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Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

13102009

  Immigration et développement  local  de  l’Afrique ! 

Le nombre des ’expatriés’ de par le monde  est estimé  en 2009 à un milliard de migrants. « L’Asie  attire  30% d’entre eux, les autres  choisissent l’Amérique du Nord (27%), l’Europe  (26%), l’Afrique (10%) et l’Océanie (3%) [… ] ; 60%  des migrants s’installant  dans un pays  appartenant  à la même catégorie que le leur […]; 37 % (soit  seulement 80 millions de personnes) quittent un pays pauvre pour un pays riche,  3% faisant le mouvement inverse. » (Jeune Afrique n°2543).     On assiste, par ailleurs,  ces derniers temps, à des tentatives d’immigration débouchant, horriblement, sur des drames : des subsahariens meurent  sur  les côtes mauritaniennes. Une scène qui dénote de la gravité de la situation  trop calamiteuse des candidats à l’immigration voulant à tout prix  s’évader ‘  de leurs  propres pays vers  une Europe  ne désirant  nullement d’eux et au péril de leurs vies.  Pauvre Afrique !    

 «  Nous vivons  dans un  monde  très  inégalitaire. Pour beaucoup  d’habitants des pays en développement, quitter son pays est parfois le meilleur moyen, voire le seul, d’améliorer ses conditions de vie (…) Des politiques plus propices   à la mobilité  peuvent stimuler le développement humain.» (www.hdr.undp.org).  D’où l’intérêt de préciser que les immigrés ne sont  que des personnes  ayant  fait une  migration  et que la part de  transferts issue de cette dernière équivaut au montant d’aide publique  au développement.  Cependant, l’actuel système mondial semble  déverrouiller les frontières  nord –sud. Et le mot d’ordre demeure, à cet égard, rester  chez vous chers africains et autres  incompétents,  sinon mourez  sur vos  côtes respectives….  Quelle solution ?  Des  concepts  ‘galvaudés’ par-ci, par là, tels que  la loterie française  pour venir en aide aux africains,  le partenariat entre les pays pour freiner le fléau de l’immigration, etc.  Une autre approche  miracle  à travers les migrants, immigration,  Co-développement local, bien qu’acceptable,   se fixe comme objectif   une coopération transfrontalière  interétatique ralentie, en réalité,  par des barrières frontalières  solidement  placées par les pouvoirs centraux.  Bizarrerie ! 

 Il reste bien  le terrain des  collectivités  locales qui   représentent  les  atouts  d’un Co-développement  par la base  d’autant qu’elles  englobent  les caractères  suivants : une démocratie directe,  faible étendue des territoires, préoccupations quotidiennes des habitants et elles ont la maitrise d’un  contact plus fréquent avec les  acteurs de la société civile et les  autres élus locaux .  Utopie en Afrique ! Il y a toutefois, une proposition  de poids   : des  réformes à engager  et des responsabilités attribuées  à  des structures décentralisées  coiffées efficacement  par des élus instruits.  Dans l’immédiat, il  ne faut pas rêver !     

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°470 du 12 octobre 2009




De la nécessité de la régulation du marché de change !

13102009

Par Mohamed Fouad Barrada

Suite à la récente visite à Nouakchott de son directeur des opérations en Afrique de l’ouest, la World Bank a décaissé 14 millions de dollars pour la Mauritanie. Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a accordé aussi 12 millions d’USD au gouvernement, le but étant de stimuler la production tout en réduisant la dépendance vis-à-vis des importations.

Ce qui marque l’activation des relations économiques qui ont été suspendues avec l’occident après le Putsch de 2008. A cela s’ajoutent, entre autres, le montant de 295 millions de dollars de la Chine accordés pour l’extension du port de Nouakchott. En effet, ces sommes pourraient soutenir, légèrement, le taux de change de l’ouguiya par rapport au dollar.

Il est clair, par ailleurs, que les approches financières, qui s’imposent, ont tendance à considérer les devises comme des actifs financiers, leurs prix (le taux de change) dépendra de leur insuffisance relative dans les marchés , et vraisemblablement du risque.

La montée en flèche des cours de la devise européenne- l’Euro- risque d’entrainer un effet de bulle provoquant la montée en puissance des prix des produits alimentaires, surtout dans une économie mauritanienne qui dépend en grande partie de l’extérieur, notamment de l’Europe.

 

Présentement, et officiellement, 1 euro se change à 382 MRO et 1 dollar US à 265,44 MRO.Cependant, les décaissements actuels et prochains de la part de la banque mondiale et les autres partenaires au développement, en faveur de la Mauritanie, peuvent atténuer l’effet de la conséquence de la pénurie de la devise chez nous.

Il convient de signaler que les principales sources ‘propres’ de la réserve de la Banque Centrale de Mauritanie sont essentiellement : les exportations de la SNIM, les revenus des accords de poisson, les revenus pétroliers, d’autres exportations relatives à la vente de cuivre, de l’or et les fonds en provenance des bailleurs et donateurs. Ce qui équivaut en terme monétaire à des avoirs ne dépassant que rarement les 600 millions de dollars par an.

Ainsi, la raison capitale des dépréciations de la valeur de l’ouguiya est, souvent, inhérente aux différences de productivité entre le secteur des biens échangeables et le secteur des biens non échangeables dans les pays exportateurs.

 

En effet, c’est pratiquement par le ‘canal’ de l’Etat que des hommes d’affaires du pays disposent de la devise pour importer. La particularité mauritanienne fait que les importateurs, qu’ils soient potentiels ou non, sont à la fois des banquiers, des opérateurs dans des secteurs d’importance primordiale.

Ils peuvent orienter une grande partie de la réserve de change qui leur était attribuée par la BCM à l’importation (carburant, marchandises, etc.), selon des ‘calculs’ spécifiques et selon une rentabilité allant à l’encontre de l’intérêt général. La régulation du marché de change en Mauritanie exige, à cet égard, une rigueur impartiale et un déploiement des ressources humaines compétentes et dignement rémunérées.

 

Cette régulation donnera, probablement, une idée précise, des chiffres d’affaire réalisés par un tel importateur. Ce qui permettra, dans certaines circonstances, une rationalisation de la politique monétaire évitant, dans les limites du réel, plusieurs formes d’évasion des capitaux.

m_barrada@yahoo.fr

 


 

 




Faits divers de la Tribune

13102009

Riad : Carrefour Bamako ou carrefour des dangers 

Abou, un jeune chauffeur tiré à quatre épingles écoutait paisiblement sa musique et roulait à toute vitesse tout en plaçant son pied droit sur le tableau de bord. Venant du centre ville pour Riad. Il y avait avec lui un passager répondant au nom de Neytou âgé de 22 ans. 

Arrivé au rond point du carrefour Bamako, il perd le contrôle et donne un coup de volant à la voiture et là, la voiture fait quatre tonneaux pour se retrouver à cinquante mètres du goudron. Neytou est atteint d’un traumatisme crânien et le chauffeur sort sain et sauve. Cinq minutes après l’accident, nous nous sommes rendus sur le lieu ,  le véhicule, une Mercedes 190 de couleur noire, immatriculée 2744 AE 00 n’a perdu que son para brise arrière en plus de quelques déformations. Ce triste choc a eu lieu le mercredi dernier à 00heure. 

C’est le cinquième du genre depuis le début du Ramadan et le 12e depuis le 1er Août de l’année en cours. 

SEBKHA : Vol de voiture 

Mohamed O. M, semble être un spécialiste en matière de vol de voitures et très rapide pour les liquider. Mardi dernier, il a réussi à s’emparer d’une voiture de type Mercedes 190 dans le quartier de Sebkha, qu’il a amené chez Ahmed O.H… un mécanicien qui se trouve non loin de
la SONIMEX à qui il payé 12.000 UM pour lui démonter le moteur qui a vendu à un magasinier de vente de pièces détachées au Ksar. 

Lors de la vente du moteur, le malfrat était accompagné de son ami qu’il a mis en rapport avec l’acheteur pour lui remettre l’argent le soir. 

A 16 heures, l’ami du voleur été venu chez le magasinier pour récupérer l’argent et il tombe le filet des policiers qui l’attendaient avec impatience dans le magasin. 

Au commissariat de police, il a été entendu et par la suite il a fini par indexer son ami que la police n’a pas tardé a délogé. 

Selon une source policière, ils doivent être déférés au courant de cette semaine. 

Au moment d’amener
la Mercedes au garage, le larcin avait arraché les plaques d’immatriculation a indiqué le mécanicien. 

El MINA : Une tante folle se manifeste ! 

La nommée Bintou K…, âgée de quarante ans et souffrant e troubles mentaux depuis plusieurs années , a commis un acte horrible en tranchant les oreilles du nouveau né de sa sœur , avant – hier, après elle a voulu se donner la mort avec le même couteau, quelques heures plus tard. Mais ses parents se sont interposés en la ligotant. 

Le drame s’est produit à El Mina dans le quartier de Nezaha non loin de la base marine où les supputations les plus folles continuent d’être véhiculées par les habitants du quartier. Bintou a, selon les indications recueilles auprès de son frère, attendu que sa sœur prenne le chemin des toilettes pour sa douche matinale pour se saisir d’un couteau qu’elle avait placé sous la tête du petit Aziz pour commettre son forfait. 

A en croire que le bébé est âgé seulement de vingt cinq jours.

Source : La Tribune n°470 

 

 




Le service des urgences en réanimation

13102009

Cela fait plus d’une décennie si ce n’est plus, que le service des urgences est dans un profond coma. Il a été admis aux urgences souffrant de mauvaise gestion et de laisser aller. Une maladie difficile à guérir. Les médecins se penchent depuis tout ce temps là pour essayer de réanimer le malade en vain. Et c’est entre temps le calvaire de tous les malades qui se perpétue, c’est la même souffrance qu’il faut supporter des heures durant devant le service des urgences pour pouvoir avoir accès aux soins et il faudrait beaucoup de chance et de combativité pour y accéder. Certains viennent pour rendre l’âme à la porte sous le regard indifférent des gardes et souvent d’un staff médical débordé, occupé à faire le tri entre les cas les plus urgents et les moins urgents.

Il  y a de cela quelques jours j’ai assisté à une scène d’une atrocité inimaginable. J’accompagnais aux urgences un jeune qui était en train de faire des pirouettes avec sa voiture quand elle se renversât et qu’il se brisa une des cotes de sa cage thoracique blessant son foi provoquant du coup une hémorragie interne. Arrivé aux urgences les gardes nous sommèrent de patienter un peu. Pendant ce temps le jeune homme fougueux perdait son sang et était à moitié évanoui. Quand vint un militaire attiré par la situation du jeune, le prit par le bras et forçat le passage.

 A l’intérieur c’était une scène de désolation à laquelle j’assistai. Des malades affolés gémissent, une atmosphère puante et des odeurs nauséabondes se dégageaient, des médecins faisaient la navette à la va vite entre les malades. Le décor ressemblait aux  images des hôpitaux de Bagdad ou de Gaza en temps de guerre.

Le jeune homme fut introduit immédiatement dans le bloc opératoire. Un médecin demandât à un infirmier d’aller lui chercher deux sachets de sang pour les besoins de l’opération. Je l’accompagnais voir un monsieur qui somnolait tranquillement sur sa chaise. Secoué par notre arrivée il se leva. L’infirmier lui demanda de lui donner deux sachets de sang, que c’était pour une opération urgente. Le monsieur nous quitta pour aller chercher le sang. Après quelques minutes il revint avec un seul sachet. L’infirmier lui répliqua que ce n’était pas suffisant qu’il nous faut deux sachets, le monsieur lui dit qu’il n’en a plus. Après un bref échange le monsieur rentra encore une fois puis nous ramena le second sachet l’air embarrassé. Ceci se passe de commentaire. L’opération réussi et le jeune homme s’en tira grâce à Dieu et à la grande disponibilité du militaire.

Au cours d’une émission transmise il y a de cela une dizaine de jours, le directeur de l’hôpital national  a clairement laissé entendre, que le centre hospitalier national construit au milieu des années 60, n’est plus en mesure de remplir convenablement sa mission du fait de la croissance exponentielle de la population et du manque de matériel. Ajouté à cela que plusieurs services ont étés détachés du CHN comme la pédiatrie, la maternité, la cardiologie…

C’est un peu ca notre malheur à nous. On ampute des services et on les rattache à d’autres sans études et sans planification. C’est comme avec les départements ministériels que chaque régime s’amuse à découper comme bon lui semble uniquement parce qu’il faut créer assez de portefeuilles et assez de postes pour que les graciés aient tous leurs part du gâteau. Ce n’est pas ca une république. Ce n’est pas un pays que nous voulons prospère et développé pour nous et pour nos futures générations.

Avec l’administration c’est à la rigueur remédiable, mais avec la santé c’est une question de vie ou de mort, c’est le sort de toute une population que nous sacrifions tous les jours à petits feux. Réfléchissons à ce malade qui vient de je ne sais quelle ville reculée du Sud ou du Nord du pays aux urgences et qui rend son dernier souffle sans entrer au service des urgences alors que sa famille a fait des pieds et des mains pour louer une voiture quand il n’y a pas d’ambulance afin de l’évacuer vers… sa mort.

C’est triste et consternant ! C’est un affront sur le visage de chacun de nous, chacun de la place de responsabilité qu’il occupe. C’est une chape de plomb qui pèse lourd sur notre conscience et une impardonnable insouciance qui nous poursuit jusque dans notre sommeil.

Momme Ducros.

Source : La Tribune n°470




L’édito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

13102009

Pour partir de Nouakchott à Rosso, vous avez à traverser plusieurs frontières, quatorze au total. Si l’on en croit le nombre de postes de contrôle sur la route. 

Au niveau du cimetière de Nouakchott, première frontière. A la sortie de Ryad, deuxième poste. Troisième poste, celui de la douane. Puis la police à la sortie officielle. Puis la Gendarmerie de 28. Puis celle de 42. La douane à 50 de Nouakchott. Puis le premier poste mobile des environs de 80. Puis celui de Tiguint (106 de Nouakchott). Puis le deuxième poste mobile aux environs de Khawara. Puis le poste de Aweivya. Puis la douane à quelques mètres. Puis la gendarmerie à 20 km de Rosso. La douane à 17 km. La police à l’entrée. 

A chaque poste, le même cérémonial. Si vous êtes un privé, le contrôle ne dépasse pas le signe de la main. Et comme on ne prête qu’aux riches, les particuliers ne sont jamais susceptibles d’enfreindre les lois. Et même si cela arrive, ils ont des protections que des agents de police, de simples douaniers ou des gendarmes peuvent craindre. Alors ce sont les voitures de transport en commun et les étrangers qui doivent payer pour cela. 

Il suffit de surveiller la scène pour comprendre que l’objectif n’est pas de normaliser la circulation, mais l’inavouable. Une remorque s’arrête, en pleine chaussée. C’est l’apprenti qui descend, le temps d’entrer dans l’abri où se sont retirés les chefs de postes, et d’en sortir. Le camion peut repartir. Pour les taxis, c’est le chauffeur qui descend obligatoirement à chaque poste. Les contrôles ne concernent jamais les papiers de la voiture ou son état technique, ou sa surcharge éventuelle. Au plus, s’il y a des étrangers, on perd plus de temps avec eux. 

Cela dure depuis des années. Presque trois décennies. Il est temps de faire le bilan. Combien de fois ces postes ont intercepté de criminels recherchés ? Combien de trafics ont été décelés ? Combien de renseignements de première main ? 

On se souvient encore en juin 2003, de la fuite des auteurs du putsch manqué et de leur passage par tous les postes de contrôle, y compris celui de Djouk que les riverains appelaient «le mur de séparation» (el jidaar el ‘aazil). C’est ici que le camion transportant les armes en août 2004, a eu une panne qui l’a cloué pendant deux jours. C’est seulement à Nouakchott et après les révélations faites par l’un des conspirateurs que les autorités vont apprendre l’existence du camion et des armes. D’ailleurs, une première charge avait bien été livrée. Les exemples sont nombreux. De contreperformances liées aux défaillances des postes de contrôle. Alors pourquoi tous ces contrôles ? 

On dit que la visibilité excessive de l’appareil sécuritaire est le premier signe de l’inefficacité de l’Appareil sécuritaire. 

Quand il a pris service, le directeur actuel des douanes, le colonel Dah Ould El Mamy a mis fin à l’existence des postes des douanes dans le territoire national. Cela ne devait pas durer. Très tôt les postes sont revenus. C’est dire que les mauvaises pratiques sont toujours plus fortes. Pourtant le changement commence par là. 

Nombreux sont ceux qui pensent que la corruption commence ici. Que la mauvaise image du pays commence ici. Que les dysfonctionnements de l’administration commencent ici. Donc… 

Menons campagne pour amener la direction générale de la sûreté, que la direction générale des douanes, que la gendarmerie nationale, retirent leurs éléments des routes de l’intérieur. La lutte contre la corruption commence ici, l’amélioration des conditions de vie de la population, le pouvoir d’attraction pour les investisseurs, le sentiment de sécurité… tout cela commence par l’élimination de ces frontières intérieures.

Source : La Tribune n°470 




Fonction : Premier ministre

13102009

 

 …A chaque PM sa peine 

 

Le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a passé une partie de son weekend à Aleg, la capitale du Brakna. Pour, entre autres, lancer la campagne des pare-feux. Il y a deux semaines, il était allé lancer les travaux de réfection de la route entre Kiffa et Tintane. Et bien avant il s’était déplacé deux fois – une à Nouakchott et l’autre à Rosso – pour «s’enquérir de l’état des populations après les pluies diluviennes»… Dans tous ces déplacements le PM était entouré de quelques-uns de ses conseillers, d’un ou deux des ministres… Les contacts avec la population se limitant aux audiences accordées aux notables triés sur la base de critères définies arbitrairement par l’administration locale. En général, des dignitaires qui ont juste quelque chose à demander au Premier ministre. 

Sur le plan technique, on peut dire que les déplacements du PM, même s’ils coûtent chers, n’apportent pas de plus, à part les images de TVM et l’impression que le chef du gouvernement s’occupe. Sur le plan politique, Ould Mohamed Lghdaf ne reçoit que les doléances personnelles dont les auteurs évitent de poser des problèmes relevant de l’intérêt général. Ces personnes croient savoir que les grands thèmes ne sont pas du ressort du Premier ministre. 

Quel rôle pour un Premier ministre ? Voyons voir à travers l’expérience des quatre derniers. 

Sous Ould Taya, le Premier ministre a certes été un chef de classe, rien de plus. Même s’il avait certaines prérogatives liées à son statut de manager de l’équipe gouvernementale. Notre Constitution consacrant un régime présidentiel, n’a pas donné un vrai pouvoir au Premier ministre. Quel qu’il soit, il dépend des humeurs du Président. 

Au lendemain du 3 août 2005, la nouvelle junte militaire a besoin de donner des gages. Notamment pour rassurer tout le monde. C’est sans doute pourquoi le choix s’est porté sur Sidi Mohamed Ould Boubacar, premier Premier ministre de Ould Taya, jeune cadre ayant une solide réputation de droiture, et surtout grand commis de l’Etat ayant une parfaite connaissance des procédures administratives. Très tôt, la présidence du CMJD – conseil militaire pour la justice et la démocratie – occupe les devants. Comme si on avait décidé de faire une division du travail. A la présidence de mener le processus politique, électoral principalement. Au gouvernement de redresser l’économie tout en mettant en œuvre les grandes orientations du CMJD. 

Aux côtés du Premier ministre, quelques hommes marqueront cette transition fixée à 19 mois : Habib Ould Hemett comme ministre secrétaire général de la présidence et artisan du processus politique, Mahfoudh Ould Bettah comme ministre de la Justice, Mohamed Ould Abed comme ministre de l’économie et Zeine Ould Zeidane comme gouverneur de la BCM. Ould Boubacar impose rapidement ses marques et refuse très tôt l’hégémonie de la présidence. Quand éclate le dossier du pétrole, il est court-circuité. Tout comme quand le ministre des finances commence à distribuer des terrains et des concessions rurales un peu partout à Nouakchott. Certains ministres ont choisi de traiter directement avec le président du CMJD. D’ailleurs, dès les premiers mois, Ould Boubacar va s’interdire de recevoir certains d’entre eux dans son bureau. C’est le cas du duo de l’éducation. Ultime manifestation de cette friction entre la présidence et le Premier ministère, les conférences de presse qui étaient devenues une tradition dans le système de la transition. En effet le Premier ministre a systématiquement choisi de parler à la presse chaque fois qu’il en était besoin. Une habitude perdue depuis. Dernière conférence de presse, quelques jours avant la fin du mandat, le président du CMJD s’envole pour l’extérieur par un vol de fin de nuit. Il tient une conférence de presse très tard pour faire ‘son’ bilan. Ould Boubacar, lui, tiendra la sienne quelques heures plus tard. Il fera lui aussi le bilan du gouvernement de transition. Il peut démissionner tranquillement au retour du président du CMJD. Il a tout fixé. Ce qui explique l’échec de la tentative de l’accabler juste au lendemain de l’avènement du pouvoir Ould Cheikh Abdallahi. La publication sur internet du bilan financier met fin à la polémique concernant les déficits supposés de la transition. 

Zeine Ould Zeidane est le seul choisi au poste de Premier ministre suite à un raisonnement et à un accord politique. Arrivé troisième lors de la présidentielle de 2007 (avec 15%), il obtient la promesse du poste en contrepartie de son soutien à Ould Cheikh Abdallahi au deuxième tour. Le marché aurait été passé avec les militaires soutenant la candidature de Ould cheikh Abdallahi : Ould Abdel Aziz et Ould Ghazwani. C’est un jeune qui a exercé jusque-là hors du sérail traditionnel. Sa candidature obéit à une logique qui ne plait pas à tous. Ses soutiens lui valent beaucoup d’ennemis. Son cursus aussi. En plus bien sûr de ceux qui entourent vite Ould Cheikh Abdallahi et s’en accaparent. Bon nombre des ministres qui composent son gouvernement ne relèvent pas de lui. Les tensions apparaissent immédiatement. Le clivage présidence/premier ministère refait surface. Deux exemples : l’affaire de la raffinerie et la rébellion du ministre des finances. 

Zeine Ould Zeidane reçoit une délégation d’investisseurs canadiens en visite dans le pays. au moment de le quitter, l’un d’eux le remercie pour la célérité avec laquelle son groupe vient d’obtenir un agrément pour la construction d’une raffinerie de pétrole. Le Premier ministre est sidéré. Quelques jours avant et à l’occasion d’une demande venue du Golf, un comité interministériel dont il était membre avait préconisé le refus de tout agrément tant que la raffinerie de Nouadhibou n’a pas trouvé acquéreur. Il est aussi le dernier à savoir. Scandale sans lendemain. On saura qu’il s’agit d’une affaire de gros sous où certains des responsables de la présidence sont impliqués. 

La rébellion du ministre des finances de l’époque, Abderrahmane Ould Hamma Vezaz, prend toute son ampleur avec son refus de verser la somme d’un million d’euros dû par Air Mauritanie à l’un de ses fournisseurs. Suffisant pour mettre à l’eau le plan de sauvetage que Ould Zeidane avait élaboré pour sortir la compagnie nationale du marasme né de la mauvaise gestion des années durant. Ould Zeidane avait choisi un jeune cadre, hors du sérail comme lui, d’une grande compétence et surtout d’une rectitude jamais mise à l’épreuve : Isselmou Ould Khattri qui se retrouvera, on ne saura jamais pourquoi ou comment, embarqué dans ce qui deviendra l’affaire Air Mauritanie et qui servira surtout pour éliminer des adversaires politiques au régime. La cause directe de la faillite de la compagnie est bien dans ce bras de fer entre le ministre des finances fortement soutenu par la présidence et le Premier ministre qui impose un plan d’action, un rythme de travail et des deadlines. 

