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Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

23122009

 Des fantômes  et des lois 

Après le plus récent kidnapping de deux ressortissants italiens à l’extrême Sud- Est du pays, dans une zone qui semble immaitrisable pour le moment, d’aucuns s’interrogent  sur la stratégie nationale de  lutte contre le terrorisme.  Que fait  la nation, ou plutôt l’Etat, pour   vaincre la violence au nom de l’islam qui s’impose à l’insu de la population locale ?   Durcir la législation ! C’était  suite  au rapt du 29 novembre   de trois  espagnols  qu’un  nouveau projet de loi  de lutte contre le terrorisme  a été voté par  notre auguste assemblée nationale.   A en croire ses  instigateurs,  ledit  projet  de loi vise  à réduire  les insuffisances constatées dans la législation nationale en terme de lutte contre  ce fléau  tout en l’adaptant  aux exigences  de la période.   Il est question,  on le voit bien,  d’un arsenal  législatif   ‘admettant’ d’abuser là où, il  faut adopter  la politique de  la carotte et le bâton. Les écoutes  téléphoniques  sont en conséquence permises sous prétexte de lutter contre des éventuelles attaques d’Al Qaeda au Maghreb islamique.    

Désormais,  les forces  sécuritaires s’intéressent   aux résultats chirurgicaux prompts au détriment de procédures se basant sur la voie normalisée.  En  effet,  quelle   solution appropriée  a-t-on pour  éradiquer la violence des groupes islamistes ? Deux cas  se  manifestent :       Le premier, c’est celui de la responsabilité   sécuritaire  qui  risque de l’emporter au ‘préjudice’ du mécanisme procédurier.  Les lois,  les méthodes policières  s’envolent en fumée  lorsque la notion de la citoyenneté et de la justice au sens large du terme  n’en sont  point  prônées par l’Etat. Pour ainsi dire, on ne lutte guère  contre  la violence par la violation des droits ayant trait   à  la mobilité citoyenne : les guerres idéologiques telles que la lutte contre l’incarnation du culte de la violence au nom de l’islam  exigent des procédés plus réfléchis, plus approfondis.   

 Dans le deuxième cas, la tragédie de la violence des terroristes à l’encontre de leurs propres compatriotes   s’illustre bien    par  deux contradictions  apparentes , néanmoins   complémentaires : l’ennemi est un  fantôme, tantôt visible  à travers  l’idéologie trouvant  des terrains féconds  pour son appropriation, tantôt invisible  par le nombre  variable  de taupes dormantes .    Les américains des  Etats Unis, qui  se  sont engagés  dans une guerre  perdue, jusqu’alors,  contre un ennemi inconnu   composé  des Mollahs et autres groupuscules ,  se trouvent   dans l’obligation de  dégager  un plan de retrait de l’Irak  tout en  évitant  des pourparlers  avec  leurs ‘rivaux’ afghans. Ils   ont tissé   des alliances avec les antagonistes irakiens  pour  qu’ils puissent faire la guerre à leur place.  Ils continuent  ainsi à  créer des alliances  dans les différents pays qui n’ont rien avoir avec cette guerre sauf qu’ils ‘abritent’ des occidentaux touristes ou pas   chez eux. Pourtant, des voix s’élèvent  pour négocier avec l’ennemi. « L’idée est très controversée. Ses détracteurs expliquent que toute tentative de dialogue serait considérée comme un signe de faiblesse par la guérilla fondamentaliste »,  notait   le nouvel observateur. 

En  territoire occidental  l’ennemi est plus ou moins  visible, quant à la Mauritanie, comme d’ailleurs le reste du monde  musulman, il est  difficilement repérable. La politique actuelle, c’est tout à fait normal,  s’oriente, on l’a déjà dit,  vers le durcissement à l’encontre des groupes terroristes  souvent fantômes.    Toutefois, il faut se fixer une stratégie claire permettant de diminuer  l’agressivité d’Al Qaeda  au Maghreb islamique sans pour autant être le gendarme des Américains ni l’ennemi de la justice. Celle-ci est, incontestablement,  la  seule force morale   pouvant vaincre à la fois  la violence des terroristes et leurs idéologies obscurantistes.   

