Interview du Quotidien

24 12 2008

Interview du Quotidien El Emel El Jedid avec SEM Michel Vandepoorter Ambassadeur de France à Nouakchott 

·        «Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle» 

·        «
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs» 

·         «
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel» 

·        «(La libération) est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique» 

·        «Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat» 

 

 

El Emel El Jedid: Monsieur l’Ambassadeur, certains pensent que la position de
la France par rapport au coup d’Etat du 6 août est un peu ambiguë. Il y en a qui disent que
la France a une position ferme, synonyme de celle des Etats-Unis d’Amérique. D’autres pensent qu’au contraire
la France a une position plus souple. Quelle est exactement la position de votre pays? 

Michel Vandepoorter : La position de
la France n’est pas ambiguë, c’est une position de condamnation très claire du coup d’Etat du 6 août. Cette condamnation a été exprimée dès le lendemain du coup d’Etat. Elle a été explicitée dans plusieurs communiqués. J’ai eu moi-même l’occasion de l’exprimer auprès du Général Abdel Aziz à plusieurs reprises. Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle. Cette position est fondée sur des principes, le choix d’une forme démocratique de gouvernement, mais aussi sur notre familiarité, j’ai envie de dire, avec
la Mauritanie,  pays dont nous sommes très proches et auquel nous sommes très attachés. Et vous comprendrez que la sévérité de la condamnation de
la France au lendemain du coup d’Etat est à la mesure des espoirs que l’évolution démocratique de
la Mauritanie depuis 2005, avait fait naître en France. 

 

 

El Emel El Jedid : Y a-t-il des divergences entre la position française et celle des américains? 

Michel Vandepoorter : Ecoutez, je n’ai pas l’impression qu’il y a des divergences, il y a certainement des différences d’approche. J’ai l’impression que les positions sont tout à fait identiques entre la position française qui est unique et la position américaine. Il peut simplement  y avoir des différences d’approche parce que nous essayons avec nos partenaires européens, avec l’Union africaine, en multipliant les contacts, de voir quelles sont les conditions dans lesquelles une voie de retour à l’ordre constitutionnel peut être trouvée. 

 

 

El Emel El Jedid : Les mauritaniens ont beaucoup d’espoir envers
la France, et ils pensent qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution pour la crise politique. On a appris dans ce sens que
la France à travers vous, a lancé une initiative, dissociée de celle entreprise par
la Communauté internationale. Où en sommes-nous par rapport à cette initiative-là ? 

Michel Vandepoorter : On ne peut pas dire qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution à la crise actuelle.
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs. C’est à la classe politique mauritanienne de reprendre l’initiative et de voir comment on peut, dans la situation actuelle, compte tenu de tous les éléments que nous connaissons bien, trouver une voie qui permette le retour à la légalité constitutionnelle, le plus rapidement possible. Il n’y a pas du tout de  plan de sortie de crise français, et il n’y a pas de raisons qu’il y en ait un. De toutes les façons, vos compatriotes ne l’admettraient pas et ils auraient bien raison. C’est à eux de le faire. Simplement, je pense que vous faites allusion à la mission que deux responsables français, le directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères et un conseiller du président de
la République ont faite ici il y a quelques semaines. Ce n’était pas une initiative dissociée, c’était simplement une mission d’information de deux hauts responsables français qui venaient à titre national. J’ai employé le mot «distinct» parce que
la France, comme vous le savez, exerce la présidence de l’Union européenne, il  s’agissait bien qu’on marque que cette mission d’information était nationale et était distincte de nos responsabilités comme président de l’Union européenne. Mais si cette mission procédait d’un souci national d’information, cela ne veut pas dire qu’elle est dissociée : au contraire vous aurez remarqué, depuis le coup d’Etat, que
la France a toujours été le pays qui a recherché à associer l’Union européenne bien sûr car c’était son devoir comme président en exercice, mais aussi toutes les organisations représentatives de
la Communauté internationale et notamment l’Union africaine. 

 

El Emel El Jedid: Quelles conclusions cette mission a-elle tirées de sa visite en Mauritanie? 

