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La diplomatie sexuelle

20032009

 

Par Mohamed Fouad Barrada 

Un chauffeur rencontre une femme   sortant  d’un luxueux hôtel de la capitale. Celle-ci y avait visiblement passée la nuit dans une chambre de ‘snobisme’. « Que faisais-tu là seule avec des étrangers? Interroge le chauffeur. 

-         Je cherchais l’argent avec ce pourri de friqué.   

-         Vous ne croyez pas que vous allez  payer cher  ces actes. 

 Deux  raisonnements  avec des objectifs diamétralement opposés. L’une cherche de l’argent facile, l’autre a eu la chance de trouver un ‘job’ lui permettant de subvenir à certains de ses besoins.   Quel regard porte-t-on  sur ces deux individus de sexes différents ?     

Durant la visite du  guide libyen,  des réseaux informels  se sont activés dans des hôtels de luxe de Nouakchott-ville.  Il semble que des albums photos des belles  filles ont été exhibés   par  des chauffeurs de véhicules  de location et autres. Ces albums ont été destinés aux personnalités étrangères. Le but étant de satisfaire les besoins instinctifs des visiteurs étrangers en contrepartie bien sûr des  sommes pécuniaires. Ces visiteurs doivent goûter à tout le plaisir érotique  et connaitre tout sur des femmes  en quête des ressources.  « Il s’agit en terme simple et net d’un   tourisme sexuel et  occasionnel ».   C’est ce qui ressort des observations d’un  autre conducteur qui accompagnait un représentant d’un organe de presse  qui couvrait  les activités de la visite du chef suprême de la Jamahiriya . En effet, le commerce de sexe a fructifié    au cours de la visite de Mouammar Kadhafi. La période de la visite du  roi des rois africains a été une circonstance pour ceux  qui n’ont rien à gagner  de cette vie sauf de vendre à tort ou à raison leurs corps. Enfin de compte si les politiques ne sont pas parvenus  à  trouver  un terrain d’entente, les prostituées, quant à elles, ont trouvé quelque chose à vendre ! Cette ‘denrée’ demeure  pour les uns  ni  chère humainement,  ni  précieuse ni… . Pour eux tout est vendable, achetable et jetable !    

Si l’on en croit  des observateurs, des filles de tous les âges se sont livrées à elles-mêmes. Le commerce du sexe, disons la diplomatie du sexe, vient de prendre de l’importance dans un pays qui se dit  islamique.  Les théologiens et les moralistes  n’y peuvent rien !   Quelle explication ? 

En fait, nous n’avons plus de valeurs, plus de morale, plus de repères. Il reste rien sauf que l’homme devient loup pour l’homme. Le penchant vers la dérive prend, en ce sens,  de l’ampleur dans une société jusqu’à une date récente qui  se proclamait vertueuse.  C’est la faute à qui ? 

 Surtout, pas à ces prostituées  qui vont essayer d’amasser méchamment ou poliment le peu de  fonds  qu’elles gagnent pour s’offrir un luxe utopique et momentané. Elles doivent, certes, être sanctionnées  dans une société équilibrée, mais dans une société en déséquilibre  telle  que la nôtre avant de sanctionner, nous devons chercher à diagnostiquer et à pronostiquer avant toute  action. 

Notre société est toujours plus agressive vis-à-vis de la femme.  Cet être sensible, adorable, instable et  incompréhensible ne doit pas être livré à lui seul.  Il est si fragile, si émotionnel.  Il  peut tout faire  pour subvenir à quelque chose qui échappe à l’homme et ses calculs.   

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°440              




Actualités

20032009

Front National pour la Défense de la Démocratie : Flash d’info

Aleg : Le maire titulaire et ses quatre premiers adjoints disent non à la visite du général limogé :


Après la réunion convoquée par les autorités administratives locales à Aleg, où Mohamed Ould Ahmed Challa et Sidi Ould Meïloud, respectivement, maires d’Aleg et d’Aghchourguit ont exprimé haut et fort leur refus catégorique de recevoir le général en ballade, l’administration du général limogée a été paniquée et a battu le rappel des quelques applaudisseurs qui lui obéissent encore dans les localités voisines.

En plus du maire de la Capitale régionale, ses quatre premiers adjoints ont effectivement boycotté l’accueil du chef de la junte putschiste. C’est un cinquième maire adjoint apparemment désemparé qui a accueilli Ould Abdel Aziz ; ce qui n’était pas du tout du goût de celui-ci.

C’est pourquoi, il s’est méchamment attaqué aux citoyens à qui il a reproché d’avoir donné leurs voix à des élus qui n’obéissent qu’à leurs propres impulsions ou à leurs « tribus ».

Le général, dont la culture politique s’arrête à l’évidence à cette « idéologie », a semble-t-il oublié que ces élus sont des hommes politiques qui ont des positions et des principes.


Le poisson : l’effondrement catastrophique

L’effondrement catastrophique pour l’économie nationale des prix du poisson se poursuit de manière vertigineuse. En effet, la SMCP vient, pour la énième fois, depuis le 06 Août dernier, de brader le poisson stocké à Nouadhibou. La perte sur l’actuelle transaction serait de plus de 900$ la tonne. Ceci est d’autant plus inquiétant qu’il renforce une psychose déjà suffisamment installée. Même les acteurs les plus engagés et les plus opiniâtres du secteur de la pêche commencent à se résoudre de l’impérative éventualité d’arrêter leurs activités.

Voilà un des très nombreux et malheureux impacts du coup d’Etat perpétré par le général limogé Mohamed Ould Abdel Aziz, dont la gestion catastrophique du pays ne cesse de porter de sacrés coups à l’économie nationale Après le fer, c’est le poisson qui ne rapporte plus rien au pays.


Le général limogé change d’itinéraire et l’administration sollicite les les habitants de la vallée du fleuve

Devant le boycott par les habitants d’Aleg du général et de sa visite théâtrale, l’administration au service de la junte, a dû dépêcher un conseiller municipal à Bababé, muni d’une lettre du wali du Brakna, pour convaincre les chefs de cantons négro-africains du fleuve afin de mobiliser leurs bases et prendre part à un accueil, décidément, désavoué.

