De sa prison, Sidi Ould Sidina déclare :

26 05 2009
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    • «Nous combattons les américains, les occidentaux et leurs alliés arabes qui les aident à semer le désordre sur notre terre»
    • «Le dialogue ne sert à rien avec les indomptables (Tawaghit). Il n’y a que les armes qui peuvent les obliger à suivre le droit chemin»
    • «Le Président Eli Ould Mohamed Val a évincé Maaouiya Ould Taya parce qu’il disposait d’armes, le général Ould Abdelaziz a évincé Ould Cheikh Abdellahi parce qu’il disposait d’armes, Saleh Ould Hanenna est un leader politique parce qu’il a pris l’arme pour combattre l’injustice. Tous ceux-ci sont devenus leaders. Pourquoi quand ce sont nous précisément qui faisons la même chose, nous devenons criminels ?»

     

    Avec l’aimable autorisation de nos confrères du quotidien arabophone Al Akhbar, nous publions la traduction d’une interview que le journal a réalisé avec l’un des plus connus du mouvement Jihadiste en Mauritanie, Sidi Ould Sidina. Recruté par la mouvance alors qu’il versait dans la délinquance urbaine, Ould Sidina fut arrêté pour la première fois en 2006, au moment où une sérieuse lutte contre le terrorisme commençait. Acquitté après le procès de juillet 2007, il reprend vite ses activités. Après un passage «studieux» au Mali, il est revenu à Nouakchott pour opérer. Appartenant comme il dit à une cellule combattante locale, il est accusé d’avoir participé directement ou indirectement à quelques actions spectaculaires dont l’assassinat de quatre touristes français près d’Aleg. Tout aussi spectaculaire son évasion du Palais de Justice le 1er avril 2008 qui a finalement mené au reste du groupe. Après la fameuse guerre des rues d’avril/mai de la même année. Ce fut la plus grande opération policière de l’Histoire du pays.

    Comme les autres Salafistes accusés d’avoir participé à des opérations de guerre contre leur pays, ils sont en détention à la prison centrale de Nouakchott. C’est là que le journaliste d’Al Akhbar l’a rencontré.

     

    Al Akhbar : Sidi Ould Sidna, les mauritaniens l’ont découvert il y a quelques années seulement. Mais, lui, comment se présente-t-il ?

    Sidi Ould Sidna : Je suis un jeune mauritanien. J’ai un message. Je travaille pour le transmettre. J’appelle à l’application de
    la Loi d’Allah. Je suis soldat de l’organisation Al Qaeda. Je lutte pour asseoir l’arbitrage de
    la Charia, pour rehausser la banderole d’«il n’y a point de divinité à part Allah», pour imposer aux musulmans de prendre pour alliés les seuls musulmans et pour ennemis les mécréants croisés. Je suis membre de l’une des cellules d’Al Qaeda au Maghreb islamique. Je relève de l’autorité de mon émir, Khaled Aboul Abbas alias Belaouar. A Nouakchott, je relève de l’autorité directe de l’émir El Khadime Ould Semmane. Et dans ma cellule, je relève de l’autorité de mon émir Aboul Welid. Je suis un jeune mauritanien qui aime sa communauté. Je la respecte, je la mets au-dessus de la tête et je suis prêt à la défendre si le moindre mal la touche. En revanche, je suis contre les généraux dictateurs (Tawaghit) qui commandent ce pays et refusent d’appliquer la Loi d’Allah. Je les combattrai jusqu’à ce qu’ils se reviennent vers
    la Loi, sinon jusqu’à ce que je meure sur ce chemin. Et il n’y a rien que je souhaite plus qu’une balle me foudroie alors que je fais le djihad pour la cause d’Allah et pour la victoire de Son mot. C’est ce que je suis en bref.

     

    Al Akhbar : Les autorités mauritaniennes te qualifient de «terroriste». Qu’est-ce que tu penses du terrorisme ?

