Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

19 05 2009

Report des élections  / illusion ou réalisme politique ? 

 « Nous pensons qu’il est important que  les  élections présidentielles se tiennent et qu’elles soient inclusives.   La France, mais aussi la communauté internationale dans sa grande majorité, estime que la tenue de ces élections est essentielle pour la Mauritanie ».  Il s’agit là des derniers  propos du  Porte parole du ministère français  des Affaires étrangères et européennes.   

Dans le conflit politique mauritanien, on  ne  peut aucunement négliger  la donne extérieure.  Présentement, des  pourparlers  regroupant   des repentants des antagonistes mauritaniens  sont en cours. Parmi les négociateurs  se trouvent  Sid Ahmed Ould Rais,  représentant du  Général, Moussa Fall, Secrétaire permanent du Parti Adil et le vice-président du RFD, Abderrahmane Ould Moine. 

Selon toute vraisemblance,  la médiation  sénégalaise  a donné lieu à un espoir.   Wade a bien précisé qu’au cas où   les antagonistes du pays  se mettraient  d’accord sur des protocoles préétablis, il peut bel et bien convaincre le Général de reporter les élections ; pourvu  que ce report ne dépasse pas le mois de juillet. Telle vision semble appuyée par la France. Ainsi, s’agit-il d’un réalisme politique qui s’impose de lui-même.  

Les points  forts de la  feuille de route  du  compromis  politique mauritanien  se résument au  report des élections, à la libération des prisonniers politiques, à la mise en place d’un gouvernement d’Union nationale.   

Difficile de chercher un consensus entre les parties prenantes d’une crise politique surgie avant et  après  le  limogeage des Généraux et aggravée par coup d’Etat de  Ould Abdel Aziz : celui-ci  coiffe  l’un des partis de la majorité et est également soutenu  par d’autres formations (PRDR, l’UDP, le RD, Hatem et l’UPR). Une partie  de la majorité parlementaire  se proclame  du centre  en adoptant  une position intermédiaire. Elle a créé une nouvelle formation  dénommée  Rassemblement Du Peuple Mauritanien (RDPM), fondée  par  Louleid ould wadad ancien directeur de cabinet de Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya et  actuellement député,   Mohamed Ould Boucief  ancien directeur de la SOMGAZ  et autres politiques de l’ancienne  mouvance des indépendants . 

 Après la fixation des  élections prévues en leur date butoir ou pouvant éventuellement être  repoussées selon le consensus politique, il y aura de fortes probabilités de recomposer le paysage politique du pays. Cette donne risque d’influencer, incontestablement, la position actuelle  des antagonistes en Mauritanie.   

Des élections parlementaires sur fond de suppression du Sénat,  c’est du moins ce qui ressort du discours implicite de quelques   dirigeants politiques.  Quoi qu’on dise, le général  s’est forgé une certaine popularité.  Et bien que ses conseillers craignent un report des  élections,  il y aura de fortes chances qu’il arrive à remporter  les élections présidentielles  prochaines.      

 Dans le camp adverse du Général  se trouve le FNDD qui n’est pas tout à fait homogène politiquement. Composé des plusieurs partis  notamment l’Union des  forces de progrès présidé par Ould Mouloud,  Adil  dirigé  par  l’ancien  premier ministre  emprisonné O waghaf  et Tawassoul  parti islamiste de Jamil Mansour , l’Alliance populaire progressiste de l’actuel président de l’assemblée  nationale,  le front  peut tout de même,  à tout  moment,  se décomposer pour donner naissance à d’autres alliances. D’ailleurs, suite à la dernière visite du Président Sénégalais en Mauritanie,  des  désaccords   ont  été signalés au sein du FNDD.  Il  était  question de la divergence entre le parti ADIL, l’APP et l’UFP. Ces divergences  portaient essentiellement  sur la manière avec laquelle Sidi Ould Cheikh Abdellahi, le président renversé par les militaires, avait géré son entrevue avec le président Sénégalais  Wade.    

Ces  cas de figure montrent l’existence des tensions internes au niveau des composantes des systèmes politiques en Mauritanie. 

Par ailleurs, le RFD  n’a cessé de faire l’objet de vives tensions internes.  Les dernières illustrations  ne sont  que les exclusions des partisans de la participation aux élections fixées unilatéralement par le camp du général et ses soutiens.   Ont été exclus  du RFD entre autres  Kane Hamidou Baba, et son directeur de campagne. 

Les tensions politiques en Mauritanie sont  souvent  accentuées   par la  convergence des intérêts individuels   vers des actes  provocateurs de  la mise en œuvre  des  unités  dépendantes des alliances non permanentes.  Telles  unités  ne  disposent  que  difficilement  d’une  capacité à imposer à l’intérieur d’elles-mêmes une vision collective de la gestion des conflits.    

m_barrada@yahoo.fr 


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann