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Réflexion : Vers le dévoilement des intentions

13012009

Par Mohamed Fouad Barrada  

Elles se cachent derrière un ruban difficile  à dévoiler, elles sont difficiles à comprendre, elles sont souvent floues,  rares à être  précises. Parfois, nous   croyons qu’elles sont compréhensibles alors que c’est le contraire qui se produit.   Dans les rapports humains,   il se trouve qu’il y a des individus prêts à jouer le jeu du cache-cache,  mais le pouvoir de la science  s’approche de les transformer (les individus)  à des sujets soumis à la domination de la puissance  de l’innovation.  Si le but c’est de duper,   la procédure demande alors  des logistiques adéquates pour que l’adversaire soit induit en erreur. Mais si les individus sont dominés par la hantise qui se caractérise par la psychose de la méfiance les dés seront pipés. 

De la haute hiérarchie passant par le bas de la pyramide de la société allant vers la classe intellectuelle, il y a toujours des conflits guidés  inconsciemment -même si partiellement- par une image intentionnelle  fausse ou vraie de ce que l’autre présente.  Suivant l’idée de base du conflit et prenant comme centre d’analyse  l’effet de l’image intentionnelle   dans ce conflit,  nous allons essayer de comprendre un aspect de  domination de l’homme par l’homme et partant, l’exploitation de l’image intentionnelle  voire de la destruction de celle-ci. Et si nous évoquons l’image, nous serons obligés de mettre en relief le paradoxe entre la perception de l’image  et  le   fondement de la substance perçue.  

En effet, il est presque aberrant de parler de l’image sans faire appel à la beauté naturelle ou artificielle. Personne ne peut nier l’importance de la beauté. La beauté du geste, la beauté de la physionomie etc.  Supposons qu’une maison est bâtie sans fondement solide  alors que le coté esthétique est beau, l’image n’est en sens qu’une manière de rendre l’objet plus attractif alors que son « soubassement » est insignifiant. Supposons encore qu’un individu donné soigne son coté apparent par une barbe, il peut duper par le port des poils  son entourage ; il peut encore donner une vraie image de son statut social. Cette image peut aussi provoquer chez le percepteur une réaction craintive voire admirative.   La perception de la barbe par les sociétés change suivant les époques, suivant les interprétations et suivant la position politique. Interdiction de raser chez les uns et une autorisation du port chez les autres. La même transposition se matérialise dans le comportement et les vestimentaires utilisés par les uns et les autres. En effet, nous assistons à une  normalisation des comportements du port des vêtements. Dans les banques la loque est presque identique dans plusieurs pays. Les équipes des gouvernements, les directeurs doivent donner une image permettant de les classifier dans des  catégories bien spécifiques. La même logique se confirme à travers   les effets  médiatiques  (surtout télévisé)  qui renforcent  l’harmonisation des images à vocation mondiale. La perception de l’image se répercutera en conséquence   positivement ou négativement (tôt ou tard) sur les intentions  individuelles.   

  Personne ne peut négliger, par ailleurs, la puissance de l’image dans le discours interindividuel. Dans les sociétés actuelles, il est facile de jouer sur les images. Avec  des moyens solides l’individu divulgue  à ses  interlocuteurs une image sur son statut  apparent. Avec l’éloquence l’homme peut aussi forger une image auprès de ses interlocuteurs. Du coté commercial, une simple combinaison entre différentes couleurs, le produit emballé acquiert un effet psychologique captivant chez celui qui l’aperçoit.  Partant, nous pouvons dire que la perception de l’image implique la mise en avant de la couleur. Ici nous trouvons le conflit à connotation raciale basée sur la couleur de la peau. Cela sous-entend qu’à partir de l’image se crée chez les hommes une idée sur l’indifférence et la différence. Aussi à partir de la langue parlée se crée une image chez à la fois  les percepteurs du message et l’émetteur. En se fiant au développement de la science, nous pouvons dire que l’image  et sa perception ont subi une importance significative. Dans l’ère de l’image, les apparences prennent le devant de la scène. D’où le développement de la chirurgie esthétique.  Sous l’emprise de besoin psycho- social, la beauté naturelle perd son sens. Nous ne savons plus (dans certaine circonstance) qui est beau par naissance qui ne l’est pas. Les moralistes et les religieux tirent  la sonnette d’alarme contre les modifications des apparences naturelles. Mais dans un monde de spectacle, la tendance suit une tournure difficile à être stoppée sauf si des effets indésirables freinent les avantages pécuniaires de l’industrie de l’image. Les  sociétés modernisées, exigent de plus en plus  des hommes et des femmes  de soigner  leurs images pour bénéficier d’emploi ou d’un statut social voire d’une position consolidant leurs représentations.    

Toutefois, la science cognitive s’impose. Cette science risque de chambarder et de détruire le pouvoir de l’image intentionnelle. La puissance des innovations allant dans le sens de décortiquer les pensées de n’importe qui,  s’avère  une évidence presque acquise. Le charme du mystère  intentionnel perdra-t-il alors  son effet ? Où allons nous dans le domaine de la découverte scientifique ? 




Faits divers

13012009

                                                 

                                                     

 

Un boy ingrat ?

Oumar, boy pour le compte d’une famille très généreuse, sera déféré cette semaine par le parquet.

La  famille l’avait engagé comme domestique il y a  trois ans. Tout marchait très bien entre lui et  tous les membres de la famille. Son boulot ? Faire du thé, du zirg,  la lessive et parfois faire des courses au marché. Il avait aussi accès à  la chambre à coucher du couple. Il jouissait de confiance.

Chaque fois que Abderrahmane, le père de famille, revenait  de
la Belgique ou de
la France il lui apportait des cadeaux : chemises, parfum, chaussures et autres…

Oumar, comme sa famille n’habite pas Nouakchott, logeait dans la famille et avait sa chambre en plus d’un salaire régulier de 35.000 UM.

Il ne fait plus son travail convenablement et sort sans les avertir pour passer des heures avec ses amis.

Oumar a commencé à changer et  Nana, la femme de son patron, l’a sitôt remarqué. Remarquant à la fin du mois que la ration commençait à s’épuiser, elle décida d’aller faire des achats. Elle ouvre sa valise pour prendre de l’argent et ne trouva que la pipe d’Oumar. Un indice qui laisse croire qu’il est l’auteur du forfait. Sa pipe serait tombée au moment où il prenait la somme. Avec lucidité, Nana téléphone à son mari qui débarque. Elle l’informe de la situation tout en lui montrant la pipe. Ce dernier, convoque Oumar dans sa chambre et lui demande que vient  fait sa pipe de la valise de Nana ? N’ayant pu trouver de mots pour  le convaincre, le boy reste bouche bée.

Ne voulant pas trop tirer sur la ficelle, Abderrahmane lui demande de remettre l’argent sinon c’est la prison. Oumar s’entête en disant qu’il n’a rien pris. Abderrahmane décide de l’amener à la police. Là Oumar subit un interrogatoire assez persuasif.  Il avoue avoir bien pris l’argent et l’avoir utilisé entièrement.

Selon des membres de la famille le boy a emporté une importante somme. Des sources policières Oumar confirment que cette  somme d’argent est d’environ 430.000um.

 

 

 

Démantèlement d’un réseau de voleurs de voitures

 

La semaine passée, le commissaire de police de Teyarett et ses hommes ont arrêté une bande de huit jeunes garçons spécialistes en vol de voitures toutes marques confondues.

Ils étaient munis d’une collection de clés (passe-partout) qu’ils utilisaient pour monter leurs coups. C’est à la suite de multiples plaintes déposées pour vol de véhicules au niveau de ce commissariat que le patron a décidé de mener l’opération coup de poing lui ayant permis de dénicher ces malfrats.

Il a fallu des interrogatoires bien corsés pour que les jeunes gens  avouent avoir employé d’abord les voitures comme taxi pour finalement les mettre en pièces détachées qu’ils vendaient par la suite. Ils seront déférés au parquet. Pour plus d’informations le Procureur de
la République, les renvoie au commissariat.  Quant aux parents et proches des huit voleurs, ils n’ont ménagé aucun effort pour arranger cette grave affaire qui a plusieurs tentacules.

       

Pitoyables voleuses !

 

Najia et sa fille Boybe ont dû leur salut à leur victime. Elles avaient volé un mouton et une chèvre le mercredi 7 janvier dernier aux environs de 23 heures. Ces bêtes appartenaient à leur voisine Mahjouba.

Après des recherches vaines, celle-ci porte plainte au commissariat de police d’Arafat.

Deux jeunes garçons, dont le fils de Najia, sont activement recherchés par la police du fait qu’ils avaient une fois volé un bélier dans le même quartier et arrêtés trois jours après.

Selon une source policière, au moment de l’interrogatoire le fils de la dame qui a volé les animaux dénonça sa mère et sa sœur.

Et des  policiers font une descente sur les lieux dans la nuit et découvrent  les peaux des deux bêtes et leurs  pattes ensevelies entre les douches et le mur de la maison. Ils amènent la dame et sa fille au commissariat. Aux premières questions, elles ont  reconnu les faits.

La propriétaire des animaux alertée se rend à la police et vu l’état de la femme et de sa fille, elle eut pitié d’elles et retira sa plainte et signe le document et elles furent libérées. Elles avaient pourtant donné la viande à leur cousin, boucher dans le quartier.

 

 

En dehors de la prison que faire de nos délinquants? 

 

 

Notre société a-t-elle épuisé ses mécanismes de prévention et de gestion du phénomène de la délinquance? 

Evaluation caractérisée, la presse indépendante se fait tous les jours l’écho de comportements révoltants.

Le cocktail est toujours le même:vols à main armée, viols, meurtres, associations de malfaiteurs constituées de récidivistes, pédophilie et d’autres cas.

Plusieurs faits divers ont marqué notre capitale. Le plus grave après l’assassinant des trois femmes gardiennes à Tavreg Zeina. Crime commis par un jeune bandit. Le meurtre horrible de l’épicier effectué par trois jeunes qui avait volé une Mercedes avec laquelle ils ont commis leur forfait pour prendre la fuite avant d’être arrêté par la police. Tout ceci a de quoi semer la peur dans la ville…

Ces cas révoltants nécessitent la prise en charge des délinquants.

La prison doit-elle être l’unique solution? N’a-t-elle pas démontré ses forces et ses limites ?

Notre société n’a-t-elle pas sa grande part de responsabilité en absolvant les délinquants et les récidivistes ou en leur refusant une réinsertion?

Sortir de la prison est-elle toujours synonyme d’amendement ? A  entendre des spécialistes du

 comportement humain et du milieu carcéral, la réponse est aujourd’hui, loin d’être affirmative.

A leur avis, la prison a démontré ses forces et ses capacités et, par conséquent, peut rendre impossible l’amendement des délinquants et les bandits de toutes les catégories.

La prison, considérée comme le lieu par excellence de punition pour faire revenir les délinquants sur la bonne voie en les privant de liberté, la prison est aujourd’hui sujet de débat sur son efficacité.

Remplit-elle à merveille son rôle auprès des pensionnaires dans la société?

Les réponses de spécialistes rencontrés abondent dans le même sens:la prison n’est plus le remède au mal de la délinquance qui sévit dans notre société. »Elle a déjà démontré ses pouvoirs depuis très longtemps », souligne, sans appel un psychosociologue de la place.

Un conseiller juridique, connaisseur des problèmes du milieu carcéral, hausse le ton : »A mon avis, la prison est devenue une école de la délinquance. Des bandes de délinquants s’y forment et s’y constituent pour travailler ensemble à la sortie de la prison ».

Ce lieu joue chez le délinquant « un rôle très grave « , et, le temps d’un séjour en cellule, il formate la personne en « véritable délinquant récidiviste avec un coeur dur » à sa sortie , renchérit ce conseiller juridique.

O.O.Herim, un ancien détenu de la prison d’ Aleg , décrit le milieu infernal de la prison d’Aleg .L’insalubrité, la drogue, les bagarres quotidiennes  entre les détenus,la  brutalité des gardes sont monnaie courante. Gracié en 2005 après avoir purgé cinq ans sur une condamnation de sept ans, cet homme nous a laissé entendre qu’il est retourné en prison cette fois-ci à Nouadhibou en quatre reprises pour vente et consommation de la dogue et de chanvre indien.

Le fait d’endurcir le délinquant a comme effet d’en faire presque un régulier de l’univers carcéral.

La presse indépendante relaie souvent les condamnations à des peines fermes d’emprisonnement de récidivistes sortis fraîchement de prison à la faveur d’une grâce ou ayant purgé une première peine. D’ailleurs, de nombreux délinquants notoires (criminels, bandits, voleurs, violeurs) de notre pays sont des habitués de notre milieu carcéral. Récemment, au parquet du tribunal de Nouakchott la bande  Boibecar  et Haiba était constituée de quelques accusés qui avaient bien connu la prison. Avant eux, il y a eu un groupe de malfrats récidivistes.

M.O.A, 35 ans, a été condamné cette année pour la énième fois et d’ailleurs plusieurs autres cas existent.

La première cause  à ses limites du rôle de la prison, c’est les moyens mis à la disposition, estime l’un des juges d’instruction .Ce qui fait que »l’emprisonnement cellulaire est impossible avec cent détenus pour quelques six à huit cellules ».Ensuite, ajoute -t-il, il y a le cas du personnel pénitentiaire qui se dit mal payé et qui vit dans une insécurité totale.

« On ne peut pas prétendre améliorer les conditions de détention et de penser à une réinsertion pour les délinquants sans améliorer le traitement des gardes pénitentiaires », poursuit ce juge.

Il préconise une revue à la hausse des salaires des agents de l’administration pénitentiaire pour « une meilleure gestion et un bon fonctionnement des prisons ».

Aboubecrine O.Sidi      

                                                  




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

13012009

Ce qui est arrivé à Ahmed Ould Khattri est regrettable à plus d’un titre. D’abord parce qu’il s’agit de quelqu’un qui faisait preuve d’un très grand dynamisme dans l’accomplissement de sa mission. Ensuite parce qu’il s’agit d’un jeune engagé, animé d’une fougue et d’une volonté exceptionnelles. Enfin parce qu’il obtenait de bons résultats dans ses activités.

Les manifestations de protestation de ses employés sont une preuve de l’impact social de son managing. L’ampleur des dépôts et la multiplication des CAPEC sont une preuve de l’adhésion populaire et la confiance qu’il inspirait. Pour l’aspect personnel de l’homme, je suis très bien placé pour dire qu’il n’a pas son pareil en matière de sympathie et de perspicacité dans la vision.

Ce qui est arrivé à Ould Khattri nous rappelle que les méthodes d’antan sont toujours de mise, que les hommes qui les pratiquent sont toujours en activité. Voyons voir (lisez aussi la lettre ouverte adressée par Ahmed Ould Khattri au Gouverneur de
la BCM, pages intérieures).

Lundi dernier, alors qu’il revenait des Etats généraux de la démocratie, Ould Khattri est appelé par un directeur de la BCM qui demande à le voir à la PROCAPEC. Il était aux environs de 18 heures. Juste pour discuter. Probablement du rapport de la mission d’inspection envoyée par la BCM. Il arrive sans tarder. Des policiers entrent avec bruit. Ils tiennent à emmener les deux hommes. «Juste pour un contrôle». Au commissariat de la police judiciaire, le commissaire envoie le cadre de la BCM au commissariat II du Ksar et donne ordre aux policiers qui l’accompagnent de lui retirer ses téléphones avant de le garder à vue. Une mise en scène. En fait seul Ould Khattri est interpellé. Le commissaire lui dit qu’il est accusé par le Procureur de «détournements de fonds publics» et de «malversations». Suit un long conciliabule sur la nature et l’objet des accusations. Rien n’est vraiment clair. Ni pour le prisonnier, ni pour le commissaire qui avoue ne pas savoir de quoi il s’agit.

Le lendemain, arrivée du Procureur qui confirme l’accusation sans donner plus de détails. Devant Ould Khattri les deux autorités discutent pour savoir à quoi s’en tenir. Visiblement la BCM s’est contentée d’une plainte orale à la suite du rapport préliminaire de l’inspection. Puis on décide de l’envoyer à la Brigade financière, le commissariat qui s’occupe des fraudes financières. Le soir, il est emmené sous escorte de quatre voitures chez lui. Perquisition minutieuse. Que cherche-t-on ? «Quelque chose, on ne sait pas exactement, mais il faut nous aider», répondent les policiers. «Vous aider à quoi ?» «à trouver quelque chose». Tout ce qui comporte mention PROCAPEC est emporté. En plus des ordinateurs personnels. Aucune révélation. Le lendemain, même démarche au bureau. Correspondances, notes, agendas, bilans… tout y passe. Rien. Il faudra attendre jeudi pour voir la première plainte écrite de la BCM. Elle porte sur un ensemble de griefs qui vont du déficit dans l’une des caisses au choix ‘douteux des fournisseurs’. On s’attarde sur l’un des fournisseurs. Il s’agit d’une société de gardiennage qui appartiendrait selon les enquêteurs à Ahmed Ould Sidi Ould Cheikh Abdallahi. En fait, Sésame – c’est le nom de la société – est dirigée par le fils de l’un des députés soutenant le putsch et c’est avec lui et avec lui seul que le contrat a té négocié. Et âprement (40 gardiens à raison de 60.000UM/gardien/mois).

