Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

28 12 2008

Investissement en Mauritanie  /découragement ou encouragement ?

 

 En analysant le discours  économique des dirigeants  mauritaniens au pouvoir, nous décelons qu’ils visent le ‘drainage’ de nouveaux investissements étrangers directs. Comment ?

« Vous savez sans doute que le monde connaît aujourd’hui une crise financière dont les répercussions commencent à se répercuter négativement sur les économies des pays. Il est prévu que cette crise entraîne une récession de l’économie mondiale. En dépit de ces conditions, le gouvernement s’attellera à stabiliser le taux de croissance comme il veillera à assurer une gestion optimale de l’ensemble de nos ressources naturelles et à en contrôler l’exploitation de façon rigoureuse. Les pouvoirs publics prendront les mesures nécessaires pour renforcer le pouvoir d’achat des citoyens et limiter l’inflation. En outre, il ne sera ménagé aucun effort pour attirer les investisseurs étrangers et leur offrir des opportunités d’investissement identiques à celles dont bénéficient les promoteurs nationaux ». Voilà en résumé la vision économique  du chef de HCE, le général Ould Abdel Aziz. En termes de politique de promotion d’investissement externe, des actions semblent être guidées par la recherche des opérateurs dans le secteur touristique, qui a été et qui est toujours affecté par les actes terroristes. A souligner  que l’actuel  ministre du commerce et de l’artisanat a déjà signé des conventions avec  des opérateurs  français. Ces conventions permettront si l’on en  croit les propos des autorités  du commerce une redynamisation du secteur touristique. Ce dernier  traverse depuis deux ans des saisons moroses. 

Ainsi, le nouveau code du commerce a permis la mise en place des mécanismes qui incitent les investisseurs étrangers à injecter leurs flux financiers en Mauritanie. Certes,  Doing Business organisme au service de la World Bank  a précisé que  la nouvelle réforme  du code d’investissement mauritanien  représente des signes incitatifs pour stimuler les ‘placements’ directs étrangers en Mauritanie. Toutefois, des dysfonctionnements se manifestent  « au niveau de la protection des investisseurs, qui n’ont  pas toutes les garanties de transparence qu’il faut devant la justice, en cas de litige. L’indice de protection mis en place par Doing Business le classe parmi les plus mauvais élèves de l’Afrique subsaharienne, avec un coefficient de 3,7 sur 10! » (Tribune N°417).

De tout évidence, des spécialistes en commerce extérieur expliquent, dans cette perspective, que « 
la Mauritanie doit œuvrer pour attirer les investisseurs  des autres pays du Maghreb tout en liant des relations solides avec  la CDEAO, quitte  à la réintégrer  ou à avoir un statut particulier. L’Union européenne doit, dans cette veine, faciliter la tâche aux mauritaniens. C’est par les industries de transformation des entreprises maghrébines que les enjeux économiques devront être mis  en avant dans ce pays. Si  les entreprises maghrébines  procèdent  à des implantations   par le biais de la  transformation de leurs produits de  l’ordre de 1 % voire 5 % en Mauritanie, les revenus des mauritaniens peuvent nettement augmenter. Ces produits transformés  devront être destinés à l’exportation vers les pays de la  CDEAO ».

Cependant, les accords de Cotonou qui exigent la conditionnalité démocratique peuvent, en cas de l’application de l’article 96,  entraver l’exploitation économique de la position géostratégique de
la Mauritanie.  L’Union européenne et les Etats- unis d’Amérique qui se veulent être toujours   garants de l’application d’un modèle    démocratique au sens occidental en Afrique menacent d’user de leurs pouvoirs  afin que les avantages commerciaux accordés auparavant en Mauritanie soient supprimés.  Les Etats –unis d’Amérique  ont déjà supprimé certains  avantages qui  sont, toutefois, plutôt symboliques que significatifs. Car la Mauritanie n’était jamais  considéré,  comme d’ailleurs le reste de l’Afrique,  une zone d’importance économique.   La France de Sarkozy peut, après avoir terminé le mandat de la présidence de l’Union européenne, jouer  un rôle essentiel pour résoudre l’actuelle crise politique en Mauritanie. Sinon, la communauté internationale risque,  sous l’influence conjuguée du conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine  et le pays d’oncle Sam, prévoir des sanctions à l’encontre du pays.

En toute circonstance,   le coût des A.P.E. est évalué à 8.32 Milliards d’ouguiya par an en termes de  pertes fiscales. Et  vraisemblablement il y aura « un glissement de la demande des produits importés taxés vers les produits importés non taxés qui entraînera une perte fiscale supplémentaire.  Mais les conséquences positives  espérées sont une baisse des prix intérieurs (si bonne répercussion par les circuits de distribution), une baisse de l’indice général des prix (sous réserve de la part des produits importés dans le panier de la ménagère). Un  effet négatif certain des A.P.E. reste toutefois à souligner   à travers  une baisse du PIB au prix du marché. Et autre conséquence, vraisemblable,  est celle de : la baisse du PIB due  au remplacement de produits locaux par des produits importés, donc une baisse du revenu par tête   (NDLR)».

En outre, les capitaux étrangers  s’orientent après la crise financière mondiale vers des lieux inconnus. Ce qui s’interprète par   une crise de confiance affectant la finance et les marchés des capitaux. A cet égard, les superpuissances économiques   baissent leurs taux d’intérêts pour relancer  leurs économies,   alors que les pays les moins avancés continuent de maintenir des taux excessifs. Le taux directeur de la réserve fédérale américaine  varie entre 0 et 0,  25. Celui de la grande Bretagne est en dessous  de 2%. Le taux directeur  du   japon  est aussi  proche de ce taux.  Quant au taux directeur de la banque centrale  de l’Union européenne, il   avoisine les 2%. En Mauritanie ce taux est de  14%. Et les banques commerciales locales  gagnent  des  marges allant jusqu’à 10 %. C’est-à-dire un taux d’intérêt  sur le marché estimé à 24%. Ironie du sort  ou découragement de l’investissement interne ?   

m_barrada@yahoo.fr

 Source : La Tribune n°428

 


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