Cette manœuvre visait à gonfler et diversifier le nombre des populations prétendument venues recevoir le général. Reflex de dernière minute pour masquer l’échec d’une visite royalement ignorée par les habitants d’Aleg et ses des localités environnantes naturellement attachés à la légalité constitutionnelle incarnée par le président de la République, Son excellence Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

A rappeler que la presse écrite, notamment les sites Internet, fait état de l’arrestation de 50 personnes à Maghtaa Lahjar qui ont manifesté contre la visite du général limogé et la participation de quelques laudateurs de la ville à ce simulacre de tournée.

FNDD : L’UNAD passe le témoin à Alliance Populaire Progressiste (APP)
L’UNAD a passé jeudi 18 Mars le témoin de la présidence en exercice du FNDD à Alliance Populaire Progressiste (APP). La cérémonie a eu lieu au siège central de celle-ci, en présence de centaines des militants du Front.

Prenant la parole, Monsieur Abdel Ghoudouss Ould Abeïdna, Président en exercice sortant du Front et Président de l’UNAD a présenté un exposé rappelant les principales réalisations accomplies par le FNDD sous son mandat.

 

Il a regretté la mort dans l’œuf de l’initiative de médiation de Kadhafi dont la tentative d’imposer l’agenda de la junte est une preuve incontestable de parti pris, rappelant à l’occasion que les leaders du FNDD demeurent ouverts au dialogue pour trouver une issue consensuelle à la crise dont le seul responsable est le général Mohamed Ould Abdel Aziz.

Monsieur Abdel Ghoudouss Ould Abeïdna a passé la parole à Monsieur Oumar Ould Yaly Vice-président de APP et nouveau Président en exercice du Front, lequel a salué les succès éclatants réalisés sous le mandat de l’UNAD. Le FNDD a-t-il dit va rester, plus que jamais uni et fort. C’est grâce à cette cohésion et à la détermination à faire triompher le droit et le respect de la constitution et la légalité incarnée à travers le retour de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi aux affaires, que le Front tient tête à la junte isolée et désemparée tant au niveau nationale qu’internationale.

Monsieur Khali Ould Teyib Vice-président de APP a saisi cette occasion pour apporter des éclaircissements au sujet de quelques rumeurs relayés par la presse au sujet de ses relations avec le Colonel Kadhafi ; rumeurs qui lui attribuent l’intention de rejoindre la junte.

Ces bruits ne sont, dit-il que l’œuvre des ennemis du FNDD qui aiment pêcher dans les eaux troubles. Il a affirmé que le choix d’œuvrer au sein du Front dont APP constitue la colonne vertébrale est une conviction de son parti et partant de lui-même. Il a enfin ajouté que son destin politique est entre les mains du Président de l’Assemblée Nationale, le leader Monsieur Messaoud Ould Boulkheïr.

Ensuite les dirigeants du FNDD présents ont répondu aux questions des journalistes. Monsieur Boïdiel Ould Houmeïd, Vice-président de ADIL a rappelé que la mise en demeure qu’il a reçue des autorités putschistes et qui le somme de restituer 102 millions est une violation flagrante de toutes les juridictions nationales.

En effet, cette somme n’a pas été détournée, mais dépensé dans le soin de quelques assurés de la CNAM dont la majorité sont des députés et des cadres soutiennent aujourd’hui la junte. Il a cité entre autres, Cheyakh Ould Ely, actuel « directeur de cabinet » du général putschiste (après avoir retourné sa veste le jour du coup d’Etat) et Med Mahmoud Ould Brahim Khlil, « conseiller » du même Ould Abdel Aziz.

Je me réserve le droit de porter plainte pour me faire restituer cette somme qui mon été extorquée au moyen du chantage à l’entrave de mon action politique a dit Ould Houmoid, annonçant qu’il convoquera bientôt une conférence de presse au cours de laquelle il fera d’autres révélations et remettre un dossier aux journalistes.

Répondant à une question ayant trait aux accusations putschistes reprochant au Président de la République, son excellence Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi ses voyages dont la facture fut « lourde » selon les putschistes, le Ministre Ould Hamma vezaz a dit que ces tournées ont rapporté à la Mauritanie un somme considérable : 10 milliards de $ dont 4 effectifs et 6 comme promesses, soit en 15 mois de pouvoir plus que ce que le pays a reçu en deux décennies !

A cela il faut ajouter le crédit et la réputation dont la Mauritanie a joui pendant cette période que le coup d’Etat abject a interrompue si illégalement !

Nouakchott, le 19 Mars 2009

Commission de communication

Info source :  FNDD

Mauritanie : le chef de la junte critique les anciens régimes

Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, président du Haut conseil d’Etat (junte au pouvoir en Mauritanie depuis août 2008) a réaffirmé jeudi soir, lors d’un meeting à Aleg (300 km à l’est de Nouakchott), que son souci majeur est de faire sortir la Mauritanie du carcan de la pauvreté et de la maladie, a- t-on appris vendredi de source officielle.

Le général Aziz a ajouté que les populations avaient longtemps souffert pour avoir vécu sous plusieurs régimes qui n’ont « jamais pris la mesure de leurs souffrances« , précise l’Agence mauritanienne d’Information.

Le général Abdel Aziz s’exprimait dans le cadre d’une visite dans la zone d’Aftout, pour s’enquérir des conditions de vie des populations et déterminer le type de projets à mettre en oeuvre en vue de changer le visage de la Mauritanie.

Le chef de l’Etat a souligné sa « détermination à lutter contre la gabegie« , affirmant que la Mauritanie, avec ses 3 millions d’habitants, pourrait être un pays développé si ses ressources étaient bien gérées.

Il a ensuite révélé que des contrôles d’Etat ont dévoilé des détournements dans certaines sociétés d’Etat pour les 7 derniers mois, expliquant que seule une poignée d’individus s’opposent au changement parce qu’il n’est pas de leur intérêt de mettre fin à la gabegie.

