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Compagnies aériennes africaines

24122008

 

Compagnies aériennes africaines: 

 

L’union pour ne pas être hors course 

 

Promis, juré, la nouvelle compagnie aérienne ouest-africaine s’envolera bientôt. Mais le marché est aussi porteur que concurrentiel. Dans un ciel chasse-gardée des compagnies occidentales, il faudra s’unir pour exister. 

 

Le 14 novembre dernier,
la Commission européenne a rendu publique la neuvième «liste noire» des compagnies aériennes interdites d’accès dans l’Union en raison de problèmes de sécurité. Elle comporte 92 compagnies, originaires essentiellement d’Afrique et d’Asie centrale.

Tous les transporteurs d’Angola, de Guinée équatoriale, du Liberia, de
la Sierra Leone, du Swaziland et de
la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que du Gabon, à l’exception de Gabon Airlines et d’Afrijet, en plus d’Air West pour le Soudan et Silverback Cargo Freighters pour le Rwanda, sont bannis. A s’en tenir à cette appréciation, il ne fait pas bon voler dans le ciel d’Afrique, mais alors pourquoi les plus grandes compagnies aériennes du monde s’y ruent-elles? Les compagnies européennes ont capté plus de 72 millions de passagers des pays africains. Selon Cheikh Tidiane Camara, président du conseil de surveillance du cabinet Ectar, elles transportent chaque année 70% des passagers qui vont en Afrique ou en partent (Jeune Afrique, aout 2008). En tête, Air France-KLM, suivi de British Airways, Lufthansa, Brussels Airlines, Tap, Swiss, Iberia, sans compter l’irruption de compagnies du Moyen-Orient, Emirates, Ethihad… L’association des compagnies aériennes africaines, AFRAA, confirme qu’en 2004 ses 42 compagnies membres n’ont assuré que le tiers du trafic global sur le continent.

 

Attrait 

 

Comme pour le mobile, les manques de l’Afrique font son attrait. Comme l’a déploré le président burkinabé Blaise Compaoré à l’ouverture de la 40e assemblée générale de l’Association africaine des compagnies aérienne, «la fréquence des vols entre les capitales africaines est faible et le coût des billets trop élevé». Sur un vol aller-retour Paris-New York, Air France facture ses services 17 centimes d’euro par kilomètre, contre 40 centimes par kilomètre pour les passagers à destination de Brazzaville. Sur Paris-Nouakchott-Paris, Air France est 25% plus cher qu’Air Sénégal International et 45% pour Paris-Libreville-Paris par rapport à Royal Air Maroc, indique Jeune Afrique.

Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5 % du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5% du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Selon l’IATA (International Air Transport Association), le transport aérien a connu en Afrique une croissance annuelle moyenne supérieure à celle du reste du monde entre 2003 et 2004: 11,2% pour le trafic passager et 7,5% pour le cargo.

 

ASKY

 

La compagnie aérienne africaine, ASKY (African Sky), longtemps attendue, annonce son envol pour le premier trimestre 2009 dans un marché porteur, certes, mais tout aussi concurrentiel. Son président Gervais K. Djondo semble en avoir pris la mesure. «Si nous avons traîné avant de lancer ASKY, c’est pour éviter de tomber dans les mêmes travers que certains. Nous ne voulons pas créer une compagnie qui ne dure qu’un printemps.»

Le capital annoncé est déjà d’une autre envergure. 120 millions de dollars, contre 7,291 millions d’euros pour Air Sénégal International et 5,49 millions d’euros pour Air Ivoire. Les promoteurs, nombreux, forcent également le respect,
la Banque d’investissement de
la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest,
la Banque ouest-africaine de développement, Ecobank… Ethiopian Airlines en sera le partenaire stratégique.

De puissantes banques nigérianes, Skye Bank, UBA et First Bank of Nigeria, ont, de leur côté, annoncé leur disponibilité à financer les compagnies africaines qui ont enregistré des pertes de 700 millions de dollars cette année. Les besoins financiers pour la modernisation des flottes et pour l’expansion des itinéraires des compagnies africaines sont actuellement estimés à 60 milliards de dollars. Boeing prévoit pour le continent, pour la période 2000-2019, une croissance de l’ordre de 4,8% par an pour le trafic passagers et de 6,4% pour le fret. Le ciel africain va attirer encore plus de prétendants. Reste aux Africains à se faire une place dans leur ciel. Christian Folly-Kossy, secrétaire général de l’AFRAA, en fixe les conditions. «Les petites compagnies africaines doivent fusionner ou rejoindre des groupes d’alliance africains.»

 

Chérif Elvalide Sèye

www.lesafriques.com 




Terrorisme :que reste-t-il du 24 décembre 2007 ?

24122008

Terrorisme : 

Que reste-t-il du 24 décembre 2007 ? 

 

Un an après, l’attaque d’Aleg semble avoir été oubliée. Pourtant, c’est par elle que l’image de la Mauritanie a entamé un recul qui a fini par être inexorable. 

Retour sur une catastrophe qui n’a pas fini de coûter au pays… 

 

Lundi 24 décembre 2007, la Mauritanie respire l’air de la tranquillité et des promesses d’avenir. Moins de deux semaines après la réunion de Paris qui a vu le Groupe Consultatif le plus réussi pour la Mauritanie. Retour des réfugiés, réconciliations et retrouvailles nationales. Attente ferme du Rallye Paris-Dakar et de ses retombées. L’année 2008 qui pointe déjà, promet d’être faste. Rien ne semble pouvoir perturber ni dévier le pays. Le pouvoir vient d’adopter un nouveau weekend : vendredi. Symbolique. Le dimanche 23 est le premier jour de la semaine qui commence. Nous sommes lundi 24. 

La journée de lundi commence bien pour François Tollet (73 ans), son frère Gérard (60 ans), ses fils Jean-Philippe (47 ans) et Didier (38 ans), et Adda Hacène (34 ans) ami d’enfance de Didier. Sur invitation de François, le groupe avait décidé «une virée africaine pour Noël 2007». Deux 4×4 pour ce parcours de trois semaines, le temps nécessaire pour traverser la Mauritanie, le Mali et le Burkina. Ils sont à Aleg en ce lundi 24. Ils sont entrés dans une banque pour faire du change. Puis ont rencontré le maire de la ville qui les a invités à prendre un thé dans les locaux de l’hôtel de ville. Ils reprennent tranquillement la route un peu avant onze heures. François est un habitué de ce parcours. La Mauritanie a toujours été un pays tranquille pour lui. Il peut se permettre de proposer une halte plus loin, dans un coin connu, une mare qu’on appelle «Tamourt eddhiib» (la mare du chacal). 

Ils venaient de déployer leur matériel, quand une voiture de type mercedes 190 s’arrêta à leur niveau. Ils n’eurent pas le temps de savoir ce qui leur arrivait. Selon le survivant de l’attaque, «ça n’a pas duré 20 secondes». Trois agresseurs au moins. Un kalachnikov au moins. Quatre morts, un blessé grave. Le survivant n’est autre que François, le chef de famille. Il a feint la mort. Les agresseurs ne s’attarderont pas sur les lieux. Tuer et repartir. Il était onze heures passées de quelques minutes. 

La nouvelle fait le tour du pays. Vers midi, tombent les premières informations plus ou moins précises. C’est en fin d’après-midi que le ministre de l’intérieur se prononce pour confirmer la thèse du «crime crapuleux». Comme si tous les crimes ne l’étaient pas. En fait c’était une vaine tentative d’éloigner la piste de l’attentat Jihadiste. «Il n’y a pas de terrorisme en Mauritanie», selon le régime issu des élections d’avril 2007. La première préoccupation est d’empêcher de s’installer la thèse de l’attentat terroriste. Si bien que l’enquête tarde à démarrer. Tergiversations des autorités. Les auteurs de l’acte ont le temps de se débarrasser de leur arme, d’aller dans un village environnant, puis de gagner Boghé avant de partir pour le Sénégal. 

Grâce à la collaboration de spécialistes marocains, l’identité des présumés auteurs de l’acte est rapidement déterminée : Sidi Ould Sidina, Maarouf Ould Haiba et Mohamed Ould Chabarnoux. On disait tantôt qu’il s’agit d’ »une tentative d’enlèvement qui a mal tourné ». Alors que le survivant de l’attaque, cité par ses proches, avait bien précisé que « ce qui le choque, c’est que ça s’est passé en vingt, trente secondes. Ils n’ont pas eu le temps de négocier, ni de discuter ni rien du tout« . Aucune indication de la part des autorités mauritaniennes depuis les communiqués du ministre de l’intérieur qui ont comporté de nombreuses contrevérités. 

Les autorités reconnaissent enfin la réalité : il s’agit d’un acte terroriste même s’il n’est pas revendiqué par la Branche Al Qaeda pour un Maghreb Islamique (BAQMI). Commence la traque. Le Sénégal puis la Guinée Bissau où deux des présumés assassins – Sidi Ould Sidina et Chabarnoux – sont arrêtés et extradés vers la Mauritanie. Maarouf Ould Haiba, peu connu des services mauritaniens, prend la direction du Mali où il rejoint les bases de BAQMI. Selon toute vraisemblance, ce sont les services français qui ont aidé à suivre puis à repérer les deux fugitifs. «
La Guiné-Bissau va payer très cher le fait d’avoir maltraité les combattants de Dieu», a déclaré à la presse Sidi Ould Sidna, au moment de monter à bord de l’avion qui devait le ramener à Nouakchott. Le regard hautin, l’air arrogant, Ould Sidina reconnaît son méfait. D’ailleurs dès leur arrestation, dans la nuit de jeudi à vendredi, les deux compagnons avaient avoué aux enquêteurs bissau-guinéens avoir tué des «infidèles et des alliés des Américains» et déclaré n’avoir «aucun remord». 

