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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

21122009

 

Aziz est-il un leader ? 

Deux événements marquants : le premier c’est l’ouverture des médias publics à l’opposition et le second  n’est que la nouvelle approche communicative du conseil des ministres. 

La démocratisation du pays est en bonne marche. C’est dans la confrontation des idées que les choses peuvent avancer.  Un nouveau système, semble-t-il, nécessaire pour la stabilité du pays.  Les mauritaniens  sont toujours guidés à être sous  l’influence du  chef bien que  souvent un homme    représentant   dans l’inconscient collectif de la grande partie des pays africains et arabes  un déterminant incontestable, il  est loin d’être un leader. Il a, tout  simplement, raison même s’il ne l’a guère.   C’est ainsi que l’autorité se créait   autour d’un noyau dur  systématiquement individualiste et masculin  au sens ‘négationniste’ du terme.  Certes,  dans des composantes de la société mauritanienne c’est la femme qui  tire les ficelles de la systématisation arbitraire  du pouvoir centralisateur. Toutefois,  elle reste à l’arrière  plan. Elle  est généralement nonchalante quant à la créativité. Ce qui se répercute sur les enfants en bas âge.  Et qui souffre de ce manque de créativité décisionnelle ?  C’est en denier ressort la femme qui se trouve  délaissée  par le mari, le père  et la famille.  En effet, le tout est  affecté par le phénomène de la pauvreté lequel avait été, en fait,  accentué par le manque d’innovation ‘résolutive’ au niveau de  l’exécutif, le législatif et le judiciaire.  Dans cette lancée, tout dépendait  du centre décisionnel  qui façonne les autres déterminants du pouvoir de la manière la plus abjecte.   

Il manquait, par ailleurs, un leader à  ce pays.  Il fallait des secousses et on ne sait point  encore s’il faut d’autres secousses pour que l’exécutif se cantonne  sur ses compétences.     

L’actuel pouvoir en place et surtout le chef de l’exécutif semblent déclencher des processus ayant trait au changement. Les prémices de ce changement se manifestent, en outre,  par ce fameux  concept  de lutte contre la gabegie  que certains  jugent orienté vers l’opposition.  C’est ainsi que cette dernière  a déclaré    que «  les autorités  gèrent  à   leur manière    la lutte contre la gabegie pour l’instrumentaliser ». «  Aziz  favorise l’escalade au détriment des canaux juridiques impartiaux   ». Résume   le président de l’Assemblée  Messoud Ould Boulkheir     

Néanmoins, nous avions  des chefs, mais nous souffrons depuis longtemps de manque  de leader  qui créera par la volonté du peuple des  paradigmes  souvent rejetés par des forces traditionnelles. Maintenant que les choses bougent, la crise de leadership de l’époque  en Mauritanie  impose  un nouveau mode décisionnel  qui peut être qualifié de nouveau.  Espérons qu’il soit efficace.     

m_barrada@yahoo.fr

Source: La Tribune n°478




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

21122009

12 décembre 2009… 12 décembre… 12/12… une date qui peut ne rien vouloir dire pour la plupart de nos compatriotes… pourtant. 

C’est ce samedi 12 décembre qu’aurait dû finir le mandat du président élu le 12 décembre 2003 qui n’est autre que celui qui s’était accaparé du pouvoir quelques 19 ans plus tôt. Quelles différences entre les deux moments !!! 

Le 12 décembre 1984, Moawiya Ould Taya est le sauveur d’une Nation à la dérive. Son arrivée au pouvoir met fin à quatre ans de répressions et de peurs. Elle sonne – cette arrivée au pouvoir – comme un espoir nouveau, une ère nouvelle. Ses adeptes l’appelleront «la restructuration». La population la vivra réellement comme un acte de délivrance, de libération. 

Le 12 décembre 2003, c’est un régime honni, décrié, contesté qui tente de se maintenir à travers une élection qui ne peut avoir aucune crédibilité. Le 8 juin 2003 est passé par là : la tentative des jeunes officiers, même si elle a échoué, aura sonné le glas de l’invincibilité du pouvoir de celui qui a eu le temps d’asseoir un système à lui. Un système qui n’a finalement pas pu sauver son pouvoir. c’est ce qu’il faut retenir de son histoire qui a pourtant façonné la Mauritanie. 

Ne croyez surtout pas que ce que nous vivons actuellement – et ce que nous vivrons probablement pour les années à venir – n’a aucun rapport avec ce passé récent. Tous les maux que nous souffrons à présent et qui empêchent le pays de repartir franchement sont des résidus – des conséquences – de ce passé. En cela il nous intéresse. Pour cela il nous faut nous remémorer le moment. 

