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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

5052009

Les révélations d’Ahmed Daddah 

Le Front National pour la défense de la Démocratie,  les centrales syndicales, le FONADH et l’ambassade des Etats-Unis  se seraient livré à une compromission. Un appui financier du pays de l’oncle Sam  au club des anti-putschs aurait fait l’objet d’un pacte.  « J’ai refusé de signer  un tel pacte », déclare  le Président du RFD dans une récente interview sur un site électronique. Le leader  de l’opposition est revenu sur ses propos  à travers un communiqué publié par le bureau exécutif   de son  parti. Le Communiqué  a démenti cette déclaration. Ce qui a poussé l’Agence Nouakchott Info  (ANI) et d’autres sites électroniques  à  publier  l’enregistrement sonore du leader de l’opposition.    

D’abord, on explique que la rédaction de Nouakchott-info a subi  des pressions énormes  pour que l’interview ne soit pas publiée. La rédaction se serait pliée  à cette exigence. Ensuite, après le démenti du RFD, le directeur de publication de cette agence a ‘diffusé’ l’enregistrement.  Une autre partie de l’interview évoque que les services secrets de l’ambassade de France interviennent clairement dans les affaires du pays tout en influençant les décisions des  pouvoirs publics  français en faveur des autorités post  6 août 2008. 

Certaines versions doutent de l’authenticité de la voix d’Ahmed Daddah. Ce doute est fondé sur la capacité de certains individus à imiter les voix.   

Toutefois, les observateurs  et les analystes sont presque unanimes  sur le fait que l’enregistrement sonore est  bel et  bien celui  du  leader charismatique du RFD et de l’opposition.   

En tout état de cause, l’interview a été mise en ligne  par le site Taqadoumy et sur d’autres sites avant sa parution sur  le site ANI.                

Par ailleurs, il est clair que  la guerre entre les antagonistes mauritaniens  se  manifeste à traves les manifs et les déclarations.  Le discours du moment devient de plus en plus alarmant.  Ce qui sous-tend que  ce qui est pris par la force doit être arraché, impérativement et par tous les mayens,  par la force. Le FNDD, le RFD et des syndicats marchent ensemble contre l’ordre existant.   

Le général démissionnaire  arrive, quant à lui,   à percer  en s’abreuvant du   fond politique  du FNDD et  du RFD. Il renforce, pour le moment,  sa force  par  des ralliements par- ci et des retraits par- là.   

Le RFD et le FNDD sont  affectés par le départ des députés  et  d’une partie de leurs cadres.   L’AJD /MR n’est pas aussi à  l’abri des départs de ses cadres.  Ainsi,  des partis et des coalitions  viennent d’être  constitués à l’instar d’Almithaque de Lemarabott  Ould Sidi Mahmoud de l’époque de la transition du CMJD et d’Adil d’ Ould Waghef de  la période de Sidi Ould Cheikh Abdellahi .  La toute  fraîche coordination des partis de la majorité  se positionne, désormais,  sur  l‘échiquier politique pour être décomposée et composée ultérieurement.  Celle-ci est, présentement, l’alliée préférée du général Ould Abdel Aziz. Dirigée par   Mohamed Ali Chérif et Yahya Ould Abdel Ghahar, de l’Union pour la République (UPR), Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall dit Ghrini , président du PRDR, elle semble  appuyer  sans condition la candidature du général .  Dans l’autre partie  de la balance  se trouvent le FNDD,  le RFD et autres ONG qui militent à côté  des partis politiques opposants. En outre, un nouveau parti   dénommé Rassemblement Du Peuple Mauritanien (RDPM)  composé essentiellement des anciens indépendants se proclame du centre  en adoptant  une position intermédiaire.  Il est  fondé  par  Louleid ould wadad ancien directeur du cabinet de Maaouya Ould Sidi Ahmed Taya,  actuellement député,   Mohamed Ould Boucief  et autres politiques de l’ancienne  mouvance des indépendants.    

 En fait, le nomadisme politique est  l’une des clés de la compréhension des enjeux   du pouvoir en Mauritanie. 

La ‘caractériologie’ politique  du pays  est guidée par une instabilité de positionnement dans  une seule coalition. Ce qui  se traduit par des divisions au sein de l’opposition et de la majorité. En fait, les partis,  les  coalitions et  les  coordinations  sont  souvent  conçues sur des convictions partagées. Tout simplement, les hommes politiques  mauritaniens   parviennent facilement  à trouver  leurs intérêts en dehors des structures  typiquement organisées.  Ce qui laisse  le champ libre à la création des entités  invisibles qui disparaissent et apparaissent  sous d’autres formes, d’autres   autorités. 

   m_barrada@yahoo.fr 




Le notariat a dix ans

5052009

 

  

La fonction de notaire est née il y a seulement environ dix ans. Comme profession libérale, elle est régie par la loi 97019 qui en fixe le cadre de pratique et d’organisation. Après avoir été une activité annexe des tribunaux sinon de particuliers, le notariat a été confié à des professionnels. Ils sont aujourd’hui au nombre de seize ainsi répartis : six à Nouakchott, deux à Nouadhibou, un à Rosso, Zouerate, Atar, Akjoujt, Aleg, Kaedi, Kiffa et Selibaby. 

Pendant cette période, le notariat a contribué de manière significative à la prévention des confits en normalisant l’action d’achat et de vente et en redéfinissant les rapports entre les citoyens en matière d’échanges de biens. Comme il a permis d’améliorer les recettes de l’Etat par la perception des droits d’enregistrement qui constituaient avant une perte sèche pour le trésor public. Avec la mise en place de la profession et son organisation, ce manque à gagner terrible pour l’Etat contribue désormais à résorber les déficits en liquidité. 

Prenant en compte leur rôle nouveau, les professionnels du notariat se sont regroupés en association. L’Association est aujourd’hui dirigée par Maitre Ishagh Ould AHMED MISKE, l’un des premiers à exercer (photo). 

Si pendant dix ans, aucune affaire traitée par un notaire n’a été portée devant la justice pour mettre en cause sa responsabilité, il est déplorable que l’administration continue à ignorer les actes notariés. Plus grave encore, qu’elle les traite sur le même pied d’égalité que de simples actes sous seing privé violant ainsi la loi et exposant les usagers au risque d’affronter un confit qu’ils auraient pu facilement éviter par le recours au notaire professionnel de droit dont les actes sont exécutoires et font foi en justice. 

C’est une manière de refuser au notaire professionnel son rôle reconnu par la loi. La loi qui institue les notaires professionnels de droit avertis et dépositaires d’un élément de la souveraineté nationale à savoir le sceau de l’Etat. Il est aussi percepteur des droits d’enregistrement et aide en cela l’administration fiscale qui ne le lui rend pas parce qu’elle le soumet  à un régime d’imposition arbitraire et des procédures de recouvrement sans  fondement légal. 

Heureusement que cette attitude de l’administration Mauritanienne n’est pas partagée par les  institutions internationales quis’interessent au notariat et qui ont  reconnu la valeur de ce notariat. D’ailleurs – grande récompense pour ses efforts – le président de l’Association, Maitre Ishagh Ould AHMED MISKE, au poste de vice-président de l’Institut International  du Notariat basé à Paris. C’est cet institut qui édite la célèbre revue LE GNOMON. De même, MMe Ishagh Ould AHMED MISKE et Mohamed OULD BOUDIDA ont-ils été proposés par leur confrères africains comme experts auprès de la Banque Mondiale. 




Carnets d’un voyage pas les autres,

5052009

 

 Il faut être grand pour conquérir l’Andalousie 

Il faut être sot pour perdre l’Andalousie 

 

Par Mohamed Fall Ould Oumeïr 

 

II. Cordoue, l’éternelle 

 

Sur la route de Cordoue, Cordoba ou Qurtuba, je commencerai à lire le livre de Washington Irving, «Les contes de l’Alhambra». Dès son introduction, j’ai senti le talent de l’écrivain. Aussi l’attrait du pays. «A l’intérieur des provinces, le voyageur traverse parfois d’immenses régions, tantôt couvertes d’un blé verdoyant dont les ondulations se succèdent à perte de vue, tantôt arides et brûlées par le soleil ; mais ses yeux cherchent inutilement le cultivateur qui a tracé ces sillons. A la fin il aperçoit, sur les flancs abrupts d’une montagne, ou perché sur quelque roc décharné, un village flanqué de murailles crénelées en ruine et dominé par un vieux donjon croulant, ancienne forteresse, servant autrefois à se protéger durant les guerres civiles ou les incursions des Maures». Ou encore : «Bien que ce pays soit à peu près dépourvu de forêts, et des charmes plus doux de la nature cultivée, il possède néanmoins un genre de beauté noble et sévère en harmonie avec le caractère de ses habitants. Depuis que j’ai vu l’Espagnol dans sa patrie, je comprends mieux sa fierté, sa bravoure, sa frugalité, sa tempérance, son courage dans l’infortune, et son vil mépris de la quête d’une vie de mollesse». Assez pour moi. Pour décrire ce pays et ses habitants. Rien ne semble avoir vraiment changé depuis Washington Irving. L’hyper-modernité a peu anéanti la personnalité espagnole. L’essentiel est resté. Tout comme de l’Histoire : assez pour imaginer ce que fut le pays… 

Entrée à Cordoba. Direction la grande Mosquée. Un des chefs d’œuvre de l’époque de l’Andalousie Arabe. Commencée en 785 sur ordre d’Abd al-Rahman Ier (Eddakhil), premier souverain de la dynastie Ommeyade d’Occident, elle connaîtra de nombreuses extensions, en particulier sous Abd al-Rahman II (833-852), al-Hakam (961-976) et al-Mansur en 987. Selon des traditions historiques d’ici et d’ailleurs, elle aurait été bâtie sur une ancienne église chrétienne. L’emplacement aurait été acheté entièrement aux chrétiens et arasée. Son plan se divise en une cour rectangulaire entourée d’un portique et plantée d’orangers avec quelques grands palmiers dont les cimes semblent chercher la compagnie des nuages dans un ciel qui n’a jamais été aussi bleu en ce jour d’avril. La grande salle de prière de la mosquée a à près 600 colonnes, et couvrant 1,5 ha ! 

Aujourd’hui, est plantée la nef de la cathédrale au beau milieu de la salle de prière. Pour faire le rite musulman, il faut venir à l’heure d’une prière et aller à la dernière extension, celle d’Al Hakam. De toutes les façons pour trouver le lieu, il faut savoir qu’ici on l’appelle La Cathédrale. Je découvre enfin la porte d’entrée. Visite des lieux. 

 

Réminiscences 

 

Je recherche désespérément l’extension d’Al Hakam pour y faire mes prières du Dhohr et d’Al ‘Açr. Rien à faire. Officiellement on ne prie pas dans la mosquée, c’est interdit. Alors je me mets à chercher la stèle qui consacre la mémoire de deux des fils illustres de la ville : Wallada Bint Al Mustakfi et Ibn Zaydoune. Je contacte un ami à Nouakchott. Fall, c’est son nom, est déjà venu ici mais il me donne des indications qui ne m’aident pas : «au dos de la cathédrale quand tu entres du côté du quartier des juifs…». Le quartier des juifs, il n’y a qu’eux autour de la mosquée. 

Après avoir fait le tour de la mosquée, sans rien voir, je le rappelle. Je lui parle de l’hôtel de Maimonide. Il se souvient être passé à côté de la statue de Maïmonide sur le chemin de la stèle. Je m’en vais demander à un vendeur de tickets du loto qui ne parle ni anglais ni français. Je crois qu’il imagine ce que je cherche réellement. Et au lieu de me répondre sur «monumento Maïmonide», il me dit quelque chose en espagnol et m’indique un chemin. Je comprends qu’au bout du chemin j’aurai le monument «…Mano». En joignant le geste à la parole, je sais qu’il m’indique ce que je cherche, la stèle, avec deux mains et des textes. Mais je tiens à circuler dans les rues étroites de la vieille cité. Je découvre quelques bustes dont un ophtalmologiste arabe des temps anciens, et puis Maïmonide. Je continue. En désespoir de cause, j’entends une musique qui me plait : du Sabah Fakhri. J’entre dans le commerce sûr d’avoir affaire à des Arabes avec qui je pourrais parler Arabe. Non. Un commerce juif. Le couple ne parle pas Arabe. Ils m’indiquent très gentiment la route à suivre pour tomber sur «monumento el mano», c’est comme ça que j’ai fini par l’appeler vu le peu d’Espagnol que je connaissais. Vu le traitement qui m’est réservé par les cousins, fils d’Abraham, je ne peux m’empêcher de penser à cette relation qui lie les deux peuples (Arabe et Juif) et qui se caractérise aujourd’hui par le rejet… 

Justement ici vécut la dernière grande convergence entre les deux communautés, entre les deux peuples. C’est pourquoi aujourd’hui le buste du sage Moise Maïmonide est considéré, au même titre que celui d’Ibn Roshd (Averroès), comme un patrimoine arabo-musulman. Comme tous les illustres savants de son époque, Maïmonide cumulait les fonctions de médecin, de théologien, de philosophe, d’astrologue. Il était pour cela considéré comme le Sage du Royaume de Cordoue au 12ème siècle. 

