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Mauritanie :

15032009

 

 Médiation Libyenne et le discours de la discorde   

Le  guide Libyen  vient d’enliser  la situation politique.  Telle est la remarque avancée par plusieurs intervenants sur la scène politique mauritanienne.   Au départ sa visite  avait une connotation religieuse.  Venu à Nouakchott  la semaine  passée    pour  fêter  l’anniversaire  du Prophète  Mohamed  Sallalahou Elleihi we Saleme  (PSL) en  Mauritanie ce qui devient pour lui une coutume organisée  en forum annuel -  pour le moment dans l’Afrique-. Cette fois-ci le choix du lieu  du 4ème forum des festivités de la ‘naissance ‘ du Prophète (PSL)  est tranchant. Car le guide libyen est devenu  le Président de l’Union africaine. 

Elu tout récemment à la tête de cet organe, Mouammar  Kadhafi a tenté  de réconcilier les antagonistes politiques de la troisième République mauritanienne.  Après la prière du  crépuscule de  la journée de la fête, il a ‘discouru’ solennellement. Un discours religieux devant une foule  qui avait prié  au stade olympique de la capitale derrière l’Imam   Africain, le chef de la Jamahiriya. Cette foule est estimée  à 8000 voire 10000 mille. En dehors des mauritaniens , qui ont assisté  à cette prière, notamment les membres du gouvernement et des partis  de l’opposition du  FNDD et le chef de file du   RFD, des anciens présidents  hormis  Sidi Ould Cheikh Abbdellahi , se trouvaient des chefs de tribus et des  dignitaires de par le monde (Sénégal, Mali, Soudan Niger, Nigeria, Indonésie, Biélorussie, Ghana,  Egypte  Syrie  Liban etc.).  L’approche de Kadhafi se veut religieuse à travers le renforcement des liens tribaux entre les musulmans.  Une approche partagée, certes,  par la majeure  partie des invités étrangers  (chef de tribus  et consorts). Toutefois, elle n’est pas soutenue par les partis politiques de l’opposition en Mauritanie.   Les chefs  tribaux de l’Afrique subsaharienne  ont rencontré, en parallèle,   le guide libyen qui prônait le retour à la dynastie  fatimide dans le pays musulman.  Kadhafi  confirmait  que «  l’islam triomphera car en Europe le nombre des individus qui se convertissent à l’islam est  en nette augmentation ».  Ainsi, « une fois que  la Turquie intégrera   l’UE le nombre des musulmans  sera considérable dans cet espace européen », ajoute-il. 

 En  défendant le principe  de propager un  islam Pacifique   sans effusion de sang ,  il a  cité  la conversation  des populations  de l’Afrique subsaharienne  à l’ islam  par le biais des prêcheurs  Mauritaniens  , notamment les confréries   du  soufisme ( Tidjania, Kadiria etc.).   « Toute  l’Afrique subsaharienne s’est convertie   à l’  islam grâce au rôle historique des villes mauritaniennes ».    

Pour Ismaël Diara Secrétaire Général   d’une association pour la promotion de  la culture islamique au Mali, «  ces rencontres annuelles sont indispensables  pour tisser des liens solides  avec les autres musulmans. Cela permet de faire  connaissance  entre les musulmans »,  soutient-il  en substance. 

 Quant  à Ali Bechir Al Haj  Ali   d’origine soudanienne et membre d’un parti politique du même pays, il confirme que « l’Etat  et les tribus sont indissociables  ».  Pour lui  à l’époque où les tribus assuraient  la sécurité au Soudan, il n’y avait guère  de ‘complications sociales’, mais lorsque l’Etat voulait centraliser le pouvoir en laissant le système fonctionner  sans tenir compte de l’aspect tribal, les choses se sont dégénérées gravement. Et si des individus n’ont pas de tribus  comment  ils vont faire pour profiter du système social ? A cela répond  le soudanais que s’il se marie avec la fille d’une telle tribu, il aura ce que les autres  ont dans la tribu en question ! 

En pratique ce n’est pas tout à fait la réalité. La hiérarchisation ne permet pas, en revanche,  à n’importe qui de se permettre le mariage avec n’importe laquelle.   

Selon Rustum Khasemevich,  citoyen  Biélorusse, cette occasion lui a permis de connaître de près la situation des pays africains. En fait,  je participais au 4ème forum de la célébration de la fête de la naissance du prophète (PSL). Je me suis rendu compte que la situation de nos frères  africains est difficile. Cela peut être une  occasion de renforcer l’entraide entre les frères musulmans. 

 Le discours de la discorde   

Par ailleurs, après la fête le guide libyen avait commencé les processus de réconciliation.  Auparavant, le lieu de son deuxième discours n’était pas connu. Il a choisi le palais des  congrès pour  se prononcer sur la situation politique. Ce palais  symbolise la démocratisation du pays à travers l’intronisation du Président renversé  Sidi Ould Cheikh Abdellahi. En faisant une  rétrospective sur l’histoire des coups  d’Etat en Mauritanie, il a confirmé  qu’après le 6  juin  2009, date  prochaine des élections fixée   par les autorités en place,  que l’histoire des coups  d’Etat en Mauritanie doit être tournée à jamais.  Un discours qui n’a point  plu aux membres du FNDD présents  qui se sont retirés sur le champ.  Le guide libyen a pris parti, ‘certifient’ des membres du FNND. Il n’est pas démocrate ce guide,   martèlent  les autres. Ainsi, le RFD a rejeté les propos de Mouammar Kadhafi   tout en les  considérant comme étant une imposition de ce qui est.     

C’était prévisible affirme  un proche  du président déchu  Sidi ould Cheikh Abdellahi  en coupant les relations avec Israël, le président du HCE  est assuré déjà   du  soutien du président en exercice de l’UA. Celui-ci   a clamé  au moment, où il s’apprêtait   à voyager vers la guinée Bissau, haut  et fort qu’il  n’y aura plus de sanctions  contre la Mauritanie.  Aussi,  avant son départ, il s’est entretenu avec   Messoud Ould Boulkheir qui dirige l’APP un parti allié historique de la Libye. Il a ‘réconforté’ ce dernier en précisant  que ses propos d’autrefois (le discours du palais des  congrès)  ont été mal interprétés  comme d’ailleurs son ancien discours   dans lequel il a traité la démocratie en Mauritanie comme un jeu d’enfant.   Kadhafi  a indiqué, en outre, qu’il  est ravi de la position du FNND. Cette position est une première  en Afrique car  des partis politiques  en Mauritanie s’opposent catégoriquement  aux coups   d’Etat en Afrique, a-t-il déclaré. 

 Il est clair que le guide  Libyen a  un défaut tournant autour de  ces   discours parfois incontrôlables et imprévisibles.  Il est qualifié d’être parmi les hommes qui changent  de position politique du jour au  lendemain.       

 Dans une autre perspective, les pays de l’UE,  notamment  la France qui soutient la position de l’UA admet  toujours une position intermédiaire. Malgré les sanctions ciblées à l’encontre des membres du  HCE, le chef d’Etat major a été reçu le 20 février  à l’Elysée. Une autre rencontre pour un retour à la légalité constitutionnelle a  été organisée   en faveur des membres du FNDD le 3 mars par le parti du président  Nicolas Sarkozy.     

De toute  manière, le guide de l’UA  a  laissé derrière lui son émissaire qui essaye de trouver une issue qui ne semble pas tout à fait facile.     

Mohamed Fouad Barrada 

m_barrada@yahoo.fr   

Source : La Tribune n°440                          




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall Ould Oumère

15032009

 

  

 

Il n’est pas utile de revenir sur l’intermédiation de Kadhafi et sur son déroulement «surréaliste». Comme il n’est pas utile de répéter ce que nous avons dit depuis le premier jour de l’avènement d’un régime démocratique qui portait en lui-même «les germes de sa propre destruction». Parce que le personnel politique mauritanien a refusé de faire le deuil d’un système qui l’a structuré depuis toujours, au moins depuis trois décennies (pour accompagner Kadhafi dans sa démarche). 

Je trouve qu’il y a deux événements qui sont presque passés inaperçus alors qu’ils méritaient plus d’attention. 

Le voyage du président élu/déchu à Tripoli a été occulté par le reste : renvoi des diplomates israéliens, prière de Kadhafi… Ould Cheikh Abdallahi est parti en Libye comme tous les autres… pas exactement comme eux… Il n’a finalement pas récupéré de passeport parce qu’il avait refusé la mention «ancien président». Il est rentré de Lemden, son lieu de résidence volontaire, a pris un avion spécial en compagnie d’une grande délégation et s’est rendu chez le Chaykh Kadhafi. 

Quoi qu’il lui aurait dit, Ould Cheikh Abdallahi est revenu en pleine nuit et n’a pas visiblement voulu parler de ce voyage. Et au moment où tout se passait à Nouakchott, il est resté tranquillement chez lui, à Lemden. 

On peut comprendre le «retrait» volontaire de la scène de …l’ancien président comme une nouvelle donne dans la crise politique qui secoue le pays. On peut la comprendre comme un repli stratégique. Dans l’un ou l’autre des cas, nous avons le droit de savoir ce que le président élu nous réserve et jusqu’où il est prêt à aller pour recouvrer son pouvoir. Et surtout s’il est prêt à sacrifier son amour-propre et sa «légitimité» pour éviter au pays les dérives qui le menacent. 

Chaque jour qui passe le dessert. Dans les premiers jours, tout était possible si le retour de Ould Cheikh Abdallahi n’avait pas été un enjeu. Puis, pendant quelques semaines, le non-retour de Ould Cheikh Abdallahi avait pu servir à dégager les militaires. Le bébé et l’eau du bain. Intransigeance. Puis recherche constante d’internationalisation de la crise. 

Nos hommes politiques ont toujours couru derrière les événements. Jamais une opposition n’a pris les devants en Mauritanie. Essentiellement parce que les acteurs sont toujours les mêmes. Visiblement parce que nous avons un déficit notoire dans tout ce qui est négociations. L’acteur politique mauritanien joue le tout ou rien. Les seuls qui ont voulu jouer à un certain moment, ce sont ceux de l’UFP et on voit où ils sont aujourd’hui. 

Deuxième événement : la création d’un parti dévoué au service du Général. Ce qu’on appelle communément le parti du pouvoir. Quand Ould Cheikh Abdallahi avait entrepris la création de ce parti qui devait être ADIL-PNDD, les premiers à s’y être opposés sont ses alliés militaires qui y voyaient une reproduction des erreurs du passé. Pour eux, il fallait laisser s’exprimer toutes les sensibilités dans des formations différentes et se retrouver après autour du soutien du président en place. Ould Cheikh Abdallahi, déjà sous la coupe de politiques manipulateurs, s’est entêté. Il est allé plus loin en imposant son schéma et ses hommes à la tête de ADIL. C’est là où je situe les prémisses de la crise qui devait aboutir au coup d’Eta du 6 août. 

Aujourd’hui, ce sont les militaires qui refusent à certains de leurs soutiens de sortir des rangs et de créer leur propre parti, l’Union Pour
la République (UPR). Le Général ne veut qu’un seul parti. Oubliées les tares et les expériences du passé. Oubliés les prétextes du passé. Tout le monde doit se ranger derrière Mohamed Ali Cherif, Mohamd el Mokhtar Ould Zamel, Yahya Ould Abdel Qahar, Camara Ali Guéladio… 

Ce qui fait peur, c’est qu’on ne voit pas à quoi peut servir un parti qui n’a ni idéologie, ni ancrage social, ni propositions nouvelles. 

Le grand problème en Mauritanie, c’est que nous nous connaissons. Nous savons ce que représente chacun dans un projet politique, dans la gestion catastrophique du passé, dans la lutte contre le changement… 

Bref. Le Général doit comprendre qu’un parti ne sert à rien. Si le plan est celui que l’on soupçonne, il n’a pas besoin de faire semblant. Il vaut mieux y aller sans le parti en construction. Le résultat sera le même. 

Il est temps que l’opposition au coup d’Etat trouve l’équilibre entre le rejet systématique du «fait accompli» et la «compromission pure et simple». Que les militaires trouvent l’équilibre entre la menace pour ceux qui ne rentrent pas dans les rangs et la promesse d’un lendemain meilleur à ceux qui les soutiennent. 

 

Source :
La Tribune n°440 




Le cas El Béchir

15032009

 

 Objection monsieur le mufti ! 

 

Cheikh Mohamed El Hacen Ould Dedew a publié une fatwa demandant à l’ensemble des musulmans de se solidariser avec Oumar El Hacen El Béchir. Pour l’érudit mauritanien le président soudanais est victime d’un complot judéo-chrétien. Aussi, a-t-il déclaré qu’il est « du devoir –relevant de la chari’a- des dirigeants et des dirigés de défendre Oumar El Hacen El Béchir contre
la Cour Pénale Internationale». Il a ajouté qu’il est « interdit, au vu de cette même chari’a, de le lâcher ou de le livrer » et qu’il « est de leur devoir de collaborer avec le gouvernement soudanais en vue de déjouer ce complot juif et chrétien qui vise à mépriser les musulmans et à intimider leurs dirigeants alors même qu’aucun dirigeant, ni juif, ni chrétien, ne se trouve inquiété »… 

Le grand érudit mauritanien appuie sa fatwa par des versets du coran et quelques hadiths du Prophète (psl). Par exemple, il s’est référé au verset selon lequel les croyants sont invités à s’entraider dans la droiture et la foi et non dans la prévarication et l’injustice ou la propension à la haine. Il s’est encore référé au fait que le croyants sont des frères (innamal mouminouna ikhwa). Ou encore, citant le prophète (psl) : « le musulman est le frère du musulman, il ne le lui fait pas tort, ni ne le livre, ni ne le méprise. » 

Avec tout le respect dû au Cheikh dont la science ne saurait être remise en question, il faut constater que cette fatwa nous donne l’impression de devoir  soutenir un chef d’Etat musulman qui, s’il peut bénéficier du doute de n’avoir pas commis les crimes qui lui sont imputés, a été incapable d’empêcher que des centaines de milliers de soudanais périssent atrocement dans un conflit du Darfour. Si comme l’ordonne, Cheikh Dedew, Oumar El Béchir mérite solidarité parce qu’il est musulman, que peut valoir ce président par rapport aux populations de son pays massacrés sous son régime sans même qu’il n’ait ressenti le moindre problème de conscience ?   

C’est bien beau que les musulmans soient des frères et s’entraident. Mais quand ceux qui demandent à être aidés ont commis des torts contre leurs propres populations ou ont laissé se produire des exactions dans leurs propres pays sont confrontés à la justice internationale ce serait indécent de les soutenir sous le prétexte qu’ils sont nos frères musulmans. Le sort des dictateurs et des méchants ont été donnés en exemple dans le coran : Faraon, Haaman, Abrahat  d’Abyssinie, etc. On n’apprend pas aux muftis l’histoire de l’humanité pour leur rappeler que Dieu n’est pas du côté des ‘dhalimiin’, des méchants, des prévaricateurs, etc. 

On ne rappelle pas non plus à nos muftis que le meilleur exemple des dirigeants en Islam après le prophète Mohamed (PSL) a été donné au moins par deux Oumar : Ibn Khattab, le khalife juste et Ibn Abdel Aziz, cet homme d’action qui agissait pour le bien de ses sujets et qui passait tout son temps à résoudre leurs tracas. 

Il est admirable ce huitième calife omeyyade qu’on a qualifié de  cinquième des califes rachidine… Ce fils d’Abdelaziz ibn Marouen ibn Alhakem l’omeyyade et  d’Um Assem Leyla, la petite fille d’Omar ibn Elkhatab… 

L’honorable Cheikh Dedew pourrait inviter nos gouvernants à s’inspirer de ce prince des croyants qui  commença par rendre à la caisse de l’empire tout l’argent qu’il possédait, tout ses vêtements de luxe, tout les bijoux de sa femme et qui quitta le palais royal pour aller habiter dans une petite chambre comme celle ou vivaient les pauvres et les veuves de son empire. 

Omar Ibn Abdel Aziz a poussé les gouverneurs injustes à changer. Il a dépossédé  toute la famille royale des biens qu’elle a acquis injustement  et les a systématiquement restitués à leurs propriétaires. 

Ibna Abdel Aziz avait dit à Ibn Al-Mouhaleb un ancien gouverneur qui lui avait apporté des cadeaux de valeurs dans l’espoir de tomber dans sa grâce : « D’où te provient ceci ? » 

Si nos dirigeants se comportent comme ces gens-là, monsieur le mufti, nous les défendrons. Nous serons leurs boucliers et leurs gilets pare-balles… 

Kissima 

 

Source :
La Tribune n°440 







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