Quand il arrive au pouvoir, Ould Taya a tout pour réaliser ses ambitions, pour assouvie nos soifs de liberté, d’égalité et de développement. Libéral occidentalisé, il était détribalisé et pouvait prétendre à faire la guerre aux carcans traditionnels faits d’injustices. Associé au pouvoir depuis le début, il a vu ses collègues militaires tergiverser, agir avec méconnaissance puis fauter. Officier du temps de «’maret enne’ma» (attentat de Néma au début des années 60), ayant servi un peu partout et fini officier des renseignements, Ould Taya est supposé avoir un ancrage social fort. En somme tout pour réussir à concevoir un projet pour la Mauritanie qui suscitera l’adhésion de ses concitoyens et finalement leur bonheur. 

Pouvoir personnel, exclusion des protagonistes, tendances prononcées à l’exercice de l’arbitraire, manque de vision claire… et à terme, un pouvoir qui ne plaît à personne. Ni à ses soutiens qui le vivent comme un poids lourd à porter constamment. Ni à ses adversaires qui lui font la guerre. 

Résultat de 21 ans d’errements qui auront impliqué une grande partie de l’intelligentsia mauritanienne : pillage systématique des ressources du pays, mise au pas de la classe politique et intellectuelle, corruption physique et morale du tissu social… Finalement c’est d’une Mauritanie éclatée, perdue pour elle-même et pour son environnement qu’elle n’a su préserver, affaiblie par le sac de ses institutions… que vont hériter les successeurs de Ould Taya qui ont été ses premiers collaborateurs. Qui portent donc une part de responsabilité dans ce qui s’est passé. 

Le colonel Ely Ould Mohamed Val, le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz puis le Président Mohamed Ould Abdel Aziz… la perception de chacun d’eux dépendra de sa capacité à faire la rupture avec le passé, de se refuser à permettre la reproduction du système qui a mené à la dérive du pays, de remettre la Mauritanie sur ses pieds… 

Nous avons vu pour les deux premiers. Nous sommes en train de voir pour le troisième. 

Il n’a pas besoin de confrontations ni de peines purgées pour faire le solde de ce passé. Pas besoin d’emprisonnements, ni de condamnations pour faire le procès de ce passé. 

Nous avons juste besoin d’une forte secousse pour nous permettre de comprendre que nous sommes allés très loin. Afin probablement de ne pas refaire le chemin.

 

Source : La Tribune n°478




SOMELEC

21122009

 

  

La fronde des temporaires 

 

Les agents techniciens de la SOMELEC, pour la plupart des temporaires, ont lancé mercredi dernier une plainte auprès de leur direction générale, qu’ils somment de régulariser des situations extrêmement précaires, pour une large part d’entre eux depuis des années. Un nouveau pavé, qui pourrait bien griller le fonctionnement régulier de la boîte. 

 

Les pick-up neufs de la SOMELEC, et les couches brillantes de peinture bleues et blanches, dans la quasi totalité des centres de la capitale, cachent mal le malaise de plus en plus voyant de plus d’un millier de «temporaires» de la compagnie nationale d’électricité. Sous ce pseudo, se terrent des années de précarité pour la plus large part des techniciens de terrains de la société. Ces agents qui grimpent régulièrement sur les poteaux, risquant chaque jour des chutes, ou d’autres qui prélèvent les montants de watts utilisés sur vos compteurs, on découvre aujourd’hui que l’essentiel d’entre eux n’est pas salarié, même pas stagiaire rémunéré, ne touchant même pas un ouguiya de la SOMELEC.

«L’ensemble des temporaires représente plus de deux tiers des 1500 travailleurs de la SOMELEC.»  estime pour sa part Mohamed Mahmoud, chef de la centrale syndicale de la SOMELEC, sise à Dar-Naim, et qui coordonne la vague de plaintes individuelles, vite devenues vague de grogne. «Cette situation ne peut plus continuer; on ne peut pas faire travailler des gens, assurer une productivité pour l’entreprise et ne peut se faire payer; c’est moralement indéfendable.» fulmine Mahmoud.

 

Des travailleurs exploités? 

 

«Une armée industrielle de réserve» comme dirait Marx, mais gratuite celle-là. Et pour certains depuis de longues années, comme A. , électricien au centre de l’ilôt C, et qui travaille dans une semi clandestinité, pour le compte de la compagnie, sans rien en retour. Selon lui, cette situation reflète le fonctionnement chaotique, et complètement clientéliste de la boîte. «Je travaille ici depuis quelques années maintenant, et je n’ai jamais reçu un sou de la société. On est donc obligé d’avoir recours à un système D qui consiste à fidéliser les clients de la boîte, et «faire des affaires» avec eux. C’est de là qu’on tire nos revenus pour compenser les revenus qu’on ne nous verse pas.» explique-t-il malicieusement. Une situation qu’il digère mal, comme un de ses collègues planté à côté de lui, qui a entendu la discussion, et qui en profite pour vider son sac. «C’est d’autant plus injuste que les emplois fictifs sont nombreux à la SOMELEC; des agents, salariés qu’on ne voit jamais, et qui ne viennent qu’à chaque fin de mois réclamer leurs salaires. Ces sommes importantes pourraient être plus utiles à rémunérer les véritables agents de terrain comme nous, sur-exploités, sans salaires, avec des promesses récurrentes d’embauche, jamais tenues.»

