• Accueil
  • > Archives pour le Dimanche 29 mars 2009

Nécrologie :

29032009

 

 La mort a eu raison de Ould Mohamed Radhi 

 

Il n’y avait que la mort pour avoir raison de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi. Il ne pouvait mourir que de la sorte : par accident et avec l’effet d’un tremblement de terre ou d’une catastrophe du genre. Une arme chargée qui traînait par là. Un percuteur qui déclenche. Et le drame… Car c’est un véritable drame que l’Assaba vient de vivre, que la Mauritanie vient de vivre avec la mort accidentelle de Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi. 

Par sa stature et son combat, l’homme est un monument national. Maire de Kiffa, il a incarné les valeurs du combattant politique qu’il a été. Chef traditionnel, il a été incarnation des valeurs d’une société mythique qui cultivait la grandeur, la noblesse d’esprit, l’humilité de l’acte, l’altruisme dans le dévouement. Secrétaire général de l’Union des travailleurs de Mauritanie, il a fait vivre à la centrale syndicale ses dernières lettres de noblesse au moment où toutes les institutions s’aplatissaient devant la volonté d’un pouvoir corrompu et corrupteur. 

Il est utile d’en parler au moment où la Mauritanie entame les festivités de la retrouvaille et du pardon à l’occasion des journées nationales de réconciliation. Dans les années de plomb, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi était aux devants du combat pour la justice. Contre l’arbitraire. En 1991, il tient tête au pouvoir et lance son mot d’ordre de grève en vue d’exiger la démocratisation de la vie publique. 

Sa force de caractère, son indépendance d’esprit, son humilité en faisaient un zombie en cette terre d’Islam où tout a été déprécié. 

Je l’ai connu et je l’ai apprécié. Il m’a inspiré, souvent encouragé, toujours impressionné. Que Dieu nous pardonne de l’avoir mal apprécié en son vivant. Parce qu’il méritait beaucoup plus d’attention que nous ne lui accordions, encore beaucoup plus qu’il ne s’accordait lui-même. 

J’ai peur d’en venir à me convaincre que nous sommes une nation maudite par cette tendance à toujours courir derrière les événements, à toujours refuser de reconnaitre le mérite des meilleurs d’entre nous pendant qu’ils sont parmi nous… 

A toutes les familles pauvres de Kiffa, des Adwabas environnants, des campements environnants, à tous les pauvres de l’Assaba, aujourd’hui orphelins du mot juste, de l’attention ineffable, de l’assistance cordiale, à tous les amis, tous les compagnons de combat, du mouvement national, du syndicat, à tous les patriotes du pays, ceux qui croient encore à la valeur des fils de ce pays, à la famille restreinte de Ehl Mohamed Radhi… je présente ici mes condoléances les plus attristées. 

Je sais que Mohamed Mahmoud est parti. Je sais que Mohamed Mahmoud ne peut être remplacé que par Mohamed Mahmoud. Je sais que Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Radhi emporte avec lui ce qu’il a été. J’en suis triste pour mon pays. Et pour moi-même. Je sais que cela ajoute au drame du vide physique qu’il laisse. 

Raison de plus de remercier Allah de nous avoir fait musulmans. Sans cela le désespoir de la condition qui est la nôtre nous aurait détruits. 

Qu’Allah allège nos souffrances ici-bas. 

 

Ould Oumeir

Source : La Tribune







bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann