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Les Echos de Mohamed Fouad Barrada

15122008

 

 Spécificité islamo-  mauritanienne ! « Nous avons  tout pour être unis.  A nous de chercher un dénominateur commun… ». 

Je me rappelle d’une dispute. C’était chez ma grande  cousine à la suite d’une  histoire touchant sa vie privée familiale. Je lisais tranquillement mon  journal. Elle  a éteint  l’électricité sans me prévenir. Du coup, je me suis acharné contre elle.   Sa réaction  était agressive.  La conséquence  était évidente : un rabaissement   au rang de ‘tricoteur des  chaussettes d’esprit’.  Après trois jours, j’étais obligé  de piétiner mon arrogance qui était d’ailleurs  mal placée  et je lui  ai  rendu visite. Disons que  j’étais guidé par la spécificité islamique. Elle n’a pas compris  mon point de vue.  D’ailleurs, elle refuse toujours de me saluer. Peu importe. Il faut avoir la conscience tranquille et cela selon une référence fondée.   Tout cela pour dire qu’il faut que la classe politique cesse de fermer la porte à toute forme de réconciliation. Les populations ont besoin d’être rassurés. Les politiques doivent avoir en perspective  l’esprit de tolérance, de bienfaisance, de…..  En effet, dans ce mois béni de ‘Di Hdja’,  il y a des journées  de pardon, telle  que la fête d’Alaïd Al Kabir. Ces journées sont des occasions pour apaiser les incompréhensions entres les musulmans. N’est-il pas dit, en ce sens,   que  toute  rupture entre les musulmans  est formellement interdite. Ainsi, celui  qui  ne  visite pas  un musulman après trois jours de  dispute, risque en cas de sa mort de faire l’objet d’une souffrance infernale.  N’est-il pas aussi dit que le musulman doit aimer pour  soi même  ce qu’il  aime  pour  l’autre.  Et si nos politiques exploitent ces fondements ?   

A cet égard, face à la situation politique dans laquelle se trouve le pays, il est indispensable de s’abreuver d’une base morale, d’une conscience collective afin de trouver une solution pacifique pour cette crise qui à mon avis a trop duré.   Quel est le facteur unificateur de
la Mauritanie ?   L’islam. Et l’islam doit être  interprété  selon une lecture sereine loin de l’instrumentalisation radicale voire agressive qui pousse à la division. Il s’agit de l’islam tel qu’il est.   Sans rentrer  dans les détails, plusieurs concepts  religieux sont utilisés  pour diviser et non pour unifier.  Ils sont, parfois, mal interprétés.   Certes, à titre d’illustration, le salafisme  est un concept orignal, car il signifie l’alignement au comportement du prophète Mohamed ‘Salalah Alyhi  Wessalem’(PSL), néanmoins,  ce concept est vidé de son sens.  Il  est politisé et instrumentalisé à fond. Des groupes islamistes  ont ‘extrapolé’   ce concept pour semer la terreur chez les musulmans eux mêmes.  Ainsi, l’épithète    salafiste provoque des frissons chez les musulmans et le non musulman.

Cependant,  le prophète  était contre toute violence. Il était simple et il aimait la simplicité malgré sa supériorité  divine. Et il prônait  la justice sociale tout en  provoquant  une révolution culturelle  permettant de défendre les plus faibles.  A l’ère de l’émergence de l’islam, les autres civilisations piétinaient les plus faibles. Du nord au sud, de l’Est à l’ouest, l’injustice était monnaie courante. Cela  explique d’ailleurs  la reconversion  massive sans guerre ou avec guerre    de non musulmans    à l’islam.   C’étaient des guerres justes et justifiées  pour défendre les plus faibles  et de les arracher de l’optique de la jungle. Ce n’est plus la même époque, ni le même contexte.  Le  débat actuel  se pose en termes simples et clairs : Pourquoi il y a eu tant de dégâts dans les terres de l’islam ?  Et pourtant cette civilisation persiste sans être pour le moment constructive, je vous laisse lever le débat en tant que politique  mauritanien  musulman  tout en ayant comme ligne de mire le fait que nous sommes dominés par le matérialisme sauvage. Imaginons l’impact de cela sur les générations futures.   En somme, depuis  20 ans, en Mauritanie, nous vivons dans des divisions qui  ne nous ont menés à rien.  Pourtant, nous avons  tout pour être unis.  A nous de chercher un dénominateur commun.

m_barrada@yahoo.fr

Source : La Tribune n°427




Edito de La Tribune Par Mohamed Fall O Oumère

15122008

 

Très grave. Très grave, ce qu’a dit l’Imam de la Grande mosquée dans son prêche à l’occasion de la fête. Très grave.

Pour notre religion dont il a dit qu’elle ne reconnaissait pas les libertés individuelles ni la démocratie et tout ce qui en découle. Pour notre système politique qu’il a renié en affirmant que l’on doit obéissance absolue au maître du moment. Pour notre pays dont il a remis en cause les fondements principaux.

Ce n’est certes pas le premier discours controversé de cet imam. Mais j’estime qu’il est temps de réagir à ce que cette autorité morale et religieuse dit. Surtout dans une conjoncture comme la nôtre. Contrairement à ce qu’a dit l’Imam, nous avons besoin de la démocratie comme cadre d’évolution. La démocratie n’est pas antinomique de notre Sainte religion. Et, si l’Imam ne le sait pas, il faut le lui dire, le débat sur le droit des hommes à choisir leur système de gouvernement en terre d’Islam, ce débat a été épuisé depuis la Nahda.

A l’image de notre élite en général, l’Imam de la Mosquée n’a pas pensé aux conséquences et à la portée de ses propos. En voulant exprimer son soutien aux autorités du moment, il a parlé comme n’importe qui. Alors qu’il n’est pas n’importe qui…

Qu’est-ce qui peut expliquer la propension de notre élite à tant d’irresponsabilité ?

Un diplomate étranger chevronné nous disait l’autre jour que durant sa longue expérience mondiale, il n’a jamais vu avant ces jours-ci un responsable politique souhaiter – à plus forte raison demander – des sanctions contre son propre pays.

De ce que disent les étrangers, nous retiendrons deux éléments : la solution ne peut être que mauritanienne et pour y arriver, il faut un dialogue mauritano-mauritanien.

Cela suppose l’acceptation d’aller à la concertation prochaine. Seuls les absents auront tort. Comme par le passé. Le boycott est toujours le pire des choix parce qu’il mène à l’exclusion. Les politiques n’arrivent pas encore à tirer cette leçon. Nous savons aujourd’hui que le «péché originel» de l’opposition en Mauritanie a été le boycott de 1992. Seize ans après, la même opposition – ou presque – vient de boycotter la session ordinaire du Parlement et s’apprête à faire de même avec les états généraux de la démocratique qu’on voudrait fondement d’une nouvelle Mauritanie.

Certes, les gouvernants actuels sont appelés à faire des concessions et au plus vite. Parce que, comme le disent les diplomates, le temps presse pour le pays auquel il faut éviter l’entrée dans la spirale des sanctions.

Les gouvernants actuels n’ont pas le droit à l’erreur. Et on peut leur pardonner les errements de ces quatre mois seulement s’ils se précipitent à «corriger le tir». Eux qui veulent appeler ce qui s’est passé «mouvement de rectification» doivent fournir des efforts supplémentaires pour que leur acte ne soit pas un coup d’Etat de plus.

Les auteurs du 3 août et de la transition se rendent-ils compte des reculs observés depuis quatre mois ? Par rapport même aux idéaux qu’ils se sont fixé. Les médias publics sont redevenus ce qu’ils étaient avant le 3 août. Il est vrai que la mise au pas a commencé en avril 2008, mais cela n’excuse pas la chape de plomb après. L’implication de la presse a connu un net recul. Les manifestations publiques sont suspendues.

Le prétexte est le caractère exceptionnel de la situation. Mais la chape contribue à amplifier ce caractère exceptionnel, et vice versa.

Evitons à notre pays d’entrer dans le cycle de la stigmatisation. Il lui sera difficile d’en sortir après.

Il y a un an et quelques jours, le gouvernement de Zeine Ould Zeidane revenait victorieux de Paris où la communauté internationale s’était engagée à mobiliser plus de deux milliards de dollars pour le développement du pays. Cela lui avait valu une cabale de la part de ceux qui allaient composer la direction du parti Adil et qui renouaient avec les relents anciens en guerroyant les uns contre les autres. L’opération de sape de cette image-ressource a commencé là.

Dans quelques jours, le 24 décembre, il se sera passé un an sur l’assassinat des quatre touristes français près d’Aleg. A l’origine : le laisser-aller sécuritaire institué en politique de gouvernement. Cet événement est venu rappeler à nos dirigeants que le terrorisme est une menace qui pèse sur le pays, à l’élite que les dérives sont nombreuses et dangereuses, à la population que l’angélisme d’antan est largement dépassé…

C’était le début de la fin de l’image-ressource. La Mauritanie renouait avec l’incertitude. Ce qui empoisonnera la vie jusqu’au jour où les rues de Nouakchott verront les premières opérations terroristes à ciel ouvert.

Nous avons tendance à oublier tout cela. Alors que tout cela – y compris les manifestations d’octobre/novembre 2007 qui ont causé mort d’homme – tout cela fait l’Histoire. Dans une société «normale», l’Histoire est faite de l’accumulation de tout cela. Avons-nous cessé d’être «une société normale» ?

