Après Bruxelles le 12/12,

15 12 2008

Après Bruxelles le 12/12,

Pas d’embargo, pas de sanctions

Moins de pression, plus de concessions

Le retour de Sidioca de plus en plus improbable, le règlement est en vue

 

La semaine aura été cruciale pour la Mauritanie. Tous les yeux ici étaient rivés vers Bruxelles où se tenait la fameuse réunion du comité de suivi de la situation en Mauritanie. Union européenne, Union Africaine, Organisation de la francophonie, Organisation des Nations-Unies, Ligue Arabe avaient fixé ce deadline pour les autorités mauritaniennes. C’était le troisième du genre, après la première réunion de Paris, celle d’Addis-Abeba. Cette échéance avait été perçue comme «la dernière chance de la junte pour revenir sur son acte». Pour le Front anti-putsch animé par les partis formant le FNDD et pour Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président renversé, les sanctions devaient fatalement suivre ce deadline si la situation ante n’était pas rétablie par les militaires.

La veille de la visite de la mission conjointe, une délégation française avait séjourné dans le pays. C’est visiblement le parcours de cette délégation qui a balisé la suite : avec le Général Ould Abdel Aziz, le président renversé Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le chef de file de l’opposition démocratique Ahmed Ould Daddah. La délégation conjointe, composée des représentants des organisations concernées, avait été envoyée en Mauritanie pour discuter avec les principaux protagonistes. Après avoir rencontré officiellement le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, la délégation s’est rendue à Lemden pour s’entretenir avec le président renversé Ould Cheikh Abdallahi. Avant de revenir à Nouakchott, revoir le Général et discuter avec Ahmed Ould Daddah, leader de l’Opposition. Même s’ils ne se sont pas exprimé sur la teneur exacte de leurs entretiens, les membres de la délégation ont manifesté un grand optimisme quand à l’évolution des positions. Surtout du Général qui leur a visiblement promis de libérer sans condition le président renversé. Ould Cheikh Abdallahi libre, le scrupule «moral» de faire sans lui saute naturellement. Avant le 24 décembre prochain il devra rentrer chez lui à Nouakchott et exercer librement ses activités. Acceptera-t-il de prendre part aux Etats généraux de la démocratie désormais prévus le 27 décembre ? Probablement non même si ce sont là des journées qui scelleront l’avenir du pays. Annoncés par le Premier ministre au lendemain de la réunion de Bruxelles, les Etats généraux sont considérés ici comme un pas de plus vers le règlement pacifique de la crise politique. Tout le monde – diplomates, politiques et observateurs – reconnaissent que, malgré la pression extérieure, la solution ne peut être que mauritano-mauritanienne. Autrement dit les protagonistes de la crise mauritanienne doivent se retrouver et discuter pour trouver ensemble une porte de sortie qui sied à deux. Quitte pour eux de prendre en considération l’exigence de stabilité du pays, de son unité et la nécessaire recherche du renforcement au moins de la préservation des acquis démocratiques (voir plus loin).

Pour en revenir à Bruxelles, un communiqué a sanctionné la réunion des ambassadeurs. Réunion d’évaluation plus qu’autre chose, la rencontre de Bruxelles a enregistré avec «satisfaction» l’engagement du chef de l’Etat, le Général Ould Abdel Aziz de libérer Sidi Ould Cheikh Abdallahi avant le 24 décembre prochain. Elle a considéré cela comme un « premier élément de réponse » aux exigences de la communauté internationale. Confirmation de l’engagement et de l’appréciation par un porte-parole de la présidence française de l’Union européenne. De leur côté, les participants à la réunion de Bruxelles ont réitéré leur appel à « poursuivre les efforts conjoints sous l’égide de l’UA ». Ils ont confirmé « l’intention de leurs organisations respectives de tirer les conclusions de l’impasse persistante à ce stade et de prendre les mesures appropriées ».

En marge de leur mission en Mauritanie, les Ambassadeurs avaient exprimé un grand optimisme quant à l’évolution des positions et à la possibilité de trouver une solution à la crise actuelle. Mais ils avaient dit, chacun à sa manière, que la solution ne peut provenir que des Mauritaniens et à l’issue de discussions. Ils ont tous déploré le manque de pertinence quant à la vision des uns et des autres, vision qui fait croire que le temps joue en faveur de ce camp ou de celui-là. «En réalité le temps joue contre la Mauritanie, insiste un diplomate européen. Et il faut mesurer les conséquences des positions intransigeantes des uns et des autres». Insistant sur la faiblesse du pays et la précarité des conditions de sa population, le diplomate renchérit en disant que la communauté internationale a un agenda qu’elle se doit de respecter. «Elle peut y aller lentement, mais quand elle viendra à bout, ce sera catastrophique pour le pays».