    Sidi Ould Sidna : Si le terrorisme veut dire le djihad pour la cause d’Allah et pour la victoire du Livre et
    la Sunna, s’il veut dire la demande de suivre l’ascendance vertueuse et l’adoption de combattre les mécréants qui agissent pour affaiblir l’Islam, le combattre et marginaliser les musulmans ; si c’est ça le terrorisme, oui je suis terroriste jusqu’au plus profond de mon être. Je le déclare solennellement. Je prends à témoin tout le monde. Et cela m’honore. Si par contre on désigne par ce mot les coupeurs de route, ceux qui tuent les musulmans innocents, et qui se soucient peu des âmes des gens bons et croyants et qui cherchent pour cela à déclencher le chaos, j’en suis loin…

     

    Al Akhbar : Excusez-moi. Mais vous et votre groupe, vous êtes accusés d’être takfiristes rigoureux, de combattre les innocents et d’abattre la vie qu’Allah a décrétée sacrée. Vous avez tué des éléments des forces de l’ordre mauritaniennes. Vous avez tué des touristes français. Qu’est-ce que cela a à voir avec le djihad ? Et comment justifiez-vous le meurtre des innocents ?

    Sidi Ould Sidna : Soyons francs et discutons ce sujet avec objectivité et clarté. S’agissant des touristes français que nous avons tués et auxquels les médias ont tenté de donner l’image d’une famille innocente, ces touristes sont des policiers français en service sous un régime français dont les soldats, dans le cadre d’une alliance qui s’efforce de semer le désordre dans les pays des musulmans, combattent dans le pays des musulmans, tuent, avec un sang froid, les frères en Afghanistan et en Irak, violent les femmes voilées et abattent les enfants. Alors que nous, nous avons tué des hommes dont le moins âgé est né en 1978. Nous n’avons tué ni une femme ni un enfant et nous n’avons brûlé aucun champ. 

    Concernant notre accusation de tuer des innocents, je vous dis qu’avant notre arrestation nous avions des armes ; des bombes et des canons. Nous pouvions faire exploser des marchés de Nouakchott et tuer des innocents par dizaines et même par centaines. Nous pouvions viser simultanément plusieurs rassemblements et allumer tous les coins. Mais nous ne l’avons pas fait. Parce que nous ne voulons pas tuer les gens. Nous combattons les ennemis d’Allah. Nous combattons les américains, les occidentaux et leurs alliés arabes qui les aident à semer le désordre sur notre terre.

    Concernant le meurtre des éléments de forces de l’ordre, l’expression que vous utilisez n’est pas propice. Si vous dites que nous les avons tués, cela veut dire que nous l’avons fait à tort. Alors que ce qu’il y a eu lieu de dire, c’est que nous étions encerclés par les forces de l’ordre dans une maison où nous étions, nous et la police, sur la même position de combat, puis, il y a eu des affrontements au cours desquels des salafistes et des éléments de forces de l’ordre ont été tués. Et avec les forces de l’ordre il y avait des experts français, c’est-à-dire des étrangers ennemis de la religion. Naturellement, le pouvoir dira que nous visons les innocents. Mais les mauritaniens sont suffisamment intelligents pour découvrir une telle ruse.

     

    Al Akhbar : Etiez-vous le premier à tirer ?

    Sidi Ould Sidna : Oui, eux, les hommes en uniforme sont tellement lâches qu’ils ne pouvaient pas tirer les premiers. Après tout, peu importe qui était le premier à tirer. Ce qui importe c’est que sur la liste de nos missions et nos objectifs ne figure point une intention d’attaquer les soldats. Mais, ce sont eux qui nous suivent, qui nous bloquent la route et qui se sacrifient pour les occidentaux croisés, ce qui fait que nous nous trouvons en position de combat contre eux. Sinon, nous évitons, généralement, de nous trouver en pareille situation avec un musulman.

     

    Al Akhbar : Le maintien de l’ordre et la défense de l’intégrité territoriale figurent parmi les devoirs nationaux et fonctionnels, des soldats et des hommes de sûreté. N’est-ce pas ?

