Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

30 12 2008

  

  TVM, Boïdiel Ould Houmeide et le débat politique 

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt  la première  émission du  club  de la démocratie. C’était à l’occasion du déclenchement des journées de concertation.  Les acteurs de cette émission étaient respectivement, Boïdiel Ould Houmeide président en exercice de FNDD, Sadavi  l’un des leaders  de RFD, Eboubekrine  Ould Ahmed  professeur d’éduction islamique et  ancien ministre, et Brahim  Ould Abdellahi journaliste écrivain.    Il s’agit bel et bien d’une deuxième ouverture au débat  des médias publics après le coup du 6 août. La première a fini par l’emprisonnement d’Islemou Ould Abdell Kader et son relâchement provisoire  sous  caution.  Cette émission concrétise, incontestablement,  un revirement  de la position  de
la TVM vis-à-vis de la situation politique. Ceci  est une avancée  que nous ne devons pas négliger. Il était  question de deux optiques différentes : une défendant le consensus et la deuxième est diamétralement opposée  au mécanisme de l’actuelle concertation.  Il y avait, bien sûr, une troisième voie  intermédiaire  incarnée par Ould Ahmed.  

Si l’on en croit les arguments de Boidiel, la seule sortie de crise  se manifeste à travers un retour à  la légalité. De quelle légalité fait-il allusion ?  Il s’agit du retour de Sidi, ‘temporaire’, semble-t-il, pour réorganiser les élections.  Ainsi,  le referendum sur la personne de Sidi n’est pas aussi exclu, selon le point de vue personnel du président du FNDD   . C’est là où le bât  blesse.  Des parlementaires majoritairement positionnés   et des partis de l’ancienne opposions  sont, catégoriquement, contre  cet ordre. Ainsi, face à l’épineuse  question :   faut-il changer la constitution, des constitutionalistes  rejettent à leur tour  toute modification  de cette dernière. Le  soubassement de leur analyse se matérialise  à travers   l’idée selon laquelle la constitution actuelle  est en  parfaite harmonie avec la mentalité pyramidale des mauritaniens. Car, le recours  aux régimes parlementaires risque de  coûter cher au pays. Dans cette perspective, la composition du paysage politique de la troisième République  est caractérisée, malheureusement, par le nomadisme.     

Le représentant du RFD confirmait, par ailleurs,   que  «  le fait d’élire un président ne signifie pas qu’il soit  irréversible ».   « L’élection du président déchu  était  influencée dés le départ.  Cette fois-ci, la classe politique peut rectifier  les erreurs  passées de la transition du 3 août 2005 en s’appuyant sur des bases démocratiques solides », a-t-il  déclaré,   tout en  précisant   entre autres que « Sidi Ould Cheikh Abbelahi est  une émanation de la volonté  des militaires ». A cela rétorquait  Boïdiel,  en  évoquant que «  les élections présidentielles  ont été reconnues par l’ensemble de la classe politique, ainsi que les observateurs nationaux et internationaux. Et que   le désaccord de Sidi   avec sa majorité parlementaire n’est pas une raison de le faire sauter. En effet, ces parlementaires ont   combiné   avec les militaires. Ce qui  prouve   que le coup d’Etat du 6 aout 2008  est un coup manigancé  par les civils contre les civils. L’exemple américain est éloquent, à un moment donné, la cote  de la popularité de Bush fils  était de 15%.  Pourtant,  l’armée des Etats unis d’Amérique n’a  pas   destitué   le président sortant ». En outre, poursuivait-il, «  l’argument selon lequel   Sidi n’était  pas connu du public mauritanien ça  ne tient pas ».  Il a argué,  dans cette veine,  « qu’Obama l’américain n’était pas aussi connu. C’est le contexte qui a permis son  élection. Les américains étaient catégoriquement contre la gestion et la vision de va- t-en guerre de   G W Bush. Toutefois, ils ont attendu les élections pour exprimer leurs choix.  ».  Cependant,  la voix apaisante du débat  n’était que celle d’ Ould Ahmed  qui a souhaité que le FNDD contribue à la résolution de cette crise.  « Nous n’avons pas rejeté la concertation, nous avons tout simplement refusé la forme et le fond des procédures qui ont mené à celles -ci. Les mécanismes de ces concertations favorisent  le régime en place. En outre, nous avons,  certes, été invités, mais  avec une mention précisant le nombre de participants par parti.   Pour y assister, nous devrions être impliqués dans le processus dés le début », a répliqué Boidiel en guise de réponse. 

En plus, faut-il rappeler que   des désaccords entre la classe politique  se matérialisent toujours  au niveau de la représentativité.  A cet égard, la position   d’Ahmed Ould Daddah du RFD,  qui a  participé  aux actuelles  réunions du palais du congrès  tout en exigeant   l’organisation en marge de ces journées  d’un forum  politique pour aboutir à une solution radicale, signifie que le jeu politique n’est pas encore  commencé.   Quant au FNDD qui  refusait   d’y assister,  il  considère ces dernières   comme des faits accomplis dont  les résultats sont déjà connus. De cette logique divisionniste, qui  a été  guidée par l’approche des élections passées,  nous pouvons déduire   que l’incertitude  caractérisera    la caractériologie du paysage politique prochaine. Une telle caractérologie   risque à mon avis d’être  influencée par la donne de la position  des pays occidentaux. 

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°429 


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