Dans mes recherches, je découvrais un hôtel où avait séjourné Sidi Ould Cheikh Abdallahi, alors président de la République. J’en parle parce que son séjour ici est mémorable pour plusieurs raisons dont je citerai deux. Il est venu en Espagne alors que le pays était déjà déchiré par la lutte qui rongeait les différentes factions de son pouvoir. Le prétexte trouvé fut la visite au stand mauritanien de l’exposition universelle de Séville. Puis la visite s’est terminée par des vacances. On titrait à La Tribune : «Vacances …de pouvoir». Le temps de l’Andalousie ne fut certainement pas studieux. On se souvient encore de l’interview d’Al Jazeera. Du retour. Et des décisions sans prise en compte ni du rapport de force, ni de l’opportunité, encore moins des conséquences… passons, c’est déjà de l’histoire ancienne. 

Je me pris à imaginer la délégation mauritanienne dormir tranquillement, sans se soucier de ces trésors qui l’entouraient, sans se rendre compte qu’elle passait à côté de l’Histoire. 

Les Mauritaniens savaient-ils par exemple qu’à quelques mètres d’eux, au milieu d’un beau jardin, il y avait cette stèle érigée par la ville en la mémoire de ses deux fils poètes ? Cela ne les intéressait peut-être pas. Moi si. 

 




Mohamed Salem Ould Adoud : une grande figure du paysage scientifique nous a quitté.

5052009

 

Le grand érudit Mauritanien Mohamed Salem ould Adoud s’est éteint ce mercredi 29 Avril suite à une longue maladie. Ould Adoud fut un savant atypique qui a illuminé le peuple mauritanien et le monde islamique par son trésor inépuisable de savoir.  Son décès est une grande perte pour ce pays car c’est une bibliothèque qui a disparu. 

De son père il a presque tout appris. C’est de lui qu’il apprit toutes les sciences juridiques et linguistiques. Avant de devenir ensuite ce qu’il a toujours été de son vivant : un érudit dont l’aura dépassait les frontières du seul Traab el Bidhâne et du Bilad Chinguitt pour se propager un peu partout dans le monde islamique. 

Ould Adoud s’est surtout illustré dans la science du langage et de la syntaxe. Il a également plusieurs publications dans le Fiqh malékite et avait, Dieu ait son âme, une grande connaissance des langues vivantes et des sciences humaines. 

Il a occupé plusieurs postes importants au sein de l’Etat : ministre de la culture et de l’orientation islamique puis président du Haut Conseil Islamique. Mais c’est  à la chambre islamique qu’il a œuvré pour l’instauration de la loi islamique en lieu et place de la loi organique. 

Le marabout comme aiment à l’appeler ses disciples, s’est consacré les dernières années de sa vie, à sa Mahadra de Oum El Koura, prenant sa retraire de toute activité officielle se limitant uniquement à animer des émissions islamiques à la TVM durant le mois du ramadan. 

Pour la petite histoire, durant un séjour en Tunisie, Ould Adoud se targuait d’avoir changé le droit international, ce qu’un homme de sa carrure pouvait se permettre. 

La Tribune 




Interview

5052009

Mamadou Bocar Bâ à La Tribune : « Ibrahima n’a pas acheté de maison. Il n’a même pas 30 millions. » 

« Cibler quelques familles et les indemniser, c’est insuffisant. Les gens qui n’ont pas souscrit à ce protocole ont tout le loisir de porter plainte. » 

2e  vice président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR)  depuis août 2008, Mamadou Bocar BA, fait partie de cette catégorie de mauritaniens qui ont connu les geôles sous le régime de Maouya Ould Sid’Ahmed Taya. Membre actif d’un comité de soutien aux détenus noirs accusés d’intelligence avec le FLAM, il sera arrêté en octobre 1986, jugé et condamné à quatre ans de prison avant d’être libéré le 14 décembre 1989  à la faveur d’une remise de peine  accordée par le chef de l’Etat de l’époque aux détenus baathistes.   

Exilé au Sénégal puis en France, ce militant actif du FLAM va créer en 2006 avec  ses amis le mouvement FLAM/Rénovation. Et ce, dans le cadre d’une nouvelle orientation politique et dans le contexte d’une transition politique perçue comme porteuse d’espoir depuis le un certain 03 août 2005, date du renversement de Maouya Ould Sid’Ahmed Taya.   

Rompant avec le radicalisme des FLAM, le mouvement pour la rénovation s’engage dans la dynamique de la présidentielle de 2007 et soutient le candidat Ibrahima Moktar Sarr. Celui-ci obtiendra 8% des suffrages exprimés. Depuis, Mamadou Bocar BA intègre le parti AJD qui sera baptisé par la volonté de son mouvement AJD/MR… 

 

La Tribune : Le Président de votre parti, Ibrahima Moktar Sarr, est candidat à l’élection présidentielle du 06/06/09. Le pays vit une atmosphère politique gênante au regard de la démocratie. Tout ceci est-il rassurant pour l’AJD/MR alors même qu’il n’y a pas de consensus ? 

Mamadou Bocar Bâ : Nous ne sommes pas rassurés par la situation et nous l’avons toujours exprimé. Notre président était le premier à dire que les mauritaniens devaient se concerter pour trouver une solution mauritanienne à la crise. Les positions des uns et des autres étant restées ce qu’elles sont, nous sommes dans une impasse politique. Nous aurions voulu participer à des élections apaisées où l’ensemble de la classe politique participe mais tel n’est pas le cas. Au niveau de notre parti nous avons néanmoins décidé de nous engager dans cette voie là. 

 En plus il faut avoir un minimum de réserve face à cette démocratie qui a été vantée chez nous. Tout le monde sait dans quelles conditions Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été élu. Il ne faut pas oublier par ailleurs que les gens qui avaient soutenu Sidi Ould Cheikh Abdellahi entre les deux tours de la présidentielle de 2007 étaient les premiers à avoir vu en lui un homme de paille sous la botte des militaires. C’est donc la conséquence de cette situation que nous vivons. Et en cela l’opposition en général a une grande part de responsabilité par certains de ses choix incompréhensibles qui ont rendu possible l’accession de Sidi à la magistrature suprême. 

 

La Tribune : Mais la réalité est tout autre aujourd’hui. L’avenir de la Mauritanie est en jeu avec un militaire qui pourrait, après n’avoir procédé qu’à la substitution de son treillis par un costume civil, se faire élire et diriger la Mauritanie pour longtemps. Vous crédibiliserez une élection ne faisant pas l’unanimité et qui du coup risque de vous plonger dans une nouvelle et trop longue dynamique d’opposition ? 

Mamadou Bocar Bâ : C’est vrai. Et nous aurions préféré que la classe politique mauritanienne trouve un consensus. Mais il se trouve que la seule issue à l’impasse politique, c’est d’aller à de nouvelles élections libres et transparentes auxquelles toute personne non empêchée constitutionnellement puisse participer. Il faut qu’on donne au peuple lui-même la possibilité de trancher. Cependant les autres (FNDD et RFD, ndlr.) ne veulent pas de cette issue. Les uns (les partis du FNDD, ndlr) veulent que Sidi revienne. Le Général veut garder le pouvoir. Et les autres (le RFD, ndlr.) ne veulent pas qu’il soit candidat. On ne s’en sort pas à ce rythme. 

La Tribune : Le redécoupage électoral que vous aviez demandé en janvier 2009, durant les Etats Généraux de la Démocratie n’a pas été fait. Ce redécoupage serait très important en cas d’élections législatives. Y aurait-il un  compromis tacite entre l’AJD/MR et le Général Ould Abdel Aziz pour que dans le cas où celui-ci remporte la présidentielle du 06/06/09, il y ait dissolution de l’assemblée en vue d’ouvrir la voie à votre parti pour de nouvelles consultations ? 

 

Mamadou Bocar Bâ : Il n’y a aucun accord entre l’AJD/MR et le Général en réalité. Nous nous étions battus pour que ces élections envisagées soient des élections générales. Et nous n’avons pas été suivis. Mais tout compte fait, je ne pense pas qu’une fois au pouvoir, Ould Abdel Aziz prenne le risque de dissoudre l’assemblée où en tout cas il passe pour disposer d’une majorité confortable. 