S’agissant de la presse, le général Abdel Aziz a indiqué que le Haut conseil d’Etat est déterminé à préserver le principe sacro- saint de la liberté de presse, s’engageant à ce qu’il n’y ait plus d’arrestation de journaliste ni de censure d’aucun média.

Il a cependant dit qu’il laissait aux responsables de la presse le soin d’éviter le chantage et autres dérapages, les appelant à se conformer eux-mêmes aux règles de la déontologie et aux valeurs morales de la société.

A l’endroit des Mauritaniens revenant du Sénégal, le président a souhaité la bienvenue, leur affirmant que personne ne peut nier leur appartenance à la patrie mauritanienne.

Se prévalant du soutien des habitants du Brakna, région du président déchu, le chef de la junte a dit que tous les Mauritaniens adhèrent au mouvement de changement que les opposants tentent de décrédibiliser par « leur message venimeux« , à l’étranger.

 
Info source : Xinhuanet (Chine)

La BAD accorderait 500 millions d’euros à la Mauritanie 


La Banque africaine de développement (BAD) devrait accorder 500 millions d’euros à la Mauritanie pour deux projets : construction d’un nouveau port minéralier et un projet d’enrichissement du minerai de fer. L’appel d’offres pour le port minéralier a été lancé et devrait être suivi d’une visite des lieux le 21 courant. Le coût du port est évalué à 200 millions d’euros.   La BAD est une banque multinationale, chargée de promouvoir le développement économique et le progrès social dans les pays africains. Son siège est à Abidjan mais ses activités ont été relocalisées, temporairement, à Tunis, depuis septembre 2003, après les troubles en Côte d’Ivoire.Son président est l’ancien ministre des Finances du Rwanda, Donald Kaberuka (photo).

© Les Afriques – Mars 2009 

Taqadoumy : Boidiel  reconnait, publiquement, avoir remboursé une centaine de millions d’ouguiyas au Trésor Public

Boïdiel Ould Houmeïd, l’un des leaders du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) reconnait, publiquement, avoir remboursé une centaine de millions d’ouguiyas au Trésor Public, confirmant ainsi une révélation exclusive, par Taqadoumy, il y a quelques semaines.   Selon nos informations, Ould Houmeïd aurait payé par deux chèques, l’un de la Générale de Banque de Mauritanie (GBM) l’autre de la Société Générale.Ould Houmeïd, qui s’exprimait hier lors d’une conférence de presse organisé par le FNDD, précisa que l’argent lui a été réclamé, par l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) peu avant son départ pour Tripoli ; ainsi, préféra-t-il obtempérer afin de se prémunir de l’emprisonnement.

Selon lui, l’IGE l’a ciblé uniquement pour des raisons de règlement de comptes politiques, à cause de ses opinions et de son engagement dans la lutte contre le putsch.

Selon lui, l’argent rendu à l’état a été entièrement dépensé aux soins médicaux des personnalités parmi lesquelles Cheyakh Ould Ely, directeur du cabinet de Ould Abdel Aziz et Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil, son conseiller chargé de la communication.

Boïdiel Ould Houmeïd promet d’ester en justice  « le moment venu », afin de récupérer son argent, « même si cela devrait prendre 20 ou 40 ans » a-t-il dit.

C’est la première fois, depuis le renversement du Président élu, qu’une personnalité de son camp signe un aveu explicite de vol du bien public. Plusieurs autres croupissent en prison, au titre de poursuites dans le cadre d’une opération controversée de moralisation administrative et de recouvrement des fonds détournés. Aucun détenu n’appartient à la sphère des soutiens de la junte. 

Taqadoumy

Nouveau Parti Politique : Un PRDS bis ? Après avoir essuyé une première fois un refus poli et gauchement motivé du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, le nouveau parti politique tant attendu aurait enfin déposé sa demande de reconnaissance. Pour sa première tentative, la Direction des Affaires Politiques avait exigé que les signataires fournissent des copies des cartes d’identité mais aussi les certificats de conformité visés par l’autorité du lieu de naissance.Evidement ça n’était pas une condition insurmontable surtout que la plus part des mandataires de ce nouveau parti sont assez bien implantés au plan local et un déplacement rapide ne leur pose aucun problème.

Le Nouveau parti qui prit pour acronyme APM (Alliance du Peuple Mauritanien) a pour Président Louleid Ould Weddad et pour Secrétaire Général Kaba Ould Elewa. Outre ces deux personnalités le parti comprend d’autres noms connus comme, Baba Ould Sidi, Ahmed Ould Ebelmaaly, Mokhtar Ould Bouceif, Khaddad Ould Mokhtar, et bien d’autres grosses pointures de l’époque Taya

La philosophie qui est derrière cette nouvelle formation est que ses ténors considèrent qu’il est grand temps que les élus cessent de se comporter comme un troupeau docile.Lors de leur rencontre avec le général Aziz, celui-ci aurait tenté en vain de les dissuader de créer un parti autre que celui envisagé sous la férule de Mohamed Ali Chérif. Mais les dinosaures ont semble-t-il repris du poils de la bête et ont exprimé leur volonté de soutenir le changement tout en gardant une marge de manœuvre.

Il a aussi signifié au Général Ould Abdel Aziz leur refus d’intégrer dans leur nouveau parti, les jeunes députés frondeurs. Il faut dire que la plus part de ces personnalités sont plutôt mal à l’aise face au discours développé par le général Aziz où il les dépeint comme des déprédateurs qui ont mis à genou la Mauritanie.

L’un des responsables de ce nouveau parti qui a tenu à garder l’anonymat nous a affirmé que d’autres parts les fondateurs de ce nouveau parti ne peuvent pas avoir moins de considération que Ghrini Ould Mohamed Vall par exemple qui bien que pesant électoralement bien moins qu’eux a eu droit à deux portefeuilles ministériels.

D’autres observateurs veulent voir l’ombre d’Ely Ould Mohamed Vall se profiler derrière ce parti dont les principales figures ont longtemps travaillé avec lui sous Ould Taya.