Zeine Ould Zeidane est subitement congédié. Le clan de la présidence a vaincu. Et avec lui tous les nostalgiques de la prédation. Le nouveau Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, est un esprit fin qui a fait école parmi les groupuscules politiques les plus implantés en Mauritanie. Il prône un gouvernement de large consensus dans lequel une partie de l’opposition va se retrouver. Il s’arrange pour en exclure ceux dont il ne veut pas : le Rassemblement des forces démocratiques de Ould Daddah, l’Alliance pour la justice et la démocratie (AJD) de Ibrahima Sarr et Hatem de Ould Hanenna. Il compose avec l’Union des forces du progrès (UFP) et Tawassoul des Islamistes modérés. Crise. Ould Cheikh Abdallahi, deux mois après, fait un pas en arrière mais reconduit le même Ould Ahmed Waghf qui compose un nouveau gouvernement dont les éléments lui échappent pour la plupart. Cela ne durera pas. La crise s’intensifie. Les entourages poussent à la confrontation et l’irréparable est commis. Pour dire que finalement, Ould Ahmed Waghf, n’a pas eu le temps d’imposer de marque. Même s’il a voulu être l’antipode de son prédécesseur. Autant le premier était méticuleux sur l’écrit, autant lui répétait à ses collaborateurs qu’il avait «une mémoire auditive». Non écrite. Autant le premier faisait travailler ses collaborateurs et les obligeait à suivre les dossiers et à rendre compte quotidiennement, autant il était peu regardant sur ces aspects. Mais il n’était qu’une transition vers pire. 

Le 6 août, le Président Ould Cheikh Abdallahi démet les généraux qui le renversent. Aucun des protagonistes n’a visiblement anticipé sur son acte. Le Haut conseil d’Etat prend le pouvoir sans savoir ce qu’il va en faire. Les militaires pensent à l’association des principales figures de la classe politique. Refus. La mise en place du gouvernement prend du temps. Seul le RFD n’est pas loin. C’est en son sein qu’on puise l’essentiel de la formation. Le Premier ministre est nommé : Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Tout le prédispose à mener à bien la mission qui est la sienne. Cadre n’ayant pas trempé dans la gestion d’avant, Ould Mohamed Laghdaf a vécu à l’extérieur ces dernières années et on le disait «ami des européens et surtout de Louis Michel, le commissaire européen». Sa seule affiliation politique connue est celle de soutien indéfectible de Ould Daddah. Ce qui lui donne un avantage. 

On saura plus tard qu’il n’est pas l’ami du commissaire européen et qu’il n’a d’ailleurs aucune relation significative à Bruxelles où il a pourtant officié comme ambassadeur pendant plus de deux ans. Aussi son rôle auprès de Ould Daddah a-t-il toujours été marginal. Pour ce qui est du travail, Ould Mohamed Laghdaf entre vite dans la peau de celui qui est là malgré lui. Si bien que quand il devient le Premier ministre du premier gouvernement d’union nationale du pays, il ne saisit pas l’opportunité historique pour imposer son cachet. Au lendemain de l’élection, son choix évite au président élu Mohamed Ould Abdel Aziz d’avoir à arbitrer parmi ses soutiens. Une erreur. Parce que Ould Mohamed Laghdaf reste dans la psychologie du Premier ministre de l’exception. 

Alors que le Président élu Ould Abdel Aziz est attendu sur de nombreux chantiers, son gouvernement donne l’impression de ne pas bouger. Tout en coûtant (téléphone, train de vie, gestion…). Le Président est le premier à faire le constat : les ministres parlent beaucoup de ses sorties critiques vis-à-vis de l’action du gouvernement, de son refus à les laisser procéder aux nominations qu’ils veulent… 

C’est pourquoi on parle de plus en plus de la probabilité d’un changement de gouvernement. Ce changement peut prendre l’allure d’un remaniement simple touchant quelques départements. Ou être profond pour permettre au Président de la République de replacer son dispositif. 

Il faut dire quand même, qu’à l’état actuel des choses, les principaux collaborateurs de Ould Abdel Aziz ne peuvent même pas servir de fusibles. En premier son Premier ministre qui fait tout pour meubler son temps. Y compris lancer la campagne des pare-feux. Comme si la Mauritanie n’avait pas d’autres problèmes autrement plus urgents, autrement plus graves. 

Rappelons enfin que l’un des thèmes développés par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz alors président du HCE, était le rééquilibrage des institutions de la République. Pour lui, il faut donner plus de pouvoir au Parlement au détriment du Président de la République. Et pour se faire rendre le Premier ministre responsable devant l’Assemblée. Il était question de proposer un référendum constitutionnel à cet effet. Les partenaires politiques – RFD à l’époque – avaient rejeté la proposition sous prétexte qu’elle arrivait très tôt. Et si on la remettait à l’ordre du jour ? 

 

MFO   

Source : La Tribune n°470 




Visa pour la France

13102009

 

 Pourquoi certains et pas d’autres ? 

  

A ceux qui croient que la corruption est un phénomène typiquement africain certains faits peuvent bien prouver le contraire.  Aujourd’hui tous les étudiants qui avaient déposé  un dossier au service des visas de l’ambassade de France sont tous unanimement d’accord que l’obtention de ce document relève d’un parcours on ne peut mystérieux ; en tous cas les seuls critères formellement requis ne suffisent apparemment pas pour avoir le droit de partir en France. 

  

Il y a de cela un mois, un groupe d’étudiants qui manifestait au niveau de l’ambassade de France avait désigné un délégué du nom de Sall Hamidou. 

Ce dernier eut la chance de rencontrer le consul.  A la suite de cette audience il bénéficiera  du  visa. 

  

Quelques semaines plus tard un  autre étudiant nommé Sibiry Traoré avec un certain nombre d’étudiants rejetés fondent un autre mouvement. 

Sibiry Traoré s’autoproclamera délégué et aura la chance de rencontrer le consul et de bénéficier,  lui aussi  du visa. 

  

Le 27 septembre passé un autre mouvement estudiantin voit le jour ayant a sa tête Djibril Mamadou Sall et Soumaré Mohamed. Tous deux refusent  catégoriquement toute forme de nomination d’un délégué  qui pourrait être suspecte aux yeux des autres étudiants. Mais l’étudiant  Bâ Sileye qui n’est ni à l’origine de la création du  troisième mouvement ni le délégué a eu la chance d’avoir sa photo dans un  journal de la place. Il  fut reconnu par les gens du service des visas. Ces derniers  appelèrent le consul croyant qu’il était le cerveau du groupe. Ce qui lui valut l’attribution du visa. Bien entendu il avait eu un entretien avec le consul.   

Quant au consul,  dit qu’il y a deux critères sur lesquels il se fonde pour  octroyer le visa aux étudiants : le critère pédagogique et le critère financier. 

Sur le plan pédagogique,  pendant neuf mois nous avons réussi tous les tests de langue exigés par les universités françaises. Celles-ci,  par la suite, nous ont envoyé  des préinscriptions. 

