Actu/Internationale

27 01 2009

RDC : 5 000 soldats rwandais au Nord-Kivu 

 

La traque des rebelles hutus, réfugiés en République Démocratique du Congo, s’intensifie. Les troupes rwandaises progressent au Nord-Kivu. 

« Nous sommes aux aguets, la guerre menace d’éclater », explique par téléphone, un chef des rebelles hutus des FDLR (Forces démocratique de libération du Rwanda). Réfugiés depuis 1994 dans les épaisses forêts du Nord-Kivu, à l’est du pays, les rebelles seraient « en position de combat partout dans la forêt », prêts à en découdre. 

En effet, depuis le feu vert donné par la RDC, plus de 5 000 soldats rwandais sont déployés dans le Nord-Kivu, selon la Mission de l’ONU (Monuc).Une opération menée conjointement avec l’armée congolaise et qui vise à désarmer les rebelles. Hier, une colonne de 600 hommes se dirigeait de Kibumba vers le nord. Une autre de 500 hommes vers l’ouest en direction de Rutshuru. 

De son côté, le Président rwandais, Paul Kagamé, salue déjà les « bons résultats » de l’opération lancée le 20 janvier contre les FDLR, juste après l’arrestation, jeudi, au Rwanda, du général rebelle congolais Laurent Nkunda. 

De nombreux membres des FDLR semblent avoir pris la fuite devant l’avancée des troupes. Ainsi les rebelles hutus ont subitement disparu d’une importante route du Nord-Kivu, l’axe Kiwanja-Ishasha, qu’ils contrôlaient depuis des années. Ils auraient fui vers l’ouest, dans le parc des Virungas. Certains rebelles semblent vouloir éviter le combat pour l’instant et se retrancher dans leurs fiefs les plus inaccessibles ou s’enfoncer dans les profondeurs du territoire congolais, au cœur de la forêt. 

Source : AFP 

 

 Le Hamas reprend en main la bande de Gaza

Le retrait des forces israéliennes n’aura pas créé de vide à Gaza. Le Hamas, qui a fait le dos rond pendant trois semaines, contrôle de nouveau le territoire. 

Le Hamas palestinien a tout du Hezbollah libanais : même haine d’Israël, même rhétorique islamiste, mêmes roquettes que les deux mouvements tirent avec une conviction navrante sur le territoire hébreu, même capacité, enfin, à contrôler les masses populaires à coups de propagande et de liasses de billets. 

Depuis mardi et le retrait de l’armée israélienne, le Hamas est omniprésent dans la bande de Gaza. Des civils avec des badges aux couleurs du mouvement islamiste guident les humanitaires et les journalistes étrangers. Des hommes en armes ¯ policiers, paramilitaires et combattants des Brigades d’Al-Qassam ¯ ont repris le contrôle de tous les quartiers. 

Règlements de comptes 

D’où sortent-ils ? Il est difficile de savoir où ils ont passé les trois dernières semaines et il est prudent de ne pas se montrer trop inquisiteur. Depuis que le Hamas est de retour, les journalistes sont désormais victimes de tracasseries. Les « barbus » ont beau crier victoire, ils ne rigolent pas ! 

Depuis deux jours, les « barbus » traquent « les forces de sédition », les profiteurs de guerre et les « collabos » qui « ont donné des informations à l’occupant ». Le ministère de l’Intérieur du Hamas, dont le chef a perdu la vie lors d’un raid israélien, confirme que « des dizaines de collaborateurs [...] ont été arrêtés » mais ne donne aucun détail sur leur identité ou l’endroit où ils sont détenus. Des Gazaouis parlent d’agressions, de règlements de comptes, d’exécutions sommaires. D’autres disent que l’épuration frappe d’abord les militants du Fatah. À Ramallah, des responsables de l’Autorité palestinienne affirment que « plus de cent membres » du Fatah ont été éliminés par le Hamas qui cherche, accusent-ils, à créer une « entité séparatiste ». 

Après le bâton, la carotte ! Hier, le porte-parole du Hamas, Taher Al-Nounou, a annoncé que le mouvement « va commencer à verser 4 000 € aux propriétaires des maisons entièrement détruites, 2 000 € pour celles partiellement détruites, 1 000 € à la famille de chaque martyr et 500 € à chaque blessé ». Soit « quelque 35 à 40 millions de dollars », a-t-il ajouté sans expliquer pourquoi il parlait en euros auparavant… 

D’où vient l’argent ? « Certainement pas de Ramallah, assure Bassem Naïm, le ministre de l’Information et de la Santé du Hamas. On n’acceptera jamais que le Fatah vienne livrer des fonds en Limousine, alors qu’ils n’ont pas pu rentrer dans les chars d’Israël ! ». Les fonds viennent, en fait, de ce « trésor de guerre » que le Hamas a constitué pour payer ses fidèles, pour acheter la loyauté et la docilité ou encore pour financer sa guerre contre Israël. Une guerre, d’ailleurs, mise entre parenthèses jusqu’à dimanche prochain. 

Philippe CHAPLEAU, avec Radjaa Abou DAGGA à Gaza. 

Source : Reuters

Chine : au revoir le rat, place au buffle ! 

 

L’Empire du Milieu fête son Nouvel an demain. L’année du rat se termine, et 2009 est placé sous le signe du buffle. Un animal sympathique qui, selon certains spécialistes, nous apporte quelques bonnes surprises… 

S’il est, parmi les signes du zodiaque chinois, un animal de bonne compagnie, c’est bien le buffle. Depuis des semaines, il envahit les étals et foyers de Chine, sous toutes les formes : de l’affiche à la statuette en passant par les motifs de petites culottes, le buffle est partout.

Le bovin n’est pas seulement la star de l’année, il est aussi un animal révéré. Nation agricole, la Chine s’est développée sur un système de cultures où le buffle (ou son « cousin » le boeuf), formidable force de traction, était essentiel. À tel point que Zhang Fang, auteur des Douze animaux et leur place dans la culture chinoise, dit que sans lui, « la civilisation chinoise n’aurait pu atteindre son niveau actuel. »

Si vénéré qu’il a été interdit à la consommation à certaines périodes de l’histoire, le buffle est célébré par plusieurs minorités ethniques. Les Buyi, notamment, lui consacrent un festival au cours duquel l’animal reçoit des offrandes de riz glutineux.

« La force tranquille »

Le buffle est donc un bon signe. S’il n’a pas la vitalité du rat, il est apprécié pour sa constance, sa fiabilité. Est-ce à dire que 2009 sera une année calme ? Peut-être pas sur tous les plans. Mais voici un élément qui, en ces temps de crise, devrait en rassurer quelques-uns : « Sur le plan financier, 2009 sera une bonne année ! » assure Edgar Sung, auteur de Feng Shui et astrologie chinoise, qui se fie à la répétition des cycles dans l’histoire. Avec l’année du buffle, finis les imbroglios banquiers ? Si oui, le départ du rat n’y sera peut-être pas pour rien. Car le rat, écrit Zhang Fang en 2001, est… cupide ! C’est un animal qui « aime faire de petits calculs » et dont l’« ambition excessive est une pierre d’achoppement » ; un animal qui « possède une capacité innée à prévoir le danger, » mais dont « le marchandage excessif peut lui ôter toute faculté de discernement. » Bernard Madoff serait-il de l’année du rat ? À vos calendriers et vos calculettes ! Et le buffle ? Selon Zhang, c’est un être moral qui « ne cherche pas à spéculer sur les circonstances », « n’aime pas s’endetter » et « aime l’investissement stable et à long terme ». En un mot : « Il n’est pas joueur, le risque peut le troubler. » Un conseil, messieurs les banquiers, en cette année 2009, soyez bovins ! 

Christina LIONNET. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

Barack Obama mène sa politique à bride abattue 

 

Parlementaires et banques sous pression, ruptures avec l’ère Bush, confiance dans l’expérience des négociateurs… Tout va très vite. 

L’inconvénient de la longue transition institutionnelle aux États-Unis, c’est qu’elle fragilise le pouvoir durant dix semaines. Son avantage, c’est qu’elle permet au nouveau président d’être opérationnel immédiatement. Depuis 48 heures, Barack Obama en donne une illustration éclatante. Il multiplie mesures et annonces sur tous les sujets sensibles, en totale rupture avec George Bush. 

La gauche démocrate est inquiète du positionnement « centriste » de son président ? Obama s’engage à défendre le droit à l’avortement. Il entend rétablir les aides (supprimées par Bush) aux associations qui fournissent services et conseils en matière d’avortement. 