Un peu moins de trois mois après leur extradition, l’un des deux – Sidi Ould Sidina – réussit une cavale spectaculaire parce qu’il quitte tranquillement le Palais de justice le jour même de l’arrivée de l’Emir du Qatar en Mauritanie. Une cavale qui sera l’occasion d’entendre et de voir dans les rues de Nouakchott les échanges de tirs entre la police et des groupes armés. Il s’en suivra – à chaque chose malheur est bon – le démantèlement de cellules du Groupe «Ansaar Allah Al Murabituune», groupe affilié à BAQMI et chargé par Bella’war, le célèbre chef de guerre du GSPC puis de BAQMI, de mener des actions sanglantes en Mauritanie. Des dizaines di kilos d’explosifs, des armes individuelles et collectives, des cellules dormantes et éveillées, telle est la moisson d’avril 2008, un avril du reste sanglant. L’insécurité et l’inquiétude auront duré de décembre à avril. Assez pour déstabiliser un pouvoir qui était déjà rongé par ses guerres intestines. 

Après l’arrestation des principaux chefs de guerre locaux, et un an après les événements de décembre, qu’est-ce qu’on sait de ce qui s’est passé ? D’abord ce que les présumés assassins ont raconté lors de leurs interrogatoires. Les fuites habituelles ont permis d’accéder rapidement aux interrogatoires de la police. Mais ils ajoutent à la confusion parce que les récits ne sont souvent pas les mêmes, parce qu’ils sont parfois adaptés pour crédibiliser une thèse antérieure… Ce qui nous intéresse ici étant les zones d’ombre, allons-y. 

Qui a organisé le coup d’Aleg ? Comment ce coup a-t-il été organisé ? A l’époque le ministre de l’intérieur avait dit – et c’est devenu la thèse officielle – que la voiture qui a servi est entrée en Mauritanie à la mi-décembre. Alors qu’elle circule ici depuis août, les ventes dont elle a fait l’objet attestant cela. Toujours selon cette thèse retenue, les trois présumés assassins ont pris la route de Boutilimitt par hasard, puis dépassé vers Aleg. Là ils seraient tombés sur le groupe qu’ils ont décidé de suivre et puis d’exterminer. Ici à La Tribune, nous avions publié les témoignages concordants et sérieux d’usagers de la route qui sont passés la veille par là la veille et qui attestent tous avoir vu trois hommes avec un fusil et une voiture à Tamourt Edhiib, sur les lieux même de l’opération. Pourquoi les enquêteurs n’ont pas tenu compte de ces déclarations ? Le mode de l’opération et la suite des événements – retrait tranquille, abandon dans les règles de l’arme du crime et de la voiture, déploiement de la logistique après, le repli vers le Sénégal…- ne laissent pas entrevoir l’ombre de l’improvisation. Même si les tergiversations des autorités et le conflit de compétence entre la Gendarmerie et la police ont largement profité aux fugitifs. 

Au Sénégal qui les a hébergés ? Qui est ce fameux «compagnon» que signalent les services secrets français en disant qu’ils ont été suivis depuis ce lieu ? L’enquête laisse entendre qu’il s’agit de Khadim Ould Semane qui se révèlera être l’Emir du groupe Ansaar Allah Al Murabituun. Pourquoi n’a-t-il pas été arrêté immédiatement ? Comment sont-ils sortis de Mauritanie ? C’est facile d’habitude, mais selon les déclarations des fugitifs, ils ont choisi le chemin le plus compliqué pour le faire. Comment ont-ils échappé ? Nous savons par ailleurs qu’aucune sanction n’est tombée pour nous donner une indication sur la faille ou sur la responsabilité. Les explications données à ce moment n’étaient pas convaincantes. « Ils ne disposaient pas de base au Sénégal, ils se cachaient donc dans des zones urbaines très peuplées où les interventions étaient difficiles », avait indiqué à l’AFP l’ambassadeur de France au Sénégal Jean-Christophe Rufin. Selon lui, intervenir dans ces conditions « aurait impliqué des risques importants ». 

Il est attesté que le braquage opéré en octobre 2007 et qui a permis de mettre la main sur un magot de 54 millions, que ce braquage est le premier acte de guerre du groupe. Qui en est responsable ? Quand vous lisez les P-V, chacun des accusés le revendique et le raconte à sa manière. On sait qu’en son temps la Gendarmerie avait décidé de boucler l’enquêter sans suite, contrairement à l’avis de la police qui y avait vu la main des Jihadistes.   

Pour en revenir à l’attaque, a-t-on cherché à savoir qui en sont les véritables commanditaires ? Quels étaient liens avec la nébuleuse Al Qaeda au Maghreb qui n’a jamais revendiqué l’acte ? Quel lien avec l’attaque d’Al Ghallawiya ? Quel lien avec les querelles internes de BAQMI ? A ce moment-là, la BAQMI était déchirée entre les tenants de la nécessité de faire des armées des pays de l’espace sahélo-saharien, une cible, et ceux qui préconisent le ciblage des intérêts occidentaux dans ces pays et particulièrement en Mauritanie considérée comme le maillon faible de la chaîne. 

Un an après, le pays attend toujours l’élaboration d’une stratégie de lutte contre le terrorisme. Parce que la Mauritanie est cible, l’on est en droit de s’attendre à une telle stratégie. Dans ses discours, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz a promis de la mettre en place. Une première démarche : la création d’une unité spécialisée au sein de l’Armée avec le Groupement de Lutte Anti-terroriste (GLAT). Un demi-millier d’hommes triés sur le volet. Ils ont pour mission de couvrir une zone allant du D’har de Néma à Chegatt. Principe : légèreté et efficacité. Au niveau de la police, une unité est en cours de montage. Ses éléments ont subi un stage aux USA et devraient y retourner bientôt. 

…A Lehlewa, le village des environs d’Aleg où se sont repliés les présumés assassins de l’année passée, les habitants organisent depuis un certain temps des patrouilles pour empêcher la venue chez eux des prédicateurs. La leçon des Sahwa irakiennes a bien été retenue. 

 

MFO 




Interview du Quotidien

24122008

Interview du Quotidien El Emel El Jedid avec SEM Michel Vandepoorter Ambassadeur de France à Nouakchott 

·        «Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle» 

·        «
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs» 

·         «
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel» 

·        «(La libération) est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique» 

·        «Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat» 

 

 

El Emel El Jedid: Monsieur l’Ambassadeur, certains pensent que la position de
la France par rapport au coup d’Etat du 6 août est un peu ambiguë. Il y en a qui disent que
la France a une position ferme, synonyme de celle des Etats-Unis d’Amérique. D’autres pensent qu’au contraire
la France a une position plus souple. Quelle est exactement la position de votre pays? 

Michel Vandepoorter : La position de
la France n’est pas ambiguë, c’est une position de condamnation très claire du coup d’Etat du 6 août. Cette condamnation a été exprimée dès le lendemain du coup d’Etat. Elle a été explicitée dans plusieurs communiqués. J’ai eu moi-même l’occasion de l’exprimer auprès du Général Abdel Aziz à plusieurs reprises. Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle. Cette position est fondée sur des principes, le choix d’une forme démocratique de gouvernement, mais aussi sur notre familiarité, j’ai envie de dire, avec
la Mauritanie,  pays dont nous sommes très proches et auquel nous sommes très attachés. Et vous comprendrez que la sévérité de la condamnation de
la France au lendemain du coup d’Etat est à la mesure des espoirs que l’évolution démocratique de
la Mauritanie depuis 2005, avait fait naître en France. 

 

 

El Emel El Jedid : Y a-t-il des divergences entre la position française et celle des américains? 

Michel Vandepoorter : Ecoutez, je n’ai pas l’impression qu’il y a des divergences, il y a certainement des différences d’approche. J’ai l’impression que les positions sont tout à fait identiques entre la position française qui est unique et la position américaine. Il peut simplement  y avoir des différences d’approche parce que nous essayons avec nos partenaires européens, avec l’Union africaine, en multipliant les contacts, de voir quelles sont les conditions dans lesquelles une voie de retour à l’ordre constitutionnel peut être trouvée. 

 

 

El Emel El Jedid : Les mauritaniens ont beaucoup d’espoir envers
la France, et ils pensent qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution pour la crise politique. On a appris dans ce sens que
la France à travers vous, a lancé une initiative, dissociée de celle entreprise par
la Communauté internationale. Où en sommes-nous par rapport à cette initiative-là ? 

