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Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

22112009

Quelle stratégie mauritanienne pour l’avenir ? 

Entre l’interventionnisme et le libéralisme naturel, les opinions ne sont pas,  tout à fait, unanimes. Mais une idée centrale domine toujours. C’est celle de l’individualisme économique. «La vérité économique ajoute que, plus il y a dans une société d’affaires personnelles bien organisées, plus les affaires communes, elles aussi, sont heureusement réglées» (Crime et châtiment p 187). Dostoïevski  évoquait déjà,  l’individualisme à travers le cas de manteaux ; illustré par l’un des personnages de son roman emblématique (idem).  Et si  « quelqu’un déchire en deux son manteau, et il le partage avec son prochain, qu’est ce qui en résulte ? ».  Ne cherchez point, la réponse  est simple : « deux individus à moitié nus ».   

Ainsi,  sur la base de la logique des manteaux, la raison du plus  outillé en arme   et du plus préparé  risque fort  de l’emporter au détriment de la raison humaniste et universaliste. Tout simplement, la terre ne supportera  plus, sauf miracle,  le besoin  alimentaire   d’une population mondiale  se mesurant, selon Malthus,  en fonction d’un  rythme géométrique galopant. Contrairement, aux ressources naturelles qui progressent, lentement, au rythme d’une suite arithmétique.  D’où l’intérêt de revoir  le projet   Mauritanie Vision 2030. Cette stimulante réflexion a déjà   fait l’objet d’un  débat, organisé en janvier 2005, sous forme d’altiers traitant de la prospective,  et  visant à concrétiser les objectifs du millénaire pour le développement. Elle a été  matérialisée par un document  approuvé par le gouvernement,  deux ans après, notamment en mars 2007.   

Cependant,  les instances de réflexion stratégique, et qui  occupent un rôle central, sont toujours quasi – inexistantes chez nous. Elles  sont amenées à   réguler les stratégies.  Leur vocation essentielle   consiste  à : proposer, à travers des centres  de recherches,  des plans d’action quantifiables mesurables  et applicables ; justifier les écarts entre les prévisions et la réalité  en dressant la hiérarchie des scenarios ; légitimer l’emploi des mesures appropriées  pour chaque scenario.  

Il est urgent, à cet égard,  de reformuler la problématique  prospective mauritanienne, du moins celle qui traite de l’économique. Au fait, la production pétrolière et  minière  sera-t- elle suffisante pour que le pays envisage une nouvelle politique économique basée sur une rente orientée vers d’autres secteurs de l’économie ?  Et si  celle-ci  est suffisante quelle en est  la répercussion sur la stabilité politique du pays ? La  thématique environnementale et ses répercussions sur la production naturelle et les conséquences qu’elle peut engendrer sur l’économie mondiale et l’économie nationale ?  Quels sont la nature et  les moyens de lutte contre le chômage dans les 50  prochaines années ?   

En somme, les progressions des ressources naturelles par rapport à la population nationale et l’inadéquation entre les besoins et la richesse du sous-sol du pays  suscitent-elles la conditionnalité existentielle de la population mauritanienne ?   Enfin, qu’en est-il de la  relance économique prévisionnelle ?  

Toutefois, l’intelligentsia   du pays  ne peut  jamais intervenir,  efficacement, en dehors d’une  réglementation  claire. Celle-ci  tourne autour de la liberté de ‘discuter’ la chose étatique  par le canal des medias publics et privées.  Elle  dépasse la conception étroite de la liberté d’expression. Elle va plus loin. Il s’agit de la liberté de demander des comptes  et de sanctionner, sans partialité,  par la justice, le coupable en cas de besoin. Il s’agit aussi de la liberté d’être informé, et d’agir en conséquence. Il est question de la liberté d’accès à l’information, de savoir, de se sentir dans un pays de droit, de travailler, d’être dignement rémunéré  etc.  




DEUX HOMMES ET UNE FEMME

22112009

 

Qui pouvait imaginer que « la petite Elbiya » que l’agitation politique de Maghtaa Lahjar avait  jetée entre les mains des recruteurs Kadihines de Nouakchott, au début des années soixante dix, allait se trouver un jour, citée par une étude Américaine, parmi les 500 personnalités les plus influentes du monde Musulman, aux cotés d’éminents érudits tels que Mohamed El Moctar Ould Bah et Abdoullah Ould Boya ?

Contrairement à beaucoup de jeunes, filles et garçons, séduits, à l’époque,  par le rêve de faire de
la Mauritanie un havre de paix de justice et de bien être et qui ont baissé les bras face à la dislocation de leur famille politique et l’absence de repères stables, Eminetou a vite compris que la route allait être longue, mais que la victoire était la seule récompense qui valait la peine de continuer. Et elle continua.

Elle sut garder les contacts et l’amitié de ceux qu’elle croyait décidés, comme elle à maintenir le cap. Au fil des années et des circonstances difficiles, parfois désespérantes, qu’a connues le pays, Eminetou a subi toutes les formes de pressions, de persécution et de répression.

Bravant les aléas de la lutte et accumulant les expériences, la militante rêveuse, radicale, pure et dure,  se mit à s’investir sur le terrain pratique des problèmes quotidiens des « plus déshérités » : les enfants, les femmes et les anciens esclaves.

Cette « descente » sur le terrain des droits de l’homme dont Eminetou ne connaissait que les aspects vécus par les laissés pour compte, allait la jeter en plein dans ce que l’on appelle maintenant les organisations de la société civile.

De séminaire en colloque, de lecture en conférence, Eminetou accumule en un temps record, une montagne de connaissances et d’expériences qui lui valent à présent d’être une des personnes ressources auxquelles se réfèrent toutes les études et les programmes de développement

Dés les premières lieurs de liberté d’organisation et d’expression, Eminetou créa son « Association des Femmes Chef de Famille » (AFCF), ONG désormais célèbre pour son combat, ici et ailleurs, sur tous les terrains où les droits de la femme et de l’enfant sont piétinés. Cette ONG qui a déjà obtenu plusieurs récompenses dont celle du Prix du Comité Français des droits de l’homme n’est pas la moindre, est désormais présente dans la quasi totalité de nos Wilaya. Elle dispose d’un centre d’accueil et d’écoute des femmes maltaitées et des anciens esclaves qui fuient l’injustice dont ils sont l’objet dans certains endroits du pays.

La nouvelle récompense dont vient de bénéficier Eminetou et son organisation, la plaçant non pas entre  les sœurs Theresa et Emmanuelle, mais entre Mohamed et Abdoullah, prouve bien que son action, outre son grand mérite, s’inscrit bien dans la droite ligne de notre culture et de notre conception musulmane de l’humanisme.

Bravo Eminetou ! Ce n’est qu’une étape.

 

Un ancien compagnon de lutte 

Source : www.barrada.unblog.fr







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