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PS

8012009

Les Etats Généraux de
la Démocratie sont intervenus en Mauritanie au moment où en Palestine,
l’Etat d’Israël bombardait le Hamas à Ghaza y faisant plusieurs centaines de morts. Une barbarie inédite qui n’a pas manqué d’attiser la colère de populations  du monde arabe en particulier. Par ici, les rues de Nouakchott ont connu des marches de protestations très touffues, mais organisées dans un climat très pacifique. En Libye les marcheurs s’en sont pris à l’Ambassade de
la Mauritanie à Tripoli.
La Mauritanie, l’un des rares pays arabes à avoir des relations diplomatiques avec Israël, a essuyé à Tripoli l’ire des manifestants. Et le spectacle a été retransmis sur la télévision de
la Jamahiriya. Un incident diplomatique qui finira par être réparé sous forme d’excuses officielles du pays de Kadhafi présentées à
la Mauritanie.  Voilà une situation bien curieuse pour un pays qui vient de réceptionner, sans tambour ni trompette, un centre d’oncologie de la part d’Israël. Un soi disant ennemi du peuple dont le sort aurait dû dépendre d’un référendum. C’est en tout cas ce qu’avait souhaité Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le président renversé de
la Mauritanie…

Aujourd’hui, avec les trois cents morts de Gaza, c’est comme si l’occasion de rompre avec l’entité sioniste s’était présentée aux autorités actuelles du pays. Celles-ci ont pris des décisions très populistes ces derniers temps et qui ont convaincu plus d’un mauritanien à les suivre dans leur logique. De là à les croire capables ou du moins prêtes à mettre un terme à une relation héritée du passée…

Etablies alors que
la Mauritanie sous Maouya cherchait une légitimité aux yeux des Etats-Unis et de leurs alliées, ces relations diplomatiques ont été au menu de discours opposants jusqu’au lendemain de l’élection de Ould Cheikh Abdallahi. La question avait pourtant été évoquée sous la transition 2005-2007. Et l’on se souvient de l’énergie avec laquelle, le colonel Eli Ould Mohamed Vall avait réagi.  Les options diplomatiques d’un Etat ne devaient faire l’objet d’aucune contestation, avait-il dit, mettant en garde ceux qui parmi la classe politique cherchaient à presser les autorités de la transition à décider une telle rupture. Depuis, la transition militaire est passée. On était entrée dans une autre ‘transition’ qui n’a pas eu le temps d’affronter les questions les plus fondamentales. On en est sorti subitement pour entamer une autre transition. ‘Militaro-civile’ cette fois. Avec ce mélange de généraux et de parlementaires.  Seulement, au cours de cette nouvelle transition, on en est à débattre de la démocratie en Mauritanie. Sera-t-on en mesure de choisir entre Israël et nos penchants pour les frères palestiniens au moment où le reste du monde est presque fâché contre nous parce que nous avons commis un putsch ? La parole est au temps…Parce qu’en Mauritanie, il a souvent été décidé que les questions délicates seront réservées aux dirigeants à venir.

 

Kissama 


La Tribune n°430




L’Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

8012009

L’Edito de La Tribune Par Mohamed  Fall O Oumère 

J’aurai voulu cette semaine exprimer mon indignation face à ce «deux poids, deux mesures» qu’ont appliqué nos partenaires quand il s’est agi de réagir à la situation en Guinée. Surtout de la position de
la France qui n’a pas hésité, par la voix de son ministre de la coopération Alain Joyandet, 
 à montrer la différence d’estime pour l’un et l’autre des deux pays. Ne s’est-il pas précipité à Conakry au lendemain du coup d’Etat du capitaine Moussa Dadis Camara pour «exprimer la solidarité de
la France avec le peuple de Guinée» et pour s’entretenir avec l’ensemble des acteurs de la classe politique, y compris ceux de la junte.
A Nouakchott, combien de fois la visite de Joyandet a-t-elle été repoussée ? Pour cause d’inopportunité politique. Le peuple mauritanien ne mérite-t-il pas la solidarité de la France ? Les acteurs politiques n’ont-ils pas le droit d’être écoutés par le ministre français ?
Deux pays d’Afrique Occidentale, deux pays miséreux, croulant depuis trop longtemps sous l’emprise de régimes aussi incompétents les uns que les autres, aussi maléfiques les uns que les autres, aussi… Résultat pour chacun des deux pays : une classe politique essoufflée, une société émiettée, une économie travestie… bref tous les maux de la mal-gouvernance.
Les deux pays ne méritent pas le même traitement. Visiblement. Du moins pour nos partenaires européens en général, français en particulier. Il est vrai que la Mauritanie a voté ‘oui’ à la communauté en 1958…
Pourtant la Mauritanie est sans doute plus mal «dans sa peau» que
la Guinée. Son peuple tourne la tête ailleurs que vers l’avenir. Son ‘élite politique et intellectuelle’ est incapable de faire front dans l’intérêt du pays.
La Mauritanie a besoin du concours de ses amis. Plus que jamais. 
On attendait la fin des travaux des Etats généraux de la démocratie pour savoir comment sortir de la crise. On espérait que les participants sortiraient avec une feuille de route comprenant une solution consensuelle et surtout «constitutionnelle». On a vu pourquoi se battaient les groupes présents. 

Les uns et les autres pour l’acquisition ou le maintien des privilèges liés à l’exercice du pouvoir. Les uns l’ont exprimé moins vulgairement que les autres. Les autres plus passionnément que les uns. Et les uns et les autres ont fini par ne plus s’entendre. A cause de la cacophonie produite par les nouvelles (anciennes) forces rétrogrades que l’on appelle pudiquement «les représentants de
la Mauritanie profonde». Quelle Mauritanie profonde ? Celle du labeur et de la souffrance ? Ils ne l’ont jamais représentée. Celle de la grandeur passée et de la digne humilité d’antan ? Les petits-fils des générations d’avant l’indépendance ont cessé depuis longtemps d’incarner cette Mauritanie-là. Celle de la pudeur et de l’équité ? Les crises humanitaires et politiques de 1988, 1989, 1990, 1991, 2003 et suivantes n’ont rien laissé de la Mauritanie profonde. De cette Mauritanie profonde qu’on nous a servie l’autre soir. A quoi sert ce soutien au Général Ould Abdel Aziz ? Il est le premier à savoir qu’aucun de ceux qui représentent la Mauritanie profonde n’a pu accéder à une fonction élective dans ce qui est supposé être son fief. Il est le premier à savoir que ces fils de chefs de tribus et autres dignitaires malmenés par l’immense effort du paraître, étaient entretenus par des politiques promus dans les hautes sphères de l’Etat à cet effet. Je n’ai pas besoin de citer de noms. Ceux qui s’y intéressent savent qui est qui et qui se nourrit de qui. Ces politiques, redoutables manœuvriers, sont aujourd’hui ailleurs. Pas dans le camp de celui qui est déjà candidat à la future présidentielle dont on sait approximativement la date. 

La Mauritanie profonde devrait être une idée de l’équipe civile du Général Ould Abdel Aziz. 

Cette équipe civile qui occupait les quatrième, cinquième et sixième rangs du PRDS au moment de sa grandeur et dont la plupart des individus ont été les premiers à quitter la barque au moment de la déchéance. Il est des natures qui sont plus fortes que tout le reste… 

Une chose m’a choquée durant les journées de concertations. On pouvait noter que seuls deux partis politiques (AJD/MR et RFD), un mouvement politique (les Baathistes qui en ont profité pour ressusciter) et deux ou trois ONG avaient des documents dans lesquels ils exprimaient une vision. On pouvait être d’accord ou pas. Mais il y avait là des propositions. Les soutiens du HCE et de son président étaient visiblement venus sans préparation. Mon optimisme béat m’a fait adopter une attitude plutôt positive : les militaires n’ont donné aucune instruction. Ceux qui sont supposés être leurs soutiens s’en tenaient à tout faire tourner autour de la candidature du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Les discours n’étaient jamais les mêmes mais aboutissaient tous à la même conclusion : la nécessité de voir Ould Abdel Aziz briguer un mandat sinon rester à la présidence le temps qu’il faut. 

Il faut dire que la décision de rappeler l’Ambassadeur de Mauritanie en Israël est un point à inscrire au profit de Ould Abdel Aziz. C’est aussi la marque personnelle du ministre des affaires étrangères. Mais pour répondre entièrement à la grande doléance nationale, celle qui fera oublier tout le reste, il faudra passer à l’étape suivante qui consiste à rompre ces relations que nous sentons comme une profonde blessure en ces jours de mort et de désolation en Palestine. Cela demande juste de la prévoyance et du courage. 

Source : La Tribune n°430 







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