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Les Echos Par Mohamed Fouad Barrada

30032009

 Le Général en action, le discours ………… 

 «  Nous  avons ouvert une page de la nouvelle Mauritanie pure qui abrite tous ses fils sans discrimination, garantit la sécurité à tous, mais aussi la prospérité et la concorde nationale, l’égalité de chances devant la justice et la mise des ressources du pays au service de tous» (AMI),  ainsi  s’exprimait le Chef du HCE le général  Ould Abdel Aziz   le 26 Mars à Boghé (Brakna).  Ce dernier passe à la vitesse supérieure, une vitesse de croisière, constatent plusieurs observateurs !

Au départ,  il a rompu les relations avec Israël. Une mesure qui a touché l’inconscient collectif des mauritaniens.  Sa  deuxième mesure ou  plutôt  le  deuxième geste  était celui de la reconnaissance  du passif humanitaire  des années de braise (1989, 1990 et  1991).  Il s’agit d’un geste à la fois symbolique et affectif. Des représentants  de  l’AVOMM et de l’OCVIDH  confirment  après   avoir discuté avec le général  qu’ils croient  fort qu’Ould Abdel Aziz est prédisposé à régler sincèrement le passif humanitaire.  Cependant, des  autres ‘activistes ’sont  divisées sur les démarches déclenchées actuellement  par certains  membres  des associations de défense de droit des victimes des événements des années  9O en Mauritanie, notamment le FLAM et le secrétaire général de l’OCVIDH.

Par ailleurs, le général  est  déterminé  à  briguer la magistrature suprême. On évoque qu’il   compte démissionner   juste deux jours après la clôture du délai de dépôt de la candidature aux présidentielles du 6 juin 2009. En attendant, les élections, le chef du HCE  véhicule,  en s’appuyant  sur des réseaux administratifs (médias publics  et autres),  un discours ‘provocateur à l’encontre des ses ennemis politiques ’.   

En effet, il  s’est attaqué  à des questions sensibles.  Ce qui lui reste c’est d’aborder  la question d’esclavage.  Et cela  pour faire le tour des questions  de fond en  un temps record.  Cela s’explique !

Le chef du HCE mène une guerre interne  contre des courants politiques qui veulent exclure les militaires du champ politique (le Front National de défense de  la démocratie et le Rassemblement des forces démocratiques).  Sur le plan externe  et légaliste, il est devancé par l’opposition. Toutefois,  la France a qualifié  le coup d’Etat en Mauritanie  à travers  une récente ‘confirmation’ de son Président  Nicolas Sarkozy, de particulier. 

 Quant aux acteurs du système (population en Mauritanie), ils  sont dominés  par le quotidien.

Une chose est sûre, pour vaincre en stratégie communicative, il faut agir efficacement et vite en tenant compte de l’incertitude de l’avenir, d’où l’adaptabilité aux  différents  ‘scenarii’.

 S’agissant de la portée communicative du discours officiel, il est difficilement admis  que  les récepteurs-citoyen-  soient dupés éternellement. Le message communiqué suit, en ce sens,  une logique symétrique. À titre d’illustration, si  le général déclare  qu’il vise   diminuer le prix, rendre le gaz accessible, régler rapidement l’insertion des victimes du passif humanitaire  et que cela ne se matérialise pas sur le terrain, le message communicative requerra un effet négatif de la part de son récepteur. Si l’on  considère  que  l’option apparente du  chef du HCE   est  une option décisionnelle  courte pour renforcer son pouvoir, il sera, incontestablement, dans l’obligation d’honorer  ses promesses sinon…  

Pour ce qui est de la politique étrangère,  Ould Abdel Aziz  vient de tisser  de nouvelles alliances avec l’Iran, la Libye, la Chine.  Et les européens risquent  de rendre le tablier s’il  l’UA s’entête sur sa position actuelle, notamment le retour à l’ordre constitutionnel.  Ce qui  se traduira par le maintien des  sanctions  ciblées. Ces sanctions peuvent être aussi  poursuivies par d’autres types de sanctions commerciales. Telles sanctions  sont fortement soutenues par les Etats-Unis d’Amérique  qui se félicitent, d’ailleurs, des mesures entreprises par le  conseil de paix et de sécurité de l’UA qui  établira   une  liste des  militaires et leurs soutiens  ‘touchés’ par ces sanctions.  

De toute manière, la réconciliation tant espérée entre le FNDD, le RFD et Ould Abdel Aziz  n’est pas encore  à l’ordre du jour.  Après la récente interview de Bernard Kouchner et les suggestions qui en sont sorties, notamment   le général doit ‘abandonner’ le palais Gris du pays   « au moins quarante  cinq jours (…) s’il souhaite s’y présenter », le RFD a pris le devant de la scène   en  fouillant dans les conventions ratifiées   par la Mauritanie. En gros ce parti vient   d’agir -accord de Cotonou  à l’appui- sur l’éligibilité des militaires pour la candidature aux présidentielles prochaines.  

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°442




Affaire Taiba contre SAVA : Le Tribunal statue en faveur de TAIBA et Affaire Taiba contre SAVA / et Faits divers de La Tribune

30032009

  Affaire Taiba contre SAVA : Le Tribunal statue en faveur de TAIBA

Il a été remarqué une forte ressemblance entre les bouteilles d’eau naturelle distribuées de marque TAIBA et celles distribuées par SAVA. Or, TAIBA préexiste à SAVA et a possède une marque déposée auprès d’un organisme international de protection de la propriété intellectuelle, commerciale et industrielle (OAPI). Lesdites ressemblances sont trop marquées pour être fortuites : couleurs, aspect des bouteilles, et la comparaison des produits des deux produits aboutit à des similitudes si nombreuses que la distinction devient difficile pour le public. Par conséquent, la société TAIBA a introduit une requête auprès du Tribunal de Commerce de la Wilaya de Nouakchott pour concurrence déloyale, contrefaçon, exigeant le retrait du marché des produits présentant de tels aspects et le payement de dommages et intérêts pour préjudices subis (50 millions d’UM).

Le Tribunal de Commerce de la Wilaya de Nouakchott a statué en faveur du demandeur (Société TAIBA) et condamné le défendeur (Société SAVA) au retrait de ses produits ous leur aspect actuel. Et ce au terme d’une séance publique, en sa salle d’audiences, en date du 02/03/2009 (Affaire N°118/08 – Jugement N°033/09).

 

Mohamed Yahya Ould Abdel Wedoud
Journaliste – Rédacteur – Webmaster & Modération sites Web

Portable :             + 222 644 54 30       

 www.barrada.unblog.fr

 Faits divers de La Tribune

Violeurs en prison 

Haina, une jeune fille qui revenait d’une soirée dansante organisée à Sebkha le vendredi soir à minuit  a été kidnappée par trois malfrats.

Il s’agit de A .Diallo, P .Sy et  A. Sow qui l’ont emporté sur leur moto à destination de leur piaule à El Mina. Là, ils ont trouvé deux de  leurs amis à savoir Jules et Bébé deux jeunes très violents. A .Diallo et ses lieutenants ont tous passé à l’acte avant d’emporter la victime pour la larguer entre deux baraques dans le Kebba d’El Mina. Un gardien qui faisait la ronde l’a trouvée totalement paralysée et nageant dans une mare de sang.

Il l’a  amenée au Commissariat d’El Mina 1.

Le Brigadier de police de
la P.J un homme de terrain  qui mène des opérations de traque très difficiles et son équipe se sont mobilisés et ont fini par mettre la main sur les trois premiers qui ont été arrêtés, entendus puis déférés au parquet.

Le mercredi 25 du mois courant, ils ont pris la route la prison de Dar Naim.

Selon une source  policière, des recherches musclées sont montées pour déloger les deux caïds encore en cavale.

Quand les bébés portent chance ! 

Louise .G et sa parente Hana .M deux femmes Bissau Guinéennes qui opèrent activement selon une source bien informée dans le domaine de la fabrication et de la vente du vin « Soumsoum » à Sebkha  ont été arrêtées en possession d’une importante quantité de ce vin qui est bien  consommé par un bon nombre de malfrats et de drogués.

Ces deux dames arrêtées et déférées avec leurs bébés âgés environ de 6 à 7 mois ont mobilisés l’avocat Me Laghdaf pour les défendre. Lors du réquisitoire la cour a demandé 1 an d’emprisonnement pour chacune d’elle.

Au cours de l’audition, un dialogue houleux et âpre a opposé  Me Laghdaf qui est très ferme dans ses techniques de défense aux deux substituts qui représentaient la partie civile.

Farouchement défendues, les dames ont fini par être libérées grâce à leurs bébés.

Selon une source  judiciaire le procès à lieu en présence d’une importante partie de la  colonie Bissau –Guinéenne à Nouakchott et la joie a été partagé.

En voulant gagner 100um, ils perdent des… ! 

A. N’Diaye et M.O.Y deux chauffeurs de taxi conduisaient respectivement les Mercedes 190 toutes neuves immatriculées 9186 AF et 8052 AF. Ces deux hommes faisaient une  course folle pour prendre un client juste au rond point du carrefour Bamako de Riyad ont fini par se heurter brutalement. Transportant des passagers, les deux voitures sont totalement endommagées et celle immatriculée 8052 AF s’est retrouvée à quelques mètres de  la station service Total vu sa vitesse. Sachez qu’il y a eu d’importants dégâts matériels qui sont  irréparables. Les passagers sont sortis sains et saufs.