MSS 

   Info source : Le Quotidien de Nouakchott 




20032009

VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION EN MAURITANIE 

Depuis quelques semaines le règlement en Mauritanie du Passif humanitaire, auquel semble s’atteler le H.C.E., alimente les conversations dans les salons huppés de Nouakchott, occupe la une de plusieurs journaux mais laisse indifférents les partis politiques (excepté l’AJD/MR) et l’homme de la rue.

Sans avoir la prétention de porter un jugement sur les propositions des uns et des autres et sur les mécanismes à mettre en place pour résoudre cet épineux et complexe problème, je me permets ici d’insister sur certaines grandes lignes.

Je rappelle que l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, dans sa

Résolution A/RES/61/17 du 20 Novembre 2006, avait proclamé 2009, Année Internationale de la Réconciliation. Il y est proclamé « que la vérité et la justice sont des éléments indispensables à la réalisation de la réconciliation et d’une paix durable »

Les Commissions Vérité et Réconciliation semblent  devenir au fil de l’histoire contemporaine une voie incontournable qu’empruntent les états pour assurer une gestion politico juridique d’un passé marqué par une violation barbare et flagrante des droits humains.

Entre 1974  et 2008, elles ont été mises en place dans 30 pays principalement en Amérique latine et en Afrique là où la dictature, si elle ne se parait pas d’une démocratie de façade, s’exerçait de la manière la plus sauvage.

Amnesty International a recommandé à ces Commissions de s’appuyer sur le point de vue des victimes et de défendre leur droit à obtenir la vérité, la justice et des réparations complètes. Jose Alvarez, professeur de droit international à l’université de Columbia, affirme que « les commissions de vérité sont des outils indispensables pour établir la vérité sur les crimes passés, un moyen pour dédommager les victimes et des instruments pour promouvoir la paix et la réconciliation ». 

Le modèle d’Afrique du Sud mis en oeuvre en juin 1995 pour faire face aux crimes perpétrés pendant l’Apartheid, est probablement le mieux connu et le plus probant.

Plus près de nous, le roi Mohamed VI a installé en janvier 2004, l’Instance Equité et Réconciliation au Maroc avec pour mission un règlement global de la question des violations graves des droits de l’homme commises depuis 1956.

La crise  politique actuelle que traverse notre pays ne permet pas une solution satisfaisante et consensuelle du Passif humanitaire. Il est possible, tout au plus de poser certains actes forts en procédant par exemple à des réparations immédiates qui ne nécessitent pas d’enquête.

Ce n’est qu’une fois la légalité constitutionnelle rétablie, après la tenue d’élections générales auxquelles participeraient toutes les forces politiques, que le nouveau parlement mauritanien devra voter une loi instituant une CVR bâtie sur les modèles Marocain et  Sud –africain et composée de membres choisis pour leur intégrité professionnelle, morale et religieuse.

Le Rapport final de la Commission devra apporter toute la lumière sur les crimes et les exactions commis entre 1986 et 1992 et formuler des recommandations constitutionnelles et institutionnelles pour pérenniser la formule « PLUS JAMAIS ÇA CHEZ NOUS ! ». 

Des réformes politiques, administratives et éducatives devront être nécessairement entamées pour l’édification d’une société véritablement unie et démocratique et pour la promotion d’un Etat de droit.

Par devoir de mémoire et pour exorciser définitivement ce passé douloureux, une fête nationale de la Réconciliation pourrait être officiellement célébrée tous les cinq ans.

Le devoir de mémoire appelle en contrepoint un devoir de pardon de la République à tous ses citoyens et des victimes, si justice leur est rendue, à leurs bourreaux et autres tortionnaires, pour que nous puissions, enfin, tous nous libérer à jamais de cette page hideuse de notre histoire que nous aurions souhaité ne jamais avoir à vivre.

 

Issa Mamadou DIOP

Source : www.barrada.unbog.fr




Le projet mort-né du protocole proposé par Kadhafi

20032009

 

  

L’ANI a publié le texte intégral de l’initiative présentée par le médiateur libyen Ravea Almadani aux différentes parties concernées par la crise politique en Mauritanie. Ce texte devait être signé par les représentants de trois protagonistes en présence du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Il devait servir de base à l’ouverture d’un dialogue direct entre les protagonistes pour sortir le pays de la crise. Mais en plus du texte qui n’a finalement pas été signé, vous pouvez lire les commentaires de chacune des parties. 

 

 

Texte de base : 

 

«Nous: 

- Coordination de la majorité parlementaire,
- Front national pour la défense de la démocratie(FNDD)
- Rassemblement des Forces Démocratique(RFD) 

Conscients des dangers qui menacent le pays en raison de l’absence d’accord mettant un terme à la crise actuelle, et agissant dans l’intérêt de l’unité de la Mauritanie et pour garantir la sécurité et la stabilité du pays ; 

En réponse à l’initiative du Frère Leader Mouammar Kadhafi, guide de la Grande Révolution, président de l’Union africaine, Président de l’Union du Maghreb arabe et le promoteur de la paix dans l’espace CENSAD et mandataire du Groupe de contact international sur la Mauritanie à Paris ;

Dans le cadre de la recherche d’une solution consensuelle acceptée par toutes les parties, après de nombreuses réunions tenues en Jamahiriya arabe libyenne et en Mauritanie ; 

avons décidé ce qui suit:
1- L’annonce de l’ouverture du dialogue direct
2- Mettons l’intérêt de la Mauritanie au-dessus de toutes les considération et rejetons toute idée d’intervention étrangère
3- Notre objectif principal est le retour de la Mauritanie à la vie constitutionnelle à travers des élections libres et transparentes, conformément à la constitution que le peuple mauritanien a choisie et sous la supervision de l’UA, du CENSAD, de l’UMA et avec la présence de toutes les autres composantes de la communauté internationale.
4- Afin de créer une atmosphère de responsabilité et de sérieux en prenant toutes les mesures susceptibles de contribuer au renforcement de la confiance, notamment à travers l’arrêt de toute campagne adverse. Ce qui devra se traduire, dans un délai – défini par tous – à travers un consensus entre toutes les parties, mettant fin à la crise et garantissant le retour à une vie constitutionnelle normale.
Tous s’engagent devant le leader Mouammar Kadhafi, à respecter tous les engagements objet du présent accord.
Allah est la source de toute puissance 

