imam disait. A la fin, il a fait une allusion à peine voilée au forum  qui a été organisé sur l’Islam et la nécessité de la modération auquel ont pris part la plupart des érudits du pays ; louant cette initiative qui ne manquera pas, selon ses dires, de faire renoncer beaucoup de jeunes à l’extrémisme. 

Mais il ne s’arrêtera pas là. Il dira qu’il est obligatoire dans un pays musulman que le président se réunisse avec les érudits périodiquement, comme il le fait avec les ministres. Qu’il devrait y avoir donc un conseil des oulémas présidé par le président de la république. Tenez quelle bonne idée ! Enfin quelque chose de nouveau dans sa Khoutba. Inspiré, il ira encore plus loin en disant que les oulémas devraient également avoir une police pour appliquer les saintes recommandations de l’Islam sur cette terre envahie par toute sorte de péchés, toujours selon ses affirmations. 

Jugez ces dires par vous-même ! Que peut-on en dire ? Y a t-il de lois au dessus de la constitution ? Dans le préambule de notre constitution, il est bien mentionné que la source du Droit est la charia islamique ? Alors pourquoi cette demande ? Les oulémas ne sont pas des juges. Rares étaient ceux qui sont sortis en murmurant que l’imam est un cinglé. Personnellement la conclusion que je peux tirer de cela c’est qu’il est du devoir du ministère des affaires islamiques de préparer chaque vendredi un prêche unique pour toutes les mosquées du pays, un prêche qui prendrait en compte tous les enseignements religieux qui prêchent la modération et la non-violence. Cela aurait du faire partie des recommandations du forum sur la modération. Ca nous évitera à nous autres férus de nouveautés dans les khoutbas de ne pas être obligé à écrire sur ce qui se passe dans notre sphère privée et surtout dans notre relation avec Dieu. 

Momme Ducros 




Faits divers de La Tribune

19012010

Tevragh-Zeina : Un boy écroué pour tentative de viol 

Désigné pour remplacer son parent et ami « domestique » victime d’un panaris à l’index droit, le jeune Baba O. S, s’est très vite illustré en se faisant accuser par la fille du patron de viol.

Les faits se sont produits chez la fille dans le quartier chic E.Nord. Selon les  déclarations de la jeune Khadija Mint Y…, âgée de 13 ans, le boy l’a rejointe dans les toilettes lorsqu’elle s’y est rendue pour prendre un bain en l’absence de sa mère.

A sa sortie, elle se retrouve nez à nez avec le boy. Ensuite, « il a soulevé mon voile avant de me menacer puis il s’est mis à satisfaire son libido » a déclaré la fille. Heureusement pour la fille, il y avait plus de peur que de mal a indiqué une source proche de sa famille.

Enervé, le père de la fille porte plainte contre le boy. Arrêté par la police, celui-ci devait être déféré dans les prochaines quarante huit heures selon une source policière.

Informé de ce qui s’est passé, son parent malade s’est montré très déçu. Il est parti voir son patron pour voir comment ils pourront régler l’affaire.

El Mina : Flagrant délit d’adultère avec l’ami de son mari 

Une histoire d’adultère a failli tourner au drame à El Mina dans la zone de Neteug où le nommé T.O .Boilil, très en colère après avoir surpris son ami M.O.Cheine sur son épouse, s’est saisi de son arme pour le tuer mais il n’y avait pas de balle. Il tourne et prend une machette pour le taillader.

M.O.C est présentement selon des sources bien informées sous contrôle médicale dans l’une des cliniques de la capitale. La nuit du vendredi 15 Janvier restera à jamais gravée dans la mémoire de M.O.C, âgée de 40 ans.

Et pour cause ; c’est durant cette nuit qu’il a profité de l’absence de son  ami pour voir sa femme. Mais il a failli passer de la vie à trépas. T.O. B, est entre les mains de la police et ses parents cherchent à régler le contentieux.

Source : La Tribune n°484




19012010

Modernité haal poular, « traditionnisme » maure dans un état intégrateur 

L’homme est normativement programmé à vivre avec une conscience influencée par une concorde unanime, un consensus contraint et forcé – une source unique de valeurs partagées. Les préceptes d’une communauté faite d’intersubjectivité restreignent souvent la latitude d’une mise en forme de projet, de vie individualiste. Dans le déroulement d’une existence collective, le « Nous » enveloppe le « je ». Le dernier est dénué de sens. Dans cette perspective, la société haal poular appartient aux exceptions : ces sujets agissants semblent se soustraire à la main mise d’un passé antérieur, c’est-à-dire un espace culturel commun identitaire – une conscience d’ethnie. Ils inaugurent ainsi la modernité, le pouvoir – être – soi-même par delà les traditions, les contextes d’interaction.

L’observation, en effet, de la société haal poular offre un spectacle étrange. Elle ressemble à un nid de fourmis sur lequel, un piéton, par inattention, aurait posé un pied. Affolés, gênés, les fourmis partent isolément dans toutes les directions. Pour mieux encore imager notre réflexion, nous dirons que cette société est identique à une montagne dont on a fait sauté le flanc de sorte que partout gisent des débris de rocher épars chacun dans son territoire, dans sa logique avec son talent, dans son expérience personnelle… Cette situation nous invite à parler d’égarement dans un labyrinthe où le fil d’Ariane ne tient plus, ne conduit plus. Rien en tous cas ne permet plus d’éviter les césures, le délaissement, la désaffection. Ceux-ci dévastent, assombrissent, occultent, à regret, la monté en puissance de nouvelles directions au sein desquels aurait pu se dessiner une thérapie apte à désamorcer cet ulcère. Ma conviction la mieux ancrée, c’est que comme ça le haal poular ne va nulle part. Je veux dire que l’absence d’épaisseur de relation de proximité vicinale significative laisse entrevoir un « suicide de la société ». Et puis que tout para-doxe sollicite de notre part un questionnement, nous sommes saisis par l’envie de savoir pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Pour dire différemment, pourquoi le haal poular a toujours l’œil rivé au particulier ?

Nous pensons, comme postulat, que le contact historique, séculier avec les modes d’aperception de l’école coloniale, source de diffusion des valeurs issues de la révolution française, a beaucoup contribué à l’émergence de ce gout excessif du singulier. Dans sa volonté en effet d’assimiler le négro mauritanien, le colon a eu l’intuition d’ériger des structures scolaires à Kaédi (1887), à Sélibaby (1912), à Boghé (1919) déstructurant ainsi un imaginaire collectif de référence auquel il supplanta le sien propre. Ainsi, le refus de se noyer dans la communauté, n’est-il pas expression d’une autonomie que définit une citoyenneté moderne ? Transcender les clivages ethniques, leur imaginaire et isolement pour plonger dans l’espace commun national, un « Etat unitaire » n’est-ce-pas la marque véritable d’une citoyenneté républicaine ?

La citoyenneté en effet « reconstruit l’individu sur un mode contractuel par lequel chacun s’unissant à tous n’obéit qu’à lui-même ». Elle se signale par une latitude éthique représentée par une liberté de faire de sa vie la meilleure vie possible. Ainsi, l’individu est « un sujet de droit » affranchi du joug de la communauté, disposant d’ « une possibilité de choix et une capacité de critique ». De ce point de vue, le haal poular serait un sujet moderne privilégiant l’individuel parce qu’ayant intériorisé un « ensemble de modèles culturels de valeurs spécifiques qui définissent une identité personnelle liée à une identité collective. » En tout cas, l’inexistence de « base d’affinité » ethnique, des propensions à des réflexes de solidarité ethnique est manifeste chez le haal poular. En ce sens, il est moderne, serviteur d’un Etat moderne, rationnalisateur, intégrateur, encadreur, unificateur.

L’observation des faits montre, par contre, que le compatriote maure, dans ses postures morales, politiques, économiques reste extrêmement sensible au contrôle tribal. Celui-ci prend le dessus sur l’Etat. Il est courant de le voir s’adonner, souvent la mort dans l’âme, à des pratiques irrationnelles à contre-courant des exigences de l’Etat : recruter et promouvoir les éléments de la tribu sans que le besoin ne se fasse sentir. On arrive ainsi à une hypertrophie de personnel inessentiel. Si donc son Excellence le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a milité en faveur de la transmutation de cette valeur, c’est que cet héritage ancestral fait obstacle à l’établissement d’un Etat unitaire au sein duquel les anciennes barrières tribales ethniques seraient rationnellement transcendées en faveur d’une condition générale de reconnaissance mutuelle, d’égalité de chance. C’est dire aussi que l’autorité de l’Etat, espace commun national, est aux antipodes des traditions séculières. Cette autorité doit mettre en scène une société civile forte aspirant à l’exercice de sa citoyenneté et apte à jeter dans l’ombre des inégalités qui font écran à l’instauration d’une démocratie saine, source de vie de nos Etats africains multiethniques.

Sy Alassane Adama

Philosophe







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