Cet accident a failli emporter quatre autres véhicules qui venaient des divers sens du carrefour dont chacun avait à  son bord trois à six personnes.

Vol de bombonnes de gaz. 

Il était 3heures du matin, dans  la nuit du dimanche 24 du mois  courant, selon une source bien informée et habitant dans la zone, une voiture de  type 4×4 à son bord trois jeunes hommes  bien masqués a stationné  devant le magasin de vente de gaz situé à droit du carrefour Mosquée Nour d’Arafat.

Les hommes sont descendus et ont défoncé la porte du magasin et l’ont vidé des bombonnes de gaz  à peu près 25 de ½.

Le matin,   comme  d’habitude le propriétaire  se dirige vers son magasin  pour l’ouvrir et servir sa clientèle. Il se retrouve dans le vide.

La police informée se rend sur le lieu et fait le constat.

Selon une source policière les auteurs du vol sont recherchés

A  l’intervalle de trois mois, cinq cas de vols, six cas d’agression à main armée et deux crimes ont été commis  dans la même zone, selon les gérants des quatre grandes épiceries qui se trouvent aux alentours du carrefour. Toujours selon les mêmes personnes, les commanditaires sont des gens bien armés et bien équipés.

Un verdict plus que sévère ! Suite de l’affaire d’Isselemha Mint Mohamed O.Abdallahi qui date de  plusieurs mois, dont ses parents sont accusés de pratique de mariage forcé en son encontre… La justice espagnole a prononcé durant  les dernières quarante huit heures  son verdict très sévère à l’encontre de la famille mauritanienne. Soit 17 ans d’emprisonnement pour sa mère Hawa Mint Cheikh, 13 ans pour Mokhtar Salem  cousin et mari de la fille et 1 an 6 mois pour Mohd O.Abdallahi son  père.

Ce procès a eu lieu à Cadis, où réside cette famille mauritanienne.

Selon une source proche de la famille à Nouakchott, l’avocat qui a bien défendu ses clients s’est trouvé au bout de sa force et ne pense à en aucun cas que la situation judiciaire  de la famille pourrait  changer. Non seulement qu’il compte déposer un pouvoir de cassation pour que la famille soit en liberté provisoire, même si elle ne pourra en aucun cas quitter le territoire Espagnol.

Toujours selon la même source, Mokhtar Salem ,beau fils de la famille est en détention en Espagne depuis juin 2007 depuis de l’affaire qui inquiète un bon nombre de mauritaniens.




De «la barbarie» de quel homme parlez-vous, mon Général?

30032009

 

 Le discours de Kaédi, pour autant que certains veuillent le retenir comme historique, a laissé pus d’un mauritanien lucide sur sa faim. Et pour cause : l’homme qui s’est arrogé la fonction de  représentant de l’Etat Mauritanien n’a pas fait une demande solennelle et claire de pardon aux victimes et ayants droits du Passif Humanitaire des années 86-91. Il n’a pas non plus spécifié le coupable.   

Le Général a dit être venu à Kaédi «  partager (…) l’affliction causée à des dizaines de familles par l’ignorance et la barbarie de l’homme ». 

De quel homme il est question, mon Général ? Si c’est de l’homme au sens générique du terme, eh bien, le général n’a pas dédouané les véritables coupables dans cette affaire. Bien au contraire, il a mis dans le même sac l’ensemble des hommes…En ce qu’ils peuvent être par nature cruels et barbares. N’en déplaise à Rousseau et son Bon sauvage… 

La barbarie de l’homme, mon Général c’est aussi ce qui se passe chaque jour en Palestine, c’est ce qui s’est passé un certain 11 septembre 2001 aux USA, c’est ce qui s’est passé au Koweït d’abord puis en Irak entre 1990 et maintenant ; c’est ce que subissent les populations du Darfour depuis plusieurs années. 

La barbarie de l’homme, mon général, c’était le nazisme, le fascisme, l’apartheid…Ce fut l’holocauste aussi. Ce fut par la suite Hiroshima et Nagasaki… 

La barbarie de l’homme existe depuis que l’humanité  existe. Mais cela ne justifie en rien que sur une terre d’Islam l’homme ne fasse pas preuve de raison. Chez nous ce fut cette épuration ethnique qui a été niée vingt ans durant au vu et au su de tous ceux qui ont décidé, contexte oblige, d’en parler avec force subterfuges… Chez nous, il y en a qui s’offusquent parce que l’histoire est en train de rattraper un Oumar El Béchir…Chez nous, il y en a qui cassent tout parce que l’on massacre à Gaza… 

Les idées et les sentiments ont leurs raisons. On n’y peut rien. Chacun aime et se sacrifie pour qui il veut…L’ignorance de l’homme c’est autre chose. On ne force pas l’oubli. Il faut savoir (se) rappeler. Un peu comme ceci : « Au cours des années 80, notre pays a été le théâtre d’atteintes massives aux droits de l’homme qui devaient culminer en 1989-90-91 » (Sidi Ould Cheikh Abdallahi, discours à la Nation, 29 juin 2007). Même si on n’ose pas aller jusqu’au bout ! 

Comme son tombeur, le Président de la République était resté dans la forme passive du discours…Ni Ould Cheikh Abdallahi, ni Ould Abdel Aziz n’ont évoqué dans leurs propos le complément d’agent… Ils se sont contentés de mentionner les sujets ayant subi ‘l’action barbare’ « Des citoyens mauritaniens à l’intérieur et à l’extérieur du pays ainsi que des résidents établis en Mauritanie ont été victimes d’exactions graves et injustifiées. Des populations mauritaniennes paisibles se sont vues contraintes à quitter leur pays. Des atteintes cruelles à la dignité, des abus et dénis de droit d’une grande ampleur ont été commis. » Avait dit  SIDIOCA… Le Général, lui, a dit : « Je suis heureux parce les affligés (…) ont fait preuve de magnanimité et d’indulgence (…) parce qu’Allah leur a donné le courage de surmonter leur douleur et la force de d’essuyer leurs larmes d’amertume sans ressentiment… » Il a pardonné pour les victimes mais il n’a pas fait le mea-culpa à la place des bourreaux… 

Et puis, il s’est exercé au pulaar, la langue de victimes : « joulbe Allah Yetema yafima Sake a dé » …Syntaxiquement, cette phrase ne correspond à rien. A rien non plus sémantiquement… 

Même si on a cru bon de le traduire ainsi : ‘Allah, le Créateur, pardonne lorsque l’on le Lui demande les hommes, à fortiori, doivent pardonner)… 

A moins que celui qui faisait répéter à son supérieur avant le discours ait voulu dire plutôt : « Dioulbé, Allah yaafnaama diabii, saka aadé » (ô musulmans, il a été demandé pardon à Allah, Il a accepté, à pus forte raison l’adamien, l’homme…) 

Prise par le sentiment, la foule a bien applaudi. 

Kissima 

bentocka@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°442 




Le Chef de l’Etat devant les populations de Kaédi

30032009

 

  


 

 

Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat a, au cours de la visite qu’il a entamé mercredi matin à Kaédi, prononcé un discours dans lequel il a dit: « il y a dans la vie des Nations des occasions où la joie se mêle à la tristesse où les coeurs se remplissent d’espoir et où la réflexion emporte augustesse des lieux... ».

Voici le texte, dans son intégralité de ce discours:

« Bismillahi Rahmani Rahimi, Wa sallahou ala nebiyihi el kérim »
Mesdames, Messieurs;
Chers citoyens;

Dans la vie des Nations, il y a des occasions où la joie se mêle à la tristesse où les coeurs se remplissent d’espoir et où la réflexion emporte augustesse des lieux conduisant le musulman croyant à s’élever vers les cimes de l’ascendance Ainsi augmente sa foi et son attachement à Allah, Le Très Haut auquel il s’en remet entièrement.  

Nous voici réunis aujourd’hui, à Kaédi pour une telle occasion, une occasion que nous qualifions comme Allah, Le Tout Puissant, l’a qualifiée:

« …Et fais la bonne annonce aux endurants qui disent, quand un malheur les atteint, « certes nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournerons ».

A cet égard, la Sunna du Saint Prophète constitue le meilleur exemple à suivre, le Prophète (PSL), qui n’a jamais répondu au mal dont il est l’objet par le mal mais par le bien et la générosité d’âme afin de gagner les coeurs des hommes et renforcer la « Daawa » (prêche) à l’Islam et à ses nobles enseignements.

Mesdames, Messieurs,
Chers citoyens;
 


J’aurais voulu m’adresser à vous à travers la langue de la loi fondamentale des musulmans ou une des langues nationales. Mais, en raison de la présence d’hôtes parmi nous, je vais être contraint de parler à tous, pour la suite de mon mot, en français.

Je tiens tout d’abord à remercier la population du Gorgol, hommes et femmes, pour l’accueil chaleureux qui dénote d’un soutien constructif au changement du 6 août 2008.

Je remercie particulièrement la jeunesse sur laquelle le pays fonde de grands espoirs pour l’émergence d’une Mauritanie nouvelle fondée sur la justice, l’équité et la fraternité.

Mesdames, Messieurs,
Chers citoyens,
 


Je ne crois faire en aucune façon autre chose qu’un devoir en venant à Kaédi partager avec vous, chers citoyens, l’affliction causée à des dizaines de familles par l’ignorance et la barbarie de l’homme.