L’homme de la paix en Irlande au Proche-Orient 

Sur le front économique, même accélération. La Chambre des représentants se prononcera mercredi sur son plan de relance de 825 milliards de dollars. Le porte-parole de la Maison-Blanche a fait savoir que les établissements financiers qui bénéficieront de ces mesures seront tenus, sous trente jours, de rendre des comptes sur leur utilisation. L’objectif est d’obtenir l’aval du Congrès, où Obama dispose d’une large majorité, d’ici le 16 février. Il lui a demandé hier de « faire vite »

Économie toujours, mais sur le front financier et monétaire. Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor, a lancé une mise en garde à Pékin, « soupçonnant » les dirigeants chinois de manipuler les cours du yuan. Une spéculation monétaire qui, selon Washington, creuse le déficit commercial américain, et pèse ainsi sur l’emploi. 

Mais c’est sur la politique étrangère que la rupture est la plus éclatante. D’un trait de plume, comme le notait hier le Washington Post, Obama vient de mettre fin à la méthode Bush dans la guerre au terrorisme. Fermeture de Guantanamo. Interdiction de la torture dans les manuels destinés aux agents de renseignements (sur le modèle de l’armée). Fermeture des prisons « secrètes » de la CIA à l’étranger. Nomination d’un émissaire chevronné, Richard Holbrooke, sur le dossier Afghanistan/Pakistan. Coup de fil d’Hillary Clinton au président Karzai. Obama n’ignore pas que la situation à Kaboul est « périlleuse », mais il souhaite réactiver tous les canaux diplomatiques. 

Enfin, dossier central, Hillary Clinton a confié à George Mitchell, l’homme de la paix en Irlande du Nord, le dossier israélo-palestinien. Il y travaille depuis l’an 2000. La nouvelle a été saluée hier par l’Autorité palestinienne et les Israéliens. Seul le Hamas parle d’une politique « erronée », Obama ayant sommé les islamistes de reconnaître Israël et cesser les violences. La tutelle du Hamas sur Gaza constitue pour l’heure un obstacle incontournable au dialogue israélo-palestinien. D’où l’approche plus régionale insufflée par Obama depuis deux jours. 

Obama va vite. Tellement vite qu’il n’a pas vraiment eu le temps de faire le tour de la Maison-Blanche, où son entourage le dit « très à l’aise »

Laurent MARCHAND. 

Source : Reuters via Google.fr 

 

 

 

 

Abdou, l’ado de Dakar, malade de la lèpre 

C’est aujourd’hui la journée mondiale des lépreux. On glisse trois pièces dans une tirelire. Au bout, comme là-bas au Sénégal, la vie des enfants sans mains et sans pieds en dépend. 

Les alizés se mouchent dans la ramure des frangipaniers. Les coquillages qui tapissent les allées du jardin crissent sous les pas. Et sous les béquilles des rongés de l’infortune. Ce matin, Charles Badiane emmène toute son équipe pour la visite des malades de l’Institut de léprologie appliquée (Ilad) de l’Ordre de Malte (1).

Malades, pas maudits

À 59 ans, le professeur agrégé de médecine n’a pas baissé la garde. Oui, il est toujours ce praticien doux et intraitable, qui a l’oeil pour repérer un pansement mal fagoté, une suture qui suinte. Il ne tolère pas l’à-peu-près.

Non, on ne plaisante pas avec la lèpre, cette « maladie de la misère, de la promiscuité et de la faim ». Tous les jours, il l’a sous les mains ou au bout de son scalpel. Tous les ans, il accueille ici « entre cinquante et quatre-vingts nouveaux cas. Surtout des enfants. Le plus jeune de nos patients avait cinq ans ».

Cinq ans, c’est bien jeune pour devenir la proie du bacille de Hansen, cette Mycobacterium leprae dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Et dont le décodage génétique reste un chantier. Voilà des millénaires que l’infecte bactérie mutile les pauvres gens du monde pauvre. Elle s’insinue dans les corps et s’attaque au système nerveux qu’elle endort. Elle cause lésions et plaies, cancérise les pieds, les mains, puis les yeux. Redoutable fléau : « Il n’y a pas de douleurs et le sujet ne s’en inquiète pas, précise Charles Badiane, ici le premier travail est de convaincre le malade de sa maladie. Qu’il ne s’en sortira pas s’il n’est pas hospitalisé. »

Et puis, le pire dans la lèpre, c’est l’idée que l’on s’en fait : elle traîne dans son sillage l’idée assassine de malédiction. Elle se gave d’ignorance et de stigmatisation. Le lépreux, depuis que le monde est monde, est un pestiféré frappé de solitude. Un misérable.

Pas ici. Pas à l’ILAD où l’on dépiste, où l’on soigne, où l’on guérit. Parce que l’on guérit de la lèpre quand elle est prise à temps. C’est même assez simple : une polychimiothérapie de trois antibiotiques qui donne des résultats en six ou douze mois. Et garrotte la contagion. On administre aussi des corticoïdes pour décongestionner les nerfs car il faut éviter la paralysie de la main, la sciatique de la jambe, l’amputation qui montre du doigt.

« Ça va tout le monde ? » Dans les deux dortoirs de filles et de garçons, le docteur Badiane inspecte les corps et visite l’intérieur de la tête de ses pensionnaires. Il y a là des malades au visage gonflé par les corticoïdes, à la main rendue gourde par la « griffure du lépreux », à la jambe traînante. Ils parlent avec le docteur en wolof, le dialecte sénégalais. Ils savent qu’ils vont vers des jours meilleurs. Qu’ils font partie des 5 % de la population sensibles à la maladie. Qu’ils ne sont pas maudits, simplement malades. Et qu’ils s’en sortiront s’ils écoutent ce médecin habillé de sciences et d’humanité.

Frappé à 14 ans

Pour la plupart des trente malades, la lèpre n’a pas eu le temps de faire son oeuvre. Sauf pour Abbdoulaye Diagne. Lui, « il est gravement mutilé : c’est un échec dont nous ne sommes pas fiers », soupire Charles Badiane. Abdou a été frappé à quatorze ans. Elle a récidivé. S’est à nouveau propagée comme un feu de brousse. A eu raison de sa jambe gauche, de son pied droit, de ses mains et s’attaque à ses yeux. Abdou a été amputé. Le cordonnier de l’Ilad lui confectionne des prothèses. Il pourra se déplacer, manger. Et travailler car une association allemande lui a confié la gestion d’un poulailler.

Lui, contrairement à ses jeunes voisins qui baissent encore la tête, vous regarde dans les yeux. La maladie ne l’a pas éteint. C’est un estropié debout, Abdou. Avec un peu plus de chance, il s’en serait sorti. Ça aurait pu dépendre de nous : aujourd’hui si vous glissez six euros dans la tirelire de la journée des lépreux, vous guérissez un enfant. Le prix de quatre cafés pour tenir sur ses deux jambes. Et revenir parmi nous.

François SIMON
Source : Ouest-France via Google.fr 


(1) L’Ordre de Malte espère recueillir un million d’euros aujourd’hui dans les rues de France. On peut aussi verser par internet sur le site www.ordredemaltefrance.org La fondation Raoul Follereau récolte aussi les dons. Il y a encore 1,5 million de lépreux dans le monde. Mais quatorze millions de malades ont été guéris ces vingt-cinq dernières années. Encore un effort…
 


Algérie : la délinquance au féminin 

Par Malika Belgacem 

 

(Syfia Algérie) Les femmes acquièrent une place croissante dans la société algérienne. Pour le meilleur et parfois aussi pour le pire : de plus en plus d’entre elles sont impliquées dans la délinquance, jusqu’à la grande criminalité. 

Selon des statistiques judiciaires, de janvier à octobre 2008, 644 femmes ont été impliquées dans des affaires pénales pour la région centrale d’Algérie (Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou). « Comparativement à l’année 2007, la délinquance féminine est en nette progression », affirme un responsable de la cellule de communication de la Gendarmerie nationale, qui ne souhaite pas être cité. Au cours de l’année précédente, en effet, 531 femmes avaient été arrêtées dans la même zone pour différentes infractions, allant jusqu’au crime.
« Le nombre de délinquantes arrêtées durant les sept dernières années est de 33 551 à l’échelle nationale », ajoute le même responsable, soit 17 % des personnes interpellées. Au-delà du changement quantitatif, cette hausse reflète une autre évolution : des femmes occupent une place croissante au sein de certains réseaux. « La femme n’est plus un outil de crime utilisé par l’homme. Dans plusieurs affaires, elle est la tête pensante », affirme un magistrat du tribunal criminel d’Alger.
Dans les tribunaux, l’évolution est visible. Début décembre 2008, celui de Boumerdès a jugé l’affaire de la voleuse cagoulée. Pendant deux ans, cette femme au corps frêle a dirigé d’une main de fer un réseau de malfaiteurs composé de dix membres, dont deux femmes. Elle a organisé le hold-up de plusieurs commerces, notamment des bijouteries. A son palmarès figurent des vols à main armée, vols par effraction, agressions d’automobilistes… Arrêtée en 2007, elle a été condamnée à 7 ans de réclusion criminelle.

Moins contrôlées
Selon la Gendarmerie, c’est à partir de 2006 que ce phénomène a commencé à prendre des proportions vraiment inquiétantes. « Les femmes ne sont plus dans les modes classiques de la criminalité tels que la prostitution (considérée comme un crime en Algérie, Ndlr) et le vol de bijoux de ses proches. Elles ont investi le domaine du crime organisé », constate un policier. Au cours des dix premiers mois de l’année 2008, les services de sécurité ont arrêté 49 femmes qui faisaient partie d’un réseau de harraga (immigration clandestine). Quarante-six autres ont aussi été arrêtées pour contrebande. Certaines opéraient pour leur propre compte. Souvent, elles s’étaient « spécialisées » dans le créneau des articles vestimentaires et des bijoux. « En général, les femmes sont soumises à des contrôles moins rigoureux et échappent aux fouilles corporelles, affirme la Gendarmerie. Elles en ‘profitent’ pour faire passer notamment de la drogue aux frontières ouest, dissimulée dans leurs sous-vêtements ».
Contrairement à une idée reçue, les délinquantes ou criminelles ne sont pas seulement des illettrées. D’après les résultats d’une enquête publiée en 2007 par la Gendarmerie, 20 % des femmes arrêtées pour un crime ou un délit ont suivi des études universitaires. Nadia, 28 ans, en fait partie. Elle est ingénieur en informatique, diplômée de la prestigieuse Université Houari Boumediene (Bab Ezzouar, Alger). « Par la force des choses, je me suis retrouvée délinquante, confie-t-elle par l’intermédiaire de son avocat. On ne naît pas criminelle, on le devient. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai déposé des demandes d’emploi, mais aucune n’a abouti. Je suis issue d’une famille pauvre. Je devais aider aux dépenses de la maison. ». Nadia n’a agressé personne, mais elle a tout de même amassé une petite fortune sur le dos des crédules. Elle se présentait comme infirmière, agent de recensement ou de la Sonelgaz (l’entreprise nationale d’électricité et de gaz), et profitait d’un moment de relâchement chez ses victimes pour leur voler des bijoux ou d’autres objets de valeur.

Société en pleine évolution
Les causes de la criminalité, des hommes comme des femmes, sont multiples, explique sous anonymat un officier de Gendarmerie : « Des parents démissionnaires, l’échec scolaire, la pauvreté… » À propos de la criminalité féminine, Ahmed Remita, sociologue et enseignant à l’Université de Bouzaréah (Alger), ajoute : « L’implication de la femme dans les crimes et délits est le résultat de la transformation d’une société conservatrice à une société moderne, où tout semble permis. Les repères traditionnels, les valeurs, les traditions, les comportements étaient liés à une situation économique donnée, qui a changé. Nous n’avons pas veillé à la mise en place de nouvelles balises sociales. »
En commentant l’étude de 2007, au moment de sa parution, le lieutenant Samir Zouaoui, responsable de la criminalité féminine à la Direction générale de la police algérienne, liait la hausse de la délinquance féminine à « la pauvreté, le vieillissement et la dislocation des liens familiaux ». Zakia Gaouaou, présidente de l’association sociale humanitaire Mounia, insistait de son côté, dans le portail maghrébin d’informations Magharebia.com, sur la « dégradation familiale », c’est-à-dire la façon violente dont les pères, les frères et les maris traitent les femmes.
Quant à l’avocat Khaled Berguel, il affirme que « L’activité criminelle des femmes existe depuis des siècles. Elle était jusqu’alors restée cachée, comme les femmes dans la société. » Mais de toute façon, ancien ou récent, ce phénomène suscite des interrogations dans la société. Et « des politiques de prévention devront y répondre », souhaite un officier de la Gendarmerie nationale. 

 

 

 

Burundi : des villages de paix, au delà des ethnies 

Par Jacques Bukuru 

 

(Syfia Burundi) Ils sont rapatriés ou déplacés, hutus, tutsis ou twas, et vivent tous ensemble dans des villages de paix construits pour eux. Tous démunis, faute de terres à cultiver, ils se serrent les coudes pour survivre. Reportage dans le site de Nkurye, au sud-est du Burundi. 

En ce dimanche de janvier, le ciel est clair, le soleil de plomb. Les habitants de Nkurye, un village au sud-est du Burundi, lézardent devant leurs maisons. Les plus jeunes parlent en petits groupes. Il est 10 h du matin. En y regardant de plus près, peu de ménages sont en train de cuisiner. « Quoi cuire ? », demande un vieillard. Des mamans cueillent quelques feuilles dans de petits jardins jaunis, uniques cultures visibles dans les parages. Un à un, les habitants qui se protégeaient du soleil sortent des maisons et s’attroupent. Chacun tient à raconter son passé douloureux et témoigner de l’adversité présente.
Ces gens ont pour la plupart souffert de l’exil, au Burundi ou à l’extérieur de ce pays. Venus de toutes les régions et appartenant à toutes les ethnies, ils s’entraident face à la dureté du quotidien, comme une revanche sur un passé fait de dissensions entre les communautés. Ils sont installés dans ce village de 200 maisons de 3 pièces, bien alignées, construites pour eux par l’Association pour la paix et le développement avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement. Certes, les maisons sont belles, mais leurs habitants n’ont pas de champs à cultiver. Et la solidarité ne suffit pas à rendre leur existence moins précaire.

Tous ensemble et tous pauvres
Dans ce village, vivent d’anciens rapatriés, surtout de la Tanzanie voisine, soit parce qu’ils n’ont pas retrouvé les terres de leurs parents, vendues par des proches ou redistribuées, soit parce qu’ils ne savent plus d’où était partie leur famille. « J’ai fui le pays en 1993. Au retour, témoigne Jérôme Kagoma, mes parents avaient vendu la propriété familiale avant de mourir. » Leurs voisins sont d’anciens déplacés, des Tutsis, qui ayant perdu leurs terres, refusent d’aller vivre seuls sur leurs collines d’origine. Vivent aussi ici des Twas (Pygmées, la troisième ethnie du Burundi), chassés de chez eux pendant la guerre. Ces groupes, aussi divers soient-ils, redécouvrent ensemble de nouveaux rapports dénués de ressentiment. « Nous sommes tous pauvres ; nous n’avons rien qui puisse nourrir un quelconque conflit », explique le chef adjoint du village.
C’est ainsi que des couples mixtes, hier objets de stigmatisation, font figure d’exemples pour les jeunes. Léonard Masumbuko, 77 ans, un Hutu marié à une Tutsi, en est fier : « En 1993, j’ai fui en Tanzanie avec ma femme. Nous avions 3 enfants. De retour d’exil, nous en avions neuf. Notre harmonie est aussi un modèle pour les Hutus et les Twas qui se confinaient dans leurs ghettos ethniques. » L’esprit d’entraide est si développé que même des vieillards veufs, aux traits marqués par la misère et l’âge, trouvent assistance auprès de certaines femmes.
Grâce à ces villages de paix, dont une vingtaine a été construite l’an dernier à travers tout le pays par le Projet d’appui au rapatriement et à la réintégration des sinistrés (PARESI), le rejet et la méfiance envers l’autre finissent par reculer.

Manque de terres
S’ils expriment leur enthousiasme face à une solidarité qui ne choisit pas d’ethnie, les habitants de Nkurye continuent à vivre dans l’attente de bienfaiteurs : depuis presque un an qu’ils sont installés, ils n’ont reçu que quelques vivres, donnés notamment par le gouvernement par deux fois, une aide insuffisante pour des paysans sans terres à cultiver.
En désespoir de cause, certaines familles ont vendu les tôles de leurs maisons avant de disparaître dans la nature, de peur de se mettre à dos une administration qui réprime durement de tels actes. D’autres cultivent pour les familles des environs et gagnent 600 Fbu (0,5 $) par jour. Les plus hardis vont à plus de 20 km labourer de grandes propriétés en Tanzanie pour gagner plus d’un dollar par jour. « Au retour, explique l’un des rapatriés, nous louons des terrains au Burundi et nous parvenons à faire vivre non seulement nos familles, mais aussi les plus vulnérables du site. »
Selon le directeur du PARESI, Fabien Yamuremye, la moitié seulement des habitants de la vingtaine des villages de paix dispose de terres qui les font vivre. Pour des cultivateurs, c’est pourtant la seule solution durable. 


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