  

S’attarder  donc sur cette question, n’est-ce pas remettre en cause la préinscription déjà acceptée par les universités que nous avions contactées ? 

  

Sur le plan financier, nous bénéficions d’une garantie financière de nos parents. 

Ce que nous déplorons dans la conduite des autorités consulaires, c’est qu’il y’a une politique de deux poids, deux mesures. 

Si une personne est déléguée d’un groupe et qu’à la suite de’ l’audience avec le consul, elle bénéficie automatiquement  du visa et qu’aucune autre personne du groupe n’en bénéficie cela est injuste et illégal. Du moins cela constitue matière à doute.   

Tous ces faits relatés nous amènent à nous poser les questions suivantes : 

  

-         Quel genre  de discussion le consul entretient-il   avec  les délégués ? 

-         Pourquoi les délégués qui furent rejetés comme les autres se voient automatiquement  attribuer le  visa au détriment des autres membres qu’ils représentent ? 

- Si certains se font rejeter sur le critère pédagogique, comment se fait-il que par la suite on les appelle pour déposer le dossier de demande de visa sachant qu’ils ne seront pas retenus ? A-t-on seulement conscience que ces gens dépensent 36 000 UM qui ne leur seront pas remboursées en cas de refus.   

       

  

Djibril Mamadou Sall et  Soumaré Mohamed 

Etudiants titulaire de maitrises en sociologie et en droit de l’Université de Nouakchott 




Le calvaire des enseignants

13102009

 

 

Comme prévu l’école a ouvert ses portes le dimanche 4 octobre 2009, marquant ainsi le début

de l’année scolaire 2009 – 2010. Après trois mois de vacances, enseignants et élèves reprennent le chemin de l’école. Mais cette année, la rentrée a été marquée par le délabrement des classes et des écoles suite aux fortes pluies enregistrées un peu partout dans le pays. En plus du retard des enseignants, la présence des élèves est faible ou insignifiante dans certains établissements publics de Nouakchott (8 ou 5 élèves par classe).

Pendant que certains cherchent des transfères, des détachements ou des justifications pour ne pas aller en classe, d’autres sont là à revendiquer leurs droits d’enseigner sans que personne ne se soucie de leur sort. C est le cas des 370 enseignants formés par l’ANAPEJ – agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes – qui, après avoir être mis en contact avec les écoles privées, se sont retrouvés dans la rue sans contrats. Ce groupe  d’instituteurs formés en grande partie de femmes sont depuis 3 ans (sortant en 2006- 2008) au chômage. Pour rappel, ils avaient été recrutés et formés grâce à un financement par l’ANAPEJ. Après leur formation, ils auraient dû avoir le statut  et les mêmes droits qu’un enseignant normal mais hélas ce ne fut pas le cas. Ils n’ont  pas été intégrés à la fonction publique et n’arrivent même pas à être embauchés comme contractuels. Après avoir tapé à toutes les portes, ces enseignants ont décidé de faire un setting devant le palais présidentiel pour défendre leur cause.

 C est regrettable de voir ce genre de situation alors que nos écoles manque cruellement d’enseignants et de francisant surtout. Comment pouvons-nous redresser notre système éducatif sans pouvoir assurer à nos écoles le nombre d’instituteurs  qu’il faut et  à veiller à une bonne répartition de ces derniers sur l’ensemble du territoire national. Il ne s’agit pas de recruter à l’aveuglette n’importe qui pour n’importe quoi mais de recruter objectivement des enseignants aptes à former nos enfants qui sont les hommes de demain. Aujourd’hui la première question que posent les parents d’élèves au directeur avant d’inscrire leurs enfants dans une école publique est : est ce que vous enseignez le français ici ?

, tellement le manque d’enseignants francisant est devenu de plus en plus frappant. Il est inadmissible de nos jours que l’on trouve des établissements scolaires sans maitre de français alors que nous avons beaucoup d’enseignants au chômage …              

Par ailleurs, l’année dernière fut l’année des grands échecs par ces résultats catastrophiques et le faible tôt d’admission aux examens de passages (bac, brevet et entrée en sixième).

Ainsi, au moment ou nos établissements continuent à s’agripper au programme actuel (A P C : Approche Par les Compétences)  dont les retombées ne font que s’accroitre, les écoles privées elles asseyent de remédier à leurs insuffisances en changeant les manuels scolaire et en adoptant de nouvelles méthodes.

Source : La Tribune




Mauritanie-UE :

13102009

La reprise pour bientôt 

 

Une délégation de l’Union européenne (UE) dirigée par l’Ambassadeur de Suède, représentante de la Présidence du Conseil de l’UE, Mme Agneta Bohman, et par le Chef d’Unité à la Direction Générale du Développement de la Commission européenne, M. Filiberto Ceriani Sebregondi vient de séjourner du 4 au 7 octobre courant en Mauritanie pour évaluer les progrès du processus de sortie de crise en Mauritanie, ainsi  que la possibilité de rétablissement des liens de coopération avec ce pays.
 «Le but de notre mission est de rapporter au siège de l’UE à Bruxelles les éléments nécessaires pour statuer, dans quelques semaines, sur la possibilité du retour à la normale de la coopération de entre l’UE et la RIM», a indiqué un membre de cette mission au cours d’une conférence de presse organisée mercredi dernier (7/10) au siège de la représentation de l’Union européenne à Nouakchott.
Mme Agneta Bohman a affirmé à cette occasion que les éléments nécessaires pour que cette décision soit prise ont été rassemblées, après des rencontres avec l’ensemble des acteurs politique mauritaniens et de personnalités de la société civile. Elle a également souligné que la mission a pu mentionner chez toutes les parties une acceptation, de facto, du processus électoral qui vient de se dérouler en Mauritanie et dont les résultats ont été largement salués par l’ensemble des observateurs internationaux. Ce même processus dira-t-elle qui pose le deuxième jalon du retour à une vie institutionnelle normale, après celui de l’accord consensuel de Dakar.
La mission a retenu certaines doléances de l’opposition, notamment en ce qui concerne l’absence du dialogue et l’inégalité des chances d’accès aux médias publics.
L’envoi de cette mission en Mauritanie a été décidé par le Conseil de l’UE tenu le 6 avril 2009, dans le cadre d’une procédure de consultation avec la République Islamique de Mauritanie (RIM) au titre de l’article 96 de l’accord de partenariat ACP-CE. Cet accord, qui lie les pays ACP et l’UE, prévoit à son article 96 une procédure de consultation en cas de violation des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’état de droit.
La décision du Conseil de l’UE présentait une feuille de route pour la reprise de la coopération européenne sur base de la mise en œuvre d’un retour consensuel à l’ordre constitutionnel. Elle définissait plusieurs phases de reprise de la coopération sur la base des progrès réalisés dans le sens des recommandations de l’UE, la solution de sortie de crise consensuelle conforme aux éléments essentiels proposés par la communauté internationale, la mise en œuvre effective des éléments de la feuille de route de Dakar, afin de garantir un retour complet de la Mauritanie à l’ordre constitutionnel.
A noter que, de l’avis des observateurs, le retour à une coopération normale entre l’UE et la Mauritanie, n’est plus qu’une question de temps et de procédure. 

Par ailleurs, le ministre des Affaires Etrangère d’Espagne a été en visite en Mauritanie lundi dernier. A l’issue de l’audience que lui a accordée le Président de la République, il que son pays apportera son soutien à La Mauritanie, «afin de réaliser les aspirations du peuple mauritanien vers plus de liberté et de consolidation des institutions démocratiques». Le chef de la diplomatie espagnole qui s’adressait à la presse, s’est dit «satisfait d’avoir rencontré le nouveau président mauritanien et son gouvernement, après le processus ayant conduit au retour à l’ordre constitutionnel dans ce pays». Le ministre Moratinos a expliqué que sa visite en Mauritanie est consacrée à la consolidation des relations entre les deux pays, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’Etat civil, de la pêche, de l’irrigation, de l’hydraulique et de l’assainissement. La Mauritanie et l’Espagne sont liés par plusieurs accords de coopération, notamment dans les domaines de la lutte contre l’immigration clandestine de la formation et de la pêche. Le ministre espagnol a salué « l’élan démocratique » que la Mauritanie « a réussi à redonner aux institutions » du pays. L’élection présidentielle de juillet a été contestée par l’opposition qui a dénoncé des « fraudes massives ». Le chef de la diplomatie espagnole a qualifié ses entretiens avec le président Aziz de « positifs, amicaux et fructueux ». « J’ai remercié le président pour la contribution de la Mauritanie dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine dont les résultats sont extraordinaires, nous allons continuer à travailler la main dans la main pour éradiquer ce phénomène », a-t il souligné. « La Mauritanie subit une forte pression des migrants qui viennent des autres pays et porte ainsi un lourd fardeau », a-t-il affirmé en promettant de développer une « coopération intense » dans la lutte contre l’insécurité sous tous ses aspects. (avec ANI) 

 

 

Encadré : 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

 

 

L’Union européenne évalue la sortie de crise en Mauritanie 

 

Une délégation de l’Union européenne (UE) s’est rendue à Nouakchott les 5-7 octobre derniers pour une mission de suivi suite aux événements du 6 août 2008. Elle a été guidée par l’Ambassadeur de Suède, représentante de la Présidence du Conseil de l’UE, Mme Agneta Bohman, et par le Chef d’Unité à la Direction Générale du Développement de la Commission européenne, M. Filiberto Ceriani Sebregondi. 

La mission est prévue par la décision du Conseil de l’UE du 6 avril 2009 relative à la conclusion de la procédure de consultation avec la République islamique de Mauritanie (RIM) au titre de l’article 96 de l’accord de partenariat ACP-CE. Cet accord, qui lie les pays ACP et l’UE, prévoit à son article 96 une procédure de consultation en cas de violation de ses éléments concernant les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’état de droit. 

La décision du Conseil de l’UE présentait une feuille de route pour la reprise de la coopération européenne sur base de la mise en œuvre d’un retour consensuel à l’ordre constitutionnel. Elle définissait plusieurs phases de reprise de la coopération sur base des progrès suivants: 

 

Ø  Solution de sortie de crise consensuelle conforme aux éléments essentiels proposés par la communauté internationale ; 

Ø  Mise en œuvre factuelle et irréversible de la solution de sortie de crise susmentionnée ; 

Ø  Retour complet de la Mauritanie à l’ordre constitutionnel.  

 

Suite à l’achèvement des deux premiers jalons mentionnés ci-dessus, concrétisé par la signature et la mise en œuvre de l’accord consensuel de Dakar, l’UE a déjà jugé possible la reprise partielle de la coopération avec la RIM. 

La mission a eu comme objectif d’effectuer des constats quant à l’achèvement du dernier jalon, soit le retour à l’ordre constitutionnel et d’examiner les possibilités d’une normalisation complète de la coopération entre l’UE et la RIM. Elle fournira aux Etats Membres de l’UE et à la Commission européenne des indications quant au suivi le plus opportun à donner à la décision du Conseil du 6 avril dernier y compris, le cas échéant, la clôture définitive de la procédure article 96 et quant à la meilleure forme d’un futur dialogue politique entre l’UE et la RIM. 

À cette fin, la mission a rencontré les représentants du gouvernement et des institutions nationales, y compris le Chef d’État, le Premier Ministre, la Ministre des Affaires Étrangères, le Président de l’Assemblée Nationale, le premier vice-Président du Sénat, les représentants des trois pôles politiques signataire de l’Accord de Dakar, les principaux partenaires internationaux, les États Membres de l’UE sur place ainsi qu’un large éventail de personnalités de la société civile qui ont partagé leurs impressions sur la mise en œuvre de la solution consensuelle depuis juin dernier. 

Dans la perspective d’une relance du dialogue politique et de la coopération entre l’UE et la RIM, la mission a entendu les avis de ses interlocuteurs sur les thèmes les plus importants de ce dialogue ainsi que sur les principaux défis auxquels le pays fait face sur le plan économique, social, de la gouvernance et de la sécurité nationale et régionale. (source : représentation de l’UE à Nouakchott)  




Mauritanie-France :

13102009

Front commun contre le crime

Ould Abdel Aziz bientôt en France

 

C’est lundi dernier (5 octobre 09) que ce sont ouverts les travaux de la réunion bilatérale consacrée à la coopération en matière de sécurité entre la France et la Mauritanie. Cette première réunion entre les experts des deux pays devait durer deux jours pour aboutir à un accord de coopération dans ce domaine. Les délégations étaient composées de représentants des ministères de la défense, de l’intérieur, des affaires étrangères et de la justice. La vocation de la réunion n’est pas des faire quelque chose de spécifique entre la Mauritanie et la France, mais d’asseoir une stratégie commune qui s’inscrit nécessairement dans une approche régionale. C’est donc une réunion de sécurité qui a porté sur la sécurité dans le Sahara et le Sahel.