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n° 480




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

23122009

On croyait que AQMI ferait une trêve après son exploit du 29 novembre et le rapt de trois citoyens espagnols. Voilà que les combattants d’al Qaeda pour un Maghreb Islamique frappent de nouveau. Cette fois-ci en plein sud-est de la Mauritanie, à quelques kilomètres de la ville de Kobeni, la ville la plus au sud en allant vers la frontière malienne. Ici ce n’est pas le désert, ce ne sont pas les espaces infiniment inhabités et donc facilement praticables par des fugitifs transportant avec eux des otages. C’est pourquoi il s’agit là d’un véritable exploit pour les malfaiteurs… 

Il y a quelques jours – moins de 10 jours -, je partais à Nioro, en compagnie d’amis. Une sorte de ziara pour le vénérable fils de Cheikh Hamahoullah, khalife de la confrérie, vivant à Nioro véritable capitale du Sahel. A l’entrée de Kobeni, l’inévitable poste de police. Un malien nous aborde : «Messieurs, est-ce que vous pouvez m’aider. Je viens d’Europe à bord de ma voiture et suis au terme de mon voyage. Les policiers d’ici me retiennent depuis plus d’une heure sans que je sache pourquoi. Je les ai suppliés, j’ai tout fait. Rien ne semble les convaincre, est-ce que vous pouvez leur demander de me libérer…» Notre démarche, même si les policiers nous ont fait la promesse de le libérer, ne servira au fond à rien. Je ne saurai jamais combien de temps ce citoyen malien inoffensif est-il resté bloqué là ? Combien cela lui a coûté de passer ? Pas important… 

Au retour, le soir, c’est au poste de gendarmerie à la sortie de Kobeni que ça se passe. La route est barrée par quelques futs vides. On s’arrête. Personne. Klaxons. Toujours personne. Je me décide à descendre. Je vois un gendarme dormir profondément dans la chambre qui sert de poste. Alors je vais enlever un fut pour faire un passage. Réveil enfin du gendarme qui affiche un sentiment de terreur et d’incompréhension. D’incompréhension pour ce qui arrivait. Il avait peut-être oublié qu’il était gendarme, qu’il était en faction et qu’il avait probablement une arme… 

Ces deux scènes se passaient à moins de trois semaines de l’opération du 29 novembre. C’est dire le laisser-aller, l’insouciance qui caractérise les corps de sécurité. Police et gendarmerie. C’est dire aussi combien sont inefficaces ces postes de contrôle qui donnent de nous l’image d’un pays en état de siège. Et qui ne sont que des foyers ouverts de corruption. Les postes de contrôles – police, gendarmerie et douane – ne servent à rien et sont même un facteur d’insécurité. 

Il faut repenser notre système de sécurité, faire appel à des compétences, provoquer une réflexion sur tout le système de sécurité, de l’Armée à la Garde, en passant par la police, la gendarmerie et le reste. 

La stratégie de lutte contre le terrorisme devrait commencer par là. 

Il y a quelques semaines, l’Armée amenait un groupe de journalistes en vue de leur faire découvrir tous les efforts qui ont été fournis en vue d’assurer la sécurité du pays, de son espace désertique en particulier. Une série d’articles ici et là, de spots, d’éléments d’information dans les organes les plus sérieux. 

C’est au lendemain de cette campagne de communication, que AQMI passe à l’action. L’affront est clair. La provocation aussi. Ce qui ajoute à l’insoutenabilité de la situation. 

Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz est obligé aujourd’hui de ne pas faire semblant et de réagir. Il ne suffit pas de faire porter la responsabilité au passé et aux malversations du passé. Il faut agir et vite. Pour montrer d’abord que le passé est bien passé. Ensuite que la leçon est bien apprise. 

L’ère de l’impunité et de l’insouciance devrait être révolue. Il faut que quelqu’un paye pour les erreurs commises. Sinon comment continuer à croire à l’Etat et à la force de ses incarnations ? Sinon comment croire que nous pouvons assurer un retour à la normale ? Comment attirer les investisseurs, restaurer la confiance, sécuriser les populations. Et finalement reprendre le contrôle du pays. 

Les actes de guerre perpétrés par AQMI ouvrent une crise en Mauritanie. A laquelle il faut une réponse urgente. 

En chinois, le mot crise est représenté par deux signes qui signifient RISQUE et OPPORTUNITE ; espérons qu’il sera déjoué, souhaitons qu’elle sera saisie. C’est ce que me disait un ami étranger au lendemain du 6 août 2008. Méditons cela.

Source : La Tribune n°480




Faits divers de La Tribune

23122009

Nouakchott : Le poids de l’insécurité ! 

Après la découverte d’un quinquagénaire retrouvé pendu dès les premières heures du dimanche 13 décembre en cours dans son lieu de travail en plein centre ville. Cet homme opérait comme gardien au profit d’une papeterie et d’une clinique. Alertés les policiers de Tevragh Zeina 1, se sont rendus sur le lieu qu’ils ont d’ailleurs bouclé en attendant l’arrivée des autorité. L’unité de la police scientifique dirigée par son chef Kénémé était là pour consulter le corps avant qu’il ne soit transporté par une équipe de la protection civile en destination du CHN pour d’autres consultations. L’enquête est en cours pour savoir qui est derrière ce crime et quelles sont les causes a indiquée une source policière. Un autre homme âgé environ de 37 ans a été lui aussi retrouvé vivant mais dans une situation très critique à quelques encablures de la base de la protection civile de la zone du Ksar, tôt le mardi 15 décembre 09 par des passants. L’homme de teint noir, habillé d’un pantalon rouge et d’une chemise jaune était couché à coté d’un véhicule de type Renault 19 immatriculé 6439 AB dont la portière du chauffeur était ouverte. Il semble qu’il est son chauffeur. D’après les informations recueillies sur place, l’inconnu semble être victime de douleurs cardiaques, comme il n’y a pas de signes d’altercation ni de combat sur le lieu.    

Transporté d’urgence au CHN, mais, il rend l’âme dès ses premières secondes dans les urgences. Les résultats des consultations et de l’autopsie ont montré que son corps ne présente aucun signe de violence ont indiquées deux sources concordantes (dont l’une policière et l’autre médicale).  Aucun document pouvant servir d’identification n’a été retrouvé sur la personne et les autorités ont passé un communiqué pour ses proches. 

Selon des sources sécuritaires, Nouakchott n’a jamais enregistré un nombre de crimes aussi élevé que celui de cette année. Vingt sept cas depuis janvier 2009 dont 16 dans
la Moughataa d’El Mina et ses environs. 

ARAFAT : Un camion heurte une quincaillerie. 

Au moment d’éviter une violente collision au niveau du carrefour Nour avec deux Mercedes 190 bondées de passages roulant à tombeaux ouverts venant de Mellah, le conducteur du camion remorque immatriculé T136 transportant de la marchandise venant du poteau 6 a choisi d’ heurter la quincaillerie qui se trouve à sa droite. Il était 7 heures ce mardi 14 décembre, quand son propriétaire avait déjà ouvert l’une des portes et passant pour ouvrir la seconde, alors il vu venir le camion. Là, il prit la fuite évitant le pire. Le camionneur qui n’avait d’autre choix que de faire entrer son camion dans la quincaillerie. Heureusement, il n’y a pas eu de perte de vie humaine. Le commerçant et le camionneur ont opté de résoudre l’affaire à l’amiable. Ce dernier s’est engagé de réparer les dégâts qu’il a causés. Il a payé du ciment, du sable, de l’eau, des briques et il a engagé des maçons et les travaux ont commencé dans la même journée. 

 

Nouakchott : La recrudescence des braquages 

Depuis quelques semaines les quartiers périphériques de la ville de Nouakchott ont renoué avec une série d’attaques et de vols à main armée. 

Après l’attaque en plein jour du comptable du centre de
la SOMELEC de Teyaret par deux jeunes enturbannés qui ont ouvert le feu sur sa personne avant de s’emparer de la somme de deux millions de nos ouguiyas. A en croire qu’il n’a pas été touché. Et venu dans la soirée du lundi passé, le braquage du PK7dans la moughataa de Riad où deux femmes qui ont des dizaine de bouches à nourrir ont été dépossédées de leur argent et des ballots de tissu blanc qu’elles devaient transformer en voiles par deux jeunes qui les ont menacé par des armes blanches. C’était dans une ruelle sans électricité. C’est au tour d’un vendeur de cartes de recharge dans la nuit du vendredi dernier de subir la loi des malfrats. Maouloud O. S…, un vendeur de cartes de recharges dépouillé de 45.000UM et d’une valeur de 75.500um de cartes. 

Cent vingt mille cinq cents ouguiyas ont été emportés par deux jeunes à bord d’une 309 sans plaques d’immatriculation qui ont pu violemment lui arracher son sac qui contient la somme et les cartes. Selon la victime ses agresseurs avaient fait semblant de venir pour se payer une carte de recharge Mattel de 1000um avant de commettre leur forfait et de se fondre la nature. 