Il faut dire que le pays vit réellement les sanctions depuis le coup d’Etat du 6 août. En effet le 10ème FED est arrêté depuis quatre mois (soit près de 160 millions d’euros), la Banque Mondiale a arrêté ses décaissements et les investissements sont plutôt ralentis. Même si le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, il faut dire que les effets de ses mesures préliminaires de rétorsion se sentent déjà. Rien d’ailleurs que l’atmosphère que les menaces font peser, ont déjà un effet paralysant et désespérant. Comment alors éviter que la communauté internationale aille jusqu’au bout ?

Des autorités on attendait des gestes nouveaux. Avec la libération de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, on peut noter une avancée. La tenue des Etats généraux de la démocratie fixée, on peut espérer une feuille de route qui nous dira plus sur les intentions des militaires. Notamment sur leur volonté de reprendre la transition de 2005 et de remettre le pouvoir à un pouvoir sorti des urnes.

De l’opposition au putsch on attend encore une proposition de sortie de crise autre que celle qui s’arrête au retour au pouvoir de Ould Cheikh Abdallahi, lequel a montré ses limites en restant dans la position de l’élément de la crise. On peut considérer que les protagonistes du HCE sont formés de l’ensemble de la classe politique actuelle. Dans ce cas, cette classe aurait pu trouver ensemble les voies et moyens de faire éviter au pays l’épreuve de force avec l’extérieur, de sauver ce qui peut l’être et, pourquoi pas d’imaginer une formule qui mettra définitivement le pays à l’abri des instabilités politiques et de leurs causes dont l’interférence des militaires dans le champ politique mais aussi l’incompétence notoire de l’élite civile qui a eu accès aux commandes du pays.

Il est clair à présent que la solution ne peut venir que d’ici. Les partenaires et amis de l’extérieur peuvent accompagner et aider à aller jusqu’au bout de cette solution. Il est clair aussi qu’elle ne peut provenir que de concertations réunissant l’ensemble de la classe politique. Mais en attendant qu’est-ce qu’on risque si les acteurs en mouvement ne font rien dans ce sens ?

A la veille de la réunion de Bruxelles, on avait beaucoup parlé de l’échéance comme d’un début de l’application des sanctions. On avait même fait circuler une information selon laquelle le principe des sanctions sera adopté mais qu’elles seront différées pour début février. En 2005 et à la suite du coup du 3 août, l’UE avait en partie gelé son aide au développement, jusqu’à mai 2006, le temps de discuter dans le cadre de l’article 96 de la convention de Cotonou. A la conclusion des pourparlers et en contrepartie des 24 engagements pris par la junte à l’époque, environ la moitié seulement des 117 millions d’euros d’aide au développement prévus sur la période 2002-2007 avait été versée. Qu’en sera-t-il aujourd’hui ?

Nous n’en sommes visiblement plus là dans la mesure où, depuis la réunion de Bruxelles on est entré dans l’ère des concessions. C’est comme ça qu’il faut comprendre les engagements du HCE et de son président. La communauté internationale n’est pas pour autant «calmée». Tous les partenaires ne sont pas au même niveau de «compréhension» de la situation.

La position américaine reste en effet inflexible. C’est une position de principe qui ne souffre aucune révision. «Retour à l’ordre constitutionnel» signifiant obligatoirement pour la diplomatie américaine «retour effectif du Président Abdallahi». Toutes les occasions sont bonnes pour réitérer avec passion cette position. Position qui ne serait cependant que le résultat de la conjugaison des efforts du lobby anti-putsch aux USA et de l’engagement personnel du Chargé d’affaires de l’Ambassade à Nouakchott. En effet Dennis Hankins, c’est le nom de ce chargé d’affaires, ne cache pas ses engagements contre le putsch et adopte spontanément toutes les lectures locales (tribales, régionales…).

«Après le coup d’Etat du 6 août – en lisant, c’est ce qu’il a dit alors que le texte du discours comportait le terme «évènements du 6 août», NDLR – les mesures prises dans le sens de la cohésion nationale et les progrès réalisés sur cette voie sont maintenant marqués par le doute». C’est ce qu’il disait l’autre jour à l’occasion d’une cérémonie à l’Ambassade des Etats-Unis. Qu’est-ce qui explique cette intransigeance ?