Michel Vandepoorter: Ce n’était pas une mission d’évaluation, il n’y a pas de conclusions, simplement vous comprendrez que, compte tenu de l’étroitesse des liens qui existent entre
la Mauritanie et
la France, que les hauts responsables qui éclairent la décision du président de
la République et du ministre des affaires étrangères aient eu le désir de voir les principaux acteurs de la situation. Ils sont allés à Lemden pour rencontrer le Président de
la République, ils ont été reçus par le Général Abdel Aziz, et ils se sont entretenus avec Ahmed Ould Daddah comme chef de file de l’Opposition démocratique pour avoir, si vous voulez, une relation directe et personnelle entre hommes. Une appréciation sans doute meilleure que par la simple lecture des rapports 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que présentement on a deux positions de
la France, une de l’Elysée et une du Quai d’Orsay, vrai ou faux? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, on ne peut absolument pas dire ça, la preuve est que la mission à laquelle je viens de faire référence comportait à la fois le Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères et un Conseiller de
la Présidence de
la République. Il n’y a qu’une seule position française et  l’Ambassadeur  que je suis est ici pour exprimer cette position. Il est là aussi pour informer les autorités françaises de la  situation du pays, c’est ce que j’essaie de faire depuis ce malencontreux coup d’Etat du 6 août. La position française n’a pas changé, nous souhaitons que
la Mauritanie soit un pays démocratique et que le gouvernement soit conduit selon toutes les formes constitutionnelles et que ce soit véritablement un Etat de droit. C’est l’avenir que nous souhaitons pour ce pays qui nous est très cher. C’est notre position, mais en même temps
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel. J’ai l’impression que, compte tenu de nos relations, on attend aussi de
la France, non pas une solution, la solution ne peut venir que de
la Mauritanie, mais qu’elle aide les mauritaniens à trouver une solution, donc cela implique de parler avec les uns et les autres de voir ce qui est possible, de voir ce qui n’est pas possible d’essayer d’inciter, d’encourager tous les responsables politiques, les chefs de partis, à se voir, à se parler, à se réunir pour essayer de trouver une solution qui vient de
la Mauritanie et qui permet de rétablir le plus rapidement possible l’ordre constitutionnel. C’est peut-être ce travail de recherche de ce qui est possible qui donne un petit peu de flou mais, la position française n’a pas changé, la constitution doit être appliquée c’est tout et s’il faut le rappeler une fois de plus, cette position est hostile au coup d’Etat.     

 

El Emel El Jedid: La Communauté internationale a salué lors de la réunion de Bruxelles il y a quelques jours, la promesse du Général Aziz de libérer complètement Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Avec cette libération et avec l’organisation des Etats Généraux de la démocratie, est-ce qu’on peut dire que
la Communauté internationale est satisfaite et qu’on peut passer à l’organisation des élections reconnues et soutenues par
la Communauté internationale? 

Michel Vandepoorter: La libération du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est une chose que
la Communauté internationale attend depuis très longtemps, j’ai moi-même eu l’occasion de la demander. Je ne pense pas avoir rencontré le Général Abdel Aziz sans lui demander systématiquement la remise en liberté complète du président Abdallahi. C’est vraiment une mesure qui doit intervenir le plus vite possible, c’est un élément de justice. Le président a été démocratiquement élu, il doit être libre de ses mouvements, et de sa parole. C’est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique. Vous savez que notre position est que le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi doit contribuer à la recherche de cette solution.  Si le président est effectivement libéré avant le 24 décembre comme le Général Abdel Aziz l’a indiqué à la récente mission de l’Union africaine, c’est un bon point. En même temps, il y a d’autres éléments que nous attendons. C’est la recherche de cette solution. Les Etats Généraux sont une occasion de débattre de tous les problèmes mais il faut voir avec qui on débat de tous les problèmes. Il y a des problèmes politiques très importants qui impliquent tous les partis. Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat. Les partis qui se sont regroupés dans le Front National de Défense de
la Démocratie n’ont pas le droit actuellement de manifester et cela, en tant qu’amis de
la Mauritanie, nous le déplorons profondément. Ils n’ont pas accès aux moyens d’information, à
la Radio et à
la Télévision. Dans notre conception, ils doivent aller à ces Etats Généraux de la démocratie et expliquer pourquoi ils se sont opposés au coup d’Etat et qu’est-ce qu’ils attendent, participer à un vrai débat contradictoire qui fera naître une bonne solution. Si les Etats Généraux se déroulent en dehors de la classe politique, évidemment ce n’est pas du tout la même chose. 

 

El Emel El Jedid: Si les Etats Généraux s’organisent sans le FNDD, allez-vous reconnaître leurs résultats? 

Michel Vandepoorter: Nous n’avons pas à reconnaître ces Etats Généraux. D’abord,  ce qui est important c’est que la classe politique mauritanienne doit faire son profit de ce qui sortira de ces Etats Généraux. En soi, ces Etats Généraux sont une bonne initiative, il y a des tas de problèmes qui se posent en Mauritanie. Et c’est bien à ce moment de l’histoire de
la Mauritanie, de débattre sur  des sujets graves qui, pour certains, n’ont pas vraiment été traités au moment de la transition de 2005-2007, et  dont nous voyons les effets maintenant. Donc il n’y a pas à reconnaître, ce qui est important, c’est de voir comment on retourne à la légalité. Il y a deux moyens: le président revient et reprend ses fonctions et ça c’est le retour à la légalité. Il y a un autre moyen qui semble être celui  choisi par la junte, qui est d’organiser des élections. Ces élections devront avoir un minimum de crédibilité, de rigueur, de transparence.
La Communauté internationale pourrait sans doute être invitée à les observer mais
la Communauté internationale n’observera pas un scrutin qui n’aura pas été organisé dans des conditions de transparence et de rigueur suffisantes. Il y a là un processus important que nous observons de  près, et qui nous semble déterminant pour le retour à la légalité constitutionnelle. 

 

El Emel El Jedid: Pensez-vous que la candidature à l’élection présidentielle du Général Aziz ou l’un de ses compagnons peut s’assimiler à un manque de rigueur ou de transparence de ces élections? Autrement, est-ce que vous accepteriez la candidature de l’un des auteurs du putsch à ces élections présidentielles ? 

Michel Vandepoorter: C’est une question importante. Il y a eu cette transition démocratique, qui a été brutalement interrompue, par le coup d’Etat du 6 août. Les autorités en place affirment que leur objectif est de renouer avec ce processus démocratique. Dans une certaine manière, on est en train de façonner le visage démocratique que
la Mauritanie aura pour les années à venir. Si les élections étaient organisées par la junte au pouvoir, avec comme candidat un membre de la junte, c’est évidemment une hypothèse qui n’est pas celle que nous envisageons, qui serait un processus pluraliste auquel participent toutes les forces politiques du pays dans des élections transparentes rigoureuses, observées par
la Communauté internationale. Donc, ce qui se joue, c’est de décider à quoi ressemblera la démocratie mauritanienne, disons dans les dix ans à venir, c’est extrêmement important. 

 

El Emel El Jedid: Ce qui est donc important pour vous c’est que la classe politique mauritanienne accepte d’aller ensemble vers une solution quelconque? 

Michel Vandepoorter: On voit bien l’un des reproches qui est fait actuellement à la période de transition de 2005-2007, c’est qu’il y avait trop d’implications des autorités en place au sein du CMJD dans l’élection présidentielle elle-même. Ce qu’il faudrait, c’est que les élections soient organisées par une entité totalement indépendante, et que ceux qui se présentent aux élections, n’aient plus de lien avec quelque forme de pouvoir que ce soit, et que, bien sûr, ce soient des élections pluralistes. Je pense que ce serait  totalement regrettable qu’il y ait des boycotts par exemple, ce serait confirmer le coup d’Etat en laissant un membre de la junte se faire élire à 90%. Il faut que les opposants s’opposent, il faut que les forces politiques fassent ce qui est leur raison d’être, c’est-à-dire qu’il faut qu’elles fassent de la politique et saisissent l’occasion des élections pour faire valoir leurs idées et leurs programmes. 

 

El Emel El Jedid: Que veut dire  élections indépendantes organisées par une entité indépendante? 

Michel Vandepoorter: On peut imaginer qu’une commission électorale totalement indépendante, avec ses moyens propres, soit chargée d’organiser des élections et qu’elle s’appuie sur un gouvernement qui soit un gouvernement de large ouverture accepté par toute la classe politique, ou par la plupart des forces politiques de ce pays. 

 

El Emel El Jedid:  Vous avez toujours dit qu’il faut un retour à la légalité constitutionnelle, certains pensent que pour
la Communauté internationale ce retour veut dire que le président du Sénat prenne le pouvoir pendant une période de transition de trois mois  en vue de préparer des élections, est ce vrai oui ou non? A défaut de cela accepteriez-vous que le HCE continue à gérer la période de transition jusqu’à la fin des élections ou qu’est-ce qui conviendrait selon vous? 

Michel Vandepoorter: L’hypothèse d’un rôle ou d’un intérim confié au président du Sénat n’est pas une invention de
la Communauté internationale, c’est ce qui est prévu dans la constitution mauritanienne. Ce qui est important c’est que l’objectif est de revenir à l’application de la constitution. Appliquons-la le plus vite possible. Nous, notre souhait est qu’on l’applique totalement, c’est-à-dire que le président élu soit président, apparemment l’opposition à cela est très forte. Si la voie  retenue par les autorités en place est  l’organisation  d’élections, au moins  qu’on le fasse dans un cadre aussi proche que possible de la constitution avec l’objectif de revenir très rapidement à une pleine et entière application de celle ci.  

 

El Emel El Jedid: Est-ce qu’on peut dire maintenant qu’avec toutes ces évolutions les militaires ont réussi à dépasser le stade d’être inquiétés par des sanctions? 

Michel Vandepoorter: Non, pas du tout. Il faut voir où nous en sommes. L’Union européenne a engagé la procédure de l’article 96 des accords de Cotonou,  accords que
la Mauritanie a signés et ratifiés, et dans lesquels elle s’est engagée comme tous les signataires à respecter la forme démocratique de son gouvernement, c’est l’article 9. Le coup d’Etat a été une violation grave de cet engagement. Donc on a déclenché l’article 96 pour que les autorités en place viennent expliquer à leurs pairs, puisque les représentants des pays ACP sont des acteurs très importants de ce processus, comment ils vont faire pour revenir à l’application de l’article 9. La première réunion le 20 octobre n’a pas été conclusive parce que tout ce que l’Union européenne et les ACP attendaient n’a pas été dit par les représentants des autorités en place. Donc, nous avons proposé un délai d’un mois pour voir si des éléments nouveaux apparaîtraient. Dans ce délai là d’un mois, il y a eu le transfert du président à Lemden et il y a eu des propositions de sortie de crise présentées à l’Union Africaine le 4 novembre. Ce que fait actuellement l’Union européenne, c’est de voir si ces éléments sont suffisants pour poursuivre le dialogue dans le cadre de l’article 96, ou si ce dialogue doit être clôturé dès maintenant C’est ce qui est en débat actuellement à Bruxelles. Cela prend du temps parce qu’il y a des comités qui se réunissent, qui donnent des indications à
la Commission, qui elle-même prépare une décision qu’elle soumettra au Conseil européen. Mais le Conseil européen peut très bien décider de ce qu’on appelle techniquement des mesures restrictives qui seraient une suspension du FED, en fait des sanctions économiques assez dures. 

 

El Emel El Jedid: Le cas échéant, jusqu’où les sanctions peuvent-elles aller? Peut-on imaginer un TPI pour
la Mauritanie par exemple? 

