DEUX HOMMES ET UNE FEMME

22 11 2009

 

Qui pouvait imaginer que « la petite Elbiya » que l’agitation politique de Maghtaa Lahjar avait  jetée entre les mains des recruteurs Kadihines de Nouakchott, au début des années soixante dix, allait se trouver un jour, citée par une étude Américaine, parmi les 500 personnalités les plus influentes du monde Musulman, aux cotés d’éminents érudits tels que Mohamed El Moctar Ould Bah et Abdoullah Ould Boya ?

Contrairement à beaucoup de jeunes, filles et garçons, séduits, à l’époque,  par le rêve de faire de
la Mauritanie un havre de paix de justice et de bien être et qui ont baissé les bras face à la dislocation de leur famille politique et l’absence de repères stables, Eminetou a vite compris que la route allait être longue, mais que la victoire était la seule récompense qui valait la peine de continuer. Et elle continua.

Elle sut garder les contacts et l’amitié de ceux qu’elle croyait décidés, comme elle à maintenir le cap. Au fil des années et des circonstances difficiles, parfois désespérantes, qu’a connues le pays, Eminetou a subi toutes les formes de pressions, de persécution et de répression.

Bravant les aléas de la lutte et accumulant les expériences, la militante rêveuse, radicale, pure et dure,  se mit à s’investir sur le terrain pratique des problèmes quotidiens des « plus déshérités » : les enfants, les femmes et les anciens esclaves.

Cette « descente » sur le terrain des droits de l’homme dont Eminetou ne connaissait que les aspects vécus par les laissés pour compte, allait la jeter en plein dans ce que l’on appelle maintenant les organisations de la société civile.

De séminaire en colloque, de lecture en conférence, Eminetou accumule en un temps record, une montagne de connaissances et d’expériences qui lui valent à présent d’être une des personnes ressources auxquelles se réfèrent toutes les études et les programmes de développement

Dés les premières lieurs de liberté d’organisation et d’expression, Eminetou créa son « Association des Femmes Chef de Famille » (AFCF), ONG désormais célèbre pour son combat, ici et ailleurs, sur tous les terrains où les droits de la femme et de l’enfant sont piétinés. Cette ONG qui a déjà obtenu plusieurs récompenses dont celle du Prix du Comité Français des droits de l’homme n’est pas la moindre, est désormais présente dans la quasi totalité de nos Wilaya. Elle dispose d’un centre d’accueil et d’écoute des femmes maltaitées et des anciens esclaves qui fuient l’injustice dont ils sont l’objet dans certains endroits du pays.

La nouvelle récompense dont vient de bénéficier Eminetou et son organisation, la plaçant non pas entre  les sœurs Theresa et Emmanuelle, mais entre Mohamed et Abdoullah, prouve bien que son action, outre son grand mérite, s’inscrit bien dans la droite ligne de notre culture et de notre conception musulmane de l’humanisme.

Bravo Eminetou ! Ce n’est qu’une étape.

 

Un ancien compagnon de lutte 

Source : www.barrada.unblog.fr


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