 

«Assainissement en cours à la SOMELEC» 

 

Au siège de la direction, les paroles sont plus contrastées. Son chargé de communication, Dahane Ould Ethmane, n’est pas étonné outre mesure par ces réclamations, ni inquiété. «Ces réclamations interviennent dans le cadre du programme des autorités d’assainissement global des entreprises publiques, et bien au-delà. Au niveau de la Somelec, nous travaillons actuellement aussi à cela.» dit-il sereinement. «Mais cette histoire de centrale qui porte plainte, c’est la même histoire que la chèvre du prophète qui n’a pu l’être par manque de couteau, et qui finalement va chercher elle-même l’objet pour se faire égorger.» conclut-il amusé. Car, rappelle-t-il, le programme de restructuration et d’assainissement des dépenses publiques, et qui touche toutes les structures publiques de l’état, dont la Somelec, concerne entre autres le sur-effectif récurrent dans les entreprises publiques mauritaniennes. Et la Somelec, semble-t-il ne sera pas épargné non plus. Reste à savoir, si ce sont les bras utiles qui seront gardés.

 

MLK 




Lutter contre le cancer en Mauritanie

21122009

 

Il existe en Mauritanie une association dénommée AMVCG (mieux vivre avec le cancer gynécologique). Créée en 2007, elle  à déjà entrepris plusieurs campagnes d’information, de sensibilisation portant sur l’intérêt du dépistage précoce du cancer gynécologique.

Des journées de dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus ont été organisées à Nouakchott et à Rosso en 2008 et 2009. Ces journées ont donné l’occasion à la distribution de dépliants sur l’autopalpation du sein.

Par ailleurs, à l’instar des associations de lutte contre le cancer du sein dans le monde l’AMVCG à organisé durant le mois rose (octobre) des séances de sensibilisation dans 7 moughataa de Nouakchott (Sebkha, Teyarett, Araffat,  Riad, Ksar et EL Mina). Le mois d’octobre est ainsi appelé car c’est celui au cours duquel est célébrée la journée mondiale du cancer à travers le monde ; journée durant laquelle on porte un ruban rose en symbole de solidarité avec les malades du cancer du sein.

216 femmes  âgées de 25 ans et plus ont été touchées directement par l’équipe de sensibilisation et 100 jeunes filles du collège El Mina 2. Cette année
la Mauritanie à participé à la rencontre inter -Etats  francophones de l’Afrique de l’ouest dans le cadre de la formation des formateurs en communication «  sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, soins palliatifs et prise en charge de la douleur ». Cette rencontre de 5jours (du 1er au 5 décembre) au Burkina Faso entre dans le cadre du renforcement des compétences des soignants en matière de soins palliatifs.

A l’heure actuelle, la sensibilisation et le dépistage précoce restent le seul moyen efficace pour limiter les dégâts. C’est la raison pour laquelle l’AMVCG souhaite continuer ses activités pour toucher le plus de femmes possible à Nouakchott et en milieu rural. Pour la présidente de l’association, Madame  Aissa Fall l’objectif à long terme de cette campagne d’information est que 80 % des femmes puissent faire l’autopalpation du sein et de pouvoir se dépister à temps ! 

L’autopalpation du sein est une méthode empirique qui permet à la femme de contrôler la santé de ses sein après ses menstrues. Elle consiste à faire des mouvements circulaires par la main sur le sein en vue de détecter d’éventuels enfilements. Ceci permet de prévenir les infections à temps et en amont.

Dans le monde, le cancer du sein et du col de l’utérus comptent parmi les plus fréquents, en fonction du nombre de décès au niveau mondial. En effet le cancer du sein tue 400.000 femmes environ sur 1 million de nouveau cas par ans. Tandis que celui du col de l’utérus tue annuellement 290.000 femmes dans le monde. Ce pendant c’est en Afrique que l’on recense le plus de décès. En Mauritanie, l’absence de données statistiques fiables sur le cancer (registre de cancer) ne facilite pas l’évaluation de la population atteinte de cancer. Ce pendant en se basant seulement sur les évacuations sanitaires à l’étranger 42 % sont dues au cancer avec  27%  de cancer gynécologiques : seins et col de l’utérus. Ce qui atteste d’une évolution croissante de cette maladie avec un cout élevé qui représente la moitié du cout total des évacuations sanitaire à l’étranger soit 1,5 milliard UM. De ce fait un centre national d’oncologie (CNO) a été créé à Nouakchott en 2008, pour une meilleure prise en charge des malades atteints du cancer. Ces soins curatifs en plus du CNO sont dispensés dans d’autres structures sanitaires comme le CNH et l’hôpital Cheikh Zaid. Dans notre pays des associations de lutte contre le cancer se mobilisent depuis un certain temps pour attirer l’attention sur cette maladie qui fait partie des maladies émergeantes non transmissibles, occupant une place importante dans la politique nationale de santé. En effet ces associations participent activement à la sensibilisation sur ce mal qui ne peut être combattu efficacement que par le dépistage précoce. Malheureusement ce n’est pas le cas chez nous car les malades ne viennent à l’hôpital qu’a un stade avancé de la maladie. Le cancer est une cause majeure de décès dans le monde (7,9 million de décès en 2007). Environ 72 % des cancers enregistrés en 2007 se sont produits dans les pays à faibles revenus.