 

Source : La Tribune N°427




Chronique Mansor

15122008

Mouvement vital – plus généralement, créatif – la retraite relève d’un cycle d’existence qui met en corrélation divers éléments indispensables, les uns aux autres et tous à l’ensemble qu’ils constituent. Contraction et dilation environnent l’instant, régulées par le jeu de l’attirance et de la répulsion. Cependant, la symétrie n’est, jamais, exacte. Entre retraite militaire et retraite spirituelle, la nuance est, normalement, de taille. Un élément ne se reconnaît lui-même que sous l’hégémonie de ce qui l’attire, jamais devant celle de ce qui le repousse. Si l’on ne se pose qu’en s’opposant, c’est bien l’effacement dans l’Aimé, l’ardent désir de l’amant, son seul lieu de repos, où puiser, au plus profond secret de lui-même – un hindouiste ou un chrétien écrirait, peut-être : Lui-même ; tant corrélés, semblent, ici, l’Un et l’Autre – son eau de Jouvence… Tout autour, sonnent trompettes et buccins. Dommages collatéraux ? Ce n’est ni fortuit, ni accessoire, c’est, suprême paradoxe, juste nécessité, signes. Certes, on peut s’effarer, à bon droit, de tant de bruits et de fureurs, tant qu’on n’a pas été, soi-même, effleuré par l’aile de la colombe. Alors on sait, instantanément, que le talon des puissants, aussi lourd soit-il, est enchaîné à ceux qu’il opprime ; n’a d’autre choix, pour assurer son pouvoir, temporaire et, fatalement, relatif, que de maintenir ce qui le renversera, tôt ou tard, force, irrémédiablement, contre force, interminable amoncellement. En fin de compte, il ne reste que la foi pour défaire ces montagnes – « tu les crois figées, alors qu’elles passent, comme des nuages [1] » – en tapisser les rives et le fond des océans : la foi, c’est, à un degré plus ou moins clair de conscience, de l’amour sublimé et ça nous rend petit, petit, grain de sable s’amenuisant, encore et toujours, sous la vague, et puis poussière, et puis vent, et puis, et puis, Eternel Mystère, al hamdou lillahi rabbil ‘alamine… 

 

Mais, quelqu’en soit la prééminence, qualitative, en ce monde manifesté, c’est bien fadaises – ou roublardise – que d’assommer le pèlerin à grands coups d’amour divin. Fluctuante permanence – voilà donc sa faiblesse – la guerre est là, partout à la surface des choses ; en nous-mêmes, tout d’abord et en définitive, jusqu’à ce point précis, mathématique – c’est-à-dire, on s’en souvient, sans dimension ni étendue – d’où tout se réalise. Le Texte fondateur [2] de la religion la plus fortement, peut-être, et anciennement centrée sur l’Amour – le krishnaïsme – met en scène un combat où Arjuna, le héros, à l’orée d’un affrontement entre pères et fils, frères et cousins, maîtres et élèves, se lamente et implore le Dieu Compatissant. Celui-ci lui enseigne, alors, la réalité de ce qu’ailleurs, on nommera « jihad ». Non pas que les arguments développés soient, ici et là, interchangeables, chaque émanation de
la Tradition émergeant dans une sémiologie et une conjoncture distinctives, mais ils manifestent une même volonté de dévoiler le sens spirituel du conflit, de la tension, de l’effort. Dès lors, Arjuna et Mohamed – P.B.E. – combattent leurs ennemis avec une d’autant plus précise et efficace attention qu’elle dénude ceux-là, dans l’action fermement assujettie à sa racine immobile, de toute passion, de toute quête de pouvoir(s).  En conséquence, ce qu’ils instaurent, avec la victoire, est bien autre qu’un état, encore moins un Etat, nécessité gestionnaire de leurs temps, au demeurant
[3] : un chemin éprouvé de conscience ; un mouvement convergent d’âmes, chacune à son degré de lumière ; un pacte de vie, entre toutes ; une résurrection d’identité commune, sans nécessité d’immatriculation ni de police d’assurances… 

 

« Le renoncement, c’est quand le cœur se vide de ce qui n’est pas dans la main ». Dans celles de l’ange impavide – maître des maîtres, on le devine, en arts martiaux – l’épée flamboyante tournoie, interdisant l’accès au fruit sublime, tandis que Majnûn passe, oublieux de lui-même. « Toi, rien plus que toi », murmure-t-il et l’adversaire s’évanouit, soudain, comme une brume… Lorsque le fou d’amour pénètre dans l’enceinte sacrée, il n’a rien, absolument rien dans la main, aussi le fruit vient-il, instantanément, la remplir. Le portera-t-il à sa bouche ? Rien n’est moins sûr, désormais, et c’est à peine si l’on distingue sa frêle silhouette – mais ne serait-ce pas, plutôt, un couple enlacé ? – dans la lumière plus aveuglante qu’une nuit sans lune. L’autre regard se dessille, enfin délivré de toute image, et rien ne saura plus, probablement, interrompre sa contemplation intérieure. Tous les murs seraient-ils, à présent, dépourvus d’ouverture, que le kaléidoscope n’en continuerait pas moins ses palpitantes métamorphoses, de ciel en ciel, jusqu’à la certitude de l’Ineffable. C’est certain, c’est oracle, disait Rimbaud. Le vacarme des démons, paniqués, envahit l’étendue : la nef royale est de retour… 




[1] Saint Coran , 27 – 88 

[2] « 
La Bhagavad-Gita », the Bhaktivedanta Book Trust, ISBN 2-908500-02-7
 

[3] Et avec une rigueur accrue pour l’ultime messager divin : critère d’appréciation non-négligeable, à notre goût contemporain… 




Sermons de l’Imam Ahmedou Ould Lemrabott :

15122008

 

 Quand on «agite tout avec une queue de chien» 

  

«Tach ma tach» est une célèbre série comédienne télévisée saoudienne. Une nouvelle version de cette série est produite chaque mois de ramadan. La version de 2008 est baptisée «on est, tous, fils de la même localité». Le duo, qui a donné sa célébrité à la série, aurait du s’exiler dans un autre pays du Golf. Parce que devenus la bête noire de l’ «Office saoudien d’injonction au Bien et d’interdiction des actes répréhensibles». Un bref flash de Tash ma tash de 2007 avait critiqué la Hay’a (l’Office). Quelques semaines plus tard, l’un des artistes a été fustigé par des hommes supposés proches de l’office. 

C’est dans «on est, tous, fils de la même localité» que le duo a fait la vengeance. Un jeune saoudien, Krayyem, qui habite à Arar, se rend en visite à Riyad. Il est reçu à la gare par son frère cadet Sleyyim. A son arrivée, c’est l’appel à la prière. A peine les deux frères s’emballent qu’une luxueuse voiture 4X4 de l’Office s’arrête près d’eux. Un cheikh aisé, à longue barbe et au gros ventre se trouve avec des vigiles à bord. Les deux frères sont arrêtés. A la police, on leur pose une seule question : pourquoi ne priez-vous pas ? Voilà la réponse de Sleyyim «Mon frère vient de rentrer et je jure au nom d’Allah que nous avions l’intention de prier une fois les salamalecs terminés». Pour Krayyem, «je ne connaissais pas que chez vous quand on reçoit son frère, on doit reporter la salutation jusqu’à ce qu’on prie. Chez moi, on se salue et ensuite on prie. Mais, je jure au nom d’Allah que cela ne se reproduira plus». Pour trouver leur liberté, ils devaient payer une caution et appeler leur oncle (weli), bien qu’ils aient 35 ans, pour signer un engagement que cela ne se répètera jamais. Intéressant côté fiction ! 

Côté réalité, observons ce qui se passe chez nous en Mauritanie. Notre grand imam, Ahmedou Ould Lemrabott Ould Habibourahmane, devient l’objet de controverses depuis qu’il se prononce sur les affaires politiques de la cité. On se souvient de son fameux prêche du vendredi. Là,  il a exposé au public la très familiale dispute sur l’incubation (hadhâana, en hassaniyya) de l’imam Bouddah. L’opinion publique lui reproche cet outrage public à la pudeur beidhâne. 

Dirigeant le salafisme cheikhite, très limité, en Mauritanie, Ould Lemrabott vit un dédoublement de la personnalité. Son esprit est lié à Nedjd. Mais, lui, il est lié à cette terre dont les habitants avaient été critiqués un jour par Ibn Batouta pour leur excès de liberté. 

Il loue tout président qui s’installe. En qualifiant ses opposants de tous les vices humains. Son dilemme aujourd’hui est qu’il a devant lui un président qui représente le choix du peuple, mais sans pouvoir, et un président qui a le pouvoir, mais sans légitimité. Rien ne l’obligeait à s’immiscer dans des questions très, voire trop, politiques. Il pouvait, comme tout vrai homme d’Allah, appeler à l’apaisement, au dialogue et au retenu. Mais, il a choisi de se ranger au côté du plus fort, comme tout wahhabite qui se respecte. Bien que son poste lui dicte un non-alignement. A l’instar du président de
la Cour suprême. Et celui du Conseil constitutionnel. 

Le 8 décembre, il a dirigé la prière de l’Aïd. Il a déclaré que «la forme de gouvernance importe peu en islam». Il avait déclaré, lors de la fameuse révolution des affamés, que «
la Démocratie est importée de l’occident apostat. Elle est, de facto, anti-islamique». On a du mal à comprendre comment se fait-il que quelqu’un, qui jette de discrédit sur le peuple mauritanien, jouisse d’une estime. A forte raison une estime officielle. Pourquoi propage-t-on ses sermons à travers nos médias publics, malgré qu’ils défient nos choix ? S’ajoute à cela qu’il est le seul imam qui anime une émission hebdomadaire d’interprétation du Livre dans les ondes de la radio nationale. Cette émission est rediffusée deux fois au moins. Et elle est suffisante pour convertir bientôt nos jeûnes à des mollahs archaïques. 

Mais plus, l’imam a fait un appel à la création d’un «office chargé de l’application de l’injonction au Bien et l’interdiction des actes répréhensibles». Pourquoi «l’injonction au Bien et l’interdiction des actes répréhensibles» ? Parce que c’est le cheval de bataille de la doctrine salafiste. C’est par ce principe qu’elle légitime sa cruauté. Qu’elle justifie son intention d’éliminer l’autre. Ce n’est pas pour rien que les réseaux djihadistes donnent à ce thème une grande importance. Ce n’est pas, non plus, pour rien que notre hymne national, rédigé par le célèbre salafiste, Cheikh Baba Ould Chiekh Sidiya, commence par un appel à «l’injonction au Bien et l’interdiction des actes répréhensibles». Et c’est dans ce contexte qu’il faut mettre la création en Afghanistan de Taliban d’un «ministère chargé d’injonction au Bien et d’interdiction des actes répréhensibles», qui disposait de la suprématie sur tous les ministères. 

Pourquoi appelle-t-il à la création d’un tel office, alors qu’il pouvait demander à donner une «injection islamiste» aux lois en vigueur ? Parce que cet office n’existe nulle part dans le monde, sauf en Arabie saoudite qui est un modèle pour lui. Mais
la Mauritanie n’est pas le royaume wahhabite. Ce royaume est le seul Etat dans le monde qui ne dispose pas d’une Constitution. Le seul Etat administré par les mœurs. Et l’Office est constitué dans ce cadre-là. Cet office n’est qu’une milice qui a le droit de veto sur toutes les libertés. C’est un appareil parallèle dont les lignes de conduite ne sont pas définies. Dont les frontières se fixent selon le degré de parenté (ou d’amitié) avec les membres des familles royale et patriarcale. Ni fois, ni lois, l’Office et
la Police s’échangent de bons procédés quand un adversaire politique ou un réformiste dérange. Pour
la Mauritanie , c’est une autre paire de manche. Malgré que… 

Le très historique10 décembre dernier, le quotidien officiel «Chââb» a consacré son édito pour répondre au rapport annuel d’Amnesty. L’éditorialiste avait mille et un qualificatifs qu’il pouvait utiliser pour nuire à l’image des militants des droits de l’homme. Mais, il a choisi de dire que leur action entre dans le cadre de «l’injonction aux actes répréhensibles et l’interdiction du Bien». Trois jours plus tard, l’imam Ould Lemrabott qualifie de «collaboration pour le péché et pour l’agression» la démarche du FNDD qui vise à faire échouer le putsch. De là, on a une petite idée sur les chantiers que «l’office d’injonction au Bien et d’interdiction des actes répréhensibles» aurait à faire. 

 

Mechri Ould Rabbany 




FAITS DIVERS

15122008

FAITS DIVERS 

                                    

                                     Contrôle routier abusif  

Douches publiques ou isoloir de l’arnaque ? 

Le dimanche 07 décembre dernier,  jour avant la fête de Tabaski, une scène révoltante s’est produite à 13 H devant le dispensaire de Sebkha. 

Lorsque l’un de nos vaillants Brigadiers de police confisqua le permis de conduire d’un chauffeur de taxi de nationalité étrangère à la suite de l’un des nombreux contrôles abusifs qui se sont produits ces derniers jours. 

Dans ce cas , le chauffeurs croyant à l’esprit du pardon, poursuit le policier en le suppliant pour qu’il lui remet son permis, mais ce dernier refusa catégoriquement et lui dit : « Tu ne l’aura qu’à condition que tu verses une somme de 1500um ». 

Craignant de perdre son temps et ses clients, il opte par tendre la somme au policier qui repoussa cet acte sous le regard indiscret de l’assistance. 

Quelques instants après il entre dans les douches publiques qui font face et l’un des agents fait signe au chauffeur d’aller voir le chef dans les toilettes. 

Là où le chef empoche le billet bleu et remet au pauvre chauffeur son permis. 

Est –ce une manière d’appliquer la loi ou de caractériser la corruption ? 

           

                               Veille de la fête d’El Id au marché de la capitale 

    Vol et détention d’arme blanche : Après son coup, le voleur à la tire tombe sur deux policiers 

S’il y a quelqu’un qui a manqué son coup qui était presque réussi, c’est le grand  voleur à la tire et récidiviste M O. A. Profitant de ces bousculades lorsque les femmes et les hommes faisaient leurs achats pour la fête et surtout c’était la veille du grand jour. Il a chipé la pochette de la dame Mahjouba M. Sidina . 

C’est au moment où la bonne dame devait payer une somme de 45000um à une vendeuse de voiles que le quidam a profité de la mêlée pour passer aux actes. 

La pochette en main, il ne restait plus au voleur qu’à détaler, ce qu’il fit bien évidemment, pour disparaître dans la nature. 

Mais il avait tout calculé sauf le passage de deux  policiers sur des  motos. 

Ces derniers, qui avaient suivi de près la scène , se lancent alors à la poursuite de M.O.A qu’ils rattrapent, après seulement quelques secondes de course, pour le conduire au poste de police monté pour des cas pareils. 

Mahjouba M.Sidina a décidé de passer l’éponge sur cette affaire, se limitant à réclamer sa pochette. Quant à M .O.A, il a reconnu les faits. Son cas pourrait s’aggraver à cause de l’arme blanche que les policiers ont trouvée sur lui.   

                                

                           L’après -midi de la fête à la plage   

Viol à main armée en plein jour au vu et au su de tous 

Astou  Diop et Coumba Sarr , deux jeunes filles sénégalaises nouvellement venues à Nouakchott et  résidant dans
la Moughataa d’el Mina étaient sorties le jour de la fête à 16H pour aller à la plage à fin de se promener et de découvrir ce lieu de détente. 

A l’arrivée sur les lieux, un jeune garçon non loin d’elles les appelle mais elles ne l’ont pas répondu. Vexé, le jeune en culotte et chemise  se dirige vers elles un couteau à la main et leur demande de se déshabiller au moment où il y a des gens à quelques mètres de la place. 

Astou arrive à prendre la fuite tandis que Coumba , elle a été saisie par le malfrat qui la forcé à devenir nue et il a abusé d’elle en lui mettant le couteau sur sa gorge et les gens les regardaient de loin. Pourtant aucune intervention ! 

Lorsqu’il a fini son horrible et révoltant geste il a amené les habits de la fille. 

Cette dernière reste au bord de la mer en pleurant et trouva comme secours une femme qui est venue avec son mari pour se promener  qui lui a  remis  un voile et la amener avec elle dans sa voiture. 

Quant au malfrat il est  reparti sans être inquiété. 

A quand la fin de ce genre d’actes ignobles ?   

 

 Par  Aboubecrine O.Sidi

 




Après Bruxelles le 12/12,

15122008

Après Bruxelles le 12/12,

Pas d’embargo, pas de sanctions

Moins de pression, plus de concessions

Le retour de Sidioca de plus en plus improbable, le règlement est en vue

 

La semaine aura été cruciale pour la Mauritanie. Tous les yeux ici étaient rivés vers Bruxelles où se tenait la fameuse réunion du comité de suivi de la situation en Mauritanie. Union européenne, Union Africaine, Organisation de la francophonie, Organisation des Nations-Unies, Ligue Arabe avaient fixé ce deadline pour les autorités mauritaniennes. C’était le troisième du genre, après la première réunion de Paris, celle d’Addis-Abeba. Cette échéance avait été perçue comme «la dernière chance de la junte pour revenir sur son acte». Pour le Front anti-putsch animé par les partis formant le FNDD et pour Sidi Ould Cheikh Abdallahi, président renversé, les sanctions devaient fatalement suivre ce deadline si la situation ante n’était pas rétablie par les militaires.

La veille de la visite de la mission conjointe, une délégation française avait séjourné dans le pays. C’est visiblement le parcours de cette délégation qui a balisé la suite : avec le Général Ould Abdel Aziz, le président renversé Sidi Ould Cheikh Abdallahi et le chef de file de l’opposition démocratique Ahmed Ould Daddah. La délégation conjointe, composée des représentants des organisations concernées, avait été envoyée en Mauritanie pour discuter avec les principaux protagonistes. Après avoir rencontré officiellement le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, la délégation s’est rendue à Lemden pour s’entretenir avec le président renversé Ould Cheikh Abdallahi. Avant de revenir à Nouakchott, revoir le Général et discuter avec Ahmed Ould Daddah, leader de l’Opposition. Même s’ils ne se sont pas exprimé sur la teneur exacte de leurs entretiens, les membres de la délégation ont manifesté un grand optimisme quand à l’évolution des positions. Surtout du Général qui leur a visiblement promis de libérer sans condition le président renversé. Ould Cheikh Abdallahi libre, le scrupule «moral» de faire sans lui saute naturellement. Avant le 24 décembre prochain il devra rentrer chez lui à Nouakchott et exercer librement ses activités. Acceptera-t-il de prendre part aux Etats généraux de la démocratie désormais prévus le 27 décembre ? Probablement non même si ce sont là des journées qui scelleront l’avenir du pays. Annoncés par le Premier ministre au lendemain de la réunion de Bruxelles, les Etats généraux sont considérés ici comme un pas de plus vers le règlement pacifique de la crise politique. Tout le monde – diplomates, politiques et observateurs – reconnaissent que, malgré la pression extérieure, la solution ne peut être que mauritano-mauritanienne. Autrement dit les protagonistes de la crise mauritanienne doivent se retrouver et discuter pour trouver ensemble une porte de sortie qui sied à deux. Quitte pour eux de prendre en considération l’exigence de stabilité du pays, de son unité et la nécessaire recherche du renforcement au moins de la préservation des acquis démocratiques (voir plus loin).

Pour en revenir à Bruxelles, un communiqué a sanctionné la réunion des ambassadeurs. Réunion d’évaluation plus qu’autre chose, la rencontre de Bruxelles a enregistré avec «satisfaction» l’engagement du chef de l’Etat, le Général Ould Abdel Aziz de libérer Sidi Ould Cheikh Abdallahi avant le 24 décembre prochain. Elle a considéré cela comme un « premier élément de réponse » aux exigences de la communauté internationale. Confirmation de l’engagement et de l’appréciation par un porte-parole de la présidence française de l’Union européenne. De leur côté, les participants à la réunion de Bruxelles ont réitéré leur appel à « poursuivre les efforts conjoints sous l’égide de l’UA ». Ils ont confirmé « l’intention de leurs organisations respectives de tirer les conclusions de l’impasse persistante à ce stade et de prendre les mesures appropriées ».

En marge de leur mission en Mauritanie, les Ambassadeurs avaient exprimé un grand optimisme quant à l’évolution des positions et à la possibilité de trouver une solution à la crise actuelle. Mais ils avaient dit, chacun à sa manière, que la solution ne peut provenir que des Mauritaniens et à l’issue de discussions. Ils ont tous déploré le manque de pertinence quant à la vision des uns et des autres, vision qui fait croire que le temps joue en faveur de ce camp ou de celui-là. «En réalité le temps joue contre la Mauritanie, insiste un diplomate européen. Et il faut mesurer les conséquences des positions intransigeantes des uns et des autres». Insistant sur la faiblesse du pays et la précarité des conditions de sa population, le diplomate renchérit en disant que la communauté internationale a un agenda qu’elle se doit de respecter. «Elle peut y aller lentement, mais quand elle viendra à bout, ce sera catastrophique pour le pays».

Il faut dire que le pays vit réellement les sanctions depuis le coup d’Etat du 6 août. En effet le 10ème FED est arrêté depuis quatre mois (soit près de 160 millions d’euros), la Banque Mondiale a arrêté ses décaissements et les investissements sont plutôt ralentis. Même si le ciel ne nous est pas tombé sur la tête, il faut dire que les effets de ses mesures préliminaires de rétorsion se sentent déjà. Rien d’ailleurs que l’atmosphère que les menaces font peser, ont déjà un effet paralysant et désespérant. Comment alors éviter que la communauté internationale aille jusqu’au bout ?

Des autorités on attendait des gestes nouveaux. Avec la libération de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, on peut noter une avancée. La tenue des Etats généraux de la démocratie fixée, on peut espérer une feuille de route qui nous dira plus sur les intentions des militaires. Notamment sur leur volonté de reprendre la transition de 2005 et de remettre le pouvoir à un pouvoir sorti des urnes.

De l’opposition au putsch on attend encore une proposition de sortie de crise autre que celle qui s’arrête au retour au pouvoir de Ould Cheikh Abdallahi, lequel a montré ses limites en restant dans la position de l’élément de la crise. On peut considérer que les protagonistes du HCE sont formés de l’ensemble de la classe politique actuelle. Dans ce cas, cette classe aurait pu trouver ensemble les voies et moyens de faire éviter au pays l’épreuve de force avec l’extérieur, de sauver ce qui peut l’être et, pourquoi pas d’imaginer une formule qui mettra définitivement le pays à l’abri des instabilités politiques et de leurs causes dont l’interférence des militaires dans le champ politique mais aussi l’incompétence notoire de l’élite civile qui a eu accès aux commandes du pays.

Il est clair à présent que la solution ne peut venir que d’ici. Les partenaires et amis de l’extérieur peuvent accompagner et aider à aller jusqu’au bout de cette solution. Il est clair aussi qu’elle ne peut provenir que de concertations réunissant l’ensemble de la classe politique. Mais en attendant qu’est-ce qu’on risque si les acteurs en mouvement ne font rien dans ce sens ?

A la veille de la réunion de Bruxelles, on avait beaucoup parlé de l’échéance comme d’un début de l’application des sanctions. On avait même fait circuler une information selon laquelle le principe des sanctions sera adopté mais qu’elles seront différées pour début février. En 2005 et à la suite du coup du 3 août, l’UE avait en partie gelé son aide au développement, jusqu’à mai 2006, le temps de discuter dans le cadre de l’article 96 de la convention de Cotonou. A la conclusion des pourparlers et en contrepartie des 24 engagements pris par la junte à l’époque, environ la moitié seulement des 117 millions d’euros d’aide au développement prévus sur la période 2002-2007 avait été versée. Qu’en sera-t-il aujourd’hui ?

Nous n’en sommes visiblement plus là dans la mesure où, depuis la réunion de Bruxelles on est entré dans l’ère des concessions. C’est comme ça qu’il faut comprendre les engagements du HCE et de son président. La communauté internationale n’est pas pour autant «calmée». Tous les partenaires ne sont pas au même niveau de «compréhension» de la situation.

La position américaine reste en effet inflexible. C’est une position de principe qui ne souffre aucune révision. «Retour à l’ordre constitutionnel» signifiant obligatoirement pour la diplomatie américaine «retour effectif du Président Abdallahi». Toutes les occasions sont bonnes pour réitérer avec passion cette position. Position qui ne serait cependant que le résultat de la conjugaison des efforts du lobby anti-putsch aux USA et de l’engagement personnel du Chargé d’affaires de l’Ambassade à Nouakchott. En effet Dennis Hankins, c’est le nom de ce chargé d’affaires, ne cache pas ses engagements contre le putsch et adopte spontanément toutes les lectures locales (tribales, régionales…).

«Après le coup d’Etat du 6 août – en lisant, c’est ce qu’il a dit alors que le texte du discours comportait le terme «évènements du 6 août», NDLR – les mesures prises dans le sens de la cohésion nationale et les progrès réalisés sur cette voie sont maintenant marqués par le doute». C’est ce qu’il disait l’autre jour à l’occasion d’une cérémonie à l’Ambassade des Etats-Unis. Qu’est-ce qui explique cette intransigeance ?

Il y a bien sûr cette position personnelle qui pèse quand on sait que la gestion du dossier Mauritanie est confiée à un petit fonctionnaire du département d’Etat. Mais il y a aussi le fait que l’administration Bush, en mal de réussite, voudrait bien faire retenir par la mémoire collective qu’elle s’est battu pour la restauration de la démocratie dans le monde arabo-musulman. Le «grand Moyen-Orient» aura été un projet catastrophique, au moins écrire quelque part que l’administration sortante aura fait quelque chose pour remettre au pouvoir un «président élu». Les relations entre les deux pays relevant du sommaire, il faut limiter les conséquences de mesures de rétorsion de la part des américains. Déjà des mesures restrictives ont été prises à l’encontre de certains soutiens du régime militaire. Le HCE aurait dû penser à réagir avec fermeté à l’intransigeance américaine. Par exemple repenser ses relations avec Israël qui ne sont que le résultat d’une opération de charme opérée vis-à-vis des américains. Quoi qu’il en soit, il faut noter le souci américain de toujours s’exprimer la veille d’une échéance concernant le dossier.

En face de toutes ces menaces, le HCE a choisi de jouer le front intérieur. Bataille qu’il a largement gagnée à travers les visites et les soutiens populaires obtenues. Le Général Ould Abdel Aziz a vite fait de s’allier avec les populations en prenant des décisions populaires (baisse des prix, campagne «mains propres»…). Il peut désormais annoncer la tenue des Etats généraux de la démocratie.

Que peut-on attendre de ces Etats généraux de la démocratie ? En aval, le HCE a voulu compenser l’absence probable du FNDD par la présence massive de la Mauritanie «profonde». Des représentants régionaux participeront aux côtés des membres institutionnels (Partis, syndicats, ONG…). L’ordre du jour sera ouvert parce qu’il faudra discuter de tout.

De la réforme constitutionnelle qui doit permettre un rééquilibre des institutions démocratiques. Légèrement au profit du Parlement qui aura un pouvoir amélioré. Pourquoi d’ailleurs ne pas aller plus loin en renonçant au suffrage universel dans le cas de l’élection présidentielle et faire comme en Afrique du Sud ou au Pakistan, sinon instituer un système nouveau comme celui des grands électeurs. L’élection présidentielle coûte cher et ne contribue nullement au raffermissement de la démocratie. La demande despotique étant encore forte, un président qui qu’il soit sera toujours tenté d’instituer un pouvoir personnel.

Deuxième aspect de la réforme constitutionnelle, réserver une place à l’Armée en instituant un haut conseil de sécurité qui comprendrait les chefs de corps et les responsables civils.

Aussi peut-on en attendre l’élaboration d’une feuille de route qui comprendrait une reprise entière de la transition de 2005. Avec notamment les garanties de neutralité concernant les autorités : inéligibilité des responsables en exercice, (re)lancement d’une CENI aux pouvoirs élargis, constitution d’un gouvernement de consensus chargé de gérer la période… Il faut rappeler que lors de la tenue de la session extraordinaire du Parlement, les députés pro-putsch avaient élaboré une feuille de route avec une transition de moins de quatorze mois et l’interdiction pour les militaires de se présenter. Rien n’empêche les composantes des Etats généraux d’aller plus loin.

Ce qui est espéré, c’est bien la participation de tous les protagonistes, y compris ceux du FNDD. Déjà l’on sait que l’élection présidentielle aura lieu avant août prochain. On peut imaginer qu’entretemps, un gouvernement «neutre» aura été mis sur place, ainsi qu’une CENI. Et que surtout l’on saura plus sur les intentions du Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Sera-t-il candidat ? pour ce faire démissionnera-t-il ? Rien n’est moins sûr.

MFO

 

 

Encadré :

 

La visite du Général à Tintane rassure la population

Ce mercredi la ville de Tintane fut l’hote du Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d’Etat et Président de la République. Le calme de la ville fut troublé par cet événement. La tristesse et la désolation furent délogées par l’allégresse et l’espoir. .La ville fut inondée de personnes venues de tous les horizons de la Wilaya qui se faufilèrent entre les voitures.

La foule enthousiasmée brandit des banderoles maquillées de slogan de soutien  au mouvement de  rectification. On put  lire : oui au Haut Conseil d’Etat, vive Général Mohamed Ould Abdel Aziz,fin de la gabegie,le détournement des deniers publiques et la corruption,oui  à la réhabilitation de la ville de Tintane….

