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Les Echos de la Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

24022009


La Mauritanie est-elle un chacal ? 

Sun Tzu  dit : « l’art suprême  de la guerre c’est d’être  capable de contenir son adversaire sans combattre.»

En principe, la  Mauritanie d’aujourd’hui  suit une  logique de lutte  entre des fronts ennemis. Il est évident qu’il y a le camp du Général et celui du FNDD. Et une troisième voie représentée politiquement par le RFD. La lutte se caractérise par des décisions parfois prises  sans être discutées.  Celui qui considère la Mauritanie  comme ‘un chacal’, il va certainement prendre une décision du moment.

En fait,  je me rappelle, à cet égard,  d’une discussion. Il s’agit d’une  conversation abordée  par un industriel qui s’acharnait contre tout  ce qui est mauritanien au sens contemporain du terme. Il est parmi ceux   qui  veulent dire, à tout prix, implicitement,  j’ai raison et cela par  la  monopolisation de la parole. Sa  technique est une technique ‘polémiste’. Il est instruit et convaincant, cependant, il avait  l’air comme, d’ailleurs, beaucoup de mauritaniens de négliger  la culture d’écoute.   Et si j’ai bien compris son  raisonnement, il répétait  un proverbe connu des  milieux  affairistes  et intellectuels mauritaniens. Il disait la Mauritanie est un chacal, chacun prend  sa part et s’en va. L’origine du proverbe ne fait guère  l’unanimité. Un autre vieux de sa génération  me disait la même chose avec un petit différent. Pour le premier, la citation est une citation d’un ancien directeur emprisonné au moment de la domination des militaires après le coup d’Etat du comité national de salut contre le premier Président de la République. Quant au second, la citation n’est qu’une cogitation d’un  ancien politique connu en Mauritanie. Cela n’est qu’une interprétation d’une vision qui domine les actions des acteurs politiques. Car chacun cherche son intérêt en s’alignant   à des groupes de pression ‘tribalement’ influents.  Face à cette pagaille qui caractérise l’événement   en  Mauritanie, nous pouvons dire, qu’en science décisionnelle, pour convaincre, il faut écouter. Et pour  diriger il faut aussi  écouter attentivement afin que la décision  acquière les résultants escomptés.

Présentement, les orientations décisionnelles sont affectées par la multiplication des initiatives de soutien en faveur des militaires en place et les contre- initiatives réactivées par les camps adverses. Qui va contenir l’autre ?   Pour ce faire, il est, incontestablement, nécessaire que l’un des camps soit en mesure par la communication d’avoir la capacité de transformer en  actions en regardant ses adversaires  comme des pierres et des bois.  « La pierre et le bois n’ont aucun mouvement de leur nature; s’ils sont une fois en repos, ils n’en sortent pas d’eux-mêmes, mais ils suivent le mouvement qu’on leur imprime; s’ils sont carrés, ils s’arrêtent d’abord; s’ils sont ronds, ils roulent jusqu’à ce qu’ils trouvent une résistance plus forte que la force qui leur était imprimée ». (Sic)

m_barrada@yahoo.fr 

Source : La Tribune n°437




Télécommunications :

24022009

 

  

L’autorité de régulation dénonce en vain 

 

L’année passée, l’autorité de régulation économique (ARE) dénonçait la piètre qualité des services fournis par les opérateurs en télécommunications. Il s’en était suivi de grosses amendes ; notamment pour Mauritel et Mattel. Un an après, les choses n’ont pas vraiment changé. Bien au contraire… 

 

La mission de janvier 2008 avait permis de constater des manquements aux engagements prescrits dans les cahiers de charges des opérateurs. En conséquence, Mauritel sa, Mattel sa et Chinguitel sa, avaient été sanctionnés pécuniairement. Ils ont ainsi dû s’acquitter respectivement de cent trois millions trois cent trente mille ouguiyas, vingt huit millions, et douze millions six cent quatre vingt dix mille, au Trésor Public. Un an plus tard, les mêmes griefs sont retenus ;  particulièrement (toujours) plus prononcés à l’endroit de Mauritel. En effet, le niveau du taux de perte d’appels, jugé le plus pertinent et reflétant au mieux la qualité de service perçu au quotidien par les usagers, est en cette période de l’année, de 32% pour Mauritel, 22% pour Mattel et 7% pour Chinguitel alors que ce taux devrait rester inférieur ou égal à 5%. Le niveau de ce taux, jugé pourtant le plus pertinent, et reflétant au mieux la qualité de service perçu au quotidien par les usagers, était particulièrement élevé pendant les jours des offres promotionnelles (68% pour Mauritel et 21% pour Mattel). L’ARE a entamé sa litanie annuelle, suite au constat de ces défaillances: elle a mis en demeure les opérateurs de se conformer à leurs engagements en terme de qualité de service dans la ville de Nouakchott et ce dans un délai d’un mois à compter du 19 février 2009. Par ailleurs, l’institution de contrôle a attiré l’attention des opérateurs Mauritel et Mattel sur la dégradation significative de la qualité de leurs services, coïncidant presque systématiquement avec les périodes des offres promotionnelles. Dès lors, on peut se poser la question de l’opportunité de ces offres, si les clients n’en profitent pas pleinement.

 

Les mêmes pépins sur le réseau Mauritel 

 

D’autant plus avec
la Mauritel, qui depuis deux semaines enregistrent de gros pépins sur son réseau: Des clients ont vu leur crédit augmenté ou diminué miraculeusement par le réseau.
Ahmed Ould Abba, chargé de communication de l’opérateur Mauritel mobiles tempère: «On reste le premier opérateur en terme de puces activées et de réseau couvert. Quant au jeu de la concurrence, on tient tête. Il ne faut pas oublier que lorsque toutes les deux semaines on offre des promotions de 100% sur toute recharges. En réalité ce qui en découle c’est un coût de communication d’à peine 19,5 ouguiyas la minute!». Pas si évident aux yeux de l’ARE, qui constate qu’au 18 février 2009, l’opérateur le plus cher reste toujours Mauritel, avec soixante-cinq ouguiyas la minute, pour le prépayé, contre cinquante-deux pour Mattel, et toujours Chinguitel qui a la palme du plus attractif au niveau du prix avec quarante ouguiyas, et ce quelque soit l’opérateur appelé.

 

L’ARE s’en sort-elle? 

