• Accueil
  • > Archives pour le Mercredi 28 octobre 2009

Réchauffement climatique : Dakar et Nouakchott bientôt sous l’eau si on ne fait rien

28102009

Réchauffement climatique : Dakar et Nouakchott bientôt sous l’eau si on ne fait rien

Tous les regards sont tournés vers le prochain sommet international en décembre sur le climat à Copenhague au Danemark. Une rencontre décisive surtout pour les africains qui demandent une aide financière estimée à 65 milliards d’euros par an pour lutter contre le réchauffement climatique .

Nul doute que c’est le continent africain qui reste le plus vulnérable à cause de son sous développement et de sa marginalisation dans l’économie mondiale.Ce triste constat ne date pas d’aujourd’hui. En attendant qu’ils soient écoutés par leurs homologues des pays riches dans la capitale danoise, les présidents Wade du Sénégal et Ould Aziz de la Mauritanie sont très inquiets des montées du niveau des mers qui risquent d’engloutir Dakar et Nouakchott d’ici 2020 si rien n’est fait.

Le Sénégal avec ses 700km de littoral et la Mauritanie avec 734 km, deux pays de l’Afrique de l’Ouest qui font face depuis une décennie à une montée incroyable des eaux qui pousse les populations à construire ailleurs ou à s’installer dans des zones à risque.

Beaucoup de villages sénégalais voire des villes situés sur la côte subissent de plein fouet l’érosion des sols et risquent de disparaître d’ici 2020 si les autorités sénégalaises ne bougent pas. Nouakchott également risque de connaître le même sort si la mer franchit un jour le cordon dunaire. Pour les mauritaniens, le plus urgent pour l’instant reste l’évacuation illiquo presto des populations qui continuent d’occuper les zones à risques c’est à dire toutes les zones inférieures au niveau de la mer.

La comparaison s’arrête là. Le gouvernement sénégalais est l’un des tous premiers gouvernements en Afrique à anticiper le mouvement pour minimiser les effets du changement climatique sur la vie des populations en adoptant en 2006 le Programme d’Action National d’Adaptation (PANA) qui avait misé à l’époque la lutte contre l’érosion côtière, les feux de brousse, la faiblesse des ressources en eau et au changement de température. Aujourd’hui, il doit parer au plus pressé parce que la menace est bien réelle .

Les 4 millions de sénégalais qui vivent dans la capitale notamment le long du littoral attendent des décisions concrètes pour sauver les 2 principales ressources du pays, la pêche et le tourisme. Le premier secteur le plus important déjà mal en point à cause de la raréfaction halieutique occupe plus de 100 000 pratiquants et génère indirectement plus de 500 000 emplois.

Autre menace sérieuse, la désertification. Situé dans la bande sahélienne, une zone où les pluies sont rares malgré une abondance ces dernières années marquées de plus en plus par des pertes de terre à cause de la sécheresse avec ses effets dévastateurs , la famine endémique et l’exode rural. Les sénégalais se souviennent encore des émeutes de la faim en 2008 dues au brutal renchérissement du prix des denrées de première nécessité notamment le riz.

Pour freiner la désertification de la frange sahélo-saharienne, le gouvernement de Souleymane Ndéné Ndiaye a pris les devants en appelant ses compatriotes à se mobiliser pour la construction de la grande muraille verte, un projet pharaonique de reboisement qui doit traverser l’Afrique d’Ouest en Est. C’est plutôt la Mauritanie le maillon faible en termes de ressources humaines et financières .

Elle souffre plus de ce phénomène de désertification avec 90% du pays désertique. Situé entre le Sahel au Sud et le Sahara au Nord , le pays ne possède que 1 % seulement des terres cultivables le long du fleuve Sénégal et au Nord dans les oasis de l’Adrar. Ce n’est pas un hasard si le pays des Mourabitounes accuse un déficit pluviométrique structurel dont les conséquences sont énormes sur l’autosuffisance alimentaire. Les deux dernières décennies de sécheresse ont fait mal et entraîné un exode rural massif.

Comment nourrir et accueillir une population qui ne cesse d’augmenter d’année en année surtout dans la capitale ?Nouakchott qui comptait à peine 6000 habitants en 1960, en compte aujourd’hui près d’un million soit le tiers de la population globale. Cette surpopulation de la capitale entraîne des problèmes d’adduction d’eau et de collecte des déchets.

L’autre menace est l’installation de ces nouveaux migrants dans les zones périphériques et les constructions anarchiques dans les zones extrêmement sensibles à côté de la mer. Malgré la présence d’un cordon sécuritaire, la menace de la montée de la mer est réelle. Les autorités de Nouakchott sont conscientes de ce danger. Face à cette situation, un département de l’environnement a été créé dont l’une des missions est de protéger le littoral.

Le conseil consultatif national et l’observatoire du littoral sont significatifs à cet égard. Mais reste toujours le concret c’est à dire des investissements lourds pour restaurer par exemple le couvert végétal. Il existe des associations qui agissent dans ce sens mais elles manquent de moyens humains et financiers pour aller jusqu’au bout de leur mission .En général les actions du gouvernement et celles de la société civile s’inscrivent le plus souvent dans une logique de court terme. La lutte contre le réchauffement climatique passe par le littoral qui abrite toutes les ressources de l’espace maritime.

Côté dioxyde de carbone, c’est également difficile pour le Sénégal et la Mauritanie comme la plupart des autres pays africains de lutter contre des émissions de gaz à effet de serre du moins sur le marché carbone où ils sont marginalisés intentionnellement par les pays industrialisés. Un marché qui consiste à financer par une action verte dans un pays du Sud pour acheter une pollution au Nord. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur 1600 projets dans le Nord, seuls 30 sont africains dont la moitié en Afrique du Sud.

Au delà de ce que les dirigeants africains attendent du sommet de Copenhague, les populations savent aussi que le changement climatique n’est pas une fatalité d’où une mobilisation autour des actes citoyens pour diminuer les émissions de co2 et rappeler ainsi les politiques leurs responsabilités dans ce domaine. Il va falloir aller très vite sinon il faudra s’attendre dans une décennie à un emballement des températures et d’autres cataclysmes.

 
Info source : Kane Mamadou







bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann