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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

12052009

Crise  politique  sans issue !

Le Sénégal visiblement appuyé  par l’UA et l’UE, joue aux bons offices en Mauritanie. Des parlementaires du parti  du général  Oud Abdel Aziz excluent  tout report des élections alors que l’opposition  favorise un arrêt immédiat du  calendrier du 6 juin 2009 des prochaines présidentielles.

Les antagonistes mauritaniens  demeurent divisés. Le général démissionnaire et ses  alliés politiques sont plus proches des Français.  Quant au camp anti-putsch (le Front national pour la défense de la Démocratie et le RFD) il s’est aliéné  sur la position des Etats-Unis et  des organismes internationaux, notamment l’Union européenne, l’UA et NDI  etc. .). Ce qui laisse penser que le conflit politique tend à être internationalisé, si ce n’est pas le cas.

Sur le plan strictement conflictuel, la crise politique mauritanienne peut être appréhendée  sous deux angles.  Un angle interne qui refuse toute ingérence étrangère. Et un deuxième qui s’impose par le biais de l’immixtion des pays étrangers dans la politique interne. Il s’agit là d’un paradoxe. Ce  paradoxe ne peut être évoqué loin de son aspect pragmatique qui se transforme suivant le contexte à une réalité manifeste. Le paradoxe  n’est, en ce sens, qu’« une double assertion dont les termes sont contradictoires ; il est aporétique  et signale  un seuil critique : une limite absolue, infranchissable, et pourtant à franchir nécessairement». (Note de l’universitaire tunisien Mohammed Kameledine Gaha).

A titre d’illustration, le parti islamiste mauritanien qui est  partisan d’un retour à l’ordre d’avant le 6 août 2008, est obligé pour le moment de cohabiter avec des forces  faisant appel à la puissance américaine alors que les américains sont les partenaires stratégiques  préférés des israéliens. Ces derniers  ont été expulsés du pays  par le Général Ould Abdel Aziz. C’est pour cela que dans l’imaginaire des sympathisants du parti Tawassoul et le simple citoyen  toute  alliance avec les américains est mal perçue. Car elle cache une autre alliance indirecte ou directe  avec l’Etat hébreu. Ce qui n’est pas tout à fait exclu. Ainsi, le RFD qui  se déclare  contre  toute ingérence des pays étrangers se positionne, actuellement, après avoir  été  l’allié du Général, dans le même camp du FNDD. Puisque, politiquement,  le RFD  rejette catégoriquement l’option unilatérale du général  qui fait que les élections seront organisées le 6 juin 2009 et que les militaires  sont  éligibles.

 Pour ce qui est des frondeurs pro-putschs, ils  sont contre toute ingérence américaine dans les affaires internes de la Mauritanie alors qu’ils négligent  l’ingérence  Française dans les affaires politique du pays.   

En attendant une acceptation d’une solution poussant les antagonistes à se mettre d’accord sur un consensus national, des  politiques, qui se proclament du centre, croient fort que toute solution est typiquement interne. Ce qui n’est pas évident. A cet égard, dans tout confit politique interne, il y a des enjeux  alimentés par des intérêts stratégiques, économiques et culturels qui influencent la position des antagonistes nationaux. 

En toute vraisemblance, les politiques mauritaniens savent pertinemment que le contexte économique mondial  n’est pas favorable à la pérennité de la crise politique. La responsabilité est, dans cette lancée, partagée.  

m_barrada@yahoo.fr




Lemraabit et Limaam sont partis

12052009


 

Ce fut d’abord Lemraabit Mouhammad Saalem Wul ‘Abdel Wedoud… Une semaine après, ce fut Limaam Bouddaah Ould El Bouçayri…

Comme si le ciel nous tombait sur la tête, nos ‘Ulémas nous quittaient un à un… Quelque part, nous étions obligés de sentir le fait comme un mauvais signe du Destin. Un signe de mauvais augure. Mais ce serait porter atteinte à la mémoire de ces illustres savants. Eux qui avaient choisi de se conformer à l’enseignement exceptionnel dont ils ont bénéficié et de ne pas se laisser avoir par les contingences d’ici-bas. En cela ils étaient tous deux la parfaite incarnation de l’école de la Mahadra saharienne du Traab al Bidhâne.

Comme je ne suis pas en mesure d’évaluer le savoir ni de l’un ni de l’autre, je m’en tiendrai à parler de ce que l’un et l’autre représentaient à mes yeux.

Lemraabit et Limaam sont issus de l’école du sud-ouest du pays. Le nord de ce qui s’appelle aujourd’hui le Trarza et qui correspond grossièrement à l’espace où s’est développée la culture de l’après-Charr Bubba qui devait entre autres, consacrer la prééminence politique des guerriers en même temps qu’elle fixait définitivement la stratification de la société Bidhâne. Mais, plus important que le reste, c’est cette guerre entre Zwayas (Marabouts) et Hassanes (Guerriers) qui allait généraliser et approfondir l’arabisation entamée avec l’islamisation des tribus Sanhadja. La paix qui s’en suivit allait donner un mélange de spontanéité, de mesure, de tolérance mais aussi de religiosité profonde, de rigueur dans la mise en œuvre des préceptes. Cette paix est le fruit de comportements exceptionnels : le vainqueur s’est abstenu de chercher à écraser le vaincu qui a refusé d’intérioriser le complexe d’infériorité vis-à-vis du vainqueur. Le premier a imposé sa langue, le second a fait régner sa loi. Après l’avoir traduite dans un ensemble de mœurs, de codifications sociales et morales. Et avant d’en faire l’idéologie sociale dominante. L’équilibre social – mais aussi individuel – a été trouvé dans cette constante recherche de l’équité. Dans la relation avec l’environnement, avec l’autre et avec soi.

En même temps naissait cette division du travail qui dure dans cet espace depuis pratiquement le 17ème siècle. Aux guerriers le métier des armes qui s’accompagne de l’exercice du pouvoir politique ou de ce qui en existait. Aux marabouts les métiers du savoir qui s’accompagnent de l’exercice de l’administration de l’abstrait (du cumul des connaissances diverses à la gestion du mental immatériel). Aux autres composantes de la société reviennent le labeur et le service, le plus souvent dans des conditions inéquitables voire arbitraires. C’est caricatural, mais c’est presque ça.

Dans cette société qui reprend, toute proportion gardée, l’expérience grecque, le savoir et les gens du savoir ont continué à occuper une place de premier choix. C’est pourquoi les Mahadras – ces grandes universités du désert saharien – sont devenues de véritables centres culturels ambulants. Elles ont vite fait partie des repères du mental du Bidhâni dans le pays des Bidhânes. Elles sont les points géodésiques de cet espace sans limites. Elles sont pour tous les étudiants assoiffés de savoirs. Vous y retrouvez l’enseignement des matières qui faisaient l’essentiel du savoir humain aux époques médiévales, classiques et modernes. De l’algèbre, à la langue, à la poésie, la rhétorique, la logique et donc la philosophie, mais aussi l’Histoire à travers la science des généalogies. La Mahadra est cependant restée le lieu de l’enseignement des sciences religieuses (la Shari’a, le Fiqh…). Sans négliger «la tête bien faite», cette société a pu promouvoir «la tête bien pleine». Ce qui a donné des notions comme celle du «vetaa», une sorte de «gentilhomme» de ces latitudes.

