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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

26052009

 Pétrole Mauritanien : espoir dans la sous région ? 

La société Malaisienne Petronas s’apprête à dévoiler son plan de développement pour le champ gazier de Banda. Celui-ci sera présenté   aux autorités  du pays dans les prochains mois.  Il sera question d’un acheminement de la production vers Nouakchott pour approvisionner une centrale électrique de 700 MW capable de fournir du courant à la région entière. D’après le quotidien  arabophone Es sevir se basant sur « une  déclaration  récente de  la société Sterling Energy,  la Production du champ Chinguitty  a progressé  de 70% ».  « Augmentation  ayant relevé l’espoir dans les âmes mauritaniennes dans la possibilité du développement de l’industrie pétrolière », poursuit le journal  dans une longue analyse.   

En fait, l’extraction du pétrole de Chinguitty s’est heurtée à des difficultés liées aux erreurs  d’évaluation et d’estimation des lieux de forage.  Les années 2006 et 2007 ont été marquées par une faiblesse substantielle de la production du seul champ pétrolier en exploitation : 37.000 barils/jour de moyenne (Chinguetti).  La  production journalière  avoisinait  en moyenne depuis 2007 les    14.000  bpj  par rapport à l’estimation initiale qui est  de  75 000 bpj.  

Il semble que l’entrée de la société Petronas par l’achat des intérêts de la société australienne  Woodside et qui a 47% du champ Chinguitty a donné aux Malaisiens l’occasion d’améliorer les moyens de productions. Ce  qui s’explique par  l’augmentation de la production après le forage de deux nouveaux puits (C20 et C21). Toutefois, la production  ne dépasserait  plus les 14 mille barils en moyenne d’après des spécialistes avertis. C’est-à dire, la progression de 70% de la production n’a été que de courte durée. Elle  était signalée  par rapport à une production initiale de 10 mille. Ce taux est révisé. Et le vrai pourcentage n’est que 30%.  C’est dans le domaine gazier qu’il faut désormais chercher à tirer du  profit. 

En effet, le besoin  mauritanien interne de carburant est de 25 mille barils par jour. Ce qui montre que le pays ne couvre    même pas  ses  besoins internes.  A cela, il faut ajouter  que la production de 14000barils par jour est ‘affectée’ par le contrat de partage de production. La Mauritanie ne remporte que 33% de la production plus  les taxes.    Par ailleurs, l’exploration de la société Total dans le bassin Taoudenni est le premier élément déterminant. « Dans ce bassin qui couvre 500 mille Km2 du territoire du pays, le résultat du premier forage au cours de cette année de  la société française sera scruté par tous les autres pétroliers du bassin. Un puits sec peut s’avérer catastrophique auprès des autres opérateurs du  plus grand bassin onshore de l’Afrique de l’ouest », explique un expert dans le domaine pétrolier. Le résultat du forage seront acquis d’ici la fin de l’année.  Un tel résultat  peut être une source d’engouement des sociétés pétrolières.  Le Mali qui possède une partie du Taoudenni regarde aussi de près Total. « Le premier forage d’ente nazionale idrocarburi (ENI) côté malien aurait dû intervenir cette année, mais la major italienne veut le repousser à l’année prochaine et attendre les résultats de Total » (sic). m_barrada@yahoo.fr 




De sa prison, Sidi Ould Sidina déclare :

26052009
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    • «Nous combattons les américains, les occidentaux et leurs alliés arabes qui les aident à semer le désordre sur notre terre»
    • «Le dialogue ne sert à rien avec les indomptables (Tawaghit). Il n’y a que les armes qui peuvent les obliger à suivre le droit chemin»
    • «Le Président Eli Ould Mohamed Val a évincé Maaouiya Ould Taya parce qu’il disposait d’armes, le général Ould Abdelaziz a évincé Ould Cheikh Abdellahi parce qu’il disposait d’armes, Saleh Ould Hanenna est un leader politique parce qu’il a pris l’arme pour combattre l’injustice. Tous ceux-ci sont devenus leaders. Pourquoi quand ce sont nous précisément qui faisons la même chose, nous devenons criminels ?»

     

    Avec l’aimable autorisation de nos confrères du quotidien arabophone Al Akhbar, nous publions la traduction d’une interview que le journal a réalisé avec l’un des plus connus du mouvement Jihadiste en Mauritanie, Sidi Ould Sidina. Recruté par la mouvance alors qu’il versait dans la délinquance urbaine, Ould Sidina fut arrêté pour la première fois en 2006, au moment où une sérieuse lutte contre le terrorisme commençait. Acquitté après le procès de juillet 2007, il reprend vite ses activités. Après un passage «studieux» au Mali, il est revenu à Nouakchott pour opérer. Appartenant comme il dit à une cellule combattante locale, il est accusé d’avoir participé directement ou indirectement à quelques actions spectaculaires dont l’assassinat de quatre touristes français près d’Aleg. Tout aussi spectaculaire son évasion du Palais de Justice le 1er avril 2008 qui a finalement mené au reste du groupe. Après la fameuse guerre des rues d’avril/mai de la même année. Ce fut la plus grande opération policière de l’Histoire du pays.

    Comme les autres Salafistes accusés d’avoir participé à des opérations de guerre contre leur pays, ils sont en détention à la prison centrale de Nouakchott. C’est là que le journaliste d’Al Akhbar l’a rencontré.

     

    Al Akhbar : Sidi Ould Sidna, les mauritaniens l’ont découvert il y a quelques années seulement. Mais, lui, comment se présente-t-il ?

    Sidi Ould Sidna : Je suis un jeune mauritanien. J’ai un message. Je travaille pour le transmettre. J’appelle à l’application de
    la Loi d’Allah. Je suis soldat de l’organisation Al Qaeda. Je lutte pour asseoir l’arbitrage de
    la Charia, pour rehausser la banderole d’«il n’y a point de divinité à part Allah», pour imposer aux musulmans de prendre pour alliés les seuls musulmans et pour ennemis les mécréants croisés. Je suis membre de l’une des cellules d’Al Qaeda au Maghreb islamique. Je relève de l’autorité de mon émir, Khaled Aboul Abbas alias Belaouar. A Nouakchott, je relève de l’autorité directe de l’émir El Khadime Ould Semmane. Et dans ma cellule, je relève de l’autorité de mon émir Aboul Welid. Je suis un jeune mauritanien qui aime sa communauté. Je la respecte, je la mets au-dessus de la tête et je suis prêt à la défendre si le moindre mal la touche. En revanche, je suis contre les généraux dictateurs (Tawaghit) qui commandent ce pays et refusent d’appliquer la Loi d’Allah. Je les combattrai jusqu’à ce qu’ils se reviennent vers
    la Loi, sinon jusqu’à ce que je meure sur ce chemin. Et il n’y a rien que je souhaite plus qu’une balle me foudroie alors que je fais le djihad pour la cause d’Allah et pour la victoire de Son mot. C’est ce que je suis en bref.

     

    Al Akhbar : Les autorités mauritaniennes te qualifient de «terroriste». Qu’est-ce que tu penses du terrorisme ?

    Sidi Ould Sidna : Si le terrorisme veut dire le djihad pour la cause d’Allah et pour la victoire du Livre et
    la Sunna, s’il veut dire la demande de suivre l’ascendance vertueuse et l’adoption de combattre les mécréants qui agissent pour affaiblir l’Islam, le combattre et marginaliser les musulmans ; si c’est ça le terrorisme, oui je suis terroriste jusqu’au plus profond de mon être. Je le déclare solennellement. Je prends à témoin tout le monde. Et cela m’honore. Si par contre on désigne par ce mot les coupeurs de route, ceux qui tuent les musulmans innocents, et qui se soucient peu des âmes des gens bons et croyants et qui cherchent pour cela à déclencher le chaos, j’en suis loin…

     

    Al Akhbar : Excusez-moi. Mais vous et votre groupe, vous êtes accusés d’être takfiristes rigoureux, de combattre les innocents et d’abattre la vie qu’Allah a décrétée sacrée. Vous avez tué des éléments des forces de l’ordre mauritaniennes. Vous avez tué des touristes français. Qu’est-ce que cela a à voir avec le djihad ? Et comment justifiez-vous le meurtre des innocents ?

    Sidi Ould Sidna : Soyons francs et discutons ce sujet avec objectivité et clarté. S’agissant des touristes français que nous avons tués et auxquels les médias ont tenté de donner l’image d’une famille innocente, ces touristes sont des policiers français en service sous un régime français dont les soldats, dans le cadre d’une alliance qui s’efforce de semer le désordre dans les pays des musulmans, combattent dans le pays des musulmans, tuent, avec un sang froid, les frères en Afghanistan et en Irak, violent les femmes voilées et abattent les enfants. Alors que nous, nous avons tué des hommes dont le moins âgé est né en 1978. Nous n’avons tué ni une femme ni un enfant et nous n’avons brûlé aucun champ. 

    Concernant notre accusation de tuer des innocents, je vous dis qu’avant notre arrestation nous avions des armes ; des bombes et des canons. Nous pouvions faire exploser des marchés de Nouakchott et tuer des innocents par dizaines et même par centaines. Nous pouvions viser simultanément plusieurs rassemblements et allumer tous les coins. Mais nous ne l’avons pas fait. Parce que nous ne voulons pas tuer les gens. Nous combattons les ennemis d’Allah. Nous combattons les américains, les occidentaux et leurs alliés arabes qui les aident à semer le désordre sur notre terre.

    Concernant le meurtre des éléments de forces de l’ordre, l’expression que vous utilisez n’est pas propice. Si vous dites que nous les avons tués, cela veut dire que nous l’avons fait à tort. Alors que ce qu’il y a eu lieu de dire, c’est que nous étions encerclés par les forces de l’ordre dans une maison où nous étions, nous et la police, sur la même position de combat, puis, il y a eu des affrontements au cours desquels des salafistes et des éléments de forces de l’ordre ont été tués. Et avec les forces de l’ordre il y avait des experts français, c’est-à-dire des étrangers ennemis de la religion. Naturellement, le pouvoir dira que nous visons les innocents. Mais les mauritaniens sont suffisamment intelligents pour découvrir une telle ruse.

     

    Al Akhbar : Etiez-vous le premier à tirer ?

    Sidi Ould Sidna : Oui, eux, les hommes en uniforme sont tellement lâches qu’ils ne pouvaient pas tirer les premiers. Après tout, peu importe qui était le premier à tirer. Ce qui importe c’est que sur la liste de nos missions et nos objectifs ne figure point une intention d’attaquer les soldats. Mais, ce sont eux qui nous suivent, qui nous bloquent la route et qui se sacrifient pour les occidentaux croisés, ce qui fait que nous nous trouvons en position de combat contre eux. Sinon, nous évitons, généralement, de nous trouver en pareille situation avec un musulman.

     

    Al Akhbar : Le maintien de l’ordre et la défense de l’intégrité territoriale figurent parmi les devoirs nationaux et fonctionnels, des soldats et des hommes de sûreté. N’est-ce pas ?

    Sidi Ould Sidna : Et nous, parmi nos devoirs religieux figurent le combat des ennemis d’Allah et le djihad pour Sa cause. Nous nous soumettons à l’ordre d’Allah, qu’ils se soumettent à l’ordre de leurs chefs hiérarchiques et voyons qu’est-ce qui est le plus adéquat : exécuter l’ordre d’Allah ou celle du chef hiérarchique ? Ce qui est sûr c’est que l’exécution d’un ordre d’Allah est prioritaire à l’exécution d’un ordre de toute créature. Et je vous dis quelque chose : sans la Providence, ce pays serait tombé dans une catastrophe, et tu aurais vu ceux qui se présentent aujourd’hui comme des protecteurs s’enfuir et laisser le pays complètement dévasté, comme ce qu’a fait le Parti Baath en Irak. Aujourd’hui, ce ne sont que les hommes d’Al Qaeda qui combattent le colonisateur en Irak. Quant à ces totems perfides (Tawaghit), je n’ai jamais vu plus lâche qu’eux.

     

    Al Akhbar : Tu dis que vous appelez à travers votre djihad à l’application de

    la Charia. Il y a d’autres qui appellent à l’application de
    la Charia, mais qui adoptent le dialogue et le système démocratique. Pourquoi ne les suivez-vous pas ?

    Sidi Ould Sidna: Le dialogue ne sert à rien avec les indomptables (Tawaghit). Il n’y a que les armes qui peuvent les obliger à suivre le droit chemin. Puis, en réalité, il n’y a personne, à part nous, qui appelle à l’application de la Charia.

     

    Al Akhbar : Que dis-tu de Tawassoul (RNRD), ce parti politique islamiste qui a sa place sur l’échiquier politique et qui œuvre pour appliquer un système de gouvernance à vision islamiste pacifiste et non rigoureuse ?

    Sidi Ould Sidna (souriant) : Ceux-ci n’appellent pas à l’application littérale de la Charia. Ils implorent le soutien des Etats occidentaux, l’Amérique et

    la France. Comment peuvent-ils freiner les croisades contre l’Islam avec l’aide de leurs ennemis ? C’est irraisonnable. Les choses sont claires.

    Nous, nous voulons un Etat musulman (islamiste, ndlr) qui applique
    la Loi d’Allah telle que définie dans le Livre d’Allah et
    la Sunna de son Messager. Dans ce cas-là, nous nous soumettons au commandement de celui qui gouverne
    la Mauritanie et nous serons de ses soldats. Nous combattrons ce qu’il combattra et deviendrons l’ennemi de ses ennemis. Et tout, sauf cela, est faux.

     

    Al Akhbar : Comment justifiez-vous l’utilisation de l’arme pour changer la méthode de gouvernance avec toutes les menaces qu’elle porte à la stabilité ?

    Sidi Ould Sidna : Le Président Eli Ould Mohamed Val a évincé Maaouiya Ould Taya parce qu’il disposait d’armes, le général Ould Abdelaziz a évincé Ould Cheikh Abdellahi parce qu’il disposait d’armes, Saleh Ould Hanenna est un leader politique parce qu’il a pris l’arme pour combattre l’injustice. Tous ceux-ci sont devenus leaders. Pourquoi quand ce sont nous précisément qui faisons la même chose, nous devenons criminels ?

    C’est, mon frère, la philosophie de la domination : parce que nous sommes détenus aujourd’hui, on applique sur nous les textes juridiques jamais appliqués auparavant et les fatwas des oulémas officiels qui ne sont féroces qu’avec les dominés. N’ont-ils pas dit que Ould Dedew est un islamiste rigoureux qui prêche la violence ? Leurs oulémas n’ont-ils pas rédigé des fatwas dans ce sens ? N’est-il pas (Ould Dedew) rapproché aujourd’hui et ne paraît-il pas à la télévision ? N’ont-ils pas dit que Saleh (Ould Hanenna), lorsqu’il a fait son putsch, est un criminel et le voilà aujourd’hui un grand leader politique ? Demain, si nous prenons le pouvoir tout cela va changer. Tu verras beaucoup de ceux qui nous incriminent aujourd’hui nous souhaiter la bienvenue et publier de nouvelles fatwas sur de nouvelles bases juridiques.

    Notre communauté est soumise à des leaders injustes et l’injuste ne se perpétue pas sur une terre musulmane. Et si la Charia n’est pas appliquée, les gouverneurs de
    la Mauritanie ne doivent pas rêver de la sûreté. Parce qu’ils ne l’obtiendront jamais.

     

    Al Akhbar : Cela signifie-t-il qu’il n’y a pas de place pour un dialogue entre vous et les autorités, si nous écartons le côté juridique de votre affaire ?

    Sidi Ould Sidna : Je ne vois aucune place pour ce dialogue. Le pouvoir mauritanien est un régime tyrannique, loin de la vérité, et nous, nous voulons implanter le mot d’Allah, une implantation totale. Mais, je t’expose une initiative qui pourra être le début d’une trêve entre nous et eux s’ils sont vraiment soucieux, comme il nous est parvenu, de mettre fin à ce qu’ils appellent le développement du terrorisme dans les rangs des jeunes : qu’ils organisent un débat télévisé, suivi par l’opinion publique nationale, entre nous et les oulémas qui leur disent que nous sommes rebelles à
    la Nation et au sultan. S’ils nous convainquent par le Coran et
    la Sunna nous nous repentons, nous abandonnons ce chemin et présentons à eux nos excuses. Si nous les convainquons par
    la Vérité et les preuves, ils nous laissent le pouvoir pour appliquer notre vision, ils se repentent et s’excusent auprès de nous. Tout cela doit se tenir loin de l’arrogance et dans un climat favorable à l’éclaircissement de la réalité.

     

    Al Akhbar : Le gouvernement ne paraît-il pas ouvert avec vous ? Vous venez de recevoir la visite du ministre de la justice et du commissaire chargé des droits de l’homme qui s’enquéraient personnellement de vos conditions, dans une tentative de vous rapprocher l’administration. N’est-ce pas le respect de vos droits ? 

    Sidi Ould Sidna: Mon frère, ce Bal Amadou Tidjane est un effronté qui n’a aucun respect pour la vérité. Il dit qu’il nous a visités pour s’enquérir de nos conditions de détention. La vérité en est qu’on lui a ouvert les portes, il nous a montré son nez et il a quitté rapidement. Il ne nous a pas interrogés sur nos problèmes. Ni lui ni son homologue n’ont pris la peine de s’enquérir sur la mauvaise alimentation et la torture que nous subissons en prison, où nous subissons toutes les sortes de torture et vous pouvez trouver les détails dans le rapport d’Amnesty international. Je t’avoue que les détenus sont torturés par le versement des eaux de fosses septiques sur leurs têtes. Certains détenus, plus de deux, sont actuellement dans des cellules appelées «sullur» qui sont tellement petites que personne n’y puisse tenir debout, où ils restent, pieds et mains liés, pendant des jours voire des semaines et même des mois. Je vous rends compte que Ould Semane souffre, au niveau de la tête, de fortes douleurs qui ont des conséquences négatives sur sa santé, des douleurs qui l’empêchent parfois de dormir et qui mettent sa vie en danger. Il a besoin d’urgence de faire des analyses scanner et eux, ils refusent de lui sauver la vie. Maarouf Ould Haïba souffre, lui aussi, à cause de la torture dont il est l’objet, de douleurs qui l’affectent… Tout cela et tu me dis que le ministère de la justice et le commissaire des droits de l’homme respectent nos droits ? Non, ils ne le font pas.

     

    Al Akhbar : Les forces mauritaniennes de l’ordre ont abattu des membres du slafaisme djihadiste et ont arrêté certains de ses leaders. Croyez-vous que le salafisme djihadiste est fini avec votre arrestation, vous et l’émir et autres leaders d’Al Qaeda ?

    Sidi Ould Sidna : Al Qaeda ne finit pas de cette manière. Al Qaeda, c’est un esprit et un message d’abord. Puis c’est une organisation structurée qui prend corps  sur des générations guerrières entières. Ne disait-on pas que le djihad va cesser après Zarqaoui ? Voilà que Zarqaoui est décédé et le djihad continue. Et puis, le sang de nos martyrs ne coule pas en vain. Le sang de mon frère et de mes compagnons de religion et du djihad ne va pas à tous les vents. Je te le jure. Derrière eux se trouvent des hommes authentiques qui suivent le chemin du djihad jusqu’à la levée du drapeau de l’Islam. Après nous, il y aura une nouvelle génération de combattants. Et les générations se succéderont jusqu’à ce que l’arbitrage de
    la Loi d’Allah soit décidé.

     

    Al Akhbar : Quel lien tenez-vous avec le djihadisme salafiste international ? Est-ce qu’il finance vos activités ?

    Sidi Ould Sidna : Nous et les salafistes algériens sommes les mêmes. Nous combattons à leur côté et les secourons. La foi et la piété nous unissent. Nous avons notre relation directe avec Khaled Aboul Abbas que j’ai rencontré personnellement dans le désert, et qui n’a pas l’image négative que les renseignements tentent de lui coller ; c’est un homme de bien, partisan d’Al Qaeda, qui rêve de fonder des communautés islamiques.

     

    Al Akhbar: Quels sont en détail les liens qui vous lient au salafisme algérien ? Et quelles sont les natures d’entraînements dont vous bénéficiez dans ce domaine ?

    Sidi Ould Sidna: Je ne crois pas qu’il est utile d’évoquer ce sujet. Tu sais, il y a les secrets du djihad et, le moment approprié, nous pourrons parler de la nature de ces liens pour éclaircir certaines visions sans pour autant toucher la spécificité de notre action.

    Notre djihad est un sujet un peu compliqué. Puisqu’on ne nous paie pas des salaires pour le faire, en revanche, nous nous sacrifions et sacrifions nos biens pour lui. L’heure d’en parler n’a pas encore sonné.

     

    Encadré 

    En bref : 

    Al Akhbar : Comment es-tu devenu combattant salafiste ?

    Sidi Ould Sidna : Parce que j’ai vu comment Oussama Ben Laden agit et j’ai vu comment les américains violent l’intégrité des femmes musulmanes en Irak.

     

    Al Akhbar : Comment cela t’a-t-il guidé au slafisme ?

    Sidi Ould Sidna : J’ai émigré vers les frères combattants d’Al Qaeda. J’ai adhéré à leurs brigades. Je suis devenu l’un de ces soldats qui combattent les croisés mécréants.

     

    Al Akhbar : Crois-tu à la pérennité du courant salafiste ?

    Sidi Ould Sidna (avec fermeté) : Oui bien sûr. Il y a derrière moi des hommes qui se trouvent disséminés d’Irak jusqu’en Afghanistan, je suis musulman et je fais le djihad pour lever le mot d’Allah, comment pourrai-je ne pas avoir la plus grande confiance ? Oui, c’est une confiance inégalable.

     

    Al Akhbar : Qu’est-ce qui a attiré le plus ton attention durant le procès ?

    Sidi Ould Sidna : Ce qui a attiré le plus mon attention, c’est le fait que des policières mauritaniennes ont été chargées de maintenir l’ordre dans la salle d’audiences. Comment un musulman accepte-t-il à ses filles de porter ces habits qui ne cachent pas la nudité ?

     

    Al Akhbar : Crois-tu donc que la femme ne doit quitter sa demeure que pour sa tombe ?

    Sidi Ould Sidna : Pas forcément. Mais, qu’elle passe sa vie en conformité avec la Charia et qu’elle cache ce qu’Allah lui a ordonné de cacher.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai qu’une ex-amie sénégalaise t’a servi en acceptant que toi et Ould Chabarnoux vous cachiez chez elle, après l’attaque d’Aleg ?

    Sidi Ould Sidna : Non, c’est de la propagande distillée par la police pour nuire à nos images et nous présenter comme si nous étions des dévoyés. Et c’est ce qu’elle fait habituellement à travers la publication de faux rapports qui ne portent profit qu’à eux comme tyrans qui cherchent par tous les moyens un dossier à vendre à l’occident au détriment de la patrie.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai que tu as dit au procureur de
    la République que tu finiras par échapper de la prison quelles que soient les mesures prises par les autorités pénitentiaires ?

    Sidi Ould Sidna : Oui. Je lui ai dit que je vais sortir de la prison, espérant qu’Allah m’accorde le succès pour que j’œuvre pour la levée de Son Mot et pour le djihad pour Sa cause. Et la facilité sera avec nous, si Dieu le veut.

     

    Al Akhbar : Est-ce vrai que tu as giflé une inspectrice de police qui venait t’interroger après votre détention ?

    Sidi Ould Sidna : Non. Ce n’est pas vrai.

     

    Al Akhbar : Pourquoi refuses-tu de reconnaître l’avocat qui devait te défendre ?

    Sidi Ould Sidna : Parce qu’il relève d’un gouvernement de tyrans.

     

    Al Akhbar : La justice peut te condamner à mort. Ton dossier est dangereux devant la justice. Comment vois-tu tout cela ?

    Sidi Ould Sidna : Que des jugements sur papiers. Le vrai jugement appartient à Allah. A qui appartient également l’ordre, avant comme après. Je ne reconnais ni la loi positiviste ni la cour ni les généraux.

     

    Al Akhbar : Quelle est votre position, en votre qualité de salafistes, vis-à-vis des élections ?

    Sidi Ould Sidna : Ce n’est qu’un épisode d’une série d’égarements dans lesquels se débat le gouvernement mauritanien.

     

    Al Akhbar : Cela Signifie-t-il que tu soutiens le Front national pour la défense de
    la Démocratique, FNDD et le RFD dans leur position contre le général Aziz ?

    Sidi Ould Sidna : Je ne soutiens ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’un groupe de laïcs qui se disputent pour des questions d’ici-bas. Personne d’entre eux n’appelle à l’application de la c

    Charia. De facto, je ne suis aucunement concerné par ces élections. Et si j’ai à adhérer à un front, ce ne sera pas, naturellement, le Front national pour la défense de la  démocratie, mais, plutôt, un front combatif pour le djihad et l’exposition de la vérité.

     

    Al Akhbar : Quel est le dernier livre que tu as lu ?

    Sidi Ould Sidna : El Mouwatta’ de l’imam Maleck. 

     

    Al Akhbar: Le dernier contrat que tu as noué ?

    Sidi Ould Sidna : L’achat d’une voiture Mercedes 190 à un prix de neuf cents mille ouguiyas, peu avant le meurtre des touristes français.

     

    Al Akhbar : Qu’est-ce qui provoque ta dérision ?

    Sidi Ould Sidna : La loi moderne. Vraiment, je me moque quand j’entends le procureur de
    la République dire : l’article 14 dit, un tel article dit.

     

    Al Akhbar : Une personne à laquelle tu as de pitié ?

    Sidi Ould Sidna : Le général Mohamed Ould Abdelaziz. 

     

    Al Akhbar : As-tu regretté quelque chose que tu as fait dans ta vie ?

    Sidi Ould Sidna : Je regrette que je n’aie découvert la voie correcte que très tard dans ma vie. Louange Allah pour m’avoir acheminé vers la voie du djihad.

     

    Al Akhbar : Quant te marieras-tu ?

    Sidi Ould Sidna : Bientôt in cha Allah. 

     

    Al Akhbar : Quand exactement?

    Sidi Ould Sidna : Je t’ai dit bientôt.

     

    Al Akhbar : Quel est ton souhait le plus fort ?

    Sidi Ould Sidna : Que je meurs en martyr.

  • Propos recueillis par Rabi’ Ould Idoumou. 

Soure : La Tribune n°450

 




Crise des devises

26052009

 

  

La saignée aux frontières 

 

Les devises manquent dans le pays depuis plusieurs mois. En partie, cela s’explique par une saignée de celles-ci aux frontières, qui sortent illégalement du circuit économique. Les douanes sont régulièrement pointées du doigt, mais ont-ils réellement les moyens de travailler? 

 

Au début de l’année, deux millions d’euros étaient saisis à l’aéroport de Nouakchott. Une sénatrice était intervenue, ainsi que de haut-placés des Douanes, pour libérer la somme, dont légalement entre 40 et 60% aurait dû revenir au Trésor mauritanien. Par la suite, on a eu connaissance qu’il s’agissait de l’argent des plus importants grossistes du pays, qui sont les premières richesses du pays, et «qui sont régulièrement au-dessus des lois» dénonce un douanier de l’aéroport. L’exportation de devises retient aujourd’hui, en période de rareté de celles-ci, l’essentiel de l’attention des douaniers de l’aéroport. Mais les barrières sont immenses, même quand il désirent faire correctement leur travail. «Au-delà de 3000 euros, vous devez déclarer les devises que vous faites entrer ou sortir du pays. Mais très rares sont ceux qui le font; on en attrape donc souvent sur le fait, qui ne déclarent pas leurs devises. Et la plupart du temps, ça implique les premières fortunes du pays. De ce fait, leurs relations ont vite fait de les sortir de nos filets, avec des pertes immenses pour la Douane, et le Trésor.» explique un douanier qui a requis l’anonymat. En effet, des douaniers ont été sanctionnés pour avoir fait leur boulot. «Quand il y a une infraction constatée, et donc contentieux ensuite, on assiste à une cohorte d’interventions, souvent des plus hautes sphères étatiques pour stopper les poursuites. Plusieurs douaniers en sont découragés.» C’est ce qui expliquerait la mise à l’écart il y a trois semaines à peine, de l’ancien chef de douanes de l’aéroport de Nouakchott, Sidi Moctar Ould Ely, qui aurait été «jugé trop professionnel et zélé» par ses supérieurs hiérarchiques. À la hiérarchie des douanes, c’est le silence radio sur cette affaire.

 

La Douane sans réels moyens 

 

«On embête plus les petits commerçants, qui ont entre 5000 et 6000 euros; mais vous vous en doutez, ce n’est pas cela qui fera la panacée de la balance commerciale.» continue-t-il.

Les «gros poissons» eux, bien connus des services, sont intouchables, et ce sont eux qui détournent l’essentiel des devises du pays. Que ce soit les grossistes ou les opérateurs de téléphonie mobile, par exemple, ce sont des dizaines et dizaines de millions d’euros ou de dollars, qui sont exportés chaque année en toute illégalité du pays. «Pour ce qui est des opérateurs, ils empruntent des voies d’accès auxquelles nous les douanes n’avons pas accès.» se résigne l’anonyme douanier.

En même temps, il y a un manque flagrant de moyens, particulièrement pour la douane terrestre, notamment sur l’axe Casablanca/Rosso, qui relie la frontière marocaine à la frontière sénégalaise, et qui traverse toute la côte mauritanienne. «Il suffit de passer la nuit sur l’axe Nouakchott/Rosso, pour vous rendre compte des moyens faméliques dont disposent ces douanes. Des baraques sans courant, des douaniers sans lampe-torche souvent! Que voulez-vous qu’ils fassent consciencieusement et professionnellement dans ces conditions? Le constat est le même au fameux poste 55 sur la route de Nouadhibou, un des postes de douane les plus importants du pays.» dénonce un des chefs de baraques, sur la route de Rosso.

 

MLK 

 

Encadré:

 

3 questions à un directeur des opérations d’une banque primaire nationale: 

 

«Nous sommes en présence d’une situation qui donne l’impression que tout le monde a les bras ballant» 

 

 

La crise des devises est-elle aussi aiguë qu’elle est régulièrement présentée? 

 

La situation est effectivement critique. En plus du recul de l’activité résultant des contextes international et local, l’arrêt biologique rendra encore plus aiguë la rareté des devises. Le secteur de la pêche est traditionnellement pourvoyeur en devises, quelle que soit par ailleurs la santé dudit secteur.

 

Y a-t-il une faillite en ce sens des acteurs du secteur bancaire? 

 

Nous sommes en présence d’une situation qui donne l’impression que tout le monde a les bras ballant, particulièrement la BCM et les banques. La première n’intervient pas suffisamment pour assurer l’équilibre. En a-t-elle les moyens par ailleurs? Quant aux secondes, elles continuent à accumuler les instances de transferts à la BCM en faveur de leurs correspondants étrangers, quand elles ont eu la chance de voir leurs demandes d’achats satisfaites sur le Marché de Change, à des prix la plupart du temps au-delà du prix du marché! Les interventions de la SNIM peinent à faire fonctionner correctement le Marché, mais ce n’est pas son rôle aussi. Quant aux interventions des banques primaires, elles restent toujours faibles.

 

Quid des opérations d’importations? 

 

Justement, certaines banques nationales auraient pris la décision momentanée, de freiner les opérations d’importations, pour ne pas courir davantage de risques de détériorer leurs relations avec leur correspondants, et partant, mettre en péril les lignes de crédit dont elles disposent, lesquelles reposent pour une large part sur la confiance quant à la fluidité des remboursements. Compte tenu de l’environnement politico-économique, il est à craindre que nous ayons à vivre des situations difficiles les prochaines semaines, voire les prochains mois.

 

Propos recueillis par MLK 




Faits divers de la Tribune

26052009

Nouakchott sous le spectre des vols à main-armée  

Au courant de la semaine qui vient de s’achever les habitants de la capitale étaient en proie à la peur. Plusieurs cas de vols à main armée ont été signalés dans les quartiers périphériques de Nouakchott. Les cas les plus dramatiques ont eu lieu dans les Moughataa de Riad, Dar Naim, El Mina, Tojounine et Sebkha. Des victimes qui se sont joints à nous pour nous raconter leur calvaire ont fait allusion à des multirécidivistes qui ont été graciés par l’ex chef de l’Etat en avril dernier. Selon Moustapha O.D l’un des habitants de Dar Naim, deux jeunes cagoulés armés  sont venus dans sa maison dans la nuit du vendredi dernier  vers 23 heures et ils ont emporté une valise remplie d’habits neufs et trois  bombonnes de gaz. Par contre à Sebkha, Fatma M.S une jeune femme qui revenait d’un mariage s’est vue déposséder de son sac contenant  trente deux mille ouguiya et de son téléphone portable par deux jeunes garçons et une fille qu’elle a croisé dans une ruelle non loin du commissariat de police de sebkha 2. Selon Fatma la jeune fille   était armée d’un couteau. Toujours selon la même victime les malfrats l’ont dit qu’ils l’a connaisse très bien et si jamais qu’elle porte plainte ils vont passer l’égorger devant sa famille. A Riad, Toujounine et au carrefour quartier sis à Arafat puis au Mekka 1 et 2 quartiers sis à El Mina un chauffeur de taxi a été ligoté avant de se voir déposséder de son versement et de son pneu secours  et deux filles violées par un groupe de quatre jeunes hommes véhiculés et  des boutiques ont été volées par des personnes véhiculées. Sans compter quatre familles qui ont eu la visite des gangs qui  ont balayé presque leurs salons. Pourquoi ce problème d’insécurité à Nouakchott alors que dans chaque Moughataa il y a deux commissariats de police bien équipés en personnel et matériel sans compter l’existence de certaines compagnies de police  dans quelques unes de ces Moughataa ? Question qui ne cesse d’être posée par le nouakchottois. 

  

Une fillette vendeuse de couscous agressée sous les yeux de policiers 

Minetou est une jeune fille âgée de 15 ans connue par son calme et sa solitude selon les épiciers devant qui elle vient chaque soir s’installer pour écouler son produit et repartir. Unique enfant de sa mère et orpheline de père, elle a été agressée par deux jeunes au moment où elle s’apprêtait à rentrer chez elle. 

Selon l’un des épiciers, depuis qu’elle est venue à 18h 30  deux garçons qui se comportent en Djenks  faisaient la ronde devant elle et la provoquaient mais elle ne  répondait pas. Ce qui les a énervés. 

Brusquement l’un d’eux s’est approché d’elle pour la gifler et lui arracher sa pochette qui contient sa maigre recette et son téléphone  portable au vu et au su des passants sans même compter les quatre policiers qui faisaient le contrôle à l’autre sens du goudron et qui ont bien entendu les cris et pleurs de la fillette. 

La scène s’est produite le mardi dernier à 20 heures 30 devant l’épicerie qui se trouve juste à côté des trois poteaux à Arafat. 

  

Il ne mord qu’à la joue 

Homme ou monstre ? 

Cela fait quelques jours, raconte-t-on à Nouakchott,  qu’une personne  passe dans les foyers  à Arafat et Sebkha, pour mordre les femmes ou jeunes filles qui se présentent à la porte pour lui ouvrir. 

Selon certaines femmes victimes et proches des victimes de morsures, l’homme tape à la porte et si c’est une femme ou une fille qui vient pour lui ouvrir la porte il la mord à la joue et disparaît. 

Toujours selon les mêmes sources des cas ont eu  lieu à Sebkha et actuellement le monsieur marque des points à Arafat. 

Des plaintes sont déposées dans les commissariats de ces Moughataa selon les mêmes sources. Mais l’homme ou le monstre est toujours en cavale. 

 

 

 Aboubecrine Ould Sidi

 




Presse sportive :

26052009

La Tribune l’honneur 

Sy Mamma, notre reporter, primé pour la deuxième fois

Pour sa 14e  édition de remise de récompenses aux meilleurs reporters sportifs, l’Association des Commentateurs sportifs de Mauritanie a gratifié Sy  Mamadou de
la Tribune meilleurs reporters sportif de l’année 2008 pour la deuxième fois consécutive le mercredi 20 mai 2009 au City Sport en présence du Ministre de
la Culture de
la Jeunesse et des Sports et  celui de
la Communication.  Sy Mamadou  a été approuvé par ses confrères pour  son sérieux et son sens de responsabilité dans le travail.

Ensuite le président de
la Fédération de Badminton de Mauritanie Mohamed O/ Lahal a été désigné meilleurs dirigent.

La médaille d’Or pour le meilleur joueur de l’année 2008, est revenue à Ely O/ Cheickh Voulany dit Et’oo.


La Fédération Mauritanienne de Jeux de Boules a eu le Prix de meilleurs Association nationale, le club Alam  de meilleure formation.

La médaille du meilleur supporter de l’année 2008 a été récoltée par  Thiarthioura.  

Rappelons  que cette Association est dirigée par Mohamed El Hacen. L’ACSM est internationalement reconnue.

Au cours de cette cérémonie, le Ministre de
la Communication a prononcé un discours dans lequel il a souligné l’importance cette récompense. Selon lui, il est temps que  les  sports mauritaniens soient développés à l’image des autres pays voisins. Pour ce faire les journalistes sportifs un très grand rôle à jouer.

Le  président de l’Association Mohamed El Hacen a, auparavant, souhaité aux ministres et invités  la bienvenue. Il a ensuite dit que son Association  veut apporter sa contribution pour sortir les sports mauritaniens de l’impasse.




Ould Daddah, la grande victime ?

26052009

 

 

Le chef de file de l’Opposition, président du RFD, Ahmed Ould Daddah a très tôt «compris» – «soutenu» diront d’autres – le coup d’Etat du 6 août. D’ailleurs la dé nomination «mouvement de rectification» a été utilisée pour la première fois par des cadres de son parti. A la veille du 6 août, certains des députés du parti ont promis, notamment sur Al Jazeera, «le changement qui arrivait inexorablement». Cette position s’expliquait largement par ses relations plutôt mauvaises avec le président élu Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Les deux hommes ont sensiblement le même cursus. Ils ont été les plus jeunes ministres du gouvernement de Moktar Ould Daddah au milieu des années 70. Technocrates confirmés, ils sont allés à la politique un peu par effraction. Chacun d’eux, à un moment donné, a été «sollicité» pour conquérir un pouvoir qui ne semblait attendre que son entrée en scène. 

Ahmed Ould Daddah est arrivé en 1991 sur la scène politique. On ne lui connaît aucune position politique avant cela. Il a mal apprécié le rapport de force à l’époque et n’a pas inscrit son action dans la durée. Préférant récuser le résultat de la présidentielle de janvier 92 et prôner le boycottage du reste du processus électoral. Sous l’influence d’activistes politiques qui croyaient à l’imminence de l’effondrement du régime. Puis il a conquis la direction du parti Union des Forces démocratiques (UFD) devenant à l’occasion UFD/Ere Nouvelle. Poussé par un entourage fortement manipulé par les renseignements, il choisira la radicalisation dans ses positions vis-à-vis du régime de l’époque. Qui le lui rend bien. 

L’entreprise de débauchage réussit. Puis le parti éclate. Avant d’être interdit. De ces éclatements naissent : Action pour le Changement interdit et dont les animateurs vont conquérir l’Alliance populaire progressiste (APP) ; l’Union des forces du progrès (UFP) dont les animateurs vont disputer un moment à Ould Daddah le leadership de l’UFD/Ere Nouvelle ; plus tard Tawassoul dont les cadres ont adhéré à l’UFD/EN puis au RFD à sa naissance. 

Ould Daddah supporte toutes les trahisons et tous les retournements. Au moment du coup d’Eta du 3 août 2005, il venait d’accepter de prendre part à un dialogue ouvert entre les différentes composantes politiques mauritaniennes. La mort dans l’âme. Parce qu’il y voyait – et c’était juste – une manière de le marginaliser en le réduisant à sa plus simple expression. Une conspiration nationale qui satisfaisait visiblement tout le monde, du moins les leaders politiques. 

Au lendemain du 3 août, Ould Daddah incarne incontestablement l’image du leader par qui le changement doit nécessairement arriver. L’usure, l’essoufflement et le manque sans doute de perspective amènent la classe politique dans son ensemble à soutenir sans réserve le coup d’Etat. Brusquement, les portes de l’espoir s’ouvrent. L’opposition d’hier est incapable de fédérer et de proposer. Les militaires conçoivent leur transition. Et la mènent. Les politiques suivent. Au début, Ould Daddah paraît être le candidat favori des militaires pour cette image d’incontournable. Mais la candidature de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le compagnon et l’ami d’hier , révèle les vraies intentions des militaires. 

Ould Daddah accepte d’ignorer cela et va à une élection où toutes les forces traditionnelles sont liguées contre lui. Le compagnon d’hier, cette fois-ci Messaoud Ould Boulkheir lui préfère le candidat des militaires et va le soutenir au deuxième tour. Une onction qui légitime tout le reste. Malgré cela, il s’en sort plutôt grandi avec près de 48% du suffrage exprimé. Surtout quand il reconnaît les résultats de l’élection et accepte de rentrer dans son rôle de chef de file de l’opposition. Même si c’est avec réticence au début. Ses relations avec le Président Ould Cheikh Abdallahi se limitent à des entrevues trimestrielles d’où pas grand-chose ne sort. 

Arrive le temps des manigances. Ses amis de l’opposition inspirent une loi portant redéfinition du statut de leader de l’opposition. Ses prérogatives et ses compétences s’en trouvent limitées. Deux des grands partis du front qu’il avait réussi à fédérer autour de l’institution – UFP et Tawassoul – lui faussent compagnie et vont rejoindre la majorité au pouvoir, majorité essentiellement constituée des animateurs et inspirateurs du régime précédent. La crise éclate. 

En connaissance de cause ou non, une partie des apparatchiks du RFD pousse vers l’alliance avec les militaires. Au lieu de s’en tenir loin d’une bataille qui ne concerne pas a priori leur parti. C’était oublier le rôle de plus en plus prépondérant des anciens du PRDS pour lequel la bataille au sein de l’Appareil d’Etat était une continuation des luttes entre factions du temps d’avant le 3 août. Il fallait donc s’engager et ne pas se retenir. Ce qui fut fait. 

Résultat : engagement politique dont les nuances ne sont pas retenues, bénédiction par Ould Daddah, icône majeure de la politique locale, participation aux Etats généraux de la démocratie, amplification de la fracture avec les constituantes du FNDD… Les réserves du chef de file de l’opposition n’expliquent pas assez son attitude réelle. Entretemps la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz devient inévitable. La rupture est alors totale. «Le mouvement rectificatif» devient «un coup d’Etat dangereux». Ould Daddah rejoint le FNDD, poussé par les plus radicaux de son entourage. Nouvelles trahisons. Nouveaux retournements. 

RFD et FNDD, même combat. Cela va vouloir dire que, comme le FNDD, le RFD considère les prisonniers dans l’affaire Air Mauritanie des prisonniers politiques et va exiger donc leur libération. Alors que c’est une bataille qui est loin d’être la sienne. Deuxième écueil : le retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi devient un élément de solution. Absence de plus en plus de nuances dans les positions du RFD et du FNDD. Au moment où toutes les figures mises en avant dans le combat du FNDD ont fait beaucoup de torts au RFD et à Ould Daddah en personne. Entre ceux qui ont servi Ould Taya, Ould Mohamed Val, Ould Abdel Aziz et Ould Cheikh Abdallahi pour détruire l’image de celui qui allait devenir le leader de l’opposition, lui mettre les bâtons dans les roues, l’empêcher finalement d’accéder au pouvoir. Leurs raisons sont toujours là. Aussi faut-il rappeler – même si cela énerve certains – que seul Ould Daddah aspire réellement et peut légitimement avoir cette ambition de diriger le pays (vu le résultat obtenu en 2007). Les leaders du FNDD sont à la recherche d’une implication dans la gestion des affaires. Pas plus. La stratégie de l’un et des autres – même si l’on fait fi des trahisons probables – n’est forcément pas la même. Chez Ould Daddah, le comportement politique est dicté par la recherche des voies et moyens d’accéder au pouvoir pour l’exercer directement. Chez les autres, c’est plutôt l’influence d’un pouvoir par le soutien d’un clan ou d’un autre. 

C’est finalement ce qui fait dire qu’il s’agit là d’un mariage de saison. Même pas de raison. Un mariage qui n’est pas fait pour s’inscrire dans la durée. En attendant les prochains revirements, on peut se demander si Ould Daddah ne se retrouve pas encore une fois piégé par ses ‘amis’ politiques. Dans le cas échéant, comment va-t-il faire pour s’en sortir politiquement ?

Source :  La Tribune n°450




Politique :

26052009

 

 Comment la médiation a échoué 

 

Quand ils sortent de chez le candidat Mohamed Ould Abdel Aziz en ce jeudi après-midi, les médiateurs internationaux savaient que la deuxième phase des négociations venait d’échouer. C’est un marathon entre les différents protagonistes qui n’a finalement rien donné de concret. 

La première phase a été marquée par l’arrivée à Nouakchott du Président Wade qui a eu des entretiens avec les parties définies par le groupe de contact de la communauté internationale. A savoir: Mohamed Ould Abdel Aziz, Sidi Ould Cheikh Abdallahi et Ahmed Ould Daddah. Me Abdoulaye Wade en sort avec une idée teinte d’optimisme. Il laisse derrière lui une équipe dirigée par son ministre des affaires étrangères, Tidjane Gadio. Elle est chargée d’engager des négociations tripartites. Après 24 heures d’efforts et de va-et-vient, une première réunion met face-à-face les représentants des trois protagonistes. Chaque partie envoie cinq représentants (voir notre précédente édition). L’espoir est vite tempéré par les réticences enregistrées ici et là. La rumeur aidant, on parle de tout et de son contraire. A cette phase, aux côtés de Gadio, il y avait aussi Abdessalam Triki, ministre libyen chargé de l’Union africaine et Ramdan Lamamra président du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS). A ce moment tout porte à croire que l’accord est imminent. Même si les positions restent tranchées. 

Côté opposition, le chef de file de l’opposition Ahmed Ould Daddah réussit à imposer à ses côtés Mohamed Ould Maouloud dont la mission de chef du FNDD finissait. A eux deux ils présentent leur point de vue : il faut libérer les prisonniers et annoncer le recul des élections. Et seulement après, ouvrir les négociations autour des modalités. Après le premier round, on semble avancer. On bloque ici sur la durée minimale de la transition et sur la date à prendre en compte pour fixer le début de cette transition : est-ce la démission du Général, ou celle attendue de Ould Cheikh Abdallahi ? La transition doit-elle être de quarante-cinq jours, de trois, de six ou de quatre mois ? Plus tard, et sur influence de la diaspora extérieure, la question du démantèlement du Bataillon de la sécurité présidentielle (BASEP) est introduite comme point majeur de la négociation. Au cours des négociations, la question des prérogatives d’un éventuel gouvernement de transition couvre la possibilité – la nécessité selon certains – de changer toute l’administration pour «empêcher le dispositif de Ould Abdel Aziz de fonctionner». 

Côté pouvoir, on s’en tient à l’expression de la disponibilité à écouter et à répondre. Les négociations doivent couvrir la question d’un accord global qui pourrait assurer la participation de l’opposition. La transition doit être la plus courte possible. Et «pour se conformer à la Constitution», il ne faut rien toucher à l’administration qui doit rester telle qu’elle était au moment de la prise de fonction du président par intérim, Ba M’Baré. ‘On’ concède cependant la prédisposition à accepter un report qui ne dépasserait pas les trois mois prévus par la Constitution, mais à partir de la prise de fonction du président intérimaire. Ce qui laisse une quarantaine de jours devant les médiateurs. A la veille du démarrage de la campagne présidentielle, l’attentisme règne dans le camp du candidat Ould Abdel Aziz. Un attentisme marqué par l’inquiétude. Surtout après le report de 24 heures du démarrage décidé unilatéralement par le candidat. Ce qui explique en partie le mauvais départ, mais aussi les quelques retards constatés ici et là dans la mise en œuvre du dispositif de campagne. 

Quand les médiateurs arrivent au siège de campagne en ce jeudi, l’atmosphère est à l’exacerbation. Ce que le candidat Ould Abdel Aziz exprime devant les médiateurs avant de prendre l’avion qui devait l’amener à Kiffa où il avait à présider son premier meeting de campagne. 

Côté médiateurs, on est presque sur la même longueur d’onde. L’objectif étant d’arriver à un accord qui permettrait d’ouvrir sur une présidentielle plus ou moins acceptée par les différents protagonistes de la scène mauritanienne. Les diplomates dont l’expertise a été mise à contribution sont ressortissants de pays amis – intéressés par le développement de la situation en Mauritanie. Et si l’on excepte Ramdan Lamamra du CPS africain, tous ont exprimé une diligence sinon plus au lendemain du 6 août 2008. Ce que l’opposition ne semble pas avoir pris en compte dans son approche globale. ‘On’ semble chercher des minima qui permettraient soit d’aller vers l’accord – c’est l’idéal -, soit vers un refus de la partie ‘Opposition’. Dans ce cas il sera facile de faire adopter par la communauté internationale une attitude plutôt bienveillante vis-à-vis de l’après 6 juin. 

Déjà, en privé, les diplomates n’hésitaient plus à souligner la disponibilité de Mohamed Ould Abdel Aziz laissait toutes les portes ouvertes. Certains d’entre eux ‘rappelaient’ même que «c’est le Général Ould Abdel Aziz qui fait les concessions jusqu’à présent». Et de citer «la libération de Ould Cheikh Abdallahi», la disponibilité à «reporter l’élection», la démission de l’Appareil de l’Etat… 

Les libyens seraient allés plus loin avec Ould Abdel Aziz en lui miroitant en privé qu’ils seraient prêts à financer toute l’opération électorale et même l’après. La proposition aurait été faite lors de l’entrevue entre Abdessalam Triki et le candidat Ould Abdel Aziz durant la première phase des négociations. L’officiel libyen qui cachait mal son engagement, n’avait pas hésité à répondre à un militant du RFD qui criait «Non au Général», «Non à Sidi». C’était à la sortie d’une entrevue avec le leader de l’opposition Ahmed Ould Daddah. Entrevue au cours de laquelle, Ould Daddah aurait taquiné libyens et sénégalais en leur disant «vous n’êtes pas la communauté internationale». Ce qui a mis mal à l’aise toute l’équipe. Il faudrait attendre le troisième retour de Tidjane Gadio pour dépasser ce point. A un moment d’ailleurs, certaines figures de l’opposition ont publiquement demandé l’implication des autres acteurs du groupe de contact. C’est ici qu’il faut situer la réunion avec les ambassadeurs occidentaux – européens plus les pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. 

En ce début de soirée de jeudi (21 mai), les médiateurs espéraient quand même réunir les représentants des différentes parties au Palais des Congrès. Le candidat Ould Abdel Aziz avait laissé derrière lui son directeur de campagne, Sid’Ahmed Ould Raiss qui dirigeait aussi la délégation participant aux négociations. L’espoir ne meurt jamais… 

Vendredi matin, les médiateurs se rendent à l’évidence. L’accord n’aura pas lieu. En tout cas pas sous l’égide des seuls ministres. On se tourne vers le Président Wade. On savait déjà qu’il avait préconisé une transition brève voire «très brève». On se rappelait aussi qu’il était le premier chef d’Etat à exprimer une attitude «compréhensive» au lendemain du 6 août. 

Dès samedi dernier, Me Wade entrait en contact avec les différentes parties. Le projet d’accord leur parvenait dès dimanche matin. Il fixerait la date du scrutin autour de la mi-juillet (11 ou 18), prévoirait la mise en place d’un gouvernement d’union, la reconstitution de la CENI et la démission de Ould Cheikh Abdallahi. Les protagonistes seraient invités à Dakar aujourd’hui s’ils sont d’accord. Le Président Wade s’apprêtant à effectuer une longue visite en Amérique Latine. 

Ahmed Ould Daddah est en voyage en France. De Lemden, Sidi Ould Cheikh Abdallahi a rendu public un communiqué dans lequel il parlait du message de Me Wade sans plus. Le FNDD est prêt lui à envoyer des représentants à Dakar. Une coordination entre RFD et FNDD est en cours pour adopter une position similaire. Le candidat Ould Abdel Aziz aurait exprimé sa disponibilité. Il envoie d’ailleurs Sid’Ahmed Ould Raiss ce mardi à Dakar. Même si publiquement, il a rejeté toute idée de report. Rien malgré cela d’assez sérieux pour prévoir un retournement de la situation. Pourtant… 

Mohamed Ould Abdel Aziz a tout intérêt à ce que la médiation aboutisse. Sans remettre en cause fondamentalement son dispositif, elle lui permet de légitimer son pouvoir. Au moins de le normaliser. En effet c’est toute la communauté internationale qui se trouve engagée aux côtés du Sénégal et de l’Union Africaine dans la recherche d’une solution. C’est déjà une grande victoire pour lui. Surtout que ses adversaires ont abandonné les exigences du début : retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi au pouvoir, inéligibilité des militaires, mise en échec du coup d’Etat du 6 août… Pour sa part l’Union africaine n’est plus au stade où elle se contentait de lancer des ultimatums. Ses premiers responsables sont revenus à de meilleurs sentiments vis-à-vis de son régime. L’Algérie est devenue le premier allié. Et, plus significatif, les Etats-Unis se sont finalement alignés sur la position des autres partenaires de la communauté internationale, annonçant leur soutien à la médiation en cours. Pour sa part la France apporte un soutien plus prononcé à cette initiative. 

Ould Abdel Aziz a donc tout à gagner à encourager la médiation et à la voir aboutir. Surtout que les délais qu’elle préconise sont «raisonnables» pour son camp, que les conditions qu’elles posent ne sont pas excessives. Qu’elle règle en même temps toutes les problématiques posées par sa prise de pouvoir en août 2008 : constat du fait accompli, considérer l’élection présidentielle comme unique voie de rétablir l’ordre constitutionnel, amener l’opposition à reconnaître le pouvoir en place, normaliser les relations avec la communauté internationale… Tout cela sans avoir à payer un prix significatif. En cas d’échec de la médiation, Ould Abdel Aziz pourrait gagner en faisant porter la responsabilité à ses adversaires… 

L’opposition a elle aussi tout à gagner d’un éventuel accord. En général, la stratégie de l’opposition doit être dictée par la volonté de rattraper son grand retard sur son adversaire. Essayer d’anticiper sur l’avenir et manœuvrer pour ne pas paraître comme le camp qui bloque. Reconquérir la communauté internationale par la disponibilité constante à dépasser les blocages. Etre capable de propositions qui font avancer le dossier et non se cantonner sur ses positions initiales. 

Seulement… la logique de l’affrontement a pris le pas sur celle du rapprochement et de l’apaisement. La ‘chose’ prend l’aspect d’un combat entre factions décidées à aller jusqu’au bout de leurs objectifs. Dans cette atmosphère, tout discours raisonnable est malvenu. «Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi». «Si vous êtes contre moi, vous êtes un traître à la Nation». C’est cela qui dicte le positionnement actuel. Et les discours actuels. 

 

MFO 




Messaouda Mint Baham Ould Mohamed Laghdaf à La Tribune :

26052009

 

 «(Le soutien au candidat) procède de la conviction fortement ancrée chez le citoyen que ce candidat constitue la seule bouée de sauvetage, la seule planche de salut pour tous ceux qui veulent purifier l’Etat du clientélisme, de la corruption et de la privatisation de la chose publique en vue de l’institution d’un véritable Etat de droit et de l’enclenchement d’un processus de développement durable» 

 

Elle est présidente de la campagne des femmes, la coordinatrice nationale comme on dit. Elle a été ministre du développement rural dans le gouvernement issu du 6 août. Fille d’un commis de l’Etat, plusieurs fois ministre et ayant appartenu à la génération des bâtisseurs de la Mauritanie des années 60, Messaouda a de qui tenir en matière d’engagement politique. Nous l’avons rencontrée… 

 

La Tribune : Seule la campagne des femmes a véritablement commencé, comment peut-on expliquer cela ? 

Messaouda Mint Baham : La campagne  des femmes comme vous dites  n’a pas encore  commencé. Elle ne commencera qu’à la date officielle prévue pour la campagne électorale (NDLR : l’interview a été réalisée la veille du démarrage officiel de la campagne). 

 Ce qui vous a donné l’impression que la campagne  des femmes a déjà démarré, c’est la mobilisation spontanée des femmes et leur ferme volonté d’afficher leur soutien au candidat Mohamed Ould Abdel Aziz d’où les multiples manifestations, initiatives de soutiens et autres formes d’expression de l’adhésion  aux orientations du candidat   

Notez au passage que cet engouement pour notre candidat n’est pas  spécifique aux femmes. Il est tout aussi manifeste chez les jeunes. Il transcende l’âge et le genre parce qu’il procède de la conviction fortement ancrée chez le citoyen que ce candidat constitue la seule bouée de sauvetage, la seule planche de salut pour tous ceux qui veulent purifier l’Etat du clientélisme, de la corruption et de la privatisation de la chose publique en vue de l’institution d’un véritable Etat de droit et de l’enclenchement d’un processus de développement durable.   