Les signataires:
La Coordination de la majorité
Le Front National pour la Défense de la Démocratie
Le Rassemblement des Forces Démocratiques 

  


Réponse de la Coordination de la majorité
Pour ce qui est de la réponse de la coordination, qui comprend les partis de la majorité en faveur du coup d’Etat du 6 août et les parlementaires indépendants, elle se présente comme suit :
«Pour contribuer à la réussite des efforts du Frère et Guide de la révolution Mouammar Kadhafi, le dirigeant libyen, président de l’Union africaine et de l’Union du Maghreb arabe, le parrain du processus de paix dans l’espace CENSAD et mandataire de la communauté internationale pour la recherche d’une solution à la crise politique qui sévit en Mauritanie.
- Partant de la Résolution n° 49 adoptée par le Parlement le 14 Septembre 2008.
- Sur la base des recommandations consensuelles des Etat Généraux de la Démocratie(EGD), adoptées par les deux chambres du Parlement au cours du mois de Décembre 2008.
- Tenant compte de la teneur des propositions contenues dans la lettre du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, en date du 12 Février 2009, adressée au Groupe de contact.
- Sur la base de la déclaration du groupe de contact du 20 Février consacrée à la situation en Mauritanie.
- Considérant la position de notre coordination exprimée à l’occasion de nos rencontres avec les différents partenaires de la Mauritanie, ainsi que les déclarations tenues à ce sujet ; notamment le Livre blanc et les déclarations de Bruxelles, de Tripoli et Dar Es-Salaam ;
Reconnaissant la persistance de divergences profondes qui marquent encore la situation politique et constituent un blocage devant la recherche d’un compromis pour sortir de la crise ;
En échange avec l’initiative du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, président de l’Union africaine de l’Union du Maghreb arabe et le promoteur de la paix dans l’espace CENSAD et mandataire de la communauté internationale pour la recherche d’une solution à la crise politique en Mauritanie ;

Nous, parties et courants politiques sous-signataires du présent document, constitués de :
- 52/95 députés de l’assemblée nationale, en dehors des 16 députés RFD en faveur du changement du 6 août,
- 42/56 sénateurs représentant le nombre total de membres du Sénat,
- 159 des 216 maires en dehors de ceux du RFD ; 

Proposons à ce que la dynamique des consultations en vue du dialogue direct adopte, comme main courante, les principes suivants :
1- obligation, pour toutes les parties, de rechercher une solution consensuelle pour sortir de la crise sur la base de la Constitution de 1991
2- la nécessité d’un retour rapide à la légalité constitutionnelle
3- Accord sur les mécanismes politiques pouvant assurer la crédibilité et l’organisation d’élections présidentielles libres, transparentes et ouvertes de façon à avoir accès à une solution globale et pacifique de la crise politique et démocratique en Mauritanie.
4- les parties s’engagent à faciliter le succès des efforts de médiation menés par le guide de la Révolution libyenne en vue de trouver une sortie consensuelle de cette crise. 

Les signataires:
- Députés et sénateurs indépendants
- Parti Hatem
- Le Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau(PRDR)
- Parti du renouveau démocratique
- Union pour la Démocratie et le Progrès
Nouakchott, le 10 Mars 2009 

Réponse du FNDD
En réponse à l’initiative libyenne, le Front national pour la défense de la démocratie a émis un document intitulé: « Projet d’accord sur les principes généraux », dont le texte suit :

« Nous, soussignés,
- Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Président de la République
- L’Autorité issue du coup d’Etat
- Président du Sénat
- Partis soutenant cette autorité
- Président de l’Assemblée nationale
- Institution de l’opposition démocratique
- Président du Conseil économique et social
- Front national pour la défense de la démocratie ;

Conscients des risques auxquels le pays se trouve confronté depuis le 6 août 2008, date qui a inauguré une phase marquée par le blocage constitutionnel et l’isolement international, agissant pour l’intérêt de l’unité nationale, l’intégrité et la stabilité du pays et en réponse à l’initiative du Frère Guide Mouammar Kadhafi, leader de la Grande Révolution et le président de l’Union africaine, et en réponse aux efforts du Groupe de contact international, et sur la base de la résolution visant à rétablir l’ordre constitutionnel, et la recherche d’une solution consensuelle à la crise politique dans notre pays, respectant les traités et les conventions internationaux dont notre pays est signataire et bénéficiant de l’appui de la communauté internationale.
Après les importantes rencontres tenues par le Frère Leader Mouammar Kadhafi, avec les représentants de toutes les parties ; 

Nous avons décidé comme suit: 

1- L’annonce du dialogue direct sous les auspices du Frère Leader Mouammar Kadhafi, et la pleine participation de la communauté internationale, conformément à sa déclaration du 20 Février, 2009. 

2- Mettre l’intérêt du peuple mauritanien, la protection des institutions démocratiques et la sécurité du pays au-dessus de toutes les considérations. 

3- Le but du dialogue est de rétablir l’ordre constitutionnel à travers la reprise de l’action de toutes les institutions dans le cadre d’une solution consensuelle globale et pacifique conformément à la Constitution de la Mauritanie et se fondant sur la déclaration du Groupe de contact international du 21 Novembre 2008, la procédure, les résolutions de l’Union Africaine relatives à la Mauritanie.

4- Pour cela nous avons décidé de créer une atmosphère propice à ce dialogue, élaguant toutes mesures unilatérales, notamment le processus électoral actuel. Tout en se préparant pour un accord en vue d’une solution d’ensemble, à commencer par la libération du Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf et de ses codétenus, l’arrêt de toutes persécutions et harcèlement, ainsi que celui des campagnes de dénigrement et le respect des libertés publiques (droit de réunion et de manifestation) avec l’égalité des chances d’accès aux services des médias publics, afin de créer un environnement nécessaire à la réussite du dialogue sérieux. 

4- L’ensemble des partie s’engagent à respecter toutes les closes de cet accord devant Allah et devant le peuple mauritanien en présence du Président de l’Union africaine le guide Mouammar Kadhafi et le Groupe de contact international.
Allah vous bénisse.
Nouakchott, 11 Mars, 2009 

Les signataires. 