La victime, selon ses dires, elle s’est contentée de se plaindre au près d’un poste de contrôle qui se trouvait à quelques mètres de l’endroit où il a été agressé. 

De l’avis des populations, plongées depuis ces moments dans la tourmente et la psychose des braquages, c’est une bande de malfaiteurs qui est en train d’écumer la ville de Nouakchott. 

Teyarett: Une vengeance ou « leghaira » ! 

Une grande inquiétude règne depuis le week-end dernier dans la famille d’un grand marabout de Nouakchott suite au comportement de sa fille qui s’est subitement volatilisée sans crier gare. Les parents de la fugueuse sont d’autant plus stupéfaits que cette dernière, qui semble avoir préparé son coup, a délesté son mari d’une somme estimée à plus de trois millions d’ouguiyas avant de se fondre dans la nature. L’affaire est venue quand son mari a décidé de prendre une seconde épouse à qui il a offert une dot de deux millions de nos ouguiyas en plus d’une villa meublée. A en croire qu’elles sont toutes deux cousines et même des amies d’enfance. Issues de familles de l’Est du pays. Selon des sources bien informées, le mari avait bien discuté avec sa femme sur cette affaire et cette dernière avait accepté. Mais après elle était manœuvrée par ses parentes et proches. 

Ce qui a poussé celle-ci à la révolte. 

De nombreuses recherches, entreprises en vue de retrouver la femme en question, ont été menées. Mais en vain. Agée d’environ de 35ans, elle a délibérément mis ses téléphones sous boite vocale pour éviter tout contact avec ses proches. 




Nouadhibou

23122009

FETE DE LA POLCE ARABE
Ce 18 décembre les policiers de Nouadhibou ont célébré la fête de la police arabe. Et même la fête de la police nationale car dans les discours, les deux termes revenaient en toute confusuon.
Cette fête a eu lieu donc dans la cour de la direction régionale de la sûreté. Le directeur régional de la sureté était absent. C’est le commissaire Taleb Bouya Ould Said qui assurait l’intérim. L’honneur lui revenait de diriger le défilé et la levée des couleurs.
Côté administratif, le wali était absent lui aussi. C’est le wali mouçaid administratif, M. Touré Moussa qui a présidé la cérémonie. Revue des effectifs, présentation des armes.
Le directeur de la sûreté par intérim prononce son discours. Il se réjouit des efforts faits par les services régionaux de police de Nouadhibou dans la lutte contre le crime organisé, la lutte contre les trafics de drogue, d’alcool. Contre l’immigration clandestine.
Il ajoute que cette année qui s’écoule a connu une diminution notable de tous les crimes. C’est notamment grâce aux efforts mis sur la formation, l’équipement et l’encadrement des policiers de Nouadhibou.
Une grande banderole était déployée qui disait : La police nationale au service des citoyens
Place au banquet. Cette année  il est particulièrement chétif et dégarni.
Les nombreux invités se seront à peine servis. Quand aux agents qui avaient l’habitude de profiter de cette aubaine pour faire bombance, ils ne trouveront rien à se mettre sous la dent.
Peine perdue pour ceux d’entre eux qui avaient caché des sachets ‘ Jezira’ sous leur tenue des grands jours pour rapporter quelque chose à la maison pour la famille.
Se pose alors le problème de moyens  et d’équipements. Les agents de police travaillent dans des conditions difficiles .Ils sont en nombre insuffisant dans une ville qui a plus que quintuplé en  moins de dix ans. ‘Depuis le goudronnage de la route Nouakchott- Nouadhibou, la capitale économique est devenue un repère de bandits, de délinquants.’ Confie un policier.
Un autre policier confie que la seule satisfaction à mettre à l’actif de la police est la lutte contre l’immigration clandestine. ‘Là, dit –il, nous avons fait du chiffre, conformément au souhait de l’Espagne’.Les organisations de défense de droits de l’homme dénoncent la chasse au faciès, la chasse aux ouest africains.
La prostitution ? Les maisons closes se multiplient.
Les agressions dans la rue ? Les vols de voiture ? C’est monnaie courante.
En matière de saisie de drogue, l’on peut dire que cette année Nouadhibou n’a pas connu de grosse opération.
Athié Youssouf
CP.Nouadhibou

Source : La Tribune n°480 




Éducation

23122009

 

  

Refonder la chaîne de l’apprentissage 

 

Entre les enseignants qui ont baissé les bras, un ministère gangrené par les conflits internes, et des instituts privés, qui tiennent plus lieu de commerces, l’éducation scolaire est dans un cercle vicieux mille fois dénoncé. De plus en  plus de voix de la diaspora élèvent pourtant des propositions originales, associatives, concrètes pour au moins proposer des voies de sortie de ce marasme. Perspective. 

