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3032009

Le Colonel, le Général et les autres joueront-ils le destin de la Mauritanie sur un  terrain de foot ou sous une tente ? 

 

Le bruit avait couru que Mouammar Kadhafi dirigerait une prière à Chinguetti. Histoire d’imaginer que ce terrain spirituel sera le champ de la réconciliation entre pro et anti putschistes. 

En 2006, à Tombouctou, autre joyau spirituel, au Mali, le Colonel s’était fait Imam devant plusieurs chefs d’états africains. C’était à l’occasion de la fête du Maouloud (anniversaire de la naissance du prophète Mohammed). Parmi ces chefs d’Etats, il y en avait qui étaient confrontés à des rébellions touarègues : le Niger et le Mali, par exemple. Kadhafi avait lancé son « Grand-Sahara ». Une manière pour lui de réunifier les habitants d’un ensemble géographique et ethnique assez hétéroclite : Touareg, Arabes, Toubous, Sonrhaïs, Bambaras,  riverains du Nil, habitants du Soudan, du Sinaï, sont entre autres, le ‘peuple’ de  celui qui va être sacré trois ans plus tard « roi des rois traditionnels d’Afrique ».   

Ce colonel qui aime diriger est devenu cette année président en  exercice de l’Union africaine. Et il a la lourde tâche de se mettre au chevet de la démocratie mauritanienne malade de ses ‘inventeurs’. Dans son livre vert, Kadhafi avait écrit que 51% contre 49% de suffrages n’était nullement l’expression d’une volonté populaire ou de quelque démocratie. Voilà que le RFD, le FNDD, le HCE et une partie de la Mauritanie sont accrochés à ce que va faire ce Colonel au pouvoir chez lui depuis 40 ans sans y avoir fait organiser la moindre e élection. L’on souhaite qu’il réconcilie les protagonistes d’une crise politique inédite en Mauritanie. Les enjeux d’une démocratie à sauver coûte que coûte, doivent-ils reposer cependant sur un Kadhafi imprévisible ? 

Le Guide de la Révolution est annoncé à la tête d’une imposante foule de prieurs sur une pelouse. Au stade olympique de Nouakchott. Comme partout où il se rend, le désormais « roi des rois » va planter son imposante tente. La dessous le trouveront ceux qui ont besoin de lui pour être ‘raisonnés’ selon la méthode que lui-même choisira. Une chose est sûre : les moyens ne manquent pas à Kadhafi s’il veut dissuader ou persuader. Seulement, il doit savoir qu’en Mauritanie, ceux qu’il est censé rencontrer cherchent tous le pouvoir. Comment peut-il le leur donner sans faire tort à personne.   

Kissima 




Journée de la femme

3032009

 

  

Faciliter l’accès des femmes au crédit 

 

L’accès aux actifs et aux ressources demeure le principal frein à un envol économique du genre féminin qui permettrait d’atténuer la forte féminisation de la pauvreté en Mauritanie. 

 

Sur le marché de l’emploi, les femmes continuent à souffrir d’une marginalisation évidente par rapport aux hommes. Dans le même temps, la part des femmes au chômage a diminué moins fortement que celle des hommes, passant de 35,9% en 1988 à 27,4% en 2000 pour les femmes, et de 22,1% à 15,2% pour les hommes. Une analyse effectuée dans le cadre de la préparation du rapport de suivi du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté met en évidence le fait que le chômage touche particulièrement les jeunes, et qu’au sein de ce groupe les femmes sont les plus affectées. La situation des femmes sur le marché de l’emploi est également marquée par le fait que certaines professions leur sont significativement moins ouvertes qu’aux hommes. Le travail salarié étant relativement fermé aux femmes, avec une représentativité de seulement 12% des salariés du pays, la voie du crédit s’avère être la plus intéressante. Mais même à ce niveau des difficultés demeurent. L’un des obstacles à l’accès au crédit des femmes est le caractère souvent inadapté des outils mis en place ainsi qu’à l’absence d’information des femmes sur les possibilités de crédit et les procédures appliquées. Il est vrai que les femmes bénéficient un peu plus que les hommes du micro-crédit formel, il n’en demeure pas moins que c’est grâce aux structures informelles qu’elles obtiennent la majorité de leurs crédits (autour de 70%, et jusqu’à 90% en milieu rural). Au niveau institutionnel et dans le but de promouvoir le statut économique des femmes, le Ministère chargé de la Promotion féminine, de l’enfance et de la Famille a initié deux expériences: la première étant celle des groupements féminins d’épargne et de crédit, élaborés dès 1996. La seconde est une approche de proximité avec la mise en place des Nissa Banques, visant à faciliter l’accès des femmes organisées en groupements aux ressources financières leur permettant de développer des activités génératrices de revenus. Mais la couverture géographique de ce système demeure limitée : elle couvre treize moughataas dans cinq wilayas et quatre moughataas de Nouakchott. Cependant, ces caisses féminines ont permis de distribuer 2419 crédits pour un volume total de 223.960.650 UM. 

 

Des difficultés d’accès aux moyens de production 

 

Les femmes en milieu rural constituent un groupe plus vulnérable que les femmes en milieu urbain, puisqu’elles sont défavorisées quant à l’accès à l’école et aux services de santé; mais elles accusent également un retard significatif quant à la maîtrise des facteurs et ressources de production (accès au crédit, à la propriété foncière, aux intrants agricoles). Et elles ont une faible productivité, due entre autre à l’analphabétisme (à titre d’exemple, 82,4% des femmes chefs d’exploitations agricoles en zone pluviale sont sans instruction), bien que le secteur de l’agriculture occupe près de la moitié des femmes actives occupées ou ayant déjà travaillé. 

Salimata Bal, spécialiste du développement social à la Banque Mondiale, auprès de la représentation mauritanienne confirme dans un rapport que «la contribution économique des femmes est de plus en plus reconnue, mais les disparités demeurent en termes d’accès aux actifs et ressources: capital, terre, moyens de production, transport et circuits de commercialisation. Lorsque les activités deviennent lucratives (diversification, transformation des produits alimentaires), elles sont souvent accaparées par les hommes. Heureusement, les institutions de microfinance ont permis de combler les limites du système formel de crédit et constituent une avancée dans la lutte des femmes contre la pauvreté». En effet, quelques expériences de micro finances mettent l’accent sur les femmes indépendamment de toute activité. Il semble que la difficulté à réaliser du crédit aux hommes dans les milieux défavorisés, sur une base de crédit solidaire, soit un élément marquant en Mauritanie. Mohamedou Lamine Diack, secrétaire général de l’association des professionnels de la microfinance (APROMI), avance plusieurs raisons: «D’abord, le crédit réellement micro, s’adapte mieux aux activités d’appoint des femmes qu’à celles des hommes. En effet, une difficulté spécifique à la Mauritanie est la forte mobilité de la population masculine, qui augmente les risques de non-remboursement. Ce risque est très important dans les quartiers périphériques de Nouakchott, où l’implantation est relativement récente. Dans beaucoup de ces cas, les hommes n’ont pas de permis d’occuper et vendent leur force de main d’œuvre, alors que les femmes se groupent assez facilement pour constituer une tontine ou réaliser des activités économiques en commun, ce réflexe semble moins présent chez les hommes, ce qui rendrait plus difficile l’utilisation de la garantie solidaire chez les hommes». 

 

MLK 




Mohamed Mahmoud Ould Ebaye, directeur réseau des agences Al Watani:

3032009

 

  

«De nombreux concitoyens sont sortis de la pauvreté grâce à la micro-finance islamique» 

 

Une nouvelle agence ouverte la semaine passée à Nouadhibou, des comptes qui s’ouvrent à la chaîne dans la capitale. La filiale islamique de la BNM, Al Watani, a le vent en poupe. Son directeur de réseau, Mahmoud Ould Ebaye, explique les raisons du succès de cette alternative de plus en plus mondialisée, de la finance, sur la base de l’Islam. Entretien. 

 

 

La Tribune: Quelles différences de fonds entre une banque islamique et une banque primaire classique? 

Mohamed Mahmoud Ould EBaye: L’islam ne connaissait pas le système bancaire tel qu’il existe aujourd’hui. Il a fallu attendre le début des années 1975 pour voir les premières banques islamiques fleurir à Dubaï. Avant cela, l’islam faisait des prêts mais gratuits. Il n’y avait pas de taux d’intérêt. La différence se situe surtout sur la forme: Les banques classiques prêtent avec des intérêts (le ribat), tandis que les banques islamiques fournissent la marchandise moyennant un bénéfice sur le prix d’achat. Le prophète (PSL) a dit que le ribat est un gros pêché. Il recommande la Mourabaha, c’est-à-dire de fournir une marchandise, avec laquelle le client fera ce qu’il entend. L’autre différence se situe au niveau de la date de valeur. Dans les banques islamiques, la date de valeur se fait le même jour, alors que dans les autres banques il y a deux jours de battement. Autre différence: dans le système du Mourabaha, clients et banque partagent gains et pertes. Dans les banques classiques, les pertes sont sur le dos du client.
La Tribune: Comment faites-vous des bénéfices si l’application du taux d’intérêt est prohibé? 


M.M.O.E:
Nous appliquons le même taux que les banques classiques, à la différence que nous ne prêtons pas d’argent. Quand un client désire un stylo, nous le lui livrons avec une marge bénéficiaire de 20 um si nous l’avons acquis à 100 um. C’est le même principe que pour le commerce.
En plus de la Mourabaha, il y a aussi la Moucharaka (le client a la possibilité d’avoir des actions dans la banque, ou toute autre opération de vente), l’Ijara (leasing) et la vente Selam. Ce sont des gammes d’opérations permettant de tout financer; avec bien entendu, toujours une marge bénéficiaire.

La Tribune: La finance islamique a de beaux jours devant elle en Mauritanie? 

M.M.O.E: J’en suis certain. J’ai travaillé un temps à la BAMIS où les opérations islamiques marchaient parfaitement déjà. J’avais crée un département identique à la BMCI qui fonctionne toujours. Une expérience similaire a été ensuite tentée à la BACIM BANK, mais son exploitation n’a pas été maximale. Plus récemment, la BNP et la Société générale s’y sont mises, ce qui démontre un certain engouement national. D’ici la fin mars, Al Watani prévoit d’ouvrir trois nouvelles agences, dont celle de Nouadhibou qui est très avancée. En fait, il existe une classe mauritanienne moyenne qui a gagné son argent grâce à son labeur; cette classe préfère garder son argent chez elle plutôt que de la verser dans des banques classiques. Les banques islamiques sont la vraie solution pour exhorter ceux qui thésaurisent, à déposer leur argent dans nos coffres. Des saoudiens comptent en ouvrir une avec des partenaires locaux prochainement.

La Tribune: On évoque de plus en plus la piste de la micro-finance islamique pour lutter contre la pauvreté en Mauritanie. Est-ce une vraie alternative en Mauritanie? 

M.M.O.E: C’est une réalité. Sur la demande de Ahmed Ould Khattri, ancien directeur de PROCAPEC, j’ai expérimenté la micro-finance islamique et ce fut un succès. Je crois que c’est l’un des facteurs qui a fait tripler le nombre d’adhérents aux CAPEC: De 50.000, le chiffre est passé à 160.000 membres! C’est une réussite unique. Nous avons fait des tournées dans le pays pour expliquer le système qui a l’avantage d’avoir la Baraka. C’est un moyen de lutter contre la pauvreté, et puis cela permet de ne pas détourner des crédits à d’autres fins, car nous sommes musulmans. Le problème des banques Ribat, c’est le détournement des crédits. Par exemple, si on prend un crédit d’un million, 300.000 cents mille ouguiyas sont utilisés à d’autres fins. Cela affecte les capacités de remboursement. De ce fait, on peut dire que de nombreux concitoyens sont sortis de la pauvreté grâce à la micro-finance islamique.

