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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

5032009

Les Echos de La Tribune : Le Maghreb perd annuellement 100 milliards de dollars !

J’ai eu occasionnellement la possibilité de voir de près les frontières Algero marocaines. Ce qui est déplorable c’est le fait que ces frontières sont fermées et cela depuis belle lurette. Depuis 1995 ! Pas loin des frontières Marco- algériennes se trouvent les frontières hispano- marocaines. Là aussi, les frontières sont fermées d’une autre manière.

En toute circonstance, dans cet espace euro-méditerranéen, les sudistes sont amenés, en contre partie des miettes d’aide au développement, à être les gardiens de l’Europe.

Dans ce contexte, l’homme n’est plus libre de ses mouvements. Qu’est ce que l’Europe perd en terme sécuritaire ? Les décideurs européens savent, pertinemment, que la solution demeure, incontestablement, la mise en avant d’une politique de développement Sud-Sud par le biais d’une sérieuse possibilité de briser les frontières Nord- Sud.
Toutefois, ils craignent une réaction politique de la part de leurs électeurs. En outre, le marché magrébin, qui englobe lui seul plus de 100 millions d’individus, reste un marché attractif pour les entrepreneurs de la rive Nord de la méditerranée. Ce marché n’est pas tout à fait commun. Il est affecté par un dysfonctionnement typiquement politique et interne dû à la position des dirigeants de cette partie sud de la méditerranée.

En effet, le Maghreb perd annuellement 100 milliards de dollars. «C’est ce que gagneraient les économies du Maghreb à l’horizon 2015 si leurs pays cessaient de se garder en chiens de faïence et décidaient enfin de coopérer» (Jeune Afrique, 2510). En janvier 2008, les échanges commerciaux intermaghrébins sont estimés à 3, 36% du commerce total de la zone (sic). La Banque mondiale estime qu’une vraie intégration économique aurait comme conséquence positive une progression de PIB des pays de Maghreb.

En fait, cette intégration permettrait aux Marocains d’augmenter leur revenu national de 27%, la Tunisie bénéficierait d’une progression de 24% de son revenu. Quant à l’Algérie ce taux serait de 34 %. Et pour la Mauritanie, bien que nous n’ayons s pas des chiffres, ce taux serait important si le pays arrive à mettre en valeur la coopération Sud– Sud. Déjà les produits marocains commencent à être vendus dans le marché local mauritanien en grande quantité.

A cet égard, la fermeture des frontières favorise le trafic illégal en multipliant vertigineusement la criminalité (cas des frontières entre l’Algérie et le Maroc). Cela est évident entre le Maghreb et l’Europe. Plus on ferme les frontières, plus les réseaux informels trouvent leur compte en fluctuant leurs commerces (drogue, contre bande, trafic humain etc.)

De toute manière, le Maghreb est asphyxié par la politique. Pour aller de Tunisie vers le Maroc via l’Algérie, il faut passer par l’avion. Ainsi, pour visiter la Lybie via le Maroc, il faut aussi passer par l’avion. Une enseignante chercheuse marocaine de l’université Mohamed 1èr me disait, dans cette lancée, qu’elle était invitée en Tunisie pour un séminaire, à l’époque il y avait des vents aériens qui exigeaient d’interdire durant trois jours tout décollage d’Oujda.

L’enseignante confirmait, en revanche, qu’elle pouvait aller en véhicule et assister aux séminaires en passant par l’Algérie. Mais cela n’était pas possible. Les frontières étaient, tout simplement, fermées. Un élu local de Nador (ville marocaine frontalière de l’Espagne) m’avait affirmé aussi qu’un fonctionnaire marocain de la province d’Oujda a perdu sa sœur qui est algérienne. Celui-ci n’a pas pu la joindre à temps, faute d’ouverture de frontière. Au bord de ces frontières qui dépassent les 500 kilomètres, il y a des familles divisées et elles arrivent difficilement à ‘communiquer’ légalement entre elles.

Tout récemment, une caravane médicale destinée aux rescapés ‘gazouis‘ a pu exiger une ouverture momentanée de ces frontières après des longues négociations. En résumé, dans cette zone du Maghreb arabe la politique influe fortement sur l’économique et l’affectif !

m_barrada@yahoo.fr
Source : La Tribune n°438

 




La Mauritanie du général: divisée en cinq partitions

5032009

Putsch, rectification, crise, hypothèque de la volonté populaire par les généraux, fin d’une « démocratie de façade » tels sont les qualificatifs d’une situation politique confuse qui interpelle les mauritaniens  aujourd’hui. Décidément, rien ne les unit ; ils sont profondément  divisés sur  la nature du changement qui   règne, hué par le FNDD, depuis le 6 août 2008.

Cinq opinions s’opposent  et parfois s’entremêlent, ayant chacune ses motivations   propres : régionales, tribales, profit matériel, clientélisme, soif du changement et j’en passe…. 

Tout  d’abord les sympathisants du général Aziz ce sont ces mauritaniens déçus  par le leadership de sidi Mohamed ould cheikh Abdallahi ses  hésitations et son cercle réduit de collaborateurs manquant d’expertise, de charisme et peu ouverts pour connaître les besoins réels du citoyen et ce qui pourrait bien le motiver. 

  Puis  le groupe du profit (mintfaa) : ce sont ces  braves opportunistes qui applaudissent des pieds et des mains  tout régime quel qu’il soit. De Daddah à sidi en passant par Maaouya, ces infatigables sont là  et soutiennent sans ambages et pour toujours celui  qui vient au sérail par n’importe quel voie, qu’elle soit légale ou contestée. Le général Aziz les connaît bien il l’a explicitement dit lors d’une intervention  télévisée. Leurs subterfuges sont multiples : motions de soutiens, rassemblements populaires, interview télévisées, Al jazeera apparution, débats, louanges publics, mouvement associatif ou syndicaux, chants, soirées musicales; enfin  «  tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute   »….et les notre  mettent le prix pour  continuer les bouchées double après avoir brigué des postes lucratifs….le détournement des deniers publics est leur véritable credo, ils y vont à pas de géant, démesurément et sans scrupules.

En suite le groupe du refus (minvgaa) : ce sont ces hommes et femmes qui ont rêvé de l’avènement d’une « démocratie pluraliste » issue de la transition du 3 août 2005 .Ils croient à la légitimité de sidoca, voient les militaires comme « un troisième larron », ne supportent pas entendre parler de ces «  généraux rebelles » et prônent le retour à l’ordre constitutionnel.

Jouissant de l’appui de la communauté internationale, ils sont proactifs, décidés et déterminés plus que jamais à faire échouer le coup du général Aziz et ses députés frondeurs. Ils sont prêts à tout : multiplient les contacts sur la scène internationale, interviews, meetings, sites Internet, mais aussi manifestations, et rallyes… etc. Ils veulent  bouter disent- ils Aziz du palais et  faire revenir Sidoca. Farouchement opposés au régime militaire qui  a renversé le président « démocratiquement élu »ils sont peu proches d’une solution négociée excluant le retour de leur leader.

Quant au troisième  groupe  « au dessus de la mêlée » (mitrafaa) : ce sont ces fonctionnaires, ces  intellectuels, chefs de partis, qui implicitement cherchent une troisième voie (win-win situation) ou une personnalité  crédible sur le plan international et bien appréciée par l’élite politique nationale  va prendre en charge le pouvoir de transition, organiser des élections législatives et présidentielles anticipées libres et transparentes pour restaurer  l’ordre constitutionnel. On parle d’ Ely o .Med vall,   Ahmadou ould Abdallah,et sidi Mohamed ould Boubacar …etc Aussi  un quatrième groupe émerge s’est celui des démunis, pauvres et déshérités (minsaraa) :

Cette partition est constituée de gens qui ne s’intéressent à la démocratie que dans la mesure  ou leur quotidien va changer : des produits alimentaires abordables, un enseignent gratuit et de qualité pour leurs enfants, un système de couverture sanitaire  pas onéreux et efficace, des infrastructure  acceptables (routes, hôpitaux, ponts, barrages, forages, écoles ….   Etc.) . Nonchalants et  peu motivés par le jeu politique, ils peuvent changer d’un bord à l’autre selon que l’offre prend en compte  ou non leurs attentes et aspirations (swinging  class).

Enfin  le groupe des sages ou anxieux  (Minkhlaa) : ce sont ces religieux, oulémas,leaders d’opinion traditionnels et sages qui ont des amis dans des groupes opposés par cette crise et  qui veulent un consensus national qui prend en compte les valeurs et paradigmes  socioculturels  nationaux. Leur propension  incline vers une médiation nationale entre les  différents acteurs (mousalaha watania).

En définitive  seuls des choix lucides, avertis et parrainés par une élite crédible, neutre et nationaliste peut mettre fin à la division. Pourquoi pas en plus de
la Libye, un comité de médiation national. Décidément nos intellectuels démissionnent ….et les anciens chefs d’états ?
                             

                                                                    Mme Jemila  Lechiakh  Ingénieur 

                                                                                        Géologue

Source : www.barrada.unblog.fr







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