Le «vetaa» est celui qui connaît ses obligation religieuses et sociales ; qui, de mémoire, cite les grands textes, compose et surtout improvise facilement un poème, maîtrise la musique Bidhâne, a une excellente connaissance des généalogies, un excellent rapport avec l’Autre ; qui est attentif aux belles choses, qui est de commerce agréable… Il faut avoir accumulé un savoir important pour accéder à ce titre. Il faut avoir fait ses preuves pour accéder à l’échelon supérieur pour que la personne prétende au surnom de «veta al vtyaani», le gentilhomme des gentilshommes, un peu le Prince des Princes. Mais il en faut encore plus pour accéder au titre de ‘Aalim, de savant musulman. Il faut, en plus de ces savoirs «vulgaires» qui font le «vetaa» et le «super-vetaa», avoir maîtrisé l’Exégèse des savoirs islamiques en plus de ceux de la langue Arabe qui est la langue du Coran et l’Histoire. Toute une vie pour arriver à ce stade. Pourtant…

Très jeunes Lemraabit Mouhammad Salem Wul Abdel Wedoud et Limaam Boudah Wul al Bouçayri vont exceller chacun dans son domaine. Très jeunes ils se révèlent. Très jeunes ils officient comme «dispenseurs» de savoirs. Ils suivront chacun son chemin, se retrouveront au cœur de la construction du jeune Etat mauritanien, participeront chacun à sa manière à l’édification d’une pensée islamique moderne et MAURITANIENNE. Profondément mauritanienne… ce qui la différenciera de toutes les tentatives ultérieures, tentatives venues souvent du centre historique de l’Islam, un centre désormais incapable de conserver la sève nourricière originelle d’une pensée vivace.

Je retiendrai ici une caractéristique principale de cette pensée : la piété (al wara’). Vous verrez rarement un ‘Alim de l’espace Bidhâne faire publiquement des prières en dehors des obligations (ce qui est surérogatoire). Et quand l’un d’eux dirige la prière obligatoire, il commence à parler et donne l’impression de vaquer à ses occupations dès qu’il finit le cycle de l’obligation. Comme pour s’interdire d’aller au-delà de ce qui est prévu par l’obligation elle-même. Deux arguments pour expliquer cela. D’abord le public ne doit en aucun cas être perturbé par le zèle religieux des uns et des autres, fussent-ils de la trempe de ceux qui peuvent décider d’un Ijtihad. Ensuite, et c’est le plus important sans doute, l’acte de dévotion doit rester dans le cadre de l’expression «intimité entre le Tout-Puissant et l’homme». Pour éviter le «m’a-t-on-vu» et le «riya» (simagrée). Entre donc l’exigence de s’abstenir d’en imposer plus que prévu par Allah et la nécessité de répondre à une rigueur intériorisée de la pratique, la voie a été trouvée.

C’est ici que s’exprime la source première de la tolérance de ces grands hommes de Dieu. Tout en étant rigoureux dans ses pratiques intimes, tout en refusant pour soi tout ce qui peut prêter à équivoque, vous n’entendrez jamais l’un d’eux s’en prendre violemment à ceux qui se comportent autrement. Ces ‘Ulémas gèrent leurs intérieurs et pour parler traditionnel, ils font semblant d’ignorer ce qui se trame derrière «lekfa» (la toile qui cache l’intérieur de la tente et qui protège, quand il le faut, des vents). Ils ne vont pas faire dans l’inquisition et ne cherchent pas la petite bête à leurs semblables. Parce qu’ils partent d’un fait : les autres sont ce qu’ils sont et on ne peut pas exiger d’eux ce qu’on exige de soi. Les autres sont des hommes et il ne faut pas chercher chez eux la perfection, ni l’accomplissement que les ‘Ulémas ont eux-mêmes réussi.

Un grand savant de cet espace, en fait Mukhtâr Wul Hamidoune exprimait cela dans une belle boutade en parlant à ses enfants : je ne vous ai jamais conseillé d’accomplir un précepte et je ne vous ai jamais dit de ne pas transgresser un interdit. Pas la peine. Dans la mesure où le comportement instantané, le comportement de tout moment, qu’il fasse chaud ou froid, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse jour ou nuit, clair ou sombre… que ce comportement soit dicté par la rigueur que Lemraabit Taah – surnom de Mokhtar – s’impose à lui-même. Chaque savant de l’école du désert est en lui-même modèle vivant de ce qu’elle inculque. Pas besoin de faire plus. La vie est déjà assez compliquée pour ceux qui n’ont ni le Savoir ni la Sagesse de ceux-là. Nos ‘Ulémas le comprenaient. Et nous comprenaient.

Lemraabit Mouhammad Saalem Wul ‘Abdel Wedoud aimait – avec une pointe d’humour dont il avait le secret – inviter les penseurs musulmans à étudier «l’art de l’hôtellerie». Expliquant que l’hôtelier ne vous décrit pas tout de suite ce qu’il propose comme chambres et suites. Qu’il vous laisse venir à l’hôtel, que bien après avoir décidé d’y rester, il vous dit qu’il y a là une chambre qui ouvre sur la mer, une autre sur le jardin… Ce doit être comme ça en Islam : laissez les gens devenir musulmans d’abord, libre à eux de choisir lequel des rites, lequel des enseignements, laquelle des nuances ils adopteront.

La semaine dernière, quelqu’un décrivait dans ces pages comment Lemraabit lui avait expliqué le rapport qu’il s’était imposé avec l’Etat. Cette semaine je m’en vais rappeler aux militants de l’époque, la spontanéité du soutien de Limaam chaque fois que la cause le méritait. Je n’oublierai jamais, personne ne doit d’ailleurs oublier, qu’il avait été le seul, le seul de tous les Imams à dénoncer l’arbitraire exercé au nom de l’Etat avant 2005. Qu’il était le seul à mettre en garde contre les dérives sous tous les régimes. N’oublions jamais sa position en 1989, lors des événements.

Ils s’en vont un à un. Que leur Baraka ne nous quitte pas et qu’elle serve à préserver ce pays des agissements inconsidérés de ses fils  qui, tout en étant exigeant vis-à-vis des autres, s’oublient dans le tumulte.

 

Mohamed Fall Ould Oumeïr




Ousmane Salatou DIAGANA, lauréat du Prix “Meilleur Manager de la Banque Mondiale”

12052009

 : «L’éducation que nous avons reçue de nos parents et dans le milieu qui est le nôtre ne saurait souffrir d’un quelconque complexe d’infériorité. »

 

Le 17 Avril 2009, notre compatriote Ousmane Salatou DIAGANA, représentant de la Banque Mondiale au Niger, a reçu  des mains du Président de la Banque Mondiale, le Prix du «Meilleur Manager de la Banque Mondiale». Natif de Kaédi, ce brillant économiste mauritanien sorti Major de sa Promotion en Planification, Analyse économique et Développement de l’Université de Dakar a fait un troisième cycle à l’ENAM de DAKAR en  Finance et Fiscalité. Enseignant vacataire de Comptabilité nationale à l’Université de Nouakchott, Ousmane Salatou dit Thiondy a exercé brièvement les fonctions d’Economiste à la mission résidente de la Banque Mondiale à Nouakchott avant de débuter à partir de 1992, les fonctions internationales qui le conduiront tour à tour au Bénin, au Yemen, au Maroc et au Niger. Ce pays était alors confronté à d’énormes défis de développement.  La mission du Country Manager qu’était donc Ousmane Salatou Diagana  comprend la couverture de programmes ambitieux de développement humain, de développement rural, d’infrastructures, d’accès à l’eau potable, de macroéconomie, de finance et de développement du secteur privé.

Dans l’interview que nous vous proposons, le lauréat du Prix du meilleur manager de la BM répond aux questions de membres de la diaspora mauritanienne établie en Amérique et animateur d’un site intitulé www.wagadu-jikke.org

 

 

WJ : Vous êtes né et avez fait vos études primaires et secondaires à Kaédi. Vous faites partie des générations qui ont connu les travaux champêtres parallèlement avec l’école. Aujourd’hui, vous êtes le Lauréat  du fameux Prix du « Meilleur Manager de la Banque Mondiale ?

