Compagnies aériennes africaines

24 12 2008

 

Compagnies aériennes africaines: 

 

L’union pour ne pas être hors course 

 

Promis, juré, la nouvelle compagnie aérienne ouest-africaine s’envolera bientôt. Mais le marché est aussi porteur que concurrentiel. Dans un ciel chasse-gardée des compagnies occidentales, il faudra s’unir pour exister. 

 

Le 14 novembre dernier,
la Commission européenne a rendu publique la neuvième «liste noire» des compagnies aériennes interdites d’accès dans l’Union en raison de problèmes de sécurité. Elle comporte 92 compagnies, originaires essentiellement d’Afrique et d’Asie centrale.

Tous les transporteurs d’Angola, de Guinée équatoriale, du Liberia, de
la Sierra Leone, du Swaziland et de
la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que du Gabon, à l’exception de Gabon Airlines et d’Afrijet, en plus d’Air West pour le Soudan et Silverback Cargo Freighters pour le Rwanda, sont bannis. A s’en tenir à cette appréciation, il ne fait pas bon voler dans le ciel d’Afrique, mais alors pourquoi les plus grandes compagnies aériennes du monde s’y ruent-elles? Les compagnies européennes ont capté plus de 72 millions de passagers des pays africains. Selon Cheikh Tidiane Camara, président du conseil de surveillance du cabinet Ectar, elles transportent chaque année 70% des passagers qui vont en Afrique ou en partent (Jeune Afrique, aout 2008). En tête, Air France-KLM, suivi de British Airways, Lufthansa, Brussels Airlines, Tap, Swiss, Iberia, sans compter l’irruption de compagnies du Moyen-Orient, Emirates, Ethihad… L’association des compagnies aériennes africaines, AFRAA, confirme qu’en 2004 ses 42 compagnies membres n’ont assuré que le tiers du trafic global sur le continent.

 

Attrait 

 

Comme pour le mobile, les manques de l’Afrique font son attrait. Comme l’a déploré le président burkinabé Blaise Compaoré à l’ouverture de la 40e assemblée générale de l’Association africaine des compagnies aérienne, «la fréquence des vols entre les capitales africaines est faible et le coût des billets trop élevé». Sur un vol aller-retour Paris-New York, Air France facture ses services 17 centimes d’euro par kilomètre, contre 40 centimes par kilomètre pour les passagers à destination de Brazzaville. Sur Paris-Nouakchott-Paris, Air France est 25% plus cher qu’Air Sénégal International et 45% pour Paris-Libreville-Paris par rapport à Royal Air Maroc, indique Jeune Afrique.

Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5 % du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5% du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Selon l’IATA (International Air Transport Association), le transport aérien a connu en Afrique une croissance annuelle moyenne supérieure à celle du reste du monde entre 2003 et 2004: 11,2% pour le trafic passager et 7,5% pour le cargo.

 

ASKY

 

La compagnie aérienne africaine, ASKY (African Sky), longtemps attendue, annonce son envol pour le premier trimestre 2009 dans un marché porteur, certes, mais tout aussi concurrentiel. Son président Gervais K. Djondo semble en avoir pris la mesure. «Si nous avons traîné avant de lancer ASKY, c’est pour éviter de tomber dans les mêmes travers que certains. Nous ne voulons pas créer une compagnie qui ne dure qu’un printemps.»

Le capital annoncé est déjà d’une autre envergure. 120 millions de dollars, contre 7,291 millions d’euros pour Air Sénégal International et 5,49 millions d’euros pour Air Ivoire. Les promoteurs, nombreux, forcent également le respect,
la Banque d’investissement de
la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest,
la Banque ouest-africaine de développement, Ecobank… Ethiopian Airlines en sera le partenaire stratégique.

De puissantes banques nigérianes, Skye Bank, UBA et First Bank of Nigeria, ont, de leur côté, annoncé leur disponibilité à financer les compagnies africaines qui ont enregistré des pertes de 700 millions de dollars cette année. Les besoins financiers pour la modernisation des flottes et pour l’expansion des itinéraires des compagnies africaines sont actuellement estimés à 60 milliards de dollars. Boeing prévoit pour le continent, pour la période 2000-2019, une croissance de l’ordre de 4,8% par an pour le trafic passagers et de 6,4% pour le fret. Le ciel africain va attirer encore plus de prétendants. Reste aux Africains à se faire une place dans leur ciel. Christian Folly-Kossy, secrétaire général de l’AFRAA, en fixe les conditions. «Les petites compagnies africaines doivent fusionner ou rejoindre des groupes d’alliance africains.»

 

Chérif Elvalide Sèye

www.lesafriques.com 


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