Michel Vandepoorter : On ne peut pas dire qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution à la crise actuelle.
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs. C’est à la classe politique mauritanienne de reprendre l’initiative et de voir comment on peut, dans la situation actuelle, compte tenu de tous les éléments que nous connaissons bien, trouver une voie qui permette le retour à la légalité constitutionnelle, le plus rapidement possible. Il n’y a pas du tout de  plan de sortie de crise français, et il n’y a pas de raisons qu’il y en ait un. De toutes les façons, vos compatriotes ne l’admettraient pas et ils auraient bien raison. C’est à eux de le faire. Simplement, je pense que vous faites allusion à la mission que deux responsables français, le directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères et un conseiller du président de
la République ont faite ici il y a quelques semaines. Ce n’était pas une initiative dissociée, c’était simplement une mission d’information de deux hauts responsables français qui venaient à titre national. J’ai employé le mot «distinct» parce que
la France, comme vous le savez, exerce la présidence de l’Union européenne, il  s’agissait bien qu’on marque que cette mission d’information était nationale et était distincte de nos responsabilités comme président de l’Union européenne. Mais si cette mission procédait d’un souci national d’information, cela ne veut pas dire qu’elle est dissociée : au contraire vous aurez remarqué, depuis le coup d’Etat, que
la France a toujours été le pays qui a recherché à associer l’Union européenne bien sûr car c’était son devoir comme président en exercice, mais aussi toutes les organisations représentatives de
la Communauté internationale et notamment l’Union africaine. 

 

El Emel El Jedid: Quelles conclusions cette mission a-elle tirées de sa visite en Mauritanie? 

Michel Vandepoorter: Ce n’était pas une mission d’évaluation, il n’y a pas de conclusions, simplement vous comprendrez que, compte tenu de l’étroitesse des liens qui existent entre
la Mauritanie et
la France, que les hauts responsables qui éclairent la décision du président de
la République et du ministre des affaires étrangères aient eu le désir de voir les principaux acteurs de la situation. Ils sont allés à Lemden pour rencontrer le Président de
la République, ils ont été reçus par le Général Abdel Aziz, et ils se sont entretenus avec Ahmed Ould Daddah comme chef de file de l’Opposition démocratique pour avoir, si vous voulez, une relation directe et personnelle entre hommes. Une appréciation sans doute meilleure que par la simple lecture des rapports 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que présentement on a deux positions de
la France, une de l’Elysée et une du Quai d’Orsay, vrai ou faux? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, on ne peut absolument pas dire ça, la preuve est que la mission à laquelle je viens de faire référence comportait à la fois le Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères et un Conseiller de
la Présidence de
la République. Il n’y a qu’une seule position française et  l’Ambassadeur  que je suis est ici pour exprimer cette position. Il est là aussi pour informer les autorités françaises de la  situation du pays, c’est ce que j’essaie de faire depuis ce malencontreux coup d’Etat du 6 août. La position française n’a pas changé, nous souhaitons que
la Mauritanie soit un pays démocratique et que le gouvernement soit conduit selon toutes les formes constitutionnelles et que ce soit véritablement un Etat de droit. C’est l’avenir que nous souhaitons pour ce pays qui nous est très cher. C’est notre position, mais en même temps
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel. J’ai l’impression que, compte tenu de nos relations, on attend aussi de
la France, non pas une solution, la solution ne peut venir que de
la Mauritanie, mais qu’elle aide les mauritaniens à trouver une solution, donc cela implique de parler avec les uns et les autres de voir ce qui est possible, de voir ce qui n’est pas possible d’essayer d’inciter, d’encourager tous les responsables politiques, les chefs de partis, à se voir, à se parler, à se réunir pour essayer de trouver une solution qui vient de
la Mauritanie et qui permet de rétablir le plus rapidement possible l’ordre constitutionnel. C’est peut-être ce travail de recherche de ce qui est possible qui donne un petit peu de flou mais, la position française n’a pas changé, la constitution doit être appliquée c’est tout et s’il faut le rappeler une fois de plus, cette position est hostile au coup d’Etat.     

 

El Emel El Jedid: La Communauté internationale a salué lors de la réunion de Bruxelles il y a quelques jours, la promesse du Général Aziz de libérer complètement Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Avec cette libération et avec l’organisation des Etats Généraux de la démocratie, est-ce qu’on peut dire que
la Communauté internationale est satisfaite et qu’on peut passer à l’organisation des élections reconnues et soutenues par
la Communauté internationale? 

Michel Vandepoorter: La libération du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est une chose que
la Communauté internationale attend depuis très longtemps, j’ai moi-même eu l’occasion de la demander. Je ne pense pas avoir rencontré le Général Abdel Aziz sans lui demander systématiquement la remise en liberté complète du président Abdallahi. C’est vraiment une mesure qui doit intervenir le plus vite possible, c’est un élément de justice. Le président a été démocratiquement élu, il doit être libre de ses mouvements, et de sa parole. C’est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique. Vous savez que notre position est que le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi doit contribuer à la recherche de cette solution.  Si le président est effectivement libéré avant le 24 décembre comme le Général Abdel Aziz l’a indiqué à la récente mission de l’Union africaine, c’est un bon point. En même temps, il y a d’autres éléments que nous attendons. C’est la recherche de cette solution. Les Etats Généraux sont une occasion de débattre de tous les problèmes mais il faut voir avec qui on débat de tous les problèmes. Il y a des problèmes politiques très importants qui impliquent tous les partis. Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat. Les partis qui se sont regroupés dans le Front National de Défense de
la Démocratie n’ont pas le droit actuellement de manifester et cela, en tant qu’amis de
la Mauritanie, nous le déplorons profondément. Ils n’ont pas accès aux moyens d’information, à
la Radio et à
la Télévision. Dans notre conception, ils doivent aller à ces Etats Généraux de la démocratie et expliquer pourquoi ils se sont opposés au coup d’Etat et qu’est-ce qu’ils attendent, participer à un vrai débat contradictoire qui fera naître une bonne solution. Si les Etats Généraux se déroulent en dehors de la classe politique, évidemment ce n’est pas du tout la même chose. 

 

El Emel El Jedid: Si les Etats Généraux s’organisent sans le FNDD, allez-vous reconnaître leurs résultats? 

Michel Vandepoorter: Nous n’avons pas à reconnaître ces Etats Généraux. D’abord,  ce qui est important c’est que la classe politique mauritanienne doit faire son profit de ce qui sortira de ces Etats Généraux. En soi, ces Etats Généraux sont une bonne initiative, il y a des tas de problèmes qui se posent en Mauritanie. Et c’est bien à ce moment de l’histoire de
la Mauritanie, de débattre sur  des sujets graves qui, pour certains, n’ont pas vraiment été traités au moment de la transition de 2005-2007, et  dont nous voyons les effets maintenant. Donc il n’y a pas à reconnaître, ce qui est important, c’est de voir comment on retourne à la légalité. Il y a deux moyens: le président revient et reprend ses fonctions et ça c’est le retour à la légalité. Il y a un autre moyen qui semble être celui  choisi par la junte, qui est d’organiser des élections. Ces élections devront avoir un minimum de crédibilité, de rigueur, de transparence.
La Communauté internationale pourrait sans doute être invitée à les observer mais
la Communauté internationale n’observera pas un scrutin qui n’aura pas été organisé dans des conditions de transparence et de rigueur suffisantes. Il y a là un processus important que nous observons de  près, et qui nous semble déterminant pour le retour à la légalité constitutionnelle. 

 

El Emel El Jedid: Pensez-vous que la candidature à l’élection présidentielle du Général Aziz ou l’un de ses compagnons peut s’assimiler à un manque de rigueur ou de transparence de ces élections? Autrement, est-ce que vous accepteriez la candidature de l’un des auteurs du putsch à ces élections présidentielles ? 

Michel Vandepoorter: C’est une question importante. Il y a eu cette transition démocratique, qui a été brutalement interrompue, par le coup d’Etat du 6 août. Les autorités en place affirment que leur objectif est de renouer avec ce processus démocratique. Dans une certaine manière, on est en train de façonner le visage démocratique que
la Mauritanie aura pour les années à venir. Si les élections étaient organisées par la junte au pouvoir, avec comme candidat un membre de la junte, c’est évidemment une hypothèse qui n’est pas celle que nous envisageons, qui serait un processus pluraliste auquel participent toutes les forces politiques du pays dans des élections transparentes rigoureuses, observées par
la Communauté internationale. Donc, ce qui se joue, c’est de décider à quoi ressemblera la démocratie mauritanienne, disons dans les dix ans à venir, c’est extrêmement important. 

 

El Emel El Jedid: Ce qui est donc important pour vous c’est que la classe politique mauritanienne accepte d’aller ensemble vers une solution quelconque? 

Michel Vandepoorter: On voit bien l’un des reproches qui est fait actuellement à la période de transition de 2005-2007, c’est qu’il y avait trop d’implications des autorités en place au sein du CMJD dans l’élection présidentielle elle-même. Ce qu’il faudrait, c’est que les élections soient organisées par une entité totalement indépendante, et que ceux qui se présentent aux élections, n’aient plus de lien avec quelque forme de pouvoir que ce soit, et que, bien sûr, ce soient des élections pluralistes. Je pense que ce serait  totalement regrettable qu’il y ait des boycotts par exemple, ce serait confirmer le coup d’Etat en laissant un membre de la junte se faire élire à 90%. Il faut que les opposants s’opposent, il faut que les forces politiques fassent ce qui est leur raison d’être, c’est-à-dire qu’il faut qu’elles fassent de la politique et saisissent l’occasion des élections pour faire valoir leurs idées et leurs programmes. 

 

El Emel El Jedid: Que veut dire  élections indépendantes organisées par une entité indépendante? 

Michel Vandepoorter: On peut imaginer qu’une commission électorale totalement indépendante, avec ses moyens propres, soit chargée d’organiser des élections et qu’elle s’appuie sur un gouvernement qui soit un gouvernement de large ouverture accepté par toute la classe politique, ou par la plupart des forces politiques de ce pays. 

 

El Emel El Jedid:  Vous avez toujours dit qu’il faut un retour à la légalité constitutionnelle, certains pensent que pour
la Communauté internationale ce retour veut dire que le président du Sénat prenne le pouvoir pendant une période de transition de trois mois  en vue de préparer des élections, est ce vrai oui ou non? A défaut de cela accepteriez-vous que le HCE continue à gérer la période de transition jusqu’à la fin des élections ou qu’est-ce qui conviendrait selon vous? 

Michel Vandepoorter: L’hypothèse d’un rôle ou d’un intérim confié au président du Sénat n’est pas une invention de
la Communauté internationale, c’est ce qui est prévu dans la constitution mauritanienne. Ce qui est important c’est que l’objectif est de revenir à l’application de la constitution. Appliquons-la le plus vite possible. Nous, notre souhait est qu’on l’applique totalement, c’est-à-dire que le président élu soit président, apparemment l’opposition à cela est très forte. Si la voie  retenue par les autorités en place est  l’organisation  d’élections, au moins  qu’on le fasse dans un cadre aussi proche que possible de la constitution avec l’objectif de revenir très rapidement à une pleine et entière application de celle ci.  

 

El Emel El Jedid: Est-ce qu’on peut dire maintenant qu’avec toutes ces évolutions les militaires ont réussi à dépasser le stade d’être inquiétés par des sanctions? 

Michel Vandepoorter: Non, pas du tout. Il faut voir où nous en sommes. L’Union européenne a engagé la procédure de l’article 96 des accords de Cotonou,  accords que
la Mauritanie a signés et ratifiés, et dans lesquels elle s’est engagée comme tous les signataires à respecter la forme démocratique de son gouvernement, c’est l’article 9. Le coup d’Etat a été une violation grave de cet engagement. Donc on a déclenché l’article 96 pour que les autorités en place viennent expliquer à leurs pairs, puisque les représentants des pays ACP sont des acteurs très importants de ce processus, comment ils vont faire pour revenir à l’application de l’article 9. La première réunion le 20 octobre n’a pas été conclusive parce que tout ce que l’Union européenne et les ACP attendaient n’a pas été dit par les représentants des autorités en place. Donc, nous avons proposé un délai d’un mois pour voir si des éléments nouveaux apparaîtraient. Dans ce délai là d’un mois, il y a eu le transfert du président à Lemden et il y a eu des propositions de sortie de crise présentées à l’Union Africaine le 4 novembre. Ce que fait actuellement l’Union européenne, c’est de voir si ces éléments sont suffisants pour poursuivre le dialogue dans le cadre de l’article 96, ou si ce dialogue doit être clôturé dès maintenant C’est ce qui est en débat actuellement à Bruxelles. Cela prend du temps parce qu’il y a des comités qui se réunissent, qui donnent des indications à
la Commission, qui elle-même prépare une décision qu’elle soumettra au Conseil européen. Mais le Conseil européen peut très bien décider de ce qu’on appelle techniquement des mesures restrictives qui seraient une suspension du FED, en fait des sanctions économiques assez dures. 

 

El Emel El Jedid: Le cas échéant, jusqu’où les sanctions peuvent-elles aller? Peut-on imaginer un TPI pour
la Mauritanie par exemple? 

Michel Vandepoorter: Il faut distinguer les sanctions qui portent sur la coopération et qui sont très lourdes en fait, cela veut dire qu’il y a des infrastructures qui ne seront pas construites, des emplois qui ne seront pas créés, des aides budgétaires qui ne seront pas apportées, des formations qui ne seront pas faites. C’est donc des années de retard de développement de ce pays. Ces sanctions sont d’autant plus lourdes que si l’Union européenne décide de suspendre l’application du fonds européen pour ce qui concerne
la Mauritanie, les pays membres, tous les pays membres de l’Union européenne feront la même chose pour leur coopération bilatérale. Les sanctions ciblées c’est autre chose. C’est effectivement des restrictions de voyage, pour un certain nombre de personnes, ça ce sont des choses qui peuvent être décidées et qui supposent évidemment d’être décidées à l’échelle planétaire. Je pense que c’est l’idée de l’Union africaine, qui peut comme organisation  régionale saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que les Etats-Unis d’Amérique sont favorables à la transmission du dossier de
la Mauritanie aux Nations unies, et que
la France s’oppose à cela, est ce vrai? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, je ne sais pas sur quelle base on peut dire ça, parce que
la France ne s’est jamais exprimée sur ce sujet. Je vous rappelle que cette transmission au Conseil de sécurité des Nations unies est une hypothèse qui est mentionnée dans le communiqué conjoint publié à Addis-Abeba le 21 novembre et que
la France a signé comme représentante de la présidence de l’Union européenne. 

Il s’agit d’une possibilité qui est tout à fait ouverte 

 

El Emel El Jedid: Vous avez parlé de différents  acteurs politiques nationaux (Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Générale Aziz, le FNDD) mais pas du leader de l’Opposition démocratique? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, j’ai eu l’honneur et le plaisir de le rencontrer à plusieurs reprises. J’en ai pas parlé parce que la position de M. Ahmed Ould Daddah et son parti le RFD n’est pas connue à ce stade. D’après ce que l’on sait, le RFD est en discussion pour voir quelle position il adoptera à l’égard des Etats Généraux de la démocratie. 

 

El Emel El Jedid: Comment vous évaluez la coopération franco-mauritanienne? 

Michel Vandepoorter:
La France, en accord avec le gouvernement  du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, avait signé un document qu’on appelle un document cadre de partenariat qui a amené à concentrer cette coopération sur certains sujets. Et ça je pense que c’est un aspect  très intéressant. Car ça permet d’avoir un impact sur quelques secteurs des plus importants et notamment l’éducation, qui est ici comme dans tous les pays du monde, et exactement la même chose en France, vraiment le socle fondamental. Ce que nous aimerions, c’est de pouvoir y aller avec tous nos moyens sans restrictions. Quand je dis tous nos moyens, honnêtement je dois dire que
la France, comme vous l’avez peut-être vu, a de vrais problèmes budgétaires, et nous avons été amenés à couper toute une série de budgets ces dernières années. Mais le traitement de faveur qui a été réservé à
la Mauritanie, c’est difficile à dire mais c’est la réalité, c’est que les programmes pour
la Mauritanie en 2008 n’ont pas été coupés parce qu’on voyait bien qu’il allaient soutenir ce gouvernement démocratique. Alors, évidemment, depuis le 6 août les choses ont complètement changé 

 

El Emel El Jedid: Justement à ce propos, il y avait une aide européenne pour la presse mauritanienne. Un accord en ce sens a été signé avec le Ministère du Développement et de l’Economie. Maintenant les journalistes craignent que ce ne soit gelé ou arrêté en raison du putsch, qu’en est-il? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, c’est au Délégué de
la Commission Européenne qu’il faut poser la question parce que c’est lui qui gère cette aide. Mais, d’après ce que je sais, si l’Union européenne devait décider la suspension du dixième FED, ce programme comme bien d’autres sera nécessairement gelé,
puisque les restrictions de l’UE ferait et que nous-mêmes faisons au titre national, porteraient sur tous les programmes autres que ceux à caractère humanitaire, relatifs à l’assistance alimentaire ou à tout ce qui profite directement aux populations. Mais je ne sais pas si l’aide à la presse est de nature humanitaire, j’espère que non.   

 

 

Propos recueillis par El Houssein Ould Mahand 

 

 

Source :
La Tribune n°425 




Economie :le sinistre de la pêche

24122008

Economie :

Le sinistre de la pêche

 

Au moment où le produit mauritanien connaissait une mévente sans précédent en octobre dernier, le ministre des pêches a jugé opportun d’engager une politique visant à privilégier la consommation intérieure.

Première décision prise par note de service en date du 3 octobre, interdiction de l’exportation de la courbine, du mulet et du tassergal (nguet). «Cette interdiction pour ces trois espèces vise : le poisson frais et congelé qu’il soit entier, étêté et éviscéré ainsi que le poisson salé et salé séché». Une deuxième note de service datée du 25 octobre interdit l’exportation des céphalopodes (poulpe, seiche, calamar). Suit le 3 novembre, une nouvelle note de service. Elle interdit l’exportation de la dorade, du thiof et du mérou. «Ces espèces sont exclusivement réservées à la consommation intérieure en vue de l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population mauritanienne». Même spécifications que pour la première interdiction. Nouveauté : «sont exclus de cette interdiction les produits de pêche des navires pêchant en Mauritanie dans le cadre d’accords de pêche, de licence libre ou passant par la SMCP».

Le secteur est désormais régi par note de service. Pourtant la loi est claire en la matière : le Code des pêches dispose que les «mesures spéciales applicables à l’exercice de la pêche commerciale…, la réglementation du mareyage, de la commercialisation des produits de pêche…», toutes mesures en ce sens doivent faire l’objet de décrets pris en conseil des ministres «sur rapport du ministre chargé des pêches et, le cas échéant, des autres ministres concernés».

L’effet de cette politique marquée par l’improvisation est immédiat. Les exportateurs de frais ferment les uns après les autres. Le produit se raréfie sur le marché national. D’où l’impossibilité de maintenir les prix à un bas niveau. Les seules fois où les prix ont baissé, c’était sur des produits saisis et vendus par la Marine nationale. Les opérateurs tapent à toutes les portes pour expliquer leurs positions. Personne jusqu’à présent ne semble leur prêter attention.