Que représente ce Prix pour vous et votre communauté ?

OSD :  Au delà de ma modeste personne, je considère que ce prix est une reconnaissance du caractère universel et intemporel de valeurs chères à notre communauté. Je veux parler des valeurs de tolérance, de respect, d’abnégation dans le travail et d’intégrité. Nous devons être fier de ces
valeurs et oeuvrer à leur promotion en permanence. Ce faisant, nous contribuerons à l’édification d’un monde plus juste et plus égalitaire.

WJ : Comment cette double éducation traditionnelle et moderne a-t-elle contribué au grand succès que vous venez de réaliser ?

OSD :  Je préfère parler d’éducation de mon milieu, que je ne qualifierai pas de traditionnelle; puisque l’adjectif traditionnel si galvaudé de nos jours renvoie à un jugement de valeur plutôt péjorative.

Or l’éducation que nous avons reçue de nos parents et dans le milieu qui est le nôtre ne saurait souffrir d’un quelconque complexe d’infériorité. Cette éducation là, nous a appris à être humble, à respecter la place des anciens ou des aînés dans la société, à cultiver les notions de solidarité et de partage et à combattre l’égoïsme et l’individualisme. L’école dite moderne m’a donné le sens de l’ouverture sur le monde et m’a appris de mieux connaître les différences existant dans ce monde que nous avons en partage. Ce sont en fait ces différences, d’autres diront DIVERSITE qui font la richesse du monde.

 

WJ :  Ce prix est le résultat de votre style de leadership. Alors, comment définissez la notion de leadership ? Et qu’est ce qui est spécifique a propos de votre style de leadership ?

 

OSD : Le Leader est quelqu’un qui donne le ton ou la direction, qui montre l’exemple et qui sait fédérer voire féconder les différences. On ne s’improvise donc pas leader mais on le devient du fait de qualité intrinsèque ou développée, mais nécessairement reconnue par les autres. Dans cette logique, il est important que les actes soient en cohérence avec le discours. Un « leader “qui passe son temps à dire: « soyez toujours à l’heure au travail et ne partez pas avant d’avoir
achevé vos tâches  » mais qui arrive au bureau à partir de 10h et ne lit presque jamais les documents de ses collaborateurs, ne sera jamais écouté et pris au sérieux !

 

WJ : Avez-vous un modèle ou une stratégie de développement à proposer pour la ville de Kaédi ?

 

OSD : Kaédi est une ville agro-sylvo-pastorale. Arrosée et bénie par le fleuve Sénégal, disposant du Oualo et du Djéri, la ville offre une opportunité unique de pratiquer l’agriculture en toute saison, de faire de l’élevage et la pêche. Les ressortissants de Kaédi ont toujours accordé à l’éducation une place de choix. Aujourd’hui, à en juger par le nombre de bacheliers, maîtrisards et doctorants, Kaédi a certainement une des densités d’intellectuels au m² la plus forte.

Par ailleurs Kaédi est une ville dont les populations ont une vocation d’être émigrants donc capables d’intégration, de partage et d’adaptation. Il me semble que toute stratégie de développement de la ville doit être bâtie autour de ces points forts: (i) valorisation du potentiel agro-sylvo-pastorale, (ii) renforcement et optimisation du capital humain, (iii) captage et utilisation à bon escient des revenus de la diaspora.

WJ : Nous savons que les immigrants Africains contribuent de façon significative aux économies de leur pays.

Comment cette contribution pourrait aider au développement durable du continent ? Pour être spécifique, que pensez-vous de la communauté Soninké à l’étranger et plus particulièrement des USA ?

 

OSD : C’est dans le contexte de la crise économique que le monde est en train de vivre, que l’on mesure encore mieux l’importance et la portée des transferts effectués par ces émigrants pour le développement économique et social de leur pays ou de leur communauté. Il serait important que des stratégies concertées et cohérentes soient définies pour que l’impact de ce groupe soit encore plus fort et plus décisif.
L’émigration de la communauté soninké vers les USA est très récente, et en général concerne un type nouveau d’émigres parce que essentiellement constitué de cadres qui ont au moins complété le secondaire. C’est un avantage considérable dans un monde qui se globalise et où l’économie du savoir est le paramètre dominant. Cette communauté a aussi la possibilité d’apprendre des leçons (positives ou négatives) des émigrations pré ou immédiatement post indépendance vers l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Cote d’Ivoire, Ghana, Sierra Leone, Congo) ou vers la France. La diaspora aux USA a donc des chances et des opportunités fantastiques qu’il importe de saisir et transformer en actions concrètes de développement ici ou au pays.

WJ : Vous avez toujours été très impliqué (directement ou indirectement) au développement de Wagadu Jikke. Que représente cette association pour vous ?

 

OSD : C’est un modèle, une référence à sauvegarder surtout pour la deuxième génération constituée des enfants des pères fondateurs de W.J. Ces enfants là pour perpétuer les valeurs de la communauté, disposer d’un référent et ne pas avoir le complexe de leur identité originelle auront besoin de s’appuyer sur un socle comme WJ.

WJ : Vous avez, une fois, assisté à l’une des assemblées générales de Wagadu Jikke aux USA. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience?

OSD : On a pris l’habitude de dire que les Soninko ne peuvent pas s’unir et qu’ils ne sont d’accord qu’autour de leur désaccord. Wagadu Jikke apporte un démenti cinglant à cette perception que d’aucuns ont considéré comme une fatalité. Quand, en 2005, je crois, j’ai été témoin de l’assemblée générale de WJ à Columbus (Ohio), j’ai été impressionné par ce regroupement de frères et sœurs accourus des différents Etats des USA et du Canada pour échanger autour de la problématique de développement de nos terroirs, débattre du rôle de la diaspora et de nos élites dans l’émancipation économique et sociale de nos populations et discuter de l’éducation de nos enfants nés aux USA. Sujets ne sauraient être plus cruciaux que ceux-là, car ils dénotent même l’intérêt que WJ a pour le développement de nos villes et campagnes, et ce malgré la distance.

Propos recueillis à Washington DC par Toka DIAGANA,
Abdoulaye TANDIA, et Bakary TANDIA

Source : www.wagadu-jikke.org




Carnets d’un voyage pas comme les autres (suite et fin)

12052009


 

III. Les témoins de l’’amour impossible des enfants de Cordoue

 

Cette stèle résume à elle seule toute l’histoire de cet amour impossible. Entre la fille du dernier des souverains Omeyyades de Cordoue et le dernier des grands poètes de l’époque Andalouse. Entre Wallada bint Al Mustakfi et Ibn Zaydoun.

Wallada (994-1091) est la fille de Mohammad Al Mustakfi BiLlah, troisième du nom, dernier Omeyyade dans le Royaume de Cordoue (976-1025). Le poète est Abu al-Waleed Ahmad Ibn Zeydoun al-Makhzumi (Cordoue 1003 – Séville 14 avril 1071) que l’Histoire retiendra sous le nom d’Ibn Zaydoun. Elle fut son égérie, il fut sa muse. Vies parallèles, passion convergente.

Quand elle naît, le Royaume de ses pères est en pleine décadence. Du moins sur le plan de l’autorité de son souverain. Mais la décadence politique s’accompagne d’un foisonnement culturel sans précédent. Fille d’une esclave grecque très aimée du souverain, Wallada apprend vite à user de sa liberté. Elle apprend les belles manières de l’époque et s’investit dans le champ de la connaissance. Un peu rebelle, un peu espiègle, elle s’impose vite dans son environnement fait de virilité masculine. Quand son père est assassiné en 1025, il ne laisse aucun héritier mâle. Elle doit faire face à la vie. Se construire ou se laisser consumer. Et avec elle la dernière survivance d’une époque bientôt oubliée par l’effet des guerres des factions (Tawa’if).

Tout en acceptant de vivre sans combattre de front les usurpateurs, Wallada garde son statut de princesse, sa noblesse de caractère et sa dignité de femme. Comme du temps de son père, elle continue à animer chez elle des salons littéraires qu’on appelait à l’époque « Majaliss Al Adab ». C’est dans ces assemblées de culture qu’on retrouvait poètes, philosophes et artistes du pays. Elle ouvre même une sorte d’école dédiée à la gente féminine de la noblesse de l’époque. On ne retiendra d’elle que son caractère «masculin» que certains qualifieront de «perversion». On n’a pas voulu retenir grand-chose de son œuvre. Tout comme toutes les poétesses arabes dont on ne retient que le plus frappant. Même un nom comme Al Khansaa, peu de choses passèrent à la postérité. En tout cas pas assez pour meubler la vie de prodigieux esprits. Pour cela, la mémoire collective refusera à Wallada d’être autre chose qu’un phénomène marginal fait de… marginalités. Et de prendre comme exemple sa liaison amoureuse avec Ibn Zeydoun.

Ibn Zeydoun… originaire d’une famille arabe prestigieuse de la tribu des Bani Makhzum. Pour combler le tout, Ibn Zeydoun est né dans le célèbre quartier de «Al Ruçafa» réplique à Cordoue de celui de Baghdad. Beau parce que vert, peuplé de nobles et riches commerçants. Sa parentèle a joué différents rôles auprès des souverains de Cordoue. Al Ruçafa est aussi un haut lieu de prédilection pour les poètes et les grands esprits de l’époque. Très jeune, Ibn Zeydoun se familiarise avec le savoir et la création poétique. Il se passionne pour l’écrit (discours et poésie). Rebel, il fut naturellement porté sur la contestation du pouvoir en place comme tout intellectuel qui se respecte. Il est en prison pour son activisme et ses discours enflammés. Il participe à la révolution contre la dynastie Omeyyade de Cordoue et voit leur dernier Calife renvoyé par son vizir. Il devient vizir du vizir. Toujours le refus de la soumission. Rupture. Direction Séville (shbiliya). Il réussit à comploter contre Cordoue. Il y revient…

C’est au cours de l’une de ces soirées rassemblant gens de l’Esprit dans le salon de Wallada, que Ibn Zeydoun rencontre enfin celle qui devait être pour lui l’inspiration première. En fait, il avait déjà entendu parler d’elle mais avait toujours pensé que «toute femme qui s’occupe du savoir doit être laide». Au contraire.

Dans un livre écrit sur «l’énigme, Wallada» et dont le titre est «Wellada, princesse andalouse» (éditions l’Harmattan), l’auteur algérienne Rabia Abdessamad, décrit l’héroïne avec ses « cheveux d’un blond cendré » qui « auréolaient un visage à l’ovale parfait et donnaient à ses yeux bleus des reflets changeants. » Cela lui donne, selon les mots du poète, « ce regard où sont nés les regards et les astres » et dont le sourire « diffusait son éclat en douceur comme une radiation lumineuse? » « Qui mesure le temps, ô ma dame, toi, les astres ou Dieu ? » dira-t-il quelque part. Avant de s’enorgueillir qu’ »aucun poète arabe n’a eu l’insigne honneur d’être aimé d’une princesse ».

« Ô belle Cordoue me sera-t-il donné
De retourner à toi ?
Que vienne le moment où je te reverrai
Tes nuits sont des aurores
Ta terre est un jardin
Ton sol imprégné d’ambre
Safrané, un tapis d’or » (traduction Rabia Abdessamad)
Ibn Zeydoun avait dit aussi que « l’amour ne peut mourir, même de ma blessure ». Pourtant, il abandonna la belle Wallada. Dans sa vie. Puis mourut vingt-cinq ans avant elle. La laissant vivre cent ans. Ce ne furent pas les «cent ans de solitude». Au contraire. Une vie pleine. De poésie, de grandeur, de belles rencontres mais sans doute de pleurs et de gémissements…

…Sur la stèle où les deux mains se touchaient à peine, symbolisant quand même la convergence d’un amour éternel, il était inscrit deux vers de chacun des poètes, deux vers composés par l’un pour l’autre.

Il a dit :

Yaa men ghadawtu bihii vi nnaasi mushtahiran

Qalbii yuqaasi ‘alayka el-hamma wassaharaa

In ghibta lam alqa inssanan yu’annisunii

Wa in hadharta ve kullu nnaasi qad hadharaa

(ô toi par qui je suis célèbre parmi les gens

Mon cœur endure pour toi inquiétudes et tourmentes

Si tu es absent, personne ne m’occupe

Et si tu es présent tous les gens sont là)

 

Elle a dit :

Agharu ‘alayka min ‘aynii wa minni

Wa minka wa min zamaanika wal makaani

Wa law anni khabba’tuka vii ‘uyunii

Ilaa yawmi il qiyaamati maa kavaani

(je suis jalouse (sur) toi, de mes yeux et de moi-même

Et de toi et de ton temps et du lieu

Et si je te cachais dans mes yeux

Jusqu’au Jour Dernier cela ne suffirait)

 

Tout ça c’est sur la stèle… il en va de Wallada et d’Ibn Zeydoun comme il en va des grands amours : la beauté de l’histoire réside dans l’impossibilité d’assouvir la soif de l’autre, la faim de l’autre… la souffrance est aussi une forme de grandeur… à condition d’en faire quelque chose digne d’être partagé, d’être retenu par la postérité…

Après des heures passées à tourner en rond, je quittai Cordoue pour Madrid. Je quittais l’Andalousie avec la ferme intention d’y revenir un jour. Cette fois-ci pour y rester des jours entiers. In chaa Allah…

 

Mohamed Fall Ould Oumeïr

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

12052009

L’agression contre le journaliste de l’ANI pose encore une fois le problème des rapports que notre élite entretient avec la presse. Ces rapports sont, pour l’essentiel, la résultante du parcours du pays. Surtout ces dernières années. Pour aider à mieux comprendre, je me permettrai de vous parler de mon expérience personnelle.

J’enseignais quand en 1988 j’avais commencé une collaboration avec Chaab qui était à l’époque le seul vivier culturel du pays. C’est là que je rencontrai M’Bareck Ould Beyrouk qui devait devenir un ami de toujours. Il était sur le projet d’une revue «indépendante» ( pour reprendre les mots innocents de l’époque). Je fus tout de suite emballé. Nous décidâmes d’y impliquer nos amis : Habib Ould Mahfoud, Lô Gourmo Abdoul, Me Moulaye El Ghaly, Ba Abou, Idoumou Ould Mohamed Lemine… Ce fut Mauritanie Demain. Une belle aventure qui se termina pour nous – Habib et moi – par Al Bayane puis Le Calame et enfin La Tribune – pour moi. Un peu plus de 20 ans dans ce métier. Une expérience relative du monde politique.

Après 20 ans, je peux prétendre à une perception qui vaut ce qu’elle vaut de la scène politique. Je ne dirai pas ma fierté du travail accompli par les journaux et donc les journalistes pendant deux décennies.

C’est la presse qui a accompagné les événements. Dénonçant l’arbitraire au moment des faits, saluant le peu de bonnes choses qui arrivaient, donnant la parole au citoyen le plus humble, se gaussant des maîtres les plus cruels… Les faits sont têtus.

Mais la presse a fait l’objet d’un profond mépris de la part de l’encadrement national. Au niveau du pouvoir, la tactique a été d’abord de banaliser le phénomène en noyant la bonne graine dans l’ivraie. Ce fut la prolifération des titres. La corruption et la mise au pas. Au niveau des différentes formations politiques, l’attitude est sensiblement la même : un mélange de mépris et de crainte, d’amour et de haine…

Durant la période sombre, la presse opprimée, écrasée bénéficiait d’un soutien au sein d’une certaine élite. Qui a compris que la démocratisation et finalement le changement passaient par le développement de la presse et la préservation de l’espace de liberté. La conscience de ce fait était plus forte avant le 3 août 2005.