  

Réponse du RFD
La réponse du RFD, libellée sous le titre: «Déclaration libyenne réaménagée par le RFD», se présente comme suit: 

«Les parties concernées:
1- Le RFD
2- Le FNDD
3- La majorité en faveur du HCE : 

Conscientes de la menace qui pèse sur la Mauritanie, en raison de l’absence d’un accord consensuel pour une sortie de crise, tout en tenant à l’unité, à la stabilité du pays, ainsi qu’à sa sécurité et à son intégrité territoriale ;
En réponse à l’initiative du Frère Leader Mouammar Kadhafi, leader de la grande Révolution, Président de l’Union africaine, Président de l’Union du Maghreb arabe, le promoteur de la paix dans l’espace, CENSAD et mandataire de la communauté internationale ;
Sur la base des recommandations du Groupe de contact international sur le lors de sa réunion de Paris consacrée au dialogue entre les parties concernées par la crise en Mauritanie, pour assurer la sécurité et l’intégrité du pays et conduire à une solution consensuelle, acceptée par toutes les parties, conformément à la déclaration du groupe de contact du 20, Février 2009 ; 

Nous, ensemble des parties réunies, décidons de :
1- Déclarer ouvert le dialogue direct sous la supervision du Frère Kadhafi et avec l’appui de la communauté internationale.
2- Mettre l’intérêt du peuple mauritanien et la sécurité de notre pays au dessus de toutes les considérations et l’intérêt.
3- Définir l’objectif de ce dialogue comme étant le retour à la vie constitutionnelle à travers le fonctionnement des institutions démocratique.
4- Le HCE doit arrêter tous les processus de sa feuille de route mis en œuvre à ce jour. En plus de cela, engager un dialogue entre les trois parties pour :
• la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale consensuel
• la mise en place, de façon consensuelle, d’une commission indépendante pour superviser les élections présidentielles
5- Nous sommes résolus à créer une atmosphère pour le dialogue après la libération des prisonniers politiques, et l’arrêt des poursuites pour permettre de créer le climat de confiance nécessaire et de mettre fin à toutes les campagnes de dénigrement.
6- Ce dialogue devra aboutir à un accord qui met fin à la crise et permet de revenir à une vie constitutionnelle normale, avant la fin du mois de Mars, date de la réunion du Groupe de contact international. 

Nouakchott, 13 Rabî El Ewel 1430
11 Mars 2009 




Semaine de la francophonie

20032009

 

  

Magie, entre mots et images 

 

Du 19 au 23 mars, la francophonie la poésie, pour clamer le printemps et les mots. À cette occasion, trois manieurs d’images se rencontrent et promeuvent cette semaine festive à leur manière: avec leurs mains, leurs images, leurs sourires, et leurs mots. 

 

Malgré son jeune âge, Oumar Ball a déjà exploré diverses pistes dans sa peinture. De peintures aux accents cubistes à l’âge de 16 ans, il développe actuellement une écriture avec des personnages filiformes dans des paysages aux couleurs du désert. De son côté, Béchir Malum mélange les couleurs brique, safran, sépia, brun, rouge, bleu intense, qui imprègnent ses tableaux abstraits. Ceux-ci, huiles, pastels, colorants pour peinture en bâtiment, sable, pigments trouvés sur place, sont passés du figuratif à l’abstrait. «L’Islam n’incite pas aux représentations trop précises, trop directes, de visages, d’êtres humains, j’ai donc penché tout naturellement vers l’abstrait qui m’ouvrait d’autres portes d’inspiration» murmure-t-il d’un large sourire. Quant à Nicole Vignote, «artiste nomade» comme elle se définit elle-même, ses mots issus de sa poésie se mêlent à ses couleurs dans ses tableaux, et des mouvements figés abstraits dans ses sculptures. 

 

Trois têtes, six mains et dix mots pour la Francophonie 

 

Ces trois artistes ont en commun de capter l’espace mauritanien, et son environnement, et de le figer dans des images, d’en remodeler l’imaginaire. Puis de le présenter au monde. «La peinture est un genre qui peut toucher tout le monde. Une peinture mongole peut vous émouvoir, même si vous ne parlez pas mongol; de la même façon, moi, petit mauritanien, je peux toucher un péruvien à l’autre bout du monde. Un dessin vaudra toujours mieux que mille discours» développe Béchir, les yeux pétillants. Cette semaine ils donnent rendez-vous aux nouakchottois pour vérifier d’eux-mêmes cette osmose qu’ils ont voulu crée entre l’image et le mot, à l’occasion de la francophonie, au centre culturel français, à partir de ce lundi 16 mars. 

 

MLK 

 

Source : La Tribune n ° 440 




Kadhafi : un anti-démocrate au chevet d’une démocratie bafouée

20032009

 

 C’était presque attendu, même si l’on fut quelque peu surpris. Le guide libyen n’a pas failli à sa réputation d’anti-démocrate. Devant une assistance principalement acquise à ses propos, Kadhafi s’est ouvertement attaqué à la démocratie comme système de gouvernement. Il l’a décrit comme étant un mode de gouvernement inadapté aux peuples d’Afrique qu’il a qualifiés de primitifs. Quelle insulte ! 

Il faut dire que nous avions été un peu trop optimistes sur ce qu’aurait pu apporter la médiation libyenne comme solution à la crise. En prenant fait et cause pour le principe d’une élection présidentielle à tenir à la date du 06/06/09, comme condition au retour à la légalité constitutionnelle, Kadhafi a sans ambigüités choisi le camp des militaires. Du coup il a exclu l’un des protagonistes de la solution qu’il était censé proposer. Avait-il le droit en tant que médiateur ? Non. La solution à la crise ne peut être que consensuelle et multilatérale. Mandaté par l’Union Africaine et le groupe de contact de Paris pour trouver un terrain d’entente entre les deux parties afin d’aboutir à une solution qui serait le plus proche possible de la constitution, le guide libyen a fait fi de la proposition de l’une des parties. 

