Au Malawi, on mange à sa faim. Et en Mauritanie ?

27 04 2009

Il a y a à peine une semaine, la chaine francophone TV5 a diffusé un documentaire réalisé par ARTE télévision. L’un de sujets abordés parlait du Malawi, un pays d’Afrique centrale qui a pu, au bout de trois ans, arriver à l’autosuffisance alimentaire grâce à un ambitieux programme gouvernemental d’aide aux agriculteurs.

Le souvenir de la famine et de la sécheresse est encore présent dans les esprits, les populations devaient se contenter des distributions de vivres faites par Oxfam et le PAM. Aujourd’hui, la plupart des familles agriculteurs mangent convenablement à leur faim et se permettent même de stocker ou vendre des sacs de blé. Comme quoi tout est question de bonne volonté politique.

L’une des principales caractéristiques du programme est la subvention des engrais pour les agriculteurs possédant une terre cultivable de moins d’un hectare. Elle leur permet d’acheter et de d’utiliser des engrais à des prix subventionnés ce qui leur permet d’augmenter considérablement leurs récoltes. Plus de 2 millions de malawites ont bénéficié de ce programme soit un peu moins des deux tiers de la population mauritanienne. Le succès mérite d’être salué. C’est une première sur ce continent meurtri par les guerres et les sécheresses. Ca prouve, si besoin en est, que nos pays recèlent d’énormes ressources dans tous les domaines et surtout dans le domaine agricole.

Mais pourtant l’Afrique est le continent qui souffre le plus de la famine. Pas seulement dans les pays où il ya des guerres civiles mais également dans des pays qui passent pour des modèles dans le continent mais dans lesquels un mal beaucoup plus intolérable que la guerre sévit : la mauvaise gestion.

J’étais content pour le Malawi mais j’ai ressenti énormément de regret parce que nous avions nous autre mauritaniens entrepris un programme similaire, tout aussi ambitieux. Mais le malheur et l’échec nous suivent dans tout ce que nous avons essayé de réaliser depuis des décennies. A qui incombe la responsabilité ? A ceux qui nous dirigent bien sûr mais également au peuple.

A nos dirigeants parce que tous ces échecs sont le fruit d’une instabilité politique cumulé depuis 1978. A chaque fois qu’un ambitieux programme est lancé ou qu’un important investissement nous est accordé, un coup d’état vient tout remettre en cause. Kaddafi avait parfaitement raison quand il a dit non sans ironie «  à chaque fois qu’on décidait de coopérer avec un président mauritanien, on nous informe le lendemain qu’il a été victime d’un coup d’état ». Il y avait beaucoup de vérité dans ces propos. L’union Européenne dirait certainement la même chose, le FMI et la Banque Mondiale aussi. C’est triste. On devrait y réfléchir. Notre pays n’est plus un jeune adolescent à qui on ne pourrait reprocher d’être stable. Il a presque 50 ans, n’est-ce pas l’âge de la raison et de la sagesse ? Absolument.

Une part de responsabilité revient au peuple parce qu’il n’a pas fait preuve de patriotisme et de dévouement nécessaire pour pousser l’Etat à aller de l’avant et de briser ce tabou extrêmement préjudiciable que tout le monde adopte et qui consiste à dire que la Mauritanie ne va pas changer. Il y a quelque part en nous une propension démesurée à la soumission à la fatalité du devenir. Rien n’est fatal. En partant de ce principe tout peux changer.

Momme Ducros


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