Aujourd’hui, demain, après-demain, dans les jours qui viennent, Ould Khattri sera déféré. Il sera blanchi au mis en prison. Il sera remis en liberté provisoire ou sous caution. Le résultat est le même dans la mesure où le système a bâti l’arbitraire sur la présomption de culpabilité. Les victimes sont arrêtées, traînées, offertes au lynchage public… sans preuves et en donnant toujours l’impression qu’il s’agit de montages. Qui de nous aujourd’hui a confiance en la justice ? qui de nous croit que la police fait des enquêtes sérieuses et non commanditées ? nous sommes dans un premier temps emportés par les rumeurs distillées par les renseignements, puis la clameur s’estompe, et l’innocence de la victime apparaît au grand jour. Parce que les procédures auront été violées. Parce que le droit aura été ignoré. Parce que ce qui a importé, c’est le règlement de compte personnel. Passées les étapes d’humiliation de la victime, de son agression physique et morale, le reste importe peu.

Quand il y a eu le 6 août, nous avons vu le Parlement s’empresser à créer deux commissions d’enquêtes sur le PSI et sur la fondation KB. Pourquoi n’ont-elles jamais publié les résultats des enquêtes ? Pourquoi, pour le cas du riz du PSI par exemple, la justice n’a-t-elle pas attendu les conclusions de l’enquête parlementaire ? Pourquoi la justice ne s’est-elle pas inspirée des résultats, même partiels de ces enquêtes ?

Parce que la vérité importe peu. Ce qui comptait, c’était de traîner Mme Khattou Mint el Boukhari, épouse de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. De lui montrer qu’elle peut être malmenée par la police chargée de la ramener manu militari. Ce qui comptait c’est impliquer Yahya Ould Waqef, l’ancien Premier ministre, dans une affaire de malversation et probablement de corruption. L’affaire Air Mauritanie déterrée pour servir à ‘frapper’ le ‘noyau dur’ de l’opposition au putsch (Ould Biya, Ould Hammoud, Ould Mokhtar…).

Aujourd’hui, c’est le tour de Ahmed Ould Khattri. Ce qui importe visiblement c’est de le mettre en prison, de le traîner devant le public – parents, amis, employés…- et de le livrer en pâtures. Si l’on peut trouver l’explication politique pour l’acharnement contre les premiers – explication qui ne justifie absolument rien – comment expliquer le cas Ould Khattri sinon par l’exercice aveugle de l’arbitraire ? Auquel cas il faut prier pour nous.




Lettre ouverte à Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM)

13012009

Lettre ouverte à Monsieur le Gouverneur de
la Banque Centrale de Mauritanie (BCM)

 

L’ancien directeur de
la PROCAPEC est en ce moment devant la justice pour répondre des chefs d’accusations de détournement suite à une plainte du gouverneur de

la BCM. De son lieu de détention il nous a envoyé pour publication cette lettre ouverte…

 

Monsieur le Gouverneur, 

 

Si j’ai choisi la voie de la lettre ouverte, c’est bien parce que j’estime que vous avez, par les procédés choisis délibérément par vous-mêmes, pris sur vous la responsabilité d’étaler une «affaire» sur la voie publique, sans en évaluer au préalable les conséquences. «L’affaire» dont il est question est celle de la gestion de la PROCAPEC. En optant délibérément pour la manière forte, en dépit des dispositions prévues, vous avez choisi, Monsieur le Gouverneur de porter cette «affaire» devant l’opinion publique.

Vous avez pour vous la puissance d’un système judiciaire très pressé de faire ses preuves. Vous avez pour vous votre position de tutelle de l’institution que je dirigeais jusque-là. Vous avez pour vous l’atmosphère délétère instaurée par la culture des rumeurs et de la suspicion. Et, last but not least, vous avez avec vous les nouvelles orientations des autorités en place qui veulent, dans une énième tentative de moralisation de la gestion publique, faire de la juste lutte contre la gabegie une priorité et même un leitmotiv.

Je n’ai pour me défendre que le recours à la lettre ouverte pour essayer d’atteindre votre Raison. Mais aussi votre cœur. En même temps prendre à témoin l’opinion publique nationale devant laquelle j’ai été jeté en pâture. Humilié, traité comme un vulgaire repris de justice, traîné devant mes enfants comme un vulgaire voleur – même un voleur a droit à un minimum de respect -, vilipendé, couvert d’opprobre… Bientôt une semaine que le calvaire dure et j’en suis encore à me demander ce qui m’arrive. Et, suprême dépit de la victime que je suis, je me demande encore si cela peut arriver à quelqu’un d’autre. Car cela n’est jamais arrivé en cette terre qui a pourtant connu bien des arbitraires.

Je tais les explications que je crois être les vraies. Je m’en tiens à la plus simple : l’objectif n’est pas le contrôle de la gestion de Ahmed Ould Khattri, ce n’est pas de savoir comment était gérée la PROCAPEC, ce n’est pas de donner suite aux conclusions – préliminaires donc provisoires – de la mission d’inspection de la tutelle (BCM). Que nenni !

L’objectif est d’humilier la personne. De faire payer à Ahmed Ould Khattri sa foi en la possibilité de faire de la PROCAPEC un outil de développement économique et social, mis au profit des couches sociales les plus déshéritées, d’en faire un acteur social jouant un rôle de premier plan dans la réalisation du bien-être de tous, au-delà des appartenances régionales, tribales ou ethniques. Il ne suffisait pas de limoger Ahmed Ould Khattri et de le remplacer, il fallait aussi le jeter en pâture.

Dans un univers où la médiocrité et l’inefficience sont les qualités premières, personne n’a vraiment le droit d’aller à contre-courant. Il faut tuer la capacité de travail, l’exigence de rendement, la volonté d’innover et l’ambition de toujours mieux faire.

Quand je suis venu à la PROCAPEC – après moult tractations – j’avais trouvé devant moi une institution dédiée certes à la micro-finance mais qui se cantonnait dans un rôle de caisse d’épargne qui n’était pas véritablement sa grande vocation. L’Agence de Promotion des Caisses Populaires d’Epargne et de Crédit  «PROCAPEC» créée en mars 1997 par l’instruction 001/GR/97 du Gouverneur de

la Banque Centrale de Mauritanie, a pour mission la mise en place d’un système mutualiste reposant sur un réseau de Caisses populaires locales d’Epargne et de Crédit (CAPEC) économiquement viables sur l’ensemble du territoire national. En moins de deux ans, les adhérents sont passés de 50.000 environ à plus de 150.000, les Caisses d’épargne (CAPEC) se trouvent dans chaque département du pays, ou presque. Notre ligne de conduite a été : «Amener les membres à épargner régulièrement, à emprunter sagement et à rembourser promptement». Il fallait, tout en participant à l’insertion des populations vulnérables dans les circuits de développement en leur permettant d’accéder à des ressources financières rentables, leur faire adopter une mentalité visant la promotion de la prise en charge de soi et donc de l’émancipation économique et sociale. Pour résumer, nous devions combler le déficit de services financiers de proximité, pour faciliter l’accès au crédit, et appuyer les micros, petites et moyennes entreprises afin de favoriser l’emploi durable. C’est ce que nous avons fait tout en respectant scrupuleusement les dispositions du cadre légal et réglementaire. Par la force des choses nous sommes devenus le moteur du développement de la micro-finance dans le pays.

Cela s’accompagnait nécessairement de campagnes de sensibilisation mais aussi d’un grand sens de l’innovation en matière de produits nouveaux. Habitat, élevage, agriculture et même accomplissement d’obligations religieuses et sociales. Tous les produits font l’objet d’une campagne d’information qui mobilise leaders d’opinion (Ulémas, journalistes, syndicalistes, élus…). Ils reçoivent tous l’aval de la tutelle avant d’être lancés. La rigueur dans la conception et la mise en œuvre expliquent en partie la réussite de ces produits. Cette réussite est jugée à l’aune de l’adhésion populaire. Les chiffres parlent pour eux-mêmes. La situation aussi.

En effet restée longtemps un sous-service d’une tutelle BCM, la PROCAPEC est passée, en moins de deux ans, à un acteur de la vie économique et sociale du pays. Dans les règles de l’art du respect des procédures. Ce qui lui a valu la satisfaction des commissions d’enquête parlementaires sur deux dossiers brûlants qui ont pourtant éclaboussé bon nombre d’institutions (PSI et affaire Fondation KB). Cela lui a valu aussi la confiance des partenaires étrangers qui n’ont pas hésité à mobiliser des lignes de crédit (BAD par exemple). Le poids de la PROCAPEC est aujourd’hui évident : 54 agences, près de 800 agents, 160.000 comptes, 5 milliards de dépôts, 4 milliards d’encours.

Ce n’est pas pour me justifier que je vous écris cette lettre. Vous n’avez pas besoin de justifications parce que vous n’en avez jamais demandé.