Sa visite avait apparemment un autre objectif. Kadhafi a quand même réussi à faire fermer l’ambassade d’Israël à Nouakchott. Il a également inauguré un hôtel cinq étoiles entièrement financé par la Libye. Et a dirigé la prière d’El Maouloud qu’il préside chaque année dans une capitale africaine. On n’a pas eu l’impression qu’il était venu pour trouver une solution, on n’a pas senti qu’il était en visite dans un pays politiquement divisé, en proie à un profond malaise économique et social.  Du coup l’équation de crise devient de plus en plus compliquée à résoudre. La méthode que Kadhafi a utilisée, nous a un peu plus éloignés du résultat espéré. 

Ceux qui attendaient du guide libyen une solution à la crise par un coup de baguette magique, sont restés sur leur faim. Il a au contraire, enfoncé un peu plus le clou de la discorde. On n’est décidément  pas sortis de l’auberge. Au grand désespoir du peuple. 

Source : La Tribune n° 440 




Région

20032009
NOUADHIBOU 


Le petit Moussa est de retour 

 

Mardi 10 mars 2009, quand l’avion de la TUNISAIR se pose sur le tarmac de l’aéroport de Nouadhibou à 17 heures, le petit Moussa est dans les bras de Dr Zeinabou, actuelle directrice de l’hôpital  régional de Nouadhibou. L’enfant est éveillé. Visiblement en forme. 

Il sera conduit au centre hospitalier régional où une chambre, spécialement emménagée pour lui, l’attend. Muni de ses jouets et de ses nombreux cadeaux, le gosse est heureux. Par instinct maternel, la mère de Moussa  qui, chaque jour arpente les abords de l’aéroport pour chercher son enfant continue ses tournées. On ne peut lui remettre l’enfant. 

La greffe du cuir chevelu s’est bien passée et cicatrisé. M.Abbass Boughourball prend en charge la nourriture de l’enfant et ses ordonnances. 

 

Rétrospective 


Moussa Ould Mohamed, 3 ans, issu d’une famille pauvre et dont la maman est déficiente  mental avait été mordu par un (ou plusieurs) chien(s) errant(s) à côté de l’abattoir de Nouadhibou dans la nuit du 18 au 19 Octobre 2008.
Cette nuit-là, l’enfant, sorti cherchait sa mère, Mint Berrou, partie faire une course. Il fut gravement attaqué. Visiblement par une meute de chiens errants à cet endroit de la ville. Les canidés n’ont pas été identifiés et le contact avec les services vétérinaires nécessaires en pareil cas, pour examiner l’animal, a été jugé inutile.
Reçu à l’hôpital le 19-10-2008, il présente des blessures par morsures sur tout le corps, avec une absence totale du cuir chevelu : l’os crânien est à nu. Moussa a été sauvé par un taximan qui l’a transporté à l’hôpital, où il a été ‘pris charge immédiatement par le médecin de garde, son équipe et chirurgien d’ astreinte ‘ selon la direction du centre hospitalier régional. Toujours selon la direction, Moussa a reçu le protocole suivant: Pansement antiseptique strict, Antibiotiques de couverture, Sérum antitétanique, Bilan standard, Prise en charge sociale : alimentation, garde par isolement (ses parents cherchent à l’enlever) et divers besoins courants.
Ce protocole a été validé par le conseil des médecins de l’hôpital qui s’est réuni à ce sujet: Le chirurgien, la pédiatre, le dermatologue, le gynécologue et le pharmacien.
Dés le lendemain,   la wilaya a été informée, pour avoir la possibilité d’une prévention antirabique et l’abattage des chiens errants .Mais la prévention n’est disponible qu’à L’INRSP de Nouakchott à travers une ONG.
Le ministère de la santé a agi en envoyant le protocole de vaccination .L’état socio-sanitaire de l’enfant ne permettant pas de l’évacuer sur Nouakchott pour le vacciner, il fut vacciné sur place. Ce qui a permis une bonne évolution et évité la surinfection.
A partir de là, vu que son pronostic vital est hors danger, et vu sa situation sociale, l’hôpital a pris des contacts avec les bonnes volontés, la société civile pour avoir la possibilité  de l’évacuer en Espagne pour qu’il reçoit des soins spécialisés (greffe du  cuir chevelu) dont il a besoin et qui n’existent pas au niveau national.
Grace au site CR IDEM et aux appels lancés sur la radio FM, des bonnes volontés se manifestent. C’est le lieu de citer ici deux jeunes, Abou Bà et Oumar Thiam, qui ne ménageront aucun effort pour sensibiliser sur le cas du petit Moussa.Grâce à eux, peut être une vie a été sauvée. L’actuelle directrice du centre hospitalier régional non plus n’est pas en reste. L’affaire du petit Moussa devint une cause noble .L’homme d’affaires Abbass Boughourball mit à la disposition du petit gite et couvert, prit en charge tout le nécessaire.
Le 08-11-2008 Moussa est évacué  à Las-Palmas, accompagné par la pédiatre. Il a été reçu à l’hôpital materno-infantile où il a été immédiatement admis et mis en service de chirurgie infantile. Les médecins espagnols ont attesté qu’il a été bien pris en charge à Nouadhibou et qu’il a reçu les soins médicaux appropriés et adaptés à son cas, ce qui leur facilitera largement la greffe du cuir chevelu qu’ils vont commencer à faire dans un deuxième temps. Cette greffe n’ayant  rien d’urgente, le petit Moussa restera à Las palmas où il bénéficiera de toute l’attention possible. Le maire de Nouadhibou, M Vadel Ould Aboubekrine, profitera d’une visite sur place pour s’enquérir du cas du petit qui devient en quelque sorte le filleul de la capitale économique. 

L’affaire du petit Moussa prend alors dangereusement une tournure politique .Certains ‘bienfaiteurs’ accompagnent leurs gestes de calculs politiques. On accuse la direction de l’hôpital d’avoir négligé le petit Moussa à cause de ses origines socio-ethniques. Une question  est  cependant sur toutes les lèvres : Comment une ville comme Nouadhibou où les chiens errants sont nombreux ne dispose pas de vaccin antirabique? 