Feinda Traore.    

Source : La Tribune n°478    




Autant en emporte la ‘vague rectificatrice et correctrice’

21122009

  

S’il faut percevoir l’affaire dite  des hommes d’affaires selon une mentalité qui n’exige nullement que le pouvoir judiciaire se montre indépendant et non influençable, il est clair que Mohamed Ould Abdel Aziz, « président des pauvres » donne l’impression de ‘venger’ son ‘peuple’ contre ceux qui, à ses yeux lui ont infligé trente ans de misère et se sont enrichis à ses dépens.   

La verve avec laquelle le général, alors seulement président du HCE et chef de l’Etat en pré campagne électorale, s’en prenait à ses adversaires entre août 2008 et juillet 2009 pouvait ressembler à une volonté de mettre le paquet pour mieux convaincre dans une compétition serrée …Mais, une fois élu, voilà le nouvel homme fort de
la Mauritanie se montre fonceur. Promesse de campagne à honorer ou désir de régler ses comptes avec ceux qui lui avaient préféré d’autres,  le tombeur de Sidi  fait prendre à la lutte contre la gabegie une allure surprenante. Aux yeux de presque tous les mauritaniens, du reste. Qui aurait cru, en effet, qu’un jour de grands hommes d’affaires se verraient « infliger une correction » pour avoir joui d’avantages que le pouvoir –ou plutôt le système- leur accordait ? Personne. 

Nous voilà alors confrontés à la réalité. Comme sortis d’un sommeil dogmatique, nous  assistons à un bras de fer entre le pouvoir exécutif et des hommes qui se croient accusés à tort dans une affaire de transfert illicite de fonds. 

Et  sans que l’on ne puisse déterminer les prérogatives du pouvoir judiciaire dans cette affaire, il ne se trouve personne pour se demander pourquoi, puisqu’il faut restituer à l’Etat ce qui lui a été pris, on n’y va pas avec le radicalisme qui s’impose ? 

Ceux qui défendent les hommes d’affaires contre le pouvoir devraient bien exiger que la lumière soit faite sur d’autres faits qui ont mis ce pays à genoux : le sort des banques de l’Etat (UBD, BIMA) tombées en faillite juste avant l’émergence de nouveaux milliardaires dans ce pays. Il faudrait avoir le courage de pousser les autorités à approfondir les investigations sur la faillite d’Air Mauritanie, sur ce qui s’est passé pour que
la SMAR mette la clé sous le paillasson, pour que
la SOMAGAZ soit à bout de souffle ! Il faut oser inviter le Président de
la République à aller plus loin dans sa bataille contre la gabegie. Lui demander, puisqu’en définitive il se pose en justicier déterminé, de permettre aux mauritaniens de comprendre pourquoi en matière de facilités bancaires, douanières, de monopole de ceci ou de cela en matière de commerce, il y a eu des privilégiés entre 1960 et maintenant. 

A moins que les gens n’aient peur d’être emportés par la ‘vague rectificatrice et correctrice’, ils ont intérêt à inviter Ould Abdel Aziz et son équipe, ainsi que tous ceux qui sont à des postes de responsabilités sensibles en termes de gestion des biens publics, à faire une déclaration de patrimoine ; à faire auditer la transition de 2005-2007, etc. 

Voilà le combat que l’on demande à l’opposition de faire. Au lieu de s’apitoyer sur le sort de deux ou trois très riches hommes d’affaires, cette opposition devrait prendre le pouvoir au mot et l’obliger à aller de l’avant dans une entreprise dont le principe est recevable même si la méthode laisse à désirer. 

Kissima

Source: La Tribune n°479




Budget 2010

21122009

 

  

Les infrastructures pour booster l’investissement 

 

Le budget mauritanien pour l’année 2009-2010, en discussion dans les deux chambres des représentants met le paquet sur l’actualisation et la création d’infrastructures pour favoriser et aimanter les investissements directs étrangers. 