Comme je l’ai dit tout à l’heure, je suis à la fois triste et heureux, triste parce qu’il y a eu perte de vies humaines sans raison, parce qu’il y a des orphelins, parce qu’il y a des veuves, parce que la parole de Dieu a été bafouée dans un espace où les hommes se remettent à Dieu et n’ont de priorité que sa vénération.

Dieu n’a-t-il pas dit: « ne tuez pas l’homme qu’il vous a interdit de tuer que pour une juste raison ».

Je suis heureux parce que les affligés, qu’ils soient ici présents ou ailleurs, ont fait preuve de magnanimité et d’indulgence. Je suis heureux parce qu’Allah leur a donné le courage de surmonter leur douleur et la force d’essuyer les larmes d’amertume sans ressentiment. Je suis heureux parce qu’ils ont donné le bon exemple en se conformant aux préceptes de notre sainte religion, aux comportements prônés par le Prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) fondés sur le pardon et la tolérance.

Ces vertus ne sont pas étrangères à notre société connue à travers l’histoire par son respect de la dignité humaine, par les bonnes moeurs et la grandeur d’âme.

Ne dit-on pas en pulaar « joulbe Allah Yetema Yafima Sake a dé » (Allah, le Créateur,.pardonne lorsque l’on le Lui demande les hommes, à fortiori, doivent pardonner).

Mesdames, Messieurs,
Chers citoyens,
 


Si nous avons pu toujours transcender les maux et les « spleen » de la vie c’est parce que nos ancêtres ont toujours prêché la parole qui rassemble et réconcilie. C’est parce qu’ils nous ont appris la parole sacrée qui permet à ceux qui la reçoivent d’être ensemble dans le meilleur et dans le pire.

Grâce à cet héritage que nous conservons jalousement, notre peuple, dont la diversité culturelle est une source de richesse et non de divergence, a toujours préservé son unité grâce aux multiples liens socioreligieux qui unissent ses différentes composantes. L’histoire des peuples n’est pas faite que de gloire et de moments de joie et de fierté.

Les annales de notre histoire enregistrent des moments difficiles pleins de tristesse et de mélancolie. Mais grâce à notre à notre attachement à la religion musulmane et notre foi en Allah, la raison et la sagesse avaient toujours fini par nous réconcilier avec nous-mêmes.

Fidèles à ses traditions séculaires et grâce aussi à notre amour pour la patrie et à nos valeurs culturelles, nous avons décidé courageusement de panser nos blessure encore béantes et de tourner une page faite à la fois d’atrocité et de grandeur d’âme, une page où le pardon et la miséricorde l’ont emporté sur l’aveuglement et l’obstination.

Mesdames, Messieurs,
Chers citoyens,
 


Aucune indemnisation, aucune compensation n’équivaudra à une vie humaine. L’être humain est en effet irremplaçable dans son milieu.

Je sais que si les ayant droits des victimes à la mémoire desquels nous allons prier dans quelques instants ont accepté la procédure proposée par la commission chargée de résoudre la question du passif humanitaire, c’est parce qu’ils sont décidés de venir à bout de l’agression par le pardon et repousser le mal par ce qui est meilleur. Qu’ils sentent aujourd’hui la commisération et la solidarité de tous les mauritaniens.

Aux veuves et aux orphelins que nous compatissons du fond du coeur, je voudrais dire que nous sommes là pour mettre fin aux souffrances du peuple quelle que soit leur nature. Je voudrais aussi dire aux mauritaniens que les évènements douloureux des années 90 sont étrangers à nos comportements et à nos valeurs. Ce genre d’infraction à la morale et aux lois civiles, ne doit plus jamais se reproduire chez-nous.

Je voudrais dire également à ceux qui ont contribué, de près ou de loin, au succès du combat mené par les ayant droits des victimes que leurs efforts n’ont pas été vains. Qu’ils trouvent ici l’expression de nos sincères remerciements.

Avant de terminer, je voudrais répondre aux doléances du maire de la ville de Kaédi. Les problèmes posés par le maire en ce qui concerne l’aménagement, l’électricité et certainement l’eau seront étudiés avec la diligence nécessaire et les solutions seront retrouvées le plus rapidement possible« .

AMI  

 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

30032009

  

 

 

«Je ne regrette pas ma vie si ma mort peut être utile à la Mauritanie», c’est, allant aux poteaux d’exécution, ce qu’écrivait le lieutenant-colonel Ahmed Salem Ould Sidi dans une lettre publiée et republiée et dont le contenu est aujourd’hui connu comme le testament de ce grand officier. Tous les mauritaniens qui lisent connaissent et apprécient cette phrase d’un condamné. 

Mais qui connaît les derniers mots de Sarr Amadou devant la Cour Spéciale de Justice qui devait le condamner à mort en octobre 1987 ? «Si ma tête devait servir l’unité du pays, coupez-la. Si ma personne peut encore servir la Mauritanie, épargnez-la». 

L’un et l’autre des propos réhabilitent le combat des deux officiers et de leurs compagnons. Et quoi que nous soyons pour ou contre la justesse de ces combats, il restera toujours l’exigence de vérité pour le peuple mauritanien. 

J’ai été à Kaédi. Je fais partie de ces mauritaniens – nombreux heureusement, peu mis en avant malheureusement – qui ont dénoncé en son temps exactions et répressions. Ciblées ou pas. Des Mauritaniens – toutes origines confondues – se sont élevés en 1989, 1990 et années suivantes pour dire non aux choix absurdes de l’époque. Les actes honteux et malheureux n’étaient pas faits au nom du peuple mauritanien. Ils n’étaient pas approuvés par ce peuple. Et si les manipulations de l’époque sous-entendaient l’engagement d’une communauté derrière les maîtres du moment, il n’en était rien. Peu de gens d’ailleurs savaient exactement la réalité des événements. 

C’est là où se situe le devoir de vérité. Le peuple mauritanien – toutes composantes confondues – a le droit de savoir. Il doit savoir. A ceux qui disent «illi laahi yirdim maa yejhar» (celui qui veut enterrer ne déterre pas), nous disons que seule une catharsis collective peut guérir nos plaies ouvertes. Ouvertes tant que nous n’avons décidé de les refermer sérieusement. Cela commence par des gestes forts, comme la retrouvaille de Kaédi. Mais cela passe nécessairement par : 

  1. L’ouverture d’un débat national sur les atteintes aux droits de l’Homme : causes et manifestations. Donner la parole aux survivants des geôles, aux victimes des répressions, aux témoins des exactions commises sous les régimes du passé. Mettre en exergue le rôle de la dénonciation sur le moment pour faire la démonstration que la répression n’a jamais fait l’objet d’un engagement populaire. 

  2. Agir dans le sens de la dépolitisation de la question. Dépassionner les rapports. Et surtout amener les organisations de droits de l’Homme à reprendre leur vraie vocation qui est justement celle de défendre l’intégrité de l’Homme mauritanien, et non continuer à être une excroissance des formations politiques. Faire du moment un point de départ de convergence sociale en amenant tous les acteurs à adopter une attitude qui va dans le sens de la justice et de la vérité et non de l’exploitation politicienne. 

 

En 1992, je faisais partie d’un groupe de journalistes – en fait trois : Bah Ould Salek de Mauritanie-Nouvelles, Sy Tijane de l’Eveil Hebdo et moi pour Al Bayane – qui étaient allés sur les lieux de l’un des crimes commis à l’époque : Sory Malé. 

«Sory Malé : La terre accuse», le titre d’un dossier de presse qui tentait de faire la lumière sur une partie – une partie seulement – des atrocités commises en ces années sombres de dictature. 

17 ans après, nous avons toujours besoin de savoir ce qui s’est passé. Pas pour faire le procès du passé, mais pour déterminer les origines de la dérive et ses manifestations. 

Le processus lancé à Kaédi doit nécessairement aboutir à placer la Mauritanie dans la perspective du dépassement définitif de ce passé macabre. 

 

Source : La Tribune n°442 




Francophonie

30032009

 Le français dans tous ces États 

 

La semaine de la francophonie vient de s’écouler. Avec elle, son lot de festivités dans tous les centres culturels français du monde, et sur tous les supports médias francophones. L’occasion de revenir sur la récurrente question du rayonnement du français dans un monde globalisé, de plus en plus anglophone. 

 

L’organisation internationale de la Francophonie (OIF) se bat depuis plusieurs années pour renforcer l’utilisation du français dans la vie internationale face à la domination, sans réel partage, de l’anglais comme langue de communication dans le monde des affaires, mais aussi, de plus en plus, dans le monde diplomatique. Épaulée par des structures telles que les centres culturels et l’alliance française, elle tente (en vain?), de redonner à la langue de Molière un lustre perdu, dans le sillage de la chute de la «vieille Europe». Des réactions épidermiques sont relevées dans divers points du globe. Le français, dans les pays (Amérique latine, Asie) où il a gagné un peu plus de terrain, particulièrement dans les classes sociales aisées, doit ce regain de forme, à une perception élitiste de cette langue, née au pays dit des droits de l’homme. Alors, qu’en Afrique de l’ouest par exemple, les francophones se mettent de plus en plus à l’anglais, car les destinations de voyage, de lieux d’études, et de migration commencent nettement à changer. «L’ Amérique, et de plus en plus le Canada en particulier, attirent les ouest africains, qui y ont plus d’opportunités professionnelles.» soutient un jeune mauritanien étudiant à Toronto. Cela casse le cou à pas mal de préjugés qui situent les plus grosses vagues d’immigration vers l’Europe, et notamment la France pour ses anciennes colonies, où il représente à peine 12% des migrants!