    Sidi Ould Sidna : Et nous, parmi nos devoirs religieux figurent le combat des ennemis d’Allah et le djihad pour Sa cause. Nous nous soumettons à l’ordre d’Allah, qu’ils se soumettent à l’ordre de leurs chefs hiérarchiques et voyons qu’est-ce qui est le plus adéquat : exécuter l’ordre d’Allah ou celle du chef hiérarchique ? Ce qui est sûr c’est que l’exécution d’un ordre d’Allah est prioritaire à l’exécution d’un ordre de toute créature. Et je vous dis quelque chose : sans la Providence, ce pays serait tombé dans une catastrophe, et tu aurais vu ceux qui se présentent aujourd’hui comme des protecteurs s’enfuir et laisser le pays complètement dévasté, comme ce qu’a fait le Parti Baath en Irak. Aujourd’hui, ce ne sont que les hommes d’Al Qaeda qui combattent le colonisateur en Irak. Quant à ces totems perfides (Tawaghit), je n’ai jamais vu plus lâche qu’eux.

     

    Al Akhbar : Tu dis que vous appelez à travers votre djihad à l’application de

    la Charia. Il y a d’autres qui appellent à l’application de
    la Charia, mais qui adoptent le dialogue et le système démocratique. Pourquoi ne les suivez-vous pas ?

    Sidi Ould Sidna: Le dialogue ne sert à rien avec les indomptables (Tawaghit). Il n’y a que les armes qui peuvent les obliger à suivre le droit chemin. Puis, en réalité, il n’y a personne, à part nous, qui appelle à l’application de la Charia.

     

    Al Akhbar : Que dis-tu de Tawassoul (RNRD), ce parti politique islamiste qui a sa place sur l’échiquier politique et qui œuvre pour appliquer un système de gouvernance à vision islamiste pacifiste et non rigoureuse ?

    Sidi Ould Sidna (souriant) : Ceux-ci n’appellent pas à l’application littérale de la Charia. Ils implorent le soutien des Etats occidentaux, l’Amérique et

    la France. Comment peuvent-ils freiner les croisades contre l’Islam avec l’aide de leurs ennemis ? C’est irraisonnable. Les choses sont claires.

    Nous, nous voulons un Etat musulman (islamiste, ndlr) qui applique
    la Loi d’Allah telle que définie dans le Livre d’Allah et
    la Sunna de son Messager. Dans ce cas-là, nous nous soumettons au commandement de celui qui gouverne
    la Mauritanie et nous serons de ses soldats. Nous combattrons ce qu’il combattra et deviendrons l’ennemi de ses ennemis. Et tout, sauf cela, est faux.

     

    Al Akhbar : Comment justifiez-vous l’utilisation de l’arme pour changer la méthode de gouvernance avec toutes les menaces qu’elle porte à la stabilité ?

    Sidi Ould Sidna : Le Président Eli Ould Mohamed Val a évincé Maaouiya Ould Taya parce qu’il disposait d’armes, le général Ould Abdelaziz a évincé Ould Cheikh Abdellahi parce qu’il disposait d’armes, Saleh Ould Hanenna est un leader politique parce qu’il a pris l’arme pour combattre l’injustice. Tous ceux-ci sont devenus leaders. Pourquoi quand ce sont nous précisément qui faisons la même chose, nous devenons criminels ?

    C’est, mon frère, la philosophie de la domination : parce que nous sommes détenus aujourd’hui, on applique sur nous les textes juridiques jamais appliqués auparavant et les fatwas des oulémas officiels qui ne sont féroces qu’avec les dominés. N’ont-ils pas dit que Ould Dedew est un islamiste rigoureux qui prêche la violence ? Leurs oulémas n’ont-ils pas rédigé des fatwas dans ce sens ? N’est-il pas (Ould Dedew) rapproché aujourd’hui et ne paraît-il pas à la télévision ? N’ont-ils pas dit que Saleh (Ould Hanenna), lorsqu’il a fait son putsch, est un criminel et le voilà aujourd’hui un grand leader politique ? Demain, si nous prenons le pouvoir tout cela va changer. Tu verras beaucoup de ceux qui nous incriminent aujourd’hui nous souhaiter la bienvenue et publier de nouvelles fatwas sur de nouvelles bases juridiques.