 

 

«Dans la situation économique actuelle, la levée de ressources financières pour satisfaire les énormes besoins de l’Afrique en infrastructures constitue un défi majeur. Cependant, sans ces ressources, les gouvernements africains auront beaucoup de difficultés à rattraper les autres régions du monde.» assurait récemment Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique. A défaut, des crédits nécessaires à moyen terme, ne compter que sur ses propres ressources d’abord, et bien les placer. C’est cette option que la Mauritanie semble suivre à court terme, en ayant présenté le mois passé, au parlement mauritanien un projet de budget pour l’année 2010, qui fait la part belle au développement des infrastructures. Au total, entre les réseaux de transports, les centrales électriques et les ports, le budget présente 15% d’allocations à l’amélioration ou création d’infrastructures, selon les cas. «Une meilleure infrastructure pourrait augmenter de 40% la productivité de nos entreprises, selon la plupart des études. Prenez l’exemple d’une entreprise de produits frais comme Tiviski: elle doit pouvoir gérer en toute quiétude une chaîne de froid pour subir le moins de pertes sur le chemin, et pour présenter au client la meilleure marchandise possible; or pour l’heure, avec un défaut marquant de routes entre le no man’s land du centre mauritanien et les principales villes, des pertes importantes sont constatées. Pertes qui pourraient largement être minimisées, avec de meilleures infrastructures de transports» expose longuement un analyste du ministère des affaires économiques.

 

Les infrastructures apportent les investisseurs 

 

Le budget d’un milliard de dollars américains pour 2010 (soit +3,70% par rapport à 2009) adopté par le gouvernement traduit donc la volonté du nouveau pouvoir de maintenir la dynamique de poursuite des efforts visant «la relance de l’activité économique en vue d’atténuer l’impact de la crise sur les finances publiques grâce au renforcement de l’efficacité de la dépense publique et une allocation optimale des crédits budgétaires». Cette relance passe par une meilleure productivité des entreprises nationales, via l’optimisation des infrastructures, mais ces dernières doivent aussi permettre d’attirer beaucoup plus d’investissements directs étrangers. Et entre les européens, les pays du Golfe, et les asiatiques, les potentialités sont encore nombreuses.

L’Europe, malgré les efforts de ces cinq dernières années, reste tout de même lente à investir chez nous. «L’éthique commerciale est différente de ce à quoi les entreprises européennes sont habituées. Les infrastructures constituent un autre problème. Cela concerne bien sûr les infrastructures de base, les routes, les services postaux etc., mais pas seulement. Les entreprises européennes expriment aussi leur inquiétude vis-à-vis de l’état des infrastructures télécom.» développe Nic Cantuniar, directeur des ventes Europe de l’opérateur Cable&Wireless, qui offre ses services aux entreprises qui bravent la barrière des infrastructures, notamment en matière de télécoms.

 

MLK 




Conférence de Copenhague

21122009

 

  

Les pires scénarios catastrophes, pour les pays en développement 

 

La conférence de Copenhague a commencé la semaine dernière. Les changements climatiques sévères dus, selon la majorité des scientifiques y est évoqué, ainsi que ses éventuelles et très probables conséquences humanitaires, notamment pour les pays en voie de développement, que les état se doivent d’anticiper, et y sensibiliser leurs populations, très largement laissées en marge de cette question cruciale. 

 

Pour beaucoup d’observateurs, particulièrement ceux engagés, le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, «nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas».

Ces paroles ne sont pas vaines à moyen terme pour nous autres de l’hémisphère sud, particulièrement. S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Écosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans, etc.. Les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique sub-saharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les «réfugiés climatiques».

 

Le cadet des soucis de nos populations, et pourtant… 

 

En Mauritanie par exemple, la participation et la contribution du gouvernement mauritanien à cette rencontre ont été préparées par un comité interministériel de sept membres sous la présidence du Premier ministre. Le Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé de l’Environnement et du Développement Durable, Dr. Idrissa Diarra a donné instruction pour la finalisation de l’ensemble des éléments de préparation à la participation à la 15ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, prévue du 7 au 18 décembre prochain à Copenhague au Danemark, où elle est présente.

Cette débauche de communication du gouvernement mauritanien, par rapport à l’importance de l’événement cache mal tout de même la question la plus cruciale de la sensibilisation de notre population et des populations du sud plus généralement sur cette question. Pour beaucoup, les priorités sont ailleurs; on a déjà assez à faire avec la pauvreté et tous ses corollaires, les luttes politiques intestines, qui captent toute l’attention nationale, et tellement d’autres déboires. En ce sens, percevoir la crise climatique comme un problème abstrait, ne peut pas être vraiment reproché, au citoyen lambda, qui ne sait pas en ces temps de crise, si il arrivera à boucler sa fin de mois. Alors réfléchir à dans cinquante ans…

Pourtant, de ce côté du monde, nous sommes ceux qui paieront le prix le plus élevé de cette catastrophe que nous n’avons pas provoqué, et à laquelle, avec nos faibles économies sous-industrialisées nous ne participons même pas. Mais pourtant, ironie (encore) du sort, nous devons être de ceux qui doivent le plus y penser, car les effets les plus crus seront sur nos épaules. Le niveau des eaux prévus à la hausse, il n’est improbable, loin de là, de voir d’ici quarante ans, la côte nouakchottoise grignotée jusqu’à la Socogim plage.