 

Propos recueillis par Youssouf Athié, à NDB 




Diminution des transferts de fonds

3032009

 

  

Des foyers menacés 

 

Les perspectives économiques de la Mauritanie ne sont pas bonnes pour 2009. tous les analystes sont d’accord pour parler de décroissance! Celle-ci résultera aussi d’une baisse importante du volume des transferts d’argent, qui menace aussi de paupériser d’avantage certains ménages. 

 

«Les premiers à rejoindre les rangs grossis des chômeurs seront les immigrés, légaux ou pas, en Europe et aux États-unis.» assure un analyste économique du ministère des affaires économiques et du développement, qui a requis l’anonymat. Selon lui, la plupart d’entre eux sont embauchés dans les secteurs ouvriers (automobiles, restauration etc..) qui sont les secteurs les plus touchés (et de plein fouet) par la crise. «Automatiquement cela se traduira par moins d’envois d’argent vers les familles restées au pays.» continue-t-il. Et c’est déjà apparemment le cas selon une caissière d’un des guichets Western Union de Nouakchott: «depuis la fin du mois de janvier, au niveau de notre agence en tout cas, les transferts ont nettement diminué. Des bénéficiaires qui venaient mensuellement ou bi-mensuellement pour six cents euros par exemple, en reçoivent à peine la moitié depuis un peu plus d’un mois. C’est très net.» témoigne-t-elle.

En fait, cette crise financière, si elle persiste dans les pays où les migrants sont établis en majorité (Europe, États-Unis), va se traduire par une paupérisation des ménages parce qu’il y aura certainement du chômage technique, c’est-à-dire du chômage qui va entraîner le retour de certains migrants. «Cette crise aura un impact réel: nous allons voir des ménages qui vont se précariser davantage. Cela dit, les émigrés ont eu quelques amortisseurs: certains avaient déjà investi, et leurs envois sont essentiellement l’argent du loyer des familles qu’ils entretiennent ici. Les transferts d’argent des travailleurs migrants ont permis de réduire la pauvreté dans nos ménages. Indubitablement. Même si on n’a pas comme au Sénégal et au Mali, des statistiques avancées pour mesurer cette résorption de la pauvreté» reprend le cadre du MAED.

 

Effet boule de neige sur la finance et le commerce 

 

La crise se traduira par un impact certain sur le chiffre d’affaires des banques. Toutes les banques se réfugient derrière le secret bancaire pour ne pas donner le montant exact des transferts d’argent. «Mais nous savons qu’ils représentent une part importante de leur chiffre d’affaires. Notamment pour deux ou trois banques de la place.» estime la source.

Par ailleurs, il y aura probablement un impact sur le secteur de la micro-finance. A cela s’ajoute un risque pour les secteurs spécialisés, notamment le commerce de seconde main, c’est-à-dire tous les frigos, les voitures et meubles que les commerçants collectent d’Europe et revendent à Nouakchott, etc. Avec la crise cette activité ne pourra prospérer davantage. Et ça se voit déjà: à Basra, et à la Socogim Ksar, les produits provenant d’Italie ou de France sont moins étoffés que d’habitude depuis le début du mois de février. «Les gens européens eux-mêmes touchés par la crise jettent de moins en moins, et les immigrés là-bas ont moins de moyens pour investir dans des conteneurs.» explique Babacar, propriétaire d’une boutique d’arrivage à Basra.

 

MLK 




NOUADHIBOU

3032009

 

La fermeté du ministre des pêches 

Décidemment M.Hacena Ould Ely, ministre des pêches aime la ville de Nouadhibou, d’ où il est originaire. Ce qui fait causer beaucoup ici c’est la nature de ses visites. Trop pour certains, sans raisons pour d’autres. Ce très ‘actif ‘ ministre, comme disent certains,  ne laisse pas indifférent. Par son franc- parler d’abord, sa décontraction ensuite. D’autres le trouvent ‘inauthentique’ avec ses ‘airs d’européen’. 

La semaine dernière le ministre était donc arrivé dans la capitale économique par le vol Nouakchott -Las Palmas.  Visite surprise, dont même le wali n’aurait pas été  pas prévenu. Dés son arrivée, M.Hacena Ould Ely s’est rendu à l’IMROP pour s’enquérir d’un vol de matériel d’une valeur de 30.000 000 d’ouguiyas. Ce matériel, don du Japon, comprend des hélices de bateau, des câbles, des filets et des bouées. Un directeur administratif, un électricien et un gardien de l’IMROP seraient impliqués dans ce vol. C’était il y a deux mois. Les trois présumés complices se seraient présentés en plein jour à l’institut et auraient chargé le matériel dans une camionnette pour, disent-ils, le réparer. Personne n’avait trouvé à redire. C’est le 23 février que la disparation du matériel sera constatée ou plutôt dénoncée. Les trois sont toujours entre les mains de la gendarmerie. Un inspecteur d’état est sur place car d’autres vols et détournements pourraient avoir été commis. 

Ensuite le ministre se rend au port autonome pour dit -on une inauguration de l’extension du port dont lui-même avait dit en conseil des ministres qu’elle est achevée. Il n’en est rien, les travaux ayant pris beaucoup de retard sans que personne dise pourquoi. Le chargé de la présentation du chantier est devant le projecteur pour commenter les travaux. Le ministre l’interrompt pour un long exposé sur ses ‘connaissances’, le sujet vire aux problèmes de terrains à Nouadhibou, sans que personne prie le pauvre présentateur à regagner sa place. On parle de l’exigüité du port, son incapacité à s’étendre, tous les terrains alentour étant distribués ou bradés ou même squattés. Le ministre continue en disant être capable de régler ce problème. Il ajoute que c’es t’interventionnisme qui gâte ce pays, que son propre père lui a demandé d’intervenir pour lui permettre d’acquérir des papiers pour un terrain qu’il occupe et qu’il ‘le vieux’ veut revendre quinze millions. ‘Je lui confisquerai ce terrain que je rendrai à l’état.’ il fait tard, le ministre doit renter à Nouakchott et demande à ses partenaires de réfléchir aux problèmes et de venir le rejoindre dans la capitale. Les épaves peuvent attendre. 

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

 

Touristes ou voleurs ? 

 

C’est l’histoire de trois marocains plutôt bien mis et à bord d’une rutilante Touareg. Après avoir roulé leur bosse en Grèce ils décident de retourner au bercail puis de ‘venir voir ‘ la Mauritanie, avec l’intention de vendre leur bagnole car ‘ça va mal en Europe’ diront-ils après leur arrestation. 

Nos trois marocains arrivent à Nouadhibou où ils s’installent dans une auberge et se présentent comme des touristes. Personne ne se doute qu’ils préparent un coup fourré. 

Ce mardi matin leur voiture reste longtemps devant l’agence Chinguitel de Nouadhibou qui fait légèrement face au commissariat central et la direction de la sureté. Ils jettent un coup d’œil  à l’intérieur et seraient mêmes entrés, histoire de mieux s’assurer des gains. 

Vers 20 heures le distributeur local ferme l’agence e, c’est l’heure de descente. Il doit faire un tour à la boulangerie pour acheter du pain; il est suivi par la Touarégue mais ne se doute de rien. Dans sa voiture il regagne son domicile et gare devant, les marocains se garent à côté. Le voisinage remarque la voiture mais ne s’en inquiète pas outre mesure; le lieu est habité par des cadres, à côté du domicile du wali et la prison civile où des gardes veillent. Le luxe de la voiture ne laisse pas de doute ; c’est des visiteurs de marque. Le distributeur tombe aussitôt dans les bras de Morphée. Les voleurs passent à l’acte, l’argent (2 millions 700 mille ouguiyas) et des cartes de recharge d’une valeur de 10millions d’ouguiyas sont emportés. 

Les bandits quittent les lieux non sans avoir passé chez un ‘Michelin’ pour réparer un pneu. Ce qui les perdra. Le distributeur se réveillera et remarquera le vol et avertira la police. De bouche à oreille, la cache des marocains est repérée mais ils sont partis. Ils seront signalés à 270 km de Nouadhibou le 25 février. Arrivés à Nouakchott, ils changent les ouguiyas contre des devises. Mais le signalement est lancé .Ils seront appréhendés le même jour et reconnaitront les faits. Actuellement ils sont dans trois commissariats de Nouakchott. Une arme blanche sera  retrouvée dans leur voiture. 

  

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

Rosso : Sit in des enseignants  

Jeudi 26 février, à 12 heures 30, tous  les enseignants (ou presque) de Rosso se sont donnés  rendez-vous à l’IDEN (inspection départementale de l’éducation nationale) pour un sit in. Les enseignants se plaignaient en effet de leur nouveau chef qui,  moins d’un mois après son arrivée a créé un climat malsain dans la moughataa. L’Iden a depuis son arrivée multiplié les maladresses ce qui s’est traduit par le malaise et le courroux chez les enseignants de Rosso. Lorsque les enseignants très remontés ont commencé à envahir littéralement l’inspection, l’Iden a appelé son supérieur qui lui aurait conseillé de recevoir et d’écouter les doléances des protestataires. C’est ainsi que près d’une centaine d’institutrices et d’instituteurs se sont retrouvés dans la salle de réunion avec  le représentant des parents d’élèves. La première intervenante n’a pas manqué de souligner que la plupart de ses collègues n’étaient jamais venus dans les locaux de l’inspection mais que trop c’était trop. Tous les intervenants ont insisté sur le fait qu’avec les nouvelles méthodes, il est difficile de faire trente heures de cours et faire  correctement les préparations. Ils ont en plus jugé que c’était absurde de venir à l’école tous les jours de huit heures à midi et de quinze heures à dix-sept même quand ils n’avaient pas cours. Les enseignants ont également ajouté qu’ils étaient près a faire les  trente heures mais à condition que la mesure soit  généralisée et que les enseignants qui sont ‘dans la nature’ ne soient pas couverts alors que d’autres se tuent au travail. Le représentant des parents d’élèves a lui aussi insisté sur le fait qu’il fallait mettre les enseignants dans de bonnes conditions. 

Finalement, l’Iden a  mis de l’eau  dans son ‘zrig’. Il aurait accepté  de laisser  le statu quo. C’est à seize heures que la réunion s’est terminée. De sorte que les écoles fondamentales n’ont pas fonctionné le jeudi après-midi. 

 




Le pèlerinage de Tripoli va-t-il laver les péchés des clans mauritaniens ?

3032009

 

  

Voyager avec un président – fut-il chef d’Etat simplement – est toujours une expérience qui en dit long sur l’état de la Nation, l’exercice du pouvoir et les rapports entre les hommes du pouvoir. 

C’est pourquoi le pèlerinage de Tripoli commence à Nouakchott… 

 

La convocation est à 7 heures du matin. Les ministres sont arrivés très tôt. Ils attendent dans la grande salle du salon d’honneur. Une grande différence entre le calme des anciens à l’image de Mohamed Lemine Ould Guig, ministre secrétaire général de la présidence, et la «turbulence» des nouveaux à l’image de Hacenna Ould Eli, ministre des pêches qui n’arrêtait pas d’interpeller ses collègues. Même chose chez les conseillers. Les uns très sereins, l’expérience aidant, les autres trop «flamboyants». Et toujours Melaïnine Ould Tommy jouant tous les rôles pour raison d’expérience. Il est conseiller mais aussi directeur du protocole, du cabinet… Il va, vient, donne des ordres, explique l’itinéraire… Justement, c’est lui qui nous apprend que nous ne voyagerons pas ensembles. Il y aura deux avions. L’un pour le Général Ould Abdel Aziz et son équipe restreinte. L’autre pour les deux conseillers chargés de missions à la présidence – un ancien ministre de la transition et une ancienne ministre de Ould Taya – et les journalistes. Nous devions voyager avec la délégation libyenne qui était venue préparer la visite du Guide libyen le 8 mars prochain. 

Dans l’avion, c’est l’occasion de se rappeler quelques voyages du passé et l’impossibilité pour libyens et mauritaniens de s’entendre. Ould Haidalla dérangé par les caprices du Guide,  Ould Taya mal accueilli dans les années 80, Ould Cheikh Abdallahi qui a tenté de fonder une relation plus personnelle qu’étatique. 

En Libye, on ne sait jamais où on va, quand et comment. Toujours à la dernière minute. A notre descente nous apprenons que le Général Ould Abdel Aziz a atterri à Miçrata, à 150 km de Tripoli. Nous allons attendre dans le hall de l’hôtel. 

Deux heures d’attente. Nous apprendrons que le Guide libyen a eu un tête-à-tête de deux heures. La délégation participera pour quelques moments. Puis Ould Tommy est désigné pour diriger la commission de préparation du voyage du Guide en Mauritanie. Une autre présence dans la délégation, celle de Abdallahi Ould Ebnehmeida, ancien Ambassadeur à Tripoli, ancien ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Ould Waghf, première formule. Visiblement, le Général l’a pris avec lui pour bénéficier de son expertise libyenne. L’Ambassadeur actuel, Mohamed Lemine Ould Khattri avait présenté ses lettres de créances la veille de la visite. Ce qui ne l’empêche pas de pouvoir mobiliser la colonie mauritanienne le lendemain. Une sorte de meeting où le Général s’exprimera longuement sur la situation en Mauritanie. 

La visite est surtout consacrée à la préparation du grand événement : la prière que doit diriger Moammar Kadhafi en Mauritanie. Il s’agira des prières du Maghrib et du ‘ichaa dans la soirée du 10 mars. Ce sera au stade olympique à Nouakchott. Et la politique dans tout ça ? 

Le Guide libyen arrivera du Maroc le 8 mars et restera qu’il faut pour régler le problème. Un travail de préparation a déjà été fait par la mission libyenne qui s’est rendu à Nouakchott Mais aussi à travers les discussions que le Guide aura eues avec les différentes parties. 

Au lendemain du passage du Général, c’est le tour du chef de file de l’Opposition démocratique, président du RFD, Ahmed Ould Daddah. La délégation du Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) devra être à Tripoli ce dimanche. Elle est composée de : Mohamed Ould Maouloud de l’UFP, Jemil Mansour de Tawassoul, Ba Amadou Alssane du PLEJ et Khalil Ould Tiyib de l’APP. Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale et proche du Guide, ne fera pas partie du voyage. Pourtant il était très attendu, lui l’ami des libyens. Mais les dirigeants du front tenaient à aller ensemble. Selon leurs déclarations préliminaires, ils auraient eu des entretiens avec Sidi Ould Cheikh Abdallahi pour préparer leur voyage et unifier leur discours. 

On ne sait rien de ce que  concocte le Guide libyen qui se trouve actuellement à la tête de l’Union Africaine. Pour sa première mission, il est sûr qu’il tiendra à réussir. Il y mettra les moyens. Mais cela suffisera-t-il ? Probablement pas. 

A la veille de la mise en œuvre de son intercession, le leader libyen a mis en garde contre l’internationalisation de la situation en Mauritanie et des «conséquences vulgaires de cette politique». Il a ajouté dans un discours prononcé à l’ouverture de la 3ème réunion de l’instance exécutive du forum des organisations régionales et sous-régionale africaines pour le soutien de la coopération entre l’organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et l’Union Africaine, que « ces puissances étrangères doivent mettre fin à leur ingérence dans les affaires intérieures du continent africain, ingérence, qui a compliqué les problèmes de l’Afrique ». Il a également souligné la capacité de « l’Afrique à trouver des solutions à  ses propres problèmes ».  

Des propos qui n’ont pas plu à toutes les parties. Tout comme d’ailleurs le principe de la visite de Kadhafi à Nouakchott. Aux yeux de ceux du FNDD, il s’agit d’une légitimation du pouvoir des généraux. «Et en même temps un pied-de-nez aux instances de l’UA qui considère illégitime le régime actuel», déclarent des proches du Front. Alors ? 

Il est difficile de concevoir l’élaboration d’un plan de sortie de crise avant le 8 mars. Le scénario le plus probable en cas d’accord consistera à trouver un «point de départ constitutionnel» soit dans la nomination du président du Sénat à la tête de l’Etat. Il restera alors à définir les modalités de la transition ainsi décidée. Quel gouvernement aura en charge d’organiser les élections en perspective ? Quels consensus faudra-t-il trouver et entre qui ? Quel apport pour la Libye pour rapprocher les points de vue ? 

Il faut tenir compte aussi du facteur temps. L’élection est prévue le 6 juin prochain. La campagne devrait commencer dans la deuxième moitié de mai. Nous sommes déjà en mars. Le temps est-il suffisant ? Certes non ! 

Si la question du temps entre dans un éventuel package politique, c’est qu’on aura posé le vrai blocage devant la recherche de solution. En fait le maintien de la date ne peut signifier que la précipitation dans la mise en œuvre d’un plan éventuel de solution. Et comme on sait, «rien ne sert de courir, il faut partir à point». 

 

MFO

Source : La Tribune n°438




Rapport de l’Unicef 2009 :

3032009

 

 122/1000 enfants meurent avant l’âge de 5 ans en Mauritanie 

 

En collaboration avec l’UNICEF et les organismes des Nations Unies, le Réseau des femmes journalistes en Mauritanie a organisé le jeudi 26 février  un atelier de sensibilisation sur la situation des enfants dans le monde. C’était au centre de santé de la reproduction médicale de  la Moughataa de Sebkha à Nouakchott.

A l’ouverture de cet atelier, la présidente du Réseau des femmes  journalistes Salka Mint Sneid a mis l’accent l’intérêt à « discuter des sujets les plus importants et les plus nobles qui concernent la vie humaine et ce pour donner à la vie des enfants dans le monde le sens qu’elle mérite en levant le slogan de la santé maternelle et infantile pour saluer la femme qui sacrifie sa vie pour donner la vie aux autres ». Selon elle, chaque année les femmes donnent 500 000 martyrs sur le chemin de la vie.

La présidente du Réseau des femmes journalistes en Mauritanie a donné l’exemple de la fameuse femme Mumtaz Mahal décédée alors qu’elle donnait naissance à son quatorzième fils.  Pour la sanctifier, son âme, son mari a édifié le mausolée de Taj Mahal, l’une des sept merveilles du monde. « N’est-il pas grand temps  que nous fassions autant que cet empereur en célébrant les âmes de ces martyres  et que nous  limitions les décès des mères  et des enfants ? » a-t-elle martel.

Le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie  Christian Skoog a souligné, pour sa part, l’importance de cet atelier « qui ne consiste pas seulement à faire un  exposé  mais surtout à parler de thèmes qui traitent de la santé de la mère et de nouveau-nés  puisque cela présente un droit fondamental ». Selon lui le rapport 2009 de l’Unicef  met en lumière l’état très préoccupant de la santé maternelle et néonatale à travers le monde et plus particulièrement en Afrique de l’ouest et du Centre dont la Mauritanie fait partie. Cette région dit-il compte un tiers des décès maternels pour seulement 10% de la population.

Le représentant de l’UNICEF en Mauritanie a indiqué que « chaque jour dans cette région, environ 460 femmes meurent  des suites d’une grossesse ; équivalent d’un crash mortel d’un avion Boeing 747 ».  Plus de 9000 subissent des blessures, infections, maladies ou handicaps qui risquent de durer leur vie entière » a-t-il ajouté.

Dans notre pays, le représentant de l’UNICEF le suédois  Christian Skoog  a souligné que le taux de mortalité reste élevé  et donc préoccupant. Ce taux de mortalité représente  686 décès/100 000 naissances vivantes (selon l’enquête MICS 2007). Il a dit ensuite que le taux de mortalité néonatale est aussi élevé à l’instar de la situation des pays Afrique subsaharienne soit pour 1000.

 

Cause et solutions 

 

Selon le rapport, les causes principales de  ce taux de mortalité maternelle sont dues essentiellement des hémorragies et à l’éclampsie c’est dire l’augmentation de la pression artérielle tandis que la mortalité néonatale est particulièrement due aux infections et la prématurité et au faible poids.

Les solutions existantes, selon le rapport, se résument  en quatre axes :

Etablir un continuum de soins pour les mères, les nouveaux-nés et les enfants en mettant l’accent sur l’amélioration de la fréquence et de la qualité des consultations pré et post natales.       

La promotion des accouchements assistés par un personnel qualifié et la prise en charge et réanimation des nouveaux-nés.

La promotion de l’accouchement dans des bonnes conditions d’hygiènes (CDS, hôpital) et l’implication de communauté dans lesuivi de la grossesse et des nouveaux-nés.

Selon le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, le pays fait des efforts  dans ce sens

Dans l’adoption et la mise, par exemple de la Stratégie pour la survie et le Développement de l’Enfant. Pourtant dans un exposer d’un représentant du Ministère de la santé, la Mauritanie n’a fournie aucun effort pour réduire le taux de mortalité infantile. 122/1000 enfants meurent avant l’âge de 5 ans  en Mauritanie.     

Alpha Ngaïdé de l’UNICEF a lui aussi présenté un exposé sur les activités que l’organisme a  menées au niveau des ménages au Gorgol. Quant au directeur de Nouakchott Info Mohamed Mahmoud O/ Baa Maaly, le rôle des médias dans la lutte contre ce phénomène est incontournable. Mariame Mint Moud de la Radio Mauritanie, a présenté, quant à elle, un exposé sur le rôle des médias  dans le changement des mentalités des femmes dans le milieu rural sur les habitudes  et comportements préjudiciables à la survie de l’Enfant.    

Tous les représentants des organismes des Nations Unies ont abordé dans le sens de lutter efficacement contre ce phénomène. Certains ont souligné que le secteur de la santé est sous financé. Pourtant le Gouvernement actuel ne cesse de parler des mesures prises dans ce secteur pour éradiquer des maladies.

Enfin, les représentants des organismes des Nations Unies ont répondu aux questions des journalistes conviés pour la circonstance. A la question de savoir si les choses bougent dans la lutte contre ce phénomène depuis l’arrivée des militaires au Pouvoir, la réponse est oui.

« Toujours le même bilan chaque année ? » La réponse est « c’est bien de poser des questions auxquelles nous nous ne pouvons pas répondre concrètement. Nous pensons que cela pourra aider les décideurs à fournir d’avantage d’efforts dans la lutte contre ce phénomène ».

 

Sy Mamadou 




Affaire Moctar Salem/Issellemha

3032009

 

 Pédophilie ou mariage légal ?  

  

Les 5, 6 et 12 mars, la justice espagnole se penchera sur l’affaire dite «Moctar Salem» remontant à juin 2007. Une citoyenne espagnole d’origine mauritanienne Issellemeha Mint Mohamed Ould Abdellahi avait alors déposé plainte contre son concitoyen Moctar Salem à qui elle a été mariée depuis 2005. Le mariage avait été scellé en Mauritanie et entériné par l’Ambassade mauritanienne en Espagne, selon la famille de l’accusé. Issellemeha accuse Moctar Salem de viol sur sa personne. Aussitôt, Moctar Salem, la mère de la fille et son père sont arrêtés et poursuivis par la justice espagnole. Issellemeha serait hébergée par des amies. Celles-ci seront accusées par la famille de Moctar Salem d’avoir fait un lavage de cerveau à la petite Issellemeha avec l’intention de la convertir à la «chrétienté»…. 

 Moctar Salem et sa famille refusent l’accusation. Pour eux, il y avait une alliance sainte qui a lié Moctar Salem à Issellemeha. Ce mariage est authentique, selon eux. Il a eu lieu suivant les normes religieuses islamiques. Et de facto, concluent-ils, il n’y a aucune raison pour tout cela. Mais, les espagnols voient l’affaire autrement. Pour eux, comme la fille est mineure ce mariage est un acte de pédophilie. Il s’agit, selon eux, d’un mariage forcé contre le gré de la fille et d’une série d’agressions sexuelles commises contre une mineure de 15 ans. Et de facto, selon eux, le mari et les parents de la fillette sont des responsables directs de ce ‘crime’. Et les autres (100 personnes environs) sont des complices. Pour la défense, il n’y a pas d’affaire. Parce qu’il n’y a pas de crime. Et s’il y en a, c’est la justice mauritanienne et non la justice espagnole qui est compétente. Puisque le mariage a eu lieu ici en Mauritanie. Et non là-bas en Espagne. 

Dans les sermons du vendredi dernier, plusieurs imams ont sollicité des espagnols la libéreration de Moctar Salem. Tout comme ses avocats et la sénatrice des expatriés mauritaniens en Europe, Eslemehoum Mint Abdelmaeck. Ils ont exhorté les autorités espagnoles à faciliter leur entrée en Espagne. 

De lourdes peines attendent les inculpés dans cette affaire une fois condamnés. Car, la qualification des faits fait que ces ‘crimes’ sont passibles d’une peine allant jusqu’à 17 ans d’emprisonnement pour les auteurs directs de ces crimes. Pour les complices, la peine est de 16 ans d’emprisonnement. En plus des compensations qui peuvent monter à 15 mille euros par accusé. 

Notons que le général Ould Abdelaziz avait été sollicité, lors de sa dernière visite à l’Assaba, solennellement par les parents du détenu d’intervenir pour sa prompte libération. Tout comme l’ex-président, Sidi Ould Cheikh Abdellahi. Celui-ci avait intervenu en faveur de deux mauritaniens poursuivis en Libye et au Soudan. L’un de ces deux citoyens avait été condamné à la peine capitale. 

Rappelons que le Code du Statut personnel mauritanien fixe l’âge légal du mariage à 18 ans. Une fixation qui est toujours restée noir sur blanc. Car, une grande partie des mauritaniens s’adonnent au mariage précoce. Et c’est en général un alem ou un imam qui noue ce mariage précoce. C’est un magistrat qui l’entérine. Et c’est une mairie qui délivre un certificat de mariage. En Mauritanie, selon une enquête de World Vision, plus de 20% des jeunes mariées n’atteignent pas l’âge de 15 ans. 

Mechri Ould Rabbany

Source : La Tribune n°438




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

3032009

Quelqu’un me racontait l’histoire suivante : quand un mangeur de tortues tombe sur une belle tortue, il se dit, tout sourire, «yallali, j’ai trouvé une tortue que je vais bien assaisonner avant de la manger» ; quand il la transporte en la mettant sur sa tête, la tortue se dit toute joyeuse «enfin j’ai trouvé quelqu’un qui va me porter et sur la tête duquel je vais pisser». 

Je crois pouvoir utiliser cette histoire du terroir pour traduire le rapport entre l’élite intellectuelle mauritanienne et le gouvernant, n’importe lequel. Quand quelqu’un arrive au pouvoir – sans en avoir discuté au préalable avec qui que ce soit – il est vite porté par des «mangeurs de tortues» qui sont tout joyeux de trouver quelque chose à se mettre sous les dents. Sans savoir que très vite – parfois par paresse, parfois par incapacité – le «porté» finit par se trouver tout heureux de trouver des gens sur lesquels il va se décharger. Au propre et au figuré. 

Ça continue depuis le premier coup d’Etat, pour ne parler que des périodes militaires qui ont vu alliances et mésalliances entre militaires gouvernant et civils participant et légitimant. 

A chaque étape son lot de compromis, son art de la compromission. Jusqu’en 2005 (août), nous avons cru que nous avons tout expérimenté : le mensonge, la feinte, le faux, la duplicité, la vulgarité, le soutien, l’engagement sans discernement, la félonie… Au 4 août nous nous sentions libérés de l’obligation de courir après ceux qui dirigent et qui font miroiter des contreparties à ceux qui les soutiennent. 

Les nouveaux dirigeants ne voulaient pas rester et ne demandaient donc pas qu’on les soutienne. L’occasion de retrouver un peu de soi, de recouvrer un peu de dignité et de faire ses choix en toute liberté. 

Chassez le naturel, il revient au galop. Ceux qui ont soutenu celui qui devait être «le président élu», l’ont fait parce que les maîtres de la transition, donc du pays, le leur ont demandé. Aussi bien au premier tour qu’au second tour. Les justificatifs développés ici et là tentaient de cacher le seul motif qui vaille : servir pour être à l’ombre de celui qui a toutes les chances de diriger demain, servir pour bouffer un peu de «tortue» qu’on porte et qui fait le reste sur nos têtes. Le tout aux dépens de la Mauritanie qui s’appauvrit et pourrit de phase en phase. 

Il est malheureux de le dire mais toute la période allant du 3 août à nos jours n’a finalement servi qu’à «blanchir» les hommes d’une époque, à réhabiliter ses méthodes, à réinstaurer son mental et à perpétuer son hégémonie. 

Le changement qui avait été une demande largement exprimée lors de l’élection législative et municipale de novembre 2006, a été confisqué. Le peuple devait – doit – encore souffrir. Combien de temps ? On ne sait pas. Tout dépend de la compréhension de l’encadrement national – pouvoir, oppositions, société civile, hommes d’affaires, élites de toutes catégories…- tout dépend de la capacité de comprendre le caractère inéluctable du changement. 

Soit l’élite d’aujourd’hui accepte d’anticiper et de mettre en œuvre un projet qui assure la refondation de l’Etat, de la démocratie, sur des bases plus fortes, plus impersonnelles, plus justes, plus égalitaires, plus porteuses pour le projet citoyen. Elle acceptera alors de faire la rupture en se démettant, en demandant pardon pour tous ses manquements, en s’excusant d’être là et en assumant ; ou encore en acceptant le principe de sa «péremption». Dans ce cas le changement se fera avec douceur, sans heurts et sans pleurs. 

Soit l’élite s’entête à croire que les mêmes réflexes continuent de rapporter, elle sera balayée par la dynamique déjà en marche. Ce changement qui apportera la rupture totale, comportera peut-être des risques pour le pays et pour le tissu social. Mais si le corps politique et social refuse de s’adapter, il faut souhaiter ce risque au plus vite. Plus la situation perdure comme elle est, plus elle pourrit, plus elle est porteuse de germes de déconfiture. 

Aujourd’hui, la question n’est pas seulement de savoir comment sortir de la crise en redistribuant les cartes, en partageant le pouvoir par une entente entre les différentes «factions» politiques, entre les différents «mangeurs de tortues». C’est aussi et surtout en dessinant un avenir apportant le changement qui ne peut qu’être la rupture d’avec le passé. Tout le passé. Sa philosophie, ses méthodes, ses hommes… 

Regardons autour de nous. Regardons ceux qui occupent notre espace politique, ceux qui refusent au pays d’avancer en alimentant des querelles qui trouvent leur source dans la concurrence autour des privilèges liés à l’exercice du pouvoir. N’est-ce pas les mêmes d’il y a dix ans, vingt ans, trente ans ? il y en a même qui nous viennent de plus loin. Quand vous discutez avec, vous vous rendez facilement compte qu’ils traînent avec eux tous leurs ressentiments des décennies passées, toutes leurs animosités et finalement toutes les tares. Ils ne peuvent plus produire de vision d’avenir. L’avenir est derrière eux. Et c’est à voir si ces «mangeurs de tortues» peuvent encore exprimer une joie à porter une tortue qu’ils espèrent dépecer et qui, elle, est toute heureuse de leur pisser dessus.

Source : La Tribune n°438




Faits divers

3032009

Capture de  dealers 

Le commissaire de la police anti-drogue et ses éléments ont tapé fort la semaine passée dans un réseau  de trafiquants de stupéfiants.

Le chef de  la brigade recherche avait mobilisé toutes ses forces pour mettre la main sur les membres de ce réseau qui se faisaient des affaires à Nouakchott et à Boghé. C’était le 15 Février dernier, que dans la ville de Boghé, que le patron de l’anti-drogue et son équipe ont arrêté S.O.M en possession de 20 kg de chanvre indien et Y.O.D avec 0,25 kg du même produit. Lors d’une autre opération le lendemain, M.B un allié du réseau a été surpris par la police dans sa piaule avec une bouteille d’un litre de Whisky.

C’est par son intermédiaire qu’un homme de nationalité ghanéenne opérant dans la même ronde a été arrêté avec une importante somme de 400.000um et 50.000f CFA.

Selon les sources policières, les quatre membres du réseau ont été déférés au parquet puis entendus par le procureur et le juge d’instruction du 5e cabinet dans la journée du 19 février dernier. Et ils ont été mis en prison.

 

Traque aux malfrats ! 

Dans la journée du dimanche 22 Février dernier, le patron du commissariat de police T. Zeina 1 accompagné du Brigadier Chef de la brigade recherche et de quelques éléments, ont mené une traque aux  malfrats. Durant cette traque la police a pu arrêter un gang de sept jeunes qui cambriolaient des boutiques dans les marchés de la capitale.

 Selon une source judiciaire, cette bande est constituée de multirécidivistes très connus.

 Et ils ont été déférés par le parquet de
la République.

Selon la police, cette traque, vient à la suite de multiples plaintes déposées aux différents commissariats par des commerçants qui ont été victimes de vols répétés ces derniers temps.

Coup de poing dans un gang armé ! 

Au courant du mois de janvier et début février de l’année en cours des séries de vols à main armée ont été effectuées à Nouakchott et à Nouadhibou  par une bande spécialisée.

Suite aux multiples recherches des services de sécurité, l’un des chefs de la bande a été arrêté par la police de Tayaret 1 dans la semaine passée.

C’est après une descente musclée de la police dans une maison occupée par la bande dans le quartier de Dar El Barka qu’elle a découvert plusieurs objets volés et des armes dont un pistolet de 9mm et des munitions.

Selon des sources policières, le reste de la bande est toujours en cavale mais les recherches se poursuivent.

Encore des vols de voitures 

Dans la nuit du 6 février dernier la voiture de l’inspecteur de police d’El Mina 1 M. Elimane a été volée alors qu’elle était garée devant l’ancienne maison des jeunes.

C’était lors de la soirée musicale animée par Baba Maal.

Retrouvée par la police dans un garage mécanique à la socogim PS, la voiture avait été dépouillée de quelques pièces. Celles-ci ont été démontées puis vendues tandis que le moteur a été monté sur  un autre véhicule.

Dans cette opération A.T, G.D et I. T. ont été arrêtés puis déférés avant d’être  incarcérés le 18 Février.

Dans la même semaine une Mercedes 190 bleue immatriculée 8966 Al qui est  actuellement entre les mains de la police a été retrouvée avec un certain M. S.  qui a déclaré l’avoir payée avec G. D.  à 400.000um sous douane. La voiture avait été volée alors qu’elle était stationnée devant la mosquée Saoudienne pendant que son propriétaire accomplissait sa prière.

 Aboubecrine

La Tribune n°438







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