    Notre communauté est soumise à des leaders injustes et l’injuste ne se perpétue pas sur une terre musulmane. Et si la Charia n’est pas appliquée, les gouverneurs de
    la Mauritanie ne doivent pas rêver de la sûreté. Parce qu’ils ne l’obtiendront jamais.

     

    Al Akhbar : Cela signifie-t-il qu’il n’y a pas de place pour un dialogue entre vous et les autorités, si nous écartons le côté juridique de votre affaire ?

    Sidi Ould Sidna : Je ne vois aucune place pour ce dialogue. Le pouvoir mauritanien est un régime tyrannique, loin de la vérité, et nous, nous voulons implanter le mot d’Allah, une implantation totale. Mais, je t’expose une initiative qui pourra être le début d’une trêve entre nous et eux s’ils sont vraiment soucieux, comme il nous est parvenu, de mettre fin à ce qu’ils appellent le développement du terrorisme dans les rangs des jeunes : qu’ils organisent un débat télévisé, suivi par l’opinion publique nationale, entre nous et les oulémas qui leur disent que nous sommes rebelles à
    la Nation et au sultan. S’ils nous convainquent par le Coran et
    la Sunna nous nous repentons, nous abandonnons ce chemin et présentons à eux nos excuses. Si nous les convainquons par
    la Vérité et les preuves, ils nous laissent le pouvoir pour appliquer notre vision, ils se repentent et s’excusent auprès de nous. Tout cela doit se tenir loin de l’arrogance et dans un climat favorable à l’éclaircissement de la réalité.

     

    Al Akhbar : Le gouvernement ne paraît-il pas ouvert avec vous ? Vous venez de recevoir la visite du ministre de la justice et du commissaire chargé des droits de l’homme qui s’enquéraient personnellement de vos conditions, dans une tentative de vous rapprocher l’administration. N’est-ce pas le respect de vos droits ? 

    Sidi Ould Sidna: Mon frère, ce Bal Amadou Tidjane est un effronté qui n’a aucun respect pour la vérité. Il dit qu’il nous a visités pour s’enquérir de nos conditions de détention. La vérité en est qu’on lui a ouvert les portes, il nous a montré son nez et il a quitté rapidement. Il ne nous a pas interrogés sur nos problèmes. Ni lui ni son homologue n’ont pris la peine de s’enquérir sur la mauvaise alimentation et la torture que nous subissons en prison, où nous subissons toutes les sortes de torture et vous pouvez trouver les détails dans le rapport d’Amnesty international. Je t’avoue que les détenus sont torturés par le versement des eaux de fosses septiques sur leurs têtes. Certains détenus, plus de deux, sont actuellement dans des cellules appelées «sullur» qui sont tellement petites que personne n’y puisse tenir debout, où ils restent, pieds et mains liés, pendant des jours voire des semaines et même des mois. Je vous rends compte que Ould Semane souffre, au niveau de la tête, de fortes douleurs qui ont des conséquences négatives sur sa santé, des douleurs qui l’empêchent parfois de dormir et qui mettent sa vie en danger. Il a besoin d’urgence de faire des analyses scanner et eux, ils refusent de lui sauver la vie. Maarouf Ould Haïba souffre, lui aussi, à cause de la torture dont il est l’objet, de douleurs qui l’affectent… Tout cela et tu me dis que le ministère de la justice et le commissaire des droits de l’homme respectent nos droits ? Non, ils ne le font pas.

     

    Al Akhbar : Les forces mauritaniennes de l’ordre ont abattu des membres du slafaisme djihadiste et ont arrêté certains de ses leaders. Croyez-vous que le salafisme djihadiste est fini avec votre arrestation, vous et l’émir et autres leaders d’Al Qaeda ?