Notons, l’objectif de la visite du Général est d’expliquer les raisons du mouvement rectificatif, de se rapprocher de la population et d’inaugurer le lancement des travaux de réhabilitation de la ville.

Le président du Haut Conseil d’Etat a tenu un meeting populaire, dans une grande liesse, à la place officielle de la Moughata, ouvert par le Maire de la ville membre de Tawassoul. Ce qui a suscité la  surprise et l’hébétement de l’assistance parce qu’étant  partisan de FN DD.

‘’Monsieur le président, ces visages réjouis témoignent l’attachement de la population de Tintane au mouvement de rectification et au Haut Conseil d’Etat. Phrase par laquelle Monsieur le maire a ouvert son mot. Dans son allocution Monsieur le maire a dit que les intempéries du mois d’août 2006 ont constitué un cataclysme social qui a engendré des dégâts énormes de biens et peu de pertes humaines. La ville de Tintane est toujours sous les eaux. Les familles s’entassent sous les tentes comme des réfugiés et restent à la merci de la misère. Aucune stratégie fiable n’a pas été mise sur pieds  pour que la ville sorte de ce gouffre de calvaire. Le Maire de la ville  ne termina pas son allocution sans solliciter au président du Haut Conseil d’Etat de veiller sur la ville pour qu’elle retrouve son dynamisme ancien. Et pour ce faire il est nécessaire de rétablir l’eau et l’électricité, faire des appuis aux agriculteurs et éleveurs, améliorer des infrastructures de base (écoles, hopital…)

Monsieur le Directeur de l’Etablissement pour la Réhabilitation et la Rénovation de Tintane (ERRT) prit parole après le maire de la ville .Le directeur ouvrit son allocution par remercier le haut conseil d’Etat de leur conscience citoyenne  et de leur attitude ferme de vouloir sortir la Mauritanie  de sa profonde crise économique, social, politique et sécuritaire. Il a par ailleurs signaler  que son institution  est chargé de tout ce qui touche la réhabilitation  et la rénovation de la ville, dans toutes ses dimensions urbanistiques, économiques et sociales et ce pour mettre fin  aux souffrances des habitants de Tintane et répondre favorablement à leur aspiration légitime à avoir une vie décente. Avant de finir son mot, le directeur de l’ERRT dévoila les activités qui viennent d’être lancées : étude de l’évacuation des eaux stagnantes et la protection de la ville, opération de pompage des eaux au niveau de la ville, réfection du tronçon de la route de l’espoir  traversant la ville, rétablissement des services de base (eau et électricité), régénération  des palmiers et relance des activités maraîchers,réhabilitation des écoles et lancement des études relatives  à l’extension de la ville.

Il ceintura son mot en affirmant que lui et son équipe  est engagée à faire des réalisations concrètes, dans l’intetret  de tous et dans les meilleurs délais, conformément aux orientations du président du  Haut Conseil d’Etat Chef de l’Etat, Général Mohamed Ould  Abdel Aziz et  s’est fini le détournement.

Et enfin le général prit parole : ‘’chers citoyens habitants du hodh El Gharbi, habitants de Tintane, je vous remercie de l’accueil chaleureux  dont nous sommes  l’objet moi et mes accompagnateurs. Cette foule immense et gaie justifie votre confiance à mon égard et à celui du Haut Conseil d’Etat ‘’

Le chef de l’Etat ne tarda pas à expliquer les raisons du mouvement rectificatif survenu le 6 août dernier. ’’N’il n’ignore que depuis des années 70 notre pays est marqué par la gabegie,le détournement des deniers publics , la corruption, l’hypocrisie,népotisme,le laxisme, richesse mal partagée….Voila ce qui a motivé le  HCE de freiner le président déchu qui nous  a déçu malgré son élection libre et transparente.

Le Général  dit le Président et l’Etat ne sont rien sans le peuple  qui constitue l’Etat. De ce fait l’intérêt du peuple est à défendre impertinemment.

Le président du HCE ajouta : le virus de la gabegie faisait tache d’huile. Il a pour mission d’enterrer tous les maux de l’apanage du passé .Le président de la République promit aux habitants de Tintane que  la ville retrouvera son ancienne image et le calvaire serait  une histoire, dans un bref  délai.

Il ne finit pas sans laisser entendre à l’assistance  qu’il soulagera  la ville en créant des écoles, infrastructures sanitaires, appuyant les éleveurs et les agriculteurs et  aussi renforçant  le Centre de Formation et de Perfectionnement Professionnel (CFPP) pour avoir une main d’œuvre qualifiée afin de lutter contre le chômage.

Après ce meeting Mohamed Ould Abdel Aziz se rendit  en  ville pour le lancement des activités de l’ERRT. Notamment il a posé la première pierre de l’extension de la ville, également tourné la vanne  d’évacuation des eaux stagnantes résultant de l’inondation  de 2006 et lancé la réhabilitation du tronçon  de deux kilomètres de la route de l’Espoir traversant la ville.

Le chef de L’Etat ne quitta pas la ville sans rassurer la population de Tintane

                                                           Adama Sy cp Hodh El Gharbi.

 




Inaugurations à Kiffa : «la santé n’a pas de prix»

15122008

Inaugurations à Kiffa :

«La santé n’a pas de prix»

 

Nous sommes jeudi, 4 décembre 2008. L’Hôpital de Kiffa connaît une activité inhabituelle. Exceptionnellement, deux tentes ont été dressées dans la petite cour de devant. Des tapis ont été déroulés. Une logistique qui annonce l’arrivée imminente du chef de l’Etat, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz. Il vient ici inaugurer la toute nouvelle installation des unités d’hémodialyse et du scanner à l’Hôpital de Kiffa.

L’excitation des employés est évidente. Pas pour l’invité seulement, mais pour cette réalisation. Désormais l’Hôpital de Kiffa est doté d’un matériel qui peut lui permettre de répondre aux demandes toujours pressantes des populations couvertes par l’activité de l’Hôpital. Pas seulement les habitants de la région de l’Assaba, mais aussi ceux des régions des Hodh’s, du Guidimakha et même du Tagant. C’est ce qui frappe quand on entre dans l’aile où sont hospitalisés les malades : la diversité des origines géographiques. L’hôpital de la capitale de l’Assaba a renoué depuis un certain temps avec la notoriété. Alors il est devenu une destination pour les malades.

Quand on entre dans cet hôpital on est frappé par la propreté des lieux. Pas d’odeurs nauséabondes. Pas de crachats sur les murs décrépis pourtant par le temps. Pas d’urines dans les allées. Partout des poubelles bien suivies et bien utilisées. Des latrines relativement excentrées. Et surtout des espaces verts qui servent à donner vie à l’intérieur de l’Hôpital et à purifier l’atmosphère. On sent l’organisation. Cela a certainement demandé des mois de sensibilisation, d’efforts, de réprimandes… mais cela donne des résultats aujourd’hui.

C’est en début de 1979 que l’Hôpital de Kiffa a été inauguré. Construit par la coopération chinoise, il était destiné à recevoir les malades des régions de l’Est, loin du seul grand centre hospitalier national, celui de Nouakchott. L’un des premiers patients hospitalisés dans cet hôpital n’est autre que …Moktar Ould Daddah, le premier président du pays alors en prison dans le fort de Walata. Un autre illustre patient : Me Hamdi Ould Mouknass, ancien illustre ministre des affaires étrangères de Ould Daddah. Il venait lui de Boumdeid où il était en prison. Pour la petite histoire…

La mission chinoise fait des miracles. L’hôpital obtient ses lettres de noblesse tout au long des années 80 et au début des années 90. Il connaît une décadence aussi marquée à partir de ces années de déliquescence générale. Le recul de l’engagement de la coopération chinoise coïncide avec l’incapacité de l’Etat de prendre en charge les besoins de l’hôpital. Plus question de disponibiliser les moyens de soutien et de maintenance pour les hôpitaux. Deux choix : mutualisation des hôpitaux sinon institution d’un système de recouvrement des coûts. Le premier choix est improbable dans une société comme la nôtre. Le second est plus facile à instituer malgré la faiblesse des populations.

Au début des années 2000, la pression sur Nouakchott est si forte qu’il a fallu penser à réactiver, réhabiliter et relancer les hôpitaux. Un programme de revitalisation des hôpitaux est élaboré. L’hôpital de Kiffa est sélectionné parmi les institutions hospitalières. Nous sommes en 2002, fin de l’année.

Dr Mohamed Ould Bebbaha a déjà travaillé à Kiffa. Il bénéficie d’une formation dans l’administration des hôpitaux. Il est muté à Kiffa comme médecin-chef de l’hôpital. Selon les définitions normatives, un hôpital doit nécessairement répondre aux besoins en matière de chirurgie, de maternité et de médecine générale. Pour remettre l’hôpital de Kiffa aux normes, il fallait de grands investissements, financiers et humains. Mais aussi et surtout un engagement volontariste et une vision claire.

En 2003, les hôpitaux vont commencer à fonctionner avec le strict minimum. Comment améliorer les prestations hospitalières et des conditions de travail avec le minimum demandé ? Il faut compenser par l’engagement des hommes. C’est ce pari que l’équipe de Kiffa va lancer. Cinq ans après on peut dire qu’elle a réussi.

D’une part l’obligation de mise à niveau des hôpitaux, d’autre part une conception désuète qui voit dans l’hôpital un service déconcentré de la tutelle à Nouakchott. Il fallait entamer la marche vers l’autonomisation des structures hospitalières de l’intérieur. Première phase : augmenter légèrement les moyens en même temps et se donner une année pour voir quels sont les établissements qui en ont profité. Passer ensuite à la phase de l’autonomie de gestion.

Pour l’hôpital de Kiffa cela s’est traduit par l’augmentation du budget qui passe de 7 millions en 2002 à 21 millions en 2003. Expérience réussie. Parce que pour entreprendre la mission, l’équipe du médecin-chef s’est fixé deux objectifs principaux : 1. Toujours proposer des services de qualité ;  2. Réconcilier l’hôpital avec les malades. «La seule satisfaction que nous avons eue tout ce temps, c’est le sentiment que notre présence ici signifie quelque chose», explique aujourd’hui Dr Ould Bebbaha. En ajoutant : «Je ne dirai pas qu’on a atteint tous nos objectifs». En fait et c’est connu, il n’y a pas de 100% de réussite en matière de santé. Surtout dans un milieu comme le nôtre. L’équipe de Kiffa nageait à contre-courant. Sortir des chemins battus de l’ambiance faite de corruption, d’absences en contrepartie d’engagement politique PRDSien, valait gros à l’équipe. Peau de bananes par-ci, blocages par-là… le chemin n’est pas tout tracé…

Le 15 février 2005, Kiffa et Nouadhibou deviennent des établissements hospitaliers bénéficiant de l’autonomie de gestion. Signe de performance : dès le 1er janvier de 2005, les évacués de Kiffa sur Nouakchott ne payaient plus l’ambulance. L’hôpital de Kiffa a désormais son Conseil d’Administration, sa direction devient son Exécutif. Mais les moyens ne suivent pas. Aucun geste chirurgical ou médical simple ne peut être fait deux fois de suite. Pour chaque chose, il y avait une boîte dont il fallait attendre la stérilisation pour une nouvelle utilisation. En maternité par exemple il était pratiquement impossible de faire trois accouchements par nuit dans les normes. Cela se traduit par des cas, des anecdotes, des histoires qui sont racontées çà et là malgré le changement de décor…

Quand le Général Ould Abdel Aziz arrive pour inaugurer le scanner et l’hémodialyse, il fallait fournir assez d’électricité à l’établissement. Pour ce faire, il fallait mettre en place un transformateur. Parce qu’au début, au moment de l’électrification de la ville, l’hôpital a été abonné comme un domicile quelconque. Il n’y a jamais eu assez d’électricité pour l’alimenter. Sa direction avait anticipé les problèmes existant depuis deux ans en achetant deux groupes électrogènes. Mais en temps normal, l’établissement hospitalier n’a jamais eu assez de «jus». En 2003, quand le problème a été posé pour la première fois, il fallait débloquer la somme de 18 millions pour l’installation de ce transformateur. Aujourd’hui le coût est passé à 32 millions. Entretemps une douzaine de ministres sont passés à la tête du département. Devant chacun d’eux, un courrier expliquant le problème. Mais jamais de prise de décision. «Il aura fallu un premier coup d’Etat, une transition, un régime civil éphémère parce qu’incompétent, un nouveau coup, une décision d’achat d’un scanner pour voir enfin les autorités se décider à équiper l’hôpital de Kiffa». Une façon d’ironiser chez les employés, mais c’est une vérité.

Il y a quelques années, la direction est surprise par le débarquement d’un matériel qu’elle n’a jamais demandé. Il s’agissait d’un four de crémation destiné à l’incinération des déchets hospitaliers. Chacune des pièces du four pesait entre 2 et 7 tonnes. Le ministère n’a pas envoyé avec une équipe technique pouvant l’installer et le mettre en marche. Le marché ne comportait visiblement pas de «services après vente». Et les administrations hospitalières étaient dans l’obligation de réceptionner ce matériel. A Kiffa, il fut ranger dans la cour. Il occupe toujours cet espace (voir photo). Ici on s’est contenté de réhabiliter l’ancien four qui fonctionne merveilleusement bien. Combien a coûté l’achat de ce four, son transport… ? De quoi probablement équiper ici une salle de réanimation, là un bloc opératoire.

Il y a trois ans environ, la direction avait eu une ligne sur le BCI de 70 millions. Elle a tout de suite orienté cette somme vers la création de trois unités : un bloc opératoire spécialisé en orthopédie, une salle de réanimation et une aile ORL.

L’unique réanimation en dehors de Nouakchott est l’exemple type de la conjugaison des efforts. Le bâtiment a été construit par World Vision, les lits et une partie de l’équipement ont été fournis par le FNUAP et le reste sur le budget de l’Etat. Aujourd’hui, c’est une réanimation homologuée par des instances sanitaires internationales qui fonctionne normalement.

Les traumatismes présentent les premières causes d’intervention chirurgicales. Nous sommes au carrefour de routes mal sécurisés, très peu pratiques et où les accidents sont quotidiens. Alors que les accidents routiers causent des pertes énormes, nous n’avons pas en Mauritanie de centre spécialisé dans le traitement des traumatismes et de traitements liés à cela. Et comme Kiffa a acquis une notoriété et une longue expérience d’intervention chirurgicale depuis la fin des années 70, la pression est énorme. Il suffit de visiter les salles d’hospitalisation pour s’en rendre compte. En attendant de voir naître un centre traumato-orthopédique, le bloc opératoire de l’hôpital de Kiffa reçoit à présent différents types de chirurgie.

En plus, l’hôpital de Kiffa est aujourd’hui un centre réconcilié avec sa population. Avec ses 70 lits, il paraît hyper-occupé en permanence. La demande de son extension a été exprimée. Mais la décision n’a pas encore été prise. Le laboratoire n’a rien à envier à ceux de Nouakchott. Le centre d’hémodialyse nécessite un laboratoire biochimique très fonctionnel. C’est à peu près ce qu’il y a. il est vrai qu’il y a un manque de personnels spécialisés pour les unités de dialyse et de scanner. «Il nous faut par exemple un réanimateur, un neurochirurgien pour le scanner, des néphrologues et des techniciens supérieurs pour assurer le fonctionnement de tout ce beau matériel», insiste le directeur de l’hôpital. Qui ajoute que «le plus grand problème est celui de la maintenance» (voir plus loin).

Quand on est venu à l’hôpital de Kiffa, il y avait là une mission médicale française de l’ONG «Equilibre et Population». Amenée ici par le FNUAP, l’ONG avait choisi Kiffa parmi d’autres centres pour faire des opérations ponctuelles. Les spécialistes français sont accompagnés par des mauritaniens mobilisés par le FNUAP. La présente mission intervenait au niveau des femmes touchées par les fistules obstétricales, un phénomène endémique en Mauritanie rurale et même citadine. Dr Amar qui accompagne la mission en profite pour faire d’autres interventions souvent pour des traumatismes. La veille de notre arrivée, il avait fait cinq interventions suite à des accidents de route.

Autre fruit de la coopération : le jumelage avec l’hôpital de Périgueux qui a permis l’acquisition d’un matériel indispensable mais aussi la formation du personnel. C’est justement cette coopération décentralisée qui permet aujourd’hui d’envisager la mise en place d’une réanimation destinés aux nouveaux-nés. Une équipe de techniciens doivent bientôt se rendre en France en vue de subir la formation nécessaire. Les équipements sont en partie sur place. Il ne faut pas oublier que la maternité de l’hôpital de Kiffa est la deuxième après celle de Sebkha (Nouakchott) du point de vue du nombre des naissances. A relever ici que le nombre de sages-femmes exerçant ici ou là n’est pas en fonction de la pression : il y a plus de sages-femmes à l’hôpital Cheikh Zayed (Nouakchott) qu’à Rosso et Kiffa réunis, alors que ces deux hôpitaux et le centre de Sebkha occupent le peloton de tête en nombre de naissances. Ce sont les locaux de la maternité qui ont été squattés pour les nouveaux services de scanner et de dialyse. La maternité a dû être délogée ailleurs.

Autres phénomènes traités dans le rayon gynécologique, les mutilations génétiques, l’excision et ses conséquences par exemple. Nous sommes ici dans un milieu où la pratique de l’excision est un phénomène social. «La semaine dernière, nous n’avons pas sauvé une enfant qui avait eu une hémorragie à la suite d’un acte d’excision». Les conséquences de l’excision sont nombreuses. Le phénomène ne touche pas seulement les enfants mais parfois les adultes. «Une excision sur le tard cause souvent des obstructions graves pour la femme». Nous sommes aussi dans un milieu où le paludisme tue plus de personnes que le SIDA.

«La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût». C’est ce que répètent les médecins rencontrés ici et là. Mais si vous demandez au directeur de l’hôpital de Kiffa, s’il y a des problèmes, il n’hésite pas : «bien sûr qu’il y en a».

D’abord ce problème de ressources humaines. «Mon expérience de 18 ans, explique le directeur de l’hôpital de Kiffa, me fait dire que la coopération en matière de personnel médical reste inadapté. En fait rien ne peut remplacer le cadre mauritanien». Autrement dit, les médecins étrangers, qui qu’ils soient, feront toujours moins dans notre milieu que des mauritaniens bien formés et motivés. «Le cadre mauritanien devient vite polyvalent et va prendre en charge l’aspect social du patient». Ce qu’il faut donc en matière de coopération, c’est surtout la formation du cadre mauritanien, la mobilisation de la ressource humaine nécessaire et son utilisation au maximum de son rendement. «Ce qui manque encore à l’hôpital de Kiffa».

Même s’il y a une autonomie de gestion, les décisions principales notamment en matière de choix prioritaires, sont prises au niveau central. Ces décisions sont imposées au Conseil d’Administration puis à la direction. Si la direction trouve qu’il est prioritaire d’orienter une partie des moyens financiers vers l’extension de l’hôpital, la décision centrale est d’augmenter les capacités d’équipements. «Ces équipements, nous pouvons souvent les obtenir à travers une coopération décentralisée efficace».

Un autre grand problème reste celui de la maintenance des équipements. Sur le plan de l’existence de professionnels. Pour l’hôpital de Kiffa, il existe un seul spécialiste qui couvre en même temps les hôpitaux de Boutilimitt, de Néma, Cheikh Zayed, l’hôpital national… A quel moment sera-t-il disposé pour Kiffa et pour combien de temps ?

 Mais le plus grand problème reste celui de la mentalité des populations. Du plus haut responsable au simple citoyen, la perception de la pratique médicale est faussée. Et cela s’exprime de différentes manières. Dr Ould Bebbaha se souvient d’un soir de labeur en compagnie d’autres collègues, un soir où ils avaient opéré tard dans les conditions d’alors, de retour dans une maison où ils vivaient tant bien que mal, l’un d’eux a allumé le poste radio au moment où quelqu’un disait : «…nos médecins sont des charcutiers, notre personnel est irresponsable…» c’était le ministre de la santé du moment. Cela en dit long sur le reste. Le refus des populations de respecter les règlements, la propension à cracher, à faire tous ses besoins «à côté», l’absence de confiance dans le système médical, la suspicion vis-à-vis de l’administration…

«Depuis quelques années, nous avons fait de grandes avancées. Mais celles d’aujourd’hui sont les plus significatives. Avoir un scanner ici et un service d’hémodialyse nous donne des possibilités nouvelles. Cela participe aussi à corriger le déséquilibre existant entre l’Est et l’Ouest en matière de santé», conclue Dr Ould Bebbaha. Il faut dire que l’hôpital de Kiffa n’est pas habitué à autant de célérité. Ici on attend encore des marchés passés en début d’année sur le BCI 2008. En avril 2008 seulement, l’hôpital recevait du matériel acheté en 2007.

Contrairement à ce que certains sites ont diffusé, le nouveau matériel est dans les normes selon les spécialistes et peut être fonctionnel dès son inauguration. L’étape prochaine pourrait être l’extension de l’hôpital qui permettra d’avoir 400 lits nouveaux. Digne du plus grand carrefour de la Mauritanie.

 

Ould Oumeïr

Envoyé spécial

Source : La Tribune n°427




Eternels enfants de la rue ?

15122008

 

 Eternels enfants de la rue ? 

La situation des talibés en Mauritanie est inchangée et toujours aussi déplorable depuis des années qu’elle est pointée du doigt. Ils sont toujours dans la rue, aux carrefours des grandes villes, notamment à Nouakchott; le plus souvent sans chaussures ni vêtements décents surtout en cette froide période. Toujours là à tendre la main aux passants dans un pays à 100% musulmans. Un maître coranique à la veille de la fête de la tabaski, le soir, sans avoir totalement couvert ses besoins pour El ADHA, provoque une réunion de crise avec ses talibés. «Demain, c’est la fête de El ADHA; nous n’avons rien, et vos parents n’ont rien envoyé depuis des mois» annonce-t-il sans ambages. Dans cette organisation sociale de l’abandon, si certains parents de talibés restent des mois sans envoyer un sou au maître, d’autres, moins chanceux, n’ont jamais entendu parler de leurs géniteurs. La plupart des talibés de ce quartier de sixième que nous avons suivi, ont été reçus par le marabout depuis l’âge de deux ans. Depuis cet échange, la plupart des parents ne donnent plus signe de vie. «Nous sommes alors obligés de les garder» affirme laconique le maître coranique de cette école au Sixième. 

 

Veille de l’Aïd 

 

Dans cette situation «désastreuse», la veille de l’Aïd, le maître demande à sa trentaine d’élèves (ou d’esclaves) de ramener l’équivalent du prix d’un mouton. «En général, quand nous ne satisfaisons pas à ses demandes, il nous tape fort. Il nous fait mal.» glisse un des talibés, à peine âgé de cinq ans. De ce fait, chacun d’eux doit ramener exceptionnellement ce soir une somme de 2000 UM s’il ne veut pas être puni sévèrement. Les élèves coraniques bravent alors la fraîcheur et les voitures dans la circulation pour sauver leur corps. Le soi venu, seul M.F n’a pu réunir la somme demandée. Il décide malgré tout de rentrer tardivement (à minuit) chez lui. Le petit garçon savait ce qui l’attendait. Arrivé chez son maître, il lui remet la somme de neuf cents ouguiyas. Furieux, le maître le détiendra deux jours durant, ligoté aux pieds par une corde, et écroué dans la pièce attenante à la chambre du maître. Il y est quotidiennement et régulièrement tabassé. Quand le père de l’enfant est mis au courant par les compagnons de son fils, il sera lui aussi dur et tortionnaire. Au moment où nous mettons sous presse il s’apprêtait à ramener son enfant chez lui pour quelques soins avant de le ramener au maître coranique. Pourtant ses autres enfants sont dans les écoles privées, selon nos informations. Ils sont des dizaines comme M.F à travers toutes nos grandes villes qui s’urbanisent de plus en plus. Et en dehors de quelques associations impuissantes, qui luttent vainement, ce problème est toujours hors de portée des inquiétudes officielles. Un problème qui mêle maltraitance, exploitation et abandon d’enfants. 

  

Sy Mamadou 

 

Source : La Tribune n° 427   




NOUADHIBOU/ACTU/Entretien avec Diop Issa conseiller municipal à Nouadhibou,

15122008

Nouadhibou:

 

Vandalisme en haute mer 

05 décembre. Quand le capitaine norvégien du Vestbris tombe sur un banc de courbines, il croit à son jour de chance en ces temps de crise du secteur de la pêche.

Rapidement il largue ses filets qui n’ont aucun mal à ramener de grosses courbines. Le navire pêchait ainsi depuis quelques minutes quand soudain une demi-douzaine de pirogues apparaissent. Puis d’autres et d’autres encore. En tout trente pirogues artisanales contenant chacune en moyenne six pêcheurs et membres d’équipage.

Au lieu de se servir sur cette manne inespérée, leurs occupants poussent un cri de guerre et sortent toutes sortes d’objets et s’attaquent au gros navire : Cailloux, ancres, gourdins, barres de fer, tous ces objets servent d’armes pour s’en prendre au Vestbris. Ces pirates s’emploient à détruire les filets du navire, qu’ils réussissent à couper. Puis les jets atteignent une des vitres qui vole en éclats; le capitaine norvégien est blessé aux bras, le Vestbris touché. Les dommages sont estimés à 60 millions d’ouguiyas.

Tout cela est filmé par l’équipage. La barbarie des assaillants dépasse toute imagination: on se croirait au large du golfe d’Aden oû les pirates somaliens sèment la terreur. Ici ça se passe à 18 miles du Cap blanc pourtant zone interdite à la pêche artisanale. Pourquoi donc ces pirogues s’y sont aventurées? Un pêcheur nous confie que les bateaux de la pêche industrielle ne connaissent pas de limites. «Ils raflent tout et ne nous laissent rien même dans la zone qui nous est propre». Enrage-t-il. Et la surveillance maritime (DSPCM) dans tout ça?

«La DSPCM est intervenue pour arraisonner le Vestbris et n’a même pas cherché à identifier les vandales» témoigne Abbass Boughourbal, homme d’affaires et propriétaire du bateau. Selon un cadre à la DSPCM, les mailles des filets utilisés ne seraient pas réglementaires, et le maillage des filets ne correspondrait pas à la licence du bateau (filets de 40). Selon l’équipage du Vestbris, la DSPCM s’est intéressée d’avantage aux courbines qu’au navire et ses occupants en danger de mort. Le délégué était absent de Nouadhibou, ce serait son adjoint qui a supervisé l’opération. D’aucuns disent que la DSPCM serait partiale dans ses interventions car des bateaux dans le même cas que le Vestbris pêcheraient sans être inquiétés. Des bateaux sans papiers, sans licences. Y-aurait-il acharnement contre Abbas Boughourbal? L’ intéréssé en est convaincu. La DSPCM n’a pas souhaité parler à la presse. Nous avons été éconduits.

L’homme d’affaires dit ne «plus avoir confiance dans les autorités de son pays», et menace de fermer ses usines qui emploient 1500 personnes dont 700 femmes. Car «si rien n’est fait, les pirates s’attaqueront à d’autres navires, enlèveront des étrangers et demanderont des rançons.»

La gendarmerie maritime a réussi à identifier les assaillants qui dans leur fuite, ont abandonné un enfant de dix ans. La quasi totalité de ceux qui ont participé à l’attaque ont été arrêtés. Les courbines volées ont été remises au propriétaire. Avant que la DSPCM ne revienne les chercher. Rappelons que les sociétés de Abbas Boughourbal sont les seules financées par les fonds de l’OPEP et la banque européenne d’investissement (BEI).

M.Boughourbal a distribué 120 tonnes de poisson pour sa participation au PSI en 2007.

A toute heure ce sont des centaines de personnes qui font la queue devant ses usines pour chercher du travail. Et s’il mettait la clef sous la porte?

Entretien avec Diop Issa conseiller municipal à Nouadhibou, coordinateur du renouveau démocratique (RD) et président de l’association des diabétiques du nord (ADN): 

 

 

 

La Tribune: Quelle analyse faites-vous de la situation qui prévaut depuis le 06 août 2008? Est-on allés trop loin? 


Issa Diop: J’estime qu’un individu attaché aux principes de la Démocratie ne peut adopter aucune autre position que celle de condamner sans équivoque toute prise de pouvoir par une autre voie que celle des URNES. C’est une position de principe sur laquelle on ne transige pas. Ceci dit, «il n y a aucune politique qui vaille en dehors des réalités» ne cessait de marteler le Général De Gaulle. Le pouvoir étant actuellement détenu par les militaires qui ne semblent pas vouloir le céder dans l’immédiat, il va bien falloir en prendre acte et entamer des négociations avec eux à un moment ou à un autre. Le plus tôt serait le mieux, dans l’intérêt du pays. Les sanctions économiques ou financières, si elles étaient être prises et appliquées, n’auraient pas l’effet escompté sur la junte au pouvoir et pénaliseraient lourdement le peuple, en aggravant leurs conditions précaires d’existence, dans un contexte de profonde crise économique mondiale. Aussi je plaide plutôt pour la poursuite du dialogue avec les nouvelles autorités jusqu’à ce qu’une solution acceptable par les principaux protagonistes soit amorcée et validée.

La Tribune: Une solution de sortie de crise est-elle encore possible? Si oui , laquelle? 

Issa Diop: Mettre en place un gouvernement de Transition composé des représentants des principales formations politiques chargé d’organiser les «États généraux de la Démocratie» et des élections générales libres et transparentes. La principale mission du HCE sera d’assurer la continuité de l’État, de garantir le bon déroulement de la nouvelle transition en se plaçant au-dessus de la mêlée et en observant une stricte neutralité vis-à-vis des partis politiques.
Le Parlement devenu une coquille vide doit être dissout et la Constitution suspendue pour être amendée. Ce schéma suppose un préalable: que le Président Sidi, par esprit de sacrifice pour l’amour de sa patrie, renonce librement à ses fonctions de Président de la République et qu’il bénéficie du traitement réservé aux anciens Chefs d’État.

La Tribune: Les «États Généraux de la Démocratie» peuvent-ils résoudre les problèmes , réconcilier les mauritaniens et éviter au pays de sombrer dans l’incertain? Que proposeriez-vous? 


Issa Diop: Je propose que le processus Démocratique soit poursuivi, ou repris, à travers un large débat auquel prendraient part toutes les forces politiques et les OSC du pays ainsi que des représentants de certaines institutions internationales ( U.A., Ligue Arabe, U.E., O.I.F…).
Les questions à traiter pourraient porter sur la nature du Régime politique, les principes de la Bonne Gouvernance, les conditions de création et de maintien des Partis Politiques, le Code Électoral, l’Unité Nationale, le rôle de l’Armée dans la vie politique, un calendrier pour les élections, etc…Aucun sujet ne devant être tabou. Du déjà vu? Sans doute, mais avec certains aspects négatifs en moins. Il est impératif d’apporter quelques aménagements à notre système démocratique en tenant compte de nos échecs et de nos réalités propres, en évitant de copier coller à l’aveuglette des modèles importés.
Personnellement je suis convaincu que les origines de la crise politique actuelle sont liées en grande partie aux candidatures indépendantes qu’il va falloir interdire, au scrutin proportionnel à revoir, au «nomadisme» des élus des partis qu’il faudra freiner.
Par exemple, un élu qui abandonne son parti, qu’il démissionne ou bien qu’il en soit exclu, devrait perdre du même coup son siège qui demeure la «propriété» du parti qui a présenté la liste et financé, ou non, la campagne électorale.

La Tribune: Vous êtes conseiller municipal élu sous les couleurs du RD. Votre groupe continue t-il à boycotter les conseils municipaux? Y a-il évolution sur ce point? 

Issa Diop: Mon opinion n’a pas varié d’un iota par rapport à l’article que j’avais écrit en juin 2007 intitulé «Nouadhibou: une Commune impériale à la dérive».
D’autres articles et lettres adressées à la Tutelle ont été rédigés par la suite mettant en relief les difficultés de cette institution à assurer sa mission de service public.
Aujourd’hui l’équipe apparaît encore plus divisée que jamais, entre les pro putsch et les anti-putsch. Au sein de la Municipalité, constituée du Maire et de ses cinq Adjoints, on constate que deux conseillers soutiennent le HCE, trois le F.N.D.D, et une flotte.
Face à ce que je considère comme un gâchis, je pense avoir accompli mon devoir de conseiller municipal comme je le concevais dans un climat passionné où les attaques personnelles voire les menaces physiques ne m’ont pas été épargnées.
Sans chercher à m’étendre sur ce sujet qui ne présente aujourd’hui qu’un intérêt mineur, je tiens à préciser que ma décision de me démarquer de la gestion des affaires communales, n’est dictée par aucune autre considération que celles liées à des principes et à des convictions. Cette décision n’engage que moi et personne d’autre. J’ajoute que rien de strictement personnel ne m’oppose à qui que ce soit à la Mairie.

 

La Tribune: Vous avez été fédéral du renouveau démocratique. Pourquoi avez-vous quitté cette formation? Avez-vous des divergences avec les responsables de ce parti? 

Issa Diop: Depuis les Élections présidentielles de 2007, j’ai cessé d’exercer mes fonctions de Coordinateur Régional du Renouveau Démocratique puisque je n’appartenais plus à cette formation. J’ai ensuite décidé de prendre un peu de recul par rapport au champ politique pour pouvoir mieux observer, de façon critique, l’agitation politicienne des hommes et des grandes formations politiques du pays et reprendre en mains les activités de l’Association des Diabétiques de Nouadhibou que j’ai l’honneur de présider et qui furent totalement négligées tout au long de l’année 2006. J’ai eu à me prononcer à travers la presse sur le bras de fer qui opposa le président Sidi à certains députés de sa propre majorité ainsi que sur les Changements intervenus depuis le 06 Août 2008 à la tête de l’état.
Si je décide de reprendre mon action politique, je le ferais au sein d’un parti qui tienne véritablement compte des profondes aspirations du peuple mauritanien à plus de Justice, de Démocratie, d’Egalité, de Progrès et de Paix.

La Tribune: Un dernier mot? 

 

Issa Diop: Je demande à l’ensemble des forces politiques ainsi qu’à la société civile de participer activement et de manière responsable aux «États Généraux de la Démocratie» en ayant constamment à l’esprit la défense des intérêts vitaux du pays, le respect des principes fondamentaux de la Démocratie et une volonté réelle de sortir de la crise actuelle.
Il est parfaitement possible de parvenir à une solution mauritano-mauritanienne si chaque partie accepte de faire preuve de plus de souplesse dans ses exigences. Le pays doit éviter à tout prix d’avoir toute la Communauté internationale sur le dos pour une longue période, comme ce fut le cas pour le Zimbabwe avec les résultats que l’on connaît.

 

Propos recueillis par Athié Youssouf
CP/Nouadhibou 

 

 

Athié Youssouf 

CP/NOUADHIBOU

Source : La Tribune n°427 




Pour ancrer la rectification

15122008

 

Entre un coup d’Etat et un changement doux qui intervient comme pour redresser la situation, il y a de grandes différences. Nous choisirons de parler de «mouvement de rectification» parce que ce qui s’est passé le 6 août s’inscrit dans une logique qui trouve son ancrage le 3 août 2005. Ce jour-là, de jeunes officiers ont lancé un projet politique qui devait mener la Mauritanie à des rivages stables et prometteurs. La mauvaise gestion des politiques en a voulu autrement.

Le mouvement de rectification d’aujourd’hui est venu (re)créer la dynamique de changement politique, économique et social du pays, et, faire renaître l’espoir auprès du citoyen Mauritanien.

Au plan politique, le dysfonctionnement des institutions parlementaires élues, a été, à l’origine de la situation de crise qu’a connue le pays. Refus de la tenue d’une session extraordinaire, obstruction à la démarche de destitution du gouvernement décrié de Ould Ahmed Waghf… tout cela a conduit au blocage de l’action parlementaire et à la privation d’exercer ses prérogatives constitutionnelles, puis à la rupture entre les segments d’un pouvoir fragilisé par les tendances peu orthodoxes de personnalisation  Première conséquence : crise de confiance entre l’ancien Président et la majorité parlementaire qui l’a emmené au pouvoir. Danger de dislocation. Ce n’est pas par hasard que le HCE a évité, à sa prise de pouvoir, de remettre en cause les institutions démocratiques autres que la présidence. Il s’agissait en fait de donner le gage que l’enracinement de la démocratie était la préoccupation première. Tous les blocages ont été levés depuis.

Au plan économique et social, le bilan est tout aussi positif malgré le temps écoulé. Le citoyen Mauritanien, soufrait d’une situation économique et sociale catastrophique face à l’impuissance de l’ancien régime de lui venir en aide en proposant des solutions adéquates face à la montée vertigineuse des prix denrées alimentaires, à la détérioration de la situation sanitaire et l’insécurité qui ont été au centre des préoccupations du Mauritanien moyen ces derniers mois. Pour mémoire et contre l’oubli dévastateur : jamais en Mauritanie situation économique n’a conduit aux manifestations occasionnant mort d’homme. 15 mois de souffrances et de désespoir. Depuis le 6 août, le citoyen revit l’espoir grâce à l’avènement d’un pouvoir qui donne la preuve concrète que l’objectif essentiel est l’amélioration des conditions de vie du citoyen. Rien d’autre. Que l’administration est au service du citoyen, qu’il est le but de toute l’action publique, l’objet de toutes les politiques publiques. Il s’en est suivi une baisse considérable des produits alimentaires et des hydrocarbures. Tout redevient possible et l’espoir d’une Mauritanie meilleure renaît.

Cette situation prometteuse qui prévaut  présentement dans le pays, m’incite à briser mon silence et, à essayer d’accompagner tous les mauritaniens dans leur élan vers la paix, l’équité et la réconciliation nationale. Le rêve des Mauritaniens se réalise en instantané.

Un Président qui prend en compte toute la dimension économique sociale et sécuritaire de ses citoyens. Un Président qui inscrit parmi ses priorités la nécessité de prendre toutes les mesures utiles pour lutter contre les phénomènes du terrorisme, de la gabegie, du crime organisé et du trafic de drogue. Un Président qui écoute, un Président qui constate et un Président qui remédie.

Le peuple mauritanien est content quoi qu’on dise. Alors continuez Monsieur le Président et ne vous laissez pas distraire par le bruit et la fureur des fauteurs d’hier. Continuez à aider un peuple meurtri par des décennies de marginalisation, d’injustice et de précarité des conditions de vie.

Je joins ma voix à celle de tous les Mauritaniens soucieux du développement de la prospérité et de la souveraineté du pays pour féliciter le H.C.E et lui signifier notre reconnaissance et notre appui au mouvement de rectification du 6 Août. Que la Mauritanie demeure prospère, indépendante et souveraine.

 

Aichetou Mint Senoussi

Citoyenne

 

Source : La Tribune n°427







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