Il y a bien sûr cette position personnelle qui pèse quand on sait que la gestion du dossier Mauritanie est confiée à un petit fonctionnaire du département d’Etat. Mais il y a aussi le fait que l’administration Bush, en mal de réussite, voudrait bien faire retenir par la mémoire collective qu’elle s’est battu pour la restauration de la démocratie dans le monde arabo-musulman. Le «grand Moyen-Orient» aura été un projet catastrophique, au moins écrire quelque part que l’administration sortante aura fait quelque chose pour remettre au pouvoir un «président élu». Les relations entre les deux pays relevant du sommaire, il faut limiter les conséquences de mesures de rétorsion de la part des américains. Déjà des mesures restrictives ont été prises à l’encontre de certains soutiens du régime militaire. Le HCE aurait dû penser à réagir avec fermeté à l’intransigeance américaine. Par exemple repenser ses relations avec Israël qui ne sont que le résultat d’une opération de charme opérée vis-à-vis des américains. Quoi qu’il en soit, il faut noter le souci américain de toujours s’exprimer la veille d’une échéance concernant le dossier.

En face de toutes ces menaces, le HCE a choisi de jouer le front intérieur. Bataille qu’il a largement gagnée à travers les visites et les soutiens populaires obtenues. Le Général Ould Abdel Aziz a vite fait de s’allier avec les populations en prenant des décisions populaires (baisse des prix, campagne «mains propres»…). Il peut désormais annoncer la tenue des Etats généraux de la démocratie.

Que peut-on attendre de ces Etats généraux de la démocratie ? En aval, le HCE a voulu compenser l’absence probable du FNDD par la présence massive de la Mauritanie «profonde». Des représentants régionaux participeront aux côtés des membres institutionnels (Partis, syndicats, ONG…). L’ordre du jour sera ouvert parce qu’il faudra discuter de tout.

De la réforme constitutionnelle qui doit permettre un rééquilibre des institutions démocratiques. Légèrement au profit du Parlement qui aura un pouvoir amélioré. Pourquoi d’ailleurs ne pas aller plus loin en renonçant au suffrage universel dans le cas de l’élection présidentielle et faire comme en Afrique du Sud ou au Pakistan, sinon instituer un système nouveau comme celui des grands électeurs. L’élection présidentielle coûte cher et ne contribue nullement au raffermissement de la démocratie. La demande despotique étant encore forte, un président qui qu’il soit sera toujours tenté d’instituer un pouvoir personnel.

Deuxième aspect de la réforme constitutionnelle, réserver une place à l’Armée en instituant un haut conseil de sécurité qui comprendrait les chefs de corps et les responsables civils.

Aussi peut-on en attendre l’élaboration d’une feuille de route qui comprendrait une reprise entière de la transition de 2005. Avec notamment les garanties de neutralité concernant les autorités : inéligibilité des responsables en exercice, (re)lancement d’une CENI aux pouvoirs élargis, constitution d’un gouvernement de consensus chargé de gérer la période… Il faut rappeler que lors de la tenue de la session extraordinaire du Parlement, les députés pro-putsch avaient élaboré une feuille de route avec une transition de moins de quatorze mois et l’interdiction pour les militaires de se présenter. Rien n’empêche les composantes des Etats généraux d’aller plus loin.

Ce qui est espéré, c’est bien la participation de tous les protagonistes, y compris ceux du FNDD. Déjà l’on sait que l’élection présidentielle aura lieu avant août prochain. On peut imaginer qu’entretemps, un gouvernement «neutre» aura été mis sur place, ainsi qu’une CENI. Et que surtout l’on saura plus sur les intentions du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Sera-t-il candidat ? pour ce faire démissionnera-t-il ? Rien n’est moins sûr.

MFO

 

 

Encadré :

 

La visite du Général à Tintane rassure la population

Ce mercredi la ville de Tintane fut l’hote du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat et Président de la République. Le calme de la ville fut troublé par cet événement. La tristesse et la désolation furent délogées par l’allégresse et l’espoir. .La ville fut inondée de personnes venues de tous les horizons de la Wilaya qui se faufilèrent entre les voitures.

La foule enthousiasmée brandit des banderoles maquillées de slogan de soutien  au mouvement de  rectification. On put  lire : oui au Haut Conseil d’Etat, vive Général Mohamed Ould Abdel Aziz,fin de la gabegie,le détournement des deniers publiques et la corruption,oui  à la réhabilitation de la ville de Tintane….

Notons, l’objectif de la visite du Général est d’expliquer les raisons du mouvement rectificatif, de se rapprocher de la population et d’inaugurer le lancement des travaux de réhabilitation de la ville.

Le président du Haut Conseil d’Etat a tenu un meeting populaire, dans une grande liesse, à la place officielle de la Moughata, ouvert par le Maire de la ville membre de Tawassoul. Ce qui a suscité la  surprise et l’hébétement de l’assistance parce qu’étant  partisan de FN DD.

‘’Monsieur le président, ces visages réjouis témoignent l’attachement de la population de Tintane au mouvement de rectification et au Haut Conseil d’Etat. Phrase par laquelle Monsieur le maire a ouvert son mot. Dans son allocution Monsieur le maire a dit que les intempéries du mois d’août 2006 ont constitué un cataclysme social qui a engendré des dégâts énormes de biens et peu de pertes humaines. La ville de Tintane est toujours sous les eaux. Les familles s’entassent sous les tentes comme des réfugiés et restent à la merci de la misère. Aucune stratégie fiable n’a pas été mise sur pieds  pour que la ville sorte de ce gouffre de calvaire. Le Maire de la ville  ne termina pas son allocution sans solliciter au président du Haut Conseil d’Etat de veiller sur la ville pour qu’elle retrouve son dynamisme ancien. Et pour ce faire il est nécessaire de rétablir l’eau et l’électricité, faire des appuis aux agriculteurs et éleveurs, améliorer des infrastructures de base (écoles, hopital…)

Monsieur le Directeur de l’Etablissement pour la Réhabilitation et la Rénovation de Tintane (ERRT) prit parole après le maire de la ville .Le directeur ouvrit son allocution par remercier le haut conseil d’Etat de leur conscience citoyenne  et de leur attitude ferme de vouloir sortir la Mauritanie  de sa profonde crise économique, social, politique et sécuritaire. Il a par ailleurs signaler  que son institution  est chargé de tout ce qui touche la réhabilitation  et la rénovation de la ville, dans toutes ses dimensions urbanistiques, économiques et sociales et ce pour mettre fin  aux souffrances des habitants de Tintane et répondre favorablement à leur aspiration légitime à avoir une vie décente. Avant de finir son mot, le directeur de l’ERRT dévoila les activités qui viennent d’être lancées : étude de l’évacuation des eaux stagnantes et la protection de la ville, opération de pompage des eaux au niveau de la ville, réfection du tronçon de la route de l’espoir  traversant la ville, rétablissement des services de base (eau et électricité), régénération  des palmiers et relance des activités maraîchers,réhabilitation des écoles et lancement des études relatives  à l’extension de la ville.

Il ceintura son mot en affirmant que lui et son équipe  est engagée à faire des réalisations concrètes, dans l’intetret  de tous et dans les meilleurs délais, conformément aux orientations du président du  Haut Conseil d’Etat Chef de l’Etat, Général Mohamed Ould  Abdel Aziz et  s’est fini le détournement.

Et enfin le général prit parole : ‘’chers citoyens habitants du hodh El Gharbi, habitants de Tintane, je vous remercie de l’accueil chaleureux  dont nous sommes  l’objet moi et mes accompagnateurs. Cette foule immense et gaie justifie votre confiance à mon égard et à celui du Haut Conseil d’Etat ‘’

Le chef de l’Etat ne tarda pas à expliquer les raisons du mouvement rectificatif survenu le 6 août dernier. ’’N’il n’ignore que depuis des années 70 notre pays est marqué par la gabegie,le détournement des deniers publics , la corruption, l’hypocrisie,népotisme,le laxisme, richesse mal partagée….Voila ce qui a motivé le  HCE de freiner le président déchu qui nous  a déçu malgré son élection libre et transparente.

Le Général  dit le Président et l’Etat ne sont rien sans le peuple  qui constitue l’Etat. De ce fait l’intérêt du peuple est à défendre impertinemment.

Le président du HCE ajouta : le virus de la gabegie faisait tache d’huile. Il a pour mission d’enterrer tous les maux de l’apanage du passé .Le président de la République promit aux habitants de Tintane que  la ville retrouvera son ancienne image et le calvaire serait  une histoire, dans un bref  délai.

Il ne finit pas sans laisser entendre à l’assistance  qu’il soulagera  la ville en créant des écoles, infrastructures sanitaires, appuyant les éleveurs et les agriculteurs et  aussi renforçant  le Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel (CFPP) pour avoir une main d’œuvre qualifiée afin de lutter contre le chômage.

Après ce meeting Mohamed Ould Abdel Aziz se rendit  en  ville pour le lancement des activités de l’ERRT. Notamment il a posé la première pierre de l’extension de la ville, également tourné la vanne  d’évacuation des eaux stagnantes résultant de l’inondation  de 2006 et lancé la réhabilitation du tronçon  de deux kilomètres de la route de l’Espoir traversant la ville.

Le chef de L’Etat ne quitta pas la ville sans rassurer la population de Tintane

                                                           Adama Sy cp Hodh El Gharbi.

 


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