Michel Vandepoorter: Il faut distinguer les sanctions qui portent sur la coopération et qui sont très lourdes en fait, cela veut dire qu’il y a des infrastructures qui ne seront pas construites, des emplois qui ne seront pas créés, des aides budgétaires qui ne seront pas apportées, des formations qui ne seront pas faites. C’est donc des années de retard de développement de ce pays. Ces sanctions sont d’autant plus lourdes que si l’Union européenne décide de suspendre l’application du fonds européen pour ce qui concerne
la Mauritanie, les pays membres, tous les pays membres de l’Union européenne feront la même chose pour leur coopération bilatérale. Les sanctions ciblées c’est autre chose. C’est effectivement des restrictions de voyage, pour un certain nombre de personnes, ça ce sont des choses qui peuvent être décidées et qui supposent évidemment d’être décidées à l’échelle planétaire. Je pense que c’est l’idée de l’Union africaine, qui peut comme organisation  régionale saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que les Etats-Unis d’Amérique sont favorables à la transmission du dossier de
la Mauritanie aux Nations unies, et que
la France s’oppose à cela, est ce vrai? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, je ne sais pas sur quelle base on peut dire ça, parce que
la France ne s’est jamais exprimée sur ce sujet. Je vous rappelle que cette transmission au Conseil de sécurité des Nations unies est une hypothèse qui est mentionnée dans le communiqué conjoint publié à Addis-Abeba le 21 novembre et que
la France a signé comme représentante de la présidence de l’Union européenne. 

Il s’agit d’une possibilité qui est tout à fait ouverte 

 

El Emel El Jedid: Vous avez parlé de différents  acteurs politiques nationaux (Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Générale Aziz, le FNDD) mais pas du leader de l’Opposition démocratique? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, j’ai eu l’honneur et le plaisir de le rencontrer à plusieurs reprises. J’en ai pas parlé parce que la position de M. Ahmed Ould Daddah et son parti le RFD n’est pas connue à ce stade. D’après ce que l’on sait, le RFD est en discussion pour voir quelle position il adoptera à l’égard des Etats Généraux de la démocratie. 

 

El Emel El Jedid: Comment vous évaluez la coopération franco-mauritanienne? 

Michel Vandepoorter:
La France, en accord avec le gouvernement  du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, avait signé un document qu’on appelle un document cadre de partenariat qui a amené à concentrer cette coopération sur certains sujets. Et ça je pense que c’est un aspect  très intéressant. Car ça permet d’avoir un impact sur quelques secteurs des plus importants et notamment l’éducation, qui est ici comme dans tous les pays du monde, et exactement la même chose en France, vraiment le socle fondamental. Ce que nous aimerions, c’est de pouvoir y aller avec tous nos moyens sans restrictions. Quand je dis tous nos moyens, honnêtement je dois dire que
la France, comme vous l’avez peut-être vu, a de vrais problèmes budgétaires, et nous avons été amenés à couper toute une série de budgets ces dernières années. Mais le traitement de faveur qui a été réservé à
la Mauritanie, c’est difficile à dire mais c’est la réalité, c’est que les programmes pour
la Mauritanie en 2008 n’ont pas été coupés parce qu’on voyait bien qu’il allaient soutenir ce gouvernement démocratique. Alors, évidemment, depuis le 6 août les choses ont complètement changé 

 

El Emel El Jedid: Justement à ce propos, il y avait une aide européenne pour la presse mauritanienne. Un accord en ce sens a été signé avec le Ministère du Développement et de l’Economie. Maintenant les journalistes craignent que ce ne soit gelé ou arrêté en raison du putsch, qu’en est-il? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, c’est au Délégué de
la Commission Européenne qu’il faut poser la question parce que c’est lui qui gère cette aide. Mais, d’après ce que je sais, si l’Union européenne devait décider la suspension du dixième FED, ce programme comme bien d’autres sera nécessairement gelé,
puisque les restrictions de l’UE ferait et que nous-mêmes faisons au titre national, porteraient sur tous les programmes autres que ceux à caractère humanitaire, relatifs à l’assistance alimentaire ou à tout ce qui profite directement aux populations. Mais je ne sais pas si l’aide à la presse est de nature humanitaire, j’espère que non.   

 

 

Propos recueillis par El Houssein Ould Mahand 

 

 

Source :
La Tribune n°425 


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