 

MLK 

 

Encadré:

 

Copenhague: prémisses d’une véritable prise de conscience? 

 

La conférence de Copenhague appelée COP 15 se tient du 7 au 18 décembre 2009. C’est la réunion annuelle des représentants des pays qui ont ratifié la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique. Conformément à la feuille de route adoptée lors de la COP 13 à Bali, elle devrait être l’occasion, pour les chefs d’État et de gouvernement, de renégocier un accord international sur le climat qui remplacera le Protocole de Kyoto qui doit prendre fin en 2012.

Cent soixante-dix pays enverront des représentants de leur gouvernement.

Les scientifiques du monde entier se sont rencontrés dès mars 2009, dans cette même capitale, pour mettre en commun les connaissances les plus récentes sur le changement climatique. Ils se sont montrés très alarmés sur l’état de la planète qui exige de prendre des mesures. «Les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites», a affirmé le comité scientifique de la conférence.




Tourisme

21122009

 

  

Le Sahel et la Mauritanie à l’épreuve du «terrorisme» 

 

Pour Maurice Freund, fondateur de Point Afrique, ce qu’on présente comme «terrorisme» est tout simplement du grand banditisme. 

 

 

Les Afriques : Vous êtes le premier tour-opérateur européen intervenant en Mauritanie, au Mali et au Niger. Comment gérez-vous aujourd’hui le risque sécuritaire dans ces pays? 

 

Maurice Freund : C’est un problème qui nous affecte directement. Ainsi, depuis le premier août, nous avons déprogrammé le Nord du Mali. En accord avec les autorités, nous avons décidé de rester à Mopti et à Bamako. On a été contraint d’abandonner Gao, notre route historique. L’insécurité forte qui y règne ne nous permet pas de rester. D’ailleurs, on a l’impression qu’il y a une complicité entre certaines populations locales et ce qu’on appelle Aqmi. Pour ma part, je pense que ce qu’on présente comme terrorisme est tout simplement du grand banditisme. En ce qui concerne le Niger et Agadez où je connais des leaders, y compris parmi les rebelles, on nous avait donné des assurances sur le plan sécuritaire. Cela dit, le Ministère français des affaires étrangères déconseille le Niger, le Mali et la Mauritanie.

 

LA : Comment percez-vous la situation sécuritaire dans la région de Mauritanie que vous desservez ? 

 

MF : Nous emmenons des touristes dans l’Adrar depuis des années. Je connais bien la région. Les populations sont favorables. D’autre part j’ai vu les autorités mauritaniennes et françaises sur place. Je leur ai dit que, pour moi, la Mauritanie est sécurisée. J’ai eu gain de cause auprès de différents responsables pour obtenir des garanties. C’est effectif depuis le 20 octobre. Le gouvernement mauritanien m’a donné toutes les assurances quant à la sécurité des randonnées. Les déplacements touristiques seront encadrés par des militaires équipés de balises. Les campements et bivouacs se feront à proximité des brigades. Les guides recevront de leur côté une formation adéquate pour être des auxiliaires de l’armée.

 

LA : Qu’en est-il aujourd’hui des statistiques touristiques en Mauritanie ? 

 

MF : Sur les saisons 2006, 2007 et 2008, nous tournions en moyenne autour de 10 000 touristes sur Atar avec trois avions. Les incidents des quatre touristes français assassinés à Aleg ont affecté cette tendance. L’annulation du Paris-Dakar qui s’en est suivie a été une catastrophe pour l’image de la destination. Malgré cela, nous avons maintenu les vols en janvier, février et mars 2008. La saison 2007-2008 s’est bouclée avec 4000 touristes. Sur 2008-2009, le relais aérien a été repris par la Somasert avec un avion de Transavia. Ils ont emmené 1080 touristes et ont donc perdu 600 000 euros dans l’opération. Vu la perte, Somasert a décidé de ne pas reconduire son programme sur 2009-2010. Point-Afrique se repositionne donc avec un produit nouveau. Nous faisons Paris -Saint Louis et Atar-Paris. La disparition d’Air Sénégal nous oblige à assurer le volet aérien sur tout le périple.

LA : Comment réagissent les touristes par rapport à cette nouvelle offre ? 

 

MF : Les inscriptions sont bien reparties. On dépasserait facilement 5 à 6000 touristes cette année pour la Mauritanie, 45 000 pour l’ensemble du Sahel via Point-Afrique. Evidemment, l’enlèvement des trois touristes espagnols est un coup dur pour l’activité. Mais restons positifs car même le Ministère français des affaires Etrangères a changé de position. Cette instance ne déconseille plus tout à fait la destination mais exige des guides professionnels.

 

LA : En tant que professionnel, que faudrait-il à la destination Mauritanie pour rattraper son retard par rapport à ses voisins ? 