 

Une trop grande utilisation de l’anglais 

 

Le secrétaire général de la Francophonie déplorait la semaine dernière dans un quotidien français , l’utilisation de l’anglais, par ses propres membres, dans les organisations internationales. Malgré les engagements des pays membres de la Francophonie à promouvoir la langue française, Abdou Diouf regrette que des représentants choisissent de s’exprimer en anglais «quand rien, ni personne, ne les oblige». Mais, «Dans un monde capitaliste, où l’efficacité est au sommet des valeurs individuelles, et le pragmatisme, le français apparaît comme une langue remplie de circonvolutions oiseuses. Comme on dit la «langue de Molière», on pense la langue des «poètes», des rêveurs.» selon un agrégé de lettres, mauritanien. Contrairement, l’anglais, à l’usage plus pratique et incisif, est perçu comme le meilleur outil linguistique pour communiquer.

 

La bataille des cultures 

 

La culture est le prolongement de l’entité étatique, en dehors de ses frontières. De ce fait, son rayonnement (ou pas), figure l’état de puissance, et d’influence dudit état. Or les États-Unis sont dans une situation économique, militaire et surtout et avant tout culturelle, d’hégémonie totale. L’anglais sera la «langue des terriens d’ici un siècle ou deux» ironisait il y a quelques années un auteur de science fiction française. Le cinéma, la musique, la mode américaine rayonne dans le monde entier, dans ses coins les plus reculés. Le cinéma français est considéré comme une majorité de spectateurs comme «obscur et pseudo intellectuel», la chanson française n’en parlons pas; quant à sa mode, elle s’adresse essentiellement à une certaine élite. Et la langue française doit émerger de tout ce fatras qui lui pèse. L’exception culturelle prônée à la française, n’est donc qu’une demande d’arbitrage dans un combat où le KO a été prononcé depuis longtemps.

 

MLK 

 

Encadré:

 

L’alliance française, courroie de transmission 

 

Créée en 1883 par des personnalités comme Ferdinand de Lesseps, promoteur de la construction du canal de Suez, Louis Pasteur, inventeur du vaccin contre la rage, ou le diplomate Paul Cambon, l’Alliance française cherche à mieux faire connaître les cultures française et francophone et à favoriser la diversité culturelle. En France et dans le monde, elle propose des cours de français pour tous les publics. En juillet 2007 est née une fondation afin de mieux développer et coordonner cet exceptionnel réseau international: 1040 représentations de droit local dans 136 pays, soit 910 alliances françaises et 130 centres associés.

Selon le secrétaire général de l’Alliance, Jean-Claude Jacq, ce réseau connaît «une croissance étonnante» et cela malgré la crise financière et les coupes budgétaires. En 2007, il a progressé de plus de 4%, un rythme qui se maintient depuis plusieurs années dans une moyenne entre 3 et 5%. Il a touché cette année-là 461 000 étudiants à travers le monde, l’audience la plus importante de son histoire.

Source : La Tribune n°442




Le Général dans la vallée

30032009

 

  

Pardon par procuration et invitation à l’oubli 

 

Appel  à l’oubli, tournure de la page noire et assombrissant incompatible avec l’histoire de la Mauritanie, Invitation à l’ouverture d’une nouvelle page, à la tournure des regards vers l’avenir… Prière pour l’absent, hommage aux morts…La tournée entreprise par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz ne sera pas passée inaperçue… 

Retour sur une sortie à relents de campagne électoraliste mais aux enjeux déterminants à plusieurs égards… 

 

Par notre envoyé spécial dans la vallée Sy Mamadou

 

 

A Kaédi, un héros triste et heureux 

C’est par des cris de joie, des chants et des  danses du Yéla  que le général Mohamed O/ Abdel Aziz a été accueilli à son entrée ce mercredi 25 mars 2009 dans la capitale du Gorgol. De l’hôpital jusqu’à l’aérodrome  de Dimbé, les gorgolois en masse l’attendaient pour lui souhaiter la bienvenue. 

Les victimes notamment  les veuves et les orphelins des éventements sanglants de 89,90 et 91, regroupés au sein des Organisations étaient à la première loge. L’émotion était palpable. La tension également. Quelques opposants aux idéaux du HCE leur lançaient des flèches faisant croire que « c’est du bluff tout cela » ou estimant que si « c’est uniquement pour des besoins électoraux, on n’est pas dupe. Aziz a intérêt à régler définitivement ce problème du Passif Humanitaire». Parmi ces victimes figurent des rescapés militaires  des camps d’extermination de Oualata et d’Inal. (Voir entretiens). 

En face de  la tribune officielle, les victimes  tenaient des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire par exemple : « Le Règlement du Passif Humanitaire  renforce  notre Unité nationale » ou « COVIRE solidaire  avec le HCE pour le Règlement du Passif Humanitaire » ou « COPECO/89/RIM milite pour le pardon et la Réconciliation de tous les mauritaniens ». 

Quelques heures plus tard  aux environs 13 heures arrive le général Mohamed O/ Abdel Aziz très détendu et serein. Le général de la « Paix » des bras levés en signe de victoire semble surpris de cet accueil chaleureux. 

 

 

Le général Mohamed O/ Abdel Aziz se dit triste et heureux à la fois. Triste, parce qu’il y a eu perte  de vies humaines sans raison, parce que la parole de Dieu a été  bafouée dans un espace  où les hommes se remettent à Dieu et n’ont de priorité que sa vénération : « Dieu n’a-t-il pas dit : « ne tuez pas l’homme qu’il vous interdit de tuer que pour une juste raison ». 

Heureux, parce que les affligés qu’ils soient ici présents ou ailleurs, ont fait preuve de magnanimité et d’indulgence, parce qu’Allah leur a donné le courage de surmonter leur douleur et la force d’essuyer les larmes d’amertume sans ressentiment, parce qu’ils ont donnée le bon exemple en se conforment aux préceptes de notre sainte  religion, aux comportements, prônés par le prophète Mohammad (Paix et Salut sur Lui) fondés sur le pardon et la tolérance. Tonnerre d’applaudissements ! 

 

Plus que jamais décidé à aller jusqu’au bout de son combat, le général Mohamed O/ Abdel Aziz pense que l’histoire des peuples n’est pas faite, seulement, que de gloire et  de moments de joie et de fierté. « Les annales de notre histoire enregistrent des moments difficiles pleins de tristesses et de mélancolie. Mais grâce à notre attachement à la religion musulmane et notre foi en Allah, la raison et la sagesse avaient toujours fini par nous  réconcilier avec nous-mêmes », a-t-il martelé. 

C’est par « la fidélité à  ces traditions, à l’amour à la Mauritanie et ses valeurs culturelles que le Passif Humanitaire », une blessure béante depuis des années sans pansement, a été  réglé. Le Président du Haut Conseil d’Etat, le général Mohamed O/ Abdel Aziz d’ajouter : «  aucune indemnisation, aucune compensation n’équivaudra à une vie humaine. L’être humain est en effet irremplaçable dans son milieu. Je sais que si les ayants droits des victimes à la mémoire desquels nous allons prier ont accepté la procédure proposée par la Commission chargée de résoudre la question du Passif Humanitaire, c’est parce qu’ils  sont décidés de venir à bout de l’agression par le pardon et repousser le mal parce qui est meilleurs ». 

Les applaudissements pleuvent. Le général se rassure. Sa voix est de plus en plus posée. Le général d’ajouter : «  Aux veuves et aux orphelins que nous compatissons  du fond du cœur, je voudrais dire que nous sommes là pour mettre fin aux souffrances du peuple quelle que soit leur nature. Je voudrais aussi dire aux Mauritaniens  que les événements  douloureux des années 90  sont étrangers à nos comportements et à nos valeurs. Ce genre  d’infraction à la morale et aux lois civiles, ne doit plus jamais se reproduire chez-nous ». 

Le général Mohamed O/ Abdel Aziz a prononcé une phrase en Pulaar malheureusement incorrecte: « Julbee Allah yétama saké adé ». Mais les halpulaars ont fortement- applaudi. Impressionnés de voir un maure, chef de l’Etat,  prononcer leur langue.  

 

 

A Maghama, «Le général des pauvres » 

Même euphorie, mêmes honneurs pour le général Mohamed O/ Abdel Aziz. Maghama, fief de  Koréra Issagha ministre de l’agriculture et de l’élevage du Président déchu, très actif d’ailleurs pour le retour de Sidi O/ Cheikh Abdallahi au Pouvoir, soutient  le HCE.  Le maire de la ville a  exposé tous les problèmes que rencontre sa commune, surtout  dans le domaine de la santé, de l’électricité, de l’eau …  «Le général des pauvres » lui a  promis dans la foulée que ces problèmes seront réglés. D’ailleurs le  Président du Haut Conseil d’Etat a donné  des instructions au ministre du Pétrole et de l’Energie Dy O/ Zeine pour l’extension du réseau électrique de la ville  pour en faire profiter toute les populations. Dans ce cadre une mission se rendra très prochainement à Maghama, a indiqué le ministre. Pour rappel,  « le général  des Pauvres » avait  annoncé une réduction de 15% sur le prix de l’électricité à l’intérieur du pays. 

