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Les Echos de ‘La Tribune’ par Mohamed Fouad Barrada: Spécificité islamo-mauritanienne!

24122008

Les Echos de ‘La Tribune’ par Mohamed Fouad Barrada: Spécificité islamo-mauritanienne!

 

« Nous avons tout pour être unis. A nous de chercher un dénominateur commun… ».

Je me rappelle d’une dispute. C’était chez ma grande cousine à la suite d’une histoire touchant sa vie privée familiale. Je lisais tranquillement mon journal. Elle a éteint l’électricité sans me prévenir. Du coup, je me suis acharné contre elle. Sa réaction était agressive. La conséquence était évidente : un rabaissement au rang de ‘tricoteur des chaussettes d’esprit’.

Après trois jours, j’étais obligé de piétiner mon arrogance qui était d’ailleurs mal placée et je lui ai rendu visite. Disons que j’étais guidé par la spécificité islamique. Elle n’a pas compris mon point de vue.

D’ailleurs, elle refuse toujours de me saluer. Peu importe. Il faut avoir la conscience tranquille et cela selon une référence fondée. Tout cela pour dire qu’il faut que la classe politique cesse de fermer la porte à toute forme de réconciliation. Les populations ont besoin d’être rassurés. Les politiques doivent avoir en perspective l’esprit de tolérance, de bienfaisance, de…..

En effet, dans ce mois béni de ‘Di Hdja’, il y a des journées de pardon, telle que la fête d’Alaïd Al Kabir. Ces journées sont des occasions pour apaiser les incompréhensions entres les musulmans. N’est-il pas dit, en ce sens, que toute rupture entre les musulmans est formellement interdite.

 

Ainsi, celui qui ne visite pas un musulman après trois jours de dispute, risque en cas de sa mort de faire l’objet d’une souffrance infernale. N’est-il pas aussi dit que le musulman doit aimer pour soi même ce qu’il aime pour l’autre. Et si nos politiques exploitent ces fondements ?

A cet égard, face à la situation politique dans laquelle se trouve le pays, il est indispensable de s’abreuver d’une base morale, d’une conscience collective afin de trouver une solution pacifique pour cette crise qui à mon avis a trop duré.Quel est le facteur unificateur de la Mauritanie ?

 

L’islam. Et l’islam doit être interprété selon une lecture sereine loin de l’instrumentalisation radicale voire agressive qui pousse à la division. Il s’agit de l’islam tel qu’il est. Sans rentrer dans les détails, plusieurs concepts religieux sont utilisés pour diviser et non pour unifier. Ils sont, parfois, mal interprétés.

Certes, à titre d’illustration, le salafisme est un concept orignal, car il signifie l’alignement au comportement du prophète Mohamed ‘Salalah Alyhi Wessalem’(PSL), néanmoins, ce concept est vidé de son sens. Il est politisé et instrumentalisé à fond. Des groupes islamistes ont ‘extrapolé’ ce concept pour semer la terreur chez les musulmans eux mêmes. Ainsi, l’épithète salafiste provoque des frissons chez les musulmans et le non musulman.

Cependant, le prophète était contre toute violence. Il était simple et il aimait la simplicité malgré sa supériorité divine. Et il prônait la justice sociale tout en provoquant une révolution culturelle permettant de défendre les plus faibles. A l’ère de l’émergence de l’islam, les autres civilisations piétinaient les plus faibles.

 

Du nord au sud, de l’Est à l’ouest, l’injustice était monnaie courante.Cela explique d’ailleurs la reconversion massive sans guerre ou avec guerre de non musulmans à l’islam. C’étaient des guerres justes et justifiées pour défendre les plus faibles et de les arracher de l’optique de la jungle. Ce n’est plus la même époque, ni le même contexte.

Le débat actuel se pose en termes simples et clairs : Pourquoi il y a eu tant de dégâts dans les terres de l’islam ? Et pourtant cette civilisation persiste sans être pour le moment constructive, je vous laisse lever le débat en tant que politique mauritanien musulman tout en ayant comme ligne de mire le fait que nous sommes dominés par le matérialisme sauvage. Imaginons l’impact de cela sur les générations futures.

 

En somme, depuis 20 ans, en Mauritanie, nous vivons dans des divisions qui ne nous ont menés à rien. Pourtant, nous avons tout pour être unis. A nous de chercher un dénominateur commun.

m_barrada@yahoo.fr
La Tribune
n°427




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

24122008

Ce qui, entre autres choses, est gênant dans notre pays, c’est qu’on n’avance pas. Sur tous les plans. On est toujours en face des mêmes questions, des mêmes problèmes. Il suffit pour vous de lire un discours du premier président du pays, Moktar Ould Daddah. Celui de 1957 ou de 1958. C’est toujours les mêmes problématiques.

En fait on est comme un campement qui trouve sur son chemin une haute dune. Au lieu de ‘l’attaquer’, il la contourne et la laisse tel qu’elle est. C’est en fait ce qui nous donne l’impression de tourner en rond. Impression accentuée par notre perception «naturelle» du temps dont nous avons une vision circulaire.

Je ne veux pas parler de tout, mais juste de la communication.

Un correspondant du New York Times – et pas n’importe lequel – a récemment séjourné dans notre pays. Il venait sur les frais de son journal couvrir et comprendre l’actualité en Mauritanie. Il donnait ainsi l’occasion aux nouvelles autorités de faire entendre leur voix dans un pays où elles sont très contestées. Deux axes d’intérêt pour lui : le terrorisme et la situation politique.

Dans son pays, on a pensé que l’attaque de Tourine était un montage. Quand il est venu ici, il a compris que c’en n’était pas et il a bien voulu enquêter là-dessus. Il a rencontré le chef d’Etat Major qui a été très coopératif selon lui. Il a même été impressionné par le calme et la compétence du Général Ghazwani. Tout comme a été positif l’effet de sa rencontre avec le secrétaire général du HCE et avec le ministre des affaires étrangères (naturellement). Il a même voyagé avec le président du HCE à Tintane et Kiffa. Avant de se retrouver entre les mains de la gendarmerie d’Aleg. Il revenait de Lemden où il était parti s’entretenir avec le président déchu. Deux heures d’interrogatoires. Puis ce fut autour de la police de Boutilimitt de lui faire subir les mêmes déconvenues.

«Good learning experience», comme il disait pour positiver après ses rencontres avec les responsables à Nouakchott. Il va à Zouératt après avoir eu l’autorisation d’aller à Tourine sur les lieux de l’attaque. Tout se passe bien jusqu’au moment prévu pour le départ. Le commandant de la région lui signifie qu’il n’est plus question d’envoyer une escorte avec lui. S’il veut, il peut y aller seul, à ses risques et périls. Ce qu’il ne fera pas.

De retour à Nouakchott, il veut combler par une rencontre avec l’un des prisonniers salafistes. Le secrétaire général du ministère de la justice lui promet de faire le nécessaire jeudi dernier à 10 heures. Il arrive à 10 heures devant le bureau du secrétaire général. Il restera jusqu’à 13 heures avant de se faire signifier par le secrétariat qu’il ne sera pas reçu. Déconvenue.

Reste pour lui la promesse faite qu’il rencontrera le Général Ould Abdel Aziz, président du HCE. Les officiels qui s’en occupent ne font rien apparemment.

Il me dira en partant : «c’est dommage pour un establishment comme celui-là de rater de telles occasions ; ils ont bien besoin de se faire entendre ailleurs ; je leur offre l’opportunité mais ils refusent et sans y mettre les manières».

Quand j’y pense, je sais que c’est le système de communication qui fait défaillance. Bientôt cinquante ans que nous sommes habitués à refuser de parler, à éviter de dire la vérité sur nous, à jouer la transparence.

Si cela arrive alors que le ministre de la communication est un jeune issu d’un milieu plutôt libéral et plutôt militant, à un moment où le régime en place est en quête de reconnaissance, à un moment où le chef de l’Appareil lui-même parle crûment et à toutes occasions, au moment où l’on reconnaît que les grandes fautes du passé sont justement liées à l’absence de communication, si cela arrive, c’est qu’il n’y a rien à faire.

On est malade de nous-mêmes. C’est par nous-mêmes que nous guérirons. Mais pas avant d’avoir diagnostiquer le mal qui est en nous. Parlons franchement de nous, de nos insuffisances, de nos faiblesses, de nos misères…

Nous avons toujours refusé le dialogue. En 1960 déjà, la recherche effrénée du consensus avait occulté toute expression de pluralisme politique. Au nom du renforcement du front intérieur, le jeune pouvoir a justifié la fin du multipartisme.

Depuis 1978, le pouvoir est aux mains de régimes militaires plus autoritaristes les uns que les autres. Tantôt l’insécurité, tantôt l’immaturité du peuple, tout est invoqué pour justifier le refus de laisser s’exprimer la différence.

En août 2005, le projet des jeunes officiers, véritables auteurs du coup, est dévié. Manipulations, manœuvres politiques, résistances sociales… on aboutit au résultat qui a donné la situation dans laquelle nous nous trouvons présentement.

Comme pour tout le reste, le problème de communication est toujours le même. La nécessité de faire la rupture est toujours d’urgence.

Source : La Tribune n°428




Chronique Mansor

24122008

Sans aller, pas de retour. Prendre la route, ouvrir un livre, s’investir dans une relation, vivre, tout simplement, un événement extraordinaire – à ses propres yeux, du moins – et voilà, peut-être, l’éveil d’un autre regard, encore… Que deviendra-t-il ? Bardés que nous sommes, tous, de convictions, d’œillères et d’assurances, masqués de convenances dûment estampillées « made in quelque part », le cours des choses devrait éteindre, normalement, cette lueur, sinon en estomper suffisamment l’éclat pour nous épargner la moindre remise en cause. C’est donc, passées les prodigieuses années de la prime enfance, plutôt insensiblement, en touristes, que nous nous altérons. Mais cette insensibilité, qui nous évite bien des douleurs, entretient, également, notre inconscience, et nous voilà, vieillissant, incapables de cueillir le fruit de notre usure. Toutes ces différences, ces modulations, ces nuances, qui devaient nous apporter con-naissance – à chaque instant, potentielle renaissance – nous traversent sans nous émouvoir, à jamais inexploitées, hélas ; inexorablement délétères, ce faisant. Waterloo, Waterloo, morne plaine…  « L’œil mouillé d’un pleur involontaire », l’ennui nous emplit la gorge de sa fadeur infecte, et, geignant, nous allons vomir, sur quelque étrange ou étranger en chemin d’autre regard, la responsabilité de nos vains aplatissements. 

On croit échapper à ce non-destin, en s’octroyant, de la sorte, un quelconque pouvoir, variablement éphémère. Les luttes qu’on engendre, en conséquence, nous accablent d’autant plus qu’elles impliquent, tôt ou tard, des concrétions de richesse, lourdes et convoitées. Du coup, c’est tout l’environnement qui s’épaissit, couvrant d’ombres –  ténèbres sur ténèbres – d’abord les plus aisés, puis les plus secrets, chemins de retour sur soi. Combien d’amours sublimes se seront-ils, ainsi, pétrifiés dans leur mise en scène spectaculaire, bien avant d’avoir livré leur eau de Jouvence !  Entre soi et soi-même, comme entre l’Un et l’Autre, il y a, toujours désormais, un objet quelconque, une consommation, un péage, à investir ou à payer, sinon à détruire, puis un autre, et encore un autre, indéfiniment. Ce n’est pas tant la nature qui a horreur du vide, c’est notre ego, surchargé, qui craint le dénuement et le silence, qui ne sait plus goûter l’attente. Encombré d’hétéroclites intermédiaires et de clinquants artifices, l’espace-temps perd sa qualité transitionnelle. On s’y retrouve moins qu’on ne s’y éparpille, fragmenté par mille désirs, mille accaparements, mille assouvissements ; mille et une frustrations, en fin de compte ; certes, à plus ou moins brève échéance, mais irrémédiablement, toujours : l’objet réel de la quête, du mouvement, du regard, ne peut jamais être atteint, par ces chemins trop pleins. Mais, si nous avons tout à gagner, individuellement et collectivement, à alléger nos estomacs, s’agit-il, pour autant, de l’atteindre, cet « obscur objet du désir » ? 

Quinze années durant, Al Ghazali, le célèbre et très honoré juriste de l’université bagdadienne, Annizzamiyya, interrompit sa brillante carrière pour suivre, dit-on, un maître soufi, errant dans le monde, plus pauvre que Job – P.B.L. Son périple s’acheva, poursuit la rumeur, par une belle après-midi ensoleillée, en un champ d’ordures où, étonnamment, le rude ascète avait ordonné, au notable en guenilles, de nettoyer un espace pour la prière de ‘asr [1]. Dépourvu de tout balai, c’est à quatre pattes et à l’aide de sa barbe, sensiblement allongée, durant ces longues années de pérégrinations, qu’Al Ghazali entreprit de faire place nette et c’est en cette étrange posture, que le voile, soudain, se déchira. « Le Réel est sans méthode. Il n’a pas à être atteint, Il est déjà là [2] ». Sans avant, sans après, le cœur vide de ce qui n’est pas présent, tout entier dans l’acte en cours, sans plus aucun souci d’appropriation, pas même et surtout, de sa propre image, évanouie, il est Cela et ce « il » est ton propre recueillement, lorsque ton attention accomplit, enfin, ton intention, instantanément foudroyée. Re-cueilli, ineffable bonheur de l’orphelin inconsolable : tout concorde, désormais. A nouveau détaché de l’Arbre central – aussi fallait-il, en première instance, murir, mourir, dans les feuilles du Bien et du Mal, s’y situer, en toute sincère illusion – te voici de retour, formidablement présent, en ta plus complète absence. Il y a donc bien une vie après la mort, et le signe de cette certitude, c’est la joie, irrépressible, incompréhensible, immédiate, qui t’a inondé, peut-être déjà, t’inonde, ou t’inondera, une fois, au moins, au cours de cette existence. Joie sans objet, étonnement sans borne, « O toi, âme apaisée, retourne à ton Seigneur, satisfaite et agréée, rejoins Mes fidèles, entre en Mon Paradis [3] », t’en souviens-tu, gouttelette de pluie ? La vague n’est plus, l’Océan demeure… 

 



[1] Second office de l’après-midi, en islam, souvent considéré comme central des cinq rites journaliers.

[2] Ranjit Maharaj

[3] Saint Coran, 89 – 27, 28, 29 et 30.




FAITS DIVERS

24122008

                                              FAITS DIVERS 

                                     Par  Aboubecrine O.Sidi 

 

Contrôle routier  

Le permis en otage sera libéré dans les toilettes publiques 

Vendredi dernier à 13 H devant le dispensaire de Sebkha, un de nos vaillants Brigadiers de police confisque le permis de conduire d’un chauffeur de taxi de nationalité étrangère. C’était à la faveur de l’un de ces nombreux contrôles abusifs des veilles et lendemains de fête. Et le chauffeurs, croyant à l’esprit du pardon, suit le policier en le suppliant de lui remettre son précieux document. Ce dernier refuse catégoriquement et lui dit : « Tu ne l’auras qu’à condition que tu verses une somme de 500um ». 

Craignant de perdre son temps et ses clients, il se résout à tendre la somme au policier qui repoussa cet acte sous le regard indiscret de l’assistance. 

Quelques instants après, il entre dans les douches publiques qui font face et l’un des agents fait signe au chauffeur d’aller voir le chef dans les toilettes. 

Là où le chef empoche le billet vert et remet au pauvre chauffeur son permis. 

Comme quoi les toilettes publiques peuvent servir également d’isoloirs pour corrompus ! 

 Au marché de la capitale 

Le voleur à la tire tombe sur deux policiers 

S’il y a quelqu’un qui a manqué son coup presque réussi, c’est le grand  voleur à la tire et récidiviste M O. A. Profitant des bousculades lorsque les clients se pressaient pour faire leurs achats  avant la fermeture du grand marché. Il a chipé la pochette de la dame Mahjouba M. Sidina . 

C’est au moment où la bonne dame devait payer une somme de 45000um à une vendeuse de voiles que le quidam a profité de la mêlée pour passer à ce vilain acte. 

La pochette en main, il ne restait plus au voleur qu’à détaler, ce qu’il fit bien évidemment, pour disparaître dans la nature. 

Mais il avait tout calculé sauf le passage de deux  policiers sur des  motos. 

Ces derniers, qui avaient suivi de près la scène , se lancent alors à la poursuite de M.O.A qu’ils rattrapent, après seulement quelques secondes de course, pour le conduire au poste de police monté pour des cas pareils. 

Mahjouba M.Sidina a décidé de passer l’éponge sur cette affaire, se limitant à réclamer sa pochette. Quant à M .O.A, il a reconnu les faits. Son cas pourrait s’aggraver à cause de l’arme blanche que les policiers ont trouvée sur lui.   

                                

Après -midi noir à la plage   

Violée publiquement sous le contrôle d’une arme 

Astou  D. et Coumba S., deux jeunes filles sénégalaises nouvellement venues à Nouakchott et  résidant dans
la Moughataa d’el Mina étaient sorties le samedi passé à partir de 16H pour aller à la plage. Pour se promener et découvrir ce lieu de détente. 

Sur les lieux, un jeune garçon qui à l’air d’un « Djienk » (junker) les hèle.  Elles ne lui répondent  pas. Vexé, le jeune en culotte et chemise  se dirige vers elles un couteau à la main et leur demande de se déshabiller. Au même moment des gens à quelques mètres des lieux les observent.. 

Astou arrive à prendre la fuite tandis que Coumba, elle a été saisie par le malfrat qui la force et la met à poil.  Il  abuse d’elle en lui mettant le couteau sur sa gorge sous le regard apeuré de toute une foule impuissante. Et peut-être complice. Après son forfait le violeur emporte avec lui les habits de la fille. 

Cette dernière restée au bord de la mer à pleurer trouva consolation chez une femme venue avec son mari pour se promener. Le couple lui remet  un voile et la ramène avec lui dans sa voiture.                           

Ces délestages de malheur ! 

Deux individus arrêtés pour vol d’effets vestimentaires 

Après les coupures de courant intempestives ces temps –ci, les habitants d’Arafatt ne dorment que d’un seul œil. Et pour cause, les malfrats de tout acabit mettent à profit l’obscurité, pour s’introduire dans les maisons et commettre leurs forfaits. 

Au niveau des quartiers Basra, Koufa, Kebba Marbatt, entre autres, de nombreux cas de vols ont été signalés et certains de leurs auteurs mis au violon. 

Les derniers avaient jeté leur dévolu sur des effets vestimentaires. 

Il s’agit généralement de jeunes garçons ciblant souvent des bombonnes à gaz, les effets vestimentaires  qu’ils liquident à vil prix dans les marchés comme Tieb-Tieb, étalages devant
la BMCI, au marché polyclinique ou au point chaud. 

La semaine passée, ce sont deux garçons du quartier d’Araffat , qui ont été épinglés par leurs victimes , quelques jours après avoir commis un vol portant sur des effets vestimentaires. 

B.O.M et N.O.C sont deux grands voleurs qui se sont introduits récemment dans une maison louée par des jeunes étudiants pour faire main basse sur des effets vestimentaires comme des costumes, des jeans, des ensembles de basin riche, des casquettes et une somme de 70.000um que les  deux frères   venaient  de recevoir de la part de leur grand frère qui est commerçant en Gambie. Leur neveu  n’a pas été épargné par les malfrats qui lui ont pris des boubous, des chemises, du parfum et une casquette. 

Les mis en cause connaissaient bien le domicile des frères. 

Pour mode opératoire, ils ont retrouvé la clef que les frères ont l’habitude de garder loin des yeux indiscrets. 

Après s’être emparés de cette clef, les voleurs ont ouvert la porte de la chambre. Leur sale besogne accomplie, ils sont repartis comme ils étaient venus. Et c’est au cours de leurs recherches , qu’ils sont tombés sur B.O.M un jeune qui s’est investi dans le secteur du cambriolage depuis 1989 qui avait avec lui une casquette de couleur bleue qui ressemblait étrangement à celle de Harouna qui la reconnut sans difficulté. Prié s’expliquer sur sa provenance, B.O.M tergiversa et chargea son complice et ami N.O.C comme étant lui aurait vendu la casquette moyennant 600um. 

Conduits au commissariat. B.O.M et N.O.C se renvoient la balle à propos de la fameuse casquette, comme qu’ils sont en  différend à cause d’une fille qu’ils aiment. 

Finalement, c’est N.O.C qui passe à table et révèle d’autres vols qu’ils ont commis, notamment chez un ex-policier. 

Au domicile de ce dernier, ils ont déclaré être passés par la fenêtre, une fois dans la chambre, ils ont volé un poste radio, un valeureux téléphone portable, deux paires de chaussures, une vidéothèque, le tout fourgué à l’un de leurs receleurs au marché Tieb-Tieb. 

Ils seront présentés dans les prochains jours au parquet pour vol collectif commis la nuit. 

Selon une source policiers ces deux voleurs sont des récidivistes et leurs noms figurent dans les annales du palais de la justice. 

 

 Source : La Tribune n°428




Hodh Gharbi /actu

24122008

Hodh  Gharbi 

Saisie de 14 kilogrammes de Hashis  

Le trafic illicite n’est pas un phénomène nouveau en Mauritanie. Le pays, étant un trait d’union  entre l’Afrique noire et  le Maghreb Arabe, et aussi une porte vers l’Europe, se confronte  à des problèmes liés au trafic illicite. Les forces de sécurité mauritaniennes  ne cessent de découvrir de trafiquants de cocaïne et de hashis indien, depuis des années 90, mais  elles n’arrivent pas à démanteler les réseaux. 

L’arrivée des compagnies de bus reliant Nouakchott à Bamako, Niamey et Ouagadougou, a certainement soulagé  les voyageurs. Mais cette liaison  a aussi  généré plusieurs problèmes sécuritaires et surtout le trafic de stupéfiants. A plusieurs reprises les contrôleurs détectent des traces de stupéfiants. 

Cette semaine la police de kobéni  a saisi 14 kilogrammes de hashis  indien en deux reprises à l’espace de deux jours.    

Un apprenti  burkinabé d’un bus de SONEF Transport, Ghassoum Harouna  a été arrête par la police  avec 12 kilos de hashis. Ghassoum voulait contourner la frontière à Gogui mais il n’a pu surprendre la vigilance de la  police de Kobeni. Interrogé par  la justice d’Aioun, le malfaiteur a déclaré son innocence en disant que c’est un malien  répondant au nom de Abdou, résident à Bamako qui   lui a confié  le colis pour le remettre à Moulaye Sidibé résident  à Nouakchott .Et il a par ailleurs ajouté qu’on lui octroiera une somme de 50 000 ouguiyas s’il aura accompli la mission. Pour preuve Ghassoum  a exhibé un papier sur lequel  sont mentionnés le nom et le numéro du destinataire. Le procureur du  Tribunal d’Aioun  alerta la police de Nouakchott pour l’acheminer à Aioun .Dans 48 heures monsieur Sidibé fut entre les mains de la justice d’Aioun. Sidibé avoua, dès la première interrogation que l’expéditeur lui n’est pas inconnu mais  jamais il n y a eu  des opérations de ces genres  avec lui. Les deux suspects sont sous les verrous. 

Le lendemain  de l’arrestation  du burkinabé, un Sénégalais, Lobatt Dieng   fut arrêté par la police de Kobeni avec plus d’un kilogramme de hashis indien .Dieng prenait place dans un bus aussi .Le malfaiteur a laissé entendre qu’il est neveu de l’ancien président du Sénat Dieng Boubou farba. Lobat  Dieng  a rejoint Ghassoum et Sidibé en attendant leur procès. 

                                                        Adama Sy cp Hodh El Gharbi 

  

  Lycée d’Aioun, les élèves témoignent le manque d’intérêt aux études  

 Le mardi dernier,  les 35 salles du lycée d’Aioun furent dessertes  entre 10 heures et midi. Le lycée fut un champ  de jet de pierres. Ce fut la manifestation des élèves pour soutenir le journaliste irakien,’’ lanceur de chaussures’’ au président Américain George w Bush lors de sa conférence de presse à Bagdad .Les élèves réclamèrent  la libération immédiate et inconditionnelle du journaliste. 

Après le lycée, les manifestants  se présentèrent à la wilaya pour montrer leur mécontentement de l’arrestation du journaliste et brandirent leurs chaussures pour compatir avec l’acte du journaliste. Cependant on remarque une centaine fierté chez les manifestants, qui  pour eux, le journaliste a  montré  au monde entier, malgré sa sécurité il est vulnérable. 

Au vu des professeurs  ou de l’administration les élèves témoignent  le manque d’intérêt  qu’ils accordent aux  études. Il suffit d’un petit événement pareil pour que les élèves se retrouvent hors des classes et sèment  le désordre. Bizarre dans tout ça, les élèves n’ont jamais manifesté pour l’amélioration de leur condition  d’études. Quand est- ce que  les mauritaniens s’occuperont de leurs affaires ? Comme dit un proverbe tunisien il est bon  d’être les phares des autres, mais d’après avoir fut une lampe à la maison. 

                                       Adama Sy 

Hodh El Gharbi 

 Pénurie de Gasoil  

Le mardi dernier
la Wilaya du hodh El Gharbi  est marqué par une pénurie  du gasoil. Une seule  station à Aioun possédait du carburant et les stations  à Tintane, Doueyrara, kobéni n’avaient  aucune goutte   . Les voitures faisaient la file indienne  à la seule  station qui possédait le gasoil.  Une question adressée aux transporteurs sur la cause de cette pénurie, la réponse  est unanime : les pompistes refusent de s’approvisionner  en hydrocarbures parce qu’ils prévoient la diminution de ceux-ci dans les jours à venir. 

                Adama Sy Cp Hodh El Gharbi 

  




Nouadhibou/ ACTU

24122008

 

 Nouadhibou 

Etats généraux de la démocratie : l’Offensive de charme du HCE 

 

Le colonel Dia Adama Oumar, membre du haut conseil d’état et chef d’état-major particulier du chef de l’état a entamé une deuxième visite en moins de deux mois à Nouadhibou. 

La présente visite (18-20 décembre) a trait aux préparatifs des journées nationales de concertation prévues à compter du 27 décembre courant. 

Lors de réunions avec des représentants de partis politiques , syndicats , société civile, élus  , notables , le colonel a rappelé l’importance que revêtent ces journées .Elles devraient constituer ‘une feuille de route , une voie sûre qu’empruntera
la Mauritanie pour être définitivement sur les rails du développement et du progrès’. Le colonel dira qu’on en assez de ces éternels recommencements et bégaiements de l’histoire. 

Pour cela il a exhorté les participants à taire leurs antagonismes et clivages pour désigner leurs meilleurs représentants. Il invitera aussi à choisir librement car ses journée ‘scelleront le destin démocratique de notre pays’. 

Il a tout de même fait l’ébauche du participant : Cultivé, honnête, expérimenté et de bonne moralité. 

La région de Dakhlet Nouadhibou a, dira t-il, droit à 15 participants. Les 5 choisis par le wali seront conservés. Ces personnes bien que contestées seront conservées pour ‘préserver l’autorité de l’état. Les autochtones ont obtenu un bon quota avec 7 représentants.  Les 8 autres seront désignés par consensus.Mais les autochtones ont eu du mal à désigner leurs délégués.La méthode choisie semble être un délégué par tribu mais on a du mal à choisir. Les prétendants étant nombreux. A signaler ici que ni les femmes ni les négro africains n’étaient présents à la réunion. Ce que le colonel relèvera en proposant de désigner un peul, un soninké et un wolof. A quelqu’un qui répliquera ‘ et les hartanis’ , le colonel dira , avec humour ‘ ce sont des arabes. Ça suffit les divisions.’ 

A signaler aussi l’absence de
la TVM. Le colonel dira au reporter de Sahara Media : ‘pas d’images ni de son.’ 

Seuls le sénateur et le maire de Nouadhibou étaient présents. Quand au wali  Abdi Ould Horma c’était là sa dernière réunion, il est nommé conseiller au ministère de l’intérieur. 

Le colonel Dia, avec son humour vif et son hassaniya hésitant, sa bonhomie,  commence à se faire apprécier des habitants de Nouadhibou. Au palmarès de l’éloquence et de capacité de persuasion, il figure en bonne place. Son intervention à Nouadhibou pour expliquer les raisons du 06 août 2008 fut repassée en boucle plusieurs jours durant. Alors que celles de ses autres collègues du HCE finirent vite aux archives des médias officiels. 

Son aisance à parler de l’unité nationale plait aussi. Lui qui n’a pas hésité de qualifier les peuls d’arabes. Les extrémistes négro-africains apprécieront.
L’après-midi fut consacrée à la réunion avec les cadres de la wilaya. Le colonel leur résumera ce qu’il a dit le matin. Certains n’hésiteront pas à soulever des questions comme la négligence dont serait victime la région ‘oubliée’ de nouadhibou.’ Les missions passent et on ne voit rien venir ‘diront certains.
Comme au bon vieux temps du PRDS  l’hôtel Sahel où logeait le colonel ne désemplissait pas. .Jusque tard dans la nuit, des dizaines de personnes faisaient le pied de grue pour le rencontrer. 

Athié Youssouf 

CP.NOUADHIBOU 

 

 

 

NOUADHIBOU 

 

Les visites, encore et toujours les visites 

La semaine passée la région de Dakhlet Nouadhibou a connu une série de visites. 

Du 14 au 15 Décembre c’était le ministre de l’intérieur et de la décentralisation qui était dans la capitale économique. Sa visite entrait dans le cadre de la lutte contre les mines antipersonnelles héritées de la guerre du Sahara entre 1974 et 1978. La région de Nouadhibou est avec celle du Tiris Zemmour l’une des plus minées du pays. De nombreuses victimes y sont signalées chaque année. Le ministre a supervisé une opération de destruction de prés de 300 mines antipersonnelles au PK 26 de Nouadhibou. 

Cette opération entre dans le cadre du programme national de déminage humanitaire pour le développement (PNDHD) que notre pays a mis en place avec l’appui de l’UNICEF dont le représentant M.Christian Skoog était présent à la cérémonie. 

Les mines a un impact socio-économique négatif .Elles entravent le développement des infrastructures, perturbent les mouvements des éleveurs et nomades et affectent les activités économiques telles que l’exploitation minière, le tourisme, l’élevage et l’agriculture. 


La Mauritanie est l’un des 157 pays signataires de le convention d’Ottawa. Convention qui interdit l’emploi, la fabrication, le stockage et le transfert des mines antipersonnelles. 

Trente après la fin de la guerre fratricide du Sahara les mines antipersonnelles non explosées continuent à faire des ravages surtout chez les femmes et les enfants. 

L’Objectif du PNDHD est ‘zéro mines à l’horizon 2011′.En attendant le carnage continue. 

M.Mohamed Ould Maaouya ministre de l’intérieur et de la décentralisation a profité de sa visite pour rencontrer les élus et les autorités administratives. Il a également visité les gazras de Nouadhibou, le centre de rétention des clandestins ( avec zéro clandestins pour le moment) .Le ministre a visité ce qui reste de la villa de passage , abandonnée aux ordures depuis la fin des années 90 , la résidence officielle du hakem , squatté par un officier de la garde. 

L’état dépense des millions pour ses hôtes  et ses responsables de passage à Nouadhibou  alors qu’il suffit d’une simple rénovation. Le ministre a vu .Espérons qu’une réaction urgente suivra. 

Le long de sa visite le ministre de l’intérieur a bénéficié d’une protection rapprochée : des militaires encagoulés et armés jusqu’aux dents le suivaient de très près. Son programme et son trajet resteront secrets. 

Le ministre des pêches et de l’économie maritime M.Hacena Ould Ely lui a emboîté le pas les 17 et 18 décembre. Cette visite a lieu alors que le port autonome de Nouadhibou revient à sa tutelle d’origine alors qu’il était depuis quelques années rattachées au ministère de l’équipement et des transports. Le ministre s’est dit ‘réjoui’ de cette décision. Sa visite était consacrée essentiellement au sujet. Il a tenu une réunion avec les cadres et responsables du port pour s’enquérir de la situation et avoir ‘plus d’informations sur la boite’. 

Le directeur du port lui fera un exposé sur la mission du port , ses moyens , ses objectifs et ambitions. Il parlera aussi des difficultés dont le manque de performance de l’unique vedette dont dispose le port. 

Cette visite, technique à l’origine, permettra d’autres échanges plus houleux. Ainsi avec les syndicats marins qui lui reprochèrent d’être du côté des armateurs. Les syndicats ont dénoncé les retards dans les paiements des salaires  des marins, la falsification des livrets, le favoritisme et le clientélisme de certains opérateurs. Le ministre leur rétorquera qu’il ne peut interférer dans les problèmes de non paiement, que la justice est là pour ça. Aussitôt,cette prononcée , les syndicalistes se lèvent comme un seul homme et vont vers la sortie. Non sans qualifier le ministre d’être au service des patrons. Certains critiquent son style décontracté et son franc -parler ‘comme s’il parlait à des enfants’. 

Quelques minutes de flottement. Les gendarmes bloquent les issues empêchant les syndicalistes de sortir. Puis les esprits se calment. Le ministre dit vouloir rendre le ministère des pêches plus technique que politique. 

On s’entend sur une commission chargée d’étudier la plateforme proposée par le ministre. Les syndicats sont priés de désigner leurs représentants tout comme les armateurs réunis au sein de fédération nationale des pêches (FNP). 

Un incident ternira la visite du ministre des pêches. Alors qu’il serrait des mains du comité d’accueil du port , ders dizaines de marins criaient à tue tête’ nos salaires’. Le ministre les ignora royalement. 

Il s’agissait de travailleurs de la société ARMASHIP qui entendaient profiter de sa présence pour attirer l’attention sur leur cas. Ils seraient restés des mois sans salaires et l’armateur n’aurait pas assez d’argent pour les payer. 

Ils ont expliqué les vexations et humiliations qu’ils vivent à bord. Ils se disent notamment victimes de leurs collègues chinois qui les bastonnent souvent pour un oui ou un non.’ Nous n’osons répliquer de peur dêtre renvoyés’ dit l’un d’eux. 

Leurs délègués affirment qu’en plus de cela les conditions d’hygiène font défaut.’ Nous partageons une tenue par 5 personnes , une paire de bottes par dix. Les maladies cutanées sont fréquentes .Le matériel de couchage est vétuste et n’est pas changé depuis des lustres ‘ disent-ils. 

Ils se plaignent aussi de la non prise en charge médicale. 

Le ministre s’est dit ‘fier de la compétence de ses fonctionnaires régionaux qui font un excellent travail’. 

Ce n’est pas l’avis des syndicats et des marins. Pour beaucoup parmi eux du moins. 

Athié Youssouf 

 

 La Tribune n°428




Compagnies aériennes africaines

24122008

 

Compagnies aériennes africaines: 

 

L’union pour ne pas être hors course 

 

Promis, juré, la nouvelle compagnie aérienne ouest-africaine s’envolera bientôt. Mais le marché est aussi porteur que concurrentiel. Dans un ciel chasse-gardée des compagnies occidentales, il faudra s’unir pour exister. 

 

Le 14 novembre dernier,
la Commission européenne a rendu publique la neuvième «liste noire» des compagnies aériennes interdites d’accès dans l’Union en raison de problèmes de sécurité. Elle comporte 92 compagnies, originaires essentiellement d’Afrique et d’Asie centrale.

Tous les transporteurs d’Angola, de Guinée équatoriale, du Liberia, de
la Sierra Leone, du Swaziland et de
la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que du Gabon, à l’exception de Gabon Airlines et d’Afrijet, en plus d’Air West pour le Soudan et Silverback Cargo Freighters pour le Rwanda, sont bannis. A s’en tenir à cette appréciation, il ne fait pas bon voler dans le ciel d’Afrique, mais alors pourquoi les plus grandes compagnies aériennes du monde s’y ruent-elles? Les compagnies européennes ont capté plus de 72 millions de passagers des pays africains. Selon Cheikh Tidiane Camara, président du conseil de surveillance du cabinet Ectar, elles transportent chaque année 70% des passagers qui vont en Afrique ou en partent (Jeune Afrique, aout 2008). En tête, Air France-KLM, suivi de British Airways, Lufthansa, Brussels Airlines, Tap, Swiss, Iberia, sans compter l’irruption de compagnies du Moyen-Orient, Emirates, Ethihad… L’association des compagnies aériennes africaines, AFRAA, confirme qu’en 2004 ses 42 compagnies membres n’ont assuré que le tiers du trafic global sur le continent.

 

Attrait 

 

Comme pour le mobile, les manques de l’Afrique font son attrait. Comme l’a déploré le président burkinabé Blaise Compaoré à l’ouverture de la 40e assemblée générale de l’Association africaine des compagnies aérienne, «la fréquence des vols entre les capitales africaines est faible et le coût des billets trop élevé». Sur un vol aller-retour Paris-New York, Air France facture ses services 17 centimes d’euro par kilomètre, contre 40 centimes par kilomètre pour les passagers à destination de Brazzaville. Sur Paris-Nouakchott-Paris, Air France est 25% plus cher qu’Air Sénégal International et 45% pour Paris-Libreville-Paris par rapport à Royal Air Maroc, indique Jeune Afrique.

Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5 % du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Malgré une population de 850 millions, le continent africain ne représente que 4,5% du trafic aérien mondial. Mais son potentiel constitue, aussi, comme pour le mobile, l’avenir du transport aérien. Selon l’IATA (International Air Transport Association), le transport aérien a connu en Afrique une croissance annuelle moyenne supérieure à celle du reste du monde entre 2003 et 2004: 11,2% pour le trafic passager et 7,5% pour le cargo.

 

ASKY

 

La compagnie aérienne africaine, ASKY (African Sky), longtemps attendue, annonce son envol pour le premier trimestre 2009 dans un marché porteur, certes, mais tout aussi concurrentiel. Son président Gervais K. Djondo semble en avoir pris la mesure. «Si nous avons traîné avant de lancer ASKY, c’est pour éviter de tomber dans les mêmes travers que certains. Nous ne voulons pas créer une compagnie qui ne dure qu’un printemps.»

Le capital annoncé est déjà d’une autre envergure. 120 millions de dollars, contre 7,291 millions d’euros pour Air Sénégal International et 5,49 millions d’euros pour Air Ivoire. Les promoteurs, nombreux, forcent également le respect,
la Banque d’investissement de
la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest,
la Banque ouest-africaine de développement, Ecobank… Ethiopian Airlines en sera le partenaire stratégique.

De puissantes banques nigérianes, Skye Bank, UBA et First Bank of Nigeria, ont, de leur côté, annoncé leur disponibilité à financer les compagnies africaines qui ont enregistré des pertes de 700 millions de dollars cette année. Les besoins financiers pour la modernisation des flottes et pour l’expansion des itinéraires des compagnies africaines sont actuellement estimés à 60 milliards de dollars. Boeing prévoit pour le continent, pour la période 2000-2019, une croissance de l’ordre de 4,8% par an pour le trafic passagers et de 6,4% pour le fret. Le ciel africain va attirer encore plus de prétendants. Reste aux Africains à se faire une place dans leur ciel. Christian Folly-Kossy, secrétaire général de l’AFRAA, en fixe les conditions. «Les petites compagnies africaines doivent fusionner ou rejoindre des groupes d’alliance africains.»

 

Chérif Elvalide Sèye

www.lesafriques.com 




Terrorisme :que reste-t-il du 24 décembre 2007 ?

24122008

Terrorisme : 

Que reste-t-il du 24 décembre 2007 ? 

 

Un an après, l’attaque d’Aleg semble avoir été oubliée. Pourtant, c’est par elle que l’image de la Mauritanie a entamé un recul qui a fini par être inexorable. 

Retour sur une catastrophe qui n’a pas fini de coûter au pays… 

 

Lundi 24 décembre 2007, la Mauritanie respire l’air de la tranquillité et des promesses d’avenir. Moins de deux semaines après la réunion de Paris qui a vu le Groupe Consultatif le plus réussi pour la Mauritanie. Retour des réfugiés, réconciliations et retrouvailles nationales. Attente ferme du Rallye Paris-Dakar et de ses retombées. L’année 2008 qui pointe déjà, promet d’être faste. Rien ne semble pouvoir perturber ni dévier le pays. Le pouvoir vient d’adopter un nouveau weekend : vendredi. Symbolique. Le dimanche 23 est le premier jour de la semaine qui commence. Nous sommes lundi 24. 

La journée de lundi commence bien pour François Tollet (73 ans), son frère Gérard (60 ans), ses fils Jean-Philippe (47 ans) et Didier (38 ans), et Adda Hacène (34 ans) ami d’enfance de Didier. Sur invitation de François, le groupe avait décidé «une virée africaine pour Noël 2007». Deux 4×4 pour ce parcours de trois semaines, le temps nécessaire pour traverser la Mauritanie, le Mali et le Burkina. Ils sont à Aleg en ce lundi 24. Ils sont entrés dans une banque pour faire du change. Puis ont rencontré le maire de la ville qui les a invités à prendre un thé dans les locaux de l’hôtel de ville. Ils reprennent tranquillement la route un peu avant onze heures. François est un habitué de ce parcours. La Mauritanie a toujours été un pays tranquille pour lui. Il peut se permettre de proposer une halte plus loin, dans un coin connu, une mare qu’on appelle «Tamourt eddhiib» (la mare du chacal). 

Ils venaient de déployer leur matériel, quand une voiture de type mercedes 190 s’arrêta à leur niveau. Ils n’eurent pas le temps de savoir ce qui leur arrivait. Selon le survivant de l’attaque, «ça n’a pas duré 20 secondes». Trois agresseurs au moins. Un kalachnikov au moins. Quatre morts, un blessé grave. Le survivant n’est autre que François, le chef de famille. Il a feint la mort. Les agresseurs ne s’attarderont pas sur les lieux. Tuer et repartir. Il était onze heures passées de quelques minutes. 

La nouvelle fait le tour du pays. Vers midi, tombent les premières informations plus ou moins précises. C’est en fin d’après-midi que le ministre de l’intérieur se prononce pour confirmer la thèse du «crime crapuleux». Comme si tous les crimes ne l’étaient pas. En fait c’était une vaine tentative d’éloigner la piste de l’attentat Jihadiste. «Il n’y a pas de terrorisme en Mauritanie», selon le régime issu des élections d’avril 2007. La première préoccupation est d’empêcher de s’installer la thèse de l’attentat terroriste. Si bien que l’enquête tarde à démarrer. Tergiversations des autorités. Les auteurs de l’acte ont le temps de se débarrasser de leur arme, d’aller dans un village environnant, puis de gagner Boghé avant de partir pour le Sénégal. 

Grâce à la collaboration de spécialistes marocains, l’identité des présumés auteurs de l’acte est rapidement déterminée : Sidi Ould Sidina, Maarouf Ould Haiba et Mohamed Ould Chabarnoux. On disait tantôt qu’il s’agit d’ »une tentative d’enlèvement qui a mal tourné ». Alors que le survivant de l’attaque, cité par ses proches, avait bien précisé que « ce qui le choque, c’est que ça s’est passé en vingt, trente secondes. Ils n’ont pas eu le temps de négocier, ni de discuter ni rien du tout« . Aucune indication de la part des autorités mauritaniennes depuis les communiqués du ministre de l’intérieur qui ont comporté de nombreuses contrevérités. 

Les autorités reconnaissent enfin la réalité : il s’agit d’un acte terroriste même s’il n’est pas revendiqué par la Branche Al Qaeda pour un Maghreb Islamique (BAQMI). Commence la traque. Le Sénégal puis la Guinée Bissau où deux des présumés assassins – Sidi Ould Sidina et Chabarnoux – sont arrêtés et extradés vers la Mauritanie. Maarouf Ould Haiba, peu connu des services mauritaniens, prend la direction du Mali où il rejoint les bases de BAQMI. Selon toute vraisemblance, ce sont les services français qui ont aidé à suivre puis à repérer les deux fugitifs. «
La Guiné-Bissau va payer très cher le fait d’avoir maltraité les combattants de Dieu», a déclaré à la presse Sidi Ould Sidna, au moment de monter à bord de l’avion qui devait le ramener à Nouakchott. Le regard hautin, l’air arrogant, Ould Sidina reconnaît son méfait. D’ailleurs dès leur arrestation, dans la nuit de jeudi à vendredi, les deux compagnons avaient avoué aux enquêteurs bissau-guinéens avoir tué des «infidèles et des alliés des Américains» et déclaré n’avoir «aucun remord». 

Un peu moins de trois mois après leur extradition, l’un des deux – Sidi Ould Sidina – réussit une cavale spectaculaire parce qu’il quitte tranquillement le Palais de justice le jour même de l’arrivée de l’Emir du Qatar en Mauritanie. Une cavale qui sera l’occasion d’entendre et de voir dans les rues de Nouakchott les échanges de tirs entre la police et des groupes armés. Il s’en suivra – à chaque chose malheur est bon – le démantèlement de cellules du Groupe «Ansaar Allah Al Murabituune», groupe affilié à BAQMI et chargé par Bella’war, le célèbre chef de guerre du GSPC puis de BAQMI, de mener des actions sanglantes en Mauritanie. Des dizaines di kilos d’explosifs, des armes individuelles et collectives, des cellules dormantes et éveillées, telle est la moisson d’avril 2008, un avril du reste sanglant. L’insécurité et l’inquiétude auront duré de décembre à avril. Assez pour déstabiliser un pouvoir qui était déjà rongé par ses guerres intestines. 

Après l’arrestation des principaux chefs de guerre locaux, et un an après les événements de décembre, qu’est-ce qu’on sait de ce qui s’est passé ? D’abord ce que les présumés assassins ont raconté lors de leurs interrogatoires. Les fuites habituelles ont permis d’accéder rapidement aux interrogatoires de la police. Mais ils ajoutent à la confusion parce que les récits ne sont souvent pas les mêmes, parce qu’ils sont parfois adaptés pour crédibiliser une thèse antérieure… Ce qui nous intéresse ici étant les zones d’ombre, allons-y. 

Qui a organisé le coup d’Aleg ? Comment ce coup a-t-il été organisé ? A l’époque le ministre de l’intérieur avait dit – et c’est devenu la thèse officielle – que la voiture qui a servi est entrée en Mauritanie à la mi-décembre. Alors qu’elle circule ici depuis août, les ventes dont elle a fait l’objet attestant cela. Toujours selon cette thèse retenue, les trois présumés assassins ont pris la route de Boutilimitt par hasard, puis dépassé vers Aleg. Là ils seraient tombés sur le groupe qu’ils ont décidé de suivre et puis d’exterminer. Ici à La Tribune, nous avions publié les témoignages concordants et sérieux d’usagers de la route qui sont passés la veille par là la veille et qui attestent tous avoir vu trois hommes avec un fusil et une voiture à Tamourt Edhiib, sur les lieux même de l’opération. Pourquoi les enquêteurs n’ont pas tenu compte de ces déclarations ? Le mode de l’opération et la suite des événements – retrait tranquille, abandon dans les règles de l’arme du crime et de la voiture, déploiement de la logistique après, le repli vers le Sénégal…- ne laissent pas entrevoir l’ombre de l’improvisation. Même si les tergiversations des autorités et le conflit de compétence entre la Gendarmerie et la police ont largement profité aux fugitifs. 

Au Sénégal qui les a hébergés ? Qui est ce fameux «compagnon» que signalent les services secrets français en disant qu’ils ont été suivis depuis ce lieu ? L’enquête laisse entendre qu’il s’agit de Khadim Ould Semane qui se révèlera être l’Emir du groupe Ansaar Allah Al Murabituun. Pourquoi n’a-t-il pas été arrêté immédiatement ? Comment sont-ils sortis de Mauritanie ? C’est facile d’habitude, mais selon les déclarations des fugitifs, ils ont choisi le chemin le plus compliqué pour le faire. Comment ont-ils échappé ? Nous savons par ailleurs qu’aucune sanction n’est tombée pour nous donner une indication sur la faille ou sur la responsabilité. Les explications données à ce moment n’étaient pas convaincantes. « Ils ne disposaient pas de base au Sénégal, ils se cachaient donc dans des zones urbaines très peuplées où les interventions étaient difficiles », avait indiqué à l’AFP l’ambassadeur de France au Sénégal Jean-Christophe Rufin. Selon lui, intervenir dans ces conditions « aurait impliqué des risques importants ». 

Il est attesté que le braquage opéré en octobre 2007 et qui a permis de mettre la main sur un magot de 54 millions, que ce braquage est le premier acte de guerre du groupe. Qui en est responsable ? Quand vous lisez les P-V, chacun des accusés le revendique et le raconte à sa manière. On sait qu’en son temps la Gendarmerie avait décidé de boucler l’enquêter sans suite, contrairement à l’avis de la police qui y avait vu la main des Jihadistes.   

Pour en revenir à l’attaque, a-t-on cherché à savoir qui en sont les véritables commanditaires ? Quels étaient liens avec la nébuleuse Al Qaeda au Maghreb qui n’a jamais revendiqué l’acte ? Quel lien avec l’attaque d’Al Ghallawiya ? Quel lien avec les querelles internes de BAQMI ? A ce moment-là, la BAQMI était déchirée entre les tenants de la nécessité de faire des armées des pays de l’espace sahélo-saharien, une cible, et ceux qui préconisent le ciblage des intérêts occidentaux dans ces pays et particulièrement en Mauritanie considérée comme le maillon faible de la chaîne. 

Un an après, le pays attend toujours l’élaboration d’une stratégie de lutte contre le terrorisme. Parce que la Mauritanie est cible, l’on est en droit de s’attendre à une telle stratégie. Dans ses discours, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz a promis de la mettre en place. Une première démarche : la création d’une unité spécialisée au sein de l’Armée avec le Groupement de Lutte Anti-terroriste (GLAT). Un demi-millier d’hommes triés sur le volet. Ils ont pour mission de couvrir une zone allant du D’har de Néma à Chegatt. Principe : légèreté et efficacité. Au niveau de la police, une unité est en cours de montage. Ses éléments ont subi un stage aux USA et devraient y retourner bientôt. 

…A Lehlewa, le village des environs d’Aleg où se sont repliés les présumés assassins de l’année passée, les habitants organisent depuis un certain temps des patrouilles pour empêcher la venue chez eux des prédicateurs. La leçon des Sahwa irakiennes a bien été retenue. 

 

MFO 




Interview du Quotidien

24122008

Interview du Quotidien El Emel El Jedid avec SEM Michel Vandepoorter Ambassadeur de France à Nouakchott 

·        «Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle» 

·        «
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs» 

·         «
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel» 

·        «(La libération) est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique» 

·        «Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat» 

 

 

El Emel El Jedid: Monsieur l’Ambassadeur, certains pensent que la position de
la France par rapport au coup d’Etat du 6 août est un peu ambiguë. Il y en a qui disent que
la France a une position ferme, synonyme de celle des Etats-Unis d’Amérique. D’autres pensent qu’au contraire
la France a une position plus souple. Quelle est exactement la position de votre pays? 

Michel Vandepoorter : La position de
la France n’est pas ambiguë, c’est une position de condamnation très claire du coup d’Etat du 6 août. Cette condamnation a été exprimée dès le lendemain du coup d’Etat. Elle a été explicitée dans plusieurs communiqués. J’ai eu moi-même l’occasion de l’exprimer auprès du Général Abdel Aziz à plusieurs reprises. Nous condamnons ce coup d’Etat et nous souhaitons le retour le plus rapide possible à la légalité constitutionnelle. Cette position est fondée sur des principes, le choix d’une forme démocratique de gouvernement, mais aussi sur notre familiarité, j’ai envie de dire, avec
la Mauritanie,  pays dont nous sommes très proches et auquel nous sommes très attachés. Et vous comprendrez que la sévérité de la condamnation de
la France au lendemain du coup d’Etat est à la mesure des espoirs que l’évolution démocratique de
la Mauritanie depuis 2005, avait fait naître en France. 

 

 

El Emel El Jedid : Y a-t-il des divergences entre la position française et celle des américains? 

Michel Vandepoorter : Ecoutez, je n’ai pas l’impression qu’il y a des divergences, il y a certainement des différences d’approche. J’ai l’impression que les positions sont tout à fait identiques entre la position française qui est unique et la position américaine. Il peut simplement  y avoir des différences d’approche parce que nous essayons avec nos partenaires européens, avec l’Union africaine, en multipliant les contacts, de voir quelles sont les conditions dans lesquelles une voie de retour à l’ordre constitutionnel peut être trouvée. 

 

 

El Emel El Jedid : Les mauritaniens ont beaucoup d’espoir envers
la France, et ils pensent qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution pour la crise politique. On a appris dans ce sens que
la France à travers vous, a lancé une initiative, dissociée de celle entreprise par
la Communauté internationale. Où en sommes-nous par rapport à cette initiative-là ? 

Michel Vandepoorter : On ne peut pas dire qu’il est de la responsabilité de
la France de trouver une solution à la crise actuelle.
La Mauritanie est un pays indépendant et bien évidemment la seule solution possible, et acceptable d’ailleurs pour les mauritaniens, viendra d’eux-mêmes, de leurs rangs. C’est à la classe politique mauritanienne de reprendre l’initiative et de voir comment on peut, dans la situation actuelle, compte tenu de tous les éléments que nous connaissons bien, trouver une voie qui permette le retour à la légalité constitutionnelle, le plus rapidement possible. Il n’y a pas du tout de  plan de sortie de crise français, et il n’y a pas de raisons qu’il y en ait un. De toutes les façons, vos compatriotes ne l’admettraient pas et ils auraient bien raison. C’est à eux de le faire. Simplement, je pense que vous faites allusion à la mission que deux responsables français, le directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères et un conseiller du président de
la République ont faite ici il y a quelques semaines. Ce n’était pas une initiative dissociée, c’était simplement une mission d’information de deux hauts responsables français qui venaient à titre national. J’ai employé le mot «distinct» parce que
la France, comme vous le savez, exerce la présidence de l’Union européenne, il  s’agissait bien qu’on marque que cette mission d’information était nationale et était distincte de nos responsabilités comme président de l’Union européenne. Mais si cette mission procédait d’un souci national d’information, cela ne veut pas dire qu’elle est dissociée : au contraire vous aurez remarqué, depuis le coup d’Etat, que
la France a toujours été le pays qui a recherché à associer l’Union européenne bien sûr car c’était son devoir comme président en exercice, mais aussi toutes les organisations représentatives de
la Communauté internationale et notamment l’Union africaine. 

 

El Emel El Jedid: Quelles conclusions cette mission a-elle tirées de sa visite en Mauritanie? 

Michel Vandepoorter: Ce n’était pas une mission d’évaluation, il n’y a pas de conclusions, simplement vous comprendrez que, compte tenu de l’étroitesse des liens qui existent entre
la Mauritanie et
la France, que les hauts responsables qui éclairent la décision du président de
la République et du ministre des affaires étrangères aient eu le désir de voir les principaux acteurs de la situation. Ils sont allés à Lemden pour rencontrer le Président de
la République, ils ont été reçus par le Général Abdel Aziz, et ils se sont entretenus avec Ahmed Ould Daddah comme chef de file de l’Opposition démocratique pour avoir, si vous voulez, une relation directe et personnelle entre hommes. Une appréciation sans doute meilleure que par la simple lecture des rapports 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que présentement on a deux positions de
la France, une de l’Elysée et une du Quai d’Orsay, vrai ou faux? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, on ne peut absolument pas dire ça, la preuve est que la mission à laquelle je viens de faire référence comportait à la fois le Directeur de Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères et un Conseiller de
la Présidence de
la République. Il n’y a qu’une seule position française et  l’Ambassadeur  que je suis est ici pour exprimer cette position. Il est là aussi pour informer les autorités françaises de la  situation du pays, c’est ce que j’essaie de faire depuis ce malencontreux coup d’Etat du 6 août. La position française n’a pas changé, nous souhaitons que
la Mauritanie soit un pays démocratique et que le gouvernement soit conduit selon toutes les formes constitutionnelles et que ce soit véritablement un Etat de droit. C’est l’avenir que nous souhaitons pour ce pays qui nous est très cher. C’est notre position, mais en même temps
la France ne peut pas se contenter de rester au bord du chemin en proclamant tous les matins des condamnations, en disant le coup d’Etat n’est pas bien, il faut revenir à l’ordre Constitutionnel. J’ai l’impression que, compte tenu de nos relations, on attend aussi de
la France, non pas une solution, la solution ne peut venir que de
la Mauritanie, mais qu’elle aide les mauritaniens à trouver une solution, donc cela implique de parler avec les uns et les autres de voir ce qui est possible, de voir ce qui n’est pas possible d’essayer d’inciter, d’encourager tous les responsables politiques, les chefs de partis, à se voir, à se parler, à se réunir pour essayer de trouver une solution qui vient de
la Mauritanie et qui permet de rétablir le plus rapidement possible l’ordre constitutionnel. C’est peut-être ce travail de recherche de ce qui est possible qui donne un petit peu de flou mais, la position française n’a pas changé, la constitution doit être appliquée c’est tout et s’il faut le rappeler une fois de plus, cette position est hostile au coup d’Etat.     

 

El Emel El Jedid: La Communauté internationale a salué lors de la réunion de Bruxelles il y a quelques jours, la promesse du Général Aziz de libérer complètement Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Avec cette libération et avec l’organisation des Etats Généraux de la démocratie, est-ce qu’on peut dire que
la Communauté internationale est satisfaite et qu’on peut passer à l’organisation des élections reconnues et soutenues par
la Communauté internationale? 

Michel Vandepoorter: La libération du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est une chose que
la Communauté internationale attend depuis très longtemps, j’ai moi-même eu l’occasion de la demander. Je ne pense pas avoir rencontré le Général Abdel Aziz sans lui demander systématiquement la remise en liberté complète du président Abdallahi. C’est vraiment une mesure qui doit intervenir le plus vite possible, c’est un élément de justice. Le président a été démocratiquement élu, il doit être libre de ses mouvements, et de sa parole. C’est un élément de décrispation qui favorisera la recherche d’une solution politique. Vous savez que notre position est que le Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi doit contribuer à la recherche de cette solution.  Si le président est effectivement libéré avant le 24 décembre comme le Général Abdel Aziz l’a indiqué à la récente mission de l’Union africaine, c’est un bon point. En même temps, il y a d’autres éléments que nous attendons. C’est la recherche de cette solution. Les Etats Généraux sont une occasion de débattre de tous les problèmes mais il faut voir avec qui on débat de tous les problèmes. Il y a des problèmes politiques très importants qui impliquent tous les partis. Dans notre conception nous aimerions évidemment que tous les partis politiques et notamment ceux qui s’opposent au putsch, ceux qui ont animé une résistance qui est remarquable, car il faut remarquer quand même que
la Mauritanie est l’un des rares pays au monde où on a vu une résistance démocratique s’exprimer contre le coup d’Etat. Les partis qui se sont regroupés dans le Front National de Défense de
la Démocratie n’ont pas le droit actuellement de manifester et cela, en tant qu’amis de
la Mauritanie, nous le déplorons profondément. Ils n’ont pas accès aux moyens d’information, à
la Radio et à
la Télévision. Dans notre conception, ils doivent aller à ces Etats Généraux de la démocratie et expliquer pourquoi ils se sont opposés au coup d’Etat et qu’est-ce qu’ils attendent, participer à un vrai débat contradictoire qui fera naître une bonne solution. Si les Etats Généraux se déroulent en dehors de la classe politique, évidemment ce n’est pas du tout la même chose. 

 

El Emel El Jedid: Si les Etats Généraux s’organisent sans le FNDD, allez-vous reconnaître leurs résultats? 

Michel Vandepoorter: Nous n’avons pas à reconnaître ces Etats Généraux. D’abord,  ce qui est important c’est que la classe politique mauritanienne doit faire son profit de ce qui sortira de ces Etats Généraux. En soi, ces Etats Généraux sont une bonne initiative, il y a des tas de problèmes qui se posent en Mauritanie. Et c’est bien à ce moment de l’histoire de
la Mauritanie, de débattre sur  des sujets graves qui, pour certains, n’ont pas vraiment été traités au moment de la transition de 2005-2007, et  dont nous voyons les effets maintenant. Donc il n’y a pas à reconnaître, ce qui est important, c’est de voir comment on retourne à la légalité. Il y a deux moyens: le président revient et reprend ses fonctions et ça c’est le retour à la légalité. Il y a un autre moyen qui semble être celui  choisi par la junte, qui est d’organiser des élections. Ces élections devront avoir un minimum de crédibilité, de rigueur, de transparence.
La Communauté internationale pourrait sans doute être invitée à les observer mais
la Communauté internationale n’observera pas un scrutin qui n’aura pas été organisé dans des conditions de transparence et de rigueur suffisantes. Il y a là un processus important que nous observons de  près, et qui nous semble déterminant pour le retour à la légalité constitutionnelle. 

 

El Emel El Jedid: Pensez-vous que la candidature à l’élection présidentielle du Général Aziz ou l’un de ses compagnons peut s’assimiler à un manque de rigueur ou de transparence de ces élections? Autrement, est-ce que vous accepteriez la candidature de l’un des auteurs du putsch à ces élections présidentielles ? 

Michel Vandepoorter: C’est une question importante. Il y a eu cette transition démocratique, qui a été brutalement interrompue, par le coup d’Etat du 6 août. Les autorités en place affirment que leur objectif est de renouer avec ce processus démocratique. Dans une certaine manière, on est en train de façonner le visage démocratique que
la Mauritanie aura pour les années à venir. Si les élections étaient organisées par la junte au pouvoir, avec comme candidat un membre de la junte, c’est évidemment une hypothèse qui n’est pas celle que nous envisageons, qui serait un processus pluraliste auquel participent toutes les forces politiques du pays dans des élections transparentes rigoureuses, observées par
la Communauté internationale. Donc, ce qui se joue, c’est de décider à quoi ressemblera la démocratie mauritanienne, disons dans les dix ans à venir, c’est extrêmement important. 

 

El Emel El Jedid: Ce qui est donc important pour vous c’est que la classe politique mauritanienne accepte d’aller ensemble vers une solution quelconque? 

Michel Vandepoorter: On voit bien l’un des reproches qui est fait actuellement à la période de transition de 2005-2007, c’est qu’il y avait trop d’implications des autorités en place au sein du CMJD dans l’élection présidentielle elle-même. Ce qu’il faudrait, c’est que les élections soient organisées par une entité totalement indépendante, et que ceux qui se présentent aux élections, n’aient plus de lien avec quelque forme de pouvoir que ce soit, et que, bien sûr, ce soient des élections pluralistes. Je pense que ce serait  totalement regrettable qu’il y ait des boycotts par exemple, ce serait confirmer le coup d’Etat en laissant un membre de la junte se faire élire à 90%. Il faut que les opposants s’opposent, il faut que les forces politiques fassent ce qui est leur raison d’être, c’est-à-dire qu’il faut qu’elles fassent de la politique et saisissent l’occasion des élections pour faire valoir leurs idées et leurs programmes. 

 

El Emel El Jedid: Que veut dire  élections indépendantes organisées par une entité indépendante? 

Michel Vandepoorter: On peut imaginer qu’une commission électorale totalement indépendante, avec ses moyens propres, soit chargée d’organiser des élections et qu’elle s’appuie sur un gouvernement qui soit un gouvernement de large ouverture accepté par toute la classe politique, ou par la plupart des forces politiques de ce pays. 

 

El Emel El Jedid:  Vous avez toujours dit qu’il faut un retour à la légalité constitutionnelle, certains pensent que pour
la Communauté internationale ce retour veut dire que le président du Sénat prenne le pouvoir pendant une période de transition de trois mois  en vue de préparer des élections, est ce vrai oui ou non? A défaut de cela accepteriez-vous que le HCE continue à gérer la période de transition jusqu’à la fin des élections ou qu’est-ce qui conviendrait selon vous? 

Michel Vandepoorter: L’hypothèse d’un rôle ou d’un intérim confié au président du Sénat n’est pas une invention de
la Communauté internationale, c’est ce qui est prévu dans la constitution mauritanienne. Ce qui est important c’est que l’objectif est de revenir à l’application de la constitution. Appliquons-la le plus vite possible. Nous, notre souhait est qu’on l’applique totalement, c’est-à-dire que le président élu soit président, apparemment l’opposition à cela est très forte. Si la voie  retenue par les autorités en place est  l’organisation  d’élections, au moins  qu’on le fasse dans un cadre aussi proche que possible de la constitution avec l’objectif de revenir très rapidement à une pleine et entière application de celle ci.  

 

El Emel El Jedid: Est-ce qu’on peut dire maintenant qu’avec toutes ces évolutions les militaires ont réussi à dépasser le stade d’être inquiétés par des sanctions? 

Michel Vandepoorter: Non, pas du tout. Il faut voir où nous en sommes. L’Union européenne a engagé la procédure de l’article 96 des accords de Cotonou,  accords que
la Mauritanie a signés et ratifiés, et dans lesquels elle s’est engagée comme tous les signataires à respecter la forme démocratique de son gouvernement, c’est l’article 9. Le coup d’Etat a été une violation grave de cet engagement. Donc on a déclenché l’article 96 pour que les autorités en place viennent expliquer à leurs pairs, puisque les représentants des pays ACP sont des acteurs très importants de ce processus, comment ils vont faire pour revenir à l’application de l’article 9. La première réunion le 20 octobre n’a pas été conclusive parce que tout ce que l’Union européenne et les ACP attendaient n’a pas été dit par les représentants des autorités en place. Donc, nous avons proposé un délai d’un mois pour voir si des éléments nouveaux apparaîtraient. Dans ce délai là d’un mois, il y a eu le transfert du président à Lemden et il y a eu des propositions de sortie de crise présentées à l’Union Africaine le 4 novembre. Ce que fait actuellement l’Union européenne, c’est de voir si ces éléments sont suffisants pour poursuivre le dialogue dans le cadre de l’article 96, ou si ce dialogue doit être clôturé dès maintenant C’est ce qui est en débat actuellement à Bruxelles. Cela prend du temps parce qu’il y a des comités qui se réunissent, qui donnent des indications à
la Commission, qui elle-même prépare une décision qu’elle soumettra au Conseil européen. Mais le Conseil européen peut très bien décider de ce qu’on appelle techniquement des mesures restrictives qui seraient une suspension du FED, en fait des sanctions économiques assez dures. 

 

El Emel El Jedid: Le cas échéant, jusqu’où les sanctions peuvent-elles aller? Peut-on imaginer un TPI pour
la Mauritanie par exemple? 

Michel Vandepoorter: Il faut distinguer les sanctions qui portent sur la coopération et qui sont très lourdes en fait, cela veut dire qu’il y a des infrastructures qui ne seront pas construites, des emplois qui ne seront pas créés, des aides budgétaires qui ne seront pas apportées, des formations qui ne seront pas faites. C’est donc des années de retard de développement de ce pays. Ces sanctions sont d’autant plus lourdes que si l’Union européenne décide de suspendre l’application du fonds européen pour ce qui concerne
la Mauritanie, les pays membres, tous les pays membres de l’Union européenne feront la même chose pour leur coopération bilatérale. Les sanctions ciblées c’est autre chose. C’est effectivement des restrictions de voyage, pour un certain nombre de personnes, ça ce sont des choses qui peuvent être décidées et qui supposent évidemment d’être décidées à l’échelle planétaire. Je pense que c’est l’idée de l’Union africaine, qui peut comme organisation  régionale saisir le Conseil de sécurité des Nations unies. 

 

El Emel El Jedid: Certains disent que les Etats-Unis d’Amérique sont favorables à la transmission du dossier de
la Mauritanie aux Nations unies, et que
la France s’oppose à cela, est ce vrai? 

Michel Vandepoorter: C’est totalement faux, je ne sais pas sur quelle base on peut dire ça, parce que
la France ne s’est jamais exprimée sur ce sujet. Je vous rappelle que cette transmission au Conseil de sécurité des Nations unies est une hypothèse qui est mentionnée dans le communiqué conjoint publié à Addis-Abeba le 21 novembre et que
la France a signé comme représentante de la présidence de l’Union européenne. 

Il s’agit d’une possibilité qui est tout à fait ouverte 

 

El Emel El Jedid: Vous avez parlé de différents  acteurs politiques nationaux (Sidi Ould Cheikh Abdallahi, le Générale Aziz, le FNDD) mais pas du leader de l’Opposition démocratique? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, j’ai eu l’honneur et le plaisir de le rencontrer à plusieurs reprises. J’en ai pas parlé parce que la position de M. Ahmed Ould Daddah et son parti le RFD n’est pas connue à ce stade. D’après ce que l’on sait, le RFD est en discussion pour voir quelle position il adoptera à l’égard des Etats Généraux de la démocratie. 

 

El Emel El Jedid: Comment vous évaluez la coopération franco-mauritanienne? 

Michel Vandepoorter:
La France, en accord avec le gouvernement  du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, avait signé un document qu’on appelle un document cadre de partenariat qui a amené à concentrer cette coopération sur certains sujets. Et ça je pense que c’est un aspect  très intéressant. Car ça permet d’avoir un impact sur quelques secteurs des plus importants et notamment l’éducation, qui est ici comme dans tous les pays du monde, et exactement la même chose en France, vraiment le socle fondamental. Ce que nous aimerions, c’est de pouvoir y aller avec tous nos moyens sans restrictions. Quand je dis tous nos moyens, honnêtement je dois dire que
la France, comme vous l’avez peut-être vu, a de vrais problèmes budgétaires, et nous avons été amenés à couper toute une série de budgets ces dernières années. Mais le traitement de faveur qui a été réservé à
la Mauritanie, c’est difficile à dire mais c’est la réalité, c’est que les programmes pour
la Mauritanie en 2008 n’ont pas été coupés parce qu’on voyait bien qu’il allaient soutenir ce gouvernement démocratique. Alors, évidemment, depuis le 6 août les choses ont complètement changé 

 

El Emel El Jedid: Justement à ce propos, il y avait une aide européenne pour la presse mauritanienne. Un accord en ce sens a été signé avec le Ministère du Développement et de l’Economie. Maintenant les journalistes craignent que ce ne soit gelé ou arrêté en raison du putsch, qu’en est-il? 

Michel Vandepoorter: Ecoutez, c’est au Délégué de
la Commission Européenne qu’il faut poser la question parce que c’est lui qui gère cette aide. Mais, d’après ce que je sais, si l’Union européenne devait décider la suspension du dixième FED, ce programme comme bien d’autres sera nécessairement gelé,
puisque les restrictions de l’UE ferait et que nous-mêmes faisons au titre national, porteraient sur tous les programmes autres que ceux à caractère humanitaire, relatifs à l’assistance alimentaire ou à tout ce qui profite directement aux populations. Mais je ne sais pas si l’aide à la presse est de nature humanitaire, j’espère que non.   

 

 

Propos recueillis par El Houssein Ould Mahand 

 

 

Source :
La Tribune n°425 




Economie :le sinistre de la pêche

24122008

Economie :

Le sinistre de la pêche

 

Au moment où le produit mauritanien connaissait une mévente sans précédent en octobre dernier, le ministre des pêches a jugé opportun d’engager une politique visant à privilégier la consommation intérieure.

Première décision prise par note de service en date du 3 octobre, interdiction de l’exportation de la courbine, du mulet et du tassergal (nguet). «Cette interdiction pour ces trois espèces vise : le poisson frais et congelé qu’il soit entier, étêté et éviscéré ainsi que le poisson salé et salé séché». Une deuxième note de service datée du 25 octobre interdit l’exportation des céphalopodes (poulpe, seiche, calamar). Suit le 3 novembre, une nouvelle note de service. Elle interdit l’exportation de la dorade, du thiof et du mérou. «Ces espèces sont exclusivement réservées à la consommation intérieure en vue de l’amélioration de la sécurité alimentaire de la population mauritanienne». Même spécifications que pour la première interdiction. Nouveauté : «sont exclus de cette interdiction les produits de pêche des navires pêchant en Mauritanie dans le cadre d’accords de pêche, de licence libre ou passant par la SMCP».

Le secteur est désormais régi par note de service. Pourtant la loi est claire en la matière : le Code des pêches dispose que les «mesures spéciales applicables à l’exercice de la pêche commerciale…, la réglementation du mareyage, de la commercialisation des produits de pêche…», toutes mesures en ce sens doivent faire l’objet de décrets pris en conseil des ministres «sur rapport du ministre chargé des pêches et, le cas échéant, des autres ministres concernés».

L’effet de cette politique marquée par l’improvisation est immédiat. Les exportateurs de frais ferment les uns après les autres. Le produit se raréfie sur le marché national. D’où l’impossibilité de maintenir les prix à un bas niveau. Les seules fois où les prix ont baissé, c’était sur des produits saisis et vendus par la Marine nationale. Les opérateurs tapent à toutes les portes pour expliquer leurs positions. Personne jusqu’à présent ne semble leur prêter attention.

Le ministre des pêches monte au créneau pour dénoncer le comportement des opérateurs qu’il a accusés de nombreuses fraudes (fuite du fisc, non rapatriement des devises…). Ce à quoi les opérateurs ont répondu en confectionnant un dossier complet où l’on peut lire les conclusions d’experts, les avis de juristes, la note de la BCM etc.

Dans une correspondance adressée au Premier ministre, les opérateurs plaignant ont réfuté tous les arguments du département. «Nourrir les populations locales», argument «vertueux» mais réellement «vicieux». En effet la relation entre l’objectif déclaré qui est celui-là et les effets de la mesure, est catastrophique pour un secteur qui emploie environ 30.000 personnes. On estime à 4000 le nombre d’embarcations engagées dans le secteur de la pêche artisanale. Sur chaque barque, il y a une moyenne de 7 pêcheurs. Il est reconnu par ailleurs que pour chaque emploi en mer, il existe deux emplois à terre. Si l’on ajoute à cela les activités liées à cela, aussi bien en amont qu’en aval, on peut saisir l’ampleur des effets de toutes mesures visant à perturber le secteur. Pour certains experts, outre son illégalité, la mesure consistant à interdire l’exportation de certains types de poisson est anti-économique. Pour avoir des effets pervers. Surtout que l’étroitesse du marché local et le niveau des populations font que ce marché est «peu rémunérateur». En fait il n’absorberait que 2% des prises totales. Les producteurs affirment eux que «70% de leur production ont toujours été destinés au marché national».

Premier employeur du secteur «entrepreneurial moderne» avec 36% du total national, la pêche artisanale côtière rapporte environ 100 millions dollars par an. Bon an mal an, près de 80.000 tonnes sont débarquées en Mauritanie et fournit 80% de la matière première des usines. «Mais on a parfois tendance, note l’expert Dr Chérif, à oublier que la pêche artisanale côtière mauritanienne doit son développement à la forte demande des marchés d’exportation rémunérateurs, comme ceux du Japon pour les poulpes pêchés au pot – une technique qui a pris son élan à partir de 1987 – et d’Europe pour les poissons démersaux, la courbine, la sole (qui alimentent la filière d’exportation du poisson frais), le mulet pour la poutargue etc.» Pour lui «sa survie demeure tributaire de ces marchés».

Des contre-vérités sont avancées ici et là pour justifier – officiellement ou officieusement – les mesures prises par le ministre. On dit par exemple que les emplois de la pêche artisanale profitent surtout aux étrangers. Alors que les conclusions de lIMROP attestent que «la main d’œuvre étrangère employée dans la pêche est de l’ordre de 14%». Le ministre a dit que le secteur est marqué par l’absence de transparence, l’insuffisance des retombées fiscales et en devises. «S’agissant de l’effet de cette mesure sur le système bancaire national, on peut noter que les exportations des produits provenant de la pêche artisanale au titre des huit premiers mois de l’année en cours ont atteint 24 millions de dollars dont 50% ont été rapatriés en devises au niveau des banques locales». Dixit une note d’information de la BCM en date du 5 novembre dernier. Dans cette note, il est dit que «le blocage d’exportations occasionnant de telles recettes en devises dans une conjoncture pareille devrait être précédé dans les conditions normales par une large concertation (Ministère des finances, BCM, Ministère du commerce, Ministère des pêches, Exportateurs)».

Cette concertation, préconisée du reste par tous les spécialistes, doit être précédée par l’abrogation au plus vite de la mesure d’interdiction pour éviter le pire pour le secteur. Les usines ont commencé à fermer leurs portes. Des milliers d’emplois sont menacés. Le produit mauritanien n’existe plus sur le marché international. Les entrées en devises ont sérieusement diminué, ce qui explique en partie la montée de l’euro face à l’ouguiya.

Si la mesure est annulée, les autorités peuvent alors se donner le temps de penser à une politique réfléchie dans le secteur pour arriver aux résultats escomptés. En attendant engager les opérateurs à approvisionner le marché et à stabiliser les prix.

Tout le reste est mensonge et fuite en avant. Le secteur de la pêche artisanale est déjà sinistré. En quelques semaines. Comment éviter la faillite généralisée ?

 

Ould Oumeïr   

 

Source :
La Tribune n°428







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