Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

7 12 2009

La semaine dernière… pesante… oppressante… inquiétante. 

En Mauritanie, c’était l’enlèvement de trois humanitaires espagnols. En Suisse, c’était le référendum qui a fini par permettre l’interdiction de la construction de nouveaux minarets dans ce pays jusque-là exceptionnel. En Palestine, ce furent ces images insoutenables d’un Arabe percuté par un colon en voiture, puis la voiture qui fait volontairement plusieurs passages sur le corps de la victime, et enfin le refus des colons de le laisser bénéficier des soins d’urgence. Enfin aux Etats Unis, c’est le Président Obama, désormais Prix Nobel de la Paix, qui décide l’envoi de nouveaux contingents en Afghanistan… 

Ces événements ont un lien. Celui de la bêtise humaine, du refus de l’Autre et de l’ignorance instituée en idéologie. Prenons deux à deux ces événements. 

En Mauritanie, une organisation criminelle, vraisemblablement se réclamant du jihadisme salafiste qui enlève des humanitaires venus aider des populations de plus en plus seules dans leurs souffrances. En s’en prenant à eux, les agresseurs veulent frapper les esprits, avoir la possibilité de marchander avec l’ennemi occidental, et en même temps affaiblir la Mauritanie d’aujourd’hui. Cette Mauritanie qu’ils combattent et qu’ils assimilent à l’ennemi principal. 

La légitimité de leurs actions trouve sa source dans des comportements comme celui qu’on a observé en Suisse. Ici, les extrémistes de droite et d’extrême-droite ont réussi à installer la peur vis-à-vis de l’Islam. Si bien que la décision populaire a été d’interdire la construire de minarets. Imaginez un peu que, dans les pays musulmans, on interdise les clochers d’églises, quelle peut être la réaction des pays dits «libres» ? 

L’arrogance meurtrière des colons israéliens trouve sa raison dans la complicité américaine et occidentale en général. Au lieu de comprendre que l’heure est à la pression sur les oppresseurs, l’Amérique du Président Obama choisit la recrudescence dans sa détermination guerrière. Il envoie quelques 35.000 soldats en Afghanistan pour écraser la résistance afghane et exterminer les dernières poches de la nébuleuse Al Qaeda de Ben Laden. Exactement les relents guerriers de Georges W. Bush, prédécesseur de Barack Obama. 

Le vote suisse, les images de Palestine et la politique guerrière des Etats-Unis sont le pendant des dérives extrémistes de chez nous. Les extrémismes se justifiant les uns les autres. 

On ne peut mesurer l’impact sur nous, sur nos enfants de telles images, de telles prises de position. Et c’est pourquoi, il nous a été difficile de traiter ces questions la semaine dernière, alors qu’elles se posaient. On pouvait risquer de faire l’amalgame de donner l’impression que l’acte criminel de rapt peut être justifié par une quelconque explication du fait. 

Ce que nous savons c’est que l’extrémisme de chez nous est largement alimenté par celui qui existe en Occident. Que la guerre que mène les jihadistes pour couper les ponts avec l’Occident, que cette guerre a pratiquement été gagnée dans la mesure où les espaces de dialogue, les occasions de rencontre sont de plus en plus rares. Il suffit de voir les dispositifs sécuritaires des représentations diplomatiques de Nouakchott. De voir aussi les directives officielles aux ressortissants de ces pays de diminuer leurs sorties, leurs contacts, leurs déplacements… autant dire leurs relations avec les populations de nos latitudes. 

Du coup c’est bien le contact entre nos deux mondes qui s’en trouve affecté. D’où la sensation que quelque part Al Qaeda a réussi. Plus le temps passe, plus la bêtise prend le dessus, plus on se tourne le dos. 

Au lendemain de l’assassinat de l’Américain à Nouakchott, la première décision a été le retrait des volontaires du Corps de la Paix. Quel plus grand prix pour les terroristes ? 

Au lendemain de l’assassinat des touristes français à Aleg, le Quai d’Orsay a classé la Mauritanie dans la case des pays à risque et demandé aux ressortissants français de s’abstenir de se rendre ici, avant d’annuler le Rallye Lisbonne-Dakar. Quels meilleurs prix pour les terroristes ? 

Si demain l’Espagne procédait aux mêmes mesures, que va-t-on faire ou dire ? 

D’un autre côté, comment nous pouvons laisser des déviants s’approprier notre pays et nous refuser le droit de dormir tranquillement, de nous développer, de nous épanouir ? Jusqu’à quand nous allons nous laisser asphyxier par ces extrémistes qui n’ont d’autre projet pour nous que celui de l’idéologie de la mort ?

Source : La Tribune n°478 


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