Au cours de la réunion, toutes les questions sécuritaires ont été abordées : terrorisme, trafic d’armes, de drogue et des migrations illégales. « Nous allons échanger notre évaluation de la situation pour voir s’il y a des domaines de coopération qui peuvent être développés » dans ces secteurs sécuritaires « sensibles », a affirmé à l’AFP l’ambassadeur de France à Nouakchott, Michel Vandepoorter, qui conduisait la délégation française, au moment de l’ouverture des travaux de la réunion. Selon lui, cette rencontre, la première du genre, se « préoccupera de développer notre coopération bilatérale sécuritaire dans une perspective régionale » englobant le Mali et le Niger avec qui Paris a déjà tenu des réunions similaires. « Nous avons depuis longtemps constaté que ces trois pays étaient l’objet de menaces qui portaient les germes d’instabilité », a expliqué le diplomate français à l’AFP, insistant sur la grande étendue des territoires des trois pays et l’insuffisance de leurs moyens face à ces menaces. La rencontre pourra « aboutir à des fiches de projets communs » aux plans bilatéral et régional, a-t-il conclu. 

Après la séance d’ouverture solennelle, les participants ont été répartis en trois ateliers spécialisés, chacun dans un domaine. Il fallait aboutir à une feuille de route traçant les approches à suivre pour faire face aux défis sécuritaires. D’abord identifier tous ces défis à travers un échange d’informations entre les deux parties qui permettra de faire l’état des lieux. Ensuite adopter une méthodologie efficace pour anticiper l’action criminelle et prévenir toute tentative de déstabilisation dans la zone. On sait que les deux pays font face principalement à la menace d’Al Qaeda pour un Maghreb Islamique (AQMI) dont la dernière action en Mauritanie a été l’envoi d’un kamikaze se faire exploser contre le mur de l’Ambassade de France à Nouakchott, blessant deux gendarmes français. On sait aussi que les discours enflammés des dirigeants de AQMI sont tous dirigés contre la présence française dans la région.

La stratégie de lutte contre le terrorisme a été longtemps une affaire américaine. L’administration Bush, très belliqueuse par ailleurs, avait imaginé différents programme dont le plus connu était le PANSAHEL qui visait la conception d’une réponse régionale à la menace à travers la conjugaison des efforts militaires. L’option sécuritaire est à l’origine de l’échec de cette première réponse. D’où la naissance d’une nouvelle initiative qui allie réponses aux questions de développement dans la zone et option sécuritaire. Mais les américains n’ont pas trouvé preneur, même s’ils ont mobilisé des fonds pour cela. Avec l’avènement de l’ère Obama, l’option choisie est désormais de faire avec les Européens, surtout les Français dont c’est là le domaine d’influence. Depuis quelques mois, la nouvelle administration ne cesse de faire des signes comme quoi elle serait prête à financer tout projet de lutte contre le terrorisme tout en se tenant relativement à l’écart. Mais la France pense autrement. Elle estime que la menace concerne d’abord l’Europe et particulièrement l’Hexagone. C’est pourquoi elle a choisi d’agir en s’appuyant sur les trois pays que sont le Niger, le Mali et la Mauritanie.

Il s’agit d’élaborer, avec chacun de ces pays, une stratégie commune à vocation régionale. Ensuite à communiquer aux instances concernées de l’Union Européenne les besoins, surtout en matière de formation et de développement de base. C’est dans cette optique qu’il faut situer la création prochaine d’une académie chargée de former les unités d’élite dans les domaines des renseignements, de l’analyse et de l’intervention militaire. Cette académie qui pourrait ouvrir en Mauritanie, recevra les ressortissants des autres pays.

Autre projet, celui qui vise à renforcer la justice nationale. Il faut adapter et mettre à niveau les textes sur le crime organisé en général, et le terrorisme en particulier. Il faut dire par exemple que la législation mauritanienne n’accorde aucune indulgence, aucune faveur aux repentis. Qu’elle punit toute forme de détention de documentation concernant la confection d’armes ou d’informations sur le terrorisme et les terroristes. C’est ainsi que tous ceux qui s’intéressent à la question et qui tirent des documents pour en savoir plus, sont passibles de poursuites. Aussi faut-il former les juges pour en faire de vrais spécialistes des questions sécuritaires. C’est en vue d’une coopération poussée à ce niveau qu’une partie de la délégation française a tenu une réunion spécifique avec le Parquet dirigé par le Magistrat Seyid Ould Ghaylani. C’était au lendemain de la clôture des travaux de la réunion.

Au-delà des résultats de la réunion, certains ont pensé qu’il s’agit d’un signe fort de la part de la France envers les nouvelles autorités. Surtout que cela ne s’arrête pas là. Dans les jours qui viennent, le Chef des Etats Majors français est attendu à Nouakchott pour une visite officielle. Le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz se rend à Paris vers le 20 octobre pour une visite de travail. Ce sera l’occasion pour lui de concrétiser l’élan de solidarité de la France.

Mais il faut signaler que cette approche n’est pas du goût de tout le monde. Des journaux algériens comme Al Khabar ont dénoncé cette réunion y voyant le reniement des accords de Tamanrasset qui optaient pour une coopération militaire régionale impliquant les armées du Mali, du Niger et de la Mauritanie sur le terrain, l’Algérie assurant la logistique et la surveillance aérienne. En Mauritanie, la France trouve plus facile de construire que dans les autres pays concernés. En effet, l’Armée mauritanienne demande moins d’efforts pour se mettre à niveau. Elle est présente partout sur le territoire national qu’elle contrôle plus ou moins bien. Aussi faut-il compter avec une législation certes très imparfaite mais existante quand même. Autant dire donc qu’avec la Mauritanie, la perspective d’une action est immédiate. Reste à savoir comment AQMI va prendre les choses.

 

MFO







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