Monsieur le Gouverneur, depuis votre prise de fonction, vous m’avez accordé un seul entretien. J’ai tenu à l’utiliser pour vous expliquer l’activité et l’ambition de la PROCAPEC. Tout en anticipant sur les «résistances internes» qu’il ne fallait pas hésiter à désigner sous le label de «détracteurs». Ces détracteurs comprennent des institutions «dérangées» par l’activité plurielle de la PROCAPEC : ceux du logement ne veulent pas du projet de l’épargne-logement, ceux des banques qui ne veulent pas du Centre de financement, ceux de l’habitat qui bloquent l’octroi d’un terrain pour la PROCAPEC… Mais, je vous l’ai expliqué, les détracteurs les plus «sérieux» – pour ne pas dire les plus «nocifs» – sont ceux qui se trouvent à la BCM. Par malveillance ou par ignorance, les résistances aux visions novatrices et entreprenantes sont nombreux. Par habitude et par expérience, ils sont encore présents dans le processus décisionnel et bénéficient d’une grande capacité de nuisance. Nous en avons parlé et vous m’avez assuré prendre cela en compte.

Monsieur le Gouverneur, 

Le propre d’une lettre ouverte, c’est qu’elle n’est pas seulement soumise à l’attention du destinataire. Elle est une sorte de prétexte pour lever l’équivoque, sauver ce qui peut encore l’être d’une aura, préserver un minimum de dignité, remettre les choses à leur place, donner une autre grille de lecture… tout cela afin de lever une injustice, mettre fin à un quiproquo.

Je ne vous cache pas mon désarroi qui n’entame pourtant en rien ma sérénité qui découle de ma conviction que rien ne peut m’être reproché quant à la mission que j’ai remplie jusqu’à lundi dernier (5/01/09). C’est un désarroi né du sentiment d’injustice, de l’exercice de l’arbitraire sur ma personne et finalement de l’absurdité – énormité ne convenant pas – de ce qui m’arrive.

Je comprends et j’accepte qu’on veuille liquider le directeur de la PROCAPEC pour le faire remplacer. Je comprends d’autant plus que cette institution est effectivement devenue un objet de convoitise. Mais pourquoi cet acharnement ? Pour assouvir une vengeance personnelle ? Pour satisfaire une haine personnelle ? Pour servir un dessein personnel ? Peut-être, mais pourquoi ma tutelle se laisse-t-elle instrumentalisée ?

Il est parfaitement normal que la tutelle (BCM) diligente une mission d’inspection. Mais il est peut-être utile de noter ici qu’elle est la première depuis longtemps. Elle est intervenue à un moment de confusion politique et économique. Et, contrairement aux usages, nous n’en avons pas été avertis. Les autres institutions choisissent en général le moment et même le personnel qui doit faire l’inspection. Soit. Il est très tôt apparu, à travers les centres d’intérêt des inspecteurs, qu’ils étaient là avec des informations préalables. Plusieurs fois j’ai dû moi-même leur demander de me faire part de ce qu’ils cherchaient exactement. «Non, rien de particulier, on cherche quelque chose». Bizarrement la même réponse que j’aurai des policiers qui m’interrogeaient après mon arrestation. Evident pour moi que les inspecteurs étaient venus avec la ferme intention d’en découdre avec la PROCAPEC et avec son directeur. Il ne me restait plus qu’à leur souhaiter réussite dans leur mission. Tout en pensant que si l’objectif est réellement d’analyser et d’auditer la gestion, je ne crains absolument rien. Si par contre l’objectif est de trouver un prétexte pour liquider le directeur de la PROCAPEC, tant pis. Je pensais à ce moment-là à la seule démission. Parce que rien, absolument rien ne pouvait justifier ce qui devait arriver.

Aujourd’hui que mes détracteurs personnels ont atteint leurs objectifs – humiliation, mauvais traitement, éviction…-, il ne reste que l’élucidation de l’affaire. Je me permets, Monsieur le Gouverneur de vous adresser les quelques questions suivantes. Tout en vous demandant de ne pas vous en tenir à l’ordre de priorité, encore moins à la formulation. Même si vous semblez loin d’imaginer les conséquences d’une procédure engagée avec légèreté – parce que faisant fi de tous les us et coutumes en la matière -, je vous demande de m’accorder la diligence que mérite toute victime de l’arbitraire des conspirations. Passons aux questions.

Depuis que vous êtes à ce poste, je vous ai adressé quatre correspondances sur la situation de la PROCAPEC. Aucune de ces correspondances n’a assez capté votre attention pour nécessiter une réponse. Pourquoi ? Vous m’avez reçu une seule fois et vous étiez pressé. Pourquoi vous n’avez jamais répondu à mes doléances en la matière ?

Quand les inspecteurs sont venus, j’ai tout de suite senti leur hostilité. J’en ai parlé à un proche à vous, mais aussi au directeur de la supervision bancaire qui m’a promis de m’adresser d’abord leur rapport préliminaire pour que je puisse répondre aux griefs éventuels. Naturellement, les inspecteurs eux-mêmes m’ont fait savoir que le rapport préliminaire me sera soumis à cet effet. Pourquoi je n’ai pas eu droit jusqu’à présent, ni de porter des remarques sur le rapport préliminaire que je n’ai jamais vu, ni de m’expliquer oralement ? Pourquoi personne ne m’a demandé mon avis ? Vous êtes un contrôleur chevronné, connaissant les méandres du métier, pourtant vous n’avez pas daigné suivre les procédures normales : pourquoi vous ne m’avez adressé aucune demande d’explications, ou de mise en demeure ? La grande question qui en découle : qu’est-ce qui peut justifier l’urgence à casser Ahmed Ould Khattri et la PROCAPEC en faisant fi des procédures légales et réglementaires ?

Le Procureur a reçu une plainte orale. La plainte écrite n’arrivera que jeudi 8/01, quatre jours après mon arrestation. Après toutes les humiliations. Pourquoi ? Pourquoi cette précipitation ? Pourtant le rapport préliminaire – truffé déjà d’aprioris et d’inexactitudes – s’était gardé de proposer autre chose que mon limogeage et le soi-disant redressement de la PROCAPEC. Ce n’est pas le rapport qui a demandé l’emprisonnement sous le sceau de l’urgence. Ce serait le Gouverneur de la BCM, pourquoi ?

Les questions que je pose ne demandent pas de réponses. Parce qu’elles resteront sans réponse. Comme la procédure, comme le bon fonctionnement de l’institution PROCAPEC, comme l’honneur, la dignité et les droits du cadre, du citoyen, de l’homme Ahmed Ould Khattri, rien de tout cela n’importe. En fait l’objectif a été atteint dès l’implication de la police et des méthodes d’antan. Il faut marcher sur les hommes en s’abstenant de respecter lois, règlements, us et coutumes.

Par contre je demande réponse au seul défi que je vous lance ici : instituez une inspection de bonne foi et essayez de trouver la preuve la plus anodine d’une malversation à la PROCAPEC, ou de détournement, ou d’acte délibéré de sape de ma part. Ne vous en tenez surtout pas aux conclusions de ce rapport qui a été fait sur commande et avec la seule intention de porter préjudice. Preuve les «à-peu-près», «on-dit», «on-pense», les souhaits et suppositions clairement exprimées, parfois adoptées comme conclusions donc vérités. Mais faites appel à des professionnels neutres. Ils trouveront – je vous le dis à l’avance – que toutes les faiblesses, que tous les risques encourus par le réseau sont depuis toujours et qu’ils sont en totalité imputables à la tutelle (BCM). Cette BCM qui ne s’est jamais intéressé à l’institution qui est son émanation et qui ne dispose donc pas d’éléments comparatifs pour évaluer le développement ou non de la PROCAPEC.

Preuve de l’indifférence de la tutelle : les bilans comptables, les rapports d’activité sont constamment envoyés à la BCM, jamais nous n’avons reçu de remarques en retour. Aussi faut-il rappeler l’insignifiance des moyens alloués par l’institution-mère qui, au titre du budget 2009, n’accorde que 44 millions de subventions au titre de fonctionnement de la PROCAPEC. C’est le travail de lobbying entrepris auprès des députés qui nous a permis de relever ce montant à cent millions qui ne couvrent pas les salaires des employés.

Monsieur le Gouverneur, 

Je ne suis demandeur d’aucune indulgence de la part de ceux qui ont fait fi du droit pourtant élémentaire à la présomption d’innocence. Je ne suis pas non plus demandeur – du moins à vous – de lever un tort ou de corriger une injustice que votre précipitation à satisfaire des desseins non encore éludés, a engendrée. Je crois à la Justice de mon pays et je préfère que la procédure actuelle suive son cours. Parce que je suis persuadé qu’elle me lavera de tout soupçon et qu’elle mettra à nu la machination dont j’ai fait l’objet.

Par contre, j’en appelle à l’opinion publique, au sens du devoir des autorités actuelles, à leur volonté de rétablir un système juste et transparent, à suivre cette affaire et à frapper très fort ceux qui ont instrumentalisé l’appareil de l’Etat à des fins personnelles. Ceux-là sont responsables aujourd’hui de ce qui m’arrive, en termes d’humiliation, de stigmatisation, de destruction de l’image… Mais plus grave, ils sont responsables demain – et même dès aujourd’hui – de la destruction, désormais probable, d’une institution financière qui contribuait à calmer la faim du pauvre hère de la Kebba, à développer des petites activités à la portée de la grande majorité des mauritaniens, à rétrécir l’écart entre des couches laborieuses et miséreuses et une minorité de repus, pour la plupart prédateurs.