 

Chinguitel table sur la tarification à la seconde. C’est son arme principale, qui lui permet d’avoir sur le marché les prix les plus bas en termes de coûts d’appels, autant de Chinguitel à Chinguitel, que de Chinguitel à un des deux autres opérateurs. «Le secteur des télécommunications mauritanien étant un marché hautement concurrentiel à marges réduites, les opérateurs et les fournisseurs de services sont contraints de rechercher constamment de nouvelles façons de réduire les dépenses d’investissement et les dépenses opérationnelles pour rester compétitifs. Au-delà de la réduction des coûts, ils doivent impérativement proposer de nouveaux services à valeur ajoutée pour augmenter leur chiffre d’affaires.» analyse Yacoub Abeidi, directeur commercial de WIMEX.

 

MLK

Source : La Tribune n°437




Diplomatie :

24022009

 

 Le retour, accompagnement du CEN-SAD 

Succès de la rencontre de Paris, 

Audience à l’Elysée probable… 

L’un des thèmes classiques de la complainte des Mauritaniens désemparés face à leur mal-administration chronique a été, depuis plusieurs années, le regret que la diplomatie mauritanienne qui avait su, dans les années 1970, se faire une place de choix en Afrique, dans le monde arabe et, au-delà, dans le concert international se soit évaporée à la faveur d’une passivité pleine de contradictions (Irak, Israël) et qui avait causé plus de tort que de bien à
la Mauritanie. Avec quelques nuances et, pour être juste, des circonstances atténuantes ici et là, ce constat était globalement correct. 

Dans un tel contexte et face à ce que l’on peut certainement qualifier de crise la plus profonde de l’histoire politique contemporaine, que pouvait-on escompter de la diplomatie mauritanienne au lendemain du 6 août ? Représentant un pays qui risquait la mise au ban, défendant un pouvoir auquel s’opposait l’Algérie, poids lourd régional, et face à une Union africaine particulièrement déterminée, à une présidence française pour le moins «gênée» par le coup d’Etat, quelles étaient réellement les chances de celui qui devait diriger la diplomatie mauritanienne ? Surtout qu’elle devait faire face à une opposition intérieure qui avait déployé tout son savoir-faire pour contrer le régime en place. Sans précédent si l’on excepte l’épisode AMD dans les années 80. 

Le résultat de la réunion du groupe de contact de Paris est clair : éloignement des sanctions, prise en compte du plan avancé dans le courrier du ministre des affaires étrangères et une invitation à la concorde nationale. Il est le couronnement d’un parcours de 7 mois d’engagement qui peut être le début de la renaissance de la diplomatie mauritanienne. 

Polyglotte, Dr Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou dont le père était diplomate, a vite tissé des relations dans le milieu de la diplomatie régionale. Réussissant à garder les équilibres des relations avec les pays, Ould Mohamedou a réussi à donner une image d’une diplomatie réconciliée avec la compétence et le sens de l’initiative. 

Pour défendre la cause du nouveau pouvoir, une stratégie déployée en trois phases. Phase de l’affirmation qui s’étend de septembre à octobre et qui a vu la campagne d’explications et de sensibilisation, marquée par les rencontres avec de multiples chefs d’Etat. Phase de l’initiative qui s’étend de novembre à décembre et qui a vu la rencontre d’Addis-Abeba du 4 novembre, les négociations de Paris, avec comme première conséquence intérieure la libération du Président déchu. Phase de la refondation qui va de janvier à la réunion de Paris du 20 février et qui a vu se déployer un plan de sortie de crise concocté par les autorités de Nouakchott. 

Le tact du jeune diplomate, ancien professeur à Harvard, a permis à chaque fois de repousser les ultimatums de la communauté internationale (6 octobre, 20 octobre, 10 novembre, 20 novembre, 12 décembre, 5 février et 20 février). Après la rencontre avec le ministre algérien des affaires étrangères à Tripoli le 30 décembre, l’Algérie a demandé à l’UA d’accompagner le processus électoral mauritanien. Les 28 pays du CEN-SAD ont vite fait de s’inscrire en faux par rapport à la décision du CPS du 5 février. Les ambassadeurs nouvellement ont tous été accrédités à part le Mali. L’alliance privilégiée avec l’Etat du Qatar a été renforcée… Sans dramatisation inutile. Sans triomphalisme non plus. 

La conscience de l’impératif de la confidentialité a été pour beaucoup dans la réussite de l’entreprise. Les affaires de l’Etat ne concernent pas les salons et ne doivent pas être dénuées de leur aspect «sacré». C’est ce qui explique son refus à polémiquer au sujet de la désinformation dont il fait l’objet de temps en temps sur les sites internet. Jamais un visa ne lui a été refusé, jamais il n’a été refoulé de la salle de la francophonie. Mais à quoi bon démentir une information malveillante ? Pourtant, Dr Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou était bien reçu par Abdou Diouf et Jean Ping, au siège de la francophonie la veille de la réunion. 

Et pour couronner le tout, nous apprenons de sources parisiennes que le ministre des affaires étrangères Ould Mohamedou a été reçu à l’Elysée, vendredi 20 février, alors que le groupe de contact ouvrait ses travaux. Il aurait été reçu par son homologue français Bernard Kouchner. Les deux rencontres se seraient déroulées très positivement. Joints par nous, les services du ministère ont refusé tout commentaire. 

La sortie de crise n’est qu’entamée. Les modalités pratiques de l’élection du 6 juin restent à définir tout comme la gestion de la présente transition. Mais, pour rendre à César ce qui appartient à César, reconnaissons que l’image de la diplomatie mauritanienne a commencé à percer et que, somme toute, on se doit de le saluer.

Source :  La Tribune n °437




Terrorisme :

24022009

 

 BAQMI étend son champ d’action 

 

Après avoir opéré plusieurs opérations au Maroc, en Algérie, en Mauritanie et au Mali,
la BAQMI frappe au Niger pour la première fois et étend ainsi son champ d’action. 

 

C’est la chaîne du Qatar, Al Jazeera qui a donné l’information :
la Branche d’Al Qaeda dans le Maghreb Islamique (BAQMI, ex-GSPC affilié à la nébuleuse d’Al Qaeda) est responsable de l’enlèvement du diplomate canadien Robert Fowler, envoyé spécial de l’ONU au Niger et de son adjoint, Louis Gray. Cet enlèvement a été opéré le 14 décembre 2008 en plein désert nigérien. Plus proche de nous, l’enlèvement de quatre touristes – deux suisses, un allemand et un britannique – est aussi à mettre sur le compte de l’organisation Jihadiste. C’était en janvier dernier dans le nord du Mali cette fois-ci. 

