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Budget 2009

24122008

Budget 2009 

 

364 milliards d’ouguiyas pour relancer le pays 

 

La loi de finances pour l’année 2009 a été adoptée, pour un budget global d’un peu plus de 364 milliards d’ouguiyas. Soit un budget en baisse de 13,6% par rapport à celui de 2008. 

 

 

Cette loi de finances se caractérise par la diminution du budget de fonctionnement variant entre 50 et 30% et l’affectation de ses montants au profit du budget d’investissement. L’accent est donc mis sur une action optimale de l’état sur certains secteurs clés du développement national, tels que l’éducation ou la santé, augmentés dans l’ensemble de 1,7 milliard d’ouguiyas. Et dans le sens également de renforcer les ressources humaines, 884 millions 443 728 UM ont été alloués au budget du secrétariat d’État chargé de la formation professionnelle.

Le ministre des finances a précisé que ce budget s’est caractérisé par rapport au budget précédent par la diminution de la taxe minimum forfaitaire de 3 à 2,5%, l’exonération des intrants industriels des droits de douanes. Mais également l’exonération de certains produits pharmaceutiques de
la TVA, des équipements et matériels d’hémodialyse, de tous les droits et taxes de douanes à l’importation, et la création d’un fonds national de solidarité doté de 16 milliards d’ouguiyas destinés au financement des projets de lutte contre la pauvreté et des projets créateurs d’emplois.

Ce projet de budget de finances a été conçu sur la base d’une estimation de croissance du PIB pour 2009 de l’ordre de 5,5% (hors pétrole), et d’une inflation de 7,3%.

Avec un fonds national de solidarité doté de 16 milliards d’ouguiyas destinés au financement des projets de lutte contre la pauvreté et des projets créateurs d’emplois, le gouvernement semble avoir pris la mesure de son isolement (temporaire ou de durée, l’avenir nous le dira) et prévient une éventuelle année de crise alimentaire lors du prochain printemps, comme en 2008.

 

Les raisons du déficit budgétaire de 2008 

 

L’assemblée nationale a adopté également, dans le cadre de ses modifications proposées, la mobilisation de 2 milliards d’ouguiyas pour les prochaines élections présidentielles. Aussi, le budget du fonds d’éradication des séquelles de l’esclavage passera de 400 millions à un milliard d’ouguiyas.

Les partis politiques quant à eux, bénéficient d’une augmentation de leur enveloppe, qui passe de 150 à 300 millions d’ouguiyas.

Lors des débats, une explication a été avancée pour le déficit budgétaire de l’exercice 2008, et qui était de 3%: «les dépenses de
la Présidence sur le compte du trésor public ont dépassé 1 milliard d’ouguiyas, notamment dans les voyages de l’ancien Président de
la République.» Court, mais efficace assurément. Et pour rassurer l’opinion sur l’emploi responsable des biens publics, et la diminution du budget 2009 par rapport à 2008: «Les services publics ne seront nullement affectés par la diminution du budget de fonctionnement, ajoutant que le budget a été conçu sur la base de réalités stables et non sur des estimations dont certaines peuvent échouer.» a tenu à rassurer le ministre des affaires économiques et du développement, par intérim ministre des finances, représentant le gouvernement au cours de cette plénière. Si on peut affecter plus qu’ils ne le sont déjà nos «sévices publics». Mais ceci est une autre histoire.

 

MLK 

 

Source :
La Tribune n°428 




2ème journée du tournoi scolaire Sidi Mohamed Abass, édition 2008-2009 :

24122008

2ème journée du tournoi scolaire Sidi Mohamed Abass, édition 2008-2009 :

 

Saïdou Nourou Tall, bat El Hadj Oumar Tall !

 

Dans le groupe B, le lycée Zem-zem favori, n’a toujours pas concédé un moindre match nul, ni une défaite. Les champions en titre ne veulent en aucun moment rater cette 5ème édition, selon ses encadreurs, qui réserve encore des surprises. A l’issue de la deuxième journée, le lycée  Zem-zem a battu celui de Chems Dine  par 2 buts à 1 sur son propre terrain sous les applaudissements nourris de ses fans. Le collège El Mina a quand à lui laminé le lycée l’Ecole Et La Vie sur le score de 4 buts à 1. Le lycée Sebkha  a battu difficilement celui de Karama par 1 but à 0. Le collège El Mina est sorti vainqueur de son duel contre le lycée Savoir par 2 buts à 1. Le lycée des Nations en grande forme cette année a écrasé le collège Teyarett sur le score de 6 buts à 0. Il est par conséquent premier de ce groupe avec 6 points. Le collège El Mina3, le lycée Zem-zem et le lycée sebkha arrivent respectivement 2ème ,3ème ,4ème et 5ème position avec le même nombre de points. La bataille entre ces équipes est rude  dans ce groupe B à l’issue de ces deux journées. 

Dans la poule A  le lycée Saïdou Nourou Tall, crée la surprise en occupant seul  la tête avec 6 points devant celui d’El Mina, suite à sa victoire sans appel de 3 buts à 0 face à celui de Ehadj Oumar Tall.  Le lycée El Mina arrive en deuxième position avec 4 points. Il a battu  le collège Ryad par le score fleuve de 6 buts à 0. Oumou El Ghoura est à la troisième position avec le même nombre de points. Il  a battu Eh Hadj Moctar Kelly par 3 buts à 0. Le lycée des garçons, est à la quatrième position avec 4 points. Il a battu Kumbally par la plus petite marque d’1 but à 0. Le l.TVZ / L. Tekhadoum 3-0. 

Dans le groupe C, c’est le lycée Baobab qui est en tête avec 6 points. L. Arabe / L. Baobab 1-2. L. Dar Naîm / L. Avenir 2-1. Le collège Ryad 2 a été  battu par  celui de Ksar par 2 buts à 0. C. Arabe / L. Dar El Ouloum 2-0. L. Salah Dine / L. Toujounine 1 : 2-1. En deuxième position de ce groupe, on retrouve  le lycée Salah Dine avec le même nombre de points. Dar Naïm a également 6 points et occupe la quatrième place. Dans la poule D, il y a eu quelques confusions. Nous y reviendrons la semaine prochaine. Voici le programme de la quatrième journée, en attendant les résultats de la troisième. 

S.M 

 

Le calendrier de la 4ème journée à mettre ici avant l’international : 

 

 

 

 

L’équipe de France affrontera le Nigeria en match amical le 3 juin à Saint-Etienne. Ce sera la première confrontation entre les Bleus et les Super Eagles. 

 

 

Une Photo Ici

L’équipe de France affrontera le Nigeria en match amical le 3 juin au Stade Geoffroy-Guichard de Saint Etienne a annoncé samedi 20 décembre la NFF, la Fédération Nigériane de Football, par la voix de son porte-parole. La date peut surprendre dans la mesure où les joueurs français seront en vacances à ce moment-là mais le sélectionneur Raymond Domenech veut sans doute profiter de cette date pour procéder à une revue d’effectif avant les matchs cruciaux de qualification pour la Coupe du monde 2010 contre les Iles Féroé en août puis face à la Serbie et la Roumanie en septembre.

 

Pour sa part, le Nigeria aura des échéances encore plus proches à cette époque avec un match contre le Kenya le 7 juin à Abuja puis contre la Tunisie quinze jours plus tard à Tunis, dans le cadre des éliminatoires pour la CAN et la Coupe du monde 2010. La Fédération Française de football avait eu un moment dans l’idée d’organiser un tournoi en France avec plusieurs sélections de premier plan au programme mais ses plans ont été en grande partie contrariés par la tenue de la Coupe des Confédérations en Afrique du Sud à laquelle participeront entre autres l’Italie, l’Espagne et le Brésil à partir du 14 juin. Les Bleus et les Super Eagles ne se sont encore jamais affrontés en match international.(Rfi)

 

Football sénégalais : 

 ‘ Si on n’y prend pas garde, les pratiques occultes vont tuer le football sénégalais’’

’’Les pratiques occultes’’ vont détruire le football sénégalais, si des mesures ne sont pas prises contre ce phénomène, a averti samedi l’ancien international sénégalais des années 1960 Yatma Diop.

‘’ Si on ne prend pas garde, les pratiques occultes vont tuer le football sénégalais’’, a notamment dit Diop, lors du Club de la presse.

Cette rencontre est organisée par l’Association nationale de la presse sportive (ANPS) sur le thème ’’Quelles priorités pour la relance du football sénégalais, au regard du contexte’’.

Comme autres panélistes, l’ancien international et dirigeant du Jaraaf Yatma Diop avait à ses côtés, le technicien Iba Dia, l’ancien vice président de la FSF Bounama Dièye, ainsi que Ousseynou Keita ancien président de l’Us Rail et membre de la Commission pour la Réforme du football sénégalais, mise en place par l’ancien ministre des Sports, Youssoupha Ndiaye.

Pour l’ancien attaquant des Lions du Sénégal pendant la CAN 1968 à Asmara (Erythrée) et manager général de l’Académie Mawade Wade, les pratiques occultes sont maintenant ‘’ omniprésents ‘’ dans les stades.

’’ Autant que ça se passe dans le navetane, elles sont visibles maintenant dans les clubs d’élite’’, a souligné Yatma Diop, tout en donnant l’exemple de la finale de la Coupe du Sénégal Jaraaf-Stade de Mbour.

Lors de cette rencontre, le match avait été interrompu durant quelques minutes à cause d’une bataille entre les deux équipes. Les Mbourois voulant asperger un produit dans le camp du Jaraaf.

Lors de la finale du championnat opposant la Douane au Casa Sports, le match avait été retardé pour permettre aux gabelous de faire le tour de la pelouse du Stade Demba Diop avec un homme d’apparence mystique.

Les pratiques occultes ont aussi ‘’gagné l’équipe nationale’’, a encore indiqué l’ancien entraîneur et directeur technique du Jaaraf, en faisant allusion à une interview de l’attaquant de l’équipe nationale de football Diomansy Kamara, publiée récemment par la presse.

Dans un entretien avec l’Agence de presse sénégalaise au mois de novembre dernier, l’attaquant de Fulham(élite anglaise), avait déclaré que les familles de footballeurs sénégalais nés en France ont peur des informations faisant état des pratiques qui auraient cours en sélection, expliquant que cela freine leur arrivée dans l’équipe nationale.

‘’Oui, les familles des joueurs d’origine sénégalaise nés en France ont très peur des pratiques mystiques qui auraient cours en sélection’’, avait affirmé Diomansy Kamara qui s’est blessé en juin dernier au cours d’une rencontre de la sélection nationale. (seneweb)

 Source : La Tribune n°428




Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie :

24122008

 

                                                      

 

Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie :

 

L’AEDM monte au créneau

 

Suite à notre article paru la semaine dernière dans le journal sur la situation  très lamentable des « Almoudos », c’est-à-dire des élèves coranique en Mauritanie, l’AEDM( Association Enfants et Développement en Mauritanie) qui est un Projet de promotion des droits des enfants talibés, mendiants religieux,a réagit. Selon l’Association, ce phénomène est très  grave et mérite d’être combattu très rapidement dans un pays à 100% musulmans. 

 

 

La situation des Almoudos  dans le pays des mille et un poètes  est inchangée et toujours aussi déplorable depuis des années qu’elle est pointée du doigt. Ils sont toujours dans la rue, aux carrefours des grandes villes, notamment à Nouakchott et Nouadhibou; le plus souvent sans chaussures ni vêtements décents. Toujours -là  à tendre la main aux passants. Dans cette organisation sociale de l’abandon, l’AEDM met son « nguemb »  pour lutter contre ce phénomène. 

L’école coranique « doit être la  priorité de nos  priorités quotidiennes pour que les « Amoudos » ne soient plus négligés ». L’Islam, rappelons-le, est notre religion. Alors pourquoi mépriser les élèves coraniques à tel point qu’ils sont dans un état de l’humiliation insupportable aujourd’hui ? Pourtant les autres élèves ne sont pas dans la même situation que les  Almoudos ? 

Certains pensent que la situation déplorable  des élèves coranique, est légale puisqu’ils doivent passer par là pour devenir maître coranique ou marabout. Cela est encré dans leur cervelle et c’est très difficile de les en débarrasser. Mais l’AEDM entend bien attacher son « nguemb » pour terrasser ces lutteurs du beau vieux temps qui ne veulent pas démettre leur « nguemb » même en état de délabrement. 

 

Quelle est cette Association ? 

 

Créée par un groupe de jeunes cadres mauritaniens en 1998, l’association Enfants et développement en Mauritanie a commencé ses activités en 2000 et intervient présentement à Nouakchott et Nouadhibou les deux plus grands centres urbains de la Mauritanie. L’action de l’association Enfants et Développement en Mauritanie, se résume pratiquement en  quatre types. 

D’abord, une action de sensibilisation de la société civile et de tous les acteurs concernés par la problématique des enfants en situation difficile,  une action d’insertion des enfants des rues qui repose sur des activités d’éducation, de scolarisation, d’encadrement  et de prise en charge des enfants, ensuite une action de diffusion et de promotion de la convention des droits des enfants avec en filigrane la formation des agents relais au niveau des moughataas où des campagnes ont été effectuées,  et enfin  une action pour l’amélioration des conditions de vie des familles et l’accroissement de leurs capacités à prendre en charge leurs enfants à travers la mise en place d’activités génératrices de revenus au profit des famille.

 

 

 

Ce projet a démarré en janvier 2008 avec l’appui financier de l’Agence Catalane de Coopération au développement (ACCD), de l’appui méthodologique de Save The Children Espagne, sous l’exécution de l’Association Enfants et Développement en Mauritanie.

Il faut dire qu’une étude avait été mené auparavant en 2006, avec le concours financier de

la Communauté Autonome de Madrid, laquelle étude avait touché 300 enfants talibés, 30 marabouts d’école coranique et ciblé en même temps quelques villages pourvoyeurs d’enfants afin de mieux connaître le phénomène.

 C’est sur la base de tous ses éléments réunis qui  tenaient  compte des préoccupations des enfants talibés, des marabouts que le projet a été rédigé et soumis à des partenaires financiers qui ont bien voulu financer le  projet. Aujourd’hui, 173 enfants âgés entre 6 et 17 ans  ont bénéficié de l’action du projet au niveau des 6 mahadras situés dans 3 moughataas de Nouakchott (4 à Sebkha, 1 à El Mina et 1 à Riyad).

Deux résultats ont été prévus dans le cadre de ce projet et chacun d’entre eux comporte des activités qui contribuent à l’atteinte des objectifs du projet durant les 3 phases que nécessitera ce projet. Certes des améliorations sont prévues tout au long de la phase exécutoire du projet qui devrait s’adapter à l’environnement politique, culturel et social.

Situation défavorable « Almoudos » en Mauritanie : dans La Tribune clip_image002

 

 

Enfants talibés de
la Mahadra de Thierno Alassane Bâ dans un cours de dessin. 

 

 

 

Sensibilisation au village de Woloum Hataar (Un enfant talibé de la mahadra de Thierno Amadou tidjane Diallo commentant l’exposition faite par les enfants talibés).

« Les enfants talibés vivent des situations difficiles 

Agissons avant qu’il ne soit trop tard. 

Oeuvrons pour un monde digne des enfants, où leurs  droits les plus élémentaires son respectés » 

 

Sy Mamadou




24122008

Entretien avec M’bouh Seta Diagana, directeur-adjoint de la culture: 

 

«Qu’on le veuille ou non, la langue française fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique!» 

 

La littérature mauritanienne, particulièrement celle de langue française, peine à trouver ses marques, malgré l’émergence de plumes nouvelles. À la direction de la culture depuis deux ans, M’Bouh Seta Diagana, en est le directeur adjoint. Il dresse dans cet entretien, sans concessions, le portrait d’une direction mortifaire, et des pistes d’évolution pour une culture mauritanienne atone, notamment dans le milieu littéraire. Pistes également amorcées dans son livre qui vient de paraître aux éditions L’Harmattan, «Eléments de la littérature mauritanienne de langue française». 

 


La Tribune: La direction de la culture semble une vitrine morte. Sert-elle à quelque chose? 

 

M’bouh Seta Diagana: Il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que c’est une direction qui est dans une situation qui laisse à désirer. Elle est actuellement réduite à sa simple expression d’une «boîte» qui sert exclusivement à organiser des manifestations culturelles, qui ne sont malheureusement pas inscrites dans la durée. On est purement dans l’événementiel. Ce que je déplore surtout c’est l’absence d’une politique culturelle à long terme, qui permette de promouvoir la culture mauritanienne, en sortant des sentiers battus. Il s’agit pour cette direction d’asseoir une véritable politique de culture qui pérennise la conservation de notre passé, la maîtrise de notre présent, et l’anticipation de notre futur. 

 


La Tribune: A quoi tient cette faillite de la mission culturelle? Pourquoi un tel retard dans la promotion de notre littérature, de notre théâtre, de notre musique? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est un ensemble de choses. Il y a le problème des ressources humaines, particulièrement de la gestion des compétences disponibilisées, celui de la communication entre les différents services de cette direction. Tout le monde ne tire pas dans le même sens. Spécifiquement pour la littérature de langue française dans ce pays, il faut dire qu’il y a une tendance qui se qui consiste à considérer la littérature mauritanienne de langue française, comme de la littérature étrangère! Nous avons assisté récemment à l’organisation d’un concours de poésie, où le poète ne pouvait concourir qu’en arabe, hassanya, wolof, pulaar, ou soninké. La poésie en langue française n’a pas été retenue. Pourtant qu’on le veuille ou non, cette langue fait désormais partie de notre patrimoine culturel et historique. Certes elle est importée, et a été imposée par le colonisateur, mais elle est aujourd’hui utilisée dans toute l’administration, et elle est parlée par une grande partie de mauritaniens. À ce titre, on devrait l’apprécier à sa juste valeur. 

 


La Tribune: Est-ce un des éléments qui expliquent les lacunes de nos écrivains, et de leur rayonnement sur la scène internationale, comme leurs collègues sénégalais, malien ou marocain? 

 

M’bouh Seta Diagana: Le problème du manque de notoriété de nos auteurs est plutôt historique. Il faut remonter à la colonisation, et à l’implantation de cette langue dans notre pays. Au moment où au Sénégal on implantait des écoles,
la Mauritanie n’était pas considérée comme un pays important par
la France, qui était surtout soucieuse de pacifier les populations de la région mauritanienne, en trouvant notamment un compromis entre l’enseignement de l’arabe et du français. La première école française en Mauritanie n’est apparue qu’en 1898, dirigée par un instituteur «indigène» avec un niveau plus ou moins acceptable. Par la suite, le combat de courants nationalistes en faveur de l’arabisation du pays et résolument anti-français, n’a pas favorisé l’émergence d’une élite littéraire francophone, de la trempe d’un Birago Diop au Sénégal, ou d’un Kateb Yacine en Algérie. 

Depuis l’indépendance, le français a vu sa force réduite comme peau de chagrin, surtout depuis l’adoption de
la Constitution de 1991, qui ne reconnaît plus le français comme langue officielle. 

Il y a aussi tout un système éducatif qui a étouffé l’évolution de cette langue. En dépit de tout cela, on assiste à l’émergence de quelques auteurs mauritaniens de langue française. 

 


La Tribune: On a l’impression après ce panorama que la direction de la culture est vouée à rester un poids mort dans la politique des autorités publiques… 

 

M’bouh Seta Diagana: Officiellement cette direction a vocation à accompagner l’éclosion d’une littérature mauritanienne dans sa diversité. Maintenant, à ce jour, les artistes en général n’estiment pas que cette direction ait donné un minimum de satisfaction dans la promotion de leurs activités. En fin de compte, les artistes eux-mêmes se désistent de cette direction: leurs projets sont rarement considérés et suivis. 

 


La Tribune: On a l’impression en Mauritanie que tous les maux liés au marasme de la culture sont plaqués sur la tête de cette direction. Cette situation ne devrait-elle pas justement inciter les artistes à chercher des chemins de traverses? 

 

M’bouh Seta Diagana: C’est vrai. Nos artistes malheureusement ont développé un rapport de dépendance avec le ministère de la culture, alors que sous d’autres cieux, ce sont les initiatives privées qui ont essentiellement développé le jardin de la culture. En même temps je les comprends: on est dans une société où on n’a pas toujours les moyens de pouvoir voler de ses propres ailes, sans un appui de l’administration. On en est arrivé à des projets qui se bloquent dès que des fonds publics ne suivent pas. La première chose que les artistes demandent, quand ils organisent une manifestation, c’est du cash! Alors qu’il y a des possibilités de partenariat entre la direction de la culture et les artistes, pas forcément fondé sur l’attribution ou non d’un pécule, mais sur un système de parrainage qui permette leur diffusion nationale et internationale. Un tel partenariat dans un cadre stratégique adéquat, qui manque, peut porter des fruits intéressants pour l’éclosion et la maturité des artistes. 

 


La Tribune: Votre essai sur la littérature mauritanienne est parue en France, et bientôt en Mauritanie. Quelle est la particularité de cette littérature? 

 

M’bouh Seta Diagana: J’ai voulu retracer succinctement l’historique de la langue française en Mauritanie à travers l’œil littéraire, sur les œuvres romanesques, théâtrales et poétiques. Je me suis donc demandé pourquoi un tel retard de la littérature mauritanienne. En même temps, je me suis rendu compte qu’on a la chance d’avoir une littérature qui peut se réclamer de l’Afrique noire et du Maghreb, qui peut donc réclamer sa particularité: celle d’être une littérature «binationale», avec la multiculturalité en fond de toile. Ce pourrait être un formidable tremplin pour le développement et la reconnaissance de notre littérature. L’autre fil conducteur du livre tend à montrer l’espace de ce champ littéraire, récent, qui commence à naître, et qui représente la «mauritanité du texte littéraire». 

Pour rappel, le premier roman mauritanien date de seulement 1983 (Tene Youssouf Guèye: «Rella»- ndlr). Certains de ces nouveaux romanciers ont la chance d’avoir des thèmes originaux et intéressants, mais leur traitement manque de style, le travail d’écriture est trop figé, ne magnifiant pas ainsi la teneur de leur message. 

 


La Tribune: Comment rendre nos auteurs populaires, les diffuser largement? 

 

M’bouh Seta Diagana: Déjà il faudrait qu’ils soient étudiés chez nous! J’ai toujours déploré l’absence d’œuvres mauritaniennes dans les programmes scolaire et universitaire. Partout dans le monde, une œuvre littéraire a besoin d’être inscrite dans ces programmes pour être popularisée. Les élèves sont les premiers lecteurs, même si ils sont souvent forcés (rires). Au niveau de l’université de Nouakchott, j’ai bon espoir qu’au moins une œuvre mauritanienne soit inscrite, sinon carrément créer un module dédié à notre littérature. C’est d’autant plus regrettable que certains de nos auteurs sont reconnus à l’étranger, y sont enseignants, chercheurs, et méconnus chez eux. Ce qui confirme que nul n’est effectivement prophète dans son pays. 

 

Propos recueillis par MLK 

 

Encadré: 

 

Éléments de la littérature mauritanienne de langue française, de M’Bouh Seta Diagana, aux éditions l’harmattan. 

 

«Une perle discrète», c’est par cette métaphore que le regretté poète Ousmane Moussa Diagana désignait
la Mauritanie. Et à l’image du pays, la littérature d’expression française est aussi discrète. Elle n’a presque jamais été sous les feux de l’actualité. Cette étude de M’bouh Séta Diagana vient répondre incontestablement à une attente, car elle montre que la littérature francophone mauritanienne est bien là. Certes avec ses difficultés inhérentes à toute jeune entreprise, surtout si l’on sait que le premier recueil de poésie n’a été publié qu’après l’indépendance et le premier roman seulement en 1983. Cet ouvrage est en fait une introduction, la pose d’une première pierre dont on espère voir l’édifice générer d’autres perspectives. 

 

M’bouh Séta DIAGANA est né en 1971 à Kaédi au sud de
la Mauritanie. Titulaire d’un doctorat en Lettres et spécialiste de la littérature francophone de Mauritanie, il a enseigné en France et en Tunisie. Actuellement, il est directeur adjoint de
la Culture et des Arts en Mauritanie et chargé de cours à l’Université de Nouakchott. 

 

 

Source :
La  Tribune n°428 







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