    Sidi Ould Sidna : Al Qaeda ne finit pas de cette manière. Al Qaeda, c’est un esprit et un message d’abord. Puis c’est une organisation structurée qui prend corps  sur des générations guerrières entières. Ne disait-on pas que le djihad va cesser après Zarqaoui ? Voilà que Zarqaoui est décédé et le djihad continue. Et puis, le sang de nos martyrs ne coule pas en vain. Le sang de mon frère et de mes compagnons de religion et du djihad ne va pas à tous les vents. Je te le jure. Derrière eux se trouvent des hommes authentiques qui suivent le chemin du djihad jusqu’à la levée du drapeau de l’Islam. Après nous, il y aura une nouvelle génération de combattants. Et les générations se succéderont jusqu’à ce que l’arbitrage de
    la Loi d’Allah soit décidé.

     

    Al Akhbar : Quel lien tenez-vous avec le djihadisme salafiste international ? Est-ce qu’il finance vos activités ?

    Sidi Ould Sidna : Nous et les salafistes algériens sommes les mêmes. Nous combattons à leur côté et les secourons. La foi et la piété nous unissent. Nous avons notre relation directe avec Khaled Aboul Abbas que j’ai rencontré personnellement dans le désert, et qui n’a pas l’image négative que les renseignements tentent de lui coller ; c’est un homme de bien, partisan d’Al Qaeda, qui rêve de fonder des communautés islamiques.

     

    Al Akhbar: Quels sont en détail les liens qui vous lient au salafisme algérien ? Et quelles sont les natures d’entraînements dont vous bénéficiez dans ce domaine ?

    Sidi Ould Sidna: Je ne crois pas qu’il est utile d’évoquer ce sujet. Tu sais, il y a les secrets du djihad et, le moment approprié, nous pourrons parler de la nature de ces liens pour éclaircir certaines visions sans pour autant toucher la spécificité de notre action.

    Notre djihad est un sujet un peu compliqué. Puisqu’on ne nous paie pas des salaires pour le faire, en revanche, nous nous sacrifions et sacrifions nos biens pour lui. L’heure d’en parler n’a pas encore sonné.

     

    Encadré 

    En bref : 

    Al Akhbar : Comment es-tu devenu combattant salafiste ?

    Sidi Ould Sidna : Parce que j’ai vu comment Oussama Ben Laden agit et j’ai vu comment les américains violent l’intégrité des femmes musulmanes en Irak.

     

    Al Akhbar : Comment cela t’a-t-il guidé au slafisme ?

    Sidi Ould Sidna : J’ai émigré vers les frères combattants d’Al Qaeda. J’ai adhéré à leurs brigades. Je suis devenu l’un de ces soldats qui combattent les croisés mécréants.

     

    Al Akhbar : Crois-tu à la pérennité du courant salafiste ?

    Sidi Ould Sidna (avec fermeté) : Oui bien sûr. Il y a derrière moi des hommes qui se trouvent disséminés d’Irak jusqu’en Afghanistan, je suis musulman et je fais le djihad pour lever le mot d’Allah, comment pourrai-je ne pas avoir la plus grande confiance ? Oui, c’est une confiance inégalable.

     

    Al Akhbar : Qu’est-ce qui a attiré le plus ton attention durant le procès ?

    Sidi Ould Sidna : Ce qui a attiré le plus mon attention, c’est le fait que des policières mauritaniennes ont été chargées de maintenir l’ordre dans la salle d’audiences. Comment un musulman accepte-t-il à ses filles de porter ces habits qui ne cachent pas la nudité ?

     

    Al Akhbar : Crois-tu donc que la femme ne doit quitter sa demeure que pour sa tombe ?

    Sidi Ould Sidna : Pas forcément. Mais, qu’elle passe sa vie en conformité avec la Charia et qu’elle cache ce qu’Allah lui a ordonné de cacher.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai qu’une ex-amie sénégalaise t’a servi en acceptant que toi et Ould Chabarnoux vous cachiez chez elle, après l’attaque d’Aleg ?

