Investissements

5 11 2009

 

 La Mauritanie au bas de l’échelle 

La conclusion des études relatives à la promotion du secteur privé et financier en Mauritanie est alarmante : tous les indices d’attractivité en terme d’investissements sont au rouge. La Mauritanie est globalement mal perçue en termes de climat des investissements. C’est ce qui ressort des résultats d’un atelier parrainé par la Banque Mondiale et le Commissariat à la Promotion des Investissements, tenu jeudi dernier dans les locaux de la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Mauritanie. 

Classé 167/180 dans la mesure Doing Business qui compare entre les textes régissant le climat des affaires dans les pays, la Mauritanie a d’énormes progrès à réaliser pour attirer les investissements. Etant donné que les investisseurs se référent à cette mesure et à bien d’autres (I.C.A, Heritage Foundation, World Economic) avant de fouler le sol d’un pays. 

Parmi les obstacles de taille qui se dressent devant les investisseurs figure en bonne place – entre autres contraintes non moins importantes – la lenteur des procédures administratives pour la création d’entreprises et une fiscalité jugée dissuasive. Le système fiscal étant caractérisé  par une fiscalité assez lourde et focalisée sur la collecte de recettes publiques sur une base taxable assez limitée. 

Au cours de cet atelier des propositions de reformes ont étés présentés aux participants, qui étaient – il faut le noter au passage – pour la plupart des représentants des différents départements du public et des hommes d’affaires du privé. Les résultats des études préconisent une intensification des efforts de promotion à travers l’amélioration de la perception de la Mauritanie et l’accroissement de sa crédibilité en tant que destination d’affaires. 

Les procédures administratives sont longues et souvent couteuses, les procédures de création de fermeture d’entreprises, et les procédures liées au commerce international et à l’obtention de licences sont également couteuses et longues par rapport aux meilleurs pratiques. L’amélioration du cadre réglementaire passe par la facilité d’entrée et de sortie du marché et par la réduction de l’informalité qui pose un énorme problème pour les investisseurs étrangers. 

Pour répondre plus efficacement aux besoins du secteur privé, il faudrait améliorer l’accès aux financements bancaires. Les firmes utilisent rarement les financements bancaires à cause des garanties bancaires requises souvent très élevées. Pour pallier à cela les études recommandent la mise en place dans le court terme des décrets d’application de la nouvelle loi bancaire et le renforcement de la capacité de supervision de la BCM. Pour le moyen terme (à mettre en place sous 5 ans), il est nécessaire de promouvoir l’introduction de nouveaux produits financiers (capital risque, factoring, instruments à destination des PME/PMI…) ainsi que l’arrivée sur le marché d’institutions spécialisées. En plus de la simplification du cadre légal et judiciaire en vue de moderniser et élargir la gamme de suretés utilisées comme garantie. 

Autre secteur à réviser celui de la main d’œuvre. Bon nombres d’investisseurs se plaignent du manque de main d’œuvre qualifiée dans le pays. Un homme d’affaires étranger nous a confié sous couvert de l’anonymat qu’il « a déjà recruté plusieurs employés locaux qui ont enfoncés ses affaires plutôt que de les relever et créer de la plus-value.» «  Je voulais bien contribuer à la diminution du taux de chômage en Mauritanie mais j’ai été contraint de les licencier » ajoute-t-il l’air embarrassé. 

Le fonctionnement du marché du travail est lui aussi très opaque du fait de réglementations contraignantes, des difficultés de circulation de l’information sur les emplois disponibles et du faible usage de formations professionnelles pour les employés en activité et de celui du niveau d’éducation du personnel. Pour cela les économistes de la Banque Mondiale recommandent dans le court terme une simplification de certaines réglementations du Code du Travail de 2004. Il s’agit de modifier l’article 17 pour permettre que les CCD puissent aller jusqu’à 4ans. Et de l’amélioration des qualifications des employés grâce à la revitalisation et au développement de systèmes de formation professionnelle en collaboration étroite avec le secteur privé. 

Dans le domaine des services d’infrastructures, deux grands types de services d’infrastructure sont perçus comme étant problématique : la fourniture d’électricité et les transports. Les résultats des études préconisent pour le secteur de l’électricité, la mise en place dans le moyen terme du programme de réhabilitation et d’extension des moyens de production pour Nouakchott et Nouadhibou ainsi que l’extension également des réseaux électriques de ces deux villes. 

Pour le transport routier, il est impératif de continuer la rénovation et la maintenance du réseau existant dans le cadre des contrats de programmes entre l’Etat et l’ENER er réaliser de nouveaux programmes d’investissements routiers en vue de désenclaver la Mauritanie (Mali, Algérie et Sénégal). 

Dans le secteur du transport maritime, les études préconisent d’accroitre les capacités et d’améliorer la compétitivité du Port Autonome de Nouakchott. Chose qui a déjà commencé avec l’inauguration par le Président de la République de l’extension du port autonome de Nouakchott dont la capacité se verra augmenté de plus de 50% selon les observateurs. Pour le transport aérien, l’accent est mis sur la modernisation des capacités aéroportuaires (infrastructures, système de navigation et dispositifs de sureté). 

Les résultats des études ont enfin noté que la corruption est répandue aussi bien dans l’administration que dans les firmes. Un phénomène qui est couteux car il absorbe chaque année 6,4% du chiffre d’affaires des firmes manufacturières. Les économistes de la Banque Mondiale préconisent en ce sens, l’attribution effective et durable des moyens ainsi qu’une totale liberté d’action laissée à la Cour des Comptes dans ses missions d’audit/contrôle dont les conclusions/rapports devraient être rendus publics. 

Et enfin de la mise en place de mesures microéconomiques permettant de limiter les possibilités de corruption au sein de l’administration (responsabilité nominative des employés traitant avec les entreprises, étude de faisabilité/la mise en place ultérieure de mesures de revalorisation salariale pour certaines professions clé de la fonction publique,…). 

Momme Ducros. 


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