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Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

24012009

Si tous les policiers étaient comme Sarr…   

Même si les gens ne lui disent pas, clairement,  qu’ils sont fiers de lui, il est, incontestablement, le policier numéro un de  l’axe  routier   Carrefour de Madrid – Rond point club d’officiers. Cet axe  demeure  le plus complexe de toutes les ‘voiries’  de la capitale Nouakchott, surtout, dans les heures où les citoyens se déplacent pour régler leurs problèmes, regagner leurs lieux de travail, écoles, universités, marchés,  etc.  Dans les taxis, on  parle de lui, il est devenu une célébrité même s’il ne le savait pas encore.  Depuis les années 80 où la précarité de la vie   a affecté les agents de l’Etat, bien que cette affectation soit  due essentiellement à  leurs maigres salaires et l’inflation galopante,  la corruption a infiltré le corps  les plus importants de l’administration  du  pays.  Depuis lors, la police est  à tort ou à raison  dans la ligne de mire des accusateurs.  Voici une exception qui se manifeste à travers le zèle d’un adjudant connu par un large public  de quartiers les plus populaires de la capitale. C’est, tout simplement, le cas de l’adjudant Sarre.  Le premier des policiers ou  le dernier des héros de ce corps ? 

Sarr honore, assurément,  la police nationale, il n’est pas corrompu, il aime son métier, et il  le défend  professionnellement. Il est une illustration marquante  du bon citoyen qui sert son pays. 

Face à la  pagaille de la circulation routière,  Sarre   doit être récompensé.  Recruté en  78, il garde depuis belle lurette le même grade. « Chaque fois que  je me présente aux  concours internes  de la police en vue d’avoir un grade  supérieur, je suis recalé par je ne sais quoi ! » Précise-t-il avec  amertume. 

Cependant, «  j’obtiens souvent des notes qui varient entre 16 et 18 sur 20.  En effet, au moment de mon intégration dans le  corps de la police, j’avais le choix entre ce dernier et la SNIM.   J’ai choisi catégoriquement la police ». Poursuit-il avec fierté.  « La police c’est ma vie. Et je suis content d’avoir la reconnaissance d’un chroniqueur. Je suis flatté » m’avoue-t-il. 

Sur la question de la désorganisation de la circulation routière, il   confirme   que  parfois il rencontre des personnalités conduisant des véhicules  de services gouvernementaux.   Ces derniers  se croient supérieurs  pour être  contraints   à la réglementation routière.  « Toutefois,  enfin de compte ils se plient aux  exigences  de  la police après un grincement de dent et des frustrations  manifestes ». Déclare-t-il.   Quant à  la bonne conduite des chauffeurs  de taxis, «  je   confisque   des permis en majorité étrangers. Ces permis s’avéraient  après vérifications  falsifiés », annonce-t-il, avec certitude ! «  Nous avons contacté les services sécuritaires des pays concernés et ils nous ont précisé que les numéros de permis qui leur sont transmis   par nos services  ne sont pas valables », martèle-t-il.   

Par ailleurs, suite à l’absence  de   Sarre du champ visuel des clients des taxis pendant une année, les supputations ont repris de plus belle.  « Il a eu un sérieux  conflit  avec un homme d’affaire qui ne  voulait pas se plier à la réglementation  routière. Celui-ci  a  activé  son réseau d’influence pour que Sarre soit radié de la police », expliquent des ‘ passagers’  tout en précisant qu’ «  il a été  reconduit ». 

« Les  causes de mon absence sont dues essentiellement à un repos médical  suite à un accident  qui a provoqué une chute de  ma  moto  de service. », corrige-t-il  en substance.        

 De toute évidence nous avons besoin de policiers comme Sarr. D’autant plus que  dans les jours à venir la population de Nouakchott s’attend à des mesures radicales en termes d’organisation de la circulation routière. Les campagnes de sensibilisation sont déjà engagées. Les acteurs de  cette action  ont multiplié les sorties médiatiques à la télé et à  la radio. C’est une bonne chose si cela permet une réorganisation de la circulation. Les mauritaniens sont-ils prêts ? La police est-elle à la hauteur de cette tâche qui n’est pas tout à fait  facile ? 

m_barrada@yahoo.fr    

Source : La Tribune n°432     




Les Echos de La Tribune Par Mohamed Fouad Barrada

24012009

Si tous les policiers étaient comme Sarr…   Même si les gens ne lui disent pas, clairement,  qu’ils sont fiers de lui, il est, incontestablement, le policier numéro un de  l’axe  routier   Carrefour de Madrid – Rond point club d’officiers. Cet axe  demeure  le plus complexe de toutes les ‘voiries’  de la capitale Nouakchott, surtout, dans les heures où les citoyens se déplacent pour régler leurs problèmes, regagner leurs lieux de travail, écoles, universités, marchés,  etc.  Dans les taxis, on  parle de lui, il est devenu une célébrité même s’il ne le savait pas encore.  Depuis les années 80 où la précarité de la vie   a affecté les agents de l’Etat, bien que cette affectation soit  due essentiellement à  leurs maigres salaires et l’inflation galopante,  la corruption a infiltré le corps  les plus importants de l’administration  du  pays.  Depuis lors, la police est  à tort ou à raison  dans la ligne de mire des accusateurs.  Voici une exception qui se manifeste à travers le zèle d’un adjudant connu par un large public  de quartiers les plus populaires de la capitale. C’est, tout simplement, le cas de l’adjudant Sarre.  Le premier des policiers ou  le dernier des héros de ce corps ? 

Sarr honore, assurément,  la police nationale, il n’est pas corrompu, il aime son métier, et il  le défend  professionnellement. Il est une illustration marquante  du bon citoyen qui sert son pays. Face à la  pagaille de la circulation routière,  Sarre   doit être récompensé.  Recruté en  78, il garde depuis belle lurette le même grade. « Chaque fois que  je me présente aux  concours internes  de la police en vue d’avoir un grade  supérieur, je suis recalé par je ne sais quoi ! » Précise-t-il avec  amertume. 

Cependant, «  j’obtiens souvent des notes qui varient entre 16 et 18 sur 20.  En effet, au moment de mon intégration dans le  corps de la police, j’avais le choix entre ce dernier et la SNIM.   J’ai choisi catégoriquement la police ». Poursuit-il avec fierté.  « La police c’est ma vie. Et je suis content d’avoir la reconnaissance d’un chroniqueur. Je suis flatté » m’avoue-t-il. Sur la question de la désorganisation de la circulation routière, il   confirme   que  parfois il rencontre des personnalités conduisant des véhicules  de services gouvernementaux.   Ces derniers  se croient supérieurs  pour être  contraints   à la réglementation routière.  « Toutefois,  enfin de compte ils se plient aux  exigences  de  la police après un grincement de dent et des frustrations  manifestes ». Déclare-t-il.   Quant à  la bonne conduite des chauffeurs  de taxis, «  je   confisque   des permis en majorité étrangers. Ces permis s’avéraient  après vérifications  falsifiés », annonce-t-il, avec certitude ! «  Nous avons contacté les services sécuritaires des pays concernés et ils nous ont précisé que les numéros de permis qui leur sont transmis   par nos services  ne sont pas valables », martèle-t-il.   

Par ailleurs, suite à l’absence  de   Sarre du champ visuel des clients des taxis pendant une année, les supputations ont repris de plus belle.  « Il a eu un sérieux  conflit  avec un homme d’affaire qui ne  voulait pas se plier à la réglementation  routière. Celui-ci  a  activé  son réseau d’influence pour que Sarre soit radié de la police », expliquent des ‘ passagers’  tout en précisant qu’ «  il a été  reconduit ».  « Les  causes de mon absence sont dues essentiellement à un repos médical  suite à un accident  qui a provoqué une chute de  ma  moto  de service. », corrige-t-il  en substance.         De toute évidence nous avons besoin de policiers comme Sarr. D’autant plus que  dans les jours à venir la population de Nouakchott s’attend à des mesures radicales en termes d’organisation de la circulation routière. Les campagnes de sensibilisation sont déjà engagées. Les acteurs de  cette action  ont multiplié les sorties médiatiques à la télé et à  la radio. C’est une bonne chose si cela permet une réorganisation de la circulation. Les mauritaniens sont-ils prêts ? La police est-elle à la hauteur de cette tâche qui n’est pas tout à fait  facile ? 

m_barrada@yahoo.fr        

Source : La Tribune n°432




Les anciens esclaves tentent de s’adapter au sein de leur nouvelle communauté

24012009

 

Les anciens esclaves tentent de s’adapter au sein de leur nouvelle communauté

Ramadan Ould Semette, ancien esclave du sud de
la Mauritanie, est parti, avec plusieurs centaines d’autres anciens esclaves, pour créer sa propre commune dans le désert
LEFREWA. Deux ans après que plus d’une centaine de familles d’anciens esclaves eurent quitté leur village dans le sud de
la Mauritanie pour créer leur propre communauté, loin des propriétaires d’esclaves, des membres de ce groupe ont confié à IRIN qu’ils se débattaient encore pour s’adapter à leur indépendance.
Ramadan Ould Semette est de ceux qui ont quitté le village de Lefrewa, où ces familles étaient esclaves de génération en génération ; certes, il a pu prendre un nouveau départ, comme il le souhaitait depuis bien longtemps, mais c’est à peu près tout.
« Nous n’avons que nos muscles pour survivre et nous luttons sans cesse dans le désert. Le seul avantage qu’il y a à vivre ici, dans un nouvel endroit, c’est que nous nous sommes physiquement éloignés de l’exploitation du passé ».
Tourner la page et se trouver un moyen de subsistance est une tâche particulièrement ardue dans un pays où la plupart des habitants vivent déjà dans des conditions difficiles.
La Mauritanie est composée pour moitié d’un territoire désertique inhabitable et inhospitalier ; près de la moitié de ses trois millions d’habitants n’a pas accès à l’eau salubre, selon les Nations Unies, et d’après les estimations de FEWSNET, organisme spécialisé dans la surveillance de la situation alimentaire mondiale, plus de 330 000 personnes souffraient de malnutrition ?dans le pays? en octobre 2008.
Biram Ould Abeide, conseiller de
la Commission nationale des droits de l’homme, a expliqué à IRIN que la commune des anciens esclaves, baptisée Sawap (« vertueux » en arabe), avait eu des difficultés à trouver où s’établir. « Aucune communauté ne les a accueillis. Ils ont eu de graves problèmes pour obtenir l’autorisation de s’installer là où ils sont maintenant. C’est une question de droits fonciers ; il n’y a pas de terres inscrites au nom d’anciens esclaves ».
M. Abeide a expliqué que le président de l’époque, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, était intervenu pour aider les familles à s’installer en 2006.
M. Semette, habitant de la commune, a indiqué à IRIN que si un membre du groupe avait besoin de consulter un médecin, il se faisait transporter à dos d’âne à travers le désert jusqu’au centre médical le plus proche, à trois kilomètres de là. L’eau est une denrée rare. Et les femmes se rendent à pied jusqu’aux villages voisins pour trouver de la nourriture, a-t-il ajouté.
Selon les experts des droits humains, si une loi contre l’esclavage a été adoptée en 2007, les systèmes d’aide aux anciens esclaves font défaut. M. Abeide a en outre expliqué à IRIN qu’en dépit de cette loi (qui définit la servitude pour dette et les mariages forcés comme des formes d’esclavage), les droits des anciens esclaves continuaient d’être « négligés, dans le meilleur des cas, si ce n’est complètement bafoués ».
Des centaines d’anciens esclaves se sont réinstallés sur un terrain désertique qu’ils ont baptisé Sawap
Selon la commission, la loi a abouti à la libération de 43 personnes, et des centaines d’affaires sont encore en instance. Mohamed Bilal Ould Dike, avocat spécialiste des droits humains, a néanmoins expliqué à IRIN que la loi contre l’esclavage n’était que la première étape.
« Cette loi n’assure pas la protection des victimes. Les vraies garanties dont elles ont besoin sont d’ordre juridique ?mise en application de la loi? et socioéconomique. Il faut prévoir un système de réinsertion économique pour ces victimes ».
Une membre de la commune a expliqué qu’elle ne réussissait pas à trouver de travail rémunéré. « Nous travaillons comme domestiques », a confié Tesslem Mint El Kory à IRIN. « Mais les familles de la région sont si pauvres qu’elles n’ont pas les moyens de nous payer. Alors, nous faisons le travail que nous avons toujours fait, et nous ne sommes toujours pas payés ».
Lemine Dadde, commissaire aux droits de l’Homme depuis le coup d’Etat, a expliqué à IRIN que le conseil militaire au pouvoir avait prévu de consacrer un budget de plus de cinq millions de dollars pour aider les victimes d’esclavage. Le commissaire a également indiqué que 46 villages extrêmement pauvres dont les populations sont en grande partie composées de Noirs africains (une majorité d’esclaves sont Noirs africains) devaient recevoir une aide financière d’urgence à compter de février 2009.
L’esclavage est interdit en Mauritanie depuis l’époque du colonialisme. Pourtant, malgré l’adoption périodique, depuis l’indépendance en 1960, de législations visant à renforcer cette interdiction, toutes les communautés ethniques le pratiquent encore (principalement en milieu rural), selon les associations de défense des droits humains.
Article publié le 15 janvier 2009, Source :
IRIN




Mauritanie/Les pointeurs et collecteurs de la section bennes réclament justice

24012009

Les pointeurs et collecteurs de la section bennes réclament justice 

 

Après son affiliation à la confédération  nationale du patronat mauritanien, la section Benne qui était associée à
la  Fédération Nationale des Transport, a vu  le licenciement de  vingt cinq de ses employés. Ceux-ci prétendent avoir été mis à la porte « sans droits ». Ils s’occupaient du pointage des bennes transportant du sable pour la construction et de la collecte des recettes. 

Tout a commencé en 2006, lorsque le CMJD et son équipe gouvernementale ont décidé de mettre fin à

la FNT.  Dès lors, le malheur a frappé à la porte de dizaines de pères de familles et de deux femmes. A en croire le porte parole du groupe, non seulement ces hommes et ces femmes travaillaient dans des conditions difficiles mais ils avaient des salaires maigres : environs 20.000 UM par mois et étaient sans aucune prise en charge ni primes. 

Mohamed Ould Allwatt, porte parole, de ces travailleurs qui se disent victimes d’une injustice caractérisée, se  dit très inquiet de la décision prise contre eux. « Vu les conditions dans lesquelles nous travaillions, nous avions toujours supporté », déclare-t-il. 

« Mes collègues s’accrochaient aux camions pour aller dans leurs lieux de travail, certains étaient à Kosovo (un quartier périphérique de Nouakchott, ndlr) et d’autres à Tevrag-zeina », ajoute-t-il. 

Nous n’avions pas de frais de transport et nous étions obligés de  passer 24 heures sur le terrain avec comme nourriture du pain, des biscuits, de l’eau et du thé. 

Selon O. Allwatt, certains sont devenus sourds et d’autres ont eu le rhume chronique avec de violents maux de tête. 

« Quelques mois après, deux d’entre nous ont été rappelé par la confédération et les autres continuent de digérer leur malheur qui semble progresser vers l’infini », a-t-il souligné. 

« Nous tenons à ce que le Général Mohamed O.Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat, Chef de l’Etat, trouve une solution adéquate et urgente à notre problème qui a tant duré », a-t-il déclaré. 

                                                                                                                OULD SIDI 




AT ‘art- Culture

24012009

AT ‘art- Culture

Ambiance d’art à Atar

Atar vieille cité de culture et de bonnes traditions était fortement menacée par l’oubli, par l’acculturation Certes le MATAF il y a 20 ans avait donné des couleurs à la ville, certes l’excellente initiative du « festival du med’h » en Juillet dernier avait placé Atar au cœur de l’événement culturel Mais Atar demandait plus Et ce plus c’est une toute nouvelle association « AT’art-Culture » qui l’a offert à la ville

Le timing était bien choisi : le 9 Janvier. Pour qui connaît un peu l’histoire c’est un9 Janvier 1909 que les troupes coloniales sont rentrées dans la capitale de l’émirat de l’Adrar Il ne s’agissait pas, pour l’association, de fêter une défaite, mais de s’interroger sur un siècle de rapports avec l’autre

C’est pourquoi M. Said Ould Hamody a présenté une conférence sur les rapports séculaires qui existaient entre les émirats maures et les puissances occidentales Et Adnan Ould Beyrouk s’est aussi appesanti sur l’histoire de la ville d’Atar

Mais ces journées ne comportèrent pas seulement des conférences Mme Mekfoula mint Hmeyada a présenté une exposition formidable sur son art : le travail de la pierre, construire de splendides sculptures faites de pierres de l’Adrar et de matériaux locaux

Les troupes folkloriques de la ville ont animé une soirée où rivalisaient le med’h mais aussi la « benda ‘locales avec de grands ténors comme Ould Breika et iBrour

La deuxième soirée a été poétique avec des talents sûrs comme Dou Ould Benoug et Badr Ould Moussa et aussi les chants traditionnels de l’Adrar

Tout au long de ces journées les femmes de l’association des arts et jeux traditionnels, animés par leur excellente présidente Khdeija mint Chandhoura ont montré les mille facettes des jeux traditionls et  de l’art de la coiffure de l’Adrar

Le Ministére de
la Culture était représenté par son secrétaire général remplaçant au pied levé un ministre empéché au dernier moment Il est vrai que l’événement était placé sous le haut patronage du Chef de l’Etat

L’association AT’art ‘Culture qui est présidée par l’écrivain Mbarek ould Beyrouk est animée par des valeurs sûres comme M Mohamed Mahmoud Ould TALEB Directeur de l’Alliance Franco-mauritanienne d’Atar, comme Tijani Ould Beillil ancien haut cadre de l’Asecna et du Ministère de l’équipement ,Ely Salem Ould KhAyar,journaliste, Mekfoulla Mint Hmeyada excellente artiste, Mohamed OULD Khalla directeur de
la BAMIS à Atar et bien d’autres

Et AT3art Culture ne veut pas  s’arrêter là  Déjà ils se préparent pour d’autres journées

En Mars peut être !

 

Source : La Tribune n°432




Affaire PROCAPEC :

24012009

Des bruits, des bruits, rien que des bruits…

 

Quand il est arrêté lundi 5 janvier, Ahmed Ould Khattri venait de décrocher un permis pour un hectare pour la PROCAPEC. Cet hectare devait servir à la construction des villas du programme «Epargne-Logement» qui a déjà convaincu un millier de personnes. Pour la plupart des mauritaniens résidents à l’étranger. Mais pas seulement. Le programme ambitionne aussi de drainer quelques financements extérieurs.

Le permis d’occuper est une victoire pour le directeur national de la PROCAPEC. En effet Ahmed Ould Khattri a dû batailler pour avoir ce papier. Depuis d’ailleurs quelques mois, il sent que tous les prétextes sont bons pour bloquer les démarches de son institution. Des rumeurs récurrentes ont fait état tantôt de l’arrestation de Ould Khattri, tantôt de son limogeage. Les motifs invoqués variaient selon les interlocuteurs. Comment en est-on arrivé à ce stade ? Récit d’un cocktail de manipulations…

L’Agence de Promotion des Caisses Populaires d’Epargne et de Crédit (PROCAPEC) a été créée en 1997 par la Banque Centrale de Mauritanie en vue de promouvoir l’épargne et le crédit pour financer la petite et moyenne entreprise. Malgré cette ambition, elle est restée en l’état de projet donc une entité sans capital propre, vivant d’une subvention annuelle dont le montant varie d’année en année. Comme si ce montant dépendait du bon vouloir de ceux qui dirigent la BCM. Dans la réalité, cette subvention était l’indicateur principal pour savoir quelle importance l’autorité politique accordait au secteur de la micro-finance et comment elle le percevait.

Du temps de Ould Taya, la subvention a atteint 250 millions UM alors que les caisses étaient peu nombreuses. Pendant la période de transition, elle est descendue à 150 millions, sous l’ère Ould Cheikh Abdallahi elle est arrivée à la barre de 100 millions. Pour le budget 2009, seulement 44 millions ont été prévus pour cette subvention. Plus donc les caisses augmentent, plus les sociétaires augmentent (54 caisses pour plus de 150.000 adhérents), plus la subvention diminue. Pourtant
la PROCAPEC devient l’outil principal de l’activité socio-économique du pays. le système étant basé sur l’épargne mise à disposition pour le crédit. Mais elle devient en même un objet de convoitises.

Quand il est nommé à la direction de l’institution, Ahmed Ould Khattri n’est pas un inconnu de la boîte dont il a gravi les échelons depuis sa création. Il était le directeur de la CAPEC de Nouadhibou dont il avait fait la première caisse du pays. En juin 2006, il est choisi parmi de nombreux candidats dont des cadres de la BCM – jusque-là le directeur est toujours recruté au sein de la première institution financière du pays. Grâce à différents appuis politiques – dont celui des militaires encore influents -, Ould Khattri n’a aucun mal à accéder au poste de commande. Il a longtemps pensé la PROCAPEC comme un outil de développement économique et de promotion sociale qui doit être mis à la disposition des nécessiteux. Pour ce faire il lui fallait innover pour trouver la ressource qu’il faut.

En quelques mois, la PROCAPEC gagne en visibilité. Ould Khattri a toujours compris que l’argent appelle l’argent. C’est pourquoi son objectif premier était de drainer le maximum d’épargne. Il adopte rapidement une devise simple et qui résume toute la philosophie qu’il entend mettre en œuvre : «Amener les membres à épargner régulièrement, à emprunter sagement et à rembourser promptement». 

Directeur national parce qu’ayant des pouvoirs qui s’exercent sur l’ensemble du réseau sur le territoire national, il est considéré comme un directeur de grade de la BCM. Il court le pays, engage ici, ouvre des Caisses (CAPEC) par-là, et fonde l’idée d’un possible financement du développement à la base grâce à l’épargne «moyenne». Pas celle des riches, mais celle des petits déposants. Suivent naturellement les grands programmes. 

D’abord celui de l’épargne-logement. Il s’agit pour les adhérents de déposer en vue de l’obtention d’un logement de moyen ou de haut standing, c’est selon. Moyennant le dépôt d’une somme à l’ouverture du compte d’épargne et le versement de tranches mensuelles. C’est en vue de la réalisation d’un tel projet que Ould Khattri avait demandé des terrains à viabiliser. Accord d’abord des autorités, puis blocage après le départ de Zeine Ould Zeidane, le nouveau ministre refusant de laisser passer le projet. 

Ensuite il y eut les projets de crédits licites selon le droit musulman, en l’occurrence la «Mourabaha». Puis le Hajj qui permettait au déposant d’accomplir son obligation religieuse en déposant la moitié de l’enveloppe et en s’engageant à payer le reste plus tard et selon des modalités prédéfinies. Des collaborations avec les opérateurs de téléphonie mobile permettaient aussi de pourvoir certains revendeurs de cartes en cartes prépayées. C’est le cas avec la MATTEL. 

Partout présente, la PROCAPEC émet trop de lumière. «Tant de visibilité est mortelle pour une entreprise financière», soutient quelqu’un. Surtout dans un environnement comme le nôtre où la réussite est rare, où l’efficacité est suspecte et où la rentabilité est coupable. 

Premier accroc : le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est sur le point de le limoger quand il décide de l’entendre comme pour lui donner l’occasion de se justifier. Ould Khattri apporte avec lui ses rapports pour sa tutelle, la BCM et explique largement son activité. Il ne se savait pas jugé à ce moment-là. A la fin, le président lui dira en substance : «heureusement que j’ai entendu ces explications, parce que j’allais prendre une mesure à ton encontre». Avant de lui renouveler sa confiance et de lui demander de continuer sur sa lancée. 

Ould Khattri est désormais aux aguets. Il sait que ses détracteurs sont à l’affût de n’importe quelle erreur. Il sait surtout qu’ils ont mobilisé contre lui une partie des décideurs, utilisant tantôt de fausses informations, tantôt la prospérité réelle de la PROCAPEC pour dire qu’il anguille sous roche. La meilleure manière de s’en protéger pour quelqu’un qui estime avoir un avenir à préserver, c’est de rester irréprochable. Tout est clair dans sa gestion. Les rapports sont normalement et régulièrement envoyés à la BCM. Pour le reste il fait dans la limite de l’impossible. Engagement de personnels pour satisfaire les doléances des décideurs et autres dignitaires du régime, facilités par-ci, attentions par-là. Si bien qu’il tisse un réseau de relations qui va au-delà de la vision sectaire de soi. Aujourd’hui, c’est une grande partie de la Mauritanie qui est touchée par ce qui lui arrive. Ce n’est pas pour rien. 

Après le 6 août, l’animosité a repris de plus belle. Les détracteurs ont cru voir dans le changement d’autorité, l’occasion d’en finir avec Ould Khattri. Rumeurs et manipulations. Il faudra attendre l’arrivée du nouveau Gouverneur pour voir enfin les manigances aboutir. C’est d’abord l’envoi d’une mission d’inspection, la première du genre depuis très longtemps. 

L’hostilité des inspecteurs est manifeste selon les employés de la PROCAPEC. Dans sa lettre ouverte que nous avons publiée la semaine dernière, Ould Khattri décrit cette mission. Le rapport préliminaire ne lui parviendra jamais. Ni demande d’explication, ni mise en demeure, ni même observations. 

Et un lundi (5/1), par une fraiche après-midi qui ressemble à n’importe quelle autre, Ahmed Ould Khattri est arrêté. D’abord par la police judiciaire. Il est transféré 24 heures après à la Brigade financière. Ici et là, il répond à des questions vagues, sans vrais objet. Le Procureur et avant lui les policiers avouent ne pas savoir ce qu’ils cherchent exactement. ‘On’ demande à la BCM qui a formulé oralement la plainte, d’élaborer quelque chose d’écrit. Jeudi suivant, une plainte atterrit devant le Procureur. Elle comporte cinq éléments auxquels Ouls Khattri n’a aucun mal à répondre. 

On y signale un trou de quelques 7 millions dans l’une des caisses. Ould Khattri n’étant pas caissier, c’est le responsable qui répond. Il a bien présenté aux inspecteurs la somme en valeur (cartes MATTEL) mais ils ont refusé de la prendre en considération. N’empêche que cette somme est bien là et donc il n’y a pas lieu de parler de «trou». 

Deuxième grief : l’ouverture de quelques 24 CAPEC sans l’aval de la BCM. En fait dans le rapport de 2007 adressé à la tutelle, la PROCAPEC avait prévu d’en ouvrir environ 29. Mais les possibilités humaines et financières n’ont permis que 24 caisses de réalisées. Où est le crime ? Surtout que la demande est forte et a été partout exprimée devant les autorités par les élus et les populations des différentes Mouqataas. 

La mission aurait remarqué «des retraits massifs d’argent» les 17 et 18 décembre et sur cette base conclu à l’intention de fuir de Ould Khattri. Il s’agit au total de 19 millions qui constituent en fait les paiements de factures diverses. Dont notamment 9 millions payés à l’entrepreneur chargé de construire deux CAPEC. Tous les actes et virement ont été vérifiés par les enquêteurs. 

Quatrième reproche, ce que la mission appelle «contrats complaisants». Au total onze contrats répertoriés. Cela va de la consultation au gardiennage. Le plus intéressant pour les enquêteurs a été celui de SESAME, une société de gardiennage qui appartiendrait au fils de l’ancien président Ould Cheikh Abdallahi. En fait le contrat a été discuté avec le directeur exécutif de la société qui n’est autre que le fils du député Mohamed Ali Cherif, député frondeur en chef. Les contrats de location des maisons n’ont pas été répertoriés. Pourquoi ? 

Enfin l’existence d’un centre de financement à la PROCAPEC ne semble pas convenir. Ce centre a été créé pour répondre à la nécessité d’avoir un outil de gestion des crédits et des hypothèques y afférentes. 

Maigre cueillette pour une mission partie pour découvrir des comptes en banque personnels garnis, des propriétés foncières personnelles, des richesses personnelles. Malgré les perquisitions chez lui, dans son bureau, ses relevés de compte… rien qui puisse indiquer que Ould Khattri a été coupable de malversations ou de détournements de deniers publics. Il aimait à dire quand ses amis lui reprochaient de ne pas avoir de biens personnels : «Il est vrai que j’ai des avantages, notamment la possibilité d’emprunter auprès des banques de la place, mais je dois penser à ma position d’homme politique, d’homme tout court». 

La nouvelle directrice de
la PROCAPEC s’est empressée l’autre soir d’expliquer la situation de l’institution à la télévision. Devant les Mauritaniens, elle a reconnu deux choses : il n’y a pas de problème justifiant la panique, l’enquête suit son cours. A cause des rumeurs distillées pour justifier le traitement fait à Ould Khattri, les adhérents des CAPEC ont fait des retraits de leur épargne. Parce qu’on disait que les caisses avaient été vidées. Jusque-là les caisses répondent sans problème aux doléances et aucune n’a déclaré son incapacité à rétrocéder les avoirs des déposants. Ce qui dément toute idée de trou. Deuxièmement, l’enquête n’a jamais été clôturée donc n’a pas été conclue. 

Malgré cela, il est aujourd’hui enfermé dans la prison de Dar Naim. Il n’a pas encore été interrogé par le juge d’instruction. Rien ne presse. D’ailleurs il retrouve là Yahya Ould Ahmed Waghf, Didi Ould Biya, Moustapha Ould Hammoud, Isselmou Ould Khattri, lesquels n’ont pas reçu, depuis deux mois, la visite du juge qui a fixé leur caution à cent millions d’ouguiyas. Il y a aussi Isselmou Ould Abdel Kader qui attend une libération conditionnée qui ne vient pas. Une belle brochettes qui fait plutôt «règlement de comptes» qu’«opération mains propres».   

 

MFO 

 

Source : La Tribune n° 432




Le retour avorté de Ould Abdallahi à la Une en Mauritanie

24012009

 

Le retour avorté de Ould Abdallahi à la Une en Mauritanie

Le retour avorté à Nouakchott du président déchu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a fait la Une des journaux mauritaniens cette semaine.

Sous le titre « le temps des violeurs« , l’hebdomadaire Le Calame dénonce les manifestations hostiles au président déchu, alors que son confrère Points chauds parle de « no man’s land pour Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi » à propos de son retour avorté dans la capitale.

Le journal décrit les misères faites à Ould Abdallahi – cortège arrêté, passé au peigne fin, traité de manière peu orthodoxe – qui l’ont amené à retourner dans son village de Lemden situé à 250 kilomètres au sud-est de Nouakchott.

Pour sa part, le quotidien Biladi choisit la veille de l’arrivée annoncée de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi à Nouakchott pour publier une longue interview du président de l’Union des Forces de Progrès (UFP)- formation membre du front anti-putsch, Mohamed Ould Maouloud.

Ce dernier, convaincu de la fatalité de « l’échec » du coup de force du 6 août dernier, rejette toute idée « d’essoufflement » du camp opposé au pouvoir des généraux.

Nouakchott – 24/01/2009

Info source : PanaPress







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