Le ministre de la santé a, lui aussi, indiqué qu’il dépêchera  un dentiste dans la ville ou  qu’il  programmera des  missions dans la Wilaya du Gorgol. Le commissaire  aux droits de l’Homme a, lui aussi, pris l’engagement de dépêcher une seconde ambulance. Il a aussi promis aux populations de Maghama que le projet de lutte contre les séquelles de l’esclavage enverra  une mission pour résoudre les difficultés des populations les plus nécessiteuses. 

Avant d’arriver à Maghama, le Président a fait un arrêt à Toufdé  Civé. Là aussi des promesses ont été données pour la résolution de leurs équations quotidiennes. 

 

M’bagne, « Avec  Aziz, Aziz, Aziz jusqu’à la mort !». 

 

C’est un accueil chaleureux qu’aucun chef d’Etat mauritanien n’a jamais reçu. Même le Président O/ Taya. 

Arrivé aux environs de 10heures du matin, le Président du Haut Conseil d’Etat a complètement pris bain de foule dans une poussière presque insupportable. Les enfants de la ville de M’Bagne se donnés du plaisir en se mettant devant le général et courant  avec lui. Même les vieux chantaient avec les enfants : « Avec  Aziz, Aziz, Aziz jusqu’à la mort ». 

« Le messager de la paix » posant, à chaque fois les paumes de sa main droite sur ses poitrines symbole que je vous aime tous, serrait la main à n’importe qui. 

A l’approche de la mosquée de la ville, Thierno Kodda Diop l’attendait avec ses talibés dans une ambiance religieuse captivante. Le général  baisse la tête et le marabout le béni. Cet acte  a plu M’bagne. Une  grand-mère assise devant sa porte regardant le général et le marabout me disait que lors de l’élection présidentielle prochaine, même morte elle voterait pour le général. 

Arrivé à la tribune officielle en brouhaha totale, le général Mohamed O/ Abdel Aziz avait de la poussière partout. Le BASEP absent dans ce voyage, le général n’aurait pas fait peur aux populations de la vallée qui s’approchaient tellement de lui parce qu’elles  tenaient bien à lui parler de leurs difficultés quotidiennes. 

La municipalité de M’Bagne ayant été supprimée suite aux énormes problèmes de fronde qu’elle a connu, c’est un ancien maire  Diop Amadou El Hadj qui prononcé un discours de bienvenue au Président du HCE.  Il a demandé au général de bitumer  la route reliant Niabina à M’Bagne qui permettra de désenclaver plus de 58 villages relevant du département. 

Comme dans toutes localités visitées, le général Mohamed O/ Abdel Aziz  a promis que leurs  problèmes seront réglés. 

Avant d’arriver à M’bagne, le général Mohamed O/ Abdel Aziz, a visité  Néré Walo , Fondu Mbeidi , Niabina   et M’bahé. Tous ces  villages ont  annoncé leur soutien au HCE. 

 

A Bababé, « le ‘sénéral’ est un envoyé de Dieu » 

 

L’enthousiasme n’a pas raté le rendez-vous du Général Mohamed O/ Abdel Aziz. Bain de foule très remarqué. De l’entrée de la ville jusqu’au centre, l’ambiance est électrique. Tous les  anciens et cadres, ancien baron du système Taya de la ville étaient aux premiers rangs pour serrer la main au général. 

D’Abdallah Diéri à  Wothie , Bababé Loti a reçu le Chef de l’Etat. 

Le maire de Bababé Abdoulaye Mamadou Bâ a réaffirmé le soutien de sa ville au HCE. Il a  ensuite demandé au Président du HCE la résolution des problèmes de sa ville notamment au niveau de l’enseignement, de la santé, de  l’eau, de l’électricité et de  l’agriculture. 

Le général Mohamed O/ Abdel Aziz a indiqué que la détérioration du niveau de  l’enseignement  de la ville de Bababé, « est une preuve du gaspillage des richesses du pays par un petit groupe de prévaricateurs destructifs qui ont pillé le pays pendant plus de 40 ans et tentent maintenant, après avoir été déraciné par le Mouvement de Rectification du 06 août 2008 de lui imposer un embargo au niveau de l’étranger ». A propos des pièces d’états civils, le Président du HCE a assuré que l’orientation du nouveau gouvernement est de permettre à tous les citoyens d’avoir leurs pièces d’états civils et que la loi leur impose également de posséder ces pièces. 

Il faut dire que Abdallah Diéri, la ville des marabouts et des talibés, qui a été toujours un fief de l’opposition, a adhéré aux idéaux du HCE. Un vieillard  confie : « le ‘seneral’ Mohamed O/ Abdel Aziz ressemble réellement à un messager de Dieu. Ce Coup d’Etat ne vient pas de lui mais de la volonté d’Allah. Le Pouvoir appartient à Allah et il lui a donné, on en peut rien».   

 

A Boghé, la conquête des barons du Halaybé 

 

Tous  les leaders  politiques, de Mohamed El Hadi Macina, Ndiaga Dieng, enre autres figures du Tayaïsme à Yall Zakaria, ministre de l’intérieur sous Sidi et autres, s’étaient donnés rendez-vous pour accueillir  le général. Ils étaient tous sous la canicule pour attendre le Président du HCE. Mais le dynamisme, le charisme, chouchou  et leader de la jeunesse de Boghé Mamadou Bouyagui Touré a battu le record. C’est lui qui sait mobiliser les jeunes et leur parler parce qu’il a été dans tous les temps disponible à  les servir. Avec sa détermination l’accueil du Président du HCE dans sa ville n’a pas fait défaut. 

Arrivé à 14h35, le général Mohamed O/ Abdel s’est montré un  peu souriant pour la première fois. Sur son chemin vers la tribune officielle, à sa gauche, des femmes et enfants tenaient des banderoles sur lesquels on pouvait voir UFP barré avec un croix rouge. Mort politique de l’UFP à Boghé ou le parti ne fait pas parti des accueillants ? Le général, désormais deux bras au ciel,  méditerait  à la victoire. 

 Les initiateurs de ces banderoles nous ont dit : « Nous avons démissionné de l’UFP.  Le seul Président valable c’est le général Mohamed O/ Abdel Aziz ». 

Dans son discours devant les boghéens, le  général Mohamed O/ Abdel Aziz  fustiger, une fois  encore, le pillage des biens de l’Etat. Il a aussi prôné l’ouverture des autorités aux citoyens, surtout les plus démunis pour qu’elles leur règlent leurs problèmes quotidiens.  

Dans sa réponse aux doléances du maire adjoint, le général des ‘Pauvres’ a promis  la résolution de tous leurs  problèmes. 

Il faut dire que le  maire titulaire de l’UFP  aurait accepté de faire le discours avant de désister à la dernière minute. Il a d’ailleurs dirigé les groupes de toilettage de la ville de Boghé avant l’arrivée du Général O/ Mohamed O/ Abdel AZIZ. 

 

Les jeunes s’insurgent 

 

Des jeunes de Boghé, regroupés dans une Initiative ont affirmé qu’ils ne seront jamais derrière des cadres qui ne s’occuperont pas de leurs problèmes. (Voir photo). 

Un Mouvement des Jeunes Conscients  a été crée à Boghé. Les jeunes se disent  unis, dynamiques, ambitieux et forts. Objectif : Travailler désormais avec des gens sensibles de leurs problèmes. 

 « On n’entend plus suivre aveuglement les leaders politique  de la ville qui ne défendent que leurs propres intérêts », disent-ils en substance. 

Pour l’accueil du général à Boghé, le Mouvement s’est volontairement invité dans les préparatifs. 

Aujourd’hui, les jeunes disent ne pas reconnaître la Coordination politique de leurs cadres. 

 

 

 

Houdelaye, ‘séchez vos larmes !’ 

Après Boghé, le général, s’est rendu dans cette localité des réfugiés revenant du Sénégal à 7 km de Boghé. Il a été accueilli en héros. C’est avant même qu’il arrive à la tribune officielle que le général Mohamed O/ Abdel Aziz a promis la construction d’une école et la résolution de leurs problèmes notamment l’obtention de leurs pièces d’états civils. 

 Le porte- parole et chef de village de Houdelaye et certains réfugiés ont  répondu à nos  questions. (Voir encadré) 

Sur le chemin de son retour à Nouakchott, le Président du Haut Conseil d’Etat a fait des arrêts dans beaucoup de localités. 

 

Sy Mamadou, envoyé spécial      

 

Encadré 1 

Le COVIRE plébiscite le général 

 

Abou Sy, président du Comité des Victimes de la Répression (COVIRE) a dans son discours indiqué que son Organisation  n’attendait que  ce jour depuis longtemps parce que les victimes ont un devoir de reconnaissance, de mémoire, de pardon et de réparation. Selon lui, ce pardon des victimes, attendait seulement  qu’il soit demandé par le général Mohamed O/ Abdel Aziz « Nous attendions cet acte qui viendra réconcilier des mauritaniens avec des mauritaniens » a t-il dit. 

Il a loué l’attitude des victimes qui côtoient leurs tortionnaires depuis plus de 20 ans sans désir de vengeance ou de vindicte personnelle. 

« Désormais vos adversaires redoutent les échéances électorales parce qu’ils n’ont pas de réalisations pouvant justifier une quelconque popularité », a dit Abou Sy 

Le maire, quand à lui, a souligné dans son  discours que les populations de Gorgol soutiennent le général Mohamed O/ Abdel Aziz dans son combat de lutte contre la pauvreté, l’injustice et la mauvaise gestion. Sow Moussa Demba dit Thiombé  pense que  les Gorgolois ont été honorés de recevoir « le messager de la paix  et le Président des pauvres  et les laissés pour compte ». L’un des premiers à soutenir le HCE, le maire de Dimbé a martelé que les victimes des années 89-90 privilégient la réparation morale, la paix  des cœurs et les esprits  avant toute réparation matérielle. Il a dit également que le Mouvement de Rectification  du HCE  veut créer un mauritanien nouveau ouvert à la civilisation de l’universel mais restant attaché  aux valeurs mauritaniennes. 

Sow Moussa Demba a  présenté un certain nombre de doléances au Chef de l’Etat. Ce dernier lui a promis que les problèmes de la commune seront réglés dans un bref délai. 

 

 

Encadré 2 

 

Témoignages et réactions 

 

Le chef de site  des réfugiés de Houdallaye, Harouna  Saïdou  Bâ 

 

 

Harouna Saîdou Bâ, chef de site de Houdallaye est un  ancien sous officier de l’Armée. Déporté en avril 1989, il s’est retrouvé à Ndioum au Sénégal pendant 20 ans. Il est rentré au pays le 25 mars 2008 au Brakna, tout juste un an avant ce discours de Kaédi… 

  

« Depuis notre retour du Sénégal, nos problèmes ce sont les pièces d’état- civil. Ce sont seulement ceux qui sont nés en Mauritanie, selon les autorités administratives, qui seront les premiers à être servis. Nos enfants nés au Sénégal n’ont pas encore eu leurs pièces d’Etat- civil. Pour qu’ils aient leurs  pièces d’état- civil mauritaniens, ils doivent  avoir un acte de naissance du Sénégal. 

Après cela, nous avons d’autres problèmes  comme l’habitat, la santé, l’éducation etc. 

C’est vrai que l’Etat a fait quelque chose mais c’est insuffisant. 

L’eau encore nous manque.  Nous ne voulons qu’un Président au service des citoyens. Le  système  de diriger du général, on ne peut que le soutenir. Il nous dit qu’il veut développer la Mauritanie. Même en parole, c’est suffisant puisque vraiment il est crédible. Sidi nous a ramené mais on n’avait pas de pièces d’état- civil. C’est avec le général Mohamed O/ Abdel Aziz qu’on a reçu nos pièces. Un des conseillers du général  m’a dit  que le général lui a dit que nos problèmes seront réglés et qu’une école sera construite ici dans un bref délai.» 

 

 

 

 

Abdoulaye Dièye, militaire rescapé 

 « Je m’appelle Abdoulaye Diéye de Dabbé. Je suis un ancien militaire rescapé. J’ai été réfugié au Sénégal. Je suis revenu volontairement en Mauritanie en 1992, bien  avant  comme vous le constatez bien avant le retour des déportés parce que je ne pouvais pas rester dans un pays que je ne connais pas. Depuis que je suis revenu, notre situation n’a pas évolué. On n’avait pas vu un Président qui pouvait nous régler nos problèmes. Nous sommes devenus actuellement des agriculteurs. Aucun régime précèdent ne nous a aidés. Pourtant nous avons trop de problèmes. Je suis maintenant  président d’une coopérative qui s’appelle 150 Hectares. Maintenant si le général peut nous régler tous nos problèmes, on est avec lui, si c’est du bluff on ‘est pas avec lui,  on le connaît même pas c’est tout, on n’a pas  peur. » 

 

Anonyme,  veuve d’un officier 

 

« Le général nous a demandé pardon. Mais est-ce que je  peux réellement  pardonner à la place de  mon  époux tué et enterré vivant à Inal en 1989 ? Mes enfants n’ont pas connu leur père, (sanglot). Le général  Mohamed O/ Abdel Aziz veut l’unité du pays, c’est ce qu’on veut nous aussi puisque je sais qu’on  ne peut plus me  ramener mon époux, (encore pleures). 

Moi, je peux  pardonner pour l’intérêt de la Mauritanie. Le discours du général Mohamed O/ Abdel Aziz m’a réellement touchée. Quand il dit que ‘aucune  indemnisation, aucune compensation n’équivaudra à une vie humaine. Aux veuves et aux orphelins que nous compatissons  du fond du cœur, je voudrais dire que nous sommes là pour mettre fin aux souffrances du peuple quelle soit leur nature. Je voudrais aussi dire aux Mauritaniens  que les événements  douloureux des années 90  sont étrangers à nos comportements. »  Ces deux phrases m’ont touchée au fond du cœur. Je vous remercie ». 

 

Anonyme, Orphelin d’un père électrocuté en 1990 

 

« Ecoutez, on ne peut que regarder vers l’avenir maintenant. Si je dis que je dois forcément venger mon père, quelqu’un d’autre le dit, la Mauritanie serait en guerre civile. Mois je sais celui qui a  électrocuté mon père, on me l’a dit. Je peux tout de suite aller le tuer. Mais est- ce que cela aurait un sens ? Peut être lui ne sait pas que je le connais. Ce qui m’énerve, c’est quand on dit que cela n’a jamais existé ou que l’Etat cherche à se voiler la face disant l’avenir, l’avenir, mais nous voulons  tous, l’avenir meilleur de notre cher pays. Ce que vient de faire le général  Mohamed O/ Abdel Aziz est soulageant. On peut pardonner. Il faut reconnaître quand même que Sidi O/ Cheikh Abdallahi, est le premier à faire cette démarche. Je le dis parce que cela est vrai. Moi, je suis apolitique. Que Dieu accueille mon père dans saint Paradis Amin, (sourire) ».. 

 

Propos recueillis par Sy Mamadou, envoyé spécial 

 

 

Kaédi 

Les maux que le maire ne devait pas taire 

 

Le 25 mars 2009, une date à marquer d’une pierre blanche par les populations du ‘’Fouta’’, du ‘’Bossoya’’ et  particulièrement  celles de Kaédi…Mais quelques grincements de dents, relatifs à l’allocution prononcée par le maire de la commune de Kaédi ont été notés. D’aucuns pensent que le maire ne devait pas, dans les doléances présentées au Président du HCE, passer sous silence des contraintes et problèmes que rencontrent les habitants de Kaédi, notamment dans certains domaines prioritaires, sinon très sensibles. 

D’abord en matière de santé. L’Hôpital de Kaédi a changé de statut. C’est désormais le Centre Hospitalier de Kaédi. Il a un plateau technique archaïque et vétuste, une capacité d’accueil réduite, en plus du déficit de ressources humaines, notamment spécialisées, le laisser – aller est érigé en norme : un seul chirurgien, inscrit aux abonnés absents, un gynécologue, un médecin généraliste, service de radiologie composé d’une seule salle, une Salle des Urgences sous et mal équipé, inexistence de certains services (ORL). 

Et dire que le CHK  prend en charge les wilayas du Gorgol, du Brakna voisin et même du Tagant, sans compter les malades d’une partie nord du Sénégal. 

 

Ensuite concernant l’Etat Civil. C’est toujours les mêmes tracasseries, déplore-t-on.  Exacerbées à l’occasion des  opérations de recensements exceptionnels,  quand il l’usager demandeur doit compléter un dossier (examens, concours ou candidat au pèlerinage… Se faire établir un certificat de nationalité relève toujours du parcours du combattant, comme si des instructions non écrites sont données – c’est l’opinion qui se dégage généralement – les procédures étant autres que celles en cours ailleurs dans le pays. La rapidité quant à la diligence des étapes procédurières, singulièrement de police (enquêtes préliminaires dite administrative ou de moralité) est fonction de l’humeur ou de l’affinité avec l’agent officiant et le plus souvent du montant dont on voudra bien s’acquitter, sans qu’une quittance soit délivrée.   

Et puis en matière d’administration, il y a un conflit de compétence.  Avec les autorités administratives, une mauvaise interprétation et / ou application des textes relatifs à la décentralisation fait que les Conseillers municipaux ressemblent à des spectateurs dans une salle de spectacle. Le Maire est lui-même considéré comme un pion que l’on déplace ou pousse sur un échiquier. On a assisté, dernièrement à des attributions administratives illégales et prohibées ainsi qu’arbitraires de terrains à usage commercial et même appartement au patrimoine communal (Gare routière) ou d’infrastructures dont gestion relève de la commune, sans associer ou en informer le Conseil Municipal. 

Au plan politique local on en veut au maire de n’avoir pas dénoncé la marginalisation, la non implication des ressources locales (autochtones, singulièrement) et des cadres dans les activités de politique locale. 

Au plan économique,  la reprise de service du bac assurant la traversée du fleuve boosterait les échanges de toutes natures, à même de créer des revenus à la commune, estime-t-o. 

Pour l’agriculture, le Maire n’aura qu’exhaustivement parlé des problèmes rencontrés par les exploitants. Des causes, motus et bouche cousue. Il reste à comprendre pourquoi l’objectif d’autosuffisance alimentaire ne peut être atteint. Les terres sont bonnes, fertiles, il y a de l’eau et la ressource humaine et l’expertise sont présentes. Demander que l’on annule la dette des exploitants est en soi normal pour le premier édile d’une commune. Mais… 

Il y a lieu de faire l’état des lieux, diligenter des investigations, afin de situer les responsabilités. 

SOW Moctar Samba CP / Gorgol Contacts: 650.68.29 / 211.80.51 

 

Pour mémoire … 

A qui la Faute ? 

