Politique :

27 01 2009

Elections en vue,

Sidi retourne à Lemden, Aziz reste à Nouakchott

 

Ça va dans tous les sens. Trois colonels promus généraux : Ahmed Ould Bikrine de la Gendarmerie, Mohamed Ould El Hady, directeur de la sûreté nationale et Mohamed Ould Meguette, inspecteur général des forces armées. Désormais six généraux siègeront au sein du Haut Conseil d’Etat (HCE). Sur quels critères, les promus ont-ils été choisis ? Pour appartenance au HCE ? Pourquoi pas les autres ? Pour services rendus à la Nation ? Lesquels ? Pour ancienneté ? Il y a plus anciens. La promotion de ces généraux ne peut être prise en compte dans le dispositif politique en perspective. Ne prenant pas en compte les équilibres élémentaires, régionaux – l’Armée ne compte aucun général des régions Est du pays – et/ou ethniques – l’Armée ne compte aucun général véritablement négro-africain.

 

 

La semaine c’est aussi le retour manqué de Sidi Ould Cheikh Abdallahi à Nouakchott. Annoncé en grande pompe par son porte-parole, Mohamed Ould Samba, ce retour n’a pu avoir lieu à cause des tracasseries dont le cortège a fait l’objet sur la route de Nouakchott. Arrivé à Wad Naga, le cortège, composé d’une quinzaine de véhicules, a été bloqué par la Gendarmerie. Les gendarmes ont d’abord proposé de laisser passer les véhicules, un à un, avec cinq minutes d’intervalle. Ce que Ould Cheikh Abdallahi a catégoriquement rejeté, préférant revenir à son village où il réside depuis sa première libération en novembre dernier. D’abord mis en résidence surveillée par ses tombeurs, Ould Cheikh Abdallahi a été maintenu sur place sur les conseils de ses alliés politiques qui pourraient être gênés par sa présence à Nouakchott. Une source sécuritaire a affirmé aux agences de presse que le président destitué avait été prié « d’éviter une entrée bruyante dans un cortège qui ressemblerait à une manifestation motorisée, mais que les voitures pouvaient entrer en ordre séparé ». Mais selon son porte-parole Mohamed Ould Samba, « le président n’a pas voulu se voir imposer la manière avec laquelle il devait entrer, si sa liberté de mouvement est totale. Il a alors refusé de se séparer de ses accompagnateurs dont des députés, des maires et des hommes de son gouvernement ».

Côté Nouakchott, les chefs des partis composant le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD) ont été retenus au niveau du poste de Tiviritt, quelques mètres avant la grande demeure du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir. C’est dans cette demeure qu’un premier accueil était prévu par les chefs de partis. Boydiel Ould Hoummoid (ADIL) et Mohamed Ould Maouloud (UFP) sont retenus sous prétexte de non présentation de papiers d’état civils. Ridicule, tout simplement.

De retour à Nouakchott, les leaders du FNDD ont tenu une conférence de presse. L’occasion pour le président Messaoud Ould Boulkheir d’intervenir publiquement pour la première fois dans une manifestation du front. «Y en a marre», pouvait-on traduire l’introduction de Ould Boulkheir en ces mots ? Condamnant le traitement réservé au cortège, il dira «Sidi est le meilleur d’entre nous». Avant d’accuser le général Mohamed Ould Abdel Aziz de «ne pas respecter les valeurs traditionnels». En «s’attaquant aux faibles», Ould Abdel Aziz «ne restera pas président et n’en est d’ailleurs pas un». Il ne restera pas «continuellement à la tête de l’Armée». Avant de lui promettre un avenir «semblable à celui qu’il a lui-même réservé à Sidi qui l’a nommé». D’ailleurs pour lui «la seule erreur de Sidi est d’avoir nommé des généraux». Dur, dur…

De l’extérieur, les signes qui arrivent ne sont pas bons. Jean Ping qui déclare en répondant à la question «En Mauritanie, la junte a l’intention de présenter l’un de ses membres à l’élection présidentielle du mois de mai. N’est-ce pas encore plus préoccupant qu’en Guinée ?» : «Si, c’est bien plus préoccupant, il n’y a pas de comparaison. Les auteurs du coup d’État de Nouakchott veulent confisquer la démocratie – et pour longtemps. La Guinée se montre extrêmement flexible et favorable à ce que nous demandons. Pas la Mauritanie.»

De son côté, Said Djinnit, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, a déclaré dans son dernier rapport au conseil de sécurité que si l’Afrique de l’Ouest a fait des progrès considérables dans la consolidation de la gouvernance démocratique, «le processus a connu des revers importants au cours des six derniers mois en Mauritanie et en Guinée, deux pays objets de coups d’État militaires». Le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest s’est efforcé, a-t-il ajouté, de «favoriser un dialogue constructif parmi les partenaires nationaux, régionaux et internationaux» et œuvre pour «faciliter un retour, le plus tôt possible, de l’ordre constitutionnel en Mauritanie et en Guinée». 

Des Etats-Unis d’Amérique, le département d’Etat de la nouvelle administration a rendu public un communiqué dans lequel il dénonce la violation de la liberté de Ould Cheikh Abdallahi qui constitue selon le communiqué une illustration du recul de la démocratie en Mauritanie. Il y est déclaré que « la junte entrave la liberté de mouvement du Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, en l’empêchant de revenir à Nouakchott ». Le communiqué rappelle que la sécurité et l’intégrité physique de Ould Cheikh Abdellahi sont menacées et exhorte la junte à le protéger, lui, ses proches et ses soutiens et à leur garantir une totale liberté de mouvement et de rassemblement. Le communiqué demande un retour à l’ordre constitutionnel et rappelle que les élections présidentielles programmées par la junte, le 6 juin 2009, sont anticonstitutionnelles. Ainsi la junte a rappelé à la nouvelle administration l’existence d’un problème en Mauritanie qui sera désormais inscrit à l’ordre du jour du président Oboma.

Au sommet d’Addis-Abeba, la Mauritanie ne sera pas totalement absente. Une cohorte de parlementaires et de personnalités a été dépêchée aux frais de l’Etat. Pour faire du lobbying, nous dit-on. Pourquoi faire ? Il suffisait de présenter un projet acceptable pour la Mauritanie pour que l’Union africaine, l’Union Européenne et tous les autres partenaires suivront.

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas encore un candidat officiel. Tout ce qu’il fait à présent indique qu’il ne l’est pas. Les choix des collaborateurs civils, la guerre contre certains segments politiques et sociaux influents, l’absence d’un outil électoral à moins de six mois de la date prévue (le 6 juin)… rien ne laisse présager une candidature de Ould Abdel Aziz. Dans le cas d’une non candidature du Général Ould Abdel Aziz, il lui restera à relever le défi de l’organisation d’une élection crédible acceptée par tous et acceptable pour tous.

Le Général est amené à se présenter à la future élection. Soit il décide de démissionner comme il l’a toujours promis dans ses interviews. Auquel cas, il lui restera à assurer les moyens de faire une élection crédible. A quel prix ? et a-t-on encore le temps d’embarquer des figures qui peuvent crédibiliser le processus ?

Le Général candidat pourrait forcer la porte et se porter candidat et réussir sans problème. Parce qu’il n’aura pas de concurrent crédible. Pas d’enjeu aussi pour une élection gagnée d’avance. La Mauritanie aura perdu quelques années pour rien.

 

MFO

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire




bientôt tous en prison, bie... |
WADE - Président - |
la vérité |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Journal d'1 République...
| sarkosy un espoir pour la f...
| Sylvie Trautmann