 

«L’idéologie politique et identitaire a primé dans le débat sur l’éducation nationale, ces dernières années, sur toute autre considération liée aux programmes et aux moyens de remettre les enfants en selle. Nous avons lamentablement échoué.» Ce constat simple, cru et très dur, est fait par un cadre du ministère de l’éducation national. Et il illustre parfaitement le sentiment général de la majorité des parents, et de quelques professeurs.

On attend encore les fameux états généraux de l’éducation nationale pour (encore) écouter de nouvelles propositions pour relancer la machine, qui est plus que grippée. En attendant, une nouvelle année avec toujours les mêmes constats: Un taux d’absentéisme des professeurs toujours aussi élevés dans le public, car jonglant encore autant entre les cours dans le privé et le public; l’éternelle dichotomie schizophrénique entre matières en arabe et français, encore plus accentuée par la réforme de 1999, qui atteint cette année son paroxysme avec le passage du baccalauréat de cette génération d’élèves, qui ont appris toutes les matières littéraires en arabes, et les scientifiques en français. «Un non-sens évident, qu’il est étonnant de ne pas encore voir sérieusement remis en cause, d’autant que la plupart des hauts-fonctionnaires et des pseudo idéologues de cette réforme, ont leurs enfants dans  les écoles privées francophones!» se plaint un professeur de philosophie.

 

Tirer l’enseignant vers le haut 

 

A côté de cette crise liée à la structure même de notre éducation nationale, celle-ci est accentuée par une qualification et une motivation douteuses du cœur du système: l’enseignant.
«L’écrasante majorité des enseignants du primaire ont un niveau d’éducation inférieur au baccalauréat. Nombreux de ceux qui enseignent a un niveau secondaire n’ont pas la maîtrise et/ou sont en charge de disciplines pour lesquelles ils ou elles n’ont pas été formés, comme ce titulaire de maîtrise d’économie qui enseigne la physique. Pour tous, sauf peut être les professeurs d’université, la paye est dérisoire. Dans les années soixante et soixante dix, les enseignants étaient les mieux payés de la Fonction Publique, bénéficiait d’un emploi décent socialement reconnu et prisé par une bonne partie de la population éduquée. Un traitement favorable qui compensait en grande partie le niveau de qualification des enseignants et qui a permis aux générations post indépendance de bénéficier d’une éducation qui n’avait rien à envier a celle des pays de la sous-région.» peut-on lire sur le forum internet de Mauritania project, cette ambitieuse organisation de la diaspora Mauritanienne qui se donne pour objectif d’éclairer l’opinion et les décideurs sur les questions de bonne gouvernance, de rationalité budgétaire, de développement humain et de justice sociale.

 

Un ministère amorphe 

 

Les dernières déclarations du ministre de l’enseignement fondamental, Ahmedou Ould Di Ould Mohamed Radhi, ne vont pas pour rassurer en ce sens, car si les constats rejoignent la plupart des critiques effectuées, les solutions pour les régler sont à des années-lumière: «…Les mesures prises en faveur des élèves visent à créer un espace pédagogique marqué par la concurrence positive et ce en adoptant un prix national pour les premiers dans les épreuves nationales et en organisant des cours de rattrapage pour les moins brillants en vue de limiter la déperdition scolaire. Parmi les mesures prévues en faveur des instituteurs, l’amélioration de leur niveau matériel et moral et la formation continue, et ce en révisant tous les textes relatifs à la vie matérielle et professionnelle de l’enseignant afin de réhabiliter cette noble profession dans tous les milieux sociaux et officiels. Quant aux parents d’élèves dont le rôle est unanimement reconnu, ils sont appelés à redynamiser leurs associations pour accomplir leur mission dans le suivi des études des enfants.» En dehors de l’habituel saupoudrage financier pour les enseignants, les efforts sont essentiellement demandés aux élèves les «moins brillants»; or il ne s’agit pas de cela. «Ce n’est pas une question de cette nature qu’il faut soulever; il n’y a plus de vrais élèves, il n’y a plus de soif d’apprendre de leur part, et c’est cela qu’il faut rallumer comme étincelle, autant chez eux, que chez les parents, car les associations de parents on le sait ne servent strictement à rien. Il faut faire du cas par cas.» analyse un directeur d’école privée.