 

En septembre 1987 un groupe d’officiers et de sous-officiers de l’ethnie halpoular, excédés par ce qu’ils appellent la ‘marginalisation des négros -mauritaniens dans l’armée, l’administration territoriale, les cercles de prise de décision , écartés du pouvoir économique…’, décide de planifier un coup d’état visant à instaurer un ‘black power’ , un pouvoir noir en Mauritanie ‘pays des maures’. 

Ils auraient même la prétention de changer le nom du pays en république du Fouta, bref  ‘redonner aux peuls leur fierté.’ L’ouguiya deviendrait le ‘mboudou’. 

Ce groupe serait soutenu par la majorité des officiers noirs très bien représentés dans tous les corps. Soutenus aussi par la majorité des hauts fonctionnaires. 

Le groupe prépare son coup d’état sans s’inquiéter des conséquences qui pourraient en résulter : Si le coup marche c’est la guerre civile car une seule ethnie ne peut prétendre à diriger un pays, s’il échoue, les auteurs seraient fusillés .C’est ce qui arriva. Mais Ould Taya , au lieu de se satisfaire de l’exécution de trois officiers , Sy Saidou , Ba Seydi et Sarr Amadou , de condamner à perpétuité des dizaines de militaires et civils halpoulars , de révoquer des centaines de fonctionnaires de la même ethnie , s’en prendra à tous les négro-mauritaniens. C’est le délit de faciès. Des innocents sont condamnés, torturés, des exécutions extra judiciaires ont lieu partout dans le pays. Des villages sont endeuillés, partout des veuves et des orphelins. La vallée est meurtrie. 

Si tout le monde s’accorde à reconnaitre l’aventurisme des cerveaux du ‘coup d’état halpoular’, il faut dire que la réplique fut sanglante, disproportionnée. Ould Taya a frappé fort. Sous le silence coupable de la majorité des mauritaniens. Arrivent les événements de 1989.Le pouvoir raciste de Ould Taya en profite pour compléter le travail inachevé: des centaines de milliers de négro-africains sont envoyés au Sénégal sous le prétexte qu’ils seraient ‘arrivés dans les bagages des colons français’.On déporte, on viole, on brûle des villages entiers. Des exécutions collectives : Sory Malé, Olo olloga … Des fosses communes, des charniers. Que de veuves et d’orphelins. Pourtant on est en République Islamique de Mauritanie. Cette boucherie a lieu au mois béni du ramadan .Nos oulémas si prompts à réagir à la barbarie de Tsahal en Palestine ne daignent pas réagir ou timidement. Les oulémas négro-africains dont certains avaient béni le coup des noirs de 1987 ne bronchent pas. Eux qui, à travers leurs ‘gizane’, avaient vu ‘un négro sur le trône de Mauritanie’.Ils payeront un lourd tribut : Humiliés, insultés, déportés. La classe intellectuelle noire est souvent complice .Des dénonciations  pour s’accaparer du poste laissé vacant, pour sauver sa peau, pour entrer dans la grâce du tyran. Certains en profitent pour s’enrichir, accéder aux terres fertiles du Walo, se constituer un cheptel et même récupérer la … femme de l’autre. 

Passif humanitaire.1986.Le manifeste du négro- africain opprimé. C’est le début des larmes.1990, 1991 c’est la, chasse aux nègres. Des maures modérés sont victimes également. Comme au Rwanda en 1994.Si Ould Taya a mis dans le même sac tous les noirs, la majorité de ces derniers a tendance à mettre la responsabilité de ce qui s’est passé entre 1986 et 1991 sur le compte des maures. Nenni. Ce qui s’est passé est le fait d’un système. Un système dans lequel il y avait du blanc et du noir. Des maures se sont sacrifiés pour sauver des noirs, ont risqué leurs vies, leurs postes. Des noirs en ont profité pour régler des comptes à d’autres noirs. Des innocents ont été utilisés par une idéologie. On leur  a fait tuer sans savoir pourquoi. Innocente ignorance. Que Dieu pardonne. 

Le pardon justement. Aux victimes de pardonner .Aux coupables de demander le pardon. Pour avoir la conscience tranquille. Que la Mauritanie se réconcilie véritablement. Qu’on indemnise les victimes ou ayant droit. Mais qu’on dise la vérité pour que ce qui s’est passé ne recommence plus. Devoir de mémoire. Que des gens malhonnêtes ne font plus de ces drames un fonds de commerce, une vache à lait. Le chef de l’état s’est excusé au nom de l »état. Mais il reste beaucoup à faire. Et le système Taya continue dans la vallée : Postes de contrôle, brimades, des policiers et gendarmes se comportant encore au sud comme en zone conquise. L’accès aux concours d’état est difficile pour les négros, l’égalité des chances n’existe pas .Pour un noir, accéder aux postes de l’administration territoriale n’est pas chose aisée. Tout comme pour les maures noirs et une certaine catégorie de maures blancs. Il faut pour cela des gestes forts mon général. Du courage  pour aller au fond du problème. Ne pas s’arrêter à l’étage des bonnes intentions. Les enfants de ces militaires, fonctionnaires, civils sont là dans la galère. Ce sont eux qui empruntent des pirogues pour tenter d’aller en Europe. Ce sont ces veuves qui font les bonnes dans les villas cossues de la capitale, ce sont ces femmes et hommes qui mendient dans les artères des grandes villes. Ce sont ces peuls, autrefois fiers qui, aujourd’hui, enturbannés, tendent la main. 

Chez les noirs, ce sont ceux là mêmes qui ont été complices d’Ould Taya dans le pillage, dans la gabegie, les détournements des fonds publics qui ont accueilli le général dans la vallée. Ceux là mêmes qui avaient nié les déportations, les viols, les tortures, les violations des droits de l’homme, ce sont ces gens qui l’ont accueilli .Avec des larmes de crocodile. Les complices de Taya et de son régime c’est tous ces nègres installés confortablement en Europe et aux USA qui se sucrent sur le dos des disparus. 

Les ennemis de l’unité nationale sont cette classe politique qui retrouve de la voix pour parler du passif humanitaire. Où étiez-vous messieurs les récupérateurs? Aviez-vous peur de Taya ? 

Les mauritaniens ont majoritairement péché. Qui par leurs complicités actives ou passives, qui par leurs silences coupables, qui par le profit qu’ils ont tiré de cet épisode douloureux de notre histoire. Rares étaient ceux qui avaient élevé la voix pour dénoncer l’arbitraire, la bêtise. Pour cela mon général vous avez étè courageux. Iriez-vous jusqu’au bout? 

Athié Youssouf 

CP Nouadhibou

Source : La Tribune n°442 




L’eternel recommencement

30032009

 

 

Depuis quelques temps nous sommes en train de revivre des moments que nous avons déjà vécus. Des groupuscules, des tribus, des entités, des organisations de la société civile, bref un large panel de la société mauritanienne s’active pour soutenir la candidature du général. Jusqu’ici rien de vraiment méchant. Vous me diriez nous l’avons déjà vu par le passé. J’en conviens. Mais le plus grave c’est que dans espace de temps assez laconique deux partis soient  créées pour également soutenir la candidature du général.

Grave parce que c’est un remake du parti de Maaouiya (PRDS), du parti de Sidi(ADIL). Grave parce que ce sont les fameux roumouz el vessad qui sont aux commandes de l’un des partis. Grave parce que les redistributions des cartes obéissent toujours au même esprit tayien de la conquête et de la conservation du pouvoir. Grave enfin parce qu’elle consacre et perpétue  l’hégémonie des forces traditionnelles sur le pouvoir.

Nous n’avons hélas par tiré profit des leçons des vingt dernières années de plomb. Le mal nous l’avons diagnostiqué, nous l’avons pointé du doigt, on a même fait semblant de l’isoler mais en réalité nous l’avons mis en vielle pour mieux l’exploiter. Il était sous perfusion et aujourd’hui il rejailli plus fort que jamais, déterminé à rattraper le temps perdu. Enragé d’avoir pour un moment aussi bref soit-il, était écarté de la sphère de prise de décision. Le puzzle d’avant le 3 Aout est en train d’être reconstitué.

Nous sommes profondément hégéliens. L’histoire nous la vivons cycliquement. Nous avons à une ou deux reprises vécues quelques moments en dehors de ce cycle répétitif. Nous avions cru par naïveté que nous sommes enfin sorti de la spirale infernale qui nous a condamné pendant des décennies à rester figés et à demeurer borné dans un champ d’action et de réflexion restreint et  savamment limité. Mais ceux que le destin a accidentellement chargé d’écrire notre histoire s’entêtent à la réécrire telle qu’ils la conçoivent : cyclique et répétitive. Sortir de ce cycle est pour eux un voyage dans l’inconnu. Est-ce pour autant que  nous nous approchons de la fin de notre histoire ? Non si on devenait marxistes dans notre approche: l’histoire est certes répétitive mais elle n’est guère une fatalité.

 

Ducros




Nécrologie :

30032009

 

  

La mort a eu raison de Ould Mohamed Radhi 

 

Il n’y avait que la mort pour avoir raison de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi. Il ne pouvait mourir que de la sorte : par accident et avec l’effet d’un tremblement de terre ou d’une catastrophe du genre. Une arme chargée qui traînait par là. Un percuteur qui déclenche. Et le drame… Car c’est un véritable drame que l’Assaba vient de vivre, que la Mauritanie vient de vivre avec la mort accidentelle de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi. 