Sur ce point précis, je ne suis pas sûr que nos intérêts et ceux du Général se recoupent. Il n’y a pas d’accord du tout. Nous ne pouvons pas faire ce genre de compromis. Ça n’a pas de sens. 

Cependant, nous partons du principe que si l’élection est régulière, nous aurons les moyens de l’emporter. Et si nous ne battons pas le Général, il n’y aura aucun problème puisque nous aurons le choix entre travailler dans le cadre d’une opposition saine ou alors si nous sommes d’accord avec le Général sur la base d’une bonne partie des points de notre programme et s’il a besoin de nous, nous serons prêts à travailler avec lui.  

La Tribune : D’aucuns pensent et soutiennent que la candidature de votre président a été suscité et a même fait l’objet d’un marchandage pour crédibiliser l’élection fixé selon n agenda unilatéral. On parle même de l’achat d’une maison à 30 millions…Avez-vous des réponses concrètes et convaincantes à ce propos ? 

Mamadou Bocar Bâ : Je crois que c’est malheureux et très bas que des hommes politiques suscitent ce débat là. Si on va jusqu’à dire des choses aussi graves sur quelqu’un, il faut être capable de les étayer avec des preuves. C’est absurde de dire qu’Ibrahima n’a pas payé ses loyers. En tant que Secrétaire Général de l’institution du chef de file de l’opposition, Ibrahima jouit de  certains avantages matériels accordés aux Secrétaires Généraux des ministères. Parmi ces avantages, il y a la prise en charge de son loyer. Il n’a donc pas d’arriérés de loyers qu’il devrait payer de sa poche. Les gens disent qu’Ibrahima a acheté une maison à trente millions. Ce qui est absolument faux. Il n’a pas de terrai à plus forte raison une maison. Et puis, je ne suis pas trop surpris de cet acharnement soudain sur la personne d’Ibrahima Sarr. En effet pour les  tenants du boycott il faut tout faire pour discréditer les élections, pour  ce faire il faut discréditer le candidat le plus crédible à leurs yeux. Ils l’ont choisi et c’est Ibrahima Moctar  Sarr.
Dans ce pays malheureusement diffamer l’adversaire pour le discréditer n’est pas nouveau car en 2006 déjà lorsqu’une délégation de Flam/Rénovation que je conduisais a rencontré le président du CMJD, il a été dit que ce dernier nous avait donné des millions et que nous avions acheté des maisons.
C’est pourquoi même si nous sommes indignés par de telles pratiques nous pensons qu’il faut parfois répondre à de telles attaques par le mépris car les mauritaniens ne sont pas bêtes. 

La Tribune : Il est quand même surprenant que dans sa réaction sur You tube aux informations de Taqadoumy à son propos, qu’il n’ait poussé jusqu’au bout pour  par exemple exiger des preuves à l’appui sous peine de poursuites ? 

Mamadou Bocar Bâ : C’et vrai. Mais en réalité, comme je l’ai dit tantôt, quand le problème s’est posé nous nous sommes dit qu’il fallait répondre par le mépris. Car c’est celui qui dit des choses sur quelqu’un et ‘accuse qui doit apporter les preuves. Quand on accuse quelqu’un d’avoir reçu de l’argent, de s’être fait acheter il faut absolument être capable d’apporter des preuves irréfutables. Moi je défie quiconque d’apporter ces preuves. Qui a donné de l’argent, par qui cela a-t-il été fait, où et comment ?  Qu’ils donnent des éléments concrets par rapport à cela ! 

Ce qui est sûr, c’est que nous n’avons pas voulu donner de l’importance à cela. Car nous trouvions ça tellement bas. Et peut-être même qu’ils voulaient que l’on porte plainte contre eux pour se rendre importants. 

La Tribune : Dans cette situation, il s’agit précisément de l’honneur d’un homme qui va à la recherche des suffrages des mauritaniens et brigue la magistrature suprême du pays. Ne trouvez-vous pas qu’il y a eu manque de courage ou d’audace d’aller jusqu’au bout pour tirer les choses au clair ? 

Mamadou Bocar Bâ : Tout à fait. Il y a eu en réalité ce débat. Ibrahima lui-même a voulu porter plainte parce que ça l’a énormément touché. Mais, à un moment donné, c’étaient les gens de Taqadoumy eux-mêmes qui avaient dit qu’ils allaient apporter un démenti à leurs allégations. Toujours est-il que pour nous, tant qu’ils n’ont pas fait ce démenti ou apporté les preuves de ce qu’ils avancent, nous pourrons porter plainte. 