 

MF : Il faut d’abord une stabilité politique. Ensuite, un assainissement du secteur touristique. L’actuel ministre chargé de la tutelle a entrepris tout un programme de réformes qu’il faut encourager. Les différents partenaires, comme l’AFD qui a consacré 1,5 millions d’euros dans la formation de guides, suivent les évolutions avec intérêt.

 

LA : Est-ce que le tourisme bénéficie aux populations locales ? 

 

MF : Pour vous répondre, je vous renvoie à une étude du PNUD sur le taux de prévalence de la pauvreté dans l’Adrar. De 57% en 1996, ce taux est tombé à 24% maintenant, soit une diminution de moitié.

 

MBF pour www.lesafriques.com 




ACTU/REGIONS

21122009

Rosso : Séminaire sur la scolarisation des filles

L’école de Rosso 3 a abrité les 10,  11 et 12 décembre un séminaire au profit de 23 enseignants venus  toutes les écoles de la ville. Le thème portait sur la scolarisation des filles notamment le défi  de leur  rétention dans les internats loin de leurs résidences familiales et la fréquentation des filières scientifiques dans les écoles. 

Le séminaire organisé par l’ONG Santé Sans Frontières du Dr Ly Ciré a permis aux enseignants  de se pencher sur la problématique de la scolarisation des filles et de leur maintien à l’école. Après une présentation du thème, les enseignants  ont travaillé en ateliers pour faire un état des lieux en passant en revue tous les problèmes  socio-économiques qui  constituent une entrave à la scolarisation des filles avant de dégager des pistes de solutions.

En marge de ce séminaire, Santé Sans Frontières a organisé dans les locaux de la commune de Rosso un atelier de sensibilisation sur le Sida au profit de 37 adolescents.  Au cours d cet atelier, Dr Bakar médecin chef du dispensaire de Rosso a pu expliquer aux jeunes tous les aspects de ce fléau,  les moyens de se protéger  et les traitements possibles.

Richard Toll : Séminaire sur le Genre et la macro économie

AWOMI (African Women Millenium Initiative on Poverty and Human Rights) organise du 3 au 6 janvier prochain, un séminaire sur le thème genre et macro économie. Ce sera à Richard Toll (Sénégal).

L’objectif de ce séminaire est de rassembler les organisations communautaires de base (femmes et jeunes)  pour  échanger sur les relations entre le genre et les questions macro économiques. Plusieurs journalistes de la sous région sont invités à l’atelier. Ils auront notamment à définir  une stratégie de plaidoyer afin d’amener les gouvernements à rendre compte des engagements pris au nom de la communauté.

AWOMI est une ONG lancée au Kenya en 2005 et basée  à Dakar. Elle a été créée  parce que malgré le fait que beaucoup de gouvernements africains ont signé de nombreux instruments juridiques propres à protéger les femmes, la situation de ces dernières na pas beaucoup changé en Afrique.

 

Hodh El Gharbi 

 

La vie des ‘’yagharate’’ à Aioun

Yagharé vaut dire femme en soninké et yagharate, son pluriel  en hassaniya . Le terme est collé aux  femmes qui viennent de
la Moughata de Kobeni et du Mali. Elles sont majoritairement  soninkés. On compte parmi elles une minorité de peuhles.

Chassées de leurs lieux d’origine par la pauvreté, elles viennent se réfugier en ville à la recherche d’un emploi domestique pour trouver de quoi vivre et aider leurs parents restés dans les hameaux.

A Aioun elles se regroupent en foyers suivants leurs lieux  d’origine. Et leur point focal est le quartier Marquez.

La vie de ces pauvres femmes est très misérable : s’entassant dans des maisons totalement délabrées où le meuble est quasi inexistant et la nourriture est maigre.

La nuit, ses foyers se caractérisent par le trop plein de brouhaha, des éclats de rire et parfois la musique mandingue sonne tandis que le jour le silence de cimetière  règne .Chacune vaque à son boulot et d’autres circulent dans la ville pour chercher à effectuer des travaux ménagers : faire la lessive la vaisselle, le balayage  etc.

Les plus aisées de ces femmes sont celles qui travaillent comme’’ binédane’’ avec des salaires de misère ou de pitance. Dans ces maisons elles sont victimes de surexploitation (tache dépassant largement le gain) .Leurs employeurs n’ont ni  considération ni  pitié  à leurs travers : maltraitées, accusées de vol, retard de salaire et parfois exploitées sexuellement.

Des pauvres femmes sans aucune défense subissent de maltraitance de la part des personnes sans âmes et pitié 

L’autre frange, de l’aube au crépuscule se  faufilent entre les maisons pour se procurer  de boulots temporaires afin d’éliminer  l’oisiveté et rentrent à la maison  avec quelques centaines d’ouguiya .Mais parfois certaines rentrent bredouilles  comme l’affirme A. D. ‘’ parfois tu fais le tour de la ville sans rien trouver ‘’

 Une question sur la gestion de leurs gains, la réponse et presque unanime ‘’ après avoir enlever ce qu’on doit manger et envoyer nos parents une somme pour les soulager, le reste est gardé. Cette somme économisée est destinée à l’achat des habits ou servant l’argent de poche une  fois de retour au village.

Notons que dès la première pluie, la majorité  de ces femmes  retourne à leurs fiefs pour constituer la main d’œuvre champêtre .C’est le retour au terroir. 

Ce qui est plus triste est que cet exode n’a pas épargné les jeunes filles (moins de douze ans) qui devraient être à l’école.

Adama Sy cp  Hodh El Gharbi

Source : La Tribune n°479 




African Leadership Academy

21122009

 

 A la recherche de l’excellence 

 « Parfois un rêve qui se réalise peut servir de rampe de lancement pour un autre rêve, plus lointain, plus ambitieux encore. » Tel est le cas de African Leadership Academy (ALA), une école qui se propose de réunir les meilleurs talents du continent africain, et d’en faire les leaders africains de demain. Un ambitieux projet qui n’a pas laissé indifférent, Mohammed Echkoune  , jeune Mauritanien   de 18 ans, originaire de Nouakchott. Il n’a pas hesité  avant de rejoindre l’école dès sa première année d’existence, plutôt qu’ au lieu  d’attendre d’avoir son bac mauritanien . Il déclare néanmoins ne regretter aucunement son choix. Car il  s’est  retrouvé dans un cadre agréable avec des équipements  modernes, et des professeurs ouverts, accessibles et performants. Quoi de mieux pour aller à la rechercher de l’excellence ? 

Cependant, il ne s’agit que d’un point de départ pour un rêve plus grandiose encore: grâce à un programme innovant de deux ans, et une équipe pédagogique de haut niveau , l’objectif n’est rien  moins que de lancer la transformation de l’Afrique en continent moderne et développé, en misant sur ce dont ce dernier manque le plus cruellement: des dirigeants et des entrepreneurs capables d’assumer cette mission.   African Leadership Academy a ouvert ses portes, le 3 september 2008, à 97 éleves, dont un nombre quasiment égal de filles et de garçons, venant de 29 pays africains. La première promotion de l’école est arrivée dans le noveau campus hyper-moderne de Johannesbourg, en Afrique du Sud où elle suivra toutes sortes de cours intensifs dans le but d’en faire un crème intellectuelle pour le continent, crème qui aura la capacité de constituer un leadership fiable pour gérer et developper le continent. 

   Fred Swaniker, l’un des fondateurs de l’école, d’origine ghanéenne, responsable de la vision et des relations avec les bienfaiteurs, résume ainsi la mission de ALA: “La plupart des pays africains ont raté la coche parce que nous n’avons pas su mettre nos richesses naturelles et humaines à profit pour propulser le développement du continent. En particulier, nous avons manqué des réseaux et de la volonté nécessaires pour faire émerger de grosses entreprises panafricaines, telles qu’on en voit en Europe et en Asie. D’où la nécessité d’une école qui rassemble de jeunes talents venant de toutes les régions d’Afrique, des jeunes passionés qui soient prêts à donner l’impulsion nécessaire dans de nombreux domaines, des maths à la médecine en passant par le sport, la politique et l’entrepreneuriat.” Les professeurs, eux-mêmes originaires de plus d’une dizaine de pays, ont étés choisis a l’issue d’un processus de sélection  rigoureux . 

 

Ces derniers  préparent  les étudiants d’une part aux A-levels, il s’agit là de diplômes proposés par la prestigieuse université anglaise de Cambridge et reconnus internationellement, mais aussi a une partie originale conçue sur mesure pour le dirigeant africain de demain. Selon Chris Bradford, co-fondateur d’origine Américaine, responsable de sa conception et de sa mise en oeuvre, le programme scolaire se différencie de celui d’autres établissements internationaux , « il mets  mettant l’accent notamment sur le leadership, l’entrepreneuriat et les études africaines. Ainsi, nous cherchons à former des étudiants qui soient à même de concevoir et mettre en oeuvre des solutions aux défis les plus pressants du continent africain. ».  Ce programme est appuyé par des activités extra-scolaires comprenant des activités sportives, culturelles, scientifiques et sociales. De plus, un programme de conférences accueille tout au long de l’année des conférenciers et des animateurs d’atelier de renom international, dont des chefs d’entreprises, des dirigeants politiques, et des experts intervenant dans des domaines aussi variés que le journalisme et la mécanique quantique. 

Autre différence frappante, ALA est une organisation à but non lucratif, financée presque exclusivement par des dons de personnes physiques ou morales ou d’organismes convaincus par la mission de l’academie. L’admission à ALA est donc basée exclusivement sur le mérite, exigeant seulement en contrepartie de ses étudiants qu’ils reviennent, une fois leurs études supérieures terminées, travailler sur le continent . 

Une véritable réponse à la fuite des cerveaux dont souffre cruellement le continent africain et constitue un frein au développement et au progrès tant attendus. 

Momme Ducros.

Source: La Tribune n° 479







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