Le ministre des pêches monte au créneau pour dénoncer le comportement des opérateurs qu’il a accusés de nombreuses fraudes (fuite du fisc, non rapatriement des devises…). Ce à quoi les opérateurs ont répondu en confectionnant un dossier complet où l’on peut lire les conclusions d’experts, les avis de juristes, la note de la BCM etc.

Dans une correspondance adressée au Premier ministre, les opérateurs plaignant ont réfuté tous les arguments du département. «Nourrir les populations locales», argument «vertueux» mais réellement «vicieux». En effet la relation entre l’objectif déclaré qui est celui-là et les effets de la mesure, est catastrophique pour un secteur qui emploie environ 30.000 personnes. On estime à 4000 le nombre d’embarcations engagées dans le secteur de la pêche artisanale. Sur chaque barque, il y a une moyenne de 7 pêcheurs. Il est reconnu par ailleurs que pour chaque emploi en mer, il existe deux emplois à terre. Si l’on ajoute à cela les activités liées à cela, aussi bien en amont qu’en aval, on peut saisir l’ampleur des effets de toutes mesures visant à perturber le secteur. Pour certains experts, outre son illégalité, la mesure consistant à interdire l’exportation de certains types de poisson est anti-économique. Pour avoir des effets pervers. Surtout que l’étroitesse du marché local et le niveau des populations font que ce marché est «peu rémunérateur». En fait il n’absorberait que 2% des prises totales. Les producteurs affirment eux que «70% de leur production ont toujours été destinés au marché national».

Premier employeur du secteur «entrepreneurial moderne» avec 36% du total national, la pêche artisanale côtière rapporte environ 100 millions dollars par an. Bon an mal an, près de 80.000 tonnes sont débarquées en Mauritanie et fournit 80% de la matière première des usines. «Mais on a parfois tendance, note l’expert Dr Chérif, à oublier que la pêche artisanale côtière mauritanienne doit son développement à la forte demande des marchés d’exportation rémunérateurs, comme ceux du Japon pour les poulpes pêchés au pot – une technique qui a pris son élan à partir de 1987 – et d’Europe pour les poissons démersaux, la courbine, la sole (qui alimentent la filière d’exportation du poisson frais), le mulet pour la poutargue etc.» Pour lui «sa survie demeure tributaire de ces marchés».

Des contre-vérités sont avancées ici et là pour justifier – officiellement ou officieusement – les mesures prises par le ministre. On dit par exemple que les emplois de la pêche artisanale profitent surtout aux étrangers. Alors que les conclusions de lIMROP attestent que «la main d’œuvre étrangère employée dans la pêche est de l’ordre de 14%». Le ministre a dit que le secteur est marqué par l’absence de transparence, l’insuffisance des retombées fiscales et en devises. «S’agissant de l’effet de cette mesure sur le système bancaire national, on peut noter que les exportations des produits provenant de la pêche artisanale au titre des huit premiers mois de l’année en cours ont atteint 24 millions de dollars dont 50% ont été rapatriés en devises au niveau des banques locales». Dixit une note d’information de la BCM en date du 5 novembre dernier. Dans cette note, il est dit que «le blocage d’exportations occasionnant de telles recettes en devises dans une conjoncture pareille devrait être précédé dans les conditions normales par une large concertation (Ministère des finances, BCM, Ministère du commerce, Ministère des pêches, Exportateurs)».

Cette concertation, préconisée du reste par tous les spécialistes, doit être précédée par l’abrogation au plus vite de la mesure d’interdiction pour éviter le pire pour le secteur. Les usines ont commencé à fermer leurs portes. Des milliers d’emplois sont menacés. Le produit mauritanien n’existe plus sur le marché international. Les entrées en devises ont sérieusement diminué, ce qui explique en partie la montée de l’euro face à l’ouguiya.

Si la mesure est annulée, les autorités peuvent alors se donner le temps de penser à une politique réfléchie dans le secteur pour arriver aux résultats escomptés. En attendant engager les opérateurs à approvisionner le marché et à stabiliser les prix.

Tout le reste est mensonge et fuite en avant. Le secteur de la pêche artisanale est déjà sinistré. En quelques semaines. Comment éviter la faillite généralisée ?

 

Ould Oumeïr   

 

Source :
La Tribune n°428




Budget 2009

24122008

Budget 2009 

 

364 milliards d’ouguiyas pour relancer le pays 

 

La loi de finances pour l’année 2009 a été adoptée, pour un budget global d’un peu plus de 364 milliards d’ouguiyas. Soit un budget en baisse de 13,6% par rapport à celui de 2008. 

 

 

Cette loi de finances se caractérise par la diminution du budget de fonctionnement variant entre 50 et 30% et l’affectation de ses montants au profit du budget d’investissement. L’accent est donc mis sur une action optimale de l’état sur certains secteurs clés du développement national, tels que l’éducation ou la santé, augmentés dans l’ensemble de 1,7 milliard d’ouguiyas. Et dans le sens également de renforcer les ressources humaines, 884 millions 443 728 UM ont été alloués au budget du secrétariat d’État chargé de la formation professionnelle.

Le ministre des finances a précisé que ce budget s’est caractérisé par rapport au budget précédent par la diminution de la taxe minimum forfaitaire de 3 à 2,5%, l’exonération des intrants industriels des droits de douanes. Mais également l’exonération de certains produits pharmaceutiques de
la TVA, des équipements et matériels d’hémodialyse, de tous les droits et taxes de douanes à l’importation, et la création d’un fonds national de solidarité doté de 16 milliards d’ouguiyas destinés au financement des projets de lutte contre la pauvreté et des projets créateurs d’emplois.

Ce projet de budget de finances a été conçu sur la base d’une estimation de croissance du PIB pour 2009 de l’ordre de 5,5% (hors pétrole), et d’une inflation de 7,3%.

Avec un fonds national de solidarité doté de 16 milliards d’ouguiyas destinés au financement des projets de lutte contre la pauvreté et des projets créateurs d’emplois, le gouvernement semble avoir pris la mesure de son isolement (temporaire ou de durée, l’avenir nous le dira) et prévient une éventuelle année de crise alimentaire lors du prochain printemps, comme en 2008.

 

Les raisons du déficit budgétaire de 2008 

 

L’assemblée nationale a adopté également, dans le cadre de ses modifications proposées, la mobilisation de 2 milliards d’ouguiyas pour les prochaines élections présidentielles. Aussi, le budget du fonds d’éradication des séquelles de l’esclavage passera de 400 millions à un milliard d’ouguiyas.

Les partis politiques quant à eux, bénéficient d’une augmentation de leur enveloppe, qui passe de 150 à 300 millions d’ouguiyas.

Lors des débats, une explication a été avancée pour le déficit budgétaire de l’exercice 2008, et qui était de 3%: «les dépenses de
la Présidence sur le compte du trésor public ont dépassé 1 milliard d’ouguiyas, notamment dans les voyages de l’ancien Président de
la République.» Court, mais efficace assurément. Et pour rassurer l’opinion sur l’emploi responsable des biens publics, et la diminution du budget 2009 par rapport à 2008: «Les services publics ne seront nullement affectés par la diminution du budget de fonctionnement, ajoutant que le budget a été conçu sur la base de réalités stables et non sur des estimations dont certaines peuvent échouer.» a tenu à rassurer le ministre des affaires économiques et du développement, par intérim ministre des finances, représentant le gouvernement au cours de cette plénière. Si on peut affecter plus qu’ils ne le sont déjà nos «sévices publics». Mais ceci est une autre histoire.

 

MLK 

 

Source :
La Tribune n°428 




2ème journée du tournoi scolaire Sidi Mohamed Abass, édition 2008-2009 :

24122008

2ème journée du tournoi scolaire Sidi Mohamed Abass, édition 2008-2009 :

 

Saïdou Nourou Tall, bat El Hadj Oumar Tall !

 

Dans le groupe B, le lycée Zem-zem favori, n’a toujours pas concédé un moindre match nul, ni une défaite. Les champions en titre ne veulent en aucun moment rater cette 5ème édition, selon ses encadreurs, qui réserve encore des surprises. A l’issue de la deuxième journée, le lycée  Zem-zem a battu celui de Chems Dine  par 2 buts à 1 sur son propre terrain sous les applaudissements nourris de ses fans. Le collège El Mina a quand à lui laminé le lycée l’Ecole Et La Vie sur le score de 4 buts à 1. Le lycée Sebkha  a battu difficilement celui de Karama par 1 but à 0. Le collège El Mina est sorti vainqueur de son duel contre le lycée Savoir par 2 buts à 1. Le lycée des Nations en grande forme cette année a écrasé le collège Teyarett sur le score de 6 buts à 0. Il est par conséquent premier de ce groupe avec 6 points. Le collège El Mina3, le lycée Zem-zem et le lycée sebkha arrivent respectivement 2ème ,3ème ,4ème et 5ème position avec le même nombre de points. La bataille entre ces équipes est rude  dans ce groupe B à l’issue de ces deux journées. 

Dans la poule A  le lycée Saïdou Nourou Tall, crée la surprise en occupant seul  la tête avec 6 points devant celui d’El Mina, suite à sa victoire sans appel de 3 buts à 0 face à celui de Ehadj Oumar Tall.  Le lycée El Mina arrive en deuxième position avec 4 points. Il a battu  le collège Ryad par le score fleuve de 6 buts à 0. Oumou El Ghoura est à la troisième position avec le même nombre de points. Il  a battu Eh Hadj Moctar Kelly par 3 buts à 0. Le lycée des garçons, est à la quatrième position avec 4 points. Il a battu Kumbally par la plus petite marque d’1 but à 0. Le l.TVZ / L. Tekhadoum 3-0. 

Dans le groupe C, c’est le lycée Baobab qui est en tête avec 6 points. L. Arabe / L. Baobab 1-2. L. Dar Naîm / L. Avenir 2-1. Le collège Ryad 2 a été  battu par  celui de Ksar par 2 buts à 0. C. Arabe / L. Dar El Ouloum 2-0. L. Salah Dine / L. Toujounine 1 : 2-1. En deuxième position de ce groupe, on retrouve  le lycée Salah Dine avec le même nombre de points. Dar Naïm a également 6 points et occupe la quatrième place. Dans la poule D, il y a eu quelques confusions. Nous y reviendrons la semaine prochaine. Voici le programme de la quatrième journée, en attendant les résultats de la troisième. 

S.M 

 

Le calendrier de la 4ème journée à mettre ici avant l’international : 

 

 

 

 

L’équipe de France affrontera le Nigeria en match amical le 3 juin à Saint-Etienne. Ce sera la première confrontation entre les Bleus et les Super Eagles. 

 

 

Une Photo Ici

L’équipe de France affrontera le Nigeria en match amical le 3 juin au Stade Geoffroy-Guichard de Saint Etienne a annoncé samedi 20 décembre la NFF, la Fédération Nigériane de Football, par la voix de son porte-parole. La date peut surprendre dans la mesure où les joueurs français seront en vacances à ce moment-là mais le sélectionneur Raymond Domenech veut sans doute profiter de cette date pour procéder à une revue d’effectif avant les matchs cruciaux de qualification pour la Coupe du monde 2010 contre les Iles Féroé en août puis face à la Serbie et la Roumanie en septembre.

 

Pour sa part, le Nigeria aura des échéances encore plus proches à cette époque avec un match contre le Kenya le 7 juin à Abuja puis contre la Tunisie quinze jours plus tard à Tunis, dans le cadre des éliminatoires pour la CAN et la Coupe du monde 2010. La Fédération Française de football avait eu un moment dans l’idée d’organiser un tournoi en France avec plusieurs sélections de premier plan au programme mais ses plans ont été en grande partie contrariés par la tenue de la Coupe des Confédérations en Afrique du Sud à laquelle participeront entre autres l’Italie, l’Espagne et le Brésil à partir du 14 juin. Les Bleus et les Super Eagles ne se sont encore jamais affrontés en match international.(Rfi)

 

Football sénégalais : 

 ‘ Si on n’y prend pas garde, les pratiques occultes vont tuer le football sénégalais’’

’’Les pratiques occultes’’ vont détruire le football sénégalais, si des mesures ne sont pas prises contre ce phénomène, a averti samedi l’ancien international sénégalais des années 1960 Yatma Diop.

‘’ Si on ne prend pas garde, les pratiques occultes vont tuer le football sénégalais’’, a notamment dit Diop, lors du Club de la presse.

Cette rencontre est organisée par l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) sur le thème ’’Quelles priorités pour la relance du football sénégalais, au regard du contexte’’.

Comme autres panélistes, l’ancien international et dirigeant du Jaraaf Yatma Diop avait à ses côtés, le technicien Iba Dia, l’ancien vice président de la FSF Bounama Dièye, ainsi que Ousseynou Keita ancien président de l’Us Rail et membre de la Commission pour la Réforme du football sénégalais, mise en place par l’ancien ministre des Sports, Youssoupha Ndiaye.

Pour l’ancien attaquant des Lions du Sénégal pendant la CAN 1968 à Asmara (Erythrée) et manager général de l’Académie Mawade Wade, les pratiques occultes sont maintenant ‘’ omniprésents ‘’ dans les stades.

’’ Autant que ça se passe dans le navetane, elles sont visibles maintenant dans les clubs d’élite’’, a souligné Yatma Diop, tout en donnant l’exemple de la finale de la Coupe du Sénégal Jaraaf-Stade de Mbour.

Lors de cette rencontre, le match avait été interrompu durant quelques minutes à cause d’une bataille entre les deux équipes. Les Mbourois voulant asperger un produit dans le camp du Jaraaf.

Lors de la finale du championnat opposant la Douane au Casa Sports, le match avait été retardé pour permettre aux gabelous de faire le tour de la pelouse du Stade Demba Diop avec un homme d’apparence mystique.

Les pratiques occultes ont aussi ‘’gagné l’équipe nationale’’, a encore indiqué l’ancien entraîneur et directeur technique du Jaaraf, en faisant allusion à une interview de l’attaquant de l’équipe nationale de football Diomansy Kamara, publiée récemment par la presse.

Dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise au mois de novembre dernier, l’attaquant de Fulham(élite anglaise), avait déclaré que les familles de footballeurs sénégalais nés en France ont peur des informations faisant état des pratiques qui auraient cours en sélection, expliquant que cela freine leur arrivée dans l’équipe nationale.

‘’Oui, les familles des joueurs d’origine sénégalaise nés en France ont très peur des pratiques mystiques qui auraient cours en sélection’’, avait affirmé Diomansy Kamara qui s’est blessé en juin dernier au cours d’une rencontre de la sélection nationale. (seneweb)

 Source : La Tribune n°428




Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie :

24122008

 

                                                      

 

Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie :

 

L’AEDM monte au créneau

 

Suite à notre article paru la semaine dernière dans le journal sur la situation  très lamentable des « Almoudos », c’est-à-dire des élèves coranique en Mauritanie, l’AEDM( Association Enfants et Développement en Mauritanie) qui est un Projet de promotion des droits des enfants talibés, mendiants religieux,a réagit. Selon l’Association, ce phénomène est très  grave et mérite d’être combattu très rapidement dans un pays à 100% musulmans. 

 

 

La situation des Almoudos  dans le pays des mille et un poètes  est inchangée et toujours aussi déplorable depuis des années qu’elle est pointée du doigt. Ils sont toujours dans la rue, aux carrefours des grandes villes, notamment à Nouakchott et Nouadhibou; le plus souvent sans chaussures ni vêtements décents. Toujours -là  à tendre la main aux passants. Dans cette organisation sociale de l’abandon, l’AEDM met son « nguemb »  pour lutter contre ce phénomène. 

L’école coranique « doit être la  priorité de nos  priorités quotidiennes pour que les « Amoudos » ne soient plus négligés ». L’Islam, rappelons-le, est notre religion. Alors pourquoi mépriser les élèves coraniques à tel point qu’ils sont dans un état de l’humiliation insupportable aujourd’hui ? Pourtant les autres élèves ne sont pas dans la même situation que les  Almoudos ? 

Certains pensent que la situation déplorable  des élèves coranique, est légale puisqu’ils doivent passer par là pour devenir maître coranique ou marabout. Cela est encré dans leur cervelle et c’est très difficile de les en débarrasser. Mais l’AEDM entend bien attacher son « nguemb » pour terrasser ces lutteurs du beau vieux temps qui ne veulent pas démettre leur « nguemb » même en état de délabrement. 

 

Quelle est cette Association ? 

 

Créée par un groupe de jeunes cadres mauritaniens en 1998, l’association Enfants et développement en Mauritanie a commencé ses activités en 2000 et intervient présentement à Nouakchott et Nouadhibou les deux plus grands centres urbains de la Mauritanie. L’action de l’association Enfants et Développement en Mauritanie, se résume pratiquement en  quatre types. 

D’abord, une action de sensibilisation de la société civile et de tous les acteurs concernés par la problématique des enfants en situation difficile,  une action d’insertion des enfants des rues qui repose sur des activités d’éducation, de scolarisation, d’encadrement  et de prise en charge des enfants, ensuite une action de diffusion et de promotion de la convention des droits des enfants avec en filigrane la formation des agents relais au niveau des moughataas où des campagnes ont été effectuées,  et enfin  une action pour l’amélioration des conditions de vie des familles et l’accroissement de leurs capacités à prendre en charge leurs enfants à travers la mise en place d’activités génératrices de revenus au profit des famille.

 

 

 

Ce projet a démarré en janvier 2008 avec l’appui financier de l’Agence Catalane de Coopération au développement (ACCD), de l’appui méthodologique de Save The Children Espagne, sous l’exécution de l’Association Enfants et Développement en Mauritanie.

Il faut dire qu’une étude avait été mené auparavant en 2006, avec le concours financier de

la Communauté Autonome de Madrid, laquelle étude avait touché 300 enfants talibés, 30 marabouts d’école coranique et ciblé en même temps quelques villages pourvoyeurs d’enfants afin de mieux connaître le phénomène.

 C’est sur la base de tous ses éléments réunis qui  tenaient  compte des préoccupations des enfants talibés, des marabouts que le projet a été rédigé et soumis à des partenaires financiers qui ont bien voulu financer le  projet. Aujourd’hui, 173 enfants âgés entre 6 et 17 ans  ont bénéficié de l’action du projet au niveau des 6 mahadras situés dans 3 moughataas de Nouakchott (4 à Sebkha, 1 à El Mina et 1 à Riyad).

Deux résultats ont été prévus dans le cadre de ce projet et chacun d’entre eux comporte des activités qui contribuent à l’atteinte des objectifs du projet durant les 3 phases que nécessitera ce projet. Certes des améliorations sont prévues tout au long de la phase exécutoire du projet qui devrait s’adapter à l’environnement politique, culturel et social.

Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie : dans La Tribune clip_image002

 

 

Enfants talibés de
la Mahadra de Thierno Alassane Bâ dans un cours de dessin. 

 

 

 

Sensibilisation au village de Woloum Hataar (Un enfant talibé de la mahadra de Thierno Amadou tidjane Diallo commentant l’exposition faite par les enfants talibés).

« Les enfants talibés vivent des situations difficiles 

Agissons avant qu’il ne soit trop tard. 

Oeuvrons pour un monde digne des enfants, où leurs  droits les plus élémentaires son respectés » 

 

Sy Mamadou




24122008

Entretien avec M’bouh Seta Diagana, directeur-adjoint de la culture: 

 

«Qu’on le veuille ou non, la langue française fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique!» 

 

La littérature mauritanienne, particulièrement celle de langue française, peine à trouver ses marques, malgré l’émergence de plumes nouvelles. À la direction de la culture depuis deux ans, M’Bouh Seta Diagana, en est le directeur adjoint. Il dresse dans cet entretien, sans concessions, le portrait d’une direction mortifaire, et des pistes d’évolution pour une culture mauritanienne atone, notamment dans le milieu littéraire. Pistes également amorcées dans son livre qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, «Eléments de la littérature mauritanienne de langue française». 

 


La Tribune: La direction de la culture semble une vitrine morte. Sert-elle à quelque chose? 

 

M’bouh Seta Diagana: Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que c’est une direction qui est dans une situation qui laisse à désirer. Elle est actuellement réduite à sa simple expression d’une «boîte» qui sert exclusivement à organiser des manifestations culturelles, qui ne sont malheureusement pas inscrites dans la durée. On est purement dans l’événementiel. Ce que je déplore surtout c’est l’absence d’une politique culturelle à long terme, qui permette de promouvoir la culture mauritanienne, en sortant des sentiers battus. Il s’agit pour cette direction d’asseoir une véritable politique de culture qui pérennise la conservation de notre passé, la maîtrise de notre présent, et l’anticipation de notre futur. 

 


La Tribune: A quoi tient cette faillite de la mission culturelle? Pourquoi un tel retard dans la promotion de notre littérature, de notre théâtre, de notre musique? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est un ensemble de choses. Il y a le problème des ressources humaines, particulièrement de la gestion des compétences disponibilisées, celui de la communication entre les différents services de cette direction. Tout le monde ne tire pas dans le même sens. Spécifiquement pour la littérature de langue française dans ce pays, il faut dire qu’il y a une tendance qui se qui consiste à considérer la littérature mauritanienne de langue française, comme de la littérature étrangère! Nous avons assisté récemment à l’organisation d’un concours de poésie, où le poète ne pouvait concourir qu’en arabe, hassanya, wolof, pulaar, ou soninké. La poésie en langue française n’a pas été retenue. Pourtant qu’on le veuille ou non, cette langue fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique. Certes elle est importée, et a été imposée par le colonisateur, mais elle est aujourd’hui utilisée dans toute l’administration, et elle est parlée par une grande partie de mauritaniens. À ce titre, on devrait l’apprécier à sa juste valeur. 

 


La Tribune: Est-ce un des éléments qui expliquent les lacunes de nos écrivains, et de leur rayonnement sur la scène internationale, comme leurs collègues sénégalais, malien ou marocain? 

 

M’bouh Seta Diagana: Le problème du manque de notoriété de nos auteurs est plutôt historique. Il faut remonter à la colonisation, et à l’implantation de cette langue dans notre pays. Au moment où au Sénégal on implantait des écoles,
la Mauritanie n’était pas considérée comme un pays important par
la France, qui était surtout soucieuse de pacifier les populations de la région mauritanienne, en trouvant notamment un compromis entre l’enseignement de l’arabe et du français. La première école française en Mauritanie n’est apparue qu’en 1898, dirigée par un instituteur «indigène» avec un niveau plus ou moins acceptable. Par la suite, le combat de courants nationalistes en faveur de l’arabisation du pays et résolument anti-français, n’a pas favorisé l’émergence d’une élite littéraire francophone, de la trempe d’un Birago Diop au Sénégal, ou d’un Kateb Yacine en Algérie. 

Depuis l’indépendance, le français a vu sa force réduite comme peau de chagrin, surtout depuis l’adoption de
la Constitution de 1991, qui ne reconnaît plus le français comme langue officielle. 

Il y a aussi tout un système éducatif qui a étouffé l’évolution de cette langue. En dépit de tout cela, on assiste à l’émergence de quelques auteurs mauritaniens de langue française. 

 


La Tribune: On a l’impression après ce panorama que la direction de la culture est vouée à rester un poids mort dans la politique des autorités publiques… 

 

M’bouh Seta Diagana: Officiellement cette direction a vocation à accompagner l’éclosion d’une littérature mauritanienne dans sa diversité. Maintenant, à ce jour, les artistes en général n’estiment pas que cette direction ait donné un minimum de satisfaction dans la promotion de leurs activités. En fin de compte, les artistes eux-mêmes se désistent de cette direction: leurs projets sont rarement considérés et suivis. 

 


La Tribune: On a l’impression en Mauritanie que tous les maux liés au marasme de la culture sont plaqués sur la tête de cette direction. Cette situation ne devrait-elle pas justement inciter les artistes à chercher des chemins de traverses? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est vrai. Nos artistes malheureusement ont développé un rapport de dépendance avec le ministère de la culture, alors que sous d’autres cieux, ce sont les initiatives privées qui ont essentiellement développé le jardin de la culture. En même temps je les comprends: on est dans une société où on n’a pas toujours les moyens de pouvoir voler de ses propres ailes, sans un appui de l’administration. On en est arrivé à des projets qui se bloquent dès que des fonds publics ne suivent pas. La première chose que les artistes demandent, quand ils organisent une manifestation, c’est du cash! Alors qu’il y a des possibilités de partenariat entre la direction de la culture et les artistes, pas forcément fondé sur l’attribution ou non d’un pécule, mais sur un système de parrainage qui permette leur diffusion nationale et internationale. Un tel partenariat dans un cadre stratégique adéquat, qui manque, peut porter des fruits intéressants pour l’éclosion et la maturité des artistes. 

 


La Tribune: Votre essai sur la littérature mauritanienne est parue en France, et bientôt en Mauritanie. Quelle est la particularité de cette littérature? 

 

M’bouh Seta Diagana: J’ai voulu retracer succinctement l’historique de la langue française en Mauritanie à travers l’œil littéraire, sur les œuvres romanesques, théâtrales et poétiques. Je me suis donc demandé pourquoi un tel retard de la littérature mauritanienne. En même temps, je me suis rendu compte qu’on a la chance d’avoir une littérature qui peut se réclamer de l’Afrique noire et du Maghreb, qui peut donc réclamer sa particularité: celle d’être une littérature «binationale», avec la multiculturalité en fond de toile. Ce pourrait être un formidable tremplin pour le développement et la reconnaissance de notre littérature. L’autre fil conducteur du livre tend à montrer l’espace de ce champ littéraire, récent, qui commence à naître, et qui représente la «mauritanité du texte littéraire». 

Pour rappel, le premier roman mauritanien date de seulement 1983 (Tene Youssouf Guèye: «Rella»- ndlr). Certains de ces nouveaux romanciers ont la chance d’avoir des thèmes originaux et intéressants, mais leur traitement manque de style, le travail d’écriture est trop figé, ne magnifiant pas ainsi la teneur de leur message. 

 


La Tribune: Comment rendre nos auteurs populaires, les diffuser largement? 

 

M’bouh Seta Diagana: Déjà il faudrait qu’ils soient étudiés chez nous! J’ai toujours déploré l’absence d’œuvres mauritaniennes dans les programmes scolaire et universitaire. Partout dans le monde, une œuvre littéraire a besoin d’être inscrite dans ces programmes pour être popularisée. Les élèves sont les premiers lecteurs, même si ils sont souvent forcés (rires). Au niveau de l’université de Nouakchott, j’ai bon espoir qu’au moins une œuvre mauritanienne soit inscrite, sinon carrément créer un module dédié à notre littérature. C’est d’autant plus regrettable que certains de nos auteurs sont reconnus à l’étranger, y sont enseignants, chercheurs, et méconnus chez eux. Ce qui confirme que nul n’est effectivement prophète dans son pays. 

 

Propos recueillis par MLK 

 

Encadré: 

 

Éléments de la littérature mauritanienne de langue française, de M’Bouh Seta Diagana, aux éditions l’harmattan. 

 

«Une perle discrète», c’est par cette métaphore que le regretté poète Ousmane Moussa Diagana désignait
la Mauritanie. Et à l’image du pays, la littérature d’expression française est aussi discrète. Elle n’a presque jamais été sous les feux de l’actualité. Cette étude de M’bouh Séta Diagana vient répondre incontestablement à une attente, car elle montre que la littérature francophone mauritanienne est bien là. Certes avec ses difficultés inhérentes à toute jeune entreprise, surtout si l’on sait que le premier recueil de poésie n’a été publié qu’après l’indépendance et le premier roman seulement en 1983. Cet ouvrage est en fait une introduction, la pose d’une première pierre dont on espère voir l’édifice générer d’autres perspectives. 

 

M’bouh Séta DIAGANA est né en 1971 à Kaédi au sud de
la Mauritanie. Titulaire d’un doctorat en Lettres et spécialiste de la littérature francophone de Mauritanie, il a enseigné en France et en Tunisie. Actuellement, il est directeur adjoint de
la Culture et des Arts en Mauritanie et chargé de cours à l’Université de Nouakchott. 

 

 

Source :
La  Tribune n°428 




Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

15122008

 

 Spécificité islamo-  mauritanienne ! « Nous avons  tout pour être unis.  A nous de chercher un dénominateur commun… ». 

Je me rappelle d’une dispute. C’était chez ma grande  cousine à la suite d’une  histoire touchant sa vie privée familiale. Je lisais tranquillement mon  journal. Elle  a éteint  l’électricité sans me prévenir. Du coup, je me suis acharné contre elle.   Sa réaction  était agressive.  La conséquence  était évidente : un rabaissement   au rang de ‘tricoteur des  chaussettes d’esprit’.  Après trois jours, j’étais obligé  de piétiner mon arrogance qui était d’ailleurs  mal placée  et je lui  ai  rendu visite. Disons que  j’étais guidé par la spécificité islamique. Elle n’a pas compris  mon point de vue.  D’ailleurs, elle refuse toujours de me saluer. Peu importe. Il faut avoir la conscience tranquille et cela selon une référence fondée.   Tout cela pour dire qu’il faut que la classe politique cesse de fermer la porte à toute forme de réconciliation. Les populations ont besoin d’être rassurés. Les politiques doivent avoir en perspective  l’esprit de tolérance, de bienfaisance, de…..  En effet, dans ce mois béni de ‘Di Hdja’,  il y a des journées  de pardon, telle  que la fête d’Alaïd Al Kabir. Ces journées sont des occasions pour apaiser les incompréhensions entres les musulmans. N’est-il pas dit, en ce sens,   que  toute  rupture entre les musulmans  est formellement interdite. Ainsi, celui  qui  ne  visite pas  un musulman après trois jours de  dispute, risque en cas de sa mort de faire l’objet d’une souffrance infernale.  N’est-il pas aussi dit que le musulman doit aimer pour  soi même  ce qu’il  aime  pour  l’autre.  Et si nos politiques exploitent ces fondements ?   

A cet égard, face à la situation politique dans laquelle se trouve le pays, il est indispensable de s’abreuver d’une base morale, d’une conscience collective afin de trouver une solution pacifique pour cette crise qui à mon avis a trop duré.   Quel est le facteur unificateur de
la Mauritanie ?   L’islam. Et l’islam doit être  interprété  selon une lecture sereine loin de l’instrumentalisation radicale voire agressive qui pousse à la division. Il s’agit de l’islam tel qu’il est.   Sans rentrer  dans les détails, plusieurs concepts  religieux sont utilisés  pour diviser et non pour unifier.  Ils sont, parfois, mal interprétés.   Certes, à titre d’illustration, le salafisme  est un concept orignal, car il signifie l’alignement au comportement du prophète Mohamed ‘Salalah Alyhi  Wessalem’(PSL), néanmoins,  ce concept est vidé de son sens.  Il  est politisé et instrumentalisé à fond. Des groupes islamistes  ont ‘extrapolé’   ce concept pour semer la terreur chez les musulmans eux mêmes.  Ainsi, l’épithète    salafiste provoque des frissons chez les musulmans et le non musulman.

Cependant,  le prophète  était contre toute violence. Il était simple et il aimait la simplicité malgré sa supériorité  divine. Et il prônait  la justice sociale tout en  provoquant  une révolution culturelle  permettant de défendre les plus faibles.  A l’ère de l’émergence de l’islam, les autres civilisations piétinaient les plus faibles. Du nord au sud, de l’Est à l’ouest, l’injustice était monnaie courante. Cela  explique d’ailleurs  la reconversion  massive sans guerre ou avec guerre    de non musulmans    à l’islam.   C’étaient des guerres justes et justifiées  pour défendre les plus faibles  et de les arracher de l’optique de la jungle. Ce n’est plus la même époque, ni le même contexte.  Le  débat actuel  se pose en termes simples et clairs : Pourquoi il y a eu tant de dégâts dans les terres de l’islam ?  Et pourtant cette civilisation persiste sans être pour le moment constructive, je vous laisse lever le débat en tant que politique  mauritanien  musulman  tout en ayant comme ligne de mire le fait que nous sommes dominés par le matérialisme sauvage. Imaginons l’impact de cela sur les générations futures.   En somme, depuis  20 ans, en Mauritanie, nous vivons dans des divisions qui  ne nous ont menés à rien.  Pourtant, nous avons  tout pour être unis.  A nous de chercher un dénominateur commun.

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°427




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

15122008

 

Très grave. Très grave, ce qu’a dit l’Imam de la Grande mosquée dans son prêche à l’occasion de la fête. Très grave.

Pour notre religion dont il a dit qu’elle ne reconnaissait pas les libertés individuelles ni la démocratie et tout ce qui en découle. Pour notre système politique qu’il a renié en affirmant que l’on doit obéissance absolue au maître du moment. Pour notre pays dont il a remis en cause les fondements principaux.

Ce n’est certes pas le premier discours controversé de cet imam. Mais j’estime qu’il est temps de réagir à ce que cette autorité morale et religieuse dit. Surtout dans une conjoncture comme la nôtre. Contrairement à ce qu’a dit l’Imam, nous avons besoin de la démocratie comme cadre d’évolution. La démocratie n’est pas antinomique de notre Sainte religion. Et, si l’Imam ne le sait pas, il faut le lui dire, le débat sur le droit des hommes à choisir leur système de gouvernement en terre d’Islam, ce débat a été épuisé depuis la Nahda.

A l’image de notre élite en général, l’Imam de la Mosquée n’a pas pensé aux conséquences et à la portée de ses propos. En voulant exprimer son soutien aux autorités du moment, il a parlé comme n’importe qui. Alors qu’il n’est pas n’importe qui…

Qu’est-ce qui peut expliquer la propension de notre élite à tant d’irresponsabilité ?

Un diplomate étranger chevronné nous disait l’autre jour que durant sa longue expérience mondiale, il n’a jamais vu avant ces jours-ci un responsable politique souhaiter – à plus forte raison demander – des sanctions contre son propre pays.

De ce que disent les étrangers, nous retiendrons deux éléments : la solution ne peut être que mauritanienne et pour y arriver, il faut un dialogue mauritano-mauritanien.

Cela suppose l’acceptation d’aller à la concertation prochaine. Seuls les absents auront tort. Comme par le passé. Le boycott est toujours le pire des choix parce qu’il mène à l’exclusion. Les politiques n’arrivent pas encore à tirer cette leçon. Nous savons aujourd’hui que le «péché originel» de l’opposition en Mauritanie a été le boycott de 1992. Seize ans après, la même opposition – ou presque – vient de boycotter la session ordinaire du Parlement et s’apprête à faire de même avec les états généraux de la démocratique qu’on voudrait fondement d’une nouvelle Mauritanie.

Certes, les gouvernants actuels sont appelés à faire des concessions et au plus vite. Parce que, comme le disent les diplomates, le temps presse pour le pays auquel il faut éviter l’entrée dans la spirale des sanctions.

Les gouvernants actuels n’ont pas le droit à l’erreur. Et on peut leur pardonner les errements de ces quatre mois seulement s’ils se précipitent à «corriger le tir». Eux qui veulent appeler ce qui s’est passé «mouvement de rectification» doivent fournir des efforts supplémentaires pour que leur acte ne soit pas un coup d’Etat de plus.

Les auteurs du 3 août et de la transition se rendent-ils compte des reculs observés depuis quatre mois ? Par rapport même aux idéaux qu’ils se sont fixé. Les médias publics sont redevenus ce qu’ils étaient avant le 3 août. Il est vrai que la mise au pas a commencé en avril 2008, mais cela n’excuse pas la chape de plomb après. L’implication de la presse a connu un net recul. Les manifestations publiques sont suspendues.

Le prétexte est le caractère exceptionnel de la situation. Mais la chape contribue à amplifier ce caractère exceptionnel, et vice versa.

Evitons à notre pays d’entrer dans le cycle de la stigmatisation. Il lui sera difficile d’en sortir après.

Il y a un an et quelques jours, le gouvernement de Zeine Ould Zeidane revenait victorieux de Paris où la communauté internationale s’était engagée à mobiliser plus de deux milliards de dollars pour le développement du pays. Cela lui avait valu une cabale de la part de ceux qui allaient composer la direction du parti Adil et qui renouaient avec les relents anciens en guerroyant les uns contre les autres. L’opération de sape de cette image-ressource a commencé là.

Dans quelques jours, le 24 décembre, il se sera passé un an sur l’assassinat des quatre touristes français près d’Aleg. A l’origine : le laisser-aller sécuritaire institué en politique de gouvernement. Cet événement est venu rappeler à nos dirigeants que le terrorisme est une menace qui pèse sur le pays, à l’élite que les dérives sont nombreuses et dangereuses, à la population que l’angélisme d’antan est largement dépassé…

C’était le début de la fin de l’image-ressource. La Mauritanie renouait avec l’incertitude. Ce qui empoisonnera la vie jusqu’au jour où les rues de Nouakchott verront les premières opérations terroristes à ciel ouvert.

Nous avons tendance à oublier tout cela. Alors que tout cela – y compris les manifestations d’octobre/novembre 2007 qui ont causé mort d’homme – tout cela fait l’Histoire. Dans une société «normale», l’Histoire est faite de l’accumulation de tout cela. Avons-nous cessé d’être «une société normale» ?

 

Source : La Tribune N°427







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