 

L’enfant doit retourner en Espagne dans trois mois pour suivi médical. D’aucuns souhaitent qu’il y reste pour mieux se soigner. Mais il faut une autorisation parentale. L’affaire du petit Moussa n’est pas terminée. 

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

 

Caravane de Santé au Hodh El Gharbi 

Le  geste d’honneur de l’ARH 

Dans le cadre de ses caravanes de consultations, l’association rang d’honneur passé un séjour dans le Hodh Elgharbi qui a duré six jours…Ses membres ont offert aux malades des populations de la région des consultations et des médicaments…   

Ces consultations et interventions chirurgicales s’inscrivent dans un programme qui a démarré la première fois à Atar. Il a été poursuivi par la suite à Aïoun en novembre 2007 et mars 2009. 

Cette seconde phase à Aioun s’est déroulée du 09 au 14 mars de l’année en cours. La caravane couvre la consultation, l’intervention chirurgicale et la prise en charge en médicaments. L’équipe est composée de dix médecins de spécialités différentes: ophtalmologie, ORL (Oto-rhino-laryngologie), stomatologie, gynécologie, cardiologie, pneumo physiologie, chirurgie, urologie, radiologie et un  généraliste. 

Durant ces jours le Centre Hospitalier d’Aioun ne désemplit pas de patients venus de tous les horizons de l’intérieur de la Wilaya du Hodh El Gharbi, de celle de l’Assaba, du Hodh El Chargui et aussi d’autres régions de l’intérieur du pays. C’est une opportunité offerte à ne pas manquer. Du fait que se soigner en Mauritanie est un véritable casse tête chinois. Le patient dépense beaucoup d’argent pour les soins. Une situation qui oblige certains à se blottir avec leurs maladies ou simplement de se lénifier par des soins simples. Le coût sanitaire n’est pas à la portée de la majorité des citoyens qui font des acrobaties pour joindre les deux bouts du mois. Un monde fou emplit les couloirs des locaux de l’hôpital. Aux alentours de l’hôpital les attroupements font signe qui occasionnèrent une traite commerciale. Les missionnaires avaient un lourd fardeau sur le dos : la conscience de leur mission et leur envie de s’acquitter de ce devoir avec la plus grande rigueur. L’équipe travaille d’arrache-pied pour soulager ces populations venues nombreuses. 

« On nous soigne gratuitement  et la première caravane  effectuée en 2007 a été probante ». Confient ces dernières. Plusieurs accompagnateurs et /ou patients ont témoigné de l’efficacité du service et ont salué cette initiative et remercié la fondation. 

Le Dr Nourreddine, le président de l’Association et responsable de la mission, a surtout remercié la population d’Aioun de leur attitude  accompagnatrice dans le déroulement de l’opération et mis en exergue l’appui du personnel médical d’Aioun ; en l’occurrence le Directeur de l’Hôpital, le chef du centre de santé et les assistants qui n’ont ménagé aucun effort pour la réussite de la caravane. Dr. Nourridine a par ailleurs ajouté qu’il souhaiterait impliquer le personnel médical mauritanien et du continent dans d’autres interventions pour qu’il ait une complémentarité. Et il a enfin  laissé entendre qu’il n’hésitera pas à organiser d’autres sorties en Mauritanie à chaque fois que le besoin se fait sentir. 

 

L’ARH 

Association marocaine de bienfaisance, fondée en  2000 par son actuel président  Dr Nourreddine Bennani, l’ARH œuvre les domaines de la santé et du social. Intervenant plus spécifiquement sur le terrain médical et chirurgical, cette Association les Rangs d’Honneur,  compte mille adhérents tous résidents  au Maroc dont 200 médecins spécialistes. Elle a comme stratégie d’effectuer des caravanes de santé et d’organiser des sessions de formation dans plusieurs thèmes relevant de ses domaines d’intervention au profit des populations nécessiteuses. Sa zone d’intervention ne se limite pas seulement au Maroc. Structure à vocation purement humanitaire, l’ARH  a pu accomplir  93 actions dont 88 au Maroc, une au Bénin, une au Togo et 3 en Mauritanie. 

Adama Sy cp Hodh El Gharbi 

 

Rosso : La santé au cœur des préoccupations 

A l’occasion de la fête des femmes, l’association mieux vivre avec le cancer gynécologique (AMVCG) a ouvert trois sites à Rosso pour le dépistage précoce du cancer. Étaient ciblées les femmes de trente-cinq ans au moins. Malgré la sensibilisation peu de femmes sont venues se dépister : une centaine. Notons que l’année précédente l’ONG avait fait dépister 400 femmes et enregistré 3% de prévalence, un taux relativement élevé compte tenu du petit nombre de personnes dépistées. 

AMVCG, une Ong reconnue il y a deux ans, fonctionne avec peu de moyens mais a bénéficié du soutien de nombreuses personnalités et institutions. C’est ainsi que le maire de la commune de Rosso a pris en charge l’organisation de la journée de dépistage. Le ministre du commerce, Bamba Sidi Daramane, Dr Ndioubnane ont également soutenu l’association ainsi que Abdoulaye Traoré, Drass du Trarza et l’OMVS. Cette dernière organisation se préoccupe aussi de la santé. C’est ainsi qu’un atelier a été organisé récemment à Rosso avec tous les responsables locaux de la santé. Il était question de mettre en place un plan pour la lutte contre la bilharziose et  le paludisme. Pour le paludisme il est prévu une diffusion massive de moustiquaires imprégnées. Mamadou Mokhtar Sylla, coordinateur régional du PGIRE (Projet de gestion intégrée des ressources en eau) a rappelé que l’OMVS était préoccupée par les conditions  de vie des populations et s’était attelée à la mise en œuvre d’un programme depuis mars 2007 avec comme objectif de réduire la prévalence du paludisme et de la bilharziose. L’atelier de micro planification de l’après barrage au niveau de la Mauritanie doit dégager les priorités et les stratégies pour atteindre cet objectif. 

D.A. 

 

Source : La Tribune n°440 







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