Chine/Occident:

13 01 2009

 

  

L’Afrique, leur terre de guerre interposée 

 

La Chine investit de plus en plus en Afrique, et a plus que fait trembler le quasi monopole des anciennes colonies occidentales.  Devant l’avancée inéluctable de l’empire du Milieu dans leurs anciens «bastions» les officiels occidentaux craignent pour leurs intérêts… 

 

L’intérêt grandissant de la Chine pour le continent africain et l’aide de plus en plus sophistiquée qu’elle lui apporte sont une inépuisable source d’interrogations et de controverse.
Les effets de l’aide chinoise sur les économies des pays africains ne se feront sentir que progressivement, et à moyen ou long terme. Mais, d’ores et déjà, le continent engrange quelques profits… collatéraux. L’union européenne s’est avisée tout d’un coup que ce malheureux continent, que l’Europe avait naguère colonisé, mais qui, à la fin du siècle dernier, semblait avoir perdu tout intérêt pour elle, n’était pas seulement source d’ennuis et d’émigrés clandestins.

De leur côté, les États-Unis d’Amérique se sont mis à consolider leur implantation diplomatique sur le continent, leurs positions pétrolières le long de ses côtes et cherchent à y asseoir, par Africom interposé un dispositif militaire. L’Inde et la Russie s’apprêtent à suivre le mouvement ; le Brésil ne les a pas attendues. La Banque mondiale et le FMI, eux, n’ont jamais quitté l’Afrique; elle a même été, pour son malheur, leur champ d’expérimentation préféré. Mais n’ayant plus, depuis l’irruption de la Chine, le monopole (ou quasi-monopole) de l’aide à l’Afrique, ils la regardent d’un œil différent. Un rapport de dix pages, remis il y a bientôt un an en France au Conseil des affaires étrangères, jamais rendu public, sur «les intérêts économiques français face à l’irruption de nouveaux acteurs en Afrique». Le ton y est franchement alarmiste : «La Chine remporte des contrats au détriment des opérateurs français dans tous les secteurs d’activité.» Avant de préciser : «Nous n’assistons pas à un choc frontal sur le marché africain entre les deux acteurs économiques que sont la France et la Chine mais à une érosion en notre défaveur.»

Des infrastructures tout de suite! 

Cette année, les débats du dernier caucus africain de Nouakchott se sont focalisés sur le rôle croissant des bailleurs de fonds non traditionnels: l’Inde, le Brésil, les fonds arabes, mais surtout la Chine, qui a investi 1000 milliards de dollars de ses réserves en devises en Afrique! Ce n’est donc pas un hasard si à la tribune de l’assemblée, Chen Yuan, le gouverneur de la Banque de développement de Chine, a succédé au patron du FMI. La présence chinoise en Afrique n’a rien d’un mythe. Aujourd’hui, l’empire du Milieu y réalise 10% de ses investissements directs à l’étranger et consacre la moitié de son aide au développement à ce continent. «L’approche chinoise du développement est très pragmatique», note Abdallahi Ould Mohamed Awah, professeur d’économie à l’université de Nouakchott. «Les projets réalisés et financés par les Chinois sont visibles et concrets, car ils construisent des routes, des ports, des mines», explique-t-il.

Et c’est cet investissement tout de suite concret qui intéresse les pays africains, notamment ceux subsahariens. Cette partie ventrale de l’Afrique s’est, à de rares exceptions près, paupérisée. Au lieu d’attirer talents, compétences et capitaux, elle les a fait fuir. C’est ce mouvement qu’il s’agit aujourd’hui d’inverser. Cette évolution-révolution prendra du temps, mais, grâce en partie à l’arrivée de la Chine en Afrique, elle semble avoir démarré…

 

MLK

Source : La Tribune n°431


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