Monsieur le Gouverneur, 

Je suis sûr que votre conscience patriotique et professionnelle doit vous interpeller en ce moment. Vous êtes un cadre soucieux du bien-être de ce pays, vous êtes un père de famille bienveillant, vous êtes un citoyen qui a des principes dont certainement le refus de l’arbitraire.

J’ai aussi une conscience professionnelle et patriotique. J’aime ce pays et j’entends le servir encore et encore avec loyauté. Je suis aussi père de famille. Je crois aux vertus de la citoyenneté dont l’égalité devant la loi, le droit à la défense ; je crois au principe sacro-saint de la présomption d’innocence.

Je crois que la vie est une accumulation d’expériences- bonnes et mauvaises. Je crois qu’il est des adversités qui, mises en perspective positive, rapportent mieux et plus que la simple et facile réussite matérielle temporaire. Et je sais enfin que nous finissons tous par payer un jour nos méfaits. C’est pourquoi j’ai toujours essayé d’éviter d’en commettre dans la mesure du possible pour l’homme ici-bas.

Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur mes hautes considérations.

 

Ahmed Ould Khattri 

En garde à vue

Source : La Tribune n°431




Culture

13012009

Entretien avec M’bouh Seta Diagana, directeur-adjoint de la culture: 

 

«Qu’on le veuille ou non, la langue française fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique!» 

 

La littérature mauritanienne, particulièrement celle de langue française, peine à trouver ses marques, malgré l’émergence de plumes nouvelles. À la direction de la culture depuis deux ans, M’Bouh Seta Diagana, en est le directeur adjoint. Il dresse dans cet entretien, sans concessions, le portrait d’une direction mortifaire, et des pistes d’évolution pour une culture mauritanienne atone, notamment dans le milieu littéraire. Pistes également amorcées dans son livre qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, «Eléments de la littérature mauritanienne de langue française». 

 


La Tribune: La direction de la culture semble une vitrine morte. Sert-elle à quelque chose? 

 

M’bouh Seta Diagana: Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que c’est une direction qui est dans une situation qui laisse à désirer. Elle est actuellement réduite à sa simple expression d’une «boîte» qui sert exclusivement à organiser des manifestations culturelles, qui ne sont malheureusement pas inscrites dans la durée. On est purement dans l’événementiel. Ce que je déplore surtout c’est l’absence d’une politique culturelle à long terme, qui permette de promouvoir la culture mauritanienne, en sortant des sentiers battus. Il s’agit pour cette direction d’asseoir une véritable politique de culture qui pérennise la conservation de notre passé, la maîtrise de notre présent, et l’anticipation de notre futur. 

 


La Tribune: A quoi tient cette faillite de la mission culturelle? Pourquoi un tel retard dans la promotion de notre littérature, de notre théâtre, de notre musique? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est un ensemble de choses. Il y a le problème des ressources humaines, particulièrement de la gestion des compétences disponibilisées, celui de la communication entre les différents services de cette direction. Tout le monde ne tire pas dans le même sens. Spécifiquement pour la littérature de langue française dans ce pays, il faut dire qu’il y a une tendance qui se qui consiste à considérer la littérature mauritanienne de langue française, comme de la littérature étrangère! Nous avons assisté récemment à l’organisation d’un concours de poésie, où le poète ne pouvait concourir qu’en arabe, hassanya, wolof, pulaar, ou soninké. La poésie en langue française n’a pas été retenue. Pourtant qu’on le veuille ou non, cette langue fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique. Certes elle est importée, et a été imposée par le colonisateur, mais elle est aujourd’hui utilisée dans toute l’administration, et elle est parlée par une grande partie de mauritaniens. À ce titre, on devrait l’apprécier à sa juste valeur. 

 


La Tribune: Est-ce un des éléments qui expliquent les lacunes de nos écrivains, et de leur rayonnement sur la scène internationale, comme leurs collègues sénégalais, malien ou marocain? 

 

M’bouh Seta Diagana: Le problème du manque de notoriété de nos auteurs est plutôt historique. Il faut remonter à la colonisation, et à l’implantation de cette langue dans notre pays. Au moment où au Sénégal on implantait des écoles,
la Mauritanie n’était pas considérée comme un pays important par
la France, qui était surtout soucieuse de pacifier les populations de la région mauritanienne, en trouvant notamment un compromis entre l’enseignement de l’arabe et du français. La première école française en Mauritanie n’est apparue qu’en 1898, dirigée par un instituteur «indigène» avec un niveau plus ou moins acceptable. Par la suite, le combat de courants nationalistes en faveur de l’arabisation du pays et résolument anti-français, n’a pas favorisé l’émergence d’une élite littéraire francophone, de la trempe d’un Birago Diop au Sénégal, ou d’un Kateb Yacine en Algérie. 

Depuis l’indépendance, le français a vu sa force réduite comme peau de chagrin, surtout depuis l’adoption de
la Constitution de 1991, qui ne reconnaît plus le français comme langue officielle. 

Il y a aussi tout un système éducatif qui a étouffé l’évolution de cette langue. En dépit de tout cela, on assiste à l’émergence de quelques auteurs mauritaniens de langue française. 

 


La Tribune: On a l’impression après ce panorama que la direction de la culture est vouée à rester un poids mort dans la politique des autorités publiques… 

 

M’bouh Seta Diagana: Officiellement cette direction a vocation à accompagner l’éclosion d’une littérature mauritanienne dans sa diversité. Maintenant, à ce jour, les artistes en général n’estiment pas que cette direction ait donné un minimum de satisfaction dans la promotion de leurs activités. En fin de compte, les artistes eux-mêmes se désistent de cette direction: leurs projets sont rarement considérés et suivis. 

 


La Tribune: On a l’impression en Mauritanie que tous les maux liés au marasme de la culture sont plaqués sur la tête de cette direction. Cette situation ne devrait-elle pas justement inciter les artistes à chercher des chemins de traverses? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est vrai. Nos artistes malheureusement ont développé un rapport de dépendance avec le ministère de la culture, alors que sous d’autres cieux, ce sont les initiatives privées qui ont essentiellement développé le jardin de la culture. En même temps je les comprends: on est dans une société où on n’a pas toujours les moyens de pouvoir voler de ses propres ailes, sans un appui de l’administration. On en est arrivé à des projets qui se bloquent dès que des fonds publics ne suivent pas. La première chose que les artistes demandent, quand ils organisent une manifestation, c’est du cash! Alors qu’il y a des possibilités de partenariat entre la direction de la culture et les artistes, pas forcément fondé sur l’attribution ou non d’un pécule, mais sur un système de parrainage qui permette leur diffusion nationale et internationale. Un tel partenariat dans un cadre stratégique adéquat, qui manque, peut porter des fruits intéressants pour l’éclosion et la maturité des artistes. 

 


La Tribune: Votre essai sur la littérature mauritanienne est parue en France, et bientôt en Mauritanie. Quelle est la particularité de cette littérature? 

 

M’bouh Seta Diagana: J’ai voulu retracer succinctement l’historique de la langue française en Mauritanie à travers l’œil littéraire, sur les œuvres romanesques, théâtrales et poétiques. Je me suis donc demandé pourquoi un tel retard de la littérature mauritanienne. En même temps, je me suis rendu compte qu’on a la chance d’avoir une littérature qui peut se réclamer de l’Afrique noire et du Maghreb, qui peut donc réclamer sa particularité: celle d’être une littérature «binationale», avec la multiculturalité en fond de toile. Ce pourrait être un formidable tremplin pour le développement et la reconnaissance de notre littérature. L’autre fil conducteur du livre tend à montrer l’espace de ce champ littéraire, récent, qui commence à naître, et qui représente la «mauritanité du texte littéraire». 

Pour rappel, le premier roman mauritanien date de seulement 1983 (Tene Youssouf Guèye: «Rella»- ndlr). Certains de ces nouveaux romanciers ont la chance d’avoir des thèmes originaux et intéressants, mais leur traitement manque de style, le travail d’écriture est trop figé, ne magnifiant pas ainsi la teneur de leur message. 

 


La Tribune: Comment rendre nos auteurs populaires, les diffuser largement? 

 

M’bouh Seta Diagana: Déjà il faudrait qu’ils soient étudiés chez nous! J’ai toujours déploré l’absence d’œuvres mauritaniennes dans les programmes scolaire et universitaire. Partout dans le monde, une œuvre littéraire a besoin d’être inscrite dans ces programmes pour être popularisée. Les élèves sont les premiers lecteurs, même si ils sont souvent forcés (rires). Au niveau de l’université de Nouakchott, j’ai bon espoir qu’au moins une œuvre mauritanienne soit inscrite, sinon carrément créer un module dédié à notre littérature. C’est d’autant plus regrettable que certains de nos auteurs sont reconnus à l’étranger, y sont enseignants, chercheurs, et méconnus chez eux. Ce qui confirme que nul n’est effectivement prophète dans son pays. 

 

Propos recueillis par MLK 

 

Encadré: 

 

Éléments de la littérature mauritanienne de langue française, de M’Bouh Seta Diagana, aux éditions l’harmattan. 

 

«Une perle discrète», c’est par cette métaphore que le regretté poète Ousmane Moussa Diagana désignait
la Mauritanie. Et à l’image du pays, la littérature d’expression française est aussi discrète. Elle n’a presque jamais été sous les feux de l’actualité. Cette étude de M’bouh Séta Diagana vient répondre incontestablement à une attente, car elle montre que la littérature francophone mauritanienne est bien là. Certes avec ses difficultés inhérentes à toute jeune entreprise, surtout si l’on sait que le premier recueil de poésie n’a été publié qu’après l’indépendance et le premier roman seulement en 1983. Cet ouvrage est en fait une introduction, la pose d’une première pierre dont on espère voir l’édifice générer d’autres perspectives. 

 

M’bouh Séta DIAGANA est né en 1971 à Kaédi au sud de
la Mauritanie. Titulaire d’un doctorat en Lettres et spécialiste de la littérature francophone de Mauritanie, il a enseigné en France et en Tunisie. Actuellement, il est directeur adjoint de
la Culture et des Arts en Mauritanie et chargé de cours à l’Université de Nouakchott. 




PS

13012009

    

Et si nous avions bien mieux que la démocratie… 

Sommes-nous sortis assez démocrates de nos Etats Généraux de
la Démocratie ? Ou bien ne nous sommes-nous contentés que d’organiser un  débat national sur fond de suspicion qui nous a permis encore une fois et comme d’habitude de perdre du temps avant de réaliser que les compteurs sont encore à zéro en matière de démocratie ? Les EGD auxquelles on vient d’assister ont eu ceci de particulier : elles ont impliqué ceux qui aux yeux des organisateurs représentent
la Mauritanie des profondeurs. Les symboles de
la Mauritanie des profondeurs ce sont nos Oulémas, nos chefs tribaux, nos chefs de villages ; bref,
la Mauritanie a été représentée dans sa profondeur par tous les vestiges de notre féodalité. Voilà, par delà 

Les grincements de dents de certains de nos politiques, une raison au moins de croire qu’il a été question de bien d’autres choses que de démocratie. Ou alors il fut dire que c’est curieux que nos oulémas n’aient pas rappelé à l’ordre nos faiseurs de démocratie pour leur dire à la limite ceci :
la Mauritanie a quelque chose de bien plus efficace pour garantir la justice sociale, l’équité, l’égalité devant la loi, une juste redistribution des richesses, une cité sans torture, etc. etc. « Et ce quelque chose, auraient-ils pu dire, c’est l’Islam à condition d’en appliquer les enseignements avec la franchise requis ». 

Curieux par ailleurs que les autres symboles de
la Mauritanie soient partis de ces Etats Généraux sans avoir osé dire ce que beaucoup d’entre eux 

Pensent sûrement tout bas : « Les hommes ne naissent pas tous égaux. » Eh oui, il est inconcevable que l’on vienne assister à des Etats généraux en sa qualité de chef tribal et résister au fait de penser que l’on est là pour enterrer sa propre noblesse au profit de ce que par un nietzschéisme  bien audacieux on aurait tout simplement appelés ‘les faibles’ cherchant à tromper les forts par leur ruse de morale. Par leur démocratie. Mais en fait de démocratie, ce seront toujours les faibles qui se feront tromper. Car même pour être élu, il faut être fort. D’une manière ou d’une autre. Et cette même démocratie offre les moyens de continuer à dominer les faibles. C’est ce que les généraux ont compris. Pour dominer, il faut bien plus que des armes. Aussi songent-ils aux mécanismes institutionnels qui les feront rester au pouvoir pour un temps encore.    

  

 

KISSIMA 




Chine/Occident:

13012009

 

  

L’Afrique, leur terre de guerre interposée 

 

La Chine investit de plus en plus en Afrique, et a plus que fait trembler le quasi monopole des anciennes colonies occidentales.  Devant l’avancée inéluctable de l’empire du Milieu dans leurs anciens «bastions» les officiels occidentaux craignent pour leurs intérêts… 

 

L’intérêt grandissant de la Chine pour le continent africain et l’aide de plus en plus sophistiquée qu’elle lui apporte sont une inépuisable source d’interrogations et de controverse.
Les effets de l’aide chinoise sur les économies des pays africains ne se feront sentir que progressivement, et à moyen ou long terme. Mais, d’ores et déjà, le continent engrange quelques profits… collatéraux. L’union européenne s’est avisée tout d’un coup que ce malheureux continent, que l’Europe avait naguère colonisé, mais qui, à la fin du siècle dernier, semblait avoir perdu tout intérêt pour elle, n’était pas seulement source d’ennuis et d’émigrés clandestins.

De leur côté, les États-Unis d’Amérique se sont mis à consolider leur implantation diplomatique sur le continent, leurs positions pétrolières le long de ses côtes et cherchent à y asseoir, par Africom interposé un dispositif militaire. L’Inde et la Russie s’apprêtent à suivre le mouvement ; le Brésil ne les a pas attendues. La Banque mondiale et le FMI, eux, n’ont jamais quitté l’Afrique; elle a même été, pour son malheur, leur champ d’expérimentation préféré. Mais n’ayant plus, depuis l’irruption de la Chine, le monopole (ou quasi-monopole) de l’aide à l’Afrique, ils la regardent d’un œil différent. Un rapport de dix pages, remis il y a bientôt un an en France au Conseil des affaires étrangères, jamais rendu public, sur «les intérêts économiques français face à l’irruption de nouveaux acteurs en Afrique». Le ton y est franchement alarmiste : «La Chine remporte des contrats au détriment des opérateurs français dans tous les secteurs d’activité.» Avant de préciser : «Nous n’assistons pas à un choc frontal sur le marché africain entre les deux acteurs économiques que sont la France et la Chine mais à une érosion en notre défaveur.»

Des infrastructures tout de suite! 

Cette année, les débats du dernier caucus africain de Nouakchott se sont focalisés sur le rôle croissant des bailleurs de fonds non traditionnels: l’Inde, le Brésil, les fonds arabes, mais surtout la Chine, qui a investi 1000 milliards de dollars de ses réserves en devises en Afrique! Ce n’est donc pas un hasard si à la tribune de l’assemblée, Chen Yuan, le gouverneur de la Banque de développement de Chine, a succédé au patron du FMI. La présence chinoise en Afrique n’a rien d’un mythe. Aujourd’hui, l’empire du Milieu y réalise 10% de ses investissements directs à l’étranger et consacre la moitié de son aide au développement à ce continent. «L’approche chinoise du développement est très pragmatique», note Abdallahi Ould Mohamed Awah, professeur d’économie à l’université de Nouakchott. «Les projets réalisés et financés par les Chinois sont visibles et concrets, car ils construisent des routes, des ports, des mines», explique-t-il.

Et c’est cet investissement tout de suite concret qui intéresse les pays africains, notamment ceux subsahariens. Cette partie ventrale de l’Afrique s’est, à de rares exceptions près, paupérisée. Au lieu d’attirer talents, compétences et capitaux, elle les a fait fuir. C’est ce mouvement qu’il s’agit aujourd’hui d’inverser. Cette évolution-révolution prendra du temps, mais, grâce en partie à l’arrivée de la Chine en Afrique, elle semble avoir démarré…

 

MLK

Source : La Tribune n°431




Investissements du Golfe en Afrique

13012009

Investissements du Golfe en Afrique 

 

2009: dans la foulée de 2008 

 

Suite à la crise financière qui a touché toute la planète en 2008, les investissements arabes se renforceront certainement en 2009 en Afrique qui présente un avantage différentiel conséquent par rapport au reste du monde. 

 

Les investissements privés arabes en Afrique devraient continuer de croître. Leur expansion attendue est étroitement liée à la croissance fulgurante des réserves financières amassées par les pays arabes pétroliers, en particulier les six pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar). La hausse vertigineuse des prix du pétrole, au cours de l’année 2008, a décuplé la puissance financière de ces pays. Dans l’ensemble, ces six pays arabes sont réputés avoir amassé, à la fin de l’année passée, un total de 1795 milliards de dollars représentant 224 % de leur produit intérieur brut! De quoi voir venir sereinement l’année 2009. Le Maghreb capte l’essentiel des investissements arabes en Arabes; en particulier le Maroc et l’Algérie, qui à eux deux ont bénéficié en 2008 de 25 milliards de dollars d’investissements des pays du Golfe. Ceux-ci portent dans les infrastructures hôtelières, touristiques, globalement immobilières. L’Afrique au sud du Sahara n’est pas en reste, et a connu la même arrivée significative des investisseurs arabes durant 2008. Ces investisseurs, peu intéressés par les matières premières, marquent déjà leur présence en Afrique de l’ouest. A titre d’exemple, le groupe émirati Al-Qudra a dégagé 535 millions d’euros pour la construction de logements, d’une cimenterie et d’un complexe touristique au Sénégal. Dans ce pays, DP World gère déjà le Port de Dakar. En Côte d’Ivoire, le principal opérateur de téléphonie, Atlantique Telecom, est à moitié propriété de l’Emirati Etisalat. Et les exemples sont légion, au Ghana, au Nigeria, au Mali, dans tous les secteurs: bancaires, touristiques, des infrastructures…

 

«L’Afrique jouit d’un potentiel gigantesque» 

 

D’après l’agence Bloomberg, les pays du Golfe comptent investir plus de 150 milliards de dollars à l’étranger en 2009. L’Afrique peut augmenter sa part dans cette manne, surtout que les investissements directs étrangers (IDE) sont en augmentation. D’après la CNUCED, les IDE en Afrique ont atteint le niveau record de 53 milliards de dollars en 2008. La Chine et l’Inde sont les principaux concurrents des pays du Golfe sur le continent l’année prochaine. Et la Libye, qui va investir 10 milliards de dollars en Égypte d’ici 2010, n’entend pas rester à l’écart. Et la MediCapital Bank, nouvelle banque de financement et d’investissement ne s’y est pas trompé en indiquant que «la mise en place de la nouvelle banque répond à un intérêt grandissant des investisseurs internationaux pour l’Afrique». La nouvelle institution bancaire marocaine «ouvre un nouvel horizon pour les investisseurs sur les marchés émergents, en particulier l’Afrique qui jouit d’un potentiel gigantesque; et notre engagement sur ces marchés s’inscrit dans la durée», insiste Eric Aouani, son directeur général et président du conseil exécutif.

Cela dit, les Chinois, les Indiens mais aussi les Thaïlandais e autres Brésiliens risquent d’être des concurrents sérieux des pays du Golfe sur le continent en cette année 2009… pour se disputer des secteurs d’activité lucratifs. D’ailleurs, la Libye elle aussi, a annoncé la couleur : les dirigeants libyens comptent investir pas moins de 10 milliards de dollars en Égypte d’ici 2010, mais d’autres pays seraient visés.

 

L’Afrique, terre en friche 

 

La crise financière en Europe a mis à jour la principale faille d’un système capitaliste basé sur le «tout-spéculatif»: les richesses créées restent relativement virtuelles, sur un socle d’air, et en cas de coup de dur, la chute n’en est que plus rude. Et la plupart des investisseurs ont retenu la leçon: revenir à la base de l’économie libérale: une offre, une demande, un marché, des débouchés. Avec des gains palpables, une comptabilité contrôlable. Et l’Afrique (émergente) est le continent qui offre le plus de potentialités à cet égard. Beaucoup de choses restent à faire, et la plupart des secteurs d’activité sont des marchés qui ne sont pas encore engorgés. «C’est pour cela que les principaux investissements sont liés à l’immobilier, aux infrastructures, aux télécommunications, et de plus en plus à l’agriculture. Ce sont des secteurs d’activité qui présentent un avantage comparatif net en Afrique, particulièrement au Maghreb, par rapport à d’autres régions du monde arrivés à saturation, en terme de débouchés.»

 

MLK 

 

Encadré:

 

Gulf Finance House investit 3 milliards de dollars en Tunisie 

 

En suspens depuis décembre 2007, le projet en question comprend un hub technologique avec une bourse internationale de communication, un groupement pour le développement des technologies, une université internationale de communication, une zone de libre-échange destinée aux affaires, un pôle technologique multimédia etc. L’annonce de l’investissement a été faite le jeudi 8 janvier à Tunis par Issam Youssef Janahi, président éxécutif du Gulf Finance House qui a été reçu par le président Zine El Abidine Ben Ali. Quelque 26 000 emplois seront générés par ce hub technologique qui comptera aussi des projets immobiliers, résidentiels et de loisirs. Selon le manager de Gulf Finance House, le choix de Tunis s’explique par le bon classement du pays dans le rapport 2007 du forum de Davos.

Avec cet investissement, Gulf Finance House renforce son option maghrébine. Outre la Tunisie, la banque d’affaires d’obédience islamique, spécialisée dans la conception et l’exécution d’infrastructures a lancé en 2008 les travaux de construction de deux projets au Maroc (Royal Ranches à Marrakech et Resort Cap Malabata à Tanger) pour un investissement global d’environ 12 milliards de dirhams (1,4 milliards de dollars).

De même, Gulf Finance House aurait conclu un accord d’investissements avec le gouvernement algérien pour l’implantation d’une zone de développement économique dans la banlieue d’Alger similaire a celle lancée, en automne 2007, en Inde. Créé en 1999, Gulf Finance House mène une politique d’investissement particulièrement prudente avec un portefeuille de projets axé principalement dans l’immobilier résidentiel de luxe et le para –immobilier. Durant les trois dernières années, elle est parvenue à tripler ses bénéfices passés de 56,7 millions de dollars à 212 millions de dollars, fin 2006.

source: www.lesafriques.com 




ACTU

13012009

Gaza: le Qatar et la Mauritanie suspendent leurs liens avec Israël (délégation mauritanienne)

Doha 16/JAN/2009

Le Qatar et la Mauritanie ont décidé vendredi de « suspendre » leurs relations avec Israël, lors d’une réunion arabe tenue à Doha et consacrée à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, a confirmé un membre de la délégation mauritanienne.

« La Mauritanie et le Qatar ont décidé de suspendre leurs relations avec Israël lors de la séance à huis clos« , qui a suivi l’ouverture de la réunion de Doha, a déclaré à l’AFP le responsable mauritanien qui a requis l’anonymat.

Cette mesure a été révélée peu auparavant par la chaîne de télévision Al-Jazira, basée au Qatar, sans donner d’autres précisions sur une telle initiative, réclamée par plusieurs orateurs à l’ouverture de la réunion de Doha.

Le Qatar abrite depuis 1996 un bureau de représentation commerciale israélien géré par deux diplomates, et des représentants des deux pays se rencontrent régulièrement.

La Mauritanie, qui entretient des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu depuis 1999, a rappelé son ambassadeur auprès de l’Etat hébreu après le déclenchement, fin décembre, de l’offensive militaire contre la bande de Gaza.

Le Qatar avait proposé jeudi aux pays arabes de revoir leurs relations avec l’Etat hébreu, une suggestion qu’il a relancée vendredi lors de la réunion de Doha.

AFP / 16 janvier 2009 16h33)

 

Toute reprise d’article ou extrait d’article devra inclure une référence à www.cridem.org

 

Info source :  Le Monde (France)

Rosso : Marche de soutien aux populations de Gaza 

Les enseignants de Rosso ont organisé une marche de soutien aux populations de Gaza. Partie de la place située au nord de l’hôtel Asma, la marche bien encadrée par la police s’est terminée à la tribune officielle où plusieurs orateurs ont fustigé l’état hébreu.  Des centaines d’élèves ont accompagné les enseignants dans leur marche de soutien.  Les observateurs ont remarqué l’absence de certains enseignants. Ces derniers expliquent que ce sont les organisateurs eux-mêmes qui ont fait une sensibilisation ciblée et qui de ce fait les ont exclus.

Il faut rappeler que toute la semaine précédente les écoles de Rosso ont été perturbées par des mouvements de protestation : une poignée d’élèves faisait le tour des établissements pour sortir les élèves avec quelques jets de pierres.

Crime crapuleux  à Garack.

Lorsque Marième Dame Fall et Aïda Mbacké Fall sont allées chercher du bois mort en cette après-midi du 5 janvier, elles ne savaient pas qu’elles avaient rendez-vous avec l’horreur. Elles avaient traversé le marigot pour se rendre dans un petit bois. C’est là que le nommé Amadou Lô les a sauvagement agressées à coups de coupe-coupe après avoir abusé d’elles dans des circonstances encore mal éclaircies.

Constatant que les deux cousines n’étaient pas rentrées

 à la tombée de la nuit, les villageois ont commencé les recherches. L’homme qui les a trouvées a d’abord vu des fagots de bois avant de tomber sur les deux corps qui gisaient sur le sol. Marième était déjà morte tandis que Aïda bougeait encore. C’est alors que l’alerte a été donnée et que les filles furent conduites à l’hôpital.

La première hypothèse était que les filles avaient été attaquées par une laie qui venait de mettre bas. On sait que ces animaux sont parfois très féroces. Une hypothèse qui brouillera les piste  avant d’être écartée. L’autopsie de Marième aurait  révélé des traces d’agression sexuelle ; il fallait ouvrir une enquête. Du reste, Aïda dès qu’elle a repris connaissance a donné un nom, celui de Amadou Lô. Elle sera conduite plus tard à l’hôpital national de Nouakchott.

Les hommes de la brigade de gendarmerie de Rosso, procéderont vite à l’arrestation  du présumé.  C’est ce dernier, un récidiviste  qui balancera son complice, un certain  Oumar Abdoulaye Konaté alias Soninké. L‘homme sera arrêté à Tounguène non loin de Garack.  On ignore pourquoi il est resté si près du lieu du crime après l’arrestation de Amadou Lô.

Aux dernières nouvelles la vie d’Aïda transférée au centre hospitalier de Nouakchott n’est plus en danger. La rescapée continuerait cependant de clamer que le sieur Amadou Lô a agi seul. Est-elle encore sous le choc ? C’est la seule zone d’ombre dans cette enquête menée d’une main de maître par les hommes de la brigade de gendarmerie de Rosso.

Djigo Aboubakry

Recrudescence des grossesses de mineures

 

 

Le nombre de  filles mineures qui tombent en état de grossesse va crescendo selon les sources médicales. Ainsi, pour le seul trimestre écoulé,  plus de 40 cas ont été décelés dans un centre de santé sans compter les autres centres et la polyclinique de

la Snim. A noter que ces filles ont la tranche d’âge de 13-17 ans et certaines n’indiquent pas clairement leur situation matrimoniale, ce qui ne permet pas aux autorités sanitaires d’avoir une idée nette de l’ampleur du phénomène. « Des mineures en état de grossesse viennent pour les consultations prénatales en donnant de fausses identités  mais par la suite nous découvrons leur véritable situation  matrimoniale et la plupart d’entre elles ne sont pas mariées ; d’autres viennent en compagnie d’un membre de leur famille » avoue une sage femme éberluée.

Selon les mêmes sources des mineures violées tombent malheureusement en état de grossesse suite à ces actes. Un autre facteur de blocage, beaucoup de faits avérés sont tus du fait des liens parenté entre l’auteur et la victime ou d’autres réalités sociales.

Mais récemment, des cas font l’exception dont celui de B. Camara 15 ans bouclés.

 

Il met une mineure en état de grossesse, nie les faits avant de se rétracter

 

Les parents de B. Camara ont été interloqués par la nouvelle d’autant plus que leur fille a été abusée par leur sien. En effet, K. Traoré a évolué dans ce milieu familial et avait de bonnes relations avec les membres de la famille et marie d’ailleurs leur proche parente. M ais cette confiance a été ébranlée quand les parents de B. Camara ont appris la grossesse de leur puce. Interrogée sur l’identité du père de son enfant n’a pas hésité en une fraction de seconde de pointer un doigt accusateur sur son cousin marié K. Traoré.

Convoqué par les parents de la fille, Traoré avait nié l’acte et  fait montre d’un comportement malveillant devant les enfants de la famille et  selon une source il s’enorgueillait  quand il tournait le dos aux proches de la victime. Vexés par le comportement du présumé père de l’enfant, les frères de la fille portent plainte à la police, l’accusé fut alors convoqué et la justice s’est vite saisi du dossier. Malgré la bonne volonté du père de la fille qui a dans un premier temps retiré la plainte de ses enfants et qui voulait « laver le linge sale en famille » l’affaire est entre les mains de la justice. L’accusé qui a par la suite reconnu son acte est en taule attendant son jugement. S’agit-il d’un viol ou d’un acte avec consentement de la jeune fille, allez savoir !

 

 

ZOUERATE  /MARCHE DE SOUTIEN AUX POPULATIONS DE GAZA

 

Les populations de Zouerate toutes catégories confondues  ont organisé ce vendredi 09 janvier 2009 une imposante marche de soutien aux populations de Gaza victimes des raids israéliens. Les marcheurs scandaient « nous sommes tous Hamas », « non au massacre des palestiniens, oui à la rupture des relations diplomatiques avec Israël »      . Parmi les marcheurs on remarquait la présence d’acteurs politiques locaux notamment les membres influents de Tawassoul à la tête de la foule. Il y avait aussi une présence massive de femmes surtout de jeunes filles qui arboraient le drapeau palestinien et les effigies du Hamas. Point de chute des marcheurs, la tribune officielle où la marche a pris les allures d’un véritable meeting populaire au cours duquel les orateurs se sont succédé pour dénoncer la situation dramatique et insupportable que traversent les populations de Gaza, dénonçant les tueries sauvages perpétrées par l’armée israélienne et appelant à la rupture des relations diplomatiques avec les  enfants d’Itzhak.

Certaines personnes ayant appris que l’initiative de marcher était du parti Tawassoul ont renoncé  à se joindre aux manifestants arguant qu’il s’agit d’un parti politique. Les marcheurs ont demandé la mobilisation de moyens pour soutenir les ghazaouis.

                                                          SY Djiby CP_ Zouerate

 




En attendant l’avenir proche

13012009

Les résultats des EGD entérinés

 

 

«Je reste là sinon j’aurai à signer des choses que je ne voudrai pas signer». C’est par ces mots que le Premier ministre répond à un haut fonctionnaire qui lui demandait s’il allait attendre la signature de tous les rapports par les membres de la commission de supervision des Etats généraux de la démocratie (EGD). C’était samedi dernier dans l’une des grandes salles du Palais des Congrès qui a vu, di jours durant, se dérouler ces fameux EGD.

Le Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf était visiblement heureux. Certainement plus pour avoir sauvé son gouvernement que pour la réussite relative des EGD. La veille en effet, il avait réussi à tracer une feuille de route excluant la nécessité de constituer un gouvernement de large consensus ayant en charge de diriger le pays le temps d’organiser des élections présidentielles libres et transparentes. La feuille de route se limitera à trois points : maintien des conditions d’éligibilité telles que définies par la Constitution, création d’une Commission électorale indépendant et d’un Observatoire permanent pour les élections, et l’organisation d’élections présidentielles dans un délai se six mois. Tous les aspects concernant la gestion de la nouvelle transition ont été ignorés. Notamment les modalités : gouvernement en charge de cela, démission ou non des militaires intéressés par une candidature, cadre de concertation…

Au terme d’une démarche exceptionnelle, le Premier ministre a tenu à faire adopter par le parlement une résolution entérinant le rapport final des EGD. Vendredi matin, alors que les députés attendaient une plénière se rapportant au budget, ils ont été surpris par la demande d’examen des rapports. Les députés RFD ont tout de suite refusé d’y participer. Certains députés se sont joints à eux pour invoquer le caractère illégal de la démarche : toute question passant devant une plénière devrait avoir été examinée par la conférence des présidents. Ce qui n’était pas le cas de la résolution. Du coup, le président de la séance, El Ar’bi Ould Jideyne, s’est vu obligé d’imposer son avis aux autres députés. La majorité d’entre eux a finalement accepté d’entériner la résolution. Dans l’illégalité la plus évidente.

On semble presser le pas pour clore l’épisode des EGD qui n’a finalement pas été le succès qu’on attendait. Pourtant rares les questions qui n’ont pas été soulevées durant cette grande kermesse à laquelle ont finalement participé les représentants de l’ensemble des écoles politiques traditionnelles mauritaniennes. Mais malheureusement, le niveau de la devanture civile du pouvoir militaire a été tel que les résultats ont été quelque peu décrédibilisé par la volonté des uns d’en faire l’occasion de plébisciter la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Du coup on en a oublié l’essentiel : les modalités de sortie immédiates de crise.

Le 30 mai prochain aura visiblement lieu le premier tour des présidentielles. Mais qui doit diriger le pays en attendant ?

Comment trouer «ce point de départ constitutionnel» dont parlent certains de nos partenaires qui n’hésitent pas à en faire une condition sine qua non pour un retour à la normale ? Est-ce en donnant le pouvoir au président du Sénat après avoir décrété la procédure d’empêchement à l’encontre du Président élu ? Avant ou après le renouvellement du tiers du Sénat qui pose lui-même problème ?

Le HCE serait déjà sur le point d’engager, avec la collaboration du ministère de l’intérieur, une concertation restreinte touchant principalement ses soutiens. Elle aurait pour objectif de fixer un timing pour les différentes opérations. C’est justement un conclave du genre, mais touchant les partis représentés au parlement (en plus de AJD/MR et SAWAB) et le HCE qui devrait se pencher sur les modalités finales. Le secrétariat général du HCE invitera alors tous les partis sans exception, pour discuter de l’avenir proche. Avec des points précis à l’ordre du jour : quel point de départ constitutionnel acceptable pour tous et quels préparatifs pour les élections ?

En attendant de savoir quelle voie va prendre la transition, le Premier ministre continuera à signer «ce qu’il n’a pas envie de signer». Les Mauritaniens continueront à attendre de savoir si les résultats des EGD satisfont la communauté internationale. C’est le plus important pour le moment

Source : La Tribune n°431







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