Affaire BCM :

24 11 2009

 

 Le remboursement serait-il la solution ? 

 

 

Moins d’une semaine pour régler l’un des aspects du problème soulevé par l’enquête ouverte à la suite de la plainte déposée par la Banque Centrale de Mauritanie contre son ancien patron, Sid’El Mokhtar Ould Nagi. Les supposés bénéficiaires des virements ont accepté le principe du remboursement. Tandis que le principal accusé dans cette affaire est l’objet d’un billet d’écrou. Cela clôture-t-il l’affaire de la BCM ? 

 

Tout commence en décembre 2004, quand le nouveau gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie, Zeine Ould Zeidane diligente une enquête sur les mouvements du fameux compte d’ordre N°5702900 destiné à l’origine à recevoir les opérations à régulariser. Un compte dont on a beaucoup parlé quand Conscience et Résistance, organisation clandestine à l’époque, en a divulgué les mouvements pour l’année 2000. On se souvient encore du tollé soulevé à cette occasion. Le rapport d’inspection tombe le 5 décembre. Il décèle des transferts opérés au profit de sociétés et de particuliers de la place. Au total 10,3 milliards qui seront ‘réactualisés’ à l’occasion d’un nouveau rapport réalisé en septembre 2009. 

En effet, au lendemain de l’élection présidentielle, la promesse de faire la lumière sur le dossier exposé lors de la campagne, cette promesse devait être tenue. Le nouveau rapport fait état du transfert de plus de 15 milliards qui, dans un premier temps seront majorés par les intérêts (11%), puis pondérés pour être ramenés à un peu plus de dix milliards. Les virements ont été opérés à partir du compte destiné à recevoir la contrepartie versée par l’Union européenne pour la pêche (compte N°3001135) dont les mouvements nécessitent l’autorisation du ministre des finances. Alors pourquoi le ministre des finances de l’époque n’a pas été entendu ? 

Cette manne se répartit comme suit : 3,9 milliards ont été transférés à travers la BNM au profit de comptes destinés à «l’achat de paddy» et à un «compte spécial achat de riz» ; les établissements MAOA auraient reçu 4,5 milliards par le biais de la BAMIS et un compte de la GBM ; la BADH a pour sa reçu 843 millions dont 193 sous forme de «gratification exceptionnelle» (?) pour la banque, 350 millions au profit d’un nommé Mohamedou Ould Mokhtar, 200 millions pour le compte de la SONIMEX et le reste pour une destination inconnue ; la BCI a reçu 900 millions pour le compte de l’imprimerie du Maghreb et de la SAPAD, deux sociétés appartenant à Isselmou Ould Tajedine, P-DG de la BCI ; et enfin 470 millions pour le compte de Abdou Maham et dont 150 ont été virés sur son compte de la Chinguitty Bank. 

C’est à la suite de cette réactualisation du rapport d’inspection que la BCM a déposé une plainte contre l’ordonnateur des opérations qui est le gouverneur de l’époque, Sid’el Mokhtar Ould Nagy, les cadres de l’institution cités dans le rapport dont l’ancien directeur de la compatbilité, Sidi Mohamed Ould Elhaj Sidi, ainsi que contre les bénéficiaires. Suite à quoi la direction de la police chargée de la répression des crimes économiques et financiers a été chargée de mener l’enquête. 

Le commissaire divisionnaire Mohamed Ould Brahim Ould Siyid (notre photo) ne semble pas avoir fini avec l’enquête. En effet l’ancien gouverneur Ould Nagy a été l’objet d’un billet d’écrou. Ce qui permet de le laisser entre les mains de la police en attendant la clôture de l’enquête. Aussi est resté entre les mains de la police, Mohamed Ould Oumarou, ancien directeur général de la BADH, ancien gouverneur adjoint de la BCM. On en saura certainement plus sur l’objet de ce maintien entre les mains de la police dans les jours qui viennent. 

De l’autre côté, les hommes d’affaires ont été sommés de trouver une solution à l’amiable avec la Banque Centrale. Après avoir reconnu les faits devant le Parquet, les intéressés ont été dirigés vers la BCM pour trouver la formule. Deux possibilités sont ouvertes : ou les hommes d’affaires payent directement ou alors apurer une partie de la dette contractée par le trésor public auprès des banques primaires (achat des bons du trésor) qui appartiennent à ces hommes d’affaires. 

Le rapport de 2004 préconisait de «trouver un protocole d’accords avec les Banques, qui ont viré ces montants sans ordre écrit de la BCM, pour qu’elles les remboursent» ; «chercher des moyens de pression sur les bénéficiaires de ces virements pour les amener à rembourser, même si les avis de crédit BCM stipulent leurs noms, étant entendu qu’il s’agit d’opérations irrégulières, et donc non autorisées, sauf preuve contraire» ; «dans le cas ou les autorités veulent porter l’affaire devant la justice, approfondi au préalable et sans gène cette fois les investigations aux niveaux des Banques». C’est visiblement ce qui a été suivi par les autorités. 

Le pouvoir voudrait présenter cette affaire comme l’une des manifestations de la guerre menée contre la mal-gouvernance. Au dernier conseil des ministres, le Président de la République Ould Abdel Aziz a déclaré devant les ministres qu’il ne trouve pas normal que de pauvres gens payent pour avoir volé un téléphone à 10.000 UM, alors que ceux qui volent les millions voire les milliards sont l’objet de toutes les attentions et toutes les sollicitudes. Il a assuré qu’avec lui, c’est bien la rupture avec la culture de l’impunité. Et comme pour joindre l’acte à la parole, un ultimatum a été envoyé par l’IGE à tous les fonctionnaires ayant reçu une mise en demeure ces derniers temps. Ils sont sommés d’approcher de l’IGE pour trouver la formule d’accord, faute de quoi ce sera la prison pour eux. De quoi animer les salons de Nouakchott en attendant que la lumière fût. 

 

 

MFO 

 

 

Source : La Tribune n°476 


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann