Finances

9 01 2009

 

Finances 

 

Les fortunes mauritaniennes en exil 

 

En dehors des rutilantes voitures de luxe et des villas cossues, où passe l’argent de l’élite économique du pays? L’essentiel des fortunes de la Mauritanie sont gardées bien en sécurité dans les comptes français, suisses etc.. 

 

Des avoirs à l’étranger équivalents à l’aide au développement- L’union africaine estime prudemment que 148 milliards de dollars quittent chaque année le continent pour trouver refuge dans le système financier des pays développés. Et les élites, à elles seules, détiendraient entre 700 et 800 milliards de dollars dans des comptes à l’étranger. Une étude de l’Institut du développement à l’étranger (ODI), situé à Londres, établit qu’avec un prix du baril stabilisé à 55 dollars, les huit plus grands pays africains exportateurs de pétrole – Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Nigeria, Soudan et Tchad – n’auraient pas besoin de recevoir d’aides étrangères pour financer leur développement. Et sur la base d’une augmentation de leur production de 30% d’ici à 2015, ils percevraient chaque année des surplus équivalent à 25 milliards de dollars, soit le montant total des aides supplémentaires promises par le G8 au continent africain sur les cinq ans à venir! L’argent des industries extractives africaines, a très rarement servi le développement des pays africains. Il a surtout servi à grossir les comptes en banques des élites africaines.

 

En Mauritanie- Et la Mauritanie n’échappe pas à cette règle qui prétend que les richesses minières des pays africains profitent d’abord et avant tout à ses élites. Que l’on songe à l’opacité qui règne dans l’extraction de l’or, où le pétrole dont on ne sait finalement plus grand chose, et on s’aperçoit que la porte est grande ouverte à tous les abus. «L’or noir a bouleversé la structure des économies et bloqué le développement d’autres activités d’exportation, alimenté le clientélisme, la corruption et la bureaucratie, sans profiter aux plus démunis». À y regarder de près, les indicateurs de développement des pays producteurs ne sont pas meilleurs que ceux des pays importateurs en Afrique. Au-delà de la répartition des richesses nationales, dont l’essentiel se retrouve en exil financier à l’extérieur, une nouvelle forme d’émigration financière apparaît en Mauritanie. Elle concerne les familles aisées, qui ont souvent une casquette business, en plus de leur profession quotidienne.

 

Tout droit de Paris!- C’est le cas de Ahmed, la quarantaine. Avec sa nouvelle carte de crédit, Ahmed fanfaronne devant ses collègues et amis; «tout droit sortie de Paris!». Ce cadre de société privée, cumule aussi la casquette d’homme d’affaires, qu’il tient avec sa femme. «On se déplace régulièrement en France et en Italie pour ramener du matériel; et de ce fait, l’essentiel de nos bénéfices et de nos avoirs, sont dans une banque française.» explique-t-il cigarette en bouche. «C’est plus sûr.» Ahmed n’est pas seul dans ce cas; des dizaines de familles sont dans cette fuite du capital vers des cieux occidentaux. Mais ces déplacements ne sont pas les plus importants; «ce sont plus des ersatz qu’autre chose» soutient un jeune cadre d’une de nos banques nationales. L’affaire des fuites de capitaux de notre pays, prend de l’ampleur quand on considère les grosses fortunes du pays. Selon le financier, on peut estimer qu’au minimum, 700 millions d’euros de fortunes mauritaniennes sont dans des circuits financiers étrangers. Autant d’argent qui ne sert pas au développement du pays.

 

MLK 

 

Source : La Tribune n°430 

 


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