  

La Tribune : Certains milieux vous reprochent d’avoir choisi votre staff au sein de vos proches. Qu’en dites-vous ? 

Messaouda Mint Baham : Consultez les noms et vous verrez que c’est un reproche non fondé. C’est un simple ragot comme il en pleut de toutes parts en période électorale. 

   

La Tribune : Vous avez travaillé avec le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, quelle appréciation faites vous de votre expérience dans son gouvernement ? 

Messaouda Mint Baham : Ce fut une expérience exaltante : l’homme est d’une sincérité, d’un dévouement pour l’intérêt national proprement exemplaires. Il est animé d’un ardent désir aussi manifeste qu’intense d’édifier un véritable Etat de doit et de faire de l’amélioration des conditions de vie du citoyen, l’obligation fondamentale qui surdétermine l’ensemble des obligations secondaires régissant l’action d’un gouvernement. 

Et à propos d’action du gouvernement il faut reconnaître que celle du nôtre fut dans son efficacité sans commune mesure avec le temps qui nous avait  été imparti. 

En effet des dossiers hier quasiment insolubles ont été traités avec diligence, efficacité et ont été soit définitivement réglés, soit en voie de l’être. Sans vouloir être exhaustif on peut citer, le passif humanitaire, les relations avec l’entité sioniste, la lutte contre la corruption, contre l’inflation, les questions de logement et d’infrastructures…..   

 

La Tribune : Quelle place occupe la femme dans la Mauritanie nouvelle que votre candidat promet ? 

Messaouda Mint Baham : Celle d’acteur à part entière du développement tant social, culturel, politique qu’économique. 

 

La Tribune : Votre passage à la tête du développement rural vous a permis de diriger un département ou vous aviez officié comme SG qu’avez-vous apporté qui vous tenait à cœur ? 

Messaouda Mint Baham : Pas comme SG mais comme DAF. Ce qui me tenait à cœur et que j’ai travaillé à insuffler à ce département, c’est  la rigueur, l’équité et la prise en compte constante des soucis du citoyen. 

  

La Tribune : Permettez-moi de faire une métaphore : les autorités issues du 6 août ont détruit les blocs, une certaine image de la Mauritanie s’en allée ainsi  Qu’est-ce qu’il y aura à sa place ? 

Messaouda Mint Baham: Eh bien métaphore pour métaphore, je vous dirais qui l’image qui s’estompe c’est l’image tout aussi hideuse que répulsive d’une Mauritanie gangrenée par la gabegie, la corruption et la privatisation de la chose publique. Cette image n’a pas commencé à réellement s’estomper le 6 mais le 3 août. Ce qui naîtra à sa place, c’est l’image d’une Mauritanie nouvelle unie et solidaire volontairement ouverte au monde par son double versant arabe et africain. Une Mauritanie résolument engagée dans un processus de développement durable fonctionnant comme un véritable état de droit et entièrement au service du citoyen. 

 

Propos recueillis par MFO

La Tribune n)450




L’édito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

26052009

Ce qui devait arriver arriva. Les médiateurs internationaux sont repartis sans avoir trouvé un terrain d’entente faisant converger les avis des différentes parties prenantes à la crise mauritanienne. Même si l’échec a été constaté, personne n’a voulu signer l’arrêt de mort de la négociation. Parce que tous sont conscients de la nécessité vitale d’aboutir à un accord. Parce qu’aussi les médiateurs savent maintenant que peu de choses séparent les acteurs mauritaniens. 

La qualité des médiateurs est incontestable. Tous les médiateurs impliqués sont des diplomates chevronnés et ont accumulé de grandes expériences dans l’extinction de foyers de conflits. De Cheikh Tidjane Gadio à Ramdan Lamamra à Said Djinnit… les cursus sont incontestables. Mais était-ce suffisant ? 

Certainement non. Je n’invoquerai pas ici les «spécificités mauritaniennes» car, en la matière, il n’y a pas de spécificité qui vaille. Je soulignerai par contre un fait : quand on parle de «crise mauritanienne», on pense immédiatement en terme de factions et d’affrontements de factions. Quand on vient sur place, on se rend compte que pas grand-chose ne sépare les parties prenantes à cette «crise». Les amabilités sont là quand on les met face à face. Les ponts n’ont jamais été totalement rompus. Et le dialogue se poursuit à travers des canaux politiques institutionnels ou sociaux informels. 

Quand on gratte, on découvre que tout le personnel a plus ou moins appartenu aux mêmes groupuscules, partis ou groupes d’influence. On se rend compte aussi du poids des appréhensions personnelles. Pour des étrangers habitués aux scènes somaliennes, soudanaises, tchadiennes, congolaises… c’est finalement «un jeu d’enfants». Même si on finit par se demander «où ça bloque ?». Le grand risque étant ici de créer des problèmes là où il n’y en avait pas. En même temps le dépit face une classe politique qui aurait pu régler ses problèmes sans l’intervention du médiateur extérieur. Car, il faut le dire absolument, quelque soit la formule trouvée ou proposée, elle était toujours à portée de mains des acteurs mauritaniens. Qui ont finalement refusé de la mettre en œuvre. Préférant impliquer des intermédiaires extérieurs. Oubliant que malgré la présence de ces médiateurs, les acteurs mauritaniens sont seuls responsables de ce qui arrivera à notre pays, seuls responsables de l’échec de plus en plus probable de la médiation internationale. C’est pourquoi je m’adresse ici à eux. En objecteur de conscience. En simple citoyen qui a peur de ce qui se trame et des conséquences de l’obstination de ces acteurs. 

Au président élu/déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le temps est venu de s’arrêter de se laisser manipuler par les autres, de se laisser utiliser par les autres. Avec tout le respect qu’on lui doit – et qu’il mérite amplement, ne serait-ce que pour son statut normal traditionnel – force est de reconnaître aujourd’hui qu’il s’est laissé utiliser par les militaires puis par les civils. Je suis sûr qu’il voit déjà, dans l’absence de ses portraits dans la plus grande manifestation de l’opposition de la semaine dernière, le début d’une nouvelle saison de trahisons. Le dépit ne doit pas l’empêcher de voir où est l’intérêt du pays, où est son intérêt personnel. En méditant son parcours, il doit nécessairement aboutir à la conclusion suivante : le renoncement pur et simple au pouvoir. Pour la Mauritanie. 

Au président du Haut conseil d’Etat démissionnaire, le temps est venu de ne pas se laisser gagner par le complexe de l’usurpateur. Nous ne sommes plus au 6 août quand personne ne voulait constater le fait du coup d’Etat. L’Union africaine a cessé sa logique d’ultimatum. La France et, avec elle, la communauté internationale, est plus attentive aux différentes positions. Sur le plan intérieur, même si le Général Ould Abdel Aziz a perdu le soutien – ou la compréhension – initiale du RFD, tous les protagonistes acceptent aujourd’hui de le traiter en vis-à-vis. Relax. Il faut ici rompre avec la logique de la vindicte et de l’exclusion. La Mauritanie nouvelle que promeut le candidat ne peut se construire sur les ruines. Le «changement constructif» ne peut se faire que dans la sérénité. 

Au leader de l’opposition, président du RFD, le temps est venu d’accepter que la politique est l’art du possible, de capitaliser toutes expériences politiques depuis 1991 et d’anticiper les événements. Qu’il ne peut en aucun cas avoir les mêmes objectifs que les partis du FNDD. 

Tous et avec eux le FNDD comprennent – du moins on l’espère – que la présente médiation a tout pour réussir. Le soutien et l’engagement de la communauté internationale – y compris des Etats-Unis. La viabilité du projet d’accord. L’espoir des Mauritaniens de voir aboutir le processus de médiation. 

Chacune des parties devra se dire que toute solution équitable passe par un schéma sans vainqueur ni vaincu. Sans préalables. Que ceux qui ne le verront pas à temps perdront la bataille de l’avenir et feront rater l’opportunité à la Mauritanie.

La Tribune n°450 







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