Le Chômage en Mauritanie

20 10 2009

 

 

Le chômage est un phénomène  de plus en plus préoccupant dans notre pays.  Il concerne surtout la jeunesse et les femmes.  Le manque d’emploi pousse certaines personnes à recourir  aux petits boulots. Les « melaha »ou facilitateurs, les « khare yallah », littéralement « dans l’attente de Dieu »,  ces travailleurs du secteur informel qu’on retrouve vers la polyclinique,  au marché Mauritel ou « point chaud », prés de l’église,  assis toute la journée à attendre qui, l’arrivée d’un « patron », cherchant une main d’œuvre à bas prix, qui, à faire un bisness, qui à se faire recruter comme bonne à tout faire…

Waretta Fall, jeune femme de 26 ans, est arrivée à Nouakchott il y a 6 mois en provenance de Dalal Khêll, son village situé sur la rive droite du Fleuve Sénégal…En Wolof, ce village porte un nom qui signifie « tranquilliser la conscience »…Mais, Waretta, elle n’a pas la conscience tranquille. Depuis qu’elle a été répudiée par son  mari, elle a à sa charge, trois enfants. Elle a choisi de tenter sa chance en Mauritanie. A la recherche d’un emploi pour subvenir aux besoins de sa petite progéniture. Assise au pied du mur de l’église, elle raconte : « Je viens ici chaque jour  espérant trouver du travail. Mais en vain. »

D’autres femmes comme Waretta sont assises. Elles forment un groupe et guettent toutes les belles voitures qui passent. Se ruant en groupe à chaque fois qu’une voiture s’arrête. Chacune espère être choisie. Elles proposent leurs services : ménage, linge,  baby-sitter.

Ces « braves » femmes ne sont pas toujours à l’abri du danger, les viols et l’exploitation sexuelle des bonnes sont devenues des attitudes complètement banales auxquels s’adonnent bon nombre d’employeurs. Le licenciement sans  être payer son du,  les accusations sans fondements de vol ou autre délit quelconque les amènent le plus souvent à se retrouver derrière les barreaux. Dans les cas de viol par exemple : si la malheureuse victime (souvent de nationalité étrangère) portait plainte pour viol contre son agresseur il y’a plus de chance qu’elle se retrouve en prison sans  que son bourreau ne soit nullement inquiété. Cependant ces violences considérées comme des violations des droits de l’Homme doivent nous interpeler d’avantage car le phénomène de l’immigration de petites filles de part l’Afrique à la recherche du travail est en  hausse considérable.      

Néanmoins les femmes ne sont pas les seules à chercher du travail, car si nous sillonnons les principales artères de Nouakchott nous remarquerons des groupes d’ouvriers assis ou debout au bord du goudron  à attendre un potentiel client à la recherche d’un manœuvre (plombier,  maçon, carreleur … etc.). C’est pour ca que l’axe carrefour Bana-blanc, carrefour Policlinique est toujours bouché à cause du stationnement désordonné de voitures et de personnes à la recherchent de main-d’œuvre bon marché. Mais le fait de rester toute la journée assis(e) à scruter l’horizon  sans que personne ne se présente pour demander un dépannage ou un petit boulot journalier n’est pas une chose facile pour ces pères de familles.

Est-ce que réellement on peut appeler ce genre d’activité du travail vu les lourdes responsabilités auxquelles sont exposées les ouvriers du secteur informel aussi bien du coté social que du coté économique. Avec les sommes quasi insignifiantes qu’ils perçoivent lors d’un dépannage contrairement à la main-d’œuvre étrangère qui est la plus sollicitée et mieux payée, à quel besoins pourraient-ils subvenir ? Ils quittent le matin leurs familles sans leur laisser le moindre sou, parfois avec un malade à la maison et les dettes d’hier à rembourser.              

 Les ouvriers du secteur informel ne sont pas les seuls  à être touchés par le chômage en Mauritanie comme les autres pays du monde, nous avons aussi beaucoup de diplômés chômeurs.  Ceux-ci par manque d’emploi se transforment en chauffeurs de taxi ou en petits commerçants. Par ailleurs nous avons  un autre phénomène qui n’est pas étranger à notre société et causé  par le chômage qui est « les tekoussou »  autrement dit ces gens qui vivent au dépend des autres et profitent de leur situation pour mener la vie facile. Ces parasites de la société sont la à tendre la main tout simplement, demander un boubou par ci des chaussures par là, une petite somme d’argent à un autre et ainsi de suite.

Pire encore les paresseux eux ont trouvé une meilleur combine pour gagner de l’argent facilement. Il suffit de porter des haillons, se couvrir la face, se mettre au bord du goudron, de tendre la main et le tour est joué. Jadis la mendicité était réservée aux pauvres et aux handicapés mais hélas ce n’est plus le cas. Selon Minetou une fausse mendiante «  à chaque fois que j’aie une cérémonie dans ma famille ou des ennuis financiers,  je  mets un voile sal et mal fichu et je me mets à demander l’aumône devant les grands immeubles et parfois je rentre dans les maisons pour quémander prétextant un malade à soigner,  un incendie ou des enfants qui n’ont rien mangé depuis deux jours .Ainsi après un ou plusieurs jours de ‘quémandage’ je me retrouve avec une grosse somme d’argent qui me permet de satisfaire mes besoins et même plus ». Le cas de Minetou est un exemple parmi d’autres, car il arrive des fois ou c’est en groupes que ces soi-disant mendiants se retrouvent pour quémander devant les sociétés, les banques, les mosquées et parfois même devant les résidences privées.  Les enfants aussi ne sont pas en reste à cause du grand nombre de diplômés chômeurs et par les temps qui courent certains parents préfèrent envoyer leurs enfants mendier que de les envoyer à l’école. 

 

Feinda Traore.                                                                                          


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