L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

5 10 2009

Scène I : L’école rouvre ses portes le 4 octobre comme prévu. Flanqués de leurs collaborateurs, les deux ministres ont fait leurs discours l’un après l’autre. En dehors de savoir à qui profite la préséance, aucun intérêt à ce qu’ils ont dit tous les deux. Parce qu’il ne s’agit que de promesses. 

Les mouvements d’affectation d’enseignants n’ont pas été faits. Une grande partie des écoles a été affectée par les pluies. Une autre partie reçoit les populations sans abri dans des villes affectées comme Rosso. Le matériel scolaire n’est pas en place. Et la moitié des familles mauritaniennes ne sont pas encore rentrées de vacances. 

Et quand vous demandez à un officiel il vous dit, «c’est juste pour dire que les écoles rouvrent, on fait semblant d’ici le 20 octobre». Tout ça pour ne pas reconnaitre qu’il y avait des suffisances qui devaient empêcher la réouverture des classes. C’est dommage parce que cela rappelle les anciens réflexes. Ceux qui obligeaient les autorités à pratiquer continuellement la fuite en avant. Est-ce que nous ne sommes pas en train de revenir à cet état d’esprit ? Ce serait dommage… 

Passons, même s’il semble que tout passe par l’école et de sa remise à niveau. 

Scène II, Acte I : un embouteillage sur la route de Nouadhibou, causé par un contrôle policier. Il est 8 heures du matin pourtant. Et on est le premier jour de classe. Retard pour les enfants qui prenaient ce chemin-là. 

Scène II, Acte II : au matin, une file de voitures qui font leur entrée à Nouakchott. Au volant de l’une d’elle un douanier en tenue. On comprend aisément pourquoi. 

Scène III : trois voitures dont les vitres ont été brisées par des voleurs venus de nuit. En face de l’hôtel Tfeila, à quelques mètres d’un contrôle nocturne de la police. 

Scène IV : à n’importe quel feu rouge, au niveau des grands carrefours, toujours des policiers en faction. Passez et regardez ce qui se passe : cinq minutes vous suffisent pour faire le tour de la chose… 

Ce n’est pas grave tout ça. Du moins pas par rapport à des arbitraires exercés quotidiennement, à la déliquescence générale de l’Etat, à la corruption généralisée… on n’a pas oublié que nous sommes encore à la merci de n’importe quelle déviance… on ne doit pas oublier d’où nous revenons… 

Viendra le jour où nos maîtres n’auront plus besoin de nous mentir pour avoir notre soutien. Où ils nous diront exactement où est-ce qu’ils en sont, sans manière. Où nous saurons ce que nous voulons, ce que nous pouvons. Où nous pourrons identifier les sources de blocages. 

Viendra le jour où le pouvoir de l’argent sera moindre. Où la corruption des mœurs sera moindre. Et celle de l’administration moins visible. Alors nous n’aurons plus le «service payé», plus de douanier en tenue au volant d’une voiture appartenant à un riche revendeur de Nouakchott, plus d’intermédiaires, plus de… 

Viendra le jour où nous serons fiers de nous-mêmes. Où l’on regardera notre télévision nationale pour se distraire, s’instruire et apprendre. Où l’on respectera nos hommes de loi pour ce qu’ils nous apportent d’assurance pour nous et nos enfants. Où l’on inscrira nos enfants à l’école publique pour ce qu’elle représente en terme de formation de l’homme mauritanien… 

Restons sur ces notes d’optimisme. Elles nous aideront peut-être à passer le reste. 


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