 

La Tribune : Vous attestez, donc,  qu’Ibrahima Sarr n’a pas acheté de maison à 30millions… 

Mamadou Bocar Bâ : Ibrahima n’a pas acheté de maison. Il n’a même pas 30 millions. Il est locataire là où il est. Il n’a rien. 

Aujourd’hui, là où nous sommes, nous avons contacté des hommes d’affaires pour solliciter leur soutien à notre candidature. Mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune réponse. Don si on nous dit qu’on a reçu de l’argent, on ne sait pas ce que les gens veulent. 

La Tribune : Je vous rappelle qu’au moins deux autres candidats, en l’occurrence Kane Hamidou Baba et Mohamed Ould Abdel Aziz ont mis en place leur attelage. Ce qui veut dire qu’ils sont matériellement prêts. Or, Ibrahima Sarr avait dit quant à lui que cette fois-ci même les arabes voteront pour lui. Cette assurance reste-t-elle encore valable au moment où vous dites n’avoir reçu financièrement aucun soutien pour démarrer ? 

Mamadou Bocar Bâ : Cette campagne-là, nous l’avons toujours envisagée de cette façon : nous comptons sur nous-mêmes. Nous les militants, nous allons nous mobiliser pour faire notre campagne en fonctions des moyens dont nous disposons. 

Pour ce qui est de l’assurance du vote des arabes pour notre candidat, elle reste de mise. Elle repose sur la cohérence d’un discours qui a eu une adhésion certaine. Nous sommes certes le candidat qui a le moins de moyens. Mais la constance de notre discours et de notre engagement comme notre désir de  créer une Mauritanie nouvelle où tous les citoyens vivront en paix, nous donne l’assurance du succès. 

 

La Tribune : Vous dites cohérence du discours, constance d’un engagement… En fait, les premières positions de votre parti (AJD/MR) avaient été la prise en charge du passif humanitaire, de la question des déportés, ente autres problèmes des droits humains. Et vous aviez dit, en personne, durant les Etats Généraux de la Démocratie,  que  les exactions commises du temps de M. Taya devront être corrigées.  Allez-vous vous contenter de la formule récente du HCE : indemnisation des quelques 244 familles sur la base d’un protocole comportant le renoncement des ayant-droits à ne pas porter plainte ? 

Mamadou Bocar Bâ : Je dois vous dire que par rapport à cette question, nous sommes complètement divergents avec le HCE. Même si nous avons reconnu qu’il y a eu un pas avec le Général Ould Abdel Aziz, nous ne sommes pas d’accord avec cette formule du HCE. Car nous pensons qu’il ne s’agit pas seulement d’un devoir d’indemnisation dont les victimes et ayant-droits ont besoin. Il y a plusieurs devoirs. D’abord celui de vérité : il faut que les gens sachent ce qui s’est passé. Ensuite le devoir de justice et puis le devoir de réparation. S’acquitter de ces trois devoirs-là signifie que l’on évite que ce qui s’est passé se répète. 

Cibler quelques familles et les indemniser, c’est insuffisant. Les gens qui n’ont pas souscrit à ce protocole ont tout le loisir de porter plainte. Nous avions même demandé au Général d’ouvrir ce dossier à toutes les parties sans restriction dans la mesure où il engageait tous les mauritaniens. Il faut impliquer tous les mauritaniens pour qu’ils puissent en discuter dans l’intérêt de la Mauritanie. Vous savez qu’il y a des hommes qui sont honorés par République mais sur qui de lourdes présomptions pèsent. Ce qui ne peut être corrigé que par un devoir de vérité. 

La Tribune : Autrement dit, l’AJD/MR serait disposé à soutenir quiconque porterait plainte contre Maouya Ould Sid’Ahmed Taya ou tout autre pour crimes… 

Mamadou Bocar Bâ : Cela va de soi. Pour nous, il y a des droits qui sont du ressort des victimes. Mais en tant que parti d’avant-garde, il de notre devoir d’être du côté de celui qui est victime de l’injustice. Nous n’allons pas fuir nos responsabilités par rapport à cela. Mais nous privilégions une démarche consensuelle censée permettre aux mauritaniens de sortir de cette situation. 

Propos recueilles par Kissima 







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