Par sa stature et son combat, l’homme est un monument national. Maire de Kiffa, il a incarné les valeurs du combattant politique qu’il a été. Chef traditionnel, il a été incarnation des valeurs d’une société mythique qui cultivait la grandeur, la noblesse d’esprit, l’humilité de l’acte, l’altruisme dans le dévouement. Secrétaire général de l’Union des travailleurs de Mauritanie, il a fait vivre à la centrale syndicale ses dernières lettres de noblesse au moment où toutes les institutions s’aplatissaient devant la volonté d’un pouvoir corrompu et corrupteur. 

Il est utile d’en parler au moment où la Mauritanie entame les festivités de la retrouvaille et du pardon à l’occasion des journées nationales de réconciliation. Dans les années de plomb, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi était aux devants du combat pour la justice. Contre l’arbitraire. En 1991, il tient tête au pouvoir et lance son mot d’ordre de grève en vue d’exiger la démocratisation de la vie publique. 

Sa force de caractère, son indépendance d’esprit, son humilité en faisaient un zombie en cette terre d’Islam où tout a été déprécié. 

Je l’ai connu et je l’ai apprécié. Il m’a inspiré, souvent encouragé, toujours impressionné. Que Dieu nous pardonne de l’avoir mal apprécié en son vivant. Parce qu’il méritait beaucoup plus d’attention que nous ne lui accordions, encore beaucoup plus qu’il ne s’accordait lui-même. 

J’ai peur d’en venir à me convaincre que nous sommes une nation maudite par cette tendance à toujours courir derrière les événements, à toujours refuser de reconnaitre le mérite des meilleurs d’entre nous pendant qu’ils sont parmi nous… 

A toutes les familles pauvres de Kiffa, des Adwabas environnants, des campements environnants, à tous les pauvres de l’Assaba, aujourd’hui orphelins du mot juste, de l’attention ineffable, de l’assistance cordiale, à tous les amis, tous les compagnons de combat, du mouvement national, du syndicat, à tous les patriotes du pays, ceux qui croient encore à la valeur des fils de ce pays, à la famille restreinte de Ehl Mohamed Radhi… je présente ici mes condoléances les plus attristées. 

Je sais que Mohamed Mahmoud est parti. Je sais que Mohamed Mahmoud ne peut être remplacé que par Mohamed Mahmoud. Je sais que Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi emporte avec lui ce qu’il a été. J’en suis triste pour mon pays. Et pour moi-même. Je sais que cela ajoute au drame du vide physique qu’il laisse. 

Raison de plus de remercier Allah de nous avoir fait musulmans. Sans cela le désespoir de la condition qui est la nôtre nous aurait détruits. 

Qu’Allah allège nos souffrances ici-bas. 

 

Ould Oumeir

A Dieu au Chef Rebelle

 

La mort, fin inévitable de toute vie, vient de nous arracher l’ami et le compagnon de route Mohamed Mahmoud Ould Mohamd Radhi.

Sa vie aura été marquée par l’empreinte d’un homme juste, Rebel à toute forme d’oppression et toujours aux côtés des faibles.

Dans le « maquis de l’Assaba »où il a livré bataille, sous le drapeau des combattants pour la liberté, à tous les gendarmes et policiers d’une certaine époque, Mohamed Mahmoud est resté à la fois fidèle à l’esprit d’une famille traditionnelle et attentif aux appels du progrès.

Son opposition au « Syndicat intégré », lui coûtera maintes fois son poste d’enseignant mais  le conduira à la tête du syndicat libre où son combat fût couronné par son élection à la tête de l’Union des Travailleurs de Mauritanie.

Son attachement à la démocratie et à l’unité nationale, le feront entrer, par la grande porte, dans les premières formations politiques, où ses qualités de rassembleur et d’impliable, eurent raison de toutes les  tentatives de le détourner de son idéal de justice et de liberté.

Né au milieu des armes, il est mort par sa propre arme

Que son exemple inspire tous les jeunes de notre pays

Qu’Allah lui pardonne et l’accueille à jamais dans son paradis.

 

Ahmed Yedaly

 




Crise politique :

30032009
Crise politique : 

L’élément extérieur pour alimenter le front du refus 

 

Plus que par le passé, les positions extérieures pèsent lourdement sur le développement de la situation intérieure. Hier la médiation libyenne a produit un effet vite escompté par le renouvellement de la prise de position du CPS de l’Union africaine. Position qui n’a fait qu’envisager la mise en œuvre des sanctions dont le principe a été arrêté le 5 février dernier. Du coup, les positions intérieures se sont durcies. Puis vinrent les déclarations du ministre français Bernard Kouchner et de son Président Nicolas Sarkozy. Toutes militant d’une approche diligente pour régler un problème ‘constitutionnel’ dans un pays ‘atypique’. Quand il répond à une question de notre confrère de RFI, le Président Sarkozy dit : «Franchement, le malheureux continent africain, il en a connu (des coups d’Etat, ndlr) et pas seulement dans la période récente. Sur la Mauritanie, vous connaissez bien ça puisqu’on a souvent vu un coup d’Etat sans manifestation et sans protestations si ce n’est celles de la France, lorsque le président démocratiquement désigné a été retenu.» Et le président français de préciser : «Moi-même je l’ai appelé, moi-même j’ai exigé qu’il soit libéré. Enfin, force est de constater qu’il n’y a pas eu un député, un parlementaire qui a protesté et qu’il n’y a pas eu de manifestations.» Et ce n’est pas la lecture quelque peu ‘fallacieuse’ de certaines figures de l’opposition au putsch, qui distrairont du vrai message de Sarkozy. Le Président français est loin des positions françaises de principe, hautement clamées au lendemain du 6 août. Il semble comprendre désormais la ‘spécificité’ du coup d’Etat en Mauritanie. Comprendre cette spécificité, c’est déjà ouvrir la voie à l’élaboration d’un «package» politique qui permettra de sortir de la crise. C’est donc amener les parties à abandonner leurs positions du début. Seul le FNDD est encore au point de départ de sa position : l’intransigeance sur le retour au pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Dernière preuve de cette intransigeance, le rejet systématique de la proposition de médiation du Sénégal. 

En effet le FNDD vient de publier un communiqué où il dit ne pas être au courant d’une telle médiation. C’est le même constat fait par le porte-parole de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a déclaré avoir été invité par le Président Wade du Sénégal, sans qu’il ait été question d’une médiation. Et le FNDD et Ould Cheikh Abdallahi ne semblent pas apprécier l’idée d’une telle médiation. Pour le FNDD, il y a lieu de rappeler qu’il n’est pas question de laisser traiter le pouvoir en Mauritanie comme «un pouvoir normal», un pouvoir «reconnu» par le Sénégal. Pour le front «au moment où le général Mohamed Ould Abdel Aziz, défiant ainsi la volonté populaire, passant outre les décisions du Groupe de Contact International et faisant fi des sanctions de l’Union Africaine, vient d’annoncer l’ouverture du dépôt des candidatures pour sa mascarade de présidentielle unilatéralement décidée, une médiation sénégalaise sonnerait alors comme entrant dans le registre des signaux encourageant la junte à persister dans son entêtement à consacrer le fait accompli et contourner la volonté de la Communauté internationale visant à l’isoler». Et de préciser que «toute médiation internationale qui interviendrait avant que les restrictions sur les mouvements du Président de la République ne soient levées, le Premier ministre et ses camarades du FNDD libérés et l’agenda unilatéral de la junte annulé, ne pourrait jamais aboutir et ne servirait qu’à aggraver la crise, comme ce fut le cas avec l’action menée par le Guide Mouammar Kadhafi». 

Justement et pour revenir à la médiation de Kadhafi, il faut souligner que l’opinion publique sait depuis l’échec de cette mission, que le Guide libyen n’a fait que répéter publiquement ce qu’il avait dit en aparté aux dirigeants de la classe politique, déjà en Libye. Que selon les propos des envoyés libyens, les parties prenantes de la crise mauritanienne semblaient avoir acquiescé aux propositions libyennes. Qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ? Mystère et boule de gomme. 

Aussi quand il a fait le déplacement de Nouakchott, Kadhafi avait bien reçu le Général en grande pompe à Miçrata en Libye. En quoi don la reconnaissance par le Sénégal du gouvernement peut-elle déranger ?  Prétexte certainement. D’abord pour anticiper sur les positions sénégalaises et françaises. Ensuite pour mieux épouser les positions tranchées du CPS et celles de la Commission européenne. Positions fortement influencées par les attitudes personnelles des présidents des deux commissions : Jean Ping pour le CPS africain, et Louis Michel pour les Européens. 

Les réactions du FNDD et du président déchu font suite aux déclarations du ministre sénégalais des affaires étrangères qui était en visite en Mauritanie la semaine dernière. «J’avais un message spécial du président Wade que j’ai délivré et que le président a très bien accueilli», a-t-il déclaré, à l’issue d’un entretien avec le général Ould Abdel Aziz. Selon lui, «le président Wade va continuer ses efforts de médiation, ses efforts de soutien et de solidarité au plan régional, continental et international». Avant de préciser : «Vous savez qu’il (NDLR : Wade) reçoit à Dakar tous les acteurs de la politique mauritanienne ; le président Aziz trouve que c’est une très bonne chose que des frères mauritaniens, de toutes obédiences politiques puissent se rendre à Dakar pour discuter avec le président Wade après les efforts tentés par d’autres». 

 

Bechirou 

Source : La Tribune n°442 







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