Le gouvernement de transition avait vu l’énorme avantage qu’il pouvait tirer d’une alliance objective avec la presse qui est et demeure le grand vecteur des réformes. Il n’a pas été difficile pour le Premier ministre de s’engager personnellement sur cette voie. Lui qui a mis en place une commission chargée de la conception de cadres institutionnels nouveaux et relativement révolutionnaires.

La nouvelle loi sur la presse devait être promulguée. Elle instituait le régime de la régulation et mettait fin à la tutelle du ministère de l’intérieur. Des projets de loi sur la libéralisation de l’audio-visuel, le statut du journaliste… furent déposés en attendant l’avènement du pouvoir «démocratique». Rien n’a été fait depuis la transition. L’aide prévue par la loi et parfois par la loi des finances n’a jamais été effective. Il faudra attendre l’arrivée à la tête du ministère d’un journaliste pour voir baisser les coûts d’impression. Mais le geste ressemblait plus à un acte de charité qu’à une réponse réfléchie à un problème structurel. Même si c’est un geste qui reste et qui allège le fardeau.

En parlant de fardeau, peu de gens s’intéressent aux conditions dans lesquelles nous exerçons. Peu de gens se posent la question de savoir comment nous accédons à l’information. Peu de gens savent comment nous arrivons à maintenir le rythme.

La plupart des acteurs politiques préfèrent nous traiter pour moins que rien. Dire de nous que nous sommes des corrompus, des vendus. Que nous participons – tous ou en partie – aux complots officiels ou officieux. Que nous ne méritons pas le respect.

C’est facile mais c’est dangereux. Parce que la presse reste le pilier de la démocratie. Tout projet qui ne prend pas en compte la nécessité d’améliorer les conditions d’exercice de ce métier, d’ouvrir les medias publics, de libéraliser l’espace audio-visuel… est un projet voué à l’échec.

Permettez enfin que je rappelle aux détracteurs – connus et anonymes – de la liberté d’expression que la presse est un pan de cette société. Comme pour le reste nous n’avons que la presse que nous méritons. A ceux qui nous comparent – dans une vaine tentative de décrédibilisation – au Times ou au Monde, je répondrai que nos lecteurs – c’est-à-dire eux – ne sont pas lecteurs de ces grands journaux. Pour conclure qu’avant d’être exigeant vis-à-vis des autres, il faut l’être vis-à-vis de soi.

A bon entendeur salut !




Présidentielle 2009

12052009

 

  

L’enjeu des jeunes 

 

La campagne présidentielle commence dans dix jours, et les candidats au fauteuil suprême ne cachent pas leurs efforts de tirer vers eux le vote des jeunes, qui sera un déterminant majeur de la victoire lors de l’élection du 6 juin. Ceux-ci en ont conscience, et certains s’organisent en initiatives de soutien à tel ou tel candidat pour en tirer un profit matériel. D’autres affichent une indépendance farouche et rêvent d’une nouvelle Mauritanie. 

 

 

Les jeunes (18 à 35 ans) en âge de voter représentent 30% de la population mauritanienne. Une masse importante d’électeurs qui se retrouve être l’enjeu principal des pré-campagnes des candidats à l’élection présidentielle. Hamidou Baba Kane «dédie sa candidature à la jeunesse» et promet des changements en profondeurs pour casser la spirale du chômage structurel des jeunes mauritaniens. Quant à Abdel Aziz, il rappelle qu’il est du «devoir des jeunes d’être à l’avant-garde en toutes choses dans le pays.» De son côté, Ibrahim Moctar Sarr est particulièrement poussé par les jeunes de l’AJD/MR. Le mot «jeunes» n’a jamais autant été usé par les politiques que ces dernières semaines, en pleine période de pré-campagne. Et la jeunesse en a conscience. Limam Kane, dit monza, organisateur du festival hip-hop Assalamalekoum en sait quelque chose. «Des politiciens ont essayé de récupérer le festival qui a réuni plus de dix mille personne en avril dernier, mais nous avons marqué notre distance par rapport au jeu politique.» révèle-t-il. Mais il endosse parfaitement et sans complexe le rôle d’agitateur de conscience: «ce genre de festival par son exposition et sa diffusion peut contribuer à éveiller la conscience citoyenne des jeunes mauritaniens pour qu’ils gardent les yeux ouverts. Je considère que le rap constitue aujourd’hui la vraie opposition politique, car le rap parle au peuple. Finalement, ceux sont les chanteurs de rap qui deviennent les vrais représentants du peuple.» revendique-t-il.

 

Le temps de l’insolence 

 

Cette jeunesse qui se retrouve au centre des convoitises électorales, voit naître des associations, des mouvements, dont la plupart n’arrivent jamais à réaliser les objectifs bien souvent louables qui avaient été la source de leur création. Mais d’autres se veulent plus volontaristes et pragmatiques, et ne sont pas forcément en Mauritanie. En France, un mouvement prend de l’ampleur, et sème ses petites graines. «Jeunesse consciente» réunit de jeunes étudiants mauritaniens, et de jeunes professionnels, soucieux de l’avenir du pays, mais qui ne voient plus celui-ci sous l’œil politique. «Franchement, en mesurant le travail politique concernant la jeunesse, depuis l’indépendance de la Mauritanie, on peut le calculer proche de zéro; ça nous a fait prendre conscience que si les jeunes ne se levaient pas et ne prenaient pas ce qu’ils méritent dans ce pays, on ne leur donnera jamais. C’est à nous de nous prendre main, et de dire «merde» à tous ces politicards; leur dire qu’une autre Mauritanie est possible, mais pas sans nous.» s’emporte Sidi N’Diaye, doctorant en sciences politiques à Paris, et président du mouvement. «Il est temps d’être insolent, dans le bon sens du terme, d’émerger, et de mettre les dirigeants face à leurs contradictions.» continue-t-il.

Cet échec auquel aurait largement participé une classe politique sclérosée, rendue invisible par des années d’immobilisme et de complaisance, «pose donc la question de l’émergence d’une deuxième voie, à savoir la jeunesse. Marginalisée et souvent tenue à distance par des procédés de disqualification propres au champ politique, elle s’est convaincue au fil des années que sa parole ne pouvait être digne d’intérêt dans cet espace clos qu’est celui des professionnels de la politique. Or, dans toute société, l’engagement de la jeunesse a toujours été un facteur d’évolution, de changement et d’espoir en l’avenir.» martèle le Sidi N’diaye.

 

Éviter le syndrome des «initiatives» 

 

Ces volontés affirmées, trouvent leur pendant dans les «initiatives» multiples qui fleurissent à l’approche d’enjeux électoraux. Des initiatives de «cadres de tel endroit», des «jeunes de telle commune» sortis ex-nihilo et qui s’invitent dans le champ politique, recherchent le maximum de membres, pour monnayer un soutien à tel ou tel candidat; comme les associations-cartables dans la vie de la société civile, ces initiatives plombent le travail de fourmi des rares associations et mouvements de jeunes réellement revendicateurs. «Au fond ça n’a pas vraiment d’importance; les politiques seront bientôt confrontés à une réalité qui est qu’une jeunesse délaissée trop longtemps sombre dans la délinquance. Et la hausse fulgurante des actes de violence particulièrement dans les quartiers périphériques devrait en faire réfléchir plus d’un. Espérons que de vrais actes seront posés avant que les choses n’empirent» explique un membre de l’association des jeunes entrepreneurs mauritaniens.

