Eternels enfants de la rue ?

15 12 2008

 

 Eternels enfants de la rue ? 

La situation des talibés en Mauritanie est inchangée et toujours aussi déplorable depuis des années qu’elle est pointée du doigt. Ils sont toujours dans la rue, aux carrefours des grandes villes, notamment à Nouakchott; le plus souvent sans chaussures ni vêtements décents surtout en cette froide période. Toujours là à tendre la main aux passants dans un pays à 100% musulmans. Un maître coranique à la veille de la fête de la tabaski, le soir, sans avoir totalement couvert ses besoins pour El ADHA, provoque une réunion de crise avec ses talibés. «Demain, c’est la fête de El ADHA; nous n’avons rien, et vos parents n’ont rien envoyé depuis des mois» annonce-t-il sans ambages. Dans cette organisation sociale de l’abandon, si certains parents de talibés restent des mois sans envoyer un sou au maître, d’autres, moins chanceux, n’ont jamais entendu parler de leurs géniteurs. La plupart des talibés de ce quartier de sixième que nous avons suivi, ont été reçus par le marabout depuis l’âge de deux ans. Depuis cet échange, la plupart des parents ne donnent plus signe de vie. «Nous sommes alors obligés de les garder» affirme laconique le maître coranique de cette école au Sixième. 

 

Veille de l’Aïd 

 

Dans cette situation «désastreuse», la veille de l’Aïd, le maître demande à sa trentaine d’élèves (ou d’esclaves) de ramener l’équivalent du prix d’un mouton. «En général, quand nous ne satisfaisons pas à ses demandes, il nous tape fort. Il nous fait mal.» glisse un des talibés, à peine âgé de cinq ans. De ce fait, chacun d’eux doit ramener exceptionnellement ce soir une somme de 2000 UM s’il ne veut pas être puni sévèrement. Les élèves coraniques bravent alors la fraîcheur et les voitures dans la circulation pour sauver leur corps. Le soi venu, seul M.F n’a pu réunir la somme demandée. Il décide malgré tout de rentrer tardivement (à minuit) chez lui. Le petit garçon savait ce qui l’attendait. Arrivé chez son maître, il lui remet la somme de neuf cents ouguiyas. Furieux, le maître le détiendra deux jours durant, ligoté aux pieds par une corde, et écroué dans la pièce attenante à la chambre du maître. Il y est quotidiennement et régulièrement tabassé. Quand le père de l’enfant est mis au courant par les compagnons de son fils, il sera lui aussi dur et tortionnaire. Au moment où nous mettons sous presse il s’apprêtait à ramener son enfant chez lui pour quelques soins avant de le ramener au maître coranique. Pourtant ses autres enfants sont dans les écoles privées, selon nos informations. Ils sont des dizaines comme M.F à travers toutes nos grandes villes qui s’urbanisent de plus en plus. Et en dehors de quelques associations impuissantes, qui luttent vainement, ce problème est toujours hors de portée des inquiétudes officielles. Un problème qui mêle maltraitance, exploitation et abandon d’enfants. 

  

Sy Mamadou 

 

Source : La Tribune n° 427   


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