Les deux actes ont été revendiqués par le porte-parole de BAQMI, Saleh El Qassimi alias Salah Abu Mohammad dans un enregistrement audio diffusé sur le Net. « Nous sommes heureux de transmettre, à
la Oumma Islamique, la bonne nouvelle du succès de l’opération menée par les moujahidines au Niger »,  a-t-il déclaré avant de préciser que son organisation « se réservait le droit de traiter les six captifs conformément à
la Charia Islamique ». Menaçant ainsi de les exécuter si les doléances de l’organisation ne sont pas satisfaites. 

Le procédé de l’enlèvement des étrangers est une pratique qui rapporte gros à l’organisation salafiste qui opère dans la région sahélo-saharienne. On se souvient de l’opération menée par le groupe du GSPC dirigé par El Para et qui avait rapporté quelques millions d’euros. Plus proche encore, l’enlèvement des deux autrichiens en Tunisie et qui aurait lui aussi rapporté gros. 

En plus du butin, l’organisation demande la libération de deux de combattants «détenus dans un pays de la bande sahélo-saharienne», selon la presse qui cite des officiels maliens. Suivant les premières conclusions de la presse, on a cru qu’il s’agit de deux mauritaniens arrêtés il y a quelques mois au Mali – dans la zone de Kayes – et détenus depuis, sans que la sûreté nationale mauritanienne demande leur extradition. Tiyib Ould Sidi Ali et Hammada Ould Mohamed Khairou, parce qu’il s’agit d’eux, avaient fui la police mauritanienne chacun à un moment. 

Ould Mohamed Khairou fait partie du premier groupe arrêté pour avoir suivi un entraînement dans les camps du GSPC en vue d’aller en Iraq «combattre les infidèles». Il a été arrêté en même temps que six autres sur dénonciation de l’un de leurs compagnons. Lui, Khadim Ould Semani et Sidi Ould Habott réussiront à fuir de la prison de Nouakchott en 2005, au lendemain du coup d’Etat. Ils se séparent dès leur sortie. Ould Semane va au Sénégal, Ould Habott reste ici – il sera arrêté par la suite – et Ould Mohamed Khairou gagne les Emirats, on ne sait par quelle route. Quand il revient du Golf, il est visiblement envoyé au Mali pour servir de relais aux combattants nouvellement recrutés. Il se marie et s’installe à Tombouctou. Il y reste et y accueille de nombreux Maghrébins, y compris des compatriotes qu’il achemine vers Khalil dans le nord du Mali, puis vers les PC de combat de l’organisation GSPC devenue BAQMI. Il reste en relation avec ses amis emprisonnés en Mauritanie ainsi qu’avec ceux qui sont libres. Ils organisent de multiples exfiltrations de combattants recherchés au Maroc, en Algérie ou en Mauritanie. Il est arrêté à Kayes en juillet 2008. 

Ould Sidi Ali fait partie lui du groupe lié à Khadim Ould Semane. Il aurait hébergé Sidi Ould Sidina et Maarouf Ould Haiba, alors en cavale en avril 2008. Il est depuis recherché par la police mauritanienne. On ne sait pas exactement quand est-ce qu’il a été arrêté au Mali. Peut-être qu’il fait partie des deux mauritaniens dont l’arrestation a été opérée accidentellement à Kidal en juillet 2008, à la suite de l’explosion d’une bombe artisanale qu’ils étaient en train de manier ou de confectionner. C’est du moins ce qu’on avait raconté à l’époque. 

A l’époque justement, la police mauritanienne commençait à baisser la garde et à s’intéresser de moins en moins aux activités des présumés terroristes. Le départ du Général Mohamed Ould Ghazwani et les remaniements au sein de l’Appareil sécuritaire expliquent cette «désaffection». Le contrôle politique interne était redevenu l’activité première, pour ne pas dire plus. 

Ces deux combattants auraient été en fait libérés dans le cadre de l’échange des deux journalistes autrichiens libérés après huit mois de détention par BAQMI. L’échange demandé par l’organisation concernerait plutôt certains des prisonniers détenus à Nouakchott. Lesquels ? On ne sait pas encore. Il faut dire que les mauritaniens sont de plus en plus présents sur les champs de bataille de BAQMI. Ils avaient déjà agi aux côtés de Ben Laden. Les voilà autour des chefs de guerre dans le Sahara central. 

En tout état de cause, même si on peut affirmer que l’effectif des mauritaniens présents au sein de BAQMI est important, on ne peut le chiffrer. On sait quand même qu’un mauritanien du nom de Hamza Abu al-Batoul Al-Mouritany a été tué en janvier dernier en Algérie dans une opération visant un groupe de combattants jihadistes. De son vrai nom Isselmou Ould Abeid, il serait natif de la zone de Wad Naga au Trarza. Ancien enseignant de Coran à Nouakchott, il serait allé rejoindre le GSPC devenu BAQMI en 2004. Les autorités algériennes ont annoncé sa mort en même temps que son compagnon, marocain, du nom de Abu al-Hareth Youssouf al-Maghriby engagé lui depuis 2005. En 2007 déjà, les autorités sécuritaires algériennes avaient annoncé la mort de quatre mauritaniens combattant aux côtés des salafistes algériens. Le gouvernement mauritanien de l’époque avait refusé de recevoir les dépouilles. On ne sait donc pas grand-chose sur l’identité de ces combattants. A ce moment là les autorités politiques mauritaniennes refusaient de reconnaître l’existence d’une menace terroriste en Mauritanie. Sur d’autres théâtres de combat, on peut noter quelques noms : Ahmedou Bamba alias Abu Mohamed Al-Jakani mort à Lemghayti en 2005, Sidna Ould Khattari alias Abu Zeineb kamikaze qui s’est fait exploser à Lebouira en Algérie en 2008, Mohameden Ould Maqam Abu Khaitama mort en janvier 2007 en Tunisie, Ahmed Ould Radhi et Moussa Ould Mohamed Ould  Ndoye morts à Nouakchott en avril 2008. Au moment du démantèlement de l’organisation «Ansar Allah al Mourabitine vi Bilaad Chenguitt» dont les principaux chefs et activistes sont actuellement en prison. Cette organisation est la fille naturelle du Groupe Islamique Jihadiste de Prédication et de Combat en Mauritanie, le GIJPM, branche mauritanienne du GSPC. La trans-maghrébine du terrorisme comprenait un groupe de combat et de prédication pour chaque pays. En septembre 2006, le GSPC s’est rallié à Al Qaeda de Ben Laden, devenant une branche de la nébuleuse internationale. 

 

Bechirou Wade 

Source : 
La Tribune n°437 




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

19022009

 Sanctions ciblées !?

Priver les membres du gouvernement et les hommes d’affaires d’influence de déplacement suppose une réduction des possibilités de tisser des partenariats avec des acteurs de développement. C’est au niveau du partenariat avec les pays développés et voisins que ces sanctions peuvent toucher l’économie du pays.

Ainsi la Mauritanie risque d’être isolée diplomatiquement. Pour comprendre les effets de ces sanctions bien que ciblées, il faut mettre en exergue le volet communicatif précisément, c’est au niveau de la communication et l’interaction avec la communauté internationale que les enjeux seront déterminants.

Ces sanctions peuvent être une étape vers d’autres sanctions plus graves. Le pays a besoin d’une ouverture d’autant plus que le monde est affecté par une crise économique sans précédent. Le pays a besoin également d’exploiter sa situation géographique.

Déjà le retrait de la deuxième République de la CDEAO a affecté les exportations du pays vers la sous région. La Mauritaniedoit œuvrer par le biais des opérateurs maghrébins à créer une industrie de transformation notamment sardine, boisson, pattes. Ces produits pour qu’ils créent de la valeur ajoutée doivent être exportés vers l’Afrique subsaharienne.

En somme, quoiqu’on dise, l’économie du pays sera affectée directement ou indirectement par les mesures entreprises contre les dirigeants actuels. Par ailleurs, on évoque qu’au moment de sa prise de pouvoir, le gouvernement du 6 août avait une réserve de devises avoisinant quatre mois d’importation.

Présentement, l’offre et la demande en devise sont loin d’être équilibrées. Ce qui sous entend qu’à long terme les commerçants importateurs auront la peine à régler leurs factures en devise. Quelle conséquence ?

Politiquement, le Général a son interprétation spécifique des faits relatifs aux sanctions ciblées. Il s’agit tout justement des sanctions qui concernent pour ainsi dire les membres du HCE. Peu importe !

Les quinze du Conseil de sécurité et de paix de l’OUA ne savent pas trop sur la situation interne. En plus les autres pays africains sont contre ces sanctions. Et si le dossier est transféré au niveau des Nations unies, l’interprétation sera la même. Les décideurs qui voteront ne connaissent pas la situation interne du pays. Une explication logique mais pas tout à fait partagée.

Chaque pays a ses spécificités, ses propres problèmes, néanmoins le monde suit, d’une part une logique d’intérêts, et d’autre part un mécanisme relationnel et rationnel bien que limité. Aux yeux du monde Il y a eu un coup d’Etat militaire en Mauritanie.

Comment alors convaincre les acteurs de la scène internationale pour qu’ils puissent avaler la pilule de la rectification ? Celle-ci se base, semble- t-il, sur un renforcement apparent du pouvoir du Général. Même si celui-ci veut du bien pour les citoyens, le contexte demeure peu favorable pour qu’il soit légitime aux yeux des organismes internationaux.

Le Général a avoué, cependant, qu’il est prêt à se sacrifier pour le pays. A quel sacrifice fait-il allusion ? A-t-il une culture d’écoute ?

m_barrada@yahoo.fr
Source : La Tribune n°436




La main tendue du général ou

19022009

  

Démission imminente ! 

 

              L’homme est incontestablement patriote. Il a le sens du sacrifice comme il l’a prouvé en 2005, quand il a remis le pouvoir à un gouvernement démocratiquement élu. Il a aussi le sens de l’honneur et de la fierté car il n’a pas accepté d’être mis à la porte comme un « esclave », lui et ses pairs généraux, lorsque Sidoca, désespéré par les députés  «  frondeurs », a démesurément agi. 

            Aujourd’hui il veut la paix des braves, il compte peut être sauver  ce qui reste d’une Démocratie qu’il a longtemps rêvée.  Pourtant, cela est presque sur, il ne veut pas gouverner dans l’illégalité ; contestée et huée par les européens et les américains dont le support et l’aide lui seront utiles, une fois démocratiquement élu ,a travers un suffrage libre et transparent . Soulignons en passant que bien que la crédibilité des résultats  dépend de l’appréciation des mauritaniens, le vote ne peut  se passer de   l’approbation de la communauté internationale dont l’aide au développement en est tributaire. D’autant plus que notre pays était candidat pour des mécanismes d’aide préférentiels tels que le le MCA (millennium challenge account) et le AGOA (african growth and opportunity). 

          Le général AZIZ c’est de lui que je parle connaît parfaitement ce que veulent les puissances occidentales, il l’ont officiellement annoncé : « ….the junta announced plans to organize unconstituonal elections along  with its  attempts to silence president Abdallahi  and his supporters violate democratic norms .we reiterate our call for the immediate return to constitutional order » usa foreigh office 

 

ou selon le department d’état: »the international community is urging
Mauritania to restore its democratically elected government and is pressing guinea to hold democratic elections this year……” 

 

          Il va donc présenter sa démission en Avril, passer les commandes au président du sénat  monsieur Ba M’baré et se soumettre au libre choix des mauritaniens avec son programme dont les contours se dessinent déjà : 

Santé pour tous à moindre coût, subvention des denrées de première nécessité pour réduire les prix,  modernisation de l’armée, lutte anti-terroriste et drogue, contrecarrer  le détournement des deniers publics,  asseoir la bonne gouvernance et  renforcer les institutions démocratiques et les liberté etc. …. 

 

          Bien évidemment, il ne tombera pas dans les sentiers battus de l’ère Maaouya qui faisait semblant de faire la démocratie, et  tout en restant despote éclairé, il emmaillait d’irrégularités manifestes le processus électoral.  Car cela ne marche plus ; Saleh l’a prouvé et le putch du 3 août 2005 aussi. 

          Les armes de cet homme seront donc la sincérité, la modestie et l’humilité. L’intégrité et le sens du leadership moderne et novateur l’obligeront à prendre en compte l’avis de tous les mauritaniens mais aussi nos partenaires africains, européens et américains. 

       Parce qu’il a été franc avec les mauritaniens en 2005, il le  sera, sans doute, en 2009 ! Car c’est cela même qui peut motiver un grand général ; ce n’est pas l’appétit du pouvoir ,trop égoïste, mais plutôt l’intérêt public  et la mise en œuvre d’un projet de société dans lequel tous les mauritaniens se retrouvent ou du moins leur majorité . Aussi le conditionnement tribal et régional ne sont plus de mise et ne servent qu’à amplifier d’avantage  les clivages d’une société déjà éprouvée  par les injustices de tout ordre et l’inégalité des chances. 

         Monsieur sidi Mohamed ould cheikh Abdallahi et le FNDD doivent donner du mou ; s’asseoir à table et discuter avec le général « démissionnaire » et Ahmed ould dadah et Massoud et les autres …c’est cela l’essence d’une nation démocratique. 

 

       Loin  de toute passion, l’ex-president sidi doit « démissionner » lui aussi comme le général pour donner plus de crédit à celui que les mauritaniens vont choisir librement pour présider à leur destinée. Et  ELY OULD MOHAMED VALL….. 

                                                               

                                                                         Jemila lachiakh ingénieur géologue

Source : www.barrada.unblog.fr 

 




Le général et l’Afrique

16022009

      Le conseil  de sécurité  et de paix de l’UA a malheureusement annoncé  la sanction des membres  du haut conseil d’état rendant le retour à une vie politique normale en  Mauritanie, plus  ou  moins hypothétique.   Cette mesure bien que dictée par un souci de stabilité de l’Afrique, et qu’elle  vise à fermer la porte aux changements non constitutionnels et les coups d’état  semblent  hélas,  est peu adaptés a la  spécificité du jeu politique mauritanien. 

     Il suffit pour s’en convaincre d’être attentif et de comprendre dans leur dimension réelle  les éléments qui ont présidé a la naissance de ce qu’il est convenu d’appeler le changement du 6 Aout 2008.          Plusieurs crises interpellaient
la Mauritanie .elles étaient de plusieurs ordres  (politique, économique, culturelle et sociale) et pesaient de tout leur poids sur le   quotidien du citoyen mauritanien, déjà éprouvé par le renchérissement du coût de la vie. 
      En fait,  Ces mêmes militaires qui sont aux commandes aujourd’hui ont  jeté les bases de la démocratisation du pays en organisant des  élections libres et transparentes  lors   de la transition de 2005.cependant plusieurs handicaps vont émailler négativement cette œuvre : l’inexistence de partis politiques murs, l’ignorance et l’analphabétisme de la majeure partie des citoyens, le  manque de maturité civique et patriotique des électeurs ect … tout cela vise  à discréditer les résultats de ces élections . 

    Apres l’élection de sidi ould cheikh abdallahi, la déception fut   totale  car «  la démocratie » n’a pas changé les conditions de vie du citoyen qui a continué à vivre la pauvreté, la misère et la privation ; le tout accentué par une conjoncture de crise économique mondiale.  Plusieurs mouvements revendicatifs ont été observés .des manifestations à l’intérieur du pays ont même engendré la perte de vies humaines. L’enseignement a connu une crise sans précédent et les résultats scolaires des étudiants et élèves frisaient l’intolérable. 

La fracture sociale héritée des événements de 89 a fait que le retour des refugiés mauritaniens du Sénégal était une œuvre difficile et a participé à   minimiser plusieurs autres défis auxquels les mauritaniens sont confrontés (injustices, drogue, gabegie, détourent de deniers publics, terrorisme ect…) 

La prise de conscience des parlementaires des défis et enjeux auxquels le pays fait face, les rend plus rigides et plus exigeants à l’égard d’un régime présidentiel  peu conciliant .très vite d’ailleurs le clientélisme, le régionalisme  vont prendre en otage le gouvernement de sidi. 

Le HCE a donc intervenu pour l’intérêt du pays et pour sauver la cohésion sociale. La sanction africaine contre le régime  du général Aziz  risque d’annihiler les efforts déployés par toutes les forces vives mauritaniennes  dont  l’objectif est d’aboutir a une véritable sortie de crise.                                                   Jemila lechiakh ingenieur géologue   

Source : La Tribune n°436




Crise politique :

16022009

 

 Confusion GENERALE 

La décision du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine de prendre des sanctions «ciblées» contre quelques éléments du pouvoir actuel. Personne ne sait à présent qui est visé par la décision. Mais on peut aisément déduire que les membres du HCE et de son gouvernement seront concernés. Alors il y a lieu de se demander comment le pouvoir mauritanien va se normaliser. 

Rien ne semble inquiéter le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef de la junte issu du 6 août. Pour la décision du CPE émane d’un organisme composé de 15 membres, alors que le groupe du CEN-SAD composé de 28 membres, a apporté son soutien au processus engagé par le HCE. Pour lui s’il y a sanctions, les membres du HCE seront les seuls à en souffrir. Préférant axer sur le gel des comptes à l’étranger précisant que les membres du HCE «n’ont pas de comptes à l’étranger». Il est vrai que certains ministres, bénéficiant du statut de double nationalité – interdit en Mauritanie pourtant -, seront touchés par la mesure, eux qui ont les avoirs à l’extérieur. 

Pour y voir plus clair, il faudra attendre la réunion prévue le 20 février à Paris sur initiative de l’OIF. C’est effectivement ici que la communauté internationale se décidera ou non à suivre l’UA dans sa détermination à faire plier les autorités militaires du pays. Déjà, le commissaire européen Louis Michel, a exprimé son soutien aux démarches africaines. Bien avant,
la France, l’Allemagne, l’Espagne et tous les européens en rapport direct avec le dossier, avaient déclaré que la conduite à tenir sera dictée par l’UA. L’option mondiale aujourd’hui est de donner du crédit aux instances africaines dans la résolution des conflits sur le continent. Dans le cas d’espèce – celui de
la Mauritanie – aucun pays ne semble chercher à faire atténuer les positions du CPS africain. D’ailleurs toutes les décisions sont prises à l’unanimité. C’est pourquoi il y a lieu de croire qu’aucun pays ne s’est sérieusement opposé aux sanctions. Aujourd’hui le processus d’universalisme des sanctions commencera au lendemain de la réunion de Paris. 

En fait l’épisode d’Addis-Abeba a été un revers inexpliqué pour le pouvoir à Nouakchott qui semblait être sûr de son fait. Finalement la délégation dépêchée dans la capitale panafricaine n’a pas réussi à convaincre. Si l’on y ajoute les altercations avec l’autre délégation, celle représentant Ould Cheikh Abdallahi et le FNDD, on peut avoir d’ici l’image de
la Mauritanie qui restera dans les esprits de nos frères africains. Le ridicule. Largement. 

Circonstance aggravante du tournant des sanctions : l’annonce, en plein conseil des ministres, de la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. En précisant ses intentions, le Général chef de l’Etat, coupe l’herbe sous les pieds de ses alliés. Surtout que l’élément de comparaison avec
la Guinée et les déclarations de sa junte, ainsi que la conjoncture internationale compliquent d’avantage la situation pour le Général. Reste les initiatives de conciliations et de rapprochement des points de vue. 

L’intercession la plus crédible est celle développée par le Guide libyen Moammar Kaddafi. Actuellement président de l’UA et «Roi des chefs traditionnels africains», Kaddafi est tout indiqué pour ramener les hommes politiques à la raison. En effet rares parmi eux sont ceux qui n’ont pas bénéficié de ses largesses. Que ce soit pendant les dernières élections ou en dehors. Aussi a-t-il envoyé un émissaire spécial, très spécial, parce qu’il s’agit de Rave’ El-Madani qui a joué des rôles de premier plan dans le dispositif libyen. Grand connaisseur de la société maure, il a l’habitude de traiter avec les mauritaniens. 

Sa visite est officiellement destinée à «écouter» les parties. Il a entendu le Général Ould Abdel Aziz, le Président déchu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir, le leader de l’Opposition Ahmed Ould Daddah, les leaders du Front national de défense de la démocratie (FNDD), des élus soutenant le putsch, quelques membres de la société civile… 

Sur les détails du plan libyen, on ne sait pas grand-chose. On a beaucoup parlé d’un plan «international» qui aurait l’onction du Qatar, de
la France, de l’Espagne et de
la Libye. Il s’articulerait autour de quatre points : démission simultanée des deux principaux protagonistes (Ould Abdel Aziz et Ould Cheikh Abdallahi), constitution d’un gouvernement d’union nationale autour de la majorité actuelle, mise en place d’une CENI consensuelle et la gestion de la transition par le président du Sénat. Ce plan aura pour avantage de «revenir à l’ordre constitutionnel», suivant les desiderata de la communauté internationale. Et surtout de débarrasser le pouvoir des deux protagonistes à l’origine de la crise actuelle. 

Quoi qu’il en soit, l’une des parties a déjà exprimé son opinion. En effet dans une déclaration à l’AFP à la suite de la rencontre avec l’émissaire libyen, le porte-parole de Ould Cheikh Abdallahi Ahmed Ould Samba a déclaré : «Le président refuse de dialoguer avec les putschistes, mais si l’armée quitte le pouvoir et décide de se consacrer à sa mission originelle, la classe politique sera en droit de se retrouver pour dégager une sortie de crise consensuelle ». Et de poursuivre : « La mise en échec du putsch est un préalable à toute solution » et le « président Sidi n’entend faire aucune concession sur cette question de principe ». Le porte-parole de Ould Chekh Abdallahi a indiqué que l’émissaire libyen a signifié à Ould Cheikh Abdallahi « le désir » du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi « de trouver une solution à la crise politique en Mauritanie en ce moment où son pays conduit les affaires de l’UA« . 

Toujours selon lui, « les médiateurs ne sont pas porteurs de proposition » de solution, se bornant « pour le moment à écouter toutes les parties et voir dans quelle mesure les différents partenaires de la crise peuvent se retrouver autour d’une table de négociations ». 

Visiblement les libyens sont engagés à trouver une issue avant l’internationalisation de la question. Surtout que Kaddafi n’acceptera pas d’échouer dans sa première mission de président de l’UA. Pour cette réussite, il déploiera tous les moyens, matériels et politiques. Il n’est pas exclu que
la Libye invite les parties mauritaniennes à Tripoli qui connaît souvent des réunions de réconciliation de ce genre. Selon toute vraisemblance, la délégation libyenne a mis en garde toutes les parties contre les conséquences de l’embargo international, citant l’expérience libyenne en ce sens qu’elle a qualifiée de désastreuse, appelant, toutefois, les mauritaniens à épargner à leur pays, coûte que coûte, ce genre de situation. L’émissaire libyen a déclaré que tous les partis politiques devraient être conscients que l’internationalisation de la crise mauritanienne pourrait mener vers des conséquences incalculables et incontrôlables. Il a ajouté que, même s’il demeure peu probable que la communauté internationale fasse recours à l’intervention militaire en Mauritanie, il n’en demeure pas qu’elle puisse prendre beaucoup d’autres mesures qui pourraient porter de graves préjudices à ce pays. Il conviendrait, à cet égard que les différentes parties s’attèlent à rechercher une solution interne pour sortir le pays de la crise avant la transmission du dossier au Conseil de sécurité de l’ONU (selon ANI). 

Dans une déclaration à l’agence Saharamedia, l’émissaire libyen s’est déclaré optimiste pour la multiplicité des points de convergence entre les différents acteurs. On se souvient que ce sont là les conclusions de la mission de médiation du centre qatari des droits humains il y a quelques semaines. En fait les acteurs politiques mauritaniens se cantonnent chacun sur une position que les étrangers ont des difficultés à comprendre. On se rappelle quand un Ambassadeur d’une grande puissance résident à Nouakchott, exprimait devant la presse sa surprise face à des doléances visant à faire décréter un embargo contre
la Mauritanie. «Je n’ai jamais vu ou entendu des responsables politiques chercher à provoquer des sanctions contre leur propre pays». 

Aussi est-il très difficile de fixer la position exacte du personnel politique mauritanien. Le FNDD veut-il réellement du retour de Sidi Ould Cheikh Abdallahi ou en fait-il une carte de négociation ? D’ailleurs ya-t-il négociations réelles entre les différents protagonistes ? Les soutiens de Ould Abdel Aziz sont-ils réellement engagés pour la personne ou pour la conjoncture ? La position du RFD est-elle une position de principe ou est-elle dictée par la volonté de se frayer le chemin du pouvoir, par la voie la plus facile : en excluant Sidi et Aziz ? 

Les observateurs sont d’accord aujourd’hui pour dire que
la Mauritanie n’a pas beaucoup de choix. Ni le pouvoir du moment. Ni l’opposition. Ni l’entre-les-deux. 

Avant le 20 février, les intentions du Général doivent nécessairement être clarifiées. Veut-il se présenter, auquel cas comment ? Déjà la décision de convoquer un référendum pour le 20 juin – «couplé avec le deuxième tour de la présidentielle» – a-t-elle suscité la surprise voire l’appréhension générale. 

Lors des Etats généraux de la démocratie (EGD), la question des amendements de
la Constitution a suscité une grande polémique avant de provoquer le retrait momentané du RFD de Ould Daddah. Puis est venu le temps de «l’écoute» qui s’est soldé par la déclaration du Premier ministre devant le Parlement réuni pour entériner, sous forme de résolution, les conclusions des travaux des EGD. En présentant la feuille de route de la transition proposée, le Premier ministre a relevé trois axes parmi lesquels le choix de ne pas toucher à
la Constitution dans la conjoncture actuelle. Ce plan a été non seulement adopté par l’Assemblée, mais il a été politiquement exploité et présenté comme une concession de la part du Général et du HCE. Quelle ne fut donc la surprise d’entendre le ministre de l’intérieur annoncer, au milieu d’un discours devant les Walis, la date du prochain référendum. La surprise était d’autant plus totale que seule le Président – le chef de l’Etat dans le cas du HCE – a droit de décider la tenue d’un référendum sur
la Constitution. Ce qui ajoute à la confusion générale qui règne déjà. 

En effet, il est très difficile à présent de comprendre ce qui se passe. Sitôt libéré, Isselmou Ould Abdel Kader a été reçu par le chef de l’Etat. Un jour, le secrétariat général du HCE lance la création d’un parti, le lendemain le processus s’arrête. Un jour, on promeut les initiatives de soutien au HCE et les demandes de candidature de son président. Le lendemain, on les interdit avant de les provoquer à nouveau. 

Mais le plus inquiétant reste les informations et contre-informations qui circulent çà et là. Un jour c’est le ministre des pêches qui annonce un investissement de 120 millions dollars pour le traitement du poisson à Nouakchott. Le lendemain, on découvre que l’accord est plus que douteux. Un jour le Conseil des ministres annonce la signature d’un accord avec l’Espagne. Le même jour, l’Espagne officielle nie. Pas de sanctions. Pas de confirmation de la part des autorités. Alors ? 

La seule décision qui peut tout changer concerne l’avenir du Général : que veut-il ? Il est difficile jusqu’à présent de le confiner dans le rôle de l’assoiffé de pouvoir pour différentes raisons. La première et la plus importante est celle que nous ne cessons de répéter : les pères du 3 août et de la transition qui a suivi, ne peuvent se réduire à des apprentis despotes. La deuxième raison, importante aussi, est la difficulté pour lui de légitimer ce qu’il est en train d’entreprendre. Quel qu’il soit. 

Le grand danger pour le pouvoir aujourd’hui est sans doute cette alliance objective qui se tisse lentement mais surement, entre ses soutiens immédiats et ceux de FNDD. Chacun, ici et là, voulant l’amener à se porter candidat. Les uns pour garder des privilèges liés à la proximité du pouvoir ou à son exercice. Les autres pour pousser le HCE à la faute irréparable. 

Autre menace, c’est de continuer à prendre à la légère les injonctions de la communauté internationale et de compter sur l’existence d’un front intérieur dont la réalité est factice. Personne, mieux que le Général Mohamed Ould Abdel Aziz ne décèle le faux dans les initiatives de soutien actuelles, la vanité des fausses envolées d’intellectuels organiques. 

En attendant,
la Mauritanie sombre dans une atmosphère confuse et délictuelle, faite d’incertitudes quant à l’avenir, d’atermoiements dans la gestion du présent et d’absence de prise en compte de ses récentes expériences. Bonnes ou mauvaises. 

 

MFO 

 

 

Source :
La Tribune n°436 




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

16022009

Edito de

La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère 

 

Je sais depuis la semaine dernière que dans certaines contrées de l’espace Maure, les enfants récitent une devinette (t’hajiya) qui dit : «mollbolleyh, mbollbolleyh, içafag baydih u ker’ayh». La réponse est, selon les enfants de ces contrées «Lemghass», les ciseaux. 

J’ai trouvé utile d’en faire part à mes lecteurs pour faire le rapprochement entre Lemghass et l’intellectuel mauritanien d’aujourd’hui, celui qui «applaudit des pieds et des mains». Pour ce qui ne le savent pas le surnom de «Lemghass» est donné dans le jargon mondain, à celui qui fait montre de débrouillardise, de maîtrise de tous les systèmes ‘D’… à la limite du brigandage selon les bonnes vieilles traditions des sociétés où les razzias étaient plus assimilées à des actes de guerre «nobles» qu’à une violence moralement injustifiable. 

Ses «valeurs» sont : «tvegrish», «tlahliih», «thiebthiib», «legtou’iya», «shtaara»… Pour traduire cette terminologie, j’utiliserai des mots évocateurs pas nécessairement le sens strict : «bravoure» au sens de capacité à braver les écueils, à passer outre les règlements et les normes ; «aiguisé» au sens de pénétrant, de savoir faire un scalp, un dépeçage rapides ; «débrouillard» au sens toujours d’actes hors normes ; «coupeur» au sens d’arracher les morceaux là et quand il le faut ; «rapidité» au sens d’une blitzkrieg contre les normes, de la recherche de solutions en dehors du régulier… 

C’est un vocabulaire, une culture d’époque. Celle de ces dernières décennies. Elle caractérise son homme. Le mauritanien d’aujourd’hui. Heureusement pas tous les mauritaniens. Malheureusement ceux qui occupent l’espace public et qui inondent le pays de salive et de mots mille fois ressassés. 

Le plus grave, c’est que la course est lancée. C’est à qui peut faire plus de bruits. A qui peut faire plus de faux semblants. Comme à la fin du régime de Ould Taya, cela prend de graves proportions parce que cela épouse désormais les contours tribaux, ethniques et particularistes. Comme si
la Mauritanie avait encore besoin de créer de nouveaux clivages, de nouveaux segments. La société est déjà assez atomisée, assez disloquée pour l’exposer à tous les risques. 

Hier encore (samedi 14/2), l’ancienne maison des jeunes abritait une manifestation singulièrement inquiétante. Des dizaines de Haratines, rien que des Haratines, étaient venus là manifester visiblement au nom de cette communauté leur soutien au HCE. 

Ce dimanche j’ai lu dans un quotidien arabophone de la place que la tribu «Awlad Bou’li» ont manifesté leur soutien au Général. 

Demain je verrai les Ciouballo, les Imraguen ou les artisans manifester, au nom de leurs communautés respectives ce soutien. 

Je lirai les noms de tribus maraboutiques, guerrières, intermédiaires, apportant leur soutien. 

Et après ? 


La Mauritanie est déjà éclatée. Elle s’est déjà fourvoyée plusieurs fois. Les mêmes acteurs qui mobilisent aujourd’hui sont ceux qui ont trompé Ould Daddah, Ould Mohamed Salek, Ould Louly, Ould Haidalla, Ould Taya, Ould Mohamed Val et Ould Cheikh Abdallahi. 

Le seul parmi ceux-là qui a finalement résisté a été Eli Ould Mohamed Val. Il en a gardé une grande aura malgré tout le reste. Les autres… ils sont partis, chacun son tour, chacun par le plus proche de ses collaborateurs, chacun au moment où il se croyait le plus invincible… 

Ils ont voulu croire à l’immaturité du peuple. Le peuple a vu que la meilleure manière de se débarrasser d’eux était de jouer le jeu de la crédulité. La question «qui trompe qui ?», je l’ai posée quand quelqu’un a présenté un manuscrit soi-disant de l’ascendance du Président Ould Taya, et quelqu’un d’autre lui a donné comme cadeau un Coran, avec un commentaire peu respectueux. C’était durant la célèbre visite du Trarza en 1997. 

Chaque fois que l’un des dirigeants sus-cités a ignoré les véritables doléances du pays, chaque fois qu’il a refusé d’associer le plus large éventail des mauritaniens, chaque fois qu’il a essayé de n’en faire qu’à sa tête, qu’il s’est laissé apprivoiser par une cour de bouffons et de gourmands, qu’il a refusé d’anticiper dans la recherche des solutions du pays, qu’il a tenu à exclure les uns ou à se laisser aller au service des autres, qu’il a donc été incapable de faire miroiter un projet au pays, chaque fois l’issue a été fatale. Pour lui. Espérons qu’un jour cette fatalité n’entraîne le pays tout entier. C’est ce qui est à craindre. 

 

Source :
La Tribune n°436 




Médite, ô pays…

16022009

 

 Avant-hier soir à 00 heures 48 mn, je suivais une scène d’un épisode du feuilleton Oumar Ibn Abdel Aziz, le cinquième khalife, (selon le qualificatif qui lui a été donné à la faveur de la Nahda…)  C’était sur TVM. La scène avait ceci de saisissant : l’émir des croyants dictait des décisions juridiques à un de ses secrétaires. On eut dit qu’il faisait un testament. Entre autres ordres, il disait : « n’appliquez aucun verdict avant d’être persuadé de l’incontestabilité des preuves apportées ; si quelqu’un commettait un vol ne lui coupez  jamais la main avant de vous assurer des conditions qui l’ont poussé à un tel acte. S’il arrivait qu’un esclave vole, faites convoquer son maitre sur qui vous appliquerez la loi. Car s’il ne l’avait pas affamé et lésé, son esclave n’en serait pas arrivé à cet extrême. » Il se faisait tard. Le secrétaire demanda à son émir d’attendre le lendemain pour continuer la dictée. Oumar lui rétorque : « est-ce que tu me garantis que demain je serai vivant ? » 

Au-delà de la mise en scène, il s’agit d’un film qui met l’accent sur le scrupule avec lequel des hommes, qui ont marqué l’histoire politique du monde musulman, se sont comportés face à leurs peuples…Ils étaient ‘démocrates’. C’est peut-être une ineptie lexicale que de les qualifier ainsi.  La justice, l’équité, le respect des droits de l’homme, la foi, la transparence, le savoir vivre et faire, etc. ne sont pas l’apanage de la démocratie. Ces valeurs sont simplement humaines. Elles sont surtout dictées par l’islam dans ses principales sources : le coran et la sunna. Aussi n’est-il pas décent de prétendre diriger des hommes en terre d’Islam et de s’avérer incapable d’un minimum d’équité, d’une dose suffisante de sagesse. 

Voici donc un film plein d’enseignement, diffusé, rediffusé, encore diffusé et rediffusé sur la TVM plusieurs années durant  mais qui n’a jusqu’à présent pas visiblement inspiré nos dirigeants…C’est le lieu de se demander si ces films, très idéalistes, ne sont là que pour apaiser les peuples plutôt que de leur ouvrir les yeux sur la qualité de leurs rois, de leurs présidents, de leurs leaders, etc. 

Il y a presque deux ans, nous avions élu un président qui s’est vite attelé à la tache de justicier : il allait régulièrement à la mosquée, il se comportait simplement. Quand il a parlé des réfugiés, des esclaves ou des victimes du passif humanitaire, c’était comme s’il se sentait coupable de leur sort. De ce que la Mauritanie a fait à ses enfants à moment de son existence…Cet homme, nous ne chanterons pas ses louanges pour une simple raison : sa présence à la tête du pays n’était pas un accident. Elle a été interprétée comme le fruit d’une compromission. En cela, Sidi Ould Cheikh Abdallahi s’est fait tort à lui-même… 

Il fallait refuser le ‘compromis’ historique qui ne sied pas à sa personnalité. Il aurait incarné un Oumar Ibn Khattab, un Oumar Ibn Abdel Aziz…Et les mauritaniens auraient mieux compris le sens de ce feuilleton que certains d’entre eux arrivent à suivre en ce moment sur le petit écran de la TVM… 

Pendant que Sidi était encore président (non renversé), la TVM avait diffusé et rediffusé le feuilleton d’El Hajjaj, l’homme à qui l’on doit la célèbre phrase : « ayyouhan’naass man a’ya’hou daaouhou, fa ‘indi dawaaouhou » (traduction =trahison mais comprenez à peu près : Ô gens, celui qui n’arrive pas à bout de son mal, j’en ai le remède) … Cet homme était l’antithèse d’Ibn Abdel Aziz (Oumar)… 

Médite bien cela, ô Mauritanie 

Kissima 

bentocka@yahoo.fr

Source : La Tribune n°436







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