Edito de la Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

4 05 2009

Le 3 mai… chaque année on se fend d’une fête. Depuis trois ans, on le fait d’un commun accord avec les autorités. Chaque fois, c’est le même cérémonial : le ministre qui ouvre les travaux d’une journée qui s’annonce studieuse, des journalistes qui retrouvent l’art de discourir, la remise d’une plate-forme… et à l’année prochaine. 

Peut-on espérer que le 3 mai 2009 soit différent ? Pourquoi pas ? Les problèmes sont toujours les mêmes : accès à l’information, respect de la profession, organisation de la profession, aide effective à la presse, formation, moralisation, octroi des cartes… 

Mais l’urgence est à la réhabilitation de la fonction publique des médias d’Etat. Il faut que l’on revienne au stade où on était en janvier 2008. A ce moment-là l’Agence, TVM et Radio Mauritanie couvraient les activités de tous les partis – du moins de ceux qui sont représentés au Parlement. Il y avait des émissions de débat, des émissions critiques… quelque chose qui permettait de faire une catharsis collective et d’empêcher l’explosion des rancœurs et des frustrations. Sur ce plan, la liberté d’expression est une sorte de soupape de sécurité, le meilleur antidote pour les risques de dérives. 

Il y avait la radio Citoyenne animée par ICC. Il y avait «wayl emmak yelwarrani» qui permettait à Bout Mag’our de se gausser des décideurs. Il y avait le club de la presse à la Radio qui était une fenêtre ouverte sur les analyses objectives et plurielles. Quand le régime démocratique a été investi, un vent de liberté soufflait sur tout le pays. La nouvelle loi régissant l’exercice de la profession était déjà en vigueur. Le régime de la surveillance avait pris fin. La loi sur la libéralisation de l’audiovisuel était déjà dans le circuit. Le Premier ministre de la transition nous avait habitués à des conférences de presse régulières. Dans chaque ministère, il y avait une interface pour la presse. 

C’était loin d’être parfait. Parce que tout restait à faire. Mais ça promettait. Parce que tout était facile à faire. Et puis la reprise en main a commencé. Petit à petit le champ des libertés s’est rétréci. Exit toutes les émissions pluralistes. Interdites les émissions de débat. Tout comme les tentatives iconoclastes et irrévérencieuses. Fermée la Radio citoyenne. 

Presque dans l’indifférence. Seule la presse dénoncera. Il faudra attendre l’avènement du régime militaire pour voir les dégâts. Trop tard. Comme toujours. Nous nous réveillons à un moment où le mal est déjà enraciné. Notre élite politique et intellectuelle – civils et militaires – doit faire de la bataille pour la liberté d’expression sa cause première. Le recouvrement des droits commence par là. 

Cette revendication d’ouverture des medias publics ne doit pas être assujettie aux positionnements politiques des uns et des autres. L’exigence de libéralisation de l’audiovisuel doit être clairement exprimée par tous les partis politiques et toutes les organisations de la société civile. 

Que ceux qui se réfugient derrière la sotte prétention de l’immaturité du peuple, que ceux-là se rappellent qu’en deux ans de pratiques libérales et pluralistes en la matière – août 2005/mars 2008 – il n’y a jamais eu d’écarts, pas de scandale, pas de diffamation dans les directs… les Mauritaniens ont fait preuve d’un naturel déconcertant dans l’exercice de la responsabilité en matière de prise de parole. Alors pourquoi continuer à leur refuser l’accès aux medias publics ? Malheureux à plus d’un titre.              


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