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Électricité

27012009

 

  

2009 pour relancer la SOMELEC ? 

 

L’année 2008 a montré les limites de production énergétique de la SOMELEC avec les coupures régulières de courant qui avaient repris à Nouakchott particulièrement. Et les raisons conjoncturelles et structurelles avancées devraient justement inciter l’institution publique à davantage investir dans les énergies éolienne et solaire, dont le pays est largement pourvu, pour pallier l’effet yo-yo des prix du pétrole. 

 

Prendre le train du solaire en marche- Bien que le soleil y soit beaucoup plus généreux en surface que le pétrole récemment découvert en haute mer, la Mauritanie tardent à se mettre aux énergies renouvelables, en particulier le solaire, déplorent de jeunes chefs d’entreprises mauritaniens. «Nous pouvons produire toute l’énergie dont nous avons besoin dans la journée avec le solaire» assure un jeune cadre de la SOMELEC, pressé que les choses changent. Mais à part des initiatives familiales individuelles, notamment en milieu rural, l’introduction de l’énergie solaire dans le pays reste extrêmement négligeable.

Même au niveau domestique, on ne voit quasiment pas de chauffe-eau (un des plus gros «mangeurs» d’énergie) solaires alors qu’ils sont nombreux dans les pays méditerranéens. «Le marché ouest africain en général, bouge très lentement. Ils vont dans la bonne direction mais c’est un processus très lent», déclare John Owen, de la compagnie grecque SOLEUAE and MIDLAND Trading, venu en exploration à Nouakchott, et dans la sous-région vanter les mérites de deux types de chauffe-eau solaires. Selon lui, si ces équipements, dont l’achat est rentabilisé en quatre ans, ne sont pas plus utilisés dans la région, c’est parce que les autorités locales ne les ont pas rendus obligatoires, comme c’est le cas en Grèce depuis 1972. Le coût du chauffage de l’eau peut sembler marginal dans la facture énergétique d’un pays. Mais un chauffe-eau électrique de 200 litres consomme environ trois kilowatts. Avec le solaire, on «économise à large échelle une énorme quantité d’énergie» ajoute-t-il.

 

Sortir de la dépendance à l’énergie thermique- La barre du prix du baril de pétrole à 140 dollars ayant été allègrement dépassé l’an dernier, et même avec un baril aujourd’hui à 42 dollars, le yo-yo des prix du pétrole a montré qu’on devait sortir d’une trop forte dépendance à l’énergie thermique. Et le palliatif du barrage de Manantali n’est pas la panacée. «indéniablement la structure de la production de la SOMELEC pèse lourd dans le bilan quand, comme l’an passé, le barrage de Manantali a produit à peu près 75% de ce qu’il devrait produire en raison d’une pluviométrie régulièrement déficitaire. Cela se ressent sur les résultats de fourniture d’énergie électrique» explique Mamadou Kane, Directeur de l’électricité au ministère de l’hydraulique, de l’énergie et des TIC. Dans le cadre de la réforme des secteurs de l’eau et l’assainissement, et de l’énergie initiée par la déclaration de politique sectorielle de 1998, la SOMELEC devait être privatisée après que les activités de fourniture d’eau et d’assainissement d’une part, et d’électricité d’autre part, aient été séparées. Durant toute cette phase de privatisation, qui n’a jamais abouti, les investissements ont été gelés, notamment certains d’entre eux portaient sur la réalisation de chantiers expérimentaux solaires et éoliens. Et face à ses propres difficultés financières, liées entre autres à des difficultés de recouvrement de factures, les perspectives d’évolution de la société sont restées en friche. La privation échouée de 2002 qui aurait pu lui permettre de s’agrandir n’est plus perçue comme l’ultime solution aux difficultés de l’institution. Sans y avoir renoncé formellement, l’État ne semble plus en faire un objectif. Il est probable que les bailleurs de fonds qui l’imposaient comme conditionnalité ont été échaudés par les expériences sénégalaise et malienne, et sont revenus à des positions plus réalistes. Il est toutefois envisagé, dans le cadre de la restructuration de l’entreprise publique entamée par l’État, que de nouvelles pistes testées dans d’autres pays soient explorées, pour introduire plus d’efficacité dans le comptage, la relève et le recouvrement des factures d’électricité. «Entre la privatisation, dont les résultats des expériences dans les pays voisins démontrent que ce n’est pas la panacée, et le tout-public, il y a des chemins intermédiaires qu’il convient d’étudier sérieusement» conclut M. Kane.

 

De gros investissements à venir- «Dans le court et moyen terme, de nombreux projets sont engagés. D’une part, des solutions d’urgence sont mises en place avec le soutien de nos partenaires, notamment le FADES et le Royaume d’Espagne, pour faire face à l’actuel déficit à Nouakchott et Nouadhibou. Aujourd’hui, la situation n’est pas catastrophique, même si elle pourrait et devrait être beaucoup mieux. Et à cet égard, il est heureux que la SOMELEC arrive à satisfaire à peu près correctement la demande pendant le mois de Ramadan qui cette année tombe en septembre, la pointe annuelle maximale. Tout ceci grâce à une amélioration progressive à l’interne de l’état de ses infrastructures. Les perspectives sont très encourageantes. À moyen terme, un co-financement du FADES et de la BID va nous permettre d’acquérir une nouvelle centrale de 40 Mégawatts (MW) d’ici 2010. Et surtout, nous pourrons compter bientôt sur l’hydroélectricité, qui bien que désavantagée par une relative intermittence induisant une incertitude sur la capacité disponible réelle, reste l’électricité la moins chère et permettant des puissances suffisantes pour les activités productives. Nous attendons 17 MW du barrage de Félou en 2011, et 43 du barrage de Gouina en 2012.» termine Mamadou Kane. La piste hydraulique bien engagée, il restera dans les années, décennies à venir, à boucler la boucle de l’approvisionnement en énergie électrique par des investissements massifs dans l’éolien et le solaire.

 

MLK 




Fondation Bouamatou :

27012009

 

 

 Traque au trachome 

Inauguré le mardi 14 mai 2001, l’hôpital Bouamatou est un centre ophtalmologique gracieusement  offert aux populations nécessiteuses du pays par le banquier Mohamed Ould Bouamatou. Devenue la Fondation Bouamatou, l’établissement  distribue tous les ans, depuis 2004,  des médicaments aux populations indigentes. Objectif : lutter contre le trachome, maladie des yeux très répandue en Mauritanie…

Jeudi 22 janvier 2009, visite sur les lieux. L’hôpital, est entièrement informatisé. Il  fonctionne en réseau. La qualité de ses dispositifs est à la mesure de l’accueil réservé aux patients.

Ceux-ci se soumettent avec une discipline rare  au rang ; chacun attendant calmement et aisément son tour pour être servi. Il suffit de présenter son ordonnance pour repartir avec ses médicaments sans savoir leur coût. Là, les soins et consultations sont gratuits….Un vieux patient s’émeut : « Que la vie de Bouamtou soit longue ! Bouamatou nous a sauvés. Sans lui nous serions morts depuis très longtemps. Nous sommes pauvres, très pauvres. On ne peut même pas assurer notre pain quotidien. Comment voulez-vous qu’on  se soigne ? Que dieu le garde ».   

A l’intérieur de l’hôpital, l’atmosphère est hallucinante. Très ouvert d’esprit et accueillant, Dahane O/ Abdahi, administrateur dans cet hôpital, se met à notre disposition. Nous commençons par visiter les chambres de passage, réservées aux étrangers, ensuite la salle de formation bien équipée avec un bloc de suivi direct  où on peut suivre une opération en live. Ensuite, l’atelier de lunettes inauguré tout récemment, les salles d’hospitalisations, la salle de radiologie et beaucoup d’autres salles bien équipées.

Les services fournis de cet hôpital ophtalmologie de la Fondation Bouamatou, sont divers et variés. Les prestations médicales et chirurgicales en ophtalmologie.

Tous les moyens  diagnostique et thérapeutique ophtalmologiques modernes sont présents également dans cet hôpital de la Fondation  Bouamatou : le laser Yag pour la capsulotomie postérieure dans les cataractes secondaires  et l’iridectomie. Quand au laser à ARGON, c’est pour la photo- coagulation  rétinienne. Le périmètre automatique type HUMPHREY, est utilisé pour le champ visuel automatisé alors que celui de GOLMANN  classique est pour le champ visuel cinétique. Il y a aussi un échographe pour les échographies oculaires A et B et qui sert aussi à calculer la puissance  de l’implant dans la chirurgie  de la cataracte. L’hôpital ophtalmologie de la Fondation Bouamatou a aussi un outil pour l’angiographie, un tonomètre et réfractomètre automatiques.

Le service hospitalier dispose aussi de plusieurs lits mis à la disposition des patients et une cuisine leur distribuant gratuitement tous les repas durant tout leur séjour hospitalier.

 

L’opération trachome

 

Lutte contre le Trachome. Une maladie principale des yeux en Mauritanie. L’hôpital ophtalmologique de la Fondation Bouamatou  a débuté la distribution des médicaments  le mercredi 21 janvier 2009 au niveau des quartiers périphériques de Nouakchott. L’opération a commencé précisément  à Dar Naim. Les quartiers périphériques ciblés de la capitale sont : Ryad, El Mina, Arafat, Dar Naim et sebkha. 15 équipes sont mobilisées pour la circonstance. Le dépistage et la distribution se font sur place. L’opération dure plusieurs jours. Le coût de cette opération est énorme et  entièrement pris en charge par la Fondation Bouamatou.

Il faut  dire qu’en 2007 les  personnes traitées étaient au nombre de 448 908.

Les produits distribués sont : 1239210 produits azithromycine comprimés, 660960 flacons du même produit et 25100 tubes pommades tétracycline. 

La durée de l’opération est de : 150 jours.

En 2008, tout récemment, l’opération trachome  s’est déroulée dans les Moughadas de Tamchekett, Maghama, Rkiz, Chiguitty et Aoujeft, les Wilaya de l’Adrar du Gorgol, du Hodh El Gharbi et du Trarza. Les personnes traitées sont de 138 460. 153 421 kilomètres parcourus. Cette opération a duré 105 jours.

De son ouverture jusqu’en fin décembre 2008, les prestations de services  suivantes ont été dispensées :

160425 en consultation ophtalmologues. 2201 en consultation pédiatrique qui a commencé en 2004. 31607 en consultation anesthésiques. 27313 d’interventions chirurgicales. 13417  en examens de laboratoires. 4065 en radiographie. 15855 lunettes distribuées. 27546 en réfractions. 28119 en échographies. 1935 lasers. 726 angiographies. 3189 périmétries. 35 lancaster. 42 visions des couleurs.4456 orthoptie qui a commencé en 2003. 24 en photo coagulation.

Il faut dire que  le budget d’investissement de la Fondation Bouamatou  est de cinq cent millions d’ouguiya (500 000 000 UM) pendant 5 ans précisément jusqu’en 2006 et celui de fonctionnement était de 350 000 000 par an. Notons aussi que les donateurs de cette Fondation sont :

Mohamed O/ Bouamatou, PHILIP MORRIS, PASA GALLINA BLANCA, GENERALE DE BANQUE DE MAURITANIE, MARC BLANPAIN, JABERS’S NEGOCE, SIBA, MAIRIE DU KSAR et TVISKI

Il faut rappeler enfin que la l’hôpital ophtalmologie de la Fondation Bouamatou a reçu des visites de personnes de haut rang. Il s’agit notamment de Jaque Chirac, ancien Président français, Dominique Strauss Khan, actuel directeur du Fond Monétaire International (FMI),  Son Altesse royal Cheikha Mowza, épouse de l’Emir du Qatar, la première dame du Mali, la première dame du Niger….

Sy Mamadou 




NOUADHIBOU:

27012009
 

 NOUVEAU SIEGE POUR LE RFD 

Le rassemblement des forces démocratiques (RFD) a changé de siège. Le parti de Amed Daddah a quitté les quartiers nord pour s’installer au centre de Nouadhibou, sur la route séparant Nouadhibou -capitale des ‘numerowaat’. 

A l’occasion de cette délocalisation, le parti a reçu dans ses nouveaux bureaux nombre d’acteurs politiques et notabilités de la région de Dakhlet Nouadhibou. C’était jeudi dernier le 22 janvier 2009. 

Dans un discours qu’il a prononcé pour la circonstance, le fédéral du parti Mokhtar Ould Cheikh a remercié les participants ajoutant que le pays « traverse un moment très particulier, nécessitant une convergence de tous les efforts pour la construction d’une Mauritanie réconciliée avec elle-même et avec son environnement arabo-africain afin de consolider sa démocratie naissante à travers des institutions démocratiques efficaces relevant l’ensemble des défis auxquels notre pays est confronté ». 

Le fédéral a renouvelé la solidarité du RFD avec le peuple frère de Gaza victime des « bombardements sauvages de l’ennemi sioniste ». 

Il a rappelé « la satisfaction de son parti de la décision de geler nos relations avec Israël sans oublier que le peuple mauritanien n’en exige pas moins une interruption définitive. » 

Mokhtar Ould Cheikh a insisté sur la nécessité de sortir la wilaya de Dakhlet Nouadhibou de la pauvreté. Il dira que cette paupérisation de la wilaya est due à la crise du secteur de la pêche qui représente la principale activité économique. 

Le fédéral a loué les « énormes efforts fournis par le président Ahmed Daddah »,  soulignant « l’urgence de réelles actions visant à redresser au plus vite ce secteur ». 

Il terminera son allocution en rappelant que le RFD œuvrera toujours pour le dialogue avec l’ensemble des partenaires politiques afin de trouver un terrain d’attente ‘nous permettant de développer notre patrie suivant notre slogan la Mauritanie avant tout’. 

Précisons que plusieurs cadres et militants du parti avaient assisté à la cérémonie d’installation au nouveau siège. Le discours sera traduit en français par l’adjoint au fédéral, Camara Moussa. 

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

 




Assainissement:

27012009

La bataille de la bonne gouvernance est-elle engagée ?

 

Le Général Mohamed Ould Abdel Aziz ne cesse de le répéter : il veut lutter contre la gabegie et les «mauvais gestionnaires». Il en fait même un cheval de bataille pour une élection future, au moins pour créditer son actif actuel. Pour ce faire il a mis en branle les du principal outil de lutte contre le phénomène : la direction de la lutte contre la criminalité économique et financière relevant de la direction générale de la sûreté.

Depuis la mi-octobre, cette direction s’active pour prendre sa vitesse de croisière. Sous l’impulsion du DGSN, le commissaire divisionnaire Mohamed Ould Brahim Ould Siyid ouvre les dossiers l’un après l’autre. Des dossiers épineux parce que controversés, difficiles parce que touchant des personnalités bénéficiant plus ou moins de soutiens parfois populaires, incommodes parce que relevant de notions non encore définies comme «la mauvaise gestion». Nonobstant cela, on a assisté à l’ouverture de quelques dossiers qui suscitent une grande passion de la part des Mauritaniens.

Le premier dossier a été celui d’Air Mauritanie ouvert à la suite d’une plainte du personnel. Il s’agissait pour la police de la lutte contre la criminalité économique de déterminer les responsabilités dans la gestion d’une compagnie qui a perdu environ dix milliards ouguiyas en quelques années. Une compagnie qui a fini par fermer ses portes et renvoyer tous ses employés. L’enquête aurait pu conclure à une action volontaire des pouvoirs publics de faire couler la société. Tellement la mauvaise gestion est évidente.

L’affaire du riz du CSA est une affaire qui a été traitée aussi par la direction. Il s’agissait pour les policiers de déterminer les responsabilités dans la perte sèche pour l’Etat de 600 millions ouguiyas. Et de mettre en évidence les dessous de table éventuels.

Suivent la SONIMEX, la PROCAPEC qui sont encore objet de controverses dans l’objet même des enquêtes.

Dans tous ces cas, la difficulté première pour les enquêteurs est d’établir la faute de gestion. Aussi est-il extrêmement difficile de mettre en évidence l’instrumentalisation par le pouvoir politique des gestionnaires qui se croient alors au-dessus de toute loi. Surtout que la direction a le droit à une garde-à-vue de 48 heures renouvelable une seule fois. L’exigence d’efficacité s’en trouve ressentie. Parce que, contrairement à la normale, il s’agit ici de chercher à mettre en évidence le délit ou le crime et d’établir le lien avec l’auteur. D’habitude le crime est là, et il reste à chercher son auteur.

Moins problématiques que tout ce qui précède, les derniers dossiers ouverts par la direction de lutte contre la criminalité économique et financière. Il s’agit d’abord du dossier dans lequel est impliqué le percepteur de Tevraq Zeina et qui concerne la coquette somme de 260 millions. Une somme complètement détournée. Selon toute vraisemblance, ‘on’ lui transférait de l’argent sans justificatifs. Ensuite le cas – ancien celui-là – d’un agent qui se mue en «payeur» avec l’aide de responsables et à qui ‘on’ confie des dizaines de millions sans garanties et sans raisons. Il y a quelques années, celui-là s’est taillé au Sénégal avec la bagatelle de 67 millions. Il est revenu l’autre jour et se trouve présentement entre les mains de la justice.

Mais les enquêteurs de la police sortent du carcan habituel. Ils viennent de déceler une malversation dans un fonds de l’environnement qui touche 250.000 $ US et où qont impliqués le coordinateur du projet en question et son comptable. Il y a aussi une «incursion» dans le système d’inspection de qualité du poisson à Nouadhibou. Ici l’enquête qui commence risque de révéler des cas avérés de corruption mais aussi de malversations.

Dans le souci de bien parfaire le travail commencé ici, le Procureur Seyid Ould Ghaylani a désigné l’un de ses substituts pour suivre les dossiers de lutte contre la criminalité économique et financière. Une sorte de spécialisation qui touche aussi l’instruction depuis que le juge du troisième cabinet est chargé d’instruire ces dossiers.

Mais quand est-ce que la direction s’intéressera à ces sommes gigantesques saisies par les douanes ? quand est-ce qu’elle prendra en charge les questions liées au blanchiment de l’argent de la drogue ? C’est avec cet argent que les maffias conquièrent le pouvoir. Et c’est cet argent qui fait le plus peur pour les risques d’instabilité qu’il fait courir au pays.

En attendant d’en décider, les autorités actuelles gagneraient à ne pas cibler seulement leurs ennemis pour crédibiliser les mesures d’assainissement.

 

Bechirou




Culture :

27012009

 

  

Un nouveau festival nomade en Mauritanie 

 

C’est un festival nomade d’Ivigaren, une localité  située à  119 kilomètres à l’Est de Nouakchott, et à 4 kilomètres de la Route de l’Espoir qui se déroulera le 7 février 2009 dans cette localité. L’organisateur de ce Festival est Mohamed Mahmoud O/ Atigh, un fils de cette localité, résident au Canada. Il  l’a dévoilé lors d’un point de presse qu’il a organisé pour la circonstance le samedi 24 janvier  à Nouakchott. Il est propriétaire du restaurant la Khaïma au Canada. Selon lui, l’idée a germé suite à l’annulation du Rallye Raid Paris Dakar 2008 en Mauritanie. En collaboration avec un homme d’affaires canadien d’origine suisse Mr Jakob fasciné par le désert suite à ses voyages multiples dans le pays des mille et un poètes, Mohamed Mahmoud  O/ Atigh se dit déterminé à faire de ce Festival une fenêtre d’ouverture culturelle vers le monde pour le développement de la Mauritanie.

Il faut dire que dans cette localité d’Ivigaren, selon lui, depuis des siècles des mauritaniens viennent périodiquement abreuver leurs bêtes ; C’était donc un point de rencontre des nomades. C’est pour garder cette tradition que le Festival est également né pour retrouver une fois par année les ingrédients de cette tradition maure. Ivagaren, autrefois  passage de caravanes et lieu de cultures des légumes et des fines herbes sera désormais chaque année un point de rencontre du monde culturel.

Ce Festival Nomade d’Ivigaren, est une manifestation de course de dromadaires, des concours de montage de tentes, de planter des plantes, venues du CANADA etc.

Très ambitieux, O/ Atigh a dit qu’un autre concours  de « bissap » sirop fabriqué localement sera organisé à Kaédi, la capitale de la région du Gorgol.

C’est une expérience qu’il a faite au Canada avec ATIGH’s, sa société de production des jus frais.

Pour cette première édition, les autorités mauritaniennes lui ont facilité la tâche.

La créativité est la source de tout développement.

Sy Mamadou          




Sylla Ibrahima secrétaire général de l’association culturelle « Jalludi Jamm » à la Tribune :

27012009

 

  

« Nous ne sommes pas  contre ce qu’a dit notre religion  par rapport à l’excision des filles mais nous réfutons les conséquences néfastes que cela engendre » 

 

Secrétaire général de l’association culturelle de Gerbe de Paix « Jalludi Jamm »,  Sylla Ibrahima prépare la sortie prochaine de leur deuxième film intitulé PENDA PETEL, l’exciseuse. Un film assez attendu dans une société traditionnelle en pleine mutation et confrontée aux exigences d’un monde moderne globalisé… 

 

 

La Tribune : Votre association s’appelle « Jalludi Jamm ». Pourquoi ce nom? Que signifie-t-il ? 

 

Sylla Ibrahima : « Jalludi Jamm » signifie gerbes de paix. Vous comprendrez que le choix de ce nom procède du désir de semer et de récolter la paix… La gerbe est porteuse de bonheur. Jalludi Jamm  est une association culturelle qui a été créée il y a 4 ans par trois personnes en particulier : Alassane Wouddou qui est de Mboki , Demba Sarr de Siwré et de Bâ Alassane de Sinthiane Pédalal.  L’association axe beaucoup ses activités sur  le social. Elle s’intéresse notamment à notre société actuelle. Pour ce qui est de ses productions, l’association, généralement, est en mesure de faire pour le public des théâtres de fiction sur l’avenir des enfants, leur éducation mais aussi sur l’unité nationale. Nous avons d’ailleurs joué en ce sens  des sketchs à Boghé, Kaédi, Nouakchott notamment à Ryad, PK  et Arafat. 

 

LT : Quel est votre objectif ? 

 

Sylla : Notre objectif principal est de montrer aux mauritaniens que l’Unité nationale est nécessaire pour le développement de ce pays. Nous devons mettre main dans la main pour bâtir la Mauritanie. 

Le deuxième objectif  de l’association, c’est de montrer aux mauritaniens que l’éducation est très importante. Nous avons encore joué des sketchs en ce sens. Nous devons combattre l’ignorance dans toutes ses formes. 

Comme vous le savez, l’ignorance  est l’ennemie  de l’homme. Si on est ignorant, on ne peut rien faire. C’est dans ce contexte que nous sensibilisons les populations à travers ces sketchs pour que l’analphabétisme soit complètement combattu dans notre pays. Il faut savoir lire et écrire pour pouvoir faire quelque chose. 

 

LT : Quel est votre premier  film ? 

 

Sylla : « Kolagel yakki Awdi ».Nous l’avons sorti  en 2007. 

« Kolagel yakki Awdi » veut dire une trahison. Cette trahison est celle d’un chef de village pourtant  choisi  librement par les habitants de son village. Les habitants avaient beaucoup  confiance en lui. On dit souvent que l’apparence est toujours trompeuse. Donc à travers ce film on essaye de dévoiler les comportements malsains  de certains dirigeants. « Kolagel yakki Awdi », est en quelque sorte la faillite d’un chef à sa mission. D’ailleurs le  film est toujours  en vente pour ceux qui le désirent. 

 

LT : Combien a coûté ce film ? 

 

Sylla : Ce n’est pas facile de parler du coût. C’était notre première expérience et nous savions que cela n’allait pas  être facile. Notre objectif n’était pas de savoir combien le film va nous coûter mais comment notre message va passer. Comme vous le savez, les maux de la société sont énormes et variés. Pour nous, faire passer notre message est notre souci principal. C’est pourquoi nous n’avons pas trop pensé au coût. 

 

LT : Avez –vous des partenaires ?     

 

Sylla : Non. Lors de la production de ce premier film nous n’avions pas de partenaires. Mais nous sommes à la recherche de partenaires qui pourront nous sortir de ce calvaire. Actuellement nous travaillons avec nos moyens de bord, c’est tout. Je profite de l’occasion pour lancer un vibrant appel à tous notamment ceux qui travaillent dans le domaine de la santé puisque nous faisons beaucoup en ce sens. 

 

LT : A quand la sortie du deuxième film ? 

 

Sylla : Les 12 et 13 février lors d’une soirée culturelle à Arafat  en collaboration avec  l’association culturelle des jeunes de ce quartier de Nouakchott. Nous espérons que certaines ONGS vont participer notamment le FUNAP, Word Vision, FLM  mais aussi d’autres personnes physiques et morales de la condition féminines. 

La cassette est intitulée PENDA PETEL, un nom qui n’a pas été choisi au hasard. Car PENDA PETEL incarne le rôle de l’exciseuse. Nous l’avons prise parce que le casting dans le théâtre est très important. 

La femme pose d’éventuels recours de dangers de l’excision des filles. Nous ne nous sommes pas contre ce qui a dit notre religion  par rapport à l’excision  mais nous réfutons les conséquences néfastes que cela engendre. D’ailleurs  le public verra que l’exciseuse utilise des vieux outils.  Nous pensons que la sortie de la cassette sera une réussite puisque même la participation de la justice  est prévue puisque l’acte de l’exciseuse est une criminalité. 

Comme vous le savez les conséquences de l’excision sont extrêmement graves. 

Nous lançons d’ailleurs à cette occasion un vibrant appel aux exciseuse de remettre en cause leurs actions. 

 

Un mot de la fin 

Je lance un vibrant appel  à toute la population mauritanienne surtout féminine puis que ce nous faisons ne s’arrête pas seulement au niveau de l’excision mais aussi nous parlons du droit de l’enfant.  Nous sommes contre  les voyages clandestins. Nous combattons aussi  le SIDA. La scolarisation des filles. Nous demandons par conséquent à toutes et tous de venir nombreux assister à ces deux soirées. 

 

Propos recueillis par Sy Mamadou   

 




Championnat national de football de D1, édition 2008-2009 :

27012009

 

  

FC Khaïry change de main 

 

Le vent du changement a soufflé. Après le Ksar, le club de FC Khaïry, lui aussi, a changé de main, la semaine dernière. C’est la Commune de Tavrarg-Zeïna qui tient désormais la direction de ce club. Très soucieuse de la condition des jeunes mauritaniens, Fatimetou Mint Abdel Maleck, maire de la Commune a répondu favorablement à l’appel du fondateur du club Moussa O/ Khaïry.  Après  le lourd labeur de ce dernier, FC Khaïry sera dirigé et financé par la Commune de T.Z. Du coup le club devient ASC Tavrag.Zeïna. 

Le programme du club cette année est très ambitieux : 

Plan A, la création  du Centre de Formation alliant Etudes Académiques et de Formation Professionnelle et Discipline Sportive (football). Ce centre sera construit sur un terrain attribué par la Commune de T.Z dans le seul souci d’insérer les jeunes mauritaniens dans la vie active via le sport. Ce centre de formation aidera aux jeunes étudiants à briller dans leurs études. 

Pour accéder à ce centre de formation, le recrutement est simple et se fait sur la base des critères sportifs pour les jeunes âgés de 13 à 18 ans. 

L’objectif, selon le prometteur du Projet Moussa O/ Khaïry, n’est pas d’avoir un produit  fini du football mais de déceler des jeunes qui ont du talent et qui, mis dans  d’excellentes conditions  de réussite, peuvent arriver à un résultat satisfaisant. Il faut dire qu’après le recrutement, tous les jeunes pensionnaires sont sous la supervision du centre, et les promotions sortantes du Centre sont mises en place en fonction et l’âge des pensionnaires. 

Il faut noter également que l’établissement mettra l’accent sur la scolarisation de ces pensionnaires, avec la mise en œuvre  d’un programme débouchant sur différents métiers de la vie. Le centre, par ce programme, veut être autonome. Le fonctionnement de ce centre se fera également ainsi : 

Un mode administratif  associatif avec deux promotions de jeunes internés. C’est par  un mode hôtelier, en plus de la scolarité et l’encadrement sportif, que ce centre très attendu cette année devrait fonctionner. 

Plus de 30 employés assureront les services d’hébergement, de restauration, de scolarité et d’administration. 

« On travaille sur un mode basé sur le triptyque : jeunesse- études –sport » a martelé le prometteur de ce projet  Moussa O/ Khaïry. 

Le centre travaille en collaboration étroite  avec les fédérations et Associations sportives nationales et internationales. 

Rappelons que les ressources du centre proviennent des  subventions de la Commune de T.Z, des bonnes volontés, et entreprises, mais aussi par les créneau du marketing sportif : le sponsoring et le partenariat. Un programme très ambitieux pour un club à peine né. 

Il faut dire qu’en  Mauritanie, le sport est relégué au degré zéro. D’ailleurs qu’est-ce qui n’est pas zéro en Mauritanie ? 

Suivons des gens comme ceux-ci pour bâtir une Mauritanie prospère. 

Sy Mamadou 

       




27012009

 Challenge Sidi Mohamed Abass, édition 2009: 

Le lycée Baobab dégringole 

La 6eme journée du tournoi Sidi Mohamed Abass a été marquée par  des rencontres au sommet dans les différentes poules. Elle  a donné des résultas inattendus au niveau de la poule C.  A trois  journées de la trêve, le lycée Baobab a  chuté de la première à la troisième place dans cette poule C. Les confrontations deviennent de plus en plus hallucinantes et passionnantes. 

 

Le choc entre le lycée des garçons et celui d’El Mina dans la poule A, n’a pas donné de vainqueur. Les deux équipes ont fait match nul 1 but partout.  Le lycée des garçons2 obtient  14 points et celui d’El Mina, son poursuivant immédiat, 12 points. Les deux favoris de cette poule A, tenterons dans la 7ème journée de grignoter encore des points pour s’éloigner d’avantage des autres équipes. Mais le lycée Seydou Nourou Tall ne s’est pas laissé faire. Il a battue celui de T.Z sur le score de 4 buts à 2. Par conséquent, Saydou Nourou a 12 points et occupe la troisième place. Le lycée Kumbali, lui aussi, n’en démord pas. Il a battu le lycée Takhadoum sur le score d’1 but à 0. Kumballi occupe la quatrième place avec également 12 points. 

Le lycée El Hadj Oumar Tall a laminé celui de Mokhtar Kelly par 3 buts à 0 et le lycée Oum El Ghoura a humilié  le collège Riyad 3 sur le score de 7 buts à 0. 

Lycée Zem-Zem – Lycée de Sebkha : Un match sans buts 

La bataille attendue entre les deux équipes a été  rude  dans  la poule B. Elle s’est terminée  sans but inscrit. Les deux favoris du groupe, ont fait un match nul et vierge. La beauté de  jeu produit par les deux équipes ne les a pas  permis de trouver la faille. Les attaquants de deux équipes ont manqué d’efficacité dans la dernière passe. 

Le lycée Sebkha a 14 points et occupe la deuxième place. Le lycée Zem Zem occupe la troisième place avec 13 points. 

La grande surprise, est que  le collège El Mina 3, occupe toujours la première place avec 16 points  dans ce groupe B devant les favoris  notamment le lycée Zem-Zem et celui de Sebkha. Les collégiens d’El Mina 3, ont facilement gagné devant les lyciens du Savoir sur le score de 3 buts à 0.   

Le lycée Chems Dine, a perdu face à celui des Nations sur le score d’1 but à 0. Par conséquent le lycée des Nations occupe la quatrième place avec 11 points. Le collège El Mina 1 a battu celui de  Teyarett 2 par 5 buts à 1 et le lycée Ecole et la Vie a gagné face au  lycée El Karama sur le score de  2 buts à 1. 

La chute du  lycée Baobab   

Dans la poule C, le lycée Baobab a chuté. Le Baobab a été surpris par le lycée Salah Dine qui l’a battu par 2 buts à 1. Par conséquent il a  perdu la première place qu’il occupait depuis le début de cette compétition. Le lycée  Baobab se retrouve à la troisième place avec 15 points. Quand au lycée Salah Dine, il  est à  la deuxième place avec 16 points. Le fauteuil de leader est occupé par le lycée de Dar Naim qui a écrasé le collège Arabe sur le score de 7 buts à 0. Le collège du Ksar, a fait un match nul et vierge contre  le lycée Dar El Ouloum. Les ksarois occupent la quatrième place avec 8 points. Le lycée Toujounine1 a battu le collège Ryad 2 par 3 buts 0. 

Le lycée El Baraka aux commandes de la poule D 

Dans la poule D, la commande est détenue par le lycée El Baraka qui totalise 16 points suite à sa victoire face au  lycée El Jedida sur le score de 4 buts à 2. Le collège Sebkha 1 n’a pas eu de difficulté pour s’imposer face au lycée Théodore Monod sur le score 4 buts à 0. Par conséquent il occupe la deuxième place avec 13 points. Le lycée national a battu le collège Riyad 1 sur la petite marque d’i but à 0. Mais le collège Ryad1 est à la quatrième place avec 8 points. La troisième place est occupée par El Jedida avec également 8 points. Le Petit Centre a fait match nul 2 but partout face au lycée Arafat 1 et le lycée Riyad a battu  celui de Abaghira sur le score de 2 buts à 0.

Sy Mamadou  




Gaza

27012009

 

  

Halte à l’hypocrisie ambiante 

 

Un journaliste libanais exprime, dans le quotidien Al-Mustaqbal, sa colère contre les dirigeants arabes qui font de la surenchère démagogique avec le sang des Palestiniens. 

 

L’information: une poignée de blessés est évacuée de la bande de Gaza afin de recevoir des soins en Libye. Moi, je me souviens des milliers de Palestiniens qui croupissent dans le Sahara, à la frontière égyptienne, depuis que le colonel Muammar Kadhafi les a expulsés [en 1995].

La scène: le président soudanais en uniforme parle à ses généraux pour dire que la mort de centaines de Palestiniens constitue « un génocide ». Moi, je me souviens d’un génocide qui a lieu au Darfour.

La nouvelle: en Irak, le mouvement de Moqtada Al-Sadr [radical chiite] organise des manifestations de soutien à Gaza. Moi, je me souviens du sang que les milices sadristes ont fait couler et des milliers de réfugiés palestiniens qui ont dû quitter Bagdad et qui campent dans le désert à la frontière syrienne ou jordanienne en attendant que quelqu’un veuille bien les accueillir.

La surprise: Ayman Al-Zawahiri [le numéro deux d'Al-Qaida] dénonce le bombardement de civils. Moi, je me souviens de la « résistance » irakienne qui, le même jour, envoie une kamikaze se faire exploser au milieu d’une manifestation de soutien aux Palestiniens à Mossoul, faisant des dizaines de victimes.

L’annonce: des groupes gauchistes et islamistes de l’opposition égyptienne manifestent contre l’offensive israélienne. Moi, je me souviens de leur silence face aux crimes commis au Soudan et de leurs cris de soutien à Saddam Hussein, l’ancien président irakien pour qui le chemin de Jérusalem passait par le massacre de centaines de milliers de ses propres citoyens.

La publicité: la chaîne satellitaire du Qatar Al-Jazira diffuse une campagne contre l’impuissance des régimes arabes. Moi, je me souviens des bombes qui transitaient par le Qatar avant d’être acheminées vers Israël au moment de la guerre contre le Liban en 2006. Qu’à cela ne tienne, le Qatar a été le seul pays arabe qui a eu droit à des affiches placardées par le Hezbollah en remerciement pour ses généreux dons d’argent. Je me souviens que le Qatar abrite la principale base militaire américaine du Golfe et héberge un représentant des intérêts économiques israéliens [cette représentation vient d'être gelée].

La surprise: le régime syrien autorise des manifestations… contre la passivité des autres régimes arabes. Moi, je me souviens du calme qui règne aux frontières de ce pays « du front du refus » et au sort de tous ceux qui s’aventureraient à les traverser afin de s’infiltrer en Israël. Je me souviens de la chasse que Damas faisait dans les années 1970 et 1980 pour combattre l’organisation de libération de la Palestine (OLP).

L’image: Khaled Mechaal, le chef extérieur du Hamas – installé à Damas et non pas sous les bombes à Gaza – déclare : « Nous avons limité nos pertes. » Il ne parle que des pertes dans les rangs du Hamas, réduisant les centaines de morts et les milliers de blessés à une variable d’ajustement.

Israël promet à ses citoyens la tranquillité, fût-ce au prix de rayer Gaza de la carte. Quant au Hamas, il promet à ses citoyens la mort prochaine, fût-ce au prix du tir d’une misérable roquette. Quelle belle stratégie, grisante et prometteuse! Elle permet au Hamas d’annoncer la « victoire » quels que soient les résultats de la guerre et quel que soit le nombre de victimes. Une victoire incontestable. Car comment ne pas être désarmé face à celui qui défend l’idée selon laquelle on détruit Israël en lançant des roquettes alors qu’on sait que les représailles provoqueront la mort de centaines d’enfants palestiniens ?

Ce que nous avons appris encore et encore, c’est que chaque fois qu’on a encensé la résistance, on a récolté une guerre civile. Les Arabes en général et les Palestiniens en particulier sont fatigués par soixante années de conflit. Il en va de même pour les Israéliens. Pour les adeptes de la résistance, la fatigue relève de la « défection » du côté arabe, et de la « faiblesse » du côté israélien. Ils veulent relancer le conflit et lui insuffler une nouvelle vigueur. Mais dans quel but ? La seule chose qui nous semble acquise, ce sont ces « victoires divines » qui se traduisent par des guerres civiles, des invasions américaines, des raids israéliens.

Youssef Bazzi 




Actu/Internationale

27012009

RDC : 5 000 soldats rwandais au Nord-Kivu 

 

La traque des rebelles hutus, réfugiés en République Démocratique du Congo, s’intensifie. Les troupes rwandaises progressent au Nord-Kivu. 

« Nous sommes aux aguets, la guerre menace d’éclater », explique par téléphone, un chef des rebelles hutus des FDLR (Forces démocratique de libération du Rwanda). Réfugiés depuis 1994 dans les épaisses forêts du Nord-Kivu, à l’est du pays, les rebelles seraient « en position de combat partout dans la forêt », prêts à en découdre. 

En effet, depuis le feu vert donné par la RDC, plus de 5 000 soldats rwandais sont déployés dans le Nord-Kivu, selon la Mission de l’ONU (Monuc).Une opération menée conjointement avec l’armée congolaise et qui vise à désarmer les rebelles. Hier, une colonne de 600 hommes se dirigeait de Kibumba vers le nord. Une autre de 500 hommes vers l’ouest en direction de Rutshuru. 

De son côté, le Président rwandais, Paul Kagamé, salue déjà les « bons résultats » de l’opération lancée le 20 janvier contre les FDLR, juste après l’arrestation, jeudi, au Rwanda, du général rebelle congolais Laurent Nkunda. 

De nombreux membres des FDLR semblent avoir pris la fuite devant l’avancée des troupes. Ainsi les rebelles hutus ont subitement disparu d’une importante route du Nord-Kivu, l’axe Kiwanja-Ishasha, qu’ils contrôlaient depuis des années. Ils auraient fui vers l’ouest, dans le parc des Virungas. Certains rebelles semblent vouloir éviter le combat pour l’instant et se retrancher dans leurs fiefs les plus inaccessibles ou s’enfoncer dans les profondeurs du territoire congolais, au cœur de la forêt. 

Source : AFP 

 

 Le Hamas reprend en main la bande de Gaza

Le retrait des forces israéliennes n’aura pas créé de vide à Gaza. Le Hamas, qui a fait le dos rond pendant trois semaines, contrôle de nouveau le territoire. 

Le Hamas palestinien a tout du Hezbollah libanais : même haine d’Israël, même rhétorique islamiste, mêmes roquettes que les deux mouvements tirent avec une conviction navrante sur le territoire hébreu, même capacité, enfin, à contrôler les masses populaires à coups de propagande et de liasses de billets. 

Depuis mardi et le retrait de l’armée israélienne, le Hamas est omniprésent dans la bande de Gaza. Des civils avec des badges aux couleurs du mouvement islamiste guident les humanitaires et les journalistes étrangers. Des hommes en armes ¯ policiers, paramilitaires et combattants des Brigades d’Al-Qassam ¯ ont repris le contrôle de tous les quartiers. 

Règlements de comptes 

D’où sortent-ils ? Il est difficile de savoir où ils ont passé les trois dernières semaines et il est prudent de ne pas se montrer trop inquisiteur. Depuis que le Hamas est de retour, les journalistes sont désormais victimes de tracasseries. Les « barbus » ont beau crier victoire, ils ne rigolent pas ! 

Depuis deux jours, les « barbus » traquent « les forces de sédition », les profiteurs de guerre et les « collabos » qui « ont donné des informations à l’occupant ». Le ministère de l’Intérieur du Hamas, dont le chef a perdu la vie lors d’un raid israélien, confirme que « des dizaines de collaborateurs [...] ont été arrêtés » mais ne donne aucun détail sur leur identité ou l’endroit où ils sont détenus. Des Gazaouis parlent d’agressions, de règlements de comptes, d’exécutions sommaires. D’autres disent que l’épuration frappe d’abord les militants du Fatah. À Ramallah, des responsables de l’Autorité palestinienne affirment que « plus de cent membres » du Fatah ont été éliminés par le Hamas qui cherche, accusent-ils, à créer une « entité séparatiste ». 

Après le bâton, la carotte ! Hier, le porte-parole du Hamas, Taher Al-Nounou, a annoncé que le mouvement « va commencer à verser 4 000 € aux propriétaires des maisons entièrement détruites, 2 000 € pour celles partiellement détruites, 1 000 € à la famille de chaque martyr et 500 € à chaque blessé ». Soit « quelque 35 à 40 millions de dollars », a-t-il ajouté sans expliquer pourquoi il parlait en euros auparavant… 

D’où vient l’argent ? « Certainement pas de Ramallah, assure Bassem Naïm, le ministre de l’Information et de la Santé du Hamas. On n’acceptera jamais que le Fatah vienne livrer des fonds en Limousine, alors qu’ils n’ont pas pu rentrer dans les chars d’Israël ! ». Les fonds viennent, en fait, de ce « trésor de guerre » que le Hamas a constitué pour payer ses fidèles, pour acheter la loyauté et la docilité ou encore pour financer sa guerre contre Israël. Une guerre, d’ailleurs, mise entre parenthèses jusqu’à dimanche prochain. 

Philippe CHAPLEAU, avec Radjaa Abou DAGGA à Gaza. 

Source : Reuters

Chine : au revoir le rat, place au buffle ! 

 

L’Empire du Milieu fête son Nouvel an demain. L’année du rat se termine, et 2009 est placé sous le signe du buffle. Un animal sympathique qui, selon certains spécialistes, nous apporte quelques bonnes surprises… 

S’il est, parmi les signes du zodiaque chinois, un animal de bonne compagnie, c’est bien le buffle. Depuis des semaines, il envahit les étals et foyers de Chine, sous toutes les formes : de l’affiche à la statuette en passant par les motifs de petites culottes, le buffle est partout.

Le bovin n’est pas seulement la star de l’année, il est aussi un animal révéré. Nation agricole, la Chine s’est développée sur un système de cultures où le buffle (ou son « cousin » le boeuf), formidable force de traction, était essentiel. À tel point que Zhang Fang, auteur des Douze animaux et leur place dans la culture chinoise, dit que sans lui, « la civilisation chinoise n’aurait pu atteindre son niveau actuel. »

Si vénéré qu’il a été interdit à la consommation à certaines périodes de l’histoire, le buffle est célébré par plusieurs minorités ethniques. Les Buyi, notamment, lui consacrent un festival au cours duquel l’animal reçoit des offrandes de riz glutineux.

« La force tranquille »

Le buffle est donc un bon signe. S’il n’a pas la vitalité du rat, il est apprécié pour sa constance, sa fiabilité. Est-ce à dire que 2009 sera une année calme ? Peut-être pas sur tous les plans. Mais voici un élément qui, en ces temps de crise, devrait en rassurer quelques-uns : « Sur le plan financier, 2009 sera une bonne année ! » assure Edgar Sung, auteur de Feng Shui et astrologie chinoise, qui se fie à la répétition des cycles dans l’histoire. Avec l’année du buffle, finis les imbroglios banquiers ? Si oui, le départ du rat n’y sera peut-être pas pour rien. Car le rat, écrit Zhang Fang en 2001, est… cupide ! C’est un animal qui « aime faire de petits calculs » et dont l’« ambition excessive est une pierre d’achoppement » ; un animal qui « possède une capacité innée à prévoir le danger, » mais dont « le marchandage excessif peut lui ôter toute faculté de discernement. » Bernard Madoff serait-il de l’année du rat ? À vos calendriers et vos calculettes ! Et le buffle ? Selon Zhang, c’est un être moral qui « ne cherche pas à spéculer sur les circonstances », « n’aime pas s’endetter » et « aime l’investissement stable et à long terme ». En un mot : « Il n’est pas joueur, le risque peut le troubler. » Un conseil, messieurs les banquiers, en cette année 2009, soyez bovins ! 

Christina LIONNET. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

Barack Obama mène sa politique à bride abattue 

 

Parlementaires et banques sous pression, ruptures avec l’ère Bush, confiance dans l’expérience des négociateurs… Tout va très vite. 

L’inconvénient de la longue transition institutionnelle aux États-Unis, c’est qu’elle fragilise le pouvoir durant dix semaines. Son avantage, c’est qu’elle permet au nouveau président d’être opérationnel immédiatement. Depuis 48 heures, Barack Obama en donne une illustration éclatante. Il multiplie mesures et annonces sur tous les sujets sensibles, en totale rupture avec George Bush. 

La gauche démocrate est inquiète du positionnement « centriste » de son président ? Obama s’engage à défendre le droit à l’avortement. Il entend rétablir les aides (supprimées par Bush) aux associations qui fournissent services et conseils en matière d’avortement. 

L’homme de la paix en Irlande au Proche-Orient 

Sur le front économique, même accélération. La Chambre des représentants se prononcera mercredi sur son plan de relance de 825 milliards de dollars. Le porte-parole de la Maison-Blanche a fait savoir que les établissements financiers qui bénéficieront de ces mesures seront tenus, sous trente jours, de rendre des comptes sur leur utilisation. L’objectif est d’obtenir l’aval du Congrès, où Obama dispose d’une large majorité, d’ici le 16 février. Il lui a demandé hier de « faire vite »

Économie toujours, mais sur le front financier et monétaire. Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a lancé une mise en garde à Pékin, « soupçonnant » les dirigeants chinois de manipuler les cours du yuan. Une spéculation monétaire qui, selon Washington, creuse le déficit commercial américain, et pèse ainsi sur l’emploi. 

Mais c’est sur la politique étrangère que la rupture est la plus éclatante. D’un trait de plume, comme le notait hier le Washington Post, Obama vient de mettre fin à la méthode Bush dans la guerre au terrorisme. Fermeture de Guantanamo. Interdiction de la torture dans les manuels destinés aux agents de renseignements (sur le modèle de l’armée). Fermeture des prisons « secrètes » de la CIA à l’étranger. Nomination d’un émissaire chevronné, Richard Holbrooke, sur le dossier Afghanistan/Pakistan. Coup de fil d’Hillary Clinton au président Karzai. Obama n’ignore pas que la situation à Kaboul est « périlleuse », mais il souhaite réactiver tous les canaux diplomatiques. 

Enfin, dossier central, Hillary Clinton a confié à George Mitchell, l’homme de la paix en Irlande du Nord, le dossier israélo-palestinien. Il y travaille depuis l’an 2000. La nouvelle a été saluée hier par l’Autorité palestinienne et les Israéliens. Seul le Hamas parle d’une politique « erronée », Obama ayant sommé les islamistes de reconnaître Israël et cesser les violences. La tutelle du Hamas sur Gaza constitue pour l’heure un obstacle incontournable au dialogue israélo-palestinien. D’où l’approche plus régionale insufflée par Obama depuis deux jours. 

Obama va vite. Tellement vite qu’il n’a pas vraiment eu le temps de faire le tour de la Maison-Blanche, où son entourage le dit « très à l’aise »

Laurent MARCHAND. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

 

 

 

Abdou, l’ado de Dakar, malade de la lèpre 

C’est aujourd’hui la journée mondiale des lépreux. On glisse trois pièces dans une tirelire. Au bout, comme là-bas au Sénégal, la vie des enfants sans mains et sans pieds en dépend. 

Les alizés se mouchent dans la ramure des frangipaniers. Les coquillages qui tapissent les allées du jardin crissent sous les pas. Et sous les béquilles des rongés de l’infortune. Ce matin, Charles Badiane emmène toute son équipe pour la visite des malades de l’Institut de léprologie appliquée (Ilad) de l’Ordre de Malte (1).

Malades, pas maudits

À 59 ans, le professeur agrégé de médecine n’a pas baissé la garde. Oui, il est toujours ce praticien doux et intraitable, qui a l’oeil pour repérer un pansement mal fagoté, une suture qui suinte. Il ne tolère pas l’à-peu-près.

Non, on ne plaisante pas avec la lèpre, cette « maladie de la misère, de la promiscuité et de la faim ». Tous les jours, il l’a sous les mains ou au bout de son scalpel. Tous les ans, il accueille ici « entre cinquante et quatre-vingts nouveaux cas. Surtout des enfants. Le plus jeune de nos patients avait cinq ans ».

Cinq ans, c’est bien jeune pour devenir la proie du bacille de Hansen, cette Mycobacterium leprae dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Et dont le décodage génétique reste un chantier. Voilà des millénaires que l’infecte bactérie mutile les pauvres gens du monde pauvre. Elle s’insinue dans les corps et s’attaque au système nerveux qu’elle endort. Elle cause lésions et plaies, cancérise les pieds, les mains, puis les yeux. Redoutable fléau : « Il n’y a pas de douleurs et le sujet ne s’en inquiète pas, précise Charles Badiane, ici le premier travail est de convaincre le malade de sa maladie. Qu’il ne s’en sortira pas s’il n’est pas hospitalisé. »

Et puis, le pire dans la lèpre, c’est l’idée que l’on s’en fait : elle traîne dans son sillage l’idée assassine de malédiction. Elle se gave d’ignorance et de stigmatisation. Le lépreux, depuis que le monde est monde, est un pestiféré frappé de solitude. Un misérable.

Pas ici. Pas à l’ILAD où l’on dépiste, où l’on soigne, où l’on guérit. Parce que l’on guérit de la lèpre quand elle est prise à temps. C’est même assez simple : une polychimiothérapie de trois antibiotiques qui donne des résultats en six ou douze mois. Et garrotte la contagion. On administre aussi des corticoïdes pour décongestionner les nerfs car il faut éviter la paralysie de la main, la sciatique de la jambe, l’amputation qui montre du doigt.

« Ça va tout le monde ? » Dans les deux dortoirs de filles et de garçons, le docteur Badiane inspecte les corps et visite l’intérieur de la tête de ses pensionnaires. Il y a là des malades au visage gonflé par les corticoïdes, à la main rendue gourde par la « griffure du lépreux », à la jambe traînante. Ils parlent avec le docteur en wolof, le dialecte sénégalais. Ils savent qu’ils vont vers des jours meilleurs. Qu’ils font partie des 5 % de la population sensibles à la maladie. Qu’ils ne sont pas maudits, simplement malades. Et qu’ils s’en sortiront s’ils écoutent ce médecin habillé de sciences et d’humanité.

Frappé à 14 ans

Pour la plupart des trente malades, la lèpre n’a pas eu le temps de faire son oeuvre. Sauf pour Abbdoulaye Diagne. Lui, « il est gravement mutilé : c’est un échec dont nous ne sommes pas fiers », soupire Charles Badiane. Abdou a été frappé à quatorze ans. Elle a récidivé. S’est à nouveau propagée comme un feu de brousse. A eu raison de sa jambe gauche, de son pied droit, de ses mains et s’attaque à ses yeux. Abdou a été amputé. Le cordonnier de l’Ilad lui confectionne des prothèses. Il pourra se déplacer, manger. Et travailler car une association allemande lui a confié la gestion d’un poulailler.

Lui, contrairement à ses jeunes voisins qui baissent encore la tête, vous regarde dans les yeux. La maladie ne l’a pas éteint. C’est un estropié debout, Abdou. Avec un peu plus de chance, il s’en serait sorti. Ça aurait pu dépendre de nous : aujourd’hui si vous glissez six euros dans la tirelire de la journée des lépreux, vous guérissez un enfant. Le prix de quatre cafés pour tenir sur ses deux jambes. Et revenir parmi nous.

François SIMON
Source : Ouest-France via Google.fr 


(1) L’Ordre de Malte espère recueillir un million d’euros aujourd’hui dans les rues de France. On peut aussi verser par internet sur le site www.ordredemaltefrance.org La fondation Raoul Follereau récolte aussi les dons. Il y a encore 1,5 million de lépreux dans le monde. Mais quatorze millions de malades ont été guéris ces vingt-cinq dernières années. Encore un effort…
 


Algérie : la délinquance au féminin 

Par Malika Belgacem 

 

(Syfia Algérie) Les femmes acquièrent une place croissante dans la société algérienne. Pour le meilleur et parfois aussi pour le pire : de plus en plus d’entre elles sont impliquées dans la délinquance, jusqu’à la grande criminalité. 

Selon des statistiques judiciaires, de janvier à octobre 2008, 644 femmes ont été impliquées dans des affaires pénales pour la région centrale d’Algérie (Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou). « Comparativement à l’année 2007, la délinquance féminine est en nette progression », affirme un responsable de la cellule de communication de la Gendarmerie nationale, qui ne souhaite pas être cité. Au cours de l’année précédente, en effet, 531 femmes avaient été arrêtées dans la même zone pour différentes infractions, allant jusqu’au crime.
« Le nombre de délinquantes arrêtées durant les sept dernières années est de 33 551 à l’échelle nationale », ajoute le même responsable, soit 17 % des personnes interpellées. Au-delà du changement quantitatif, cette hausse reflète une autre évolution : des femmes occupent une place croissante au sein de certains réseaux. « La femme n’est plus un outil de crime utilisé par l’homme. Dans plusieurs affaires, elle est la tête pensante », affirme un magistrat du tribunal criminel d’Alger.
Dans les tribunaux, l’évolution est visible. Début décembre 2008, celui de Boumerdès a jugé l’affaire de la voleuse cagoulée. Pendant deux ans, cette femme au corps frêle a dirigé d’une main de fer un réseau de malfaiteurs composé de dix membres, dont deux femmes. Elle a organisé le hold-up de plusieurs commerces, notamment des bijouteries. A son palmarès figurent des vols à main armée, vols par effraction, agressions d’automobilistes… Arrêtée en 2007, elle a été condamnée à 7 ans de réclusion criminelle.

Moins contrôlées
Selon la Gendarmerie, c’est à partir de 2006 que ce phénomène a commencé à prendre des proportions vraiment inquiétantes. « Les femmes ne sont plus dans les modes classiques de la criminalité tels que la prostitution (considérée comme un crime en Algérie, Ndlr) et le vol de bijoux de ses proches. Elles ont investi le domaine du crime organisé », constate un policier. Au cours des dix premiers mois de l’année 2008, les services de sécurité ont arrêté 49 femmes qui faisaient partie d’un réseau de harraga (immigration clandestine). Quarante-six autres ont aussi été arrêtées pour contrebande. Certaines opéraient pour leur propre compte. Souvent, elles s’étaient « spécialisées » dans le créneau des articles vestimentaires et des bijoux. « En général, les femmes sont soumises à des contrôles moins rigoureux et échappent aux fouilles corporelles, affirme la Gendarmerie. Elles en ‘profitent’ pour faire passer notamment de la drogue aux frontières ouest, dissimulée dans leurs sous-vêtements ».
Contrairement à une idée reçue, les délinquantes ou criminelles ne sont pas seulement des illettrées. D’après les résultats d’une enquête publiée en 2007 par la Gendarmerie, 20 % des femmes arrêtées pour un crime ou un délit ont suivi des études universitaires. Nadia, 28 ans, en fait partie. Elle est ingénieur en informatique, diplômée de la prestigieuse Université Houari Boumediene (Bab Ezzouar, Alger). « Par la force des choses, je me suis retrouvée délinquante, confie-t-elle par l’intermédiaire de son avocat. On ne naît pas criminelle, on le devient. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai déposé des demandes d’emploi, mais aucune n’a abouti. Je suis issue d’une famille pauvre. Je devais aider aux dépenses de la maison. ». Nadia n’a agressé personne, mais elle a tout de même amassé une petite fortune sur le dos des crédules. Elle se présentait comme infirmière, agent de recensement ou de la Sonelgaz (l’entreprise nationale d’électricité et de gaz), et profitait d’un moment de relâchement chez ses victimes pour leur voler des bijoux ou d’autres objets de valeur.

Société en pleine évolution
Les causes de la criminalité, des hommes comme des femmes, sont multiples, explique sous anonymat un officier de Gendarmerie : « Des parents démissionnaires, l’échec scolaire, la pauvreté… » À propos de la criminalité féminine, Ahmed Remita, sociologue et enseignant à l’Université de Bouzaréah (Alger), ajoute : « L’implication de la femme dans les crimes et délits est le résultat de la transformation d’une société conservatrice à une société moderne, où tout semble permis. Les repères traditionnels, les valeurs, les traditions, les comportements étaient liés à une situation économique donnée, qui a changé. Nous n’avons pas veillé à la mise en place de nouvelles balises sociales. »
En commentant l’étude de 2007, au moment de sa parution, le lieutenant Samir Zouaoui, responsable de la criminalité féminine à la Direction générale de la police algérienne, liait la hausse de la délinquance féminine à « la pauvreté, le vieillissement et la dislocation des liens familiaux ». Zakia Gaouaou, présidente de l’association sociale humanitaire Mounia, insistait de son côté, dans le portail maghrébin d’informations Magharebia.com, sur la « dégradation familiale », c’est-à-dire la façon violente dont les pères, les frères et les maris traitent les femmes.
Quant à l’avocat Khaled Berguel, il affirme que « L’activité criminelle des femmes existe depuis des siècles. Elle était jusqu’alors restée cachée, comme les femmes dans la société. » Mais de toute façon, ancien ou récent, ce phénomène suscite des interrogations dans la société. Et « des politiques de prévention devront y répondre », souhaite un officier de la Gendarmerie nationale. 

 

 

 

Burundi : des villages de paix, au delà des ethnies 

Par Jacques Bukuru 

 

(Syfia Burundi) Ils sont rapatriés ou déplacés, hutus, tutsis ou twas, et vivent tous ensemble dans des villages de paix construits pour eux. Tous démunis, faute de terres à cultiver, ils se serrent les coudes pour survivre. Reportage dans le site de Nkurye, au sud-est du Burundi. 

En ce dimanche de janvier, le ciel est clair, le soleil de plomb. Les habitants de Nkurye, un village au sud-est du Burundi, lézardent devant leurs maisons. Les plus jeunes parlent en petits groupes. Il est 10 h du matin. En y regardant de plus près, peu de ménages sont en train de cuisiner. « Quoi cuire ? », demande un vieillard. Des mamans cueillent quelques feuilles dans de petits jardins jaunis, uniques cultures visibles dans les parages. Un à un, les habitants qui se protégeaient du soleil sortent des maisons et s’attroupent. Chacun tient à raconter son passé douloureux et témoigner de l’adversité présente.
Ces gens ont pour la plupart souffert de l’exil, au Burundi ou à l’extérieur de ce pays. Venus de toutes les régions et appartenant à toutes les ethnies, ils s’entraident face à la dureté du quotidien, comme une revanche sur un passé fait de dissensions entre les communautés. Ils sont installés dans ce village de 200 maisons de 3 pièces, bien alignées, construites pour eux par l’Association pour la paix et le développement avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement. Certes, les maisons sont belles, mais leurs habitants n’ont pas de champs à cultiver. Et la solidarité ne suffit pas à rendre leur existence moins précaire.

Tous ensemble et tous pauvres
Dans ce village, vivent d’anciens rapatriés, surtout de la Tanzanie voisine, soit parce qu’ils n’ont pas retrouvé les terres de leurs parents, vendues par des proches ou redistribuées, soit parce qu’ils ne savent plus d’où était partie leur famille. « J’ai fui le pays en 1993. Au retour, témoigne Jérôme Kagoma, mes parents avaient vendu la propriété familiale avant de mourir. » Leurs voisins sont d’anciens déplacés, des Tutsis, qui ayant perdu leurs terres, refusent d’aller vivre seuls sur leurs collines d’origine. Vivent aussi ici des Twas (Pygmées, la troisième ethnie du Burundi), chassés de chez eux pendant la guerre. Ces groupes, aussi divers soient-ils, redécouvrent ensemble de nouveaux rapports dénués de ressentiment. « Nous sommes tous pauvres ; nous n’avons rien qui puisse nourrir un quelconque conflit », explique le chef adjoint du village.
C’est ainsi que des couples mixtes, hier objets de stigmatisation, font figure d’exemples pour les jeunes. Léonard Masumbuko, 77 ans, un Hutu marié à une Tutsi, en est fier : « En 1993, j’ai fui en Tanzanie avec ma femme. Nous avions 3 enfants. De retour d’exil, nous en avions neuf. Notre harmonie est aussi un modèle pour les Hutus et les Twas qui se confinaient dans leurs ghettos ethniques. » L’esprit d’entraide est si développé que même des vieillards veufs, aux traits marqués par la misère et l’âge, trouvent assistance auprès de certaines femmes.
Grâce à ces villages de paix, dont une vingtaine a été construite l’an dernier à travers tout le pays par le Projet d’appui au rapatriement et à la réintégration des sinistrés (PARESI), le rejet et la méfiance envers l’autre finissent par reculer.

Manque de terres
S’ils expriment leur enthousiasme face à une solidarité qui ne choisit pas d’ethnie, les habitants de Nkurye continuent à vivre dans l’attente de bienfaiteurs : depuis presque un an qu’ils sont installés, ils n’ont reçu que quelques vivres, donnés notamment par le gouvernement par deux fois, une aide insuffisante pour des paysans sans terres à cultiver.
En désespoir de cause, certaines familles ont vendu les tôles de leurs maisons avant de disparaître dans la nature, de peur de se mettre à dos une administration qui réprime durement de tels actes. D’autres cultivent pour les familles des environs et gagnent 600 Fbu (0,5 $) par jour. Les plus hardis vont à plus de 20 km labourer de grandes propriétés en Tanzanie pour gagner plus d’un dollar par jour. « Au retour, explique l’un des rapatriés, nous louons des terrains au Burundi et nous parvenons à faire vivre non seulement nos familles, mais aussi les plus vulnérables du site. »
Selon le directeur du PARESI, Fabien Yamuremye, la moitié seulement des habitants de la vingtaine des villages de paix dispose de terres qui les font vivre. Pour des cultivateurs, c’est pourtant la seule solution durable. 







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