 

Impliquer les parents, motiver l’élève 

 

Considérant donc toute cette génération comme quasiment sacrifiée, des constats se sont imposés aux yeux de quelques éléments de la diaspora impliqués dans cette crise. «En dehors de cette réforme atterrante de 1999, les trois éléments à redynamiser sont l’implication des parents dans le processus d’apprentissage de leurs parents, la motivation de l’élève, et la remise au cœur du système, de l’enseignant.» constate, Amadou, un jeune étudiant mauritanien «maîtrisard», en France, actif dans le milieu associatif. Pour ce qui concerne les parents, il s’agit de les impliquer davantage dans les études de leurs enfants, à travers un contact constant et régulier avec un étudiant ou un élève brillant, en charge bénévolement de cours particuliers, pour l’élève en difficultés scolaires.

En complémentarité avec les dispositifs existants, la ou les structure(s) qui s’occuperaient de ce bénévolat, «proposerait l’intervention d’un étudiant qui accompagnerait un jeune dans une approche transversale, centrée sur ses difficultés et ses besoins, englobant et dépassant le cadre scolaire (problématiques de manque de motivation, de confiance en soi, d’ouverture culturelle, déficit d’autonomie…).» soutient Amadou.

Cet accompagnement se déroulerait justement en priorité au domicile, afin de favoriser le lien avec sa famille, tout au long de l’année scolaire, à raison de deux heures par semaine (soit 60 heures de bénévolat par an). Le lien unique qui se noue entre le jeune –au-delà de son statut d’élève- et l’étudiant bénévole, produit des effets : des changements sont observés notamment sur l’estime de soi, l’ouverture culturelle mais aussi le travail scolaire et la relation à l’école.

 

MLK 

bibliothèque où l’enfant choisit ses livres avec l’étudiant. Chaque semaine ces temps permettent, au travers de lectures et d’actions ludiques, d’accompagner l’acquisition du langage et d’appréhender les objets culturels avec plaisir. Pour épauler l’enfant au moment charnière de l’entrée au cours préparatoire l’accompagnement pourra se poursuivre au CP (c’est-à-dire se dérouler sur l’année civile de janvier à décembre).

Enfants scolarisés en primaire. La priorité est donnée à l’accompagnement des enfants en CM2 afin de les soutenir à ce moment déterminant de leur parcours que représente le passage en collège et l’apprentissage des codes du collège. L’enjeu de cet accompagnement est le développement de capacités d’adaptation et d’autonomie. Il pourra se dérouler sur l’année civile de janvier à décembre afin de suivre l’enfant du CM2 à son entrée en collège.

Adolescents scolarisés au collège : l’accompagnement vise prioritairement les jeunes en 3eme/2eme. Afin de les aider notamment à faire émerger leur projet d’orientation en se projetant dans l’enseignement supérieur et le monde professionnel. L’accompagnement est axé sur la découverte des ressources du territoire et comprend des sorties régulières (bibliothèque, points information jeunesse…).

Mise en oeuvre

Partenariat

L’action est systématiquement mise en oeuvre et pilotée avec tous les acteurs éducatifs du territoire ( dans l’avenir) : collectivités locales, structures socioculturelles, services de l’Education Nationale, établissements d’Enseignement Supérieur.

Un dispositif structuré est mis en place sur chaque territoire :

o Un projet coordonné par un salarié de l’association

o Un comité de pilotage local.

o Une adaptation du projet aux spécificités locales.

Formation / suivi des étudiants bénévoles.

- Une formation en trois modules est dispensée pour chaque bénévole.

- Il reçoit également un livret d’intervention, des outils de suivi, des fiches de bilan,  du matériel pédagogique à la demande.

- A tout moment, il peut contacter un référent  de l’association. Des temps d’échanges formels et informels lui sont régulièrement proposés

Source : La Tribune n°480




Une chance pour la presse

23122009

« Un bon journal, c’est une nation qui se parle à elle-même ».

Ajoutons : une bonne presse est le signe d’une société en pleine mutation et d’une démocratie battante des ailes. Revenir sur la nécessité d’une presse professionnelle et compétente, le réclamer haut et fort, en faire un cheval de bataille et gagner cette bataille, est primordial. Poser la question avec acuité, est impératif.

Le congrès du syndicat des journalistes mauritaniens qui vient s’achever, est un grand pas de fait dans le chemin de la professionnalisation du métier de journaliste dans ce pays. Il s’agit là avant tout de séparer la bonne graine de l’ivraie, graduellement. J’insiste sur le mot graduellement parce qu’il faudrait un peu de temps pour que le vent souffle sur la  meule de foin non égrenée.  Le moment est venu de savoir qui est réellement journaliste et qui ne l’est pas, de démasquer qui s’en sert à mauvais escient et de reconnaitre qui en fait un métier noble. Voilà le principal défi que doit affronter et relever le syndicat.

Et je pense que c’est une chance en or qu’on doit saisir. Et ce n’est que la première étape d’un long chemin de croix. Un chemin semé d’embuches, sur lequel beaucoup d’obstacles se dresseront inéluctablement et pour lequel beaucoup de sagesse et de professionnalisme, devront être de rigoureusement de mise.

C’est une chance parce qu’on en finirait pour de bon avec les clichés et les stéréotypes dont souffre ce noble métier dans notre pays, un métier qui n’a pas été épargné par les deux horribles décennies de dépravation des mœurs et de prostitution de la conscience collective d’une société qui a peine eu le temps d’ouvrir les yeux sur l’Etat de droit, qu’on vint  la replonger dans les bassesses de l’immoralité.

Saisissons cette chance, professionnalisons la pratique journalistique et allons de l’avant. Ce qui reste est encore éprouvant et plus difficile à accomplir mais l’exigence est telle qu’il s’agit là du destin et de l’avenir d’une presse qui est jusqu’aujourd’hui aux abois et en quête de repères.

Momme Ducros

Source : La Tribune n° 480




Sinthiou réclame ses terres

23122009

 

   

Adama Samba Lao, conseiller municipal  du village de Dioké dans la commune Néré Walo au Gorgol a provoqué une situation de désordre dans la Commune. Il y a un mois, le conseiller est venu   en compagnie d’un occidental pour récupérer nos champs de diéry au profit de son blanc.  Lorsque les vieux de notre village de Sinthiou sont partis le rencontrer à Kaédi pour lui dire qu’il a tord de vouloir récupérer nos champs qu’on a hérités de nos ancêtres à son profit,  il y a eu une altercation entre les protagonistes. Adama Samba Lao a pris l’un des vieux par le col pour le boxer. N’eut été pas l’intervention des spectateurs, il allait sommer le vieux de coups.  

Après cette dispute, le conseiller Adama Samba Lao nous avait dit qu’il se retirait de nos champs de diéry. 

A notre grande surprise, le conseiller Adama Samba Lao est revenu aux environs des mêmes champs de diéry Yaba faire ses travaux champêtres dans un endroit qui s’appelle Toula Mabouby. Cette zone cultivable est encore pour notre village, ce qu’il n’ignore d’ailleurs pas. C’est suite à cet entêtement du conseiller de Dioké que le village de Sinthiou a mandaté quelques responsables dont le chef du village et  l’imam de la mosquée auprès des notables du village de Dioké pour mettre ce litige au clair. Résultat: Adama Samba Lao et quelques personnes du village de Dioké sont en complot pour récupérer nos terres quoi qu’il arrive au profit du blanc. 

C’est dans ces conditions que nous avons immédiatement contacter le maire de la Commune qui n’était même pas au courant. 

Nous avons dit au maire de régler tout de suite  cette affaire. Mais jusqu’à présent rien n’a été, encore, fait. 

C’est pour cela que nous interpellons le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz pour que nous recouvrons nos terres immédiatement avant qu’il soit tard. 

Thierno N’Diaye 

Tidjane Hamady

Source : La Tribune n°480




LA MAURITANIE, MALADE DE SA SOCIETE AUTISTE

23122009

 

  

La rapporteuse des Nations Unies, Gulnara Shahinian vient de mettre le doigt sur la plaie purulente, l’esclavage, de la société mauritanienne. Elle s’est même autorisée à prescrire une potion à ce mal national inguérissable. Mais comme dit encore une sagesse africaine « l’étranger a de gros yeux mais ne voit rien ». Ce qu’ignore notre invité, c’est que la servilité est une pratique coutumière active en tant que telle bien enracinée dans les communautés. Aucun Mauritanien n’éprouve l’émotion de la honte, de la gène à l’entente des mots : esclave, abd…. Tout au contraire, c’est de la fierté, de la dignité que ressent celui qui le distille en publique : avoir des esclaves est signe de noblesse, de grandeur familiale, tribale. Franchement la servilité est une option sociale qui ne heurte ni la conscience des intellectuelles ni celle des Ulemas. Ces derniers plaident d’ailleurs en sa faveur en la référant à des interprétations périmées issues de l’incompréhension des textes islamiques. C’est pourquoi dans l’article intitulé le mal du mâle à Nouakchott que nous avons publié précédemment l’accent est mis sur l’éducation, pièce maîtresse de l’édifice théorique et pratique de la sagesse humaine. La famille est en effet, le lieu où l’enfant apprend des valeurs qu’il appliquera ensuite dans les différents contextes de la vie. L’enfant est donc une copie fidèle de son espace vital. Il devient dans cette perspective légitime de savoir : quel est le sol constitutif des valeurs qui structurent la personnalité psychique du Mauritanien ? Nous introduisons le postulat que si le mauritanien est farouchement attaché à la pratique sociale de l’esclavage et l’érige en unité de mesure c’est qu’il est gouverné dans sa vie quotidienne par un système d’évaluation provenant de la féodalité : sa paresse congénitale, son mépris des activités laborieuses, sa promptitude à faire travailler confirme notre postulat. On dirait que l’épisode du Jardin d’Edén, paradis perdu, infuse à
la Mauritanie son mode d’aperception. En fait, paresse vient de ‘’paresis’’ qui signifie paradis, lieu sans travail. Tout se passe comme si le souvenir de cette séquence des textes sacrés animait inconsciemment le mauritanien. La rondeur qui prédispose les mauritaniennes au repos, le mépris des formes taysonnienne résultant d’un effort physique intense caractérise notre imaginaire populaire et nous pousse à chercher des individus assurant cette fonction de travail pénible. Ainsi la société mauritanienne se fragmente en ‘’despotes’’ et en ‘’Doulos’’, en maître et en esclave. Le premier, pourvu d’intelligence a le don de pouvoir commander au second qui, en raison d’aptitudes physiques, est destiné seulement à être commandé. Ainsi le corps c’est-à-dire l’esclave s’oppose à l’intelligence autrement dit le Maître. La gestion des affaires de la cité mauritanienne a toujours été conforme à cette logique sociale. Nous pensons qu’avec la discontinuité actuelle, le perestroïka, la rupture qualitative inauguré par le président Mohamed Ould Abdoul Aziz, la servilité sera traité comme un ‘’péché’’ et qu’on tentera de redresser cette faute par l’art de l’éducation, donc de l’éveil des consciences, du coup ranger cette pratique sociale dans la vitrine des ‘’idôles’’, des traditions défectueuses, anachroniques implantées à nos esprits par la caverne, la préraison. A nos yeux autant d’idées reçues, autant stéréotypes mis en scène et jouées ont crée chez nous un réflexe discriminateur. Il y’a donc lieu de faire abstraction de ce que les anciens nous ont légués du fait que cet héritage, obsolète, représente souvent un sophisme qui incline a une mauvaise perception de la réalité du temps. En effet, le passé c’est l’irréversible. Le « cela a été » est la pétrification de la contingence d’un présent contre lequel notre vouloir vient s’arc-bouter. Le poids du passé nous écrase. Ce lourd fardeau brise l’avenir des relations sociales intermauritaniennes. Englué dans sa mémoire, le mauritanien n’arrive à se débarrasser de rien. Il regarde vers le passé non pas pour mieux avancer mais pour y rester. Cet enferment autiste morbide, pathogène appelle une cure psychanalytique. Car nous avons un passé différent de notre présent. Nos action d’aujourd’hui esquissent elles aussi un future qui sera différent de ce que nous vivons aujourd’hui. Nous voguons  sur un fleuve dont le cours suit une direction cohérente, unique. Il est impossible que l’eau de ce fleuve remonte à sa source, de rajeunir, de voir revenir par conséquent une période révolue. Il faut se garder de croire qu’il existe des valeurs-momies ! les besoins, les aspirations, les codes éthiques, les désirs humains ne sont pas donnés une fois pour toutes. Chaque période historique a son « langage du bien et du mal », a sa tasse de café ! tout système de vie est limité par « l’air du temps ». La pensée passée est nécessairement relative a un horizon culturel, à un milieu de vie. Ainsi ce qui a été n’est plus. Ce qui est, est destiné à n’être plus. Restons donc attentif a l’instant présent ouvert sur l’avenir, lieu du possible. 

 

SY Alassane Adama 

Philosophe 

 

Source : La Tribune n°480 







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