 

MLK 




150ème anniversaire de la bataille de Solferino :

12052009

 

Le Croissant Rouge Mauritanien célèbre à sa façon 

 

C’était vendredi 08 mai 2009 à son siège à Nouakchott, en partenariat avec le CICR et les Croix Rouge italienne, française et espagnole que  le Croissant Rouge mauritanien a commémoré la journée mondiale du Mouvement  de la Croix Rouge et du Croissant Rouge  placée, cette année, sous le thème «  notre Monde. A vous de bouger », marquant  ainsi le 150ème anniversaire de la bataille de Solferino (Italie), qui fût à l’origine  de la création de la Croix Rouge et du  Croissant Rouge. Cette journée  correspond également au 90ème anniversaire  de la Fédération Internationale de la Croix Rouge (FICR) et  au 60ème anniversaire des conventions de Genève de 1949.

Prenant la parole, le Président du Croissant Rouge mauritanien le Colonel Ahmed O/ Ahmed Aida dit : « la célébration de cet événement par le croissant Rouge Mauritanien (CRM) procède de sa volonté de participer à la c campagne mondiale intitulée notre monde. A vous d’agir décidée par le mouvement international de la Croix et Croissant Rouge et dont l’objet est de faire entendre plus fort la voix des victimes de la guerre et des catastrophes naturelles afin d’inciter les habitants de la planète à agir en faveur de ces personnes ».  

Selon lui,la Fédération Internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge(FICR) se compose à cette date du 8 mai de 186 sociétés nationales dont l’action est guidée par sept (7) principes fondamentaux : Humanité, Impartialité,Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unité, Universalité ». 

Les sociétés nationales qui composent cette Fédération, selon toujours lui, interviennent pour alléger les souffrances des populations  victimes des catastrophes ou en situation de crise.

 Le colonel Ahmed O/ Ahmed Aida estime que  l’action du Mouvement intervient dans un contexte mondial marqué par la crise  économique et l’étendue de la pauvreté et des conflits armés qui touche des franges importantes de la population de la planète.

La complication et l’ampleur de ces difficultés requièrent l’engagement de toutes les bonnes volontés. C’est dans ce contexte que le président du Croissant Rouge Mauritanien lance un appel à toutes les institutions (Ministères, Organisations Internationales, Sociétés partenaires, medias, …) pour qu’elle accordent davantage d’attention à l’allégement des souffrances  des populations vulnérables en Mauritanie et ce en apportant leur soutien aux programmes humanitaires mis en œuvre par le CRM.

 

Les actions du CRM 

 

Crée  à la fin de l’année 70, reconnu en 1971 par l’Etat (loi 71065 du 4 mars 1971) à un moment  où les pays du Sahel dont le notre faisaient face à une grande sécheresse qui a provoqué un exode massif des populations rurales menacées par la famine vers les centres urbains et admis comme 117ème Sociétés Nationales membre de la FICR en 1973, le Croissant Rouge Mauritanien (CRM) agit en cas de conflit armé et s’y prépare dés le temps de la paix comme auxiliaires des services de santé. Il fourni en cas de catastrophes des secours d’urgences, contribue à la lutte contre les épidémies et la prévention des maladies, la promotion des idéaux de la Croix Rouge et du Croissant Rouge etc.

Le CRM dispose 56 comités locaux  et 2500 volontaires. Avec la Croix Rouge française, le CRM a eu l’exécution d’un projet de lutte contre la malnutrition aiguë, le programme WATSAN (El Mina) et un projet pour la mise en charge des personnes atteintes du VIH/SIDA.  

Le CRM intervient également dans le domaine du développement communautaire dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations les  plus vulnérables. Ainsi  au cours de la période 2005-2008, le Croissant Rouge Mauritanien a mis en œuvre  un plan de développement portant sur un volume de financement de l’ordre de  Huit cent milles Ouguiya (800.000 UM).

Ce programme avait eu le soutien de la FICR et du CICR et de la Croix Rouge française, italienne et espagnole.

Selon le président  colonel Ahmed O/ Ahmed Aida, sa Maison  prépare un nouveau programme de développement stratégique qui devra couvrir la période 2009-2012.

 

Après le discours du Président du CRM, le programme de la journée a débuté par la projection d’un film documentaire sur le rétablissement des liens  familiaux (familles dispersées par la guerre ou des conflits) dans le monde. C’est ainsi qu’en Afghanistan par exemple entre 2001 et 2003, la Croix Rouge a fait échangé plus de 22000 messages entre les civils qui ont perdu un parent ou un ami. La Croix Rouge a permis à des uns et des autres victimes des guerres ou des conflits  de rétablir des contacts permanents avec  leurs proches.

En Angola, il y a eu  plus de 190.000 messages de la Croix Rouge. Ces messages ont permis aux enfants victimes de la guerre de retrouver leurs parents.

 

Pourquoi le CICR  en Mauritanie ? 

 

Le représentant du CICR Thierry Ribaux a présenté un exposé relatif à son organisation.

Il d’abord rappelé que le CICR est une Organisation basée en Suisse. Il ensuite dit que le CICR a ouvert son  bureau à Nouakchott en 2005. Selon lui, le CICR  visite des personnes privées de liberté dans l’ensemble du pays. Ces visites concernent également  des détenus accusés d’atteinte à la sûreté de l’État. Mais le CICR ne cherche pas à savoir le pourquoi de leur détention. Le CICR permet, entre autres choses, aux détenus et à leur famille d’échanger des nouvelles. Le représentant du CICR a tenu a rappelé que les symboles Croix Rouge et du Croissant Rouge n’ont rien de connotation religieuse. Ainsi les pays musulmans comme le Sénégal ou le Tchad par exemple utilisent la Croix et non le Croissant. Il a aussi dit que dans certains pays il y a l’abus des emblèmes du Mouvement de  Croix et du Croissant Rouge. Des soigneurs traditionnels par exemple utilisent ces emblèmes en mettant devant la porte de leurs lieux de travail. 

 Selon Thierry Ribaux, les sources de financement du CICR, viennent des pays du monde qui ont signé  la Convention de Genève. Tous les pays doivent mettre la main à la poche pour le fonctionnement du CICR. Mais les principaux bailleurs de fonds sont au nombre de 20 : Les USA, la Grande Bretagne, les Pays – Bas, la Suisse, le Japon, etc. Parmi ces 20  principaux bailleurs de fonds du CICR aucun pays africain ne fait parti. 

Le CICR a usage restreint et proportionné de la force, en fonction des objectifs militaires, constitue l’esprit même du droit international humanitaire. L’institution s’attache donc à promouvoir l’ensemble des principes humanitaires, de façon à prévenir – ou, tout au moins, à limiter – les excès de la guerre.

Le CICR vise en particulier les personnes et les groupes qui influent sur le sort des victimes d’un conflit armé ou qui peuvent soit entraver, soit faciliter l’action de l’institution.

 

Des sociétés partenaires du CRM 

 

Le représentant de la Croix Rouge française, italienne ainsi que la représente de la Fédération Internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, ont tour à tour présenté des exposés relatifs aux actions qu’ils mènent dans le pays. La Croix Rouge Française présente depuis 2000 en Mauritanie a débuté ses actions en ouvrant un Centre d’hébergement des personnes vivant avec le VIH/Sida  à Kiffa. Elle supervisé un projet des AGR  au Brakna….

Aujourd’hui plus de 1800 personnes vivant avec le VIH/SIDA sont prises en charge par la Croix Rouge française en Mauritanie.

La Croix Rouge italienne a été ouverte, quant à elle, en 1998 en Mauritanie. Elle  a formé 100 auxiliaires de la nutrition de 1998 à 2001 en appuyant également de plusieurs projets. Elle a aussi initié des micros projets générateurs de revenus. Pour l’amélioration des conditions de vie des populations  mauritaniennes, la Croix Rouge italienne a également a installé des moulins et ouvert un atelier de brique en 2008.

La représentante de la Fédération Internationale, a quant à elle, mis l’accent sur l’appui que son Organisation apporte au Croissant Rouge Mauritanien. La Fédération a formé plus de 150 volontaires à Rosso et à Nouakchott. Selon elle, ces volontaires ont touché  140.000 ménages.

 

Sy Mamadou 

   




Politique :

12052009

 

 En attendant le 6/6, qu’est-ce qui peut arriver ? 

 

Initiative sénégalaise… recul de la présidentielle… gouvernement d’union nationale… réactions des parties… réaction de l’Ambassade des Etats-Unis aux accusations d’ingérence… du FNDD aux positions des puissances étrangères… création d’un nouveau parti dédié au Général démissionnaire… molestation d’un journaliste… 

Autant d’événements qui sont venus perturber le cours de la vie du microcosme nouakchottois. Car, il faut le dire, tous ces mouvements ne concernent que Nouakchott, un peu Nouadhibou, un peu la diaspora de l’extérieur, mais le reste du pays est pris par d’autres urgences : la saison sèche qui menace d’être rude, l’école, la santé, la baisse de la production agricole, la mévente du bétail, la politique catastrophique dans le secteur des pêches, le poids de la crise internationale sur les exportations minières… Comme ces événements n’ont pas de liens directs, nous avons choisi de les mettre l’un après l’autre. Le lecteur comprendra peut-être pourquoi. 

Dans un communiqué rendu public en début de semaine dernière, l’Ambassade des Etats Unis rappelait sa position vis-à-vis du putsch du 6 août en ces termes : «Les États-Unis continuent à croire qu’une solution stable et durable de la crise passe nécessairement par le retour de toutes les institutions constitutionnelles, y compris le retour du président, démocratiquement élu, de la République islamique de Mauritanie. Une fois les institutions démocratiques rétablies, les États-Unis salueront et appuieront tout dialogue politique visant à construire un consensus national pour renforcer la démocratie en Mauritanie». Pour ce faire «Le gouvernement américain a imposé des sanctions sur les visas contre les membres du Haut Conseil d’Etat et les autorités administratives mises en place après le coup. Ces sanctions s’appliquent aussi à d’autres personnalités qui ont soutenu activement ou ont bénéficié du coup d’état. L’application de sanctions financières ciblées contre ces mêmes personnes est encore activement en cours d’examen». Sur les accusations d’ingérence, le communiqué reconnaît : «Notre ambassade a maintenu de larges contacts avec toutes les tendances politiques, la société civile, et d’autres influentes personnalités Mauritaniennes afin de suivre les aspects politiques, sociaux et économiques de la crise». Avant d’ajouter : «L’Ambassade des Etats-Unis en Mauritanie continue de fournir un soutien moral et politique au président démocratiquement élu, aux partis politiques, aux syndicats et à la société civile qui travaillent pour le retour de la démocratie. Les États-Unis fournissent un appui technique limité, par le biais des ONG nationales et internationales, à ces organisations (partis politiques, syndicats, autorités locales, groupes communautaires, et société civile), qui travaillent pour le rétablissement de la démocratie». L’Ambassade dément formellement avoir fourni ou jamais fourni «d’appui financier direct aux partis politiques et aux organisations syndicales, et n’a pas reçu de telles demandes de leurs parts». 

L’Ambassadeur des Etats Unis en Mauritanie, longtemps absent ces derniers temps est rentré au milieu de la semaine dernière. Sa présence pourrait atténuer le conflit ouvert entre les autorités en place et le Chargé d’affaires de l’Ambassade jugé trop «activiste» par les soutiens des putschistes. «Très en lien avec les forces anti-rectification» selon eux. Comprendre ici les anti-putsch. 

Le Front national pour la défense de la démocratie a vite réagi aux propos des uns et des autres en saluant la position américaine et en stigmatisant celle de la France qu’il a jugée dictée par les réseaux de la Françafrique. Ce communiqué qui a été dénoncé par les Islamistes (Tawassoul), semble avoir été rédigé par l’une des parties et met à mal le FNDD. D’abord avec la presse ayant traité l’affaire soulevée par l’interview du chef de file de l’opposition Ahmed Ould Daddah, ensuite avec la France et enfin au sein même de la structure anti-putsch. 

Contre la presse : «Depuis quelques jours, certains milieux affidés des putschistes ne cessent de colporter en les manipulant au gré de leur sombre dessein, des propos prêtés au Président du RFD. Bien que l’auteur putatif de ces propos les ait publiquement démentis lui-même, ils continuent encore de nourrir le discours indigent et vulgaire des milieux en question et de susciter maints commentaires visiblement commandités dans une certaine presse peu regardante quant à la déontologie et au respect des règles journalistiques». 

Contre la France : «En matière d’«ingérence dans les affaires de notre pays» , il est de notoriété publique que les réseaux de la Françafrique sont impliqués dans le coup d’Etat contre le Président démocratiquement élu, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ; coup d’Etat qu’ils ont soutenu et continuent toujours à appuyer, sabordant à chaque étape les efforts de la Communauté Internationale visant à rétablir l’ordre constitutionnel issu d’élections libres et transparentes. Fidèle à sa sinistre réputation d’officines politico affairiste de la mafia néocoloniale, la Françafrique ne prospère, en effet, que sous les régimes d’exception, dans des économies où prédominent les rentes et d’où la saine concurrence est exclue et sur les ruines des projets démocratiques et de bonne gouvernance dans le Continent africain. Ce faisant, elle risque de ternir l’image de la France des Droits de l’homme et de la Démocratie et d’en compromettre les intérêts stratégiques à travers le continent. 

Ses représentants dans notre pays, officiers traitants de la junte, sont désormais démasqués et leur action nuisible connue de tous. C’est sans doute parce qu’ils partagent avec ces réseaux le même dessein anti-démocratique et antinational que nos parlementaires et Chefs de partis putschistes ne considèrent pas que les menées déstabilisatrices de la Françafrique constituent une ingérence dans les affaires intérieures du pays». 

Officiellement et si l’on s’en tient aux déclarations du leader islamiste Jemil Mansour, c’est le passage sur la presse qui n’a pas plu. Et c’est surtout le fait de ne pas avoir été consulté pour la publication d’un tel communiqué. Dans la réalité il n’y a pas que ça. Il y a aussi le fait de saluer les Etats Unis même au terme d’un communiqué. C’est là une attitude que le parti ne peut expliquer à ses militants. Après tout la «normalisation» avec les Etats Unis n’est pas encore décidée. Il y a enfin la différence d’approche qui doit nécessairement éclater au grand jour à un moment ou à un autre. Les Islamistes ont vu le Général rompre ses relations avec Israël, participer au sommet de Doha et ramener le pays dans le camp «progressiste» dont le dénominateur commun est le soutien à Hamas en Palestine et le refus de l’agenda américain au Moyen-Orient. Autant dire que l’essentiel du combat des islamistes a été mené par Ould Abdel Aziz. Alors comment expliquer aux militants l’intransigeance affichée du parti qui a pourtant accepté de faire partie du gouvernement qui avait des relations avec l’entité sioniste ? 

Pendant que le camp adverse se cherche, le candidat Ould Abdel Aziz organise les siens. Création de l’Union Pour la République (UPR) avec unique vocation de porter le candidat à la tête de l’Etat. En attendant, c’est à la tête du tout nouveau parti que Ould Abdel Aziz a été porté. Alors que l’UPR n’a pas d’existence politique réelle et n’apporte rien au candidat. C’est comme si le parti commençait déjà à «consommer» son candidat. Avant même que la bataille soit engagée. 

Derrière cette précipitation, certains observateurs n’hésitent pas à parler d’une préparation savamment orchestrée par le candidat Ould Abdel Aziz qui veut se frayer une voie de participation à des négociations de plus en plus probables et dont le principe est acceptée et même envisagée par lui. C’est au titre de «président du parti le mieux représenté au Parlement» qu’il sera impliqué dans toute quête de solution. Du coup il réalise deux objectifs : il s’assure donc une implication et il donne le gage de sa bonne volonté. En plus, il donne un crédit à son geste inédit de démission. Le monde politique, en refusant de faire la distinction entre l’avant et l’après démission du Général, a manqué d’initiative à temps. 

Même la démarche sénégalaise arrive tard. Les forces qui ne veulent pas de recul de l’élection se sont mobilisées pour barrer la route à cette éventualité. Samedi, la mobilisation anti était tel que cela a ressemblé à une débandade des parlementaires soutenant le putsch. Côté opposition, on sait que Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été intransigeant sur sa position en revendiquant le retour au pouvoir ne serait-ce que le temps de faire une adresse à la nation pour lui permettre de s’expliquer. Le FNDD et le RFD de Ould Daddah poursuivent leur campagne de mobilisation commune contre le putsch. Cela se traduit par les manifestations désormais tolérées par les autorités. Mais la position vis-à-vis de la proposition sénégalaise n’est pas la même. Le FNDD s’en tient encore à son objectif principal qui est de «faire échec au coup d’Etat» en exigeant «l’annulation de l’agenda unilatéral de la junte». Ahmed Ould Daddah, par contre, devra chercher à s’assurer les conditions optimales d’une participation à l’élection présidentielle. Pour cela exiger d’abord le recul de cette élection. 

Dans le cas d’accord sur le recul, on peut prendre comme base la délibération de l’Assemblée nationale en octobre 2008, délibération qui préconisait l’organisation d’élections dans 14 mois, c’est-à-dire en octobre 2009. Cela ouvre la voie à une démission formelle de l’ancien Président élu, à la mise en place d’institutions consensuelles et à l’accompagnement par les amis étrangers. Seulement… 

Tout indique qu’il n’est pas dans l’intérêt de Ould Abdel Aziz de décider du recul de l’élection. Ce pourrait être perçu comme un signe de faiblesse pour son camp dont la loyauté n’est pas du tout acquise. Maintenir le cap met les prétendants les plus sérieux hors jeu. En effet Ould Daddah qui reste l’unique challenger connu, Eli Ould Mohamed Val dont l’ombre plane sur la scène, sont l’un et l’autre menacés par la limite d’âge si une élection est organisée sans eux le 6/6/09. En 2015, ils ne pourront pas se présenter. Si la rumeur concernant les desseins de Ould Abdel Aziz notamment en ce qui concerne le Parlement s’avèrent justes, rien n’indique que l’opposition va y participer. Nous aurons alors un Parlement monocolore d’où seront exclus ceux des parlementaires actuels qui boycotteront. 

Espérons que tout cela reste dans le registre des conjectures. Espérons que les politiques cessent de s’accuser mutuellement et de se renvoyer les insultes. Espérons enfin qu’ils réévaluent leurs forces et leurs capacités respectives, mais aussi le prix à payer pour le pays d’une victoire probable sur le camp adverse. A ce moment peut-être comprendront-ils que seuls les Mauritaniens pourront régler les problèmes de la Mauritanie. 

 

MFO 




Faits divers de la Tribune

12052009

Un gangster menace un policier

Mohamed dit Bolo et ses deux lieutenants Teyib et Abou ont été arrêtés en début de semaine dernière suite à un vol à main armée dans une maison à Dar Naim.

Déférés au tribunal par le commissaire de Dar Naim 1 selon une source policière, ils étaient escortés par le policier Ch. Souleimane.

Après leur audition, Bolo est libéré sous contrôle judiciaire tandis que ses deux hommes sont renvoyés à la prison de Dar Naim.

Pour se venger, Bolo a vite constitué un gang avec lequel il a cambriolé la maison du policier Ch Souleimane. Ils ont emporté un téléviseur, un récepteur, un DVD et des effets vestimentaires. Avant de partir ils se sont permis d’uriner sur les lits et les matelas. En plus ils ont laissé un  message sur les murs de la chambre à coucher. « Nous tuerons ton épouse et tes enfants ».

Le policier a mobilisé certains éléments de son commissariat et ils ont arrêté Bolo. Déféré deux jours après avoir été libéré sous contrôle judiciaire il est envoyé en prison.

Le policier a pu retrouver son matériel au marché Tieb-Tieb avec un receleur. Ce dernier a été arrêté puis déféré mais aussitôt libéré par le juge d’instruction.

 

Deux frères voleurs ! 

Deux frères, visiteurs réguliers de la plus grande épicerie deDar Naim ont eu le courage de voler dix téléphones portables qui étaient branchés pour la charge à l’intérieur du lieu.

N’appartenant pas  au gérant de l’épicerie et ce dernier à décider d’utiliser tous les moyens pour les retrouver.

Il s’est masqué d’un turban et s’est rendu à Nokta Sakhina.

Arrivé sur le lieu et à sa première ronde il met la main sur les deux frères en possession des 10 portables.

Sous le poids de la tristesse, ils ont accepté de les  lui remettre.

Parmi les victimes un journaliste dont les deux lascars avaient emporté le téléviseur et le précepteur.

Ce journaliste et son voisin un militaire ont déposé une plainte au C.P.de Dar Naim 1 mais selon eux il n’y a pas eu de suite.

Selon une source digne de foi, les deux frères sont les fils de la célèbre vendeuse de couscous et de gâteaux à Dar Naim qui est très sollicité dans
la  Moughataa.

Selon la même source, elle sait très bien que ses fils sont des voleurs.

 

Peur sur Ghandahar ! 

 

A Ghandahar , quartier populaire de la Moughataa d’Arafat des boutiques et des échoppes  ont été cambriolées il y a trois mois, d’autres brûlées, des coffres emportés , des gérants d’épiceries et des vendeurs de cartes de recharges agressés et des magasins de vente de gaz butane vidés de leurs contenus… Ghandahar vient de connaître, dans la nuit du vendredi 02 mai 09 une nouvelle scène de vol.

Une chambre située à quelques mètres du carrefour Nour faisant face au goudron a été cassée par derrière par un groupe de trois cambrioleurs qui ont amené 12 sacs de ciment, 4 seaux de peinture à huile, 6 boites de peinture, 2 portes de  deux battants en bois rouge et 3 fenêtres en vitre.

Selon un témoin oculaire en l’occurrence le gardien du chantier qui se trouve à quelques encablures du lieu. Il affirme qu’il a vu trois jeunes descendre d’une Toyota Land Cruiser sans matricule. «  Je n’ai pas  pu intervenir craignant  qu’ils m’agressent en général c’est des souvent armés » a-t-il souligné.

Selon des personnes qu’on a rencontrées   sur le lieu et qui sont des habitants  de la zone,  elles ont toutes abondées dans le même sens « ce sont les mêmes voleurs qui continuent de mener  leurs opérations du fait que la police n’a pas pu les arrêter et les punir ».

 

Cambriolage à El Mina ! 

Dans la nuit du samedi 03 mai, la chambre de Jemal Ould Ahmed qui se trouve dans le quartier du garage Arafat à El Mina  a été cambriolée par l’un des graciés du 14 Avril de l’année en cours.

Il s’agit M.O.Ahmed, qui a  emporté des effets vestimentaires, du matériel de musique et un réchaud à gaz.

Informée, la police a mobilisé 
la Brigade recherche d’El Mina 1 qui  s’est investie et ses éléments ont pu arrêter le caïd qui est actuellement derrière les grilles.

En attendant le complément de son dossier, il sera déféré au parquet selon une source policière.

 







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