    Sidi Ould Sidna : Non, c’est de la propagande distillée par la police pour nuire à nos images et nous présenter comme si nous étions des dévoyés. Et c’est ce qu’elle fait habituellement à travers la publication de faux rapports qui ne portent profit qu’à eux comme tyrans qui cherchent par tous les moyens un dossier à vendre à l’occident au détriment de la patrie.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai que tu as dit au procureur de
    la République que tu finiras par échapper de la prison quelles que soient les mesures prises par les autorités pénitentiaires ?

    Sidi Ould Sidna : Oui. Je lui ai dit que je vais sortir de la prison, espérant qu’Allah m’accorde le succès pour que j’œuvre pour la levée de Son Mot et pour le djihad pour Sa cause. Et la facilité sera avec nous, si Dieu le veut.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai que tu as giflé une inspectrice de police qui venait t’interroger après votre détention ?

    Sidi Ould Sidna : Non. Ce n’est pas vrai.

     

    Al Akhbar : Pourquoi refuses-tu de reconnaître l’avocat qui devait te défendre ?

    Sidi Ould Sidna : Parce qu’il relève d’un gouvernement de tyrans.

     

    Al Akhbar : La justice peut te condamner à mort. Ton dossier est dangereux devant la justice. Comment vois-tu tout cela ?

    Sidi Ould Sidna : Que des jugements sur papiers. Le vrai jugement appartient à Allah. A qui appartient également l’ordre, avant comme après. Je ne reconnais ni la loi positiviste ni la cour ni les généraux.

     

    Al Akhbar : Quelle est votre position, en votre qualité de salafistes, vis-à-vis des élections ?

    Sidi Ould Sidna : Ce n’est qu’un épisode d’une série d’égarements dans lesquels se débat le gouvernement mauritanien.

     

    Al Akhbar : Cela Signifie-t-il que tu soutiens le Front national pour la défense de
    la Démocratique, FNDD et le RFD dans leur position contre le général Aziz ?

    Sidi Ould Sidna : Je ne soutiens ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’un groupe de laïcs qui se disputent pour des questions d’ici-bas. Personne d’entre eux n’appelle à l’application de la c

    Charia. De facto, je ne suis aucunement concerné par ces élections. Et si j’ai à adhérer à un front, ce ne sera pas, naturellement, le Front national pour la défense de la  démocratie, mais, plutôt, un front combatif pour le djihad et l’exposition de la vérité.

     

    Al Akhbar : Quel est le dernier livre que tu as lu ?

    Sidi Ould Sidna : El Mouwatta’ de l’imam Maleck. 

     

    Al Akhbar: Le dernier contrat que tu as noué ?

    Sidi Ould Sidna : L’achat d’une voiture Mercedes 190 à un prix de neuf cents mille ouguiyas, peu avant le meurtre des touristes français.

     

    Al Akhbar : Qu’est-ce qui provoque ta dérision ?

    Sidi Ould Sidna : La loi moderne. Vraiment, je me moque quand j’entends le procureur de
    la République dire : l’article 14 dit, un tel article dit.

     

    Al Akhbar : Une personne à laquelle tu as de pitié ?

    Sidi Ould Sidna : Le général Mohamed Ould Abdelaziz. 

     

    Al Akhbar : As-tu regretté quelque chose que tu as fait dans ta vie ?

    Sidi Ould Sidna : Je regrette que je n’aie découvert la voie correcte que très tard dans ma vie. Louange Allah pour m’avoir acheminé vers la voie du djihad.

     

    Al Akhbar : Quant te marieras-tu ?

    Sidi Ould Sidna : Bientôt in cha Allah. 

     

    Al Akhbar : Quand exactement?

    Sidi Ould Sidna : Je t’ai dit bientôt.

     

    Al Akhbar : Quel est ton souhait le plus fort ?

    Sidi Ould Sidna : Que je meurs en martyr.

  • Propos recueillis par Rabi